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AccueilDroit européen52025SC0386
Acte préparatoire52025SC0386

DOCUMENT DE TRAVAIL DES SERVICES DE LA COMMISSION ÉVALUATION Evaluation rétrospective et prospective du Protocole 2021-2026 à l'Accord de partenariat dans le domaine de la pêche durable entre l'Union européenne et la République islamique de Mauritanie accompagnant le document: Recommandation de Décision du Conseil autorisant l'ouverture de négociations d'un Protocole de mise en oeuvre de l'accord de partenariat dans le domaine de la pêche durable avec la République islamique de Mauritanie

CELEX52025SC0386
TypeActe préparatoire
Datelundi 1 décembre 2025

Résumé IA

Ce document de travail de la Commission européenne évalue le Protocole 2021-2026 de l'accord de pêche durable avec la Mauritanie, tant de manière rétrospective que prospective. Il accompagne une recommandation de décision du Conseil visant à ouvrir des négociations pour un nouveau protocole de mise en œuvre, ce qui implique une analyse des résultats du protocole actuel pour préparer les futures discussions. Pour un professionnel du droit français, ce texte constitue un acte préparatoire clé qui expose les bases factuelles et juridiques justifiant le lancement des négociations pour un nouvel accord de pêche avec la Mauritanie.

Texte intégral

european flagCOMMISSION EUROPÉENNE

Bruxelles, le 1.12.2025

SWD(2025) 386 final

DOCUMENT DE TRAVAIL DES SERVICES DE LA COMMISSION

ÉVALUATION

Evaluation rétrospective et prospective du Protocole 2021-2026 à l'Accord de partenariat dans le domaine de la pêche durable entre l'Union européenne et la République islamique de Mauritanie

accompagnant le document:

Recommandation de Décision du Conseil

autorisant l'ouverture de négociations d'un Protocole de mise en oeuvre de l'accord de partenariat dans le domaine de la pêche durable avec la République islamique de Mauritanie

{COM(2025) 734 final} - {SWD(2025) 387 final}


Table des matières

1Introduction

1.1 Objet et portée de l’évaluation

1.2 Méthodologie et champ d’évaluation

2QUEL ETAIT LE RESULTAT ATTENDU DE L’INTERVENTION?

2.1 Description de l’intervention et de ses objectives

2.1.1 Accords de partenariat dans le domaine de la pêche durable (APPD)

2.1.2 Accords de partenariat dans le domaine de la pêche durable entre l’Union européenne et la République islamique de Mauritanie

2.2 Points de comparaison

2.2.1 Principaux résultats de l’évaluation du Protocole précédent

2.2.2 Comparaison entre le Protocole étendu 2015-2021 et le Protocole 2021-2026

3COMMENT LA SITUATION A-T-ELLE EVOLUE AU COURS DE LA PERIODE D’EVALUATION?

3.1 Composante accès du Protocole

3.1.1. Utilisation des possibilités de pêche

3.1.2. Paiements de l’UE en échange de l’accès

3.1.3. Mécanismes de gestion et d’allocation des possibilités de pêche

3.1.4. Utilisation des captures des navires de l’UE

3.1.5. État des stocks exploités

3.1.6. Zoom sur l’application de certaines clauses de la composante accès du Protocole

3.2. Composante appui sectoriel

3.2.1. Contexte de politique sectorielle

3.2.2. Organisation de la mise en œuvre du programme d’appui sectoriel

3.2.3. Point sur l’exécution des programmes d’appui sectoriel

3.2.4 Les principales réalisations de l’appui sectoriel 2015-2021 et 2021-2026

4RESULTATS DE L’EVALUATION (PARTIE ANALYTIQUE)

4.1 Dans quelle mesure l’intervention a-t-lle été couronnée de succès et pourquoi ?

4.1.1 Efficacité: dans quelles mesures les objectifs du Protocole de mise en œuvre de l’Accord ont-ils été atteints ?

4.1.2. Efficience : dans quelles mesures les effets attendus ont-ils été atteints à des coûts raisonnables ?

4.1.3 Économie : dans quelles mesures les ressources sont-elles disponibles dans des délais escomptés, et en quantité et qualité appropriés ?

4.1.4 Cohérence : dans quelles mesures la logique d’intervention n’est-elle pas en contradiction, et est cohérente avec d’autres interventions ayant des objectifs similaires?

4.2 Comment l’intervention de l’UE a-t-elle fait la différence et pourquoi ?

4.2.1. Valeur ajoutée européenne : dans quelle mesure l’intervention de l’UE apporte de la valeur ajoutée pour l’UE ?

4.2.2. Acceptabilité : dans quelle mesure les parties prenantes acceptent-elles l’intervention en général, et en particulier l’instrument proposé ou employé ?

4.3 L’intervention est-elle toujours pertinente ?

4.4 Quels sont les conclusions et les enseignements tirés de l’évaluation ex-post ?

5Évaluation ex-ante

5.1 Identification des besoins à satisfaire à court et moyen termes

5.1.1. Pour la Mauritanie

5.1.2. Pour l’Union européenne

5.1.3. Pour la Mauritanie et l’Union européenne

5.1.4. Pour la flotte de l’Union européenne

5.2 La valeur ajoutée européenne

5.3 Objectifs à atteindre

5.4. Options stratégiques, y compris les risques associés

5.4.1 Option A : Non-renouvellement du Protocole

5.4.2 Option B : Prorogation du Protocole d’application de l’APPD en cours

5.4.3 Option C : Renouvellement du Protocole avec des ajustements

5.5. Résultats et incidences

5.6. Comparaison des options

5.7. Option priviliégiée

5.8. Suivi d’un futur Protocole de mise en oeuvre

ANNEXE I : INFORMATIONS RELATIVES A LA PROCEDURE

ANNEXE II : METHODOLOGIE ET MODELES ANALYTIQUES UTILISES

ANNEXE III : MATRICE D’ÉVALUATION ET, LE CAS ÉCHÉANT, DÉTAILS DES RÉPONSES AUX QUESTIONS D’ÉVALUATION (PAR CRITÈRE)

ANNEXE IV : APERCU DES COUTS ET DES BENEFICES

ANNEXE V : CONSULTATION DES PARTIES PRENANTES – RAPPORT DE SYNTHESE



Glossaire

Terme ou acronyme

Signification ou définition

APPD

Accord de partenariat dans le secteur de la pêche durable

CICTA

Commission internationale pour la conservation des thonidés de l'Atlantique

CM

Commission Mixte

COPACE

Comité des Pêches pour l'Atlantique Centre-Est

CSC

Comité Scientifique Conjoint

CSRP

Commission Sous-Régionale des Pêches

EBE

Excédent brut d'exploitation

EMV

Écosystème marin vulnérable

ERS

Electronic Reporting System

FAO

Food and Agriculture Organisation

FiTI

Fisheries Transparency Initiative

GT

Gross Ton

OMI

Organisation Maritime Internationale

ORGP

Organisation Régionale de Gestion des Pêches

Pêche INN

Pêche Illégale, Non déclarée et Non réglementée

PCP

Politique Commune de la Pêche de l’UE

UE

Union européenne

VMS

Vessel Monitoring System

1Introduction

1.1Objet et portée de l’évaluation

Les accords bilatéraux de partenariat durable dans le domaine de la pêche (ci-après dénommés APPD) entre l’UE et les pays tiers sont régis par le règlement de la politique commune de la pêche (PCP) 1 . Les APPD et leurs Protocoles de mise en œuvre contribuent à la réalisation des objectifs de la PCP à l’échelle internationale, en veillant à ce que les activités de pêche de la flotte de l’UE en dehors des eaux de l’Union reposent sur les mêmes principes et normes que ceux appliqués dans les eaux de l’UE. Les APPD sont fondés sur les principes de durabilité, de meilleurs avis scientifiques disponibles, de transparence, de non-discrimination et de solidarité par le biais du partenariat. Dans l’ensemble, les APPD contribuent à l’établissement d’un cadre de gouvernance pour les activités de pêche extérieures.

Les conclusions du Conseil sur la dimension extérieure de la politique commune de la pêche, adoptées le 19 mars 2012, prévoient qu’une évaluation ex-post et ex-ante soit réalisée par la Commission avant la négociation d’un nouveau protocole 2 . La finalité de l’évaluation est déterminée par les dispositions suivantes:

-L’article 31, paragraphe 10, du règlement relatif à la PCP impose à la Commission européenne de procéder à des évaluations ex-ante et ex-post de chaque protocole de mise en œuvre d’un accord de partenariat dans le domaine de la pêche durable avant de soumettre au Conseil une recommandation visant à autoriser l’ouverture de négociations en vue d’un protocole qui lui succédera.

-L’article 34 du règlement 3 financier impose aux services de la Commission de procéder à des évaluations ex-ante et ex-post pour tous les programmes et activités qui entraînent des dépenses importantes.

Ce document de travail des services présente les résultats de l’évaluation ex-post et ex- ante du Protocole en cours (2021-2026) entre l’UE et la Mauritanie, qui arrivera à expiration le 14 novembre 2026. L’étude couvre la période allant de l’entrée en vigueur du Protocole (15 novembre 2021) jusqu’à septembre 2025. L’évaluation ex-post repose sur les critères suivants : efficacité, efficience, économie, cohérence, pertinence, valeur ajoutée pour l’UE et acceptabilité. Pour l’analyse ex-ante, l’accent a été mis sur les enseignements tirés, les avantages potentiels du nouveau Protocole, les options disponibles (renouvellement, renouvellement avec des ajustements ou non-renouvellement du Protocole) ainsi que les risques associés, et sur la valeur ajoutée pour l’UE.

1.2Méthodologie et champ d’évaluation

Le travail d’évaluation a été mené entre mai 2025 et septembre 2025. Conduit sous le pilotage d’un comité interservices mis en place par la Direction Générale des Affaires Maritimes et de la Pêche de la Commission européenne (DG MARE), la méthode employée peut se découper en trois grandes composantes : l’analyse des informations disponibles, des consultations de parties prenantes, et la préparation d’un rapport d’évaluation 4 .

Sur la base de l’analyse des informations disponibles, la DG MARE a mis à disposition du consultant indépendant tous les documents internes et bases de données pertinents. D’autres documents externes ont également été utilisés, tels que les textes réglementaires et les rapports des groupes de travail scientifiques concernés.

Concernant la consultation, le consultant indépendant a consulté les parties prenantes dans l’Union européenne et en Mauritanie. Dès le début de l’évaluation, les parties prenantes de l’UE ont été identifiées et consultées sur la base d’une stratégie validée par la DG MARE. La consultation a concerné les services de la Commission et du Service européen pour l'action extérieure (SEAE) impliqués dans les relations avec la Mauritanie, les dix États membres de pavillon des navires UE bénéficiaires des possibilités de pêche, les associations professionnelles groupant les opérateurs de l’UE utilisateurs des possibilités de pêche négociées et les organisations de la société civile ayant un intérêt dans cet Accord de pêche. La période de consultation s’est étendue de juin à juillet 2025. Le rapport de cette consultation est en Annexe 7 du rapport d’évaluation 5 .

Concernant la consultation des entités concernées en Mauritanie, le consultant a organisé une mission en Mauritanie en concertation avec la partie UE et les autorités nationales mauritaniennes, entre les 23 juin et 4 juillet 2025. Durant la mission, des séances d’échanges en présentiel ont pu avoir lieu avec le Secrétariat Général et différentes directions techniques du Ministère de la Pêche et des Infrastructures Maritimes et Portuaires (MPIMP), impliquées dans le suivi et la mise en œuvre de l’APPD, des entités sous tutelle du MPIMP, du Ministère de la Défense Nationale et du Ministère de l’Environnement, et des représentants du secteur privé des secteurs industriels et artisanaux. Des représentants de la Délégation de l’Union européenne (DUE) à Nouakchott ont également été consultés. La liste des entités rencontrées en Mauritanie est disponible en Annexe 8 du rapport d’évaluation 6 .

Par ailleurs, un « Appel à contributions » a également été publié sur le portail Have Your Say de la Commission pour recueillir des avis pendant la période de 12 juin 2025 -au 10 juillet 2025 7 .

2QUEL ETAIT LE RESULTAT ATTENDU DE L’INTERVENTION?

2.1Description de l’intervention et de ses objectives

2.1.1Accords de partenariat dans le domaine de la pêche durable (APPD)

La PCP prévoit que l’Union conclue et la Commission mette en œuvre des APPD avec les pays tiers afin de créer un cadre de gouvernance juridique, environnementale, économique et sociale pour les activités de pêche menées par les navires de pêche de l’Union dans les eaux des pays tiers 8 .

Les activités de pêche de l’Union en dehors des eaux de l’Union devraient être fondées sur les mêmes principes et normes que ceux applicables en vertu du droit de l’Union et promouvoir des conditions de concurrence équitables pour les opérateurs de l’Union et les opérateurs de pays tiers.

Les activités de pêche de l’Union dans les eaux des pays tiers devraient être fondées sur les meilleurs avis scientifiques disponibles ainsi que sur les informations pertinentes et l’échange d’informations pertinentes.

Elles devraient garantir une exploitation durable des ressources biologiques de la mer, la transparence en ce qui concerne la détermination du surplus et, par conséquent, une gestion des ressources compatible avec les objectifs de la PCP. L’APPD devrait prévoir un accès à des ressources proportionnées aux intérêts de la flotte de l’Union en échange d’une participation financière de l’Union. L’APPD devrait notamment garantir l’efficacité des mesures de collecte, de suivi, de contrôle et de surveillance des données.

L’UE doit fournir au pays partenaire une compensation financière afin de couvrir une partie des coûts d'accès aux ressources halieutiques dans les eaux du pays tiers et une aide financière pour la mise en œuvre d’une stratégie nationale pour la pêche durable et l’économie bleue. La contribution de l’UE est complétée par des redevances dues par les armateurs de l’UE.

Chaque APPD est un accord exclusif : une fois mis en place, les navires de l’UE ne peuvent pêcher que dans le cadre de cet APPD et ne peuvent pas conclure d’accords privés avec le pays partenaire.

L’APPD garantit des conditions de concurrence équitables et établit des normes minimales pour la gestion durable des ressources, en incluant notamment des dispositions interdisant l’octroi de conditions plus favorables à d’autres flottes étrangères.

La mise en œuvre de l’Accord et du Protocole est gérée par une commission mixte, composée de représentants des deux parties, qui se réunit au moins une fois par an.

2.1.2Accords de partenariat dans le domaine de la pêche durable entre l’Union européenne et la République islamique de Mauritanie

Le premier accord de pêche entre l’Union européenne et la Mauritanie remonte à 1987. L’actuel Accord de partenariat durable dans le domaine de la pêche a été signé et est entré en vigueur le 15 novembre 2021. Il est reconduit tacitement tous les six ans à compter de sa date d’entrée en vigueur. Dans le cadre du Protocole actuel d’une durée de cinq ans (du 15 novembre 2021 au 14 novembre 2026), la flotte de l’UE est autorisée à pêcher dans les eaux mauritaniennes des crevettes, des poissons démersaux, du thon et des petits pélagiques, pour un total pouvant aller jusqu’à 280 050 tonnes par an.

En plus des redevances versées par la flotte européenne (droits de tonnage et taxes parafiscales), l’UE verse une contribution financière moyenne de 60 800 000 million euros par an au titre de ce partenariat, comprenant 57,5 million euros pour l’accès aux eaux et 3,3 million euros pour le soutien du secteur de la pêche local en Mauritanie et l’amélioration de la gouvernance des pêches.

Le tableau suivant présente les principales caractéristiques du Protocole mettant en œuvre l’APPD UE-Mauritanie pour la période 2021-2026.

Durée de l'APPD

6 ans, renouvelable tacitement

Date d'entrée en vigueur de l'APPD

15 novembre 2021 (approuvé par l’UE le 18 juillet 2022 9 )

Date d’entrée en vigueur du Protocole

15 novembre 2021 (approuvé par l’UE le 18 juillet 2022)

Durée du Protocole

5 ans : 15 novembre 2021 – 14 novembre 2026

Espèces autorisées

Possibilités de pêche disponibles pour 9 catégories de navires de pêche donnant accès aux stocks de petits pélagiques, de poissons démersaux, de crustacés (crevettes), de céphalopodes et aux espèces hautement migratoires (thons et espèces associées).

Possibilités de pêche pour l’UE

·Catégorie 1 Navires de pêche aux crustacés à l'exception de la langouste et du crabe – TAC de 5 000 tonnes – 15 navires maximum puis 18 navires maximum à partir de décembre 2023 10

·Catégorie 2 : Chalutiers (non-congélateurs) et palangriers de fond de pêche au merlu noir – TAC de 6 000 tonnes – 4 navires maximum

·Catégorie 2bis : Chalutiers (congélateurs) de pêche au merlu noir – TAC de 3 500 tonnes (merlu noir), 1 450 tonnes (calamar) et 600 tonnes (seiche) – 6 navires maximum

·Catégorie 3 : Navires de pêche des espèces démersales autres que le merlu noir avec des engins autres que le chalut – TAC de 3 000 tonnes – 6 navires maximum

·Catégorie 4 : Thoniers senneurs – 29 navires maximum – tonnage de référence de 14 000 tonnes

·Catégorie 5 : Thoniers canneurs et palangriers de surface – 15 navires maximum – tonnage de référence de 7 000 tonnes

·Catégorie 6 : Chalutiers congélateurs de pêche pélagique – TAC de 225 000 tonnes – 19 navires maximum

·Catégorie 7 : Navires de pêche pélagique au frais – TAC de 15 000 tonnes déductible du TAC de la catégorie 6– 2 navires maximum

·Catégorie 8 : Céphalopodes – pour mémoire, pas de possibilités de pêche identifiées par le Protocole

·Navires d’appui : 2 navires maximum

Contrepartie financière de l’UE

57,5 million euros par an au titre de la compensation financière pour l’accès.

·Si les captures dépassent le tonnage de référence des catégories thonières 4 et 5, la contrepartie annuelle est augmentée de 45 EUR / tonne supplémentaires

·16,5 million euros au total au titre de l’appui à la mise en œuvre de la politique sectorielle de la pêche nationale

Redevances armateurs par navire

·Catégorie 1 Navires de pêche aux crustacés à l'exception de la langouste et du crabe – 450 euros par tonne – avance forfaitaire de 1 500 euros par trimestre

·Catégorie 2 : Chalutiers (non-congélateurs) et palangriers de fond de pêche au merlu noir – 100 euros par tonne – avance forfaitaire de 1 000 euros par trimestre

·Catégorie 2bis : Chalutiers (congélateurs) de pêche au merlu noir – 100 euros par tonne merlu noir, 575 euros par tonne calamar – 250 euros par tonne seiche, 90 euros par tonne captures accessoires - avance forfaitaire de 1 000 euros par trimestre

·Catégorie 3 : Navires de pêche des espèces démersales autres que le merlu noir avec des engins autres que le chalut – 105 euros par tonne – avance forfaitaire de 1 000 euros par trimestre

·Catégorie 4 : Thoniers senneurs – 75 euros par tonne – avance forfaitaire de 1 750 euros par an

·Catégorie 5 : Thoniers canneurs et palangriers de surface – 75 euros par tonne – avance forfaitaire de 2 500 euros par an (canneur) et de 3 500 euros par an (palangrier)

·Catégorie 6 : Chalutiers congélateurs de pêche pélagique – 75 euros par tonne sardines / sardinelles, 140 euros par tonne chichard/maquereau, 123 euros par tonne autres pélagiques – avance forfaitaire de 5 000 euros par trimestre

·Catégorie 7 : Navires de pêche pélagique au frais – idem catégorie 6

·Navires d’appui : 3 500 euros par an

Figure 1 : Résumé des principales caractéristiques techniques et financières du Protocole d'APPD entre l'UE et la Mauritanie

La figure suivante fournit une description visuelle de la logique d’intervention. Elle vise à établir un lien entre les besoins, les objectifs, les actions et les réalisations attendues. Ce dernier point est examiné en termes de réalisations, de résultats et d’incidences du Protocole de mise en œuvre.



Autres politiques de l'UE

Cadre de la politique commune de la pêche, en particulier:

* renforcer les performances des ORGP

* règlement INN

* règlement SMEFF

Agenda international pour la gouvernance des océans

Partenariats internationaux

Commerce et investissements dans les pays tiers

Sécurité alimentaire et santé

Emploi, affaires sociales et inclusion

Droits humain et principes démocratiques

Facteurs externes

* Affectant la rentabilité des opérations de pêche

* Stabilité politique et clima des affaires en Mauritanie

* Capacité administrative en mauritanie

* Stratégies des autres partenaires internationauxpour la gouvernance des océans

Impacts

* Contribution à l’amélioration du cadre de gouvernance des activités de pêche dans les eaux de la Mauritanie, conformément aux principes et objectifs de la PCP et au droit internatioanl

* Contribution au développement économique et social de la Mauritanie

* Contribution aux objectifs de développment durable des Nations unies, en particulier ODD 14

* Maintien d’une flotte européenne économiquement viable dans les eaux extérieures d’Afriques occidentale

Résultats

* La flotte de l'Union n’exploite que les ressources excédentaires

* Les effets négatifs de la pêche sur l’environnement sont réduits au minimum

* Partagé équitable de la valeur ajoutée économique entre l’UE et la Mauritanie

* Soutien à l’emploi pour l’UE et la Mauritanie dans des conditions confirmes aux standards internationaux du travail

* Système efficace de surveillance et de contrôle, en particulier pour combattre et décourager la pêche INN

* Renforcement des capacités de gestion de l’administration en charge de la pêche et des AMP en Mauritanie

* Des conditions équitables pour les opérateurs du secteur de la pêche

* Progrès réalisés dans la mise en œuvre de la politique sectrielle nationale

* Partenariat transparent et de qualité entre les deux parties

Réalisations

* Exploitation des possibilités de pêche dans la zone de la Mauritanie par des navires de l’UE dans le respect des conditions du Protocole et de l’APPD

* Interactions économiques entre les secteurs de la pêche de l’UE et de la Mauritanie

* Conclusions de la Commission Mixte et actions de suivi le cas échéants

* Disponibilités d’avis scientifiques pour éclairer les décisions de gestion

* Mise en œuvre en temps voulu du programme d’appui sectoriel conformément aux priorités convenues

* Des recettes pluriannuelles prévisibles pour le budget national

Objectifs

* Contribution à la conservation des ressources et à la durabilité environnementale par une exploitation rationnelle et durable des ressources halieutiques dans les eaux de la Mauritanie

* Contribution au maintien des activités des flottes de pêche lointaine de l'UE et de l’emploi lié aux flottes de l’UE opérant dans le cadre de l’APPD et de son Protocole.

* Soutenir le développement d’un secteur de la pêche durable en Mauritanie et son intégration dans l'économie mondiale

Besoins

* Contribution à la mise en œuvre de l'Agenda 2030 des Nations Unies pour le développement durable et de ses 17 objectifs de développement durable notamment par:

> Amélioration de la gestion de la pêche, lutte contre la pêche INN, conservation des écosystèmes, recherche et transferts de technologie

> Partenariat mondial pour éradication de la pauvreté et le développement durable (niveau de vie décent, croissance inclusive et durable, égalité, équité et justice, paix et sécurité)

* Contribution aux objectifs généraux de la PCP et de l'agenda international pour la gouvernance des océans

Moyens

* APPD et Protocole définissant i) les possibilités de pêche accessibles aux navires de l'UE selon les modalités précises et non discriminatoires (accès) alignées sur les standards internationaux et ii) les actions d'appui à la mise en œuvre des politiques sectorielles nationales (appui sectoriel)

* Contrepartie financière publique découplé de l'UE pour l'accès et appui sectoriel déployé conformément aux procédures budgétaires de l'UE et de la Mauritanie

* Contribution financière des opérateurs de UE pour l'accès

* Établissement d'une Commission Mixte et d'un Comité Scientifique Conjoint

* Ressources administratives et techniques de la Commission, du pays partenaire, des Etats membres, ainsi que des instituts scientifiques UE et mauritaniens

Activités

* Suivi de la mise en œuvre de l’APPD par réunions régulières de la CM (accès et appui sectoriel)

* Collecte de données scientifiques adéquates sur les activités de pêche dans les eaux de la Mauritanie

* Publication régulière d’avis scientifiques sur l’état des stocks et les impacts de la pêche sur l’environnement

* Coopération administrative pour le suivi et le contrôle

- Initiatives visant à favoriser la coopération entre les opérateurs économiques des deux parties

Figure 2: Logique d’intervention de l’APPD UE-Mauritanie


2.2Points de comparaison

Le Protocole précédent 11 (2015-2019 et ses deux extensions annuelles) constitue le principal point de comparaison de cette évaluation.

2.2.1Principaux résultats de l’évaluation du Protocole précédent

Les résultats de l’évaluation du Protocole précédent sont résumés dans les paragraphes ci-dessous. À noter que cette évaluation réalisée début 2019 n’avait pu prendre en compte que la période 2016 - 2018, manquant donc la période finale du Protocole ainsi que ses deux extensions annuelles de 2020 et 2021. Les principales conclusions de l’évaluation sont résumées dans paragraphes suivant. Les détails des conclusions sont disponibles dans le rapport publié sur le site de Office des publications de l'Union européenne 12 .

·Efficacité : globalement modérément satisfaisante du fait d’un niveau général d’exploitation élevé de certains stocks (petits pélagiques, merlus noirs) aggravé par des dépassements des TACs (total admissible catches) attribués à la partie UE dans le cas du merlu noir et par un contexte d’exploitation intensive des stocks de petits pélagiques par des flottes non-UE approvisionnant les usines de farine principalement. Néanmoins, le Protocole a eu une efficacité satisfaisante pour l’emploi de marins nationaux et l’appui à la mise en œuvre de la politique sectorielle par une contribution au développement d’infrastructures (port de Tanit).

·Efficience : modérément satisfaisante du fait d’une sous-utilisation des possibilités de pêche, et de retards dans la mise en œuvre du programme d’appui sectoriel.

·Cohérence : satisfaisante du fait de la contribution du Protocole avec les initiatives UE en faveur de la gouvernance du secteur de la pêche dans la région Afrique de l’Ouest (programme PESCAO 2017 - 2024), et de synergies entre les activités mises en œuvre sous l’appui sectoriel et les autres initiatives mises en œuvre par l’UE et d’autres partenaires au développement.

·Pertinence : satisfaisante car continue à répondre aux besoins de la flotte UE et aux besoins de la Mauritanie en matière de valorisation de possibilités de pêche non-exploitées par la flotte nationale.

·Valeur ajoutée de l’UE : satisfaisante du fait de l’inclusion dans le Protocole de clauses relatives à la non-discrimination et à la transparence, même si l’application de cette dernière clause s’est révélée très insuffisante.

·Acceptabilité : modérément satisfaisante du point de vue des armateurs UE du fait de limites de zones de pêche estimées inadéquates et de lourdeurs administratives ralentissant les démarches d’entrée et sortie de la zone de pêche. Modérément satisfaisante également du point de vue de la société civile résultant d’une absence d’implication et de communication sur la mise en œuvre du Protocole.

Concernant l’évaluation ex-ante, l’évaluation publiée en 2019 a recommandé l’option de la poursuite de l’accord par un nouveau Protocole de mise en œuvre avec des ajustements techniques pour sa composante accès, et des améliorations dans les mécanismes de programmation et de suivi-évaluation du programme d’appui sectoriel.

2.2.2Comparaison entre le Protocole étendu 2015-2021 et le Protocole 2021-2026

Concernant les paiements en échange de l’accès et les possibilités de pêche disponibles pour les navires UE, les principales évolutions sont :

·La contrepartie financière payée par l’UE pour l’accès est la même que sous le Protocole précédent, soit 57,5 million euros par an.

·Pour toutes les catégories sauf la catégorie 6, les prix des redevances ont été augmentés d’environ 10%. Pour la catégorie 6, les redevances sont fixées suivant les espèces capturées. Sous le Protocole précédent, le même tarif s’appliquait quelle que soit les espèces pêchées (123 euros par tonne).

·Les totaux admissibles de capture pour les catégories démersales 1, 2, 2bis, 3 et petits pélagiques sont les mêmes pour les deux Protocoles. En revanche, les nombres maximums de navires pouvant les exploiter ont été diminués pour les catégories 1 et 2 (de 25 à 15 et de 6 à 4 respectivement. Pour les catégories thonières, le nombre maximum de thoniers senneurs (catégorie 4) a été augmenté, ainsi que le tonnage de référence. Pour les canneurs et palangriers, le nombre de navires reste le même, mais tonnage de référence est abaissé.

Les autres principales évolutions entre les deux Protocoles concernant le volet accès incluent :

·Une possibilité de révision des possibilités de pêche avec adaptation de la contribution financière sous le Protocole en cours. Sous le Protocole précédent, la dénonciation du Protocole était la seule possibilité donnée en cas de sous-utilisation.

·Concernant les conditions d’emploi des marins nationaux à bord des navires UE, le Protocole en cours fait référence à la Convention C188 de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) et fixe des références pour les niveaux de rémunération. Sous le Protocole précédent, il n’y avait pas de provisions relatives aux salaires, et le Protocole renvoyait aux conventions fondamentales de l’OIT.

Le Protocole 2021-2026 a globalement reconduit les mêmes clauses en matière de suivi des navires de l’UE, de débarquement / transbordement obligatoire dans un port de la Mauritanie et de proportions de marins nationaux à bord des navires UE (avec néanmoins une adaptation en ce qui concerne la catégorie 6 pour que le pourcentage s’applique à l’équipage de production, contre l’équipage total sous le Protocole précédent).

Concernant la composante appui sectoriel, les principales évolutions sont :

·La contribution financière de l’UE pour l’appui sectoriel est identique (16,5 million euros au total, mais avec une exécution prévue sur une période de 4 années pour le Protocole 2025-2019 (montant annualisé indicatif de 4,125 million euros), et de cinq années pour le Protocole 2021-2026 (montant annualisé indicatif de 3,3 million euros).

·Sous le Protocole en cours, une cellule de coordination appuie la mise en œuvre du programme d’appui sectoriel. Sous le Protocole précédent, cette tâche était du ressort d’une cellule d’exécution. Ce changement reflète le rôle réel de la cellule, l’exécution des programmes étant du ressort des entités bénéficiaires.

·Sous les deux Protocoles, les programmes d’appui sectoriel ne pouvaient démarrer qu’une fois que la totalité des montants versés au titre des appuis sectoriels précédent ont fait l’objet d’engagements financiers, à l’exception des budgets pour le fonctionnement des cellules d’appui à la mise en œuvre.

·Les mêmes obligations s’imposent à la Mauritanie sous les deux Protocoles en matière de rapportage annuel sur la mise en œuvre de l’appui sectoriel, de rapport final pour chaque activité, et d’organisation d’ateliers annuels de visibilité. Le Protocole précédent prévoyait néanmoins l’obligation de rapports d’audit qui ne figurent pas sous le Protocole en cours.



3COMMENT LA SITUATION A-T-ELLE EVOLUE AU COURS DE LA PERIODE D’EVALUATION?

3.1Composante accès du Protocole

3.1.1. Utilisation des possibilités de pêche

Nombre d’autorisations de pêche émises

Les nombres maximums de possibilités de pêche ont été pleinement utilisés par les navires de la catégorie 1 (chalutiers crevettiers) et par la catégorie 2 (chalutiers et palangriers merlu noir). Pour les autres catégories de pêche, l’utilisation annuelle moyenne est autour de 50% des possibilités disponibles (cat. 3 navires de pêche des espèces démersales, cat. 4 thoniers senneurs), ou inférieure à 50% pour les catégories 2bis, 5 et les chalutiers pélagiques de la catégorie 6. Les possibilités d’accès pour les navires d’appui (non reportés dans le tableau ci-dessous) ont été pleinement utilisées avec deux navires d’appui autorisés en 2022, 2023 et 2024.

Catégories

2022

2023

2024

Moyenne annuelle 2022-2024

Cat. 1 (maximum 15, puis 18 en 12/2023)

100%

100%

100%

100%

Cat. 2 (maximum 4)

100%

100%

100%

100%

Cat. 2bis (maximum 6)

50%

50%

33%

44%

Cat. 3 (maximum 6)

83%

50%

33%

56%

Cat. 4 (maximum 29)

62%

55%

52%

56%

Cat. 5 (maximum 15)

27%

27%

27%

27%

Cat. 6 (maximum 19)

26%

26%

37%

30%

Total (maximum 94, puis 97)

57%

53%

54%

55%

Figure 3 : Taux d'utilisation du nombre d'autorisations de pêche disponibles par les navires UE de chaque catégorie de pêche (nombre utilisées / nombre maximum)

En moyenne annuelle sur la période 2022-2024, 52 navires UE ont pris des autorisations de pêche (hors navires d’appui), incluant 32 navires de pêche spécialisés sur les espèces démersales et petits pélagiques et 20 navires thoniers. Pour certaines catégories de pêche, les nombres d’autorisations de pêche tendent à augmenter sur la période (catégorie 1 chalutiers crevettiers suite au relèvement du nombre maximum de 15 à 18 à partir de décembre 2023 13 , catégorie 6 chalutiers pélagiques). Pour d’autres catégories, les nombres d’autorisations de pêche émises tendent à diminuer (catégorie 2bis, catégorie 3, catégorie 4). Aucun navire UE n’a utilisé les possibilités de pêche de la catégorie 7 (navires de pêche pélagique au frais).

Catégories

2021

(15 novembre 2021-31 décembre 2021)

2022

2023

2024

Moyenne annuelle

2022-2024

Cat. 1 (maximum 15, puis 18 en 12/2023)

5

15

15

18

16

Espagne

5

15

15

18

16

Italie

0

0

0

0

0

Portugal

0

0

0

0

0

Cat. 2 (maximum 4)

4

4

4

4

4

Espagne

4

4

4

4

4

Cat. 2bis (maximum 6)

2

3

3

2

3

Espagne

2

3

3

2

3

Cat. 3 (maximum 6)

5

5

3

2

3

Espagne

5

5

3

2

3

Cat. 4 (maximum 29)

0

18

16

15

16

Espagne

0

8

7

10

8

France

0

10

9

5

8

Cat. 5 (maximum 15)

4

4

4

4

4

Espagne

3

3

3

3

3

France

1

1

1

1

1

Cat. 6 (maximum 19)

2

5

5

7

6

Allemagne

0

0

0

0

0

France

0

0

0

0

0

Lettonie

2

2

2

2

2

Lituanie

0

2

2

3

2

Pays-Bas

0

0

3

1

2

Pologne

0

1

0

1

0

Irlande

0

0

0

0

0

Cat. 7

0

0

0

0

0

Appui

0

2

2

2

2

Total (hors navires d’appui)

22

54

50

52

52

Figure 4 : Nombres maximum d'autorisation de pêche émises par période de licence et par année calendaire pour chaque catégorie de pêche du Protocole (source : DG MARE)

Captures

Les navires de l’UE on capturé en moyenne annuelle, toutes espèces confondues, dans la zone de pêche de la Mauritanie, près de 86 000 tonnes en moyenne annuelle sur la période 2022-2024, avec une tendance à l’augmentation explicable par l’augmentation des captures des chalutiers ciblant les petits pélagiques de la catégorie 6 entre 2022 et 2024 (+150%). Cette catégorie est la principale contributrice avec 76% de la capture annuelle moyenne sur la période 2022-2024 devant la catégorie 4 des thoniers senneurs (9%) et la catégorie 2 des chalutiers / palangriers merlu noir (6%).



Catégories

2021

(15 novembre – 31 décembre 2021)

2022

2023

2024

Moyenne

2022-2024

% Moyenne

2022-2024

Cat. 1

297

2 956

3 004

4 419

3 460

4%

Cat. 2

858

5 107

5 556

4 393

5 019

6%

Cat. 2bis

373

3 715

1 418

463

1 865

2%

Cat. 3

118

1 244

608

905

919

1%

Cat. 4

0

5 925

12 791

5 039

7 918

9%

Cat. 5

118

931

1 363

518

938

1%

Cat. 6

3 943

37 522

63 609

95 234

65 455

76%

Cat. 7

0

0

0

0

0

0%

Total

5 707

57 399

88 349

110 971

85 573

100%

Figure 5 : Captures totales des navires UE dans la zone de pêche de la Mauritanie par année calendaire (tonnes) (source : DG MARE, 2024 données provisoires)

La comparaison entre les captures et les limites de captures ou tonnage de référence identifiés par le Protocole pour chaque catégorie indique que globalement, les navires UE ont capturé 32% du total permissible en moyenne annuelle sur la période 2022-2024. Le taux d’utilisation tend cependant à augmenter en lien avec l’augmentation des captures de la catégorie 6, passant de 22% en 2022 à 42% en 2024 pour l’ensemble des catégories.

L’utilisation en termes de captures a été relativement satisfaisante pour la catégorie 2 et la catégorie 1 (au moins 70%). L’utilisation par les autres catégories est relativement faible (inférieure au tiers permissible), avec notamment une utilisation moyenne de 29% du TAC de 225 000 tonnes par les chalutiers pélagiques de la catégorie 6 sur la période 2022-2024, mais avec une progression de 17% en 2022 à 42% en 2024. Les navires thoniers des catégories 4 et 5 n’ont pas dépassé le tonnage de référence.



TAC ou tonnage de référence*

2022

2023

2024

Moyenne annuelle 2022-2024

Cat. 1

5 000

59%

60%

88%

69%

Cat. 2

6 000

85%

93%

73%

84%

Cat. 2bis

5 550**

67%

26%

8%

34%

Cat. 3

3 000

41%

20%

30%

31%

Cat. 4

14 000*

42%

91%

36%

57%

Cat. 5

7 000*

13%

19%

7%

13%

Cat. 6

225 000

17%

28%

42%

29%

Total

265 550

22%

33%

42%

32%

Figure 6 : Ratio captures obtenues / totaux permissibles pour les différentes catégories de pêche (Source : DG MARE, Protocole – 2024 données provisoires)

Le tableau suivant compare les captures des navires UE en 2022, 2023, et 2024 aux captures totales dans la zone de pêche de la Mauritanie, toutes catégorie de flottes et tous pavillons confondus, sauf pêche thonière (catégorie 4 et 5 de l’Accord).

Groupe espèces

2022

2023

2024

Moyenne

Captures totales -

tous pavillons confondus

(tonnes)

Céphalopodes

45 603

36 708

45 117

42 476

Crustacés

3 348

3 251

4 187

3 595

Merlu

9 504

7 935

6 050

7 830

Démersaux

45 356

47 990

74 952

56 099

Petits pélagiques

903 650

749 744

874 539

842 644

Total

1 007 461

845 628

1 004 845

952 645

Captures UE

(tonnes)

Céphalopodes

210

175

180

188

Crustacés

2 937

2 993

4 177

3 375

Merlu

7 715

5 780

3 950

5 815

Démersaux

5 266

4 179

6 422

5 289

Petits pélagiques

32 186

59 171

83 207

58 188

Total

48 315

72 297

98 028

72 880

% UE (des captures totales)

Céphalopodes

0,5%

0,5%

0,4%

0,4%

Crustacés

87,8%

92%

99,8%

93,7%

Merlu

81,2%

72,8%

65,3%

74,3%

Démersaux

11,6%

8,7%

8,6%

9,4%

Petits pélagiques

3,6%

7,9%

9,5%

6,9%

Total

4,8%

8,5%

9,7%

7,6%

Figure 7 : Comparaison entre les captures UE et les captures totales dans la zone de pêche de la Mauritanie (hors pêche thonière) (Source : Données Observatoire Économique et Social des Pêches (OESP) pour les captures totales 2022 et 2023. Procès-verbal Comité Technique pour les Statistiques 2024, DG MARE pour les captures UE)

Pour tous les groupes d’espèces considérés (hors thonidés), les flottes de l’UE ont représenté 5% et 10% des captures totales dans la zone de pêche de la Mauritanie entre 2022 et 2024 (8% en moyenne sur les trois années). Les groupes d’espèces pour lesquels la flotte UE représente la majorité des captures sont i) les crustacés exploités par les chalutiers crevettiers de la catégorie 1, et ii) les merlus exploités à titre principal par les navires des catégories 2 et 2bis, et à titre accessoires par les chalutiers pélagiques de la catégorie 6. Pour ces deux groupes d’espèces, les captures UE représentent autour de 85% des prises totales dans la zone de pêche. La flotte UE représente autour de 9% des captures totales de poissons démersaux (hors merlu) et de petits pélagiques. La flotte UE a une contribution marginale (moins de 0,5%) aux captures totales de céphalopodes, qui sont pêchés en tant que groupe d’espèces accessoires autorisées.

3.1.2. Paiements de l’UE en échange de l’accès

Les paiements de l’UE en échange de l’accès se composent d’une partie prise en charge sur le budget de l’UE et d’une partie prise en charge par les armateurs bénéficiaires des possibilités de pêche. Les charges applicables pour les différentes catégories de pêche sont définies dans le chapitre III de l’annexe au Protocole.

Les paiements pris en charge sur le budget de l’UE ont été de 57,5 million euros par an depuis le début du Protocole. Il n’y a pas eu de paiements additionnels jusqu’en 2024 inclus, les navires thoniers des catégories 4 et 5 n’ayant pas dépassé le tonnage de référence.

Les redevances des armateurs se décomposent en trois parties :

·Une partie forfaitaire non remboursable payable au moment de la demande d’autorisation de pêche

·Une partie variable assise sur les captures obtenues

·Une taxe parafiscale proportionnelle à la capacité des navires exprimée en GT et au temps passé dans la zone de pêche pour les catégories thonières.

Le tableau suivant résume les redevances payées par les armateurs de l’UE entre 2021 et 2024. Les détails par catégorie de pêche sont présentés dans la figure 2 de la section 3.1.2 du rapport d'évaluation.

(kEUR)

2021 (15 novembre – 31 décembre 2021)

2022

2023

2024

Moyenne annuelle

2022-2024

Partie forfaitaire

36

394

484

529

469

Partie variable

692

6 720

10 279

14 522

10 507

Taxe parafiscale

15

129

153

174

152

Total

742

7 243

10 916

15 225

11 128

Figure 8 : Montant annuel des redevances d'accès payées à la Mauritanie par les armements de l'UE (Source : DG MARE)

La catégorie 6 a été la principale catégorie contributrice avec 74% des paiements des armateurs UE en moyenne annuelle sur la période 2022-2024, devant la catégorie 1 des chalutiers crevettiers (14%). Les autres catégories ont représenté entre 1% et 5% des paiements totaux des armateurs UE.

Avec le paiement en compensation de l’accès par l’UE (57,5 millions euros par an), la Mauritanie a reçu en moyenne 68,6 millions euros par an de la partie UE pour l’accès à sa zone de pêche, avec un montant qui a varié entre un minimum de 64,7 millions euros en 2022 et un maximum de 72,7 millions euros en 2024. En moyenne annuelle sur la période, les paiements sur le budget UE ont représenté 84% des paiements totaux de la partie UE en échange de l’accès (hors appui sectoriel).

Figure 9 : Montants annuels des paiements reçus par la Mauritanie en échange de l'accès à sa zone de pêche (moyenne annuelle - période 2022-2024), et proportion suivant l’origine des paiements

3.1.3. Mécanismes de gestion et d’allocation des possibilités de pêche

Depuis la réforme mise en œuvre par la Loi 2015-017 portant Code des Pêches Maritimes, la Mauritanie gère les stocks exploités dans sa zone de pêche par un mécanisme de TAC et quotas. Les TACs sont fixés par le MPIMP sur la base des avis scientifiques de l’IMROP, l’Institut mauritanien de recherche océanographique et des pêches. Ils peuvent être par espèce (ex. merlus) ou par groupe d’espèce (ex. petits pélagiques). Les avis scientifiques formulés par l’IMROP s’appuient sur les résultats des groupes de travail de la FAO-COPACE pour les espèces partagées, ou suivant les propres expertises nationales pour les espèces locales (ex. langouste rose).

Les TACs sont distribués en quota aux différents segments de flotte (segment artisanal, côtier et hauturier) et suivant le régime d’accès des navires (navires sous régime national ou sous régime étranger). La part des TACs alloués aux flottes de pêche sous régime étranger peut être assimilée au reliquat (ou surplus) disponible.

Le tableau suivant indique les niveaux des TACs fixés par le MPIMP pour l’année 2024 et leur allocation suivant le régime d'exploitation national ou étranger, en reportant les TACs alloués à la flotte de l’UE suivant les dispositions du Protocole. Ces données indiquent que l’allocation à l’UE de la part du TAC bénéficiant aux navires sous régime étranger représente la quasi-totalité des quantités permissibles pour les crevettes, le merlu et les poissons autres que merlus. Pour les petits pélagiques exploités par la catégorie 6, l’UE bénéficie de 17% du TAC au total, et de 31% de la part du TAC réservée aux navires sous régime étranger. Les possibilités de pêche pour les céphalopodes sont exclusivement attribuées aux navires sous régime d’accès national.

A noter que la somme des allocations aux navires sous régime national et sous régime étranger peut être inférieure au TAC (crevettes, merlus, poissons autres que merlus et petits pélagiques). La différence prend en compte une marge de précaution pour les éventuelles captures accessoires de certains segments de flotte.

(tonnes)

TAC 2024

National

Etranger

(surplus)

dont UE

% du TAC pour l’UE

% du surplus pour l’UE

Céphalopodes

42 700

42 700

0

0

0%

0%

Crevettes

7 200

947

5 000

5 000

69%

100%

Langouste rose

248

248

0

0

0%

0%

Crabe profond

350

350

0

0

0%

0%

Merlus

10 093

1 500

8 000

9 500*

94%

119%

Poissons autres que merlus

87 000

57 355

3 000

3 000**

3%

100%

Petits pélagiques

1 353 000

444 920

735 000

225 000

17%

31%

Figure 10 : Totaux admissibles de captures par groupe d'espèces, et allocations suivant le régime d'accès des flottes de pêche (Source : D’après données rapport transparence 2024 de la Mauritanie), Note : * TAC cumulé des catégories 2 et 2bis, ** TAC catégorie 3

3.1.4. Utilisation des captures des navires de l’UE

Les résultats des consultations dans le cadre de l’évaluation confirment que la grande majorité des captures des navires de l’UE dans la zone de pêche de la Mauritanie est commercialisée en dehors du pays.

·Pour les catégories 1, 2, 2bis et 3, les captures sont intégralement vendues sur le marché de l’UE. Les captures conservées en frais des catégories 2 et 3 sont acheminées en Espagne par transport routier depuis Nouadhibou, alors que les captures conservées congelées des catégories 1 et 2bis sont transportées vers l’UE par transport maritime dans des containers.

·Pour les catégories thonières 4 et 5, les captures sont débarquées à Abidjan et Dakar respectivement, et vendues aux industries de transformation du thon en conserves pour vente des produits finis sur le marché de l’UE.

·Pour la catégorie 6, les opérateurs ont indiqué vendre une partie des captures sur le marché UE et une autre partie sur les marchés de pays africains comme le Nigeria, la Côte d’Ivoire, ou le Cameroun après dégroupage des cargaisons à Las Palmas (Îles Canaries, Espagne, UE). Ces captures peuvent ensuite entrer dans des filières de transformation artisanale (fumage). La partie des captures constituée par la redevance en nature (2% du total soit ≈ 1 200 tonnes par an) est utilisée en Mauritanie pour l’approvisionnement du programme de distribution de poissons aux populations défavorisées organisé par la Société Nationale de Distribution du Poisson.

·Aucun navire de l’UE ne contribue à l’approvisionnement des usines de farine. La seule catégorie de pêche du Protocole qui aurait pu éventuellement le faire (catégorie 7) n’a pas été utilisée.

Les circuits de commercialisation des captures des navires de l’UE sous le Protocole en cours sont largement similaires à ceux utilisés sous les Protocoles précédents.

3.1.5. État des stocks exploités

Cette section présente l’évolution de l’état des stocks des principales espèces exploitées dans la zone de pêche de la Mauritanie suivant les données disponibles depuis le début du Protocole à la fin de 2021.

Stock des petits pélagiques

Stock

Zone de répartition

Évaluation 2022

(données jusqu’à 2021)

Évaluation 2023

(données jusqu’à 2022)

Évaluation 2024

(données jusqu’à 2023)

Évaluation 2025

(données jusqu’à 2024)

Sardine (S. pilchardus)

Zone C

Non pleinement exploité

Non pleinement exploité

Surexploité

Surexploité

Maquereau espagnol (S. colias)

Toute la sous-région nord

Pleinement exploité

Pleinement exploité

Pleinement exploité

Pleinement exploité

Chinchard de cunène (T. Trecae)

Toute la sous-région nord

Surexploité

Pleinement exploité

Pleinement exploité

Pleinement exploité

Chinchard atlantique (T. trachurus)

Toute la sous-région nord

Pleinement exploité

Pleinement exploité

Surexploité

Pleinement exploité

Sardinelle ronde (S. aurita)

Toute la sous-région nord

Surexploité

Surexploité

Surexploité

Surexploité

Sardinelle plate (S. maderensis)

Toute la sous-région nord

Surexploité

Surexploité

Surexploité

Surexploité

Ethmalose (E. fimbriata)

(Mauritanie+Sénégal+Gambie)

Surexploité

Surexploité

Surexploité

Surexploité

Figure 11 : Résumé des conclusions du groupe de travail de la FAO-COPACE concernant l’état des stocks de petits pélagiques disponibles dans la zone de pêche de la Mauritanie (Source : FAO-COPACE)

Le principal changement intervenu pendant la période d’application du Protocole est le passage d’un état de sous-exploitation à un état de surexploitation pour le stock C de sardines (zone Maroc - Sahara occidental - Mauritanie). Suivant les informations publiées par la FAO-COPACE, l’aggravation de la situation du stock pourrait être liée à la pression de pêche importante du fait du ciblage de l’espèce pour la transformation en farines dans la zone de pêche de la Mauritanie, et aux effets de changements dans l’écosystème (réchauffement des eaux de surface, affaiblissement de l’upwelling) qui aurait réduit les quantités de proies disponibles pour l’espèce, à l’instar de ce qui est constaté dans d’autres zones de pêche (Atlantique Nord-Est, Méditerranée). Depuis 2021, la sardine est devenue une espèce minoritaire dans les captures de l’UE, représentant en moyenne moins de 6 000 tonnes par an.

Les stocks de maquereau et de chinchards, qui constituent les principales espèces de petits pélagiques ciblées par les chalutiers de la catégorie 6, sont exploités dans les limites de la durabilité. Suivant les informations de la FAO-COPACE et de l’IMROP appuyées par les résultats de campagnes acoustiques, ces deux groupes d’espèces ont bénéficié de recrutements importants qui peuvent permettre de laisser entrevoir des améliorations des niveaux de biomasse (2022 et 2023 pour le maquereau, 2024 pour le chinchard).

Les stocks de petits pélagiques côtiers (sardinelles, ethmalose) sont restés dans un état de surexploitation depuis le début du Protocole. Du fait des leurs zones de pêche éloignées de la zone côtière, les chalutiers hauturiers, y compris les chalutiers UE, ont de faibles niveaux de captures de ces espèces. Les derniers avis de la FAO-COPACE corroborés par l’IMROP indiquent une amélioration de l’état du stock de sardinelles consécutifs à une diminution de la pression de pêche dans la zone côtière.

Stocks d’espèces démersales

Stock

Zone de répartition

Évaluation 2019

(données jusqu’à 2016)

Évaluation 2022

(données jusqu’à 2021)

Évaluation 2024

(données jusqu’à 2023)

Poissons

Merlu noir (Merluccius spp. :

M. polli, et M. senegalensis)

Toute la région

Pleinement exploité

Surexploité

Surexploité

Thiof (Epinephelus aeneus)

Mauritanie, Sénégal, Gambie

Surexploité

Surexploité

Surexploité

Pagre à points bleus (Pagrus caeruleostictus)

Mauritanie, Sénégal

Pleinement exploité

Non pleinement exploité

Surexploité

Denté à gros yeux (Dentex macrophthalmus)

Mauritanie, Sénégal, Gambie

Non pleinement exploité

Non pleinement exploité

Non pleinement exploité

Diagramme gris (Plectorhynchus mediterraneus)

Mauritanie et Maroc

Pas d’évaluation disponible

Pleinement exploité

Pas d’évaluation disponible

Pageot (Pagellus bellottii)

Mauritanie, Sénégal, Gambie

Pleinement exploité

Pleinement exploité

Surexploité

Castagnole Brama brama

Mauritanie, Maroc

Pas d’évaluation disponible

Surexploité

Surexploité

Crustacés

Crevette rose du large (Parapenaeus longirostris)

Mauritanie

Pleinement exploité

Non pleinement exploité

Non pleinement exploité

Crevette rose du sud (Penaeus notialis)

Mauritanie

Pas d’évaluation disponible

Non pleinement exploité

Pas d’évaluation disponible

Gambon rayé (Aristeus

aridens)

Mauritanie

Pas d’évaluation disponible

Non pleinement exploité

Non pleinement exploité

Céphalopodes

Poulpe (Octopus vulgaris)

Cap Blanc

Pleinement exploité

Surexploité

Surexploité

Seiches (Sepia spp.)

Cap Blanc

Pleinement exploité

Pleinement exploité

Surexploité

Calmar (Loligo vulgaris)

Cap Blanc

Pas d’évaluation disponible

Surexploité

Pleinement exploité

Figure 12 : Résumé des conclusions du groupe de travail de la FAO-COPACE concernant l’état des stocks d’espèces démersales de poissons, crustacés et céphalopodes disponibles dans la zone de pêche de la Mauritanie

Le principal changement intervenu au cours de la période de mise en œuvre du Protocole en cours est le passage des espèces de merlu noir (cible des catégories 2 et 2bis) et de la castagnole (cible de la catégorie 3) dans la catégorie des espèces surexploitées. Les raisons de la dégradation des stocks sont mal connues, mais pourraient être liée à une pression de pêche excessive, et à des modifications de l’écosystème avec une hypothèse à l’étude d’un accroissement de la prédation sur les juvéniles de ces espèces par les petits pélagiques. Concernant la pression de pêche, les analyses du Comité Scientifique Conjoint mettent en évidence des captures importantes de ces deux espèces par d’autres catégorie de flotte à titre de prises accessoires, notamment par les chalutiers pélagiques hauturiers (UE de la catégorie 6 et autres pavillons). Les évaluations pour les autres espèces de poissons montrent une dominance de situation de surexploitation, indiquant une fragilité globale des ressources dans la zone de pêche. Ces autres espèces sont peu capturées par les navires de l’UE.

Pour les stocks de crevettes ciblées par les chalutiers UE de la catégorie 1, les conclusions de la FAO-COPACE indique des niveaux d’exploitation soutenables que confirment des rendements qui suivent une tendance à l’augmentation. Le Comité Scientifique Conjoint recommande cependant un suivi rapproché car les espèces de crevettes sont des espèces à cycle de vie court potentiellement exposées à des variations importantes de recrutement en fonction des conditions environnementales.

Concernant les céphalopodes, les analyses de la FAO-COPACE rejoignent celles de l’IMROP pour conclure sur un état de surexploitation du stock de poulpe lié essentiellement à une pression de pêche excessive. Pour la seiche et les calmars, les derniers avis indiquent une surexploitation pour la seiche, et une exploitation soutenable pour le calmar. Parmi les catégories de pêche du Protocole, la catégorie 1 des chalutiers crevettiers capture des céphalopodes (poulpe notamment) à titre accessoires dans les limites permises par le Protocole (8% maximum). Ces captures accessoires représentent moins d’une centaine de tonnes par an. Les navires des catégories 2 et 2bis capturent des céphalopodes, mais ce sont principalement des espèces hauturières différentes des espèces évaluées par la FAO-COPACE.

Stocks des thonidés

Les informations publiées par le Comité permanent pour la recherche et les statistiques de la CICTA (SCRS) indiquent que parmi les trois principales espèces ciblées par les navires thoniers UE des catégories 4 et 5, le listao et l’albacore sont exploités de manière durable sur la période couverte par le Protocole. Le thon obèse avait été évalué comme surexploité lors de sa dernière évaluation de 2021, mais la dernière évaluation conduite en 2025 indique un rétablissement du stock dans les limites de la durabilité.

Stock

Zone de répartition

2022

2023

2024

2025

Listao (K. pelamis)

Stock Atlantique Est

* Non pleinement exploité

Non pleinement exploité

Non pleinement exploité

Non pleinement exploité

Albacore (T. albacares)

Stock Atlantique

Non pleinement exploité

Non pleinement exploité

* Non pleinement exploité

Non pleinement exploité

Thon obèse (T. obesus)

Stock Atlantique

Surexploité

Surexploité

Surexploité

* Non pleinement exploité

Figure 13 : Résumé de l'état des stocks de trois principales espèces de thonidés exploitées par la flotte UE dans la zone de pêche de la Mauritanie (Source : CICTA) Note : *Année de pubication d’une évaluation actualisée

Les stocks de grands migrateurs concernés sont sous le mandat de gestion de la CICTA dont l’UE et la Mauritanie sont parties contractantes. Les mesures de conservation et de gestion adoptées dans le cadre multilatéral s’appliquent aux navires quelle que soit la zone de pêche. Elles intègrent notamment des limites sur la capacité de pêche et les captures de la flotte, ainsi que des mesures techniques visant à réguler la pêche sous dispositifs de concentration du poisson (DCP). De ce fait, le Protocole ne prévoit aucune règle de conservation applicable de manière spécifique à la zone de pêche de la Mauritanie.

Impact de la pêche sur l’environnement

Les évaluations de l’impact de la pêche sur l’environnement ont fait l’objet d’échanges lors des différents comités scientifiques conjoint. Le principal sujet traité a été l’impact des engins de pêche sur cinq zones identifiées préalablement comme particulièrement riches en espèces de coraux profonds d’eau froide identifiées dans Ramos et al. (2017) 14 sur la base du résultat de campagnes menées par le navire de recherche espagnol R/V Vizconde de Eza entre 2007 et 2010. Ces cinq zones d’intérêt écologiques (ZIE), assimilables à des zones contenant des écosystèmes marins vulnérables (EMV) couvrent une superficie équivalente à moins de 1% de la superficie de la ZEE. Suivant les analyses du Comité Scientifique Conjoint appuyées par un croisement avec les données de suivi des navires par satellite (VMS), les navires UE des catégories 1, 2 et 2bis montrent des activités de pêche dans le périmètre des cinq ZIEs, mais à des niveaux relativement faibles (moins de 5% de l’effort de pêche total de ces catégories de navires).

Le Comité Scientifique Conjoint n’a pas abordé en profondeur l’identification d’autres impacts de la pêche sur l’environnement comme les rejets ou les interactions avec des espèces protégées ou en danger (espèces ETP pour endangered, threatened or protected) bien qu’il existe des indications de niveaux élevés de rejets pour certaines catégories de pêche chalutière 15 .

Évolution des mesures de conservation et de gestion

Les bilans de la FAO-COPACE et les analyses complémentaires du Comité Scientifique Conjoint ont déclenché la considération d’une série de mesures ayant pour objectif d’améliorer l’état de conservation des stocks exploités.

Pêcheries de petits pélagiques

La situation alarmante de la pêcherie de petits pélagiques résultant de l’accroissement des captures pour alimenter les usines de farines a conduit la Mauritanie à adopter en 2022 un plan d’aménagement de la pêcherie de petits pélagiques 16 . La préparation de ce plan et sa validation par la Commission mixte faisait l’objet d’une mesure incitative prévue par le Protocole (paiement d’une tranche conditionnelle de 7 million euros sur la contrepartie UE au titre de l’accès la première année). L’adoption de ce plan a déclenché l’application de deux réformes majeures en 2023 :

·Une révision du zonage applicable aux navires artisanaux et côtiers pour diminuer la pression de pêche dans la zone côtière.

·Une révision de la segmentation de la flotte qui a eu pour effet de faire passer de grands senneurs de la catégorie côtière à la catégorie hauturière, avec pour corollaire, une zone autorisée plus au large 17 .

Le plan d’aménagement de la pêcherie de petits pélagiques prévoyait également la considération d’autres mesures :

·La séparation en deux catégories de pêche suivant les espèces de petits pélagiques (les carangidés et les clupéidés / scombridés)

·Des mesures plus restrictives sur la composition et les quantités acceptables de prises accessoires, incluant éventuellement l’interdiction de conserver à bord des espèces démersales comme le merlu noir et la castagnole

·L’application de mesures de protection de zones sensibles pour protéger la reproduction de certaines espèces (frayères et nurseries), notamment pour le maquereau

Les résultats d’une étude d’impact socio-économique sont attendus pour éclairer les décisions relatives aux mesures envisagées.

Le Comité Scientifique Conjoint a également été saisi d’une demande de révision des tailles minimales de certaines espèces (maquereau, chinchard). Les tailles minimales applicables dans la zone de pêche mauritanienne sont supérieures à celle en vigueur dans d’autres contexte (Maroc, eaux de l’UE), ce qui oblige les opérateurs à rejeter en mer des quantités significatives avec un impact négatif sur la rentabilité des opérations. Le Comité Scientifique Conjoint doit rendre ses conclusions.

Pêcheries de merlus noirs et de castagnole

L’interdiction de captures accessoires de ces deux espèces par les chalutiers pélagiques est recommandée par le Comité Scientifique Conjoint pour ramener les captures de ces deux espèces à des niveaux soutenables. D’après les analyses du Comité Scientifique Conjoint, les chalutiers pélagiques peuvent pêcher des quantités de ces espèces plus importantes que les navires de pêche démersale autorisés à les cibler. En effet, la limite de 3% de captures accessoires appliquée à des chalutiers pélagiques qui captures plusieurs centaines de milliers de tonnes par an permet des quantités de prises accessoires relativement importantes.

Dans le cas du merlu noir, le Comité Scientifique Conjoint recommande la mise en œuvre d’une mesure de repos biologique qui reviendrait à interdire la pêche ciblée de ces espèces pendant une période de deux mois dans une zone sensible située dans le sud du Cap Timiris. Cette proposition doit être revue par la Commission mixte.

Pêcheries de céphalopodes

Les principales mesures de gestion des pêcheries de céphalopodes en Mauritanie, et de poulpe en particulier, reposent sur des limites de captures et la mise en œuvre de deux périodes annuelles de repos biologique de deux mois applicable la pêche artisanale céphalopodière, de la pêche côtière céphalopodière et de la pêche hauturière de fond.

En 2025, deux arrêts biologiques ont été appliqués dans les eaux mauritaniennes, affectant directement l'activité des navires de la catégorie 1. La première période d’arrêt de mai à juin 2025 a été étendue aux chalutiers crevettiers UE de la catégorie 1, malgré un préavis inférieur au préavis de 30 jours mentionné dans le Protocole. Le deuxième arrêt biologique dans les eaux mauritaniennes, affectant directement l'activité des navires de la catégorie 1, a été appliqué pour la période de octobre à novembre 2025.

Pêcherie de langouste rose

Le stock de langouste rose est réputé surexploité par l’IMROP et un quota limitatif de 248 tonnes a été imposé par les autorités mauritaniennes.

Le Protocole interdit la pêche de cette espèce aux chalutiers crevettiers de la catégorie 1, mais elle peut entrer dans la composition des captures accessoires de crustacés autorisées aux catégories 2 et 2bis, et dans les faits, est présente dans les captures des navires de la catégorie 2 (autour de 50 tonnes par an). Le CSC a recommandé en 2024 d’étendre l’interdiction de pêche de langoustes roses dans les prises accessoires des navires de catégories 2 et 2bis, suivant la décision par la Commission mixte en 2023.

Réduction des impacts de la pêche sur l’environnement

Le CSC recommande l’adoption de mesures visant à protéger les EMVs présents dans les cinq zones d’intérêt biologique identifiées et à limiter leur dégradation par les engins de pêche entrant au contact du fond. L’UE a interdit dans ses eaux la pêche aux engins de fond à des profondeurs de plus de 800 m 18 et dans les limites de 87 polygones situées entre 400 m et 800 m dans lesquels des EMVs sont présents, ou susceptibles de l’être 19 .

3.1.6. Zoom sur l’application de certaines clauses de la composante accès du Protocole

Les sections suivantes présentent le bilan de la mise en œuvre de certaines clauses importantes de la composante accès du Protocole pour lesquelles les échanges ou les constatations de l’évaluation relèvent des points d’attention.

Les bilans portent sur :

-La clause transparence

-La possibilité de révision des possibilités de pêche

-La contribution en nature

-Les débarquements / transbordements des captures en Mauritanie

-Suivi, contrôle et surveillance, et respect des règles

-Les observations scientifiques à bord des navires UE

-L’emploi de marins ressortissants nationaux

La clause transparence

L’Article 3.3 de l’Accord cadre mis en œuvre par l’Article 4 du Protocole enjoint la Mauritanie de communiquer chaque année à l’UE un rapport détaillé sur les activités des navires de pêche battant pavillons étrangers autorisés à accéder la zone de pêche sous des régimes d’accord public ou privé. Ce rapport, dit « rapport transparence », doit suivre le modèle développé dans l’Annexe III au Protocole. Le rapport est présenté en Commission mixte et peut être mis à la disposition du CSC.

Les échanges lors de l’évaluation ont confirmé que la soumission des rapports de transparence par la Mauritanie n’a pas été régulière ni conforme au format prévu, avec plusieurs rapports présentés sous forme provisoire et non finalisés.

À noter que la Mauritanie a réalisé des progrès sensibles en matière de transparence, concrétisés en mai 2025 par l’obtention du statut de conformité par la Fisheries Transparency Initiative (FiTI). La candidature de la Mauritanie à la FiTI avait été acceptée en 2018, avec cinq rapports annuels nationaux publiés depuis 20 .

Les rapports des CSCs montrent un bon niveau de partage d’informations par l’IMROP sur activités des flottes étrangères dans la zone de pêche (capacités, effort de pêche, captures) pour intégration de ces informations dans les analyses scientifiques.

La possibilité de révision des possibilités de pêche

Le Protocole en cours a introduit pour la première fois (Article 7) la possibilité de réviser les possibilités de pêche négociées, dans les deux années suivant son entrée en vigueur, d’un commun accord entre les deux parties et sur la base d’une évaluation de l’utilisation des possibilités de pêche par les navires de l’UE. En outre, l’Article 13 du Protocole prévoit la possibilité de dénonciation unilatérale pour niveau réduit d’utilisation des possibilités de pêche dans le cas où aucun accord n’a pu être trouvé sur la portée de la révision considérée par l’Article 7.

Lors de la Commission mixte de décembre 2023, la révision des possibilités de pêche a été abordée dans un contexte d’utilisation faible (27%) et avec un léger retard lié à la mise en œuvre du plan d’aménagement des petits pélagiques adopté à la fin de 2022. Les échanges techniques n’ont pas permis d’aboutir au commun accord requis. Faute d’accord, l’activation de l’Article 7 a été abandonnée, maintenant les possibilités de pêche et la contrepartie financière fixées par le Protocole pour toute sa durée.

La contribution en nature

Suivant les dispositions du Protocole, les navires UE des catégories 1 et 6 doivent s’acquitter d’une redevance en nature au profit de la Société Nationale de Distribution de Poisson (SNDP) pour alimenter le programme national de distribution de poissons aux couches défavorisées de la population à des prix subventionnés. La redevance en nature est équivalente à 2% du total des captures pour les chalutiers pélagiques de la catégorie 6 et à 2% du total des prises accessoires de poissons pour les chalutiers crevettiers de la catégorie 1.

Les navires non-UE ciblant les petits pélagiques sont soumis à obligation similaire, mais avec une redevance en nature fixée à 3% des captures totales (conditions associées à la licence).

D’après les parties prenantes consultées, les chalutiers pélagiques de la catégorie 6 se sont acquittés de leur obligations en conformité avec les termes du Protocole. Les quantités cédées, composées essentiellement de chinchards et de maquereaux, ont représenté 12% des entrées en stock de la SNDP en moyenne annuelle sur la période 2021-2024, avec une part relative en hausse liée à l’augmentation des captures des navires de cette catégorie.

2021

2022

2023

2024

Moyenne

Redevance en nature UE (tonnes)

688

718

1 198

1 911

1 129

Total collecté (tonnes)

8 939

8 704

9 117

11 240

9 500

Part de la contribution des navires UE

8%

9%

13%

17%

12%

Figure 14 : Part relative de la redevance en nature des chalutiers pélagiques UE de la catégorie 6 dans les quantités collectées par la SNDP

Débarquement / transbordement en Mauritanie

Suivant le Protocole, les navires UE des catégories 1, 2, 2bis et 3 sont soumis à une obligation de débarquement dans un port de Mauritanie. L’évaluation a conclu que les obligations de débarquement ou de transbordement ont été respectées.

Les chalutiers pélagiques de la catégorie 6 peuvent débarquer ou transborder en rade de Nouadhibou. Le Protocole prévoit que des dérogations spécifiques peuvent être accordées sur demande dans des situations précisément identifiées par le Protocole. Les navires thoniers des catégories 4 et 6 sont exemptées de débarquements / transbordements en Mauritanie.

Certains navires de l’UE ont signalé des délais d’attente importants au quai pêche du Port Autonome de Nouadhibou. En décembre 2024, une nouvelle procédure dérogatoire a été adoptée par la la Décision 2024/3135 de la Commission 21 , suite à un accord de la Commission mixte.

Suivi, contrôle et surveillance, et respect des règles

Le Protocole établit le régime de suivi, de contrôle et de surveillance (chapitre III de l’annexe du Protocole) applicable à tous les navires de l'Union opérant dans la zone de pêche couverte par l’APPD.

Les autorités mauritaniennes ont confirmé un bon respect général des règles du Protocole en matière de suivi des navires par la flotte UE. Certains États membres ont signalé des difficultés dans les transmissions avec la GCM, que ces derniers expliquent par des pannes de réseau internet principalement.

D’après les informations collectées lors de l’évaluation, 31 infractions ont été constatées par la GCM depuis le début du Protocole, avec 2 en 2021, 14 en 2022, aucune en 2023, 8 en 2024 et 6 en 2025 (situation fin mai). La majorité des infractions concernent les navires de la catégorie 6 (18, soit 58%) pour des motifs qualifiés de mineurs par la GCM liés à des dépassements de taux de prises accessoires, de non-respect des tailles minimales ou d’équipages non-conformes en termes de nationalités. Les autres catégories concernées sont les catégories 1, 2, 2bis, et 3 avec chacune entre 2 et 4 infractions notifiées depuis le début du Protocole.

Observations scientifiques

Le chapitre X de l’annexe au Protocole dispose que les navires des catégories 1, 2, 2bis, et 6 soient suivis par des observateurs scientifiques suivant un taux de couverture fixé par le Protocole prenant en compte la durée et la périodicité des marées et la complexité du travail à réaliser.

Pour les navires thoniers des catégories 4 et 5, le taux de couverture des opérations par des observateurs était celui défini par la CICTA, mis en œuvre sous la responsabilité de l’État du pavillon.

Suivant les informations obtenues lors des consultations, il n’y a pratiquement pas eu d’observateurs embarqués sur les navires de l’UE. L’IMROP reconnaît ne pas disposer d’un corps d’observateurs scientifiques en capacités quantitative et qualitative suffisantes pour atteindre les objectifs du Protocole en matière d’échantillonnage des opérations de pêche, faute de problèmes de recrutement, formation et fidélisation des jeunes observateurs.

Embarquement de marins nationaux

Suivant les dispositions du Protocole (chapitre IX de l’appendice du Protocole), les navires UE sont soumis à une obligation d’employer un certain nombre de marins nationaux défini en proportion de l’équipage (60% de l’équipage hors officiers pour les catégories 1, 2, 2bis et 3 ; 60% de l’équipage de production pour la catégorie 6 ; 1 par navire pour la catégorie 4 ; et 3 par navire pour la catégorie 5).

De l’avis des autorités mauritaniennes et de l’UE, les clauses du Protocole concernant le nombre de marins nationaux embarqués ont été globalement respectées. Autour de 450 postes de travail parmi les quelques 8 000 marins professionnels en activité suivis par l’ Agence Mauritanienne pour les Affaires Maritimes (6% du réservoir national de main d’œuvre) ont été employés sur les navires de pêche de l’UE.

Enfin, les autorités mauritaniennes ont indiqué avoir engagé les démarches pour la ratification de la Convention C188 de l’Organisation internationale du travail (OIT) sur le travail dans la pêche de 2007, déjà intégrée dans le droit de l’UE par la Directive (UE) 2017/159 22 .

3.1.7. Dispositions financières

-Revenu généré pour l’accès pour la Mauritanie: 68,6 millions euros par an (2022-2024) 23 ,

-Calcul du chiffre d’affaires pour la flotte de l’UE: environ 152 millions euros par an (2022-2024) 24 ,

-Valeur ajoutée directe pour la flotte de l’UE : en moyenne 50,6 millions euros par an (2022-2024),

-Niveau et répartition de la valeur ajoutée générée: on estime que pour chaque euro investi de l’UE dans la compensation financière pour l’accès à la ressource a permis de générer 1,92 euros de valeur ajoutée totale, dont 1,29 euros au bénéfice de l’UE,

-Emplois directs: estimés à près de 1030 emplois équivalents temps plein en moyenne annuelle (2022-2024), dont 17% concernent les ressortissants de l’UE, 45% des ressortissants de la Mauritanie et 38% des ressortissant d’autres pays,

-Emplois indirects : estimés à près de 1330 emplois équivalents temps plein en moyenne annuelle (2022-2024), dont 26% dans les filièrers amont (construction, réparation navale, services aux navires) et 74% dans les filières aval (manutention, commercialisation / transformation des produits de la pêche),

-Contribution d’appui sectoriel transférée à la Mauritanie: 4,125 millions EUR (première tranche).

3.2. Composante appui sectoriel

3.2.1. Contexte de politique sectorielle

Le démarrage du Protocole à la fin de 2021 a coïncidé avec le début de la mise en œuvre de la stratégie sectorielle définie par la Stratégie d’aménagement et de développement durable et intégré des pêches maritimes 2020-2024 revue en 2022 par l’adoption de la Lettre de Politique et de Planification (L2P) du Secteur des Pêches et de l'Économie Maritime (2022-2024) afin d’élargir la stratégie à d’autres domaines sous compétence du Ministère en charge de la pêche, à savoir les affaires maritimes, la pêche continentale et la pisciculture.

Les principaux axes de la stratégie 2020-2024 visaient à contribuer à l’objectif général de promouvoir un secteur des pêches maritimes durable, intégré à l’économie nationale et porteur de croissance, créateur d’emplois, et qui bénéficie à la population mauritanienne dans son ensemble. Trois axes stratégiques étaient retenus :

·Axe 1 : Ressource, environnement marin et côtier et pêcheries (protection du milieu marin, gestion durable des pêcheries, contrôle du respect des règles)

·Axe 2 : Chaines de valeurs (modernisation des flottes de pêche, développement des filières de commercialisation, développement des infrastructures, amélioration du climat des affaires)

·Axe 3 : Gouvernance du secteur (organisation du Ministère, alignement du cadre juridique, transparence)

La L2P a repris les axes de la stratégie 2020-2024 dans leurs grandes lignes, en ajoutant un axe pour le développement des affaires maritimes et autres secteurs de l’économie bleue, ainsi qu’un axe pour la promotion de la pêche continentale et de la pisciculture.

3.2.2. Organisation de la mise en œuvre du programme d’appui sectoriel

Le Protocole 2021-2026 prévoyait un budget de 16,5 millions d’euros sur cinq ans pour contribuer à la mise en œuvre de la stratégie sectorielle définie par la Stratégie d’aménagement et de développement durable et intégré des pêches maritimes 2020-2024. La Commission mixte est chargée de l’adoption de la programmation annuelle et pluriannuelle et du suivi de l’appui sectoriel, l’évaluation des résultats atteints et le cas échéant, le décaissement de tranches du budget disponibles. Toute modification de la programmation doit être approuvée par la Commission mixte ou par échanges de lettres.

En 2021, la Mauritanie a formellement constitué fin 2021 une « Cellule de Coordination de l’Appui Budgétaire sectoriel RIM/UE » (ci-après la cellule) par l’arrêté 1238 du MPEM du 2 novembre 2021. Le financement du fonctionnement de la cellule est assuré sur la contrepartie de l’UE pour l’appui sectoriel conformément aux dispositions du Protocole et à l’accord de la Commission mixte.

3.2.3. Point sur l’exécution des programmes d’appui sectoriel

Point sur les paiements de l’UE

Les paiements de l’UE pour l’appui sectoriel par tranches annuelles sont soumis à deux conditions principales :

·L’approbation par la Commission mixte des réalisations de l’année écoulée et de la programmation annuelle pour l’exercice suivant,

·L’exécution complète des programmes d’appui sectoriel des Protocoles précédents, soit dans le cas du Protocole 2021-2026, l’exécution des montants versés au titre des appuis sectoriels 2015-2019 et de ses deux extensions annuelles (2019-220 et 2020-2021).

Sur la période couverte par le Protocole en cours, les paiements approuvés par la Commission mixte ont concerné pour l’essentiel des paiements de reliquats de l’appui sectoriel 2015-2019 et de sa deuxième extension annuelle pour 2020-2021. Avec ces paiements intervenus jusqu’en 2023, les enveloppes prévues par le Protocole précédent pour la contribution de l’UE à l’appui sectoriel ont été intégralement versées à la Mauritanie (soit 16,5 millions d’euros pour l’appui sectoriel 2015-2019 payés entre 2017 et 2022 ; 4,125 millions d’euros pour l’extension 2019-2020 payés en 2020 ; et 4,125 millions d’euros pour l’extension 2020‑2021 payés entre 2022 et 2023).

Le premier paiement de 4,152 millions d’euros de l’appui sectoriel du Protocole 2021-2026 est intervenu en octobre 2024. La Commission mixte a donné son accord sur ce paiement à titre exceptionnel, suite à une demande de la Mauritanie, afin de permette le respect des engagements urgents, les paiements de contreparties nationales sur des projets financés par la coopération allemande, et pour pourvoir au financement du fonctionnement de la cellule d’exécution comme prévu par le Protocole (Article 18.13 du Protocole).

Périodes de l'Accord

Date du paiement

Montant (EUR)

Item payé

Protocole 2021-2026

25/10/2024

4 125 000

AS 2021-2026 Tranche 1

19/12/2023

1 485 000

AS 2020-2021 Tranche 1/1 Partiel

21/12/2022

2 640 000

AS 2020-2021 Tranche 1/1 Partiel

19/12/2022

799 781

AS 2015-2019 Tranche 4/4 partiel

Protocole 2015-2029 ext. 2021

18/12/2020

4 125 000

AS 2019-2020 Tranche 1/1

Protocole 2015-2029 ext. 2020

15/06/2020

2 325 219

AS 2015-2019 Tranche 4/4 partiel

23/01/2020

2 899 336

AS 2015-2019 Tranche 3/4 partiel

27/12/2019

400 664

AS 2015-2019 Tranche 3/4 partiel

Protocole 2015-2019

05/06/2019

4 500 000

AS 2015-2029 Tranche 2/4 partiel et 3/4 partiel

24/12/2018

375 000

AS 2015-2019 Tranche 2/4 partiel

05/10/2017

5 200 000

AS 2015-2029 Tranche 1/4

20/01/2017

3 000 000

AS 2012-2014 Tranche 2

20/01/2017

3 000 000

AS 2012-2014 Tranche 1

Figure 15 : Bilan des paiements de l'UE au titre de la contrepartie financière pour l'appui sectoriel sur les périodes couvertes par le Protocole précédent et le Protocole en cours (Source : DG MARE)

3.2.4 Les principales réalisations de l’appui sectoriel 2015-2021 et 2021-2026

Protocole 2015-2021

Suivant les informations détaillées dans le rapport d’exécution consolidé de la Mauritanie pour la période 2015-2021, les 24,75 millions d’euros payés par l’UE ont été distribués entre neuf bénéficiaires comprenant le cabinet du MPIMP, des entités sous tutelle du MPIMP avec autonomie budgétaire (ONISPA, IMROP, GCM et Port de Tanit) et du Ministère de la Défense (ACNAV) avec 87% du total des allocations, et des entités actives dans la protection de l’environnement marins (BACOMAB, PNBA et PND) avec 13% du total des allocations.

Protocole 2021-2026

Comme indiqué au point 3.2.3, les paiements approuvés sous le Protocole en cours ont concerné pour l’essentiel des paiements de reliquats de l’appui sectoriel 2015-2019 et de sa deuxième extension annuelle pour 2020-2021. Un seul paiement de 4,152 millions d’euros de l’appui sectoriel du Protocole 2021-2026 est intervenu en octobre 2024 au titre de la première tranche, distribué entre six bénéficiaires, comprenant le cabinet du MPIMP, des entités sous tutelle du MPIMP avec autonomie budgétaire (IMROP, GCM) et du Ministère de la Défense (ACNAV), et une entité active dans la protection de l’environnement marins (BACOMAB).

4RESULTATS DE L’EVALUATION (PARTIE ANALYTIQUE)

4.1Dans quelle mesure l’intervention a-t-lle été couronnée de succès et pourquoi ?

4.1.1Efficacité: dans quelles mesures les objectifs du Protocole de mise en œuvre de l’Accord ont-ils été atteints ?

Pour chaque composante (accès et appui sectoriel), des critères de réussite ont été proposés et évalués, par objectif, pour l’efficacité.

Objectif 1: contribuer à la conservation des ressources et à la durabilité environnementale par une exploitation rationnelle et durable des ressources halieutiques de la Mauritanie

1.1 Les activités de pêche ciblent exclusivement les ressources excédentaires et empêchent la surexploitation des stocks, sur la base des meilleurs avis scientifiques et d’une transparence accrue des efforts de pêche mondiaux dans les eaux couvertes par le Protocole 2021-2026.

Les informations disponibles sur l’état des stocks exploités par les flottes de l’UE dans la zone de pêche couverte par l’Accord indiquent des situations contrastées. La plupart des stocks exploités sont dans les limites de durabilité, avec quelques exceptions.

·Les espèces de petits pélagiques ciblées par les flottes UE de la catégorie 6 (maquereau, chinchard) sont exploitées dans les limites de la durabilité. La sardine, qui constitue un part minoritaire des captures des navires UE (moins de 10%), est évaluée comme surexploitée depuis 2024. Les espèces de sardinelles et d’ethmalose sont dans un état de surexploitation, mais elles ne sont pas exploitées par les navires UE du fait de zones de pêche autorisées plus au large que l’aire de distribution de ces espèces côtières.

·Concernant les espèces démersales, les crevettes ciblées par les navires de la catégorie 1 sont exploitées dans les limites de la durabilité. En revanche, les merlus noirs ciblés par les navires des catégories 2 et 2bis et la castagnole ciblée par les navires de la catégorie 3 sont dans un état de surexploitation. Pour les espèces de céphalopodes (poulpe, calmar, et seiche), la tendance globale est à la surexploitation. Ces espèces ne sont capturées qu’à titre accessoire par les navires des catégories 1, 2, et 2bis et dans des limites fixées par le Protocole.

Suivant les avis du CSC, des mesures additionnelles envisagées par le plan d’aménagement de la pêcherie de petits pélagiques devraient être prises notamment pour limiter les prises accessoires de poissons démersaux par les navires pélagiques, et pour protéger certaines espèces lors des périodes sensibles de leurs cycles de vie. La Mauritanie devrait également améliorer le mécanisme de gestion des capacités de pêche sous régime national.

1.2 La mise en œuvre a suivi les mêmes principes et standards pour la gestion des pêches que ceux appliqués dans les eaux de l’UE.

Le Protocole ne prévoit pas de mesures spécifiques de réduction de l’impact des pratiques de pêche sur l’environnement dans les zones de pêche autorisées telles que des mesures de réduction de rejets en mer, d’évitement de captures d’espèces sensibles ou de protection des écosystèmes marins contre les impacts des engins de pêche. De telles mesures sont cependant applicables pour les catégories thonières 4 et 5 par le biais des recommandations de la CICTA applicables aux navires UE quelles que soient leurs zones de pêche.

Le Comité Scientifique Conjoint a analysé des données existantes sur des écosystèmes marins vulnérables (EMV) profonds identifiés lors de campagnes océanographiques menées par l’IEO à la fin des années 2000, et formulé des recommandations pour l’identification de mesures ayant pour objectif la réduction des impacts de la pêche aux engins trainants sur les coraux profonds présents dans cinq zones dites zones d’intérêt biologiques.

En revanche, l’UE soutient les efforts de la Mauritanie pour la gestion et la surveillance des aires marines protégées existantes (Parc National du Banc d’Arguin, Parc National du Diawling) existantes en allouant des moyens financiers au travers du programme d’appui sectoriel (3,3 million euros alloués au BACOMAB, PNBA et PND sur les 24,75 million euros du budget de l’appui sectoriel pour la période 2015-2021, soit 13%).

1.3 L’évaluation technique et scientifique des pêcheries concernées s’est améliorée.

Les navires UE sont soumis à des obligations de suivi (captures, effort de pêche, localisation des zones de pêche) qui apportent des données importantes pour le suivi scientifique des pêcheries. Les États membres mettent ces données à disposition du CSC, et sont souvent la principale source d’informations quand la connaissance de la géolocalisation des activités est nécessaire pour les analyses. Les navires de l’UE sont également soumis aux obligations spécifiques de la CICTA, notamment en ce qui concerne la couverture des opérations de pêche par des observations indépendantes.

Cependant, la qualité du suivi des navires de pêche, ceux de l’UE et des autres pavillons, est affectée par l’absence de données scientifiques issues de l’observation en mer. Ce manque limite l’analyse précise des captures, notamment la distinction entre les parties conservées à bord et les rejets en mer, ce qui complique la gestion de certaines pêcheries, comme celle des petits pélagiques. Le CSC recommande depuis le début du Protocole de remédier à cette lacune.

1.4 Le Protocole a contribué à garantir le contrôle et le respect des règles des flottes de l’UE.

La flotte de l’UE fait l’objet d’un suivi adéquat par les autorités de surveillance des États membres de l’UE et par les autorités mauritaniennes en vertu du Protocole et conformément à la législation de l’UE, bien malgré quelques difficultés ponctuelles de transmission entre les Centres de surveillance des pêches (CSP) des États membres et le CSP de la Mauritanie persistent.

En outre, les navires UE sont sujets à des inspections par des agents de la GCM lors des opérations de pêche en mer et lors des arrêts au port ou en rade de Nouadhibou. Depuis le début du Protocole à la fin de 2021, une trentaine d’infractions, qualifiées de mineures par la GCM, ont été constatées à l’encontre de navires UE. Le dispositif de contrôle fonctionne de manière globalement adéquate, mais pourrait être amélioré par un meilleur partage des informations sur le suivi des infractions par la GCM et par la levée d’ambiguïté sur l’interprétation de certaines clauses du Protocole.

Objectif 2: Contribuer au maintien des activités des flottes de pêche lointaine de l’UE et de l’emploi lié aux flottes de l’UE opérant dans le cadre de l’APPD

2.1 L’Accord et le Protocole visent à obtenir une part appropriée des ressources excédentaires, en fonction des intérêts des flottes de l'UE et de leur stratégie de pêche régionale et sous-régionale, et en tenant compte de l'activité d'autres navires.

L’APPD et son Protocole donnent accès à une zone de pêche importante pour les navires des catégories 1 à 6 en donnant des possibilités de pêche pour des espèces répondant aux stratégies d’exploitation des navires UE concernés.

En revanche, les quantités disponibles apparaissent globalement en excès des besoins, sauf pour les catégories 1 et 2. La sous-utilisation des possibilités de pêche résulte d’une conjonction de plusieurs facteurs, parmi lesquels par example des nombres de navires plus faibles qu’attendus, des rendements insuffisants en raison de l’exploitation de certaines espèces, et de conditions de pêche sur zone non pleinement satisfaisantes.

2.2 Veiller à ce que le niveau des redevances payées par les armateurs de navires UE pour leurs activités de pêche soit équitable et proportionné aux coûts et recettes des armements de l’UE, et non discriminatoire, et favorise des conditions de concurrence équitables entre les différentes flottes.

Les estimations conduites suggèrent que les redevances d’accès payées par les armements UE sont proportionnées aux bénéfices, avec un mécanisme de taxation défini par le Protocole qui a l’avantage de reposer sur les captures effectivement obtenues pour l’essentiel des paiements (94%), avec une partie forfaitaire fixe relativement limitée en proportion.

Cependant, la comparaison entre les montants payés par les armements UE et les navires mauritaniens et étrangers sous régime national ne peut être établie. Les navires sous régime national son soumis à un régime de taxation avec partie fixe (droit d’accès direct) et partie variable (droit d’accès indirect), et sont soumis à des obligations qui ne s’imposent pas aux navires sous régime étranger (inter alia vente aux industries locales, équipage national).

2.3 L’APPD/son Protocole assurent un approvisionnement approprié des marchés de l’UE et de certains pays tiers.

L’APPD assure l’approvisionnement de produits halieutiques pour les marchés de l’UE et de certains pays tiers.

Les captures des navires de l’UE dans la zone de pêche de la Mauritanie approvisionnent le marché de l’UE et les marchés d’autres pays d’Afrique de l’Ouest, avec une partie contribuant à l’approvisionnement du marché mauritanien limitée à la redevance en nature (≈ 1 200 tonnes par an en moyenne sur la période 2022-2024).

L’attractivité de la Mauritanie pour la commercialisation des captures est néanmoins faible pour les opérateurs de navires de pêche de l’UE. Les informations disponibles indiquent que pratiquement toutes les captures des navires de l’UE sont vendues en dehors du marché mauritanien.

2.4 Encourager la création d’un environnement favorable à l’investissement privé et aux activités économiques contribuant au développement durable du pays partenaire et renforçant sa coopération avec l’UE.

Du fait des obligations de débarquement / transbordement dans un port de Mauritanie, les flottes UE ont des interactions avec les filières connexes en amont avec l’achat de biens et services pour l’approvisionnement des navires. Cependant, les opérations plus lourdes comme la réparation et l’entretien des navires sont réalisées dans d’autres ports en dehors de la Mauritanie. Comme indiqué au point 2.3, les navires de pêche UE ont eu des interactions très limitées avec les filières connexes en aval, la quasi-totalité des captures étant vendues sur d’autres marchés.

L’APPD et son Protocole contribuent à l’amélioration du climat des affaires. Les principales réalisations en la matière sont la contribution à l’adoption du plan d’aménagement de la pêcherie pélagique qui pourrait apporter davantage de visibilité pour les opérateurs, et le soutien de l’appui sectoriel à quelques fonctions régaliennes clés comme le soutien à la recherche pour l’appui à la gestion des pêcheries, le renforcement du suivi, contrôle et surveillance, et un soutien de l’appui sectoriel à des fonctions régaliennes clés.

2.5 Tenir compte des intérêts spécifiques des régions ultrapériphériques voisines de l’UE et flotte de l’UE.

Les îles Canaries, territoire espagnol, sont la région ultrapériphérique de l’UE la plus proche. Le Protocole tient compte des besoins des opérateurs des îles Canaries, permettant aux flottes de longue distance canariennes de poursuivre des activités de pêche anciennes dans les eaux situées entre le Maroc et la Mauritanie.

Pour les autres régions ultrapériphériques UE de l’Atlantique oriental (Açores et Madère), la zone de pêche de la Mauritanie est trop éloignée pour présenter un intérêt pour les flottes locales.

Objectif 3: Soutenir le développement d’un secteur de la pêche durable dans le pays partenaire (au travers du cadre de gouvernance que l’APPD crée et par l’appui sectoriel, la coopération sur l’économie bleue, le développement de la petite pêche et de la pêche artisanale, la création d’emplois, le développement des stratégies sectorielles nationales et locales) et analyse des impacts géographiques, sociaux, économiques et environnementales)

3.1 Contribuer au développement social, environnemental et économique dans la zone couverte par l’APPD.

Du fait de retards accumulés dans l’exécution des programmes d’appui sectoriel précédents, la période couverte par le Protocole en cours s’est concentrée sur la finalisation de l’exécution du programme d’appui sectoriel 2015-2021 (24,75 million euros payés par l’UE au total). Le programme d’appui sectoriel 2015-2021 a permis la mise en œuvre d’activités contribuant au développement d’infrastructures et d’activités contribuant au renforcement du cadre de gouvernance du secteur par un appui à des fonctions régaliennes essentielles (lutte contre la pêche illégale, recherche scientifique, contrôle sanitaire des produits de la pêche, formation maritime). Néanmoins, les impacts des activités sont difficiles à distinguer en raison du manque de données et de liens établis avec la mise en œuvre des stratégies sectorielles nationales.

3.2 Promouvoir l'emploi des marins locaux, améliorer les infrastructures et encourager les débarquements, soutenir le pays tiers dans le développement de la pêche locale et de l'industrie de transformation de l'UE, et des marchés domestiques et de ceux de certains pays tiers. Créer de l’emploi directement et indirectement et promouvoir des conditions de travail décentes dans le secteur de la pêche.

Les navires de l’UE ont employé en moyenne annuelle près de 450 marins nationaux, d’après les données de suivi des autorités mauritanienne, parmi les quelque 8 000 marins professionnels suivis par l’autorité compétente, soit 6% du réservoir national de main d’œuvre. Cependant, certaines conditions sociales d’emploi devrait être actualisées pour refléter les avancées de l’UE en la matière, et la mise en œuvre d’un mécanisme de suivi pour veiller à leur pleine application.

Les efforts de l’Académie Navale, soutenus également par l’appui sectoriel, confirment une bonne progression de la formation des marins nationaux à bord, même si des ajustements restent nécessaires pour aligner les brevets sur les standards de l’OMI. Néanmoins, les brevets délivrés par l’entité en charge de la formation en Mauritanie, l’Académie Navale, ne sont pas encore homologués par l’Organisation Maritime Internationale (OMI) afin d’autoriser la reconnaissance des brevets.

La contribution de l’UE à l’approvisionnement du marché domestique se limite aux produits de la pêche cédés par les armements UE au titre de la redevance en nature, représentant 12% des quantités collectées par la SNDP, distribuées ensuite à des prix subventionnées aux populations locales (voir point 3.1.6).

4.1.2. Efficience : dans quelles mesures les effets attendus ont-ils été atteints à des coûts raisonnables ?

Le Protocole est d’un bon rapport coût-bénéfice pour l’UE ainsi qu’un bon rapport qualité-prix aux armateurs de l’UE.

Malgré la sous-utilisation des possibilités de pêche, le rapport coût – bénéfice du Protocole 2021-2026 est légèrement positif, avec 1,29 EUR de valeur ajoutée au bénéfice du secteur de la pêche de l’UE pour chaque 1 EUR investi par l’UE. Ce rapport coût bénéfice est positif du fait des retombées de l’activité des navires sur les filières connexes en amont et en aval (59% de la valeur ajoutée captée par l’UE en moyenne annuelle).

Les redevances d’accès payées par les armateurs de l’UE représentent en moyenne 7% du chiffre d’affaires obtenu par la vente des captures réalisées dans la zone de pêche de la Mauritanie, avec des écarts entre les catégories, les catégories 2 et 2bis étant relativement moins taxées en proportion du chiffre d’affaires que les navires de la catégorie 6.

Le mécanisme de fixation du montant des redevances d’accès prévu par le Protocole permet aux armements de l’UE de préserver leur rentabilité, avec l’avantage d’établir une proportionnalité entre les captures obtenues et les redevances payées. Ce mécanisme a eu cependant pour effet de transférer la majorité (84%) des paiements totaux pour l’accès (57,5 million euros sur les 64,7 million euros payées en moyenne annuelle) sur le budget de l’UE du fait de la sous-utilisation des possibilités de pêche.

En fixant un niveau d’avance forfaitaire non-remboursable relativement modeste pour chaque catégorie de pêche, le Protocole établit une proportionnalité presque exacte entre les captures obtenues et les redevances d’accès payées, avec au final 95% du montant des redevances payées par les armateurs constituée de la partie variable assise sur les captures obtenues.

La contribution financière de l’UE est proportionnée aux possibilités de pêche mises à disposition dans le Protocole et par catégorie, et à leur utilisation effective.

La contribution financière de l’UE au titre de l’accès n’est pas proportionnée à l’utilisation effective des possibilités de pêche disponibles. Sur la période 2022-2024, 55% du nombre maximum de navires UE ont pris des autorisations de pêche, avec des captures obtenues par les navires UE équivalentes à 32% des captures maximales prévues par le Protocole en moyenne annuelle sur la période 2022-2024.

L’utilisation des possibilités de pêche disponibles a été satisfaisante pour les catégories 1 et 2, mais globalement décevante pour les autres catégories, notamment la catégorie 6 des chalutiers pélagiques qui représente à elle seule 85% des captures autorisées. Il y a néanmoins quelques signes encourageants, avec une amélioration progressive des indicateurs d’utilisation entre 2022 et 2024. Une situation similaire de sous-utilisation globale des possibilités de pêche avait été relevée sous le Protocole précédent.

Le Protocole avait prévu la possibilité d’une révision des possibilités de pêche et de la contribution financière de l’UE associée à la lumière de l’utilisation effective les deux premières années (Article 7 du Protocole). Cette possibilité a été discutée en Commission mixte, mais n’a pas été mise en œuvre faute d’obtenir le commun accord requis. La seconde possibilité de protection des intérêts financiers de l’UE en cas de sous-utilisation des possibilités de pêche prévue par l’Article 13 du Protocole (dénonciation du Protocole) n’a pas été considérée car manifestement disproportionnée.

En outre, le Protocole prévoit la possibilité de l’application de périodes de repos biologiques aux flottes de pêche UE, mais ne prévoit pas d’ajustements de la contribution financière de l’UE. En 2025, deux arrêts biologiques de deux mois chacun ont été appliqués aux navires crevettiers de la catégorie 1, réduisant ainsi la période autorisée d’activité des navires de cette catégorie de 12 à 8 mois.

Les mesures d’appui sectoriel et de coopération dans le domaine de l’économie bleue, de la pêche artisanale et de la sécurité alimentaire, approuvées dans la matrice de programmation initiale, ont été réalisés à un coût raisonnable.

La mise en œuvre de l’appui sectoriel sous le Protocole 2021-2026 a été ralentie en raison de retards accumulés dans l’exécution des programmes d’appui sectoriel précédents. De ce fait, la période couverte par le Protocole 2021-2026 s’est concentrée notamment sur la finalisation de l’exécution du programme d’appui sectoriel 2015-2021 (24,75 million euros payés par l’UE au total).

Le budget total de 24,75 million euros a été utilisé pour le financement d’activités mises en œuvre par neuf entités bénéficiaires intégrant des entités en lien direct avec la gestion du secteur de la pêche (87% des allocations), et des entités spécialisées dans la conservation du milieu marin (13%).

La compensation financière pour les possibilités de pêche présente un avantage pour l’UE et la Mauritanie

La contribution financière payée par l’UE au titre de l’accès (64,7 million euros en moyenne annuelle) apparait relativement avantageuse pour la Mauritanie considérant que les paiements de l’UE, hors appui sectoriel, représentent 34% en moyenne annuelle des recettes budgétaires sectorielles pour l’équivalent de 8% en moyenne annuelle des captures totales dans la zone de pêche.

L’UE et la Mauritanie se partagent relativement équitablement la valeur ajoutée totale générée par l’activité des navires UE (44% - 46% respectivement). Cependant, la majorité (90%) de la valeur ajoutée bénéficiant à la Mauritanie est constituée des paiements pour l’accès, avec peu de retombées économiques indirectes dans les filières connexes. La sous-utilisation des possibilités de pêche a eu impact sur les montants de valeur ajoutée bénéficiant aux deux parties.

4.1.3 Économie : dans quelles mesures les ressources sont-elles disponibles dans des délais escomptés, et en quantité et qualité appropriés ?

La contribution de l’UE pour l’appui sectoriel est proportionnée aux besoins de la zone couverte par le Protocole 2021-2026 et à la capacité d’absorption du pays partenaire.

Les politiques sectorielles adoptées par la Mauritanie depuis 2020 n’ont pas été accompagnées d’évaluations de montants budgétaires nécessaires pour leurs mises en œuvre. Lors de la préparation de la stratégie sectorielle 2015-2020, les besoins en financement avaient été estimés à environ 660 milion dollars (≈ 600 million euros) pour la période 25 . Par comparaison avec ce repère, le budget de l’appui sectoriel (16,5 million euros sur la période 2021-2026) apparaît faible par comparaison.

Malgré sa relative modestie par rapport aux besoins, le budget de l’appui sectoriel peine à être utilisé par la Mauritanie si l’on en juge par les retards substantiels de décaissements par rapport aux calendriers prévus par le Protocole précédent et le Protocole en cours. Cette situation suggère que les montants de l’appui sectoriel prévus par le Protocole ne sont pas proportionnés à la capacité d’absorption de la Mauritanie.

Les difficultés rencontrées par la Mauritanie dans l’utilisation des montants disponibles peuvent être attribués à une conjonction de facteurs, parmi lesquels une organisation inadaptée avec la cellule d’exécution prévue par le Protocole et un éparpillement des budgets disponibles entre plusieurs entités pour le financement d’activités multiples à faibles budgets unitaires (en dehors du co-financement de la construction du port de pêche de Tanit qui a absorbé 34% du budget de l’appui sectoriel 2015-2021).

Des progrès ont cependant été accomplis avec la formalisation de la cellule de coordination prévue par le Protocole en cours en 2022. Cette cellule doit davantage renforcer ses moyens et ses procédures de travail pour parvenir à utiliser les budgets disponibles d’ici la fin du Protocole.

4.1.4 Cohérence : dans quelles mesures la logique d’intervention n’est-elle pas en contradiction, et est cohérente avec d’autres interventions ayant des objectifs similaires?

Cohérence entre le Protocole et la PCP en général, et avec sa dimension internationale, et avec la politique régionale de la pêche (ORGP et autres organisations, dont la COPACE, et le réseau des APPDs régionaux et sous-régionaux).

Le Protocole est cohérent avec la PCP. Il est par ailleurs globalement cohérent avec d’autres APPD dans la région. Il s’inscrit dans un réseau régional d’accords qui est effectivement utilisé par les navires chalutiers démersaux, les thoniers canneurs et les thoniers senneurs.

Les conditions de pêche fixées par le Protocole sont conformes aux règles de conservation et de gestion adoptées par la CICTA qui est l’ORGP compétente pour la gestion des thonidés ciblés par les catégories 4 et 5 de l’Accord. Les clauses techniques du Protocole sont alignées sur les conditions minimales d’accès adoptées par la Commission Sous-Régionale des Pêches (CSRP) dont la Mauritanie est membre 26 .

Le Protocole et sa mise en œuvre sont compatibles et cohérents avec les autres interventions de l'UE et les complètent (interventions telles que les politiques et cadres réglementaires du SEAE, et des DG INTPA, SANTE, TRADE et TAXUD).

La coopération bilatérale entre l’UE et la Mauritanie dans le secteur de la pêche a été mise en œuvre par le programme Promopêche (2017-2024) de la DG INTPA avec une enveloppe totale d’environ 25 million euros dont 0,8 million euros financés par la coopération allemande. Le programme Promopêche s’est révélé complémentaire du programme d’appui sectoriel 2015-2021 en focalisant ses activités sur le secteur de la pêche artisanale relativement peu soutenu directement par le programme d’appui sectoriel. Il existe des synergies entre les deux programmes notamment par le soutien de Promopêche à l’élaboration du plan d’aménagement de la pêcherie de petits pélagiques considéré par l’Article 9.9 du Protocole 2021-2026.

La coopération allemande est également un acteur important de la coopération bilatérale avec la Mauritanie dans le secteur de la pêche avec un appui au renforcement des capacités de la GCM, la modernisation du port artisanal de Nouadhibou, la promotion des chaînes de valeur dans le secteur de la pêche des petits pélagiques, et un appui scientifique et technique à l’IMROP. Le programme d’appui sectoriel intervient en complément des activités de la coopération allemande, notamment pour l’appui à la GCM et à l’IMROP. Les synergies avec le Protocole se matérialisent par la mobilisation de co-financements nationaux sur le budget de l’appui sectoriel pour le financement de certaines activités comme l’achat d’un nouveau patrouilleur hauturier, ou la construction de zones techniques pour le futur Complexe Opérationnel et Scientifique (COS) des Tours Bleues qui regroupera la GCM et l’IMROP dans un nouveau complexe à Nouadhibou.

Cependant, les modalités de mise en œuvre de l’appui sectoriel ne sont pas alignées avec les modalités utilisées pour d’autres interventions extérieures de l’UE, ce qui affaiblit la cohérence interne de l’intervention.

L'APPD et son Protocole sont cohérents avec la politique nationale de la pêche et sont bien coordonnés avec les politiques régionales de la pêche.

Les activités mises en œuvre sous le programme de l’appui sectoriel sont alignées sur les priorités identifiées par la Mauritanie au travers de la Stratégie d’aménagement et de développement durable et intégré des pêches maritimes 2020-2024 qui était en application au démarrage du Protocole. La programmation de l’appui sectoriel 2015-2021 appuie ces axes stratégiques.

Enfin, les activités du Protocole contribuent à la réalisation de l’Objectif de Développement Durable (ODD) 14 (vie aquatique) des Nations Unies et notamment à la réalisation de ses cibles 14.b (accès aux marchés), 14.4 (réglementer les prélèvements et mettre fin à la surpêche et à la pêche INN) et 14.a (accroître les connaissances scientifiques). Le Protocole contribue également à l’ODD 8 (travail décent et croissance économique), et plus particulièrement à sa cible 8.8 (protection des droits des travailleurs) par l’intégration de la clause sociale pour l’emploi des marins.

4.2Comment l’intervention de l’UE a-t-elle fait la différence et pourquoi ?

4.2.1. Valeur ajoutée européenne : dans quelle mesure l’intervention de l’UE apporte de la valeur ajoutée pour l’UE ?

L’intervention de l’UE apporte de la valeur ajoutée sous le Protocole, comparée à l’absence de Protocole et par rapport à des interventions des États membres.

En l’absence d’un Protocole de mise en œuvre de l’APPD entre l’UE et la Mauritanie, les navires de l’UE n’auraient pas été autorisés à prendre des autorisations de pêche directes du fait de la clause d’exclusivité applicable en vertu de l’article 5 de l’APPD et rappelée dans l’article 3 du Protocole en cours. L’impossibilité d’accéder à la zone aurait eu des impacts négatifs sur les flottes de pêche de l’UE qui base leurs stratégies d’exploitation sur un accès à la zone de pêche de la Mauritanie et d’autres zones de pêche d’États côtiers d’Afrique de l’Ouest.

De ce fait, l’intervention de l’UE au travers de l’APPD et de son Protocole d’application pour la période 2021-2026 apporte une valeur ajoutée par comparaison avec des interventions des États membres.

La valeur ajoutée de l’UE réside principalement dans les possibilités pluriannuelles d’accès à la zone de pêche de la Mauritanie sous un cadre contraignant fixant les droits et les obligations des deux parties, par la disponibilité d’un budget de 16,5 million euros sur les cinq années du Protocole ciblé pour appuyer la mise en œuvre de la politique sectorielle de la pêche de la Mauritanie, et par l’intégration de principes de bonne gouvernance, et notamment le principe de transparence dont l’application a fait l’objet de progrès sensibles par rapport au Protocole précédent en cohérence avec l’engagement de la Mauritanie dans le processus FiTI.

4.2.2. Acceptabilité : dans quelle mesure les parties prenantes acceptent-elles l’intervention en général, et en particulier l’instrument proposé ou employé ?

Les armateurs de l’UE sont satisfaits du Protocole.

Les armateurs de l’UE ont globalement confirmé un intérêt pour un accès à la zone de pêche de la Mauritanie, en soutenant la conclusion d’un nouveau Protocole en raison de l’importance de la zone de pêche dans leur réseau de zones de pêche, avec néanmoins quelques améliorations pour rendre l’accès plus attractif ou plus rentable selon les catégories (voir le chapitre ex-ante suivant pour plus de détails sur les principales demandes des armements de l’UE).

La société civile locale, nationale et européenne est satisfaite du Protocole.

Les représentants de la société civile montrent une acceptation modérée de l’APPD et de son Protocole d’application en raison d’une transparence estimée insuffisante des conditions d’accès attribuées aux différentes flottes et au manque d’intégration de l’approche écosystémique dans la gestion des pêches. Concernant les clauses sociales sur l’emploi des marins nationaux, les représentants de la société civile estiment nécessaire la mise en œuvre d’un mécanisme de suivi de l’application par les deux partenaires, et la modernisation des provisions dans un futur Protocole pour refléter les avancées récemment obtenues.

Concernant l’appui sectoriel, les représentants de la société civile déplorent un manque de transparence des programmes et des résultats obtenus, et souhaitent une meilleure implication du secteur de la pêche national dans les mécanismes de programmation et de suivi-évaluation.

Le secteur national et local de la pêche est satisfait par le Protocole.

Les représentants du secteur de l’armement national reconnaissent l’absence d’interactions sur zone avec les opérateurs de l’UE, en raison de l’éloignement des zones de pêche autorisées par le Protocole des zones de pêche des navires artisanaux et côtiers opérant sous régime national.

Les opérateurs du secteur de l’armement regrettent le manque de retombées tangibles pour le secteur de la pêche par comparaison avec les investissements réalisés dans un passé récent par d’autres partenaires tiers. Cette perception pourrait être le résultat d’une communication insuffisante ou inadaptée par les deux parties.


L’administration locale et nationale est satisfaite du Protocole.

L’administration partnaire est globalement satisfaite par la mise en œuvre de l’APPD et de son Protocole d’application. Elle relève cependant la sous-utilisation des possibilités de pêche.

L’administration partenaire est ouverte à la perspective de poursuite de négociations d’un nouveau Protocole d’application.

4.3L’intervention est-elle toujours pertinente ?

Dans quelle mesure les objectifs fixés dans l'APPD et son Protocole d'application correspondent-ils encore aux besoins du pays tiers, et de l'UE, de ses États membres, et des armateurs de navires de l’UE, dans la zone couverte par le Protocole 2021- 2026?

Les possibilités de pêche prévues par le Protocole répondent aux besoins des opérateurs de l’UE ciblant les espèces démersales, de petits pélagiques et thonières qui exploitent les eaux de l’océan Atlantique oriental.

En revanche, les possibilités de pêche prévues par le Protocole ne semblent pas correspondre aux besoins des flottes UE spécialisées sur les petits pélagiques en frais comme en témoigne le taux d’utilisation nul pour la catégorie 7 du Protocole. Les possibilités de pêche disponibles répondent également aux besoins de la Mauritanie de valoriser le potentiel halieutique de sa zone par la vente d’accès à des navires étrangers pour l’exploitation de reliquats non exploités par la flotte nationale conformément à l’article 62.2 de la Convention des Nations Unies sur le Droit de la Mer (CNUDM), avec la captation de bénéfices indirects par l’emploi de marins ressortissants nationaux et l’utilisation des services portuaires par les navires autorisés.

Les activités mises en œuvre sous le Protocole (Comité Scientifique Conjoint, appui sectoriel) contribuent aux objectifs de la PCP en matière de soutien au développement durable du secteur de la pêche, d’amélioration des connaissances scientifiques et lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (pêche INN).

Le Protocole est-il pertinent au regard des objectifs des ORGP et du réseau régional d’accords de l’UE? A-t-il une incidence significative?

L’APPD entre l’UE et la Mauritanie s’inscrit dans un réseau régional cohérents d’accords de pêche qui permet aux navires des différentes catégories d’accéder à des zones de pêche importantes sous le cadre contraignant des accords UE. L’évolution récente de ce réseau renforce l’importance stratégique de l’APPD avec la Mauritanie.

Le Protocole de la mise en œuvre de l’Accord contribue aux objectifs de la CICTA, d’exploitation durable des pêches de thons et espèces associées sur la base de données scientifiques robustes (Convention de la CICTA 27 ), en assurant que les mesures de gestion et de conservation applicables à l’exploitation des thonidés dans la zone de pêche de la Mauritanie ne dérogent pas à celles adoptées par l’Organisation dont les deux parties sont membres. La FAO-COPACE, organisation régionale consultative, vise à promouvoir la gestion durable des pêcheries, renforcer la coopération régionale, encourager la recherche scientifique, renforcer les capacités des États membres, lutter contre la pêche illégale et protéger les écosystèmes marins dans l'Atlantique Centre-Est (FAO-COPACE 28 ).

L’appui sectoriel appuie la participation de la Mauritanie aux organisations régionales compétentes par un dialogue scientifique bilatéral soutenu, et par l’appui à la collecte de données en soutien à l’évaluation des stocks par les groupes de travail spécialisés de la FAO-COPACE.

4.4Quels sont les conclusions et les enseignements tirés de l’évaluation ex-post ?

Le Protocole s’est révélé modérément efficace sous son objectif de contribution à la conservation des ressources et à la durabilité environnementale de l’exploitation des ressources halieutiques de la Mauritanie. Concernant l’état des ressources exploitées, les mesures du Protocole portant sur les limitations de capacité de pêche et de captures pour la flotte UE ont été respectées. Certains des stocks ciblés par les navires UE sont restés dans les limites de la durabilité, mais d’autres montrent des signes de surexploitation. Ce résultat peut s’expliquer par un manque d’efficacité du cadre global de gestion des pêcheries en Mauritanie, avec notamment des mesures techniques insuffisantes pour certains segments de flotte et pour réguler les capacités de pêche opérant sous le régime national, aggravé par l’absence de cadre régional de coopération pour les stocks partagés (petits pélagiques et merlus noirs). Le Protocole a néanmoins soutenu des avancées significatives, avec l’efficacité de ses mesures incitatives pour l’adoption d’un plan d’aménagement de la pêcherie de petits pélagiques, et la considération par la Commission mixte de mesures de nature à favoriser le rétablissement de certains stocks suivant les avis scientifiques du Comité Scientifique Conjoint. S’agissant des mesures de limitation des impacts de la pêche sur l’environnement marin, le Protocole a favorisé la progression vers l’instauration de mesures visant à préserver des écosystèmes profonds et à renforcer la protection des aires marines protégées existantes, sans toutefois adresser d’autres priorités en matière de réduction des rejets et de limitation des interactions entre les navires de pêche et les espèces protégées. La coopération scientifique a globalement bien fonctionné, mais la qualité des avis scientifique reste entravée par l’absence de données d’observations en mer due à l’incapacité de l’IMROP à organiser et mettre en œuvre un programme d’observations scientifiques embarqué depuis plusieurs années.

Le Protocole a été efficace sous son objectif de contribution à la continuité des activités de pêche de la flotte UE de pêche lointaine. Les possibilités de pêche obtenues favorisent le déploiement des segments de flotte concernés en termes qualitatifs, mais sont supérieures aux besoins réels comme le montre les taux d’utilisation des possibilités de pêche négociées plutôt décevants, bien qu’en progression entre 2022 et 2024 (56% du nombre maximum de navires, 32% des captures maximales autorisées en moyenne annuelle entre 2022 et 2024). Le système de tarification de l’accès est globalement favorable aux armements UE avec une proportionnalité entre les paiements et les captures obtenues, et semble avantageux par comparaison avec les redevances d’accès payées par des navires opérant sous le même régime étranger. Le Protocole prévoit la mise en place de conditions favorables aux interactions économiques entre les opérateurs UE et Mauritanien avec les obligations de débarquement / transbordement, mais qui n’ont pas été suffisantes pour la création d’échanges commerciaux entre les opérateurs des deux parties en raison d’un climat des affaires estimé défavorable par les armements de l’UE.

Le Protocole a été modérément efficace sous son objectif de soutien au développement du secteur de la pêche de la Mauritanie. Le principal point positif est la création d’environ 450 emplois de ressortissants de la Mauritanie à bord des navires de l’UE au travers d’obligations du Protocole qui ont été globalement respectées, mais avec des conditions sociales d’emploi qui devrait être actualisée pour refléter les avancées de l’UE en la matière, et la mise en œuvre d’un mécanisme de suivi pour veiller à leur pleine application. Comme évoqué précédemment, les conditions n’ont pas été réunies pour établir des flux commerciaux entre les armements de l’UE et les industries mauritaniennes. Il s’agissait toutefois d’un objectif hors de portée du Protocole qui ne pouvait aller au-delà de l’obligation de débarquement / transbordement en Mauritanie. Les seules captures UE commercialisées en Mauritanie sont les quelques 1 200 tonnes annuelles cédées par les armements UE au titre de la redevance en nature. Le programme d’appui sectoriel du Protocole en cours ne faisait que débuter au moment de cette évaluation en raison de l’obligation du Protocole de clôturer les programmes d’appui sectoriel des Protocoles précédents au préalable. La période de mise en œuvre du Protocole en cours a donc largement coïncidé avec la fin de la mise en œuvre des programmes d’appui sectoriel prévus sous le Protocole 2015-2019 et sous ses deux extensions annuelles. L’UE a néanmoins accepté de décaisser une première tranche de l’appui sectoriel 2021-2026 à titre exceptionnel pour aider la Mauritanie à répondre à des urgences budgétaires et à assurer le financement de la cellule de coordination.

L’efficience du Protocole peut être qualifiée d’insatisfaisante en raison de la sous-utilisation des possibilités de pêche payées au titre de la contribution de l’UE pour l’accès (57,5 million euros par an). Le Protocole prévoyait des mesures d’adaptation dans ce cas, mais celles-ci se sont révélées impossibles à mettre en œuvre, ou sont même manquantes dans le cas de fermetures temporaires de la pêche. En outre, la sous-utilisation des possibilités de pêche par les armements de l’UE a eu pour effet de transférer la majorité des paiements pour l’accès (84%) à la charge du budget de l’UE. Concernant le programme d’appui sectoriel du Protocole précédent, la version provisoire d’un rapport d’audit externe laisse entrevoir des insuffisances de la Mauritanie dans le suivi des dépenses. La Mauritanie a tiré les leçons du passé en renforçant le cadre de gestion et de suivi-évaluation du programme d’appui sectoriel avec l’officialisation de la cellule de coordination prévue par le Protocole. La cellule est opérationnelle, mais doit encore se renforcer et développer ses procédures de travail pour être en pleine capacité de répondre aux dispositions du Protocole en matière de suivi-évaluation et de communication / visibilité.

La cohérence du Protocole est globalement satisfaisante. Les activités du Protocole ne sont pas en contradiction avec les activités développées par l’UE et certains de ses États membres, avec des synergies notamment pour la prise en charge de co-financements de la partie mauritanienne sur le budget de l’appui sectoriel. Le Protocole est cohérent avec la Politique Commune de la Pêche, mais devrait renforcer la prise en considération des impacts de la pêche sur l’environnement marin dans les mesures de gestion, et la recherche d’un meilleur équilibre public-privé pour le paiement de la contrepartie accès pour assurer un meilleur alignement. Le manque d’alignement des modalités de mise en œuvre de l’appui sectoriel avec les règles financières de l’UE affaiblit la cohérence interne de l’intervention.

La valeur-ajoutée de l’implication de l’UE est satisfaisante par comparaison avec des interventions des États membres. L’intervention de l’UE permet l’obtention de possibilités de pêche pluriannuelles pour les navires de l’UE sous un cadre juridique robuste qui intègre les principes de gouvernance du Règlement UE sur la PCP. Par rapport aux Protocoles précédents, l’intervention de l’UE a contribué à l’amélioration sensible de la transparence du cadre de gestion. L’intervention de l’UE au titre de l’appui sectoriel à l’avantage de donner un cadre d’intervention suffisamment flexible pour répondre aux besoins de la Mauritanie en matière de soutien aux fonctions régaliennes de l’État dans le secteur de la pêche.

L’acceptabilité du Protocole est modérément satisfaisante, avec des opinions qui diffèrent suivant les acteurs. Pour les armements UE, le Protocole apporte certaines restrictions sur les pratiques de pêche qui devraient être levées. Pour le secteur de la pêche de la Mauritanie, le Protocole parvient à éviter les interactions directes entre flottes de pêche, mais n’apporte pas de résultats tangibles en matière de soutien au secteur, contrairement aux interventions d’autres partenaires au développement. Pour la société civile, la communication et l’implication du secteur dans le suivi et la mise en œuvre du Protocole est insuffisante, notamment pour ce qui concerne le programme d’appui sectoriel, et le suivi des clauses du Protocole relatives aux conditions de travail à bord des navires.

La pertinence du Protocole reste satisfaisante dans la mesure où l’instrument permet de répondre aux besoins de l’UE en matière de dialogue bilatéral sectoriel pour la promotion de la bonne gouvernance des océans, aux besoins des armateurs UE en matière d’accès à des zones de pêche productives, et aux besoins de la Mauritanie en matière de valorisation de son reliquat de ressources halieutiques et de perception de ressources financières pour soutenir la mise en œuvre de sa politique sectorielle.

5Évaluation ex-ante

L’évaluation ex-ante d’un éventuel futur Protocole de mise en œuvre offre une perspective prospective qui complète l’évaluation ex-post. Elle se penche expressément sur les enseignements tirés et expose les pistes envisageables pour la mise en œuvre d’un nouveau Protocole au moyen d’un ensemble d’options stratégiques disponibles.

5.1Identification des besoins à satisfaire à court et moyen termes

5.1.1. Pour la Mauritanie

La zone de pêche de la Mauritanie est une zone attractive car elle bénéficie de conditions océanographiques qui en font l’une des zones de pêche les plus productives du monde. Suivant les avis scientifiques de l’IMROP, la zone de pêche offre un potentiel exploitable estimé à environ 1,5 millions de tonnes (dont 85% de petits pélagiques) exploité à environ 60% par des flottes de pêche nationales et étrangères. Des accords d’accès avec des intérêts étrangers permettent au pays de valoriser son potentiel halieutique excédentaire par des recettes budgétaires et des retombées en matière d’emploi de marins nationaux et d’interactions économiques entre les flottes de pêche et les filières nationales.

La Mauritanie a besoin de pouvoir déterminer les possibilités de pêche sur des bases scientifiques, de mettre en œuvre un système de gestion des pêcheries qui garantissent un équilibre entre les capacités de pêche et le potentiel des stocks et de s’assurer du respect des règles de conservation et de gestion. La satisfaction de ces besoins implique des institutions spécialisées dans la recherche et le contrôle des pêches et de la protection de l’environnement disposant de moyens techniques adéquats et de ressources humaines bien formées. Concernant le cadre de gouvernance, la faible efficacité du système de gestion actuel basé sur des limites de captures et des mesures techniques, révèle un besoin déjà identifié de réforme substantielle pour évoluer vers un système de gestion basé à la fois sur des limites de captures et de capacité, en augmentant quand cela est nécessaire l’efficacité des mesures techniques. L’amélioration du cadre de gestion est une nécessité actée, notamment par les plans d’aménagement des pêcheries, mais les moyens techniques, juridiques et humains pour leurs mises en œuvre et le contrôle de l’application restent à développer.

La Mauritanie est en cours de développement d’une nouvelle politique sectorielle pour les années à venir. À l’instar des politiques sectorielles précédentes, la future politique sectorielle retiendra probablement une augmentation des bénéfices de l’exploitation des stocks au profit de l’économie nationale. Cet objectif demandera notamment le développement d’un réseau cohérent d’infrastructures maritimes (désormais sous le mandat du Ministère en charge de la pêche), et l’amélioration du climat des affaires dans la filière. Des appuis financiers extérieurs seront nécessaires à la réalisation de ces objectifs.

5.1.2. Pour l’Union européenne

L’Union européenne s’est engagée dans l’amélioration de la gouvernance internationale des océans 29 . L’Union européenne a fait de la lutte globale contre la pêche INN l’un de ses objectifs principaux concrétisé par un soutien à de nombreux programmes de développement visant à renforcer les mécanismes de gouvernance dans le secteur des pêches en Afrique de l’Ouest, dont le programme PESCAO mis en œuvre sous le 11ème FED Régional et le programme WASOP. À ce titre, les navires de l’UE doivent avoir un comportement exemplaire quelles que soient leurs zones de pêche, avec des mécanismes d’encadrement qui permettent à l’UE et aux États membres concernés d’assumer leurs responsabilités en qualité d’États de pavillon. L’UE a donc besoin de disposer de mécanismes d’encadrement de l’activité de ses flottes dans les eaux de la Mauritanie en conformité avec le droit international et les objectifs et prescriptions de la Politique Commune de la Pêche de l’UE.

L’agenda de l’UE en matière de gouvernance internationale des océans promeut la durabilité des stocks halieutiques et le renforcement du respect des règles. En complément de ses actions auprès de la CICTA et de la FAO-COPACE, l’Union peut, au travers du réseau des accords de pêche qu’elle signe, favoriser la mise en place des mesures cohérentes visant à s’assurer de l’application des règles internationales en matière de conservation et de gestion et promouvoir la transparence des accords. L’Accord avec Mauritanie vient en complément d’un réseau d’accords qui couvre une partie des zones de pêche des États côtiers riverains de l’Atlantique tropical occidental.

Dans le cadre de son action extérieure, l’UE s’est engagée auprès de la communauté internationale à jouer un rôle de premier plan dans la mise en œuvre du programme de développement durable à l’horizon 2030 adopté en 2015 par les Nations unies. L’UE a par conséquent besoin de pouvoir mobiliser un instrument qui contribue à l’atteinte des Objectifs de Développement Durable (ODD) des Nations unies, notamment les objectifs qui concernent la vie aquatique (ODD 14) dans les eaux de la Mauritanie, en synergie avec d’autres interventions de l’UE et de ses États membres.

5.1.3. Pour la Mauritanie et l’Union européenne

La création d’un cadre de dialogue politique sectoriel avec des financements dédiés en synergie avec d’autres interventions de l’UE permet aux deux parties d’échanger et de mettre en œuvre, ensemble, des initiatives visant à promouvoir le développement durable du secteur de la pêche, y compris des initiatives pour coopérer dans la lutte contre la pêche INN et pour le renforcement de la recherche halieutique.

5.1.4. Pour la flotte de l’Union européenne

Pour les armateurs de l’UE exploitant des espèces démersales (crustacés, merlus, autres espèces de poissons), la zone de pêche de la Mauritanie fait partie des principales zones d’exploitation avec d’autres zones de pêche ouest-africaines, dont celle de la Guinée-Bissau. Un accès à la zone de pêche de la Mauritanie est nécessaire pour appuyer leurs stratégies d’exploitation.

Les armateurs des navires de pêche de l’UE spécialisés dans les espèces de petits pélagiques, un accès à la zone de pêche est nécessaire pour assurer des possibilités de pêche suffisantes, notamment pour les navires qui n’ont pas suffisamment de possibilités dans les eaux de l’UE et ceux pour lesquels les possibilités existantes se révèlent instables en raison notamment du contexte géopolitique entre les États côtiers de l’Atlantique nord.

Pour les armateurs des navires thoniers de l’UE, les activités de pêche se déploient dans l’ensemble de l’Atlantique oriental, entre la latitude de l’Angola au sud et celle de la Mauritanie au nord. La zone de pêche de la Mauritanie fait partie des zones modérément productives, mais il est important d’y avoir accès pour pouvoir suivre les mouvements des espèces hautement migratoires de l’Atlantique.

Dans l’ensemble, un besoin existe pour les armateurs des navires de pêche de l’UE pour obtenir des accords d’accès stables pluriannuelles, ce qui permet aux navires de prévoir leurs stratégies régionales de pêche sur plusieurs saisons. Les flottes ont également besoin de conditions d’accès encadrées par un instrument juridique robuste qui fixe de façon claire les droits et les obligations de chacun (navires et État côtier) avec des possibilités d’arbitrage équitable en cas de présomption de manquement de l’une des deux parties.

Toutes les associations d’armateurs de l’UE consultées soutiennent le renouvellement des possibilités d’accès à la zone de pêche de la Mauritanie.

5.2La valeur ajoutée européenne

Dans l’hypothèse où la conclusion d’un nouveau Protocole d’application de l’Accord de pêche est l’option choisie, seule l’Union européenne est compétente pour sa négociation en vertu du Traité sur le Fonctionnement de l’Union européenne.

L’implication de l’UE s’effectue alors sous couvert de la Commission européenne dans la négociation et le suivi de mise en œuvre d’un nouveau Protocole, ce qui apporte une plus-value claire :

-La Commission européenne est chargée de s’assurer que le Protocole et sa mise en œuvre sont conformes aux standards internationaux et de la PCP, et cohérent avec les autres accords conclus avec des États côtiers de la région,

-L’UE peut disposer d’un instrument lui permettant de mettre en œuvre sa politique sectorielle au niveau sous-régional par l’effet de levier donné par un réseau d’accords cohérents et de ses interventions au sein de la CICTA et de la FAO-COPACE,

-Il s’agit d’un instrument spécifique de coopération sectorielle bilatérale avec la Mauritanie que le l’UE sera en position de coordonner avec ses autres interventions au titre de la coopération bilatérale et régionale, et avec d’éventuelles interventions de ses États membres le cas échéant.

5.3Objectifs à atteindre

Les objectifs des accords de pêche sont guidés par les articles 31 et 32 du Règlement de base de la PCP, en prenant en compte conclusions du Conseil de 2012 30 sur la dimension externe de la PCP. Suivant la politique de l’UE en matière d’accords de pêche, les objectifs d’une future intervention sous l’Accord de Partenariat dans le domaine de la Pêche Durable conclu entre l’UE et la Mauritanie en 2021 devront s’articuler autour des objectifs généraux et spécifiques qui guident la logique d’intervention de l’UE pour l’ensemble des APP (Accords de partneriats de pêche) et APPD, à savoir :

Objectif général 1 : une contribution à la conservation des ressources et la durabilité environnementale par l’exploitation rationnelle et durable des ressources marines dans les eaux de la Mauritanie, avec les objectifs spécifiques (OS) suivants :

·OS 1.1 : Assurer la conservation des stocks par l’application des mesures de conservation et gestion adoptées par la Mauritanie suivant les recommandations de la FAO-COPACE, et dans le cadre multilatéral de la CICTA dans le cas des espèces thonières;

·OS 1.2 : Promouvoir les mêmes principes et appliquer les mêmes standards que ceux appliqués dans les eaux de l’UE en matière de gestion des pêcheries;

·OS 1.3 : Améliorer l’évaluation scientifique et technique des pêcheries dans les eaux de la Mauritanie, notamment par le soutien à la collecte des données et à la transparence du cadre de gestion ;

·OS 1.4 : Assurer le respect des règles applicables et combattre la pêche INN.

Objectif général 2 : un soutien à l’activité des flottes de pêche lointaines de l’UE et au maintien de l’emploi liés aux activités de ces navire, avec les objectifs spécifiques (OS) suivants :

·OS 2.1 : Obtenir une part appropriée des ressources halieutiques disponibles pleinement proportionnelle aux intérêts des navires UE dans les eaux de la Mauritanie ;

·OS 2.2 : Assurer que les redevances payées par les armements de l’UE pour les activités de pêche sont équitables et proportionnelles aux avantages procurés par les conditions d’accès tout en évitant tout traitement discriminatoire à l’égard des navires de l’UE ;

·OS 2.3 : Garantir l’approvisionnement du marché de l’UE et de certains pays tiers en développement ;

·OS 2.4 : Encourager la création d’un environnement favorable pour l’investissement privé et les activités économiques en Mauritanie.

Objectif général 3 : un soutien au développement d’un secteur de la pêche durable en Mauritanie, avec les objectifs spécifiques (OS) suivants :

·OS 3.1 : Contribuer au renforcement des capacités de la Mauritanie (notamment par l’amélioration du cadre de gestion, le contrôle et la surveillance et la collecte de données scientifiques) ;

·OS 3.2 : Définir des objectifs annuels et pluriannuels à atteindre dans le but de soutenir la mise en œuvre de la politique sectorielle nationale ;

·OS 3.3 : Évaluer les résultats obtenus en termes d’impacts, ainsi que sur les besoins budgétaires et financiers ;

·OS 3.4 : Promouvoir l’emploi des marins nationaux travaillant dans des conditions alignées sur celles des standards internationaux, encourager les débarquements, et soutenir la Mauritanie dans le développement des filières de pêche nationale et de l’industrie de transformation.

5.4. Options stratégiques, y compris les risques associés

L’étude d’évaluation externe réalisée par un consultant externe présente trois options :

·Une option de non-renouvellement du Protocole de mise en œuvre de l’APPD en cours (option A) ;

·Une option de prorogation du Protocole d’application de l’APPD en cours (option_B) ; et

·Une option de renouvellement du Protocole avec des ajustements découlant des leçons de l’évaluation ex-post du Protocole – APPD en vigueur et de nouvelles priorités émergentes pour l’UE et pour la Mauritanie (option C).

5.3.1Option A : Non-renouvellement du Protocole

Sous cette option, les deux parties ne négocient pas de nouveau Protocole de mise en œuvre de l’APPD conclu en 2021. Celui-ci devient un accord dormant, avec comme principales conséquences l’absence de paiements de l’UE à la Mauritanie au titre des contreparties accès et appui sectoriel, l’absence de cadre de dialogue sectoriel bilatéral, et l’impossibilité pour les armements UE d’obtenir des possibilités de pêche dans la zone de la Mauritanie en vertu de la clause d’exclusivité incluse dans l’Article 5 de l’APPD.

Les principaux risques associés à cette option sont :

·Perte d’une plate-forme de dialogue sectoriel entre l’UE et la Mauritanie prévenant la diffusion des bonnes pratiques de la PCP au cadre de gestion des pêcheries dans la zone de pêche de la Mauritanie.

·Baisse des recettes budgétaires issues de l’accord de pêche éventuellement compensées par la vente de possibilités de pêche à des opérateurs étrangers moins engagés dans préservation de la durabilité du secteur.

·Difficultés économiques pour les navires UE, en particulier ceux des catégories 1 et 6, du fait de l’impossibilité d’accès à la zone de pêche de la Mauritanie.

Sans renouvellement du Protocole, une sous-option pourrait considérer la dénonciation de l’APPD conclu en novembre 2021. La dénonciation permettrait aux armements de l’UE de négocier des autorisations directes dans le cadre prévu par le Règlement UE 2017/2403 sur la gestion de la flotte externe de l’UE (Règlement SMEFF) 31 . Néanmoins, cette sous-option est probablement à écarter car i) l’absence de Protocole de mise en œuvre ne fait pas partie des cas prévu par l’Article 22 de l’APPD à propos de sa dénonciation, et ii) la dénonciation de l’APPD enverrait un signal extrêmement négatif sur la qualité de la coopération bilatérale entre l’UE et la Mauritanie.

5.3.2Option B : Prorogation du Protocole d’application de l’APPD en cours

Sous cette option, déjà été utilisée pour le Protocole 2015-2019 avec deux prorogations d’une durée d’une année chacune, le Protocole de mise en œuvre de l’APPD est reconduit à l’identique pour une nouvelle période à définir. Cette option permet la continuité du partenariat entre les deux parties et des possibilités de pêche pour les navires UE, mais sous un cadre juridique identique.

Les principaux risques associés à cette option sont :

·Pas d’amélioration des performances du Protocole notamment en termes d’efficacité, d’efficience et d’acceptabilité suivant les constatations de l’évaluation ex-post ;

·En particulier, risque élevé de manque de proportionnalité entre les engagements budgétaires de l’UE et l’utilisation effective des possibilités de pêche par les navires UE ;

·Absence d’incitatif pour la collecte de données scientifiques à bord des navires, avec comme résultat un manque de précision des avis scientifiques en appui à la gestion des pêcheries en dépit des urgences remontées depuis plusieurs années par le Comité Scientifique Conjoint ;

·Manque d’alignement de la clause sociale de protection des marins nationaux embarqués avec les avancées négociées par l’UE avec ses partenaires sociaux.

·Absence de cadre régional de coopération pour la gestion des stocks partagés qui pourrait diminuer l’efficacité de mesures de gestion mises en œuvre dans la zone de pêche de la Mauritanie.

5.3.3Option C : Renouvellement du Protocole avec des ajustements

Sous cette option, un nouveau Protocole de mise en œuvre de l’APPD est négocié pour application sur une période pluriannuelle à définir. Comme l’option précédente, cette option permet la continuité du partenariat entre les deux parties et des possibilités de pêche pour les navires UE. Sur la base des principales leçons de l’évaluation ex-post du Protocole en cours et de l’identification de besoins, cette option considère comme ajustements structurels :

·Une amélioration de la proportionnalité entre les possibilités de pêche négociées et l’utilisation probable de celles-ci par les navires UE en se basant sur l’historique de l’utilisation sous le Protocole en cours

Les résultats obtenus en termes d’utilisation des possibilités de pêche négociées, comparables avec les résultats obtenus sous le Protocole précédent, suggèrent un besoin d’ajustement du nombre d’autorisations de pêche et des TACs aux besoins réels de la flotte UE afin d’améliorer l’efficience de l’investissement public de l’UE dans la composante accès de l’APPD. L’historique récent de l’utilisation de l’APPD par les navires UE apparaît comme une ligne de négociation acceptable quitte à prévoir des mécanismes d’ajustement financier de la contribution de l’UE au titre de l’accès en cas d’utilisation supérieure dans des limites convenues, l’expérience du Protocole en cours indiquant que la diminution de la contribution financière de l’UE en cas de sous-utilisation est difficile à mettre en œuvre.

·L’intégration dans le Protocole de mesures de conservation et de gestion identifiées sous le Protocole en cours, et la flexibilité nécessaire pour en introduire de nouvelles avec le cas échéant, une possibilité d’adaptation de la contribution financière de l’UE au titre de l’accès et des redevances payées par les armateurs UE

Les avis scientifiques indiquent que certains stocks d’espèces démersales et de petits pélagiques ne sont pas exploités de manière durable, avec un besoin déjà identifié de définition et de mise en œuvre de nouvelles mesures de conservation et de gestion notamment pour les stocks de merlu noir et autres espèces démersales. Suivant les avis du Comité Scientifique Conjoint et les dispositions du plan d’aménagement de la pêcherie de petits pélagiques, une priorité devrait être de limiter l’impact des pêcheries de petits pélagiques sur les espèces démersales capturées au titre d’espèces accessoires, avec des mesures complémentaires pour protéger les espèces de merlus noirs lors des phases critiques de leur cycle de vie. Un futur Protocole devrait apporter la flexibilité nécessaire pour que de nouvelles mesures de gestion validées par la Commission mixte puissent être mises en œuvre rapidement sans nécessairement requérir l’adoption d’un acte modificatif du Protocole par le Conseil de l’UE. Quand ces mesures de gestion sont susceptibles d’impacter les possibilités de pêche établies par le Protocole, la contribution financière de l’UE au titre de l’accès et les redevances armateurs UE devraient être ajustée en proportion.

·Une spécification des espèces cibles pour assurer un alignement avec les plans d’aménagement des pêcheries en vigueur (ex. catégorie 6)

Le plan d’aménagement de la pêcherie de petits pélagiques adopté en 2022 établit des mesures de gestion et de conservation concernant un groupe de neuf espèces 32 . Le prochain Protocole devrait restreindre la liste des espèces cibles autorisées pour les catégories UE de pêche pélagique à ces neuf espèces pour renforcer la cohérence entre les mesures nationales et les mesures du Protocole.

·Une incitation à l’adoption d’un plan national de gestion des capacités de pêche

Le paiement d’une partie de la contribution financière de l’UE au titre de l’accès conditionné par l’adoption d’un plan de gestion des petits pélagiques a été efficace pour accélérer le processus. Compte-tenu de la situation de surcapacité de la flotte nationale, en particulier la flotte artisanale, un prochain Protocole pourrait reprendre la même démarche en conditionnant une partie des paiements à l’adoption d’un plan national de gestion des capacités de pêche visant à assurer un équilibre entre la capacité des flottes et le potentiel des stocks. En effet, dans le contexte des pêcheries multispécifiques qui caractérise la Mauritanie, la_surcapacité affecte les ressources exploitées par tous les segments de flotte, y compris ceux exploités par la flotte UE. Ce type de plan de gestion est recommandé par la FAO au travers de l’instrument non-contraignant Plan d’Action International capacité adopté en 1999 33 suivant les préconisations du Code Conduite pour une Pêche Responsable. Bien que régulièrement porté sur l’agenda de travail du Ministère en charge, ce type de plan n’a jamais été adopté jusqu’à présent.

·Un mécanisme spécifique de financement d’un programme d’observations scientifiques embarquées avec des paiements liés aux résultats obtenus en termes de couverture statistique des marées des navires ciblés par le programme

L’insuffisance de données scientifiques collectées par des observateurs embarqués diminue la qualité et la pertinence des avis scientifiques en appui à la gestion depuis plusieurs années. Un prochain Protocole pourrait introduire des dispositions spécifiques de financement d’un programme d’observateurs embarqués par l’IMROP, comprenant le cas échéant un mécanisme de paiement lié aux résultats obtenus en matière de respect des objectifs de couverture statistique des activités des navires ciblés par le programme. L’intégration de ce financement dans un futur programme d’appui sectoriel n’apparaît pas comme une bonne option du fait des risques de déprogrammation pour faire face à de nouvelles priorités.

·La modernisation de la clause sociale de protection des droits des marins mauritaniens embarqués sur les navires UE

Le dialogue social entre l’UE et ses partenaires sociaux a débouché sur une actualisation de la clause sociale encadrant l’emploi de marins nationaux sur les navires UE. Cette clause sociale modernisée, déjà introduite dans des Protocoles d’accords de pêche récemment négociés (ex. Cabo Verde, Guinée-Bissau), devrait remplacer la clause sociale du Protocole en cours.

·L’intégration d’une obligation d’audit financier indépendant de l’exécution des tranches du programme d’appui sectoriel conditionnant les paiements des tranches ultérieures

Contrairement à son prédécesseur, le Protocole actuel n’impose pas l’obligation de réalisation d’un audit financier des dépenses réalisées sur la contribution financière de l’UE au titre de l’appui sectoriel. État donnée la valeur ajoutée de ces audits pour la certification des dépenses et pour aider la partie mauritanienne à assurer une bonne gestion de ces fonds, un prochain Protocole pourrait rétablir la soumission d’un rapport d’audit financier dans les conditions associée aux paiements des tranches par l’UE.

·Une nouvelle approche pour l’appui sectoriel basée sur l’approche appui budgétaire mise en œuvre par la DG INTPA en faveur des pays tiers

La méthode d’utilisation du montant de la contribution financière de l’UE au titre de l’appui sectoriel sous le Protocole en cours et sous les Protocoles précédents se focalise sur des indicateurs de réalisation (ex. matériel acheté, travaux achevés, étude faite), sans considération d’indicateurs de résultats dans la programmation permettant de mesurer des changements (ex. nombre de stocks évalués, adoption de réglementations). L’approche Appui Budgétaire de la DG INTPA qui privilégie l’approche basée sur les résultats tout en s’assurant que le programme est mis en œuvre dans des conditions de bonne gouvernance (voir encadré n°2) permettrait de mieux guider l’appui sectoriel vers des objectifs de réformes en abandonnant le micromanagement d’activités multiples sans liens clairement établis avec les objectifs de la politique sectorielle. La nouvelle approche permettrait en outre un meilleur alignement du programme d’appui sectoriel avec le Règlement financier de l’UE 2024/2509 34 , et en particulier son article 241.

Cette option affaiblit la plupart des risques identifiés sous les options précédentes. Le principal risque associé à cette option est la difficulté pour les deux parties de réformer en profondeur l’approche retenue sous le Protocole en cours et les précédents pour la définition et la mise en œuvre du programme d’appui sectoriel. La transition vers une approche type contrat d’appui budgétaire telle que définie par la DG INTPA sera exigeante tant pour les autorités mauritaniennes que pour les services de la Commission en charge des accords de pêche car il n’y a pas de précédents. La transition demandera un effort collectif dans lequel la DG INTPA aura un rôle essentiel à jouer pour transmettre son expérience et assister la préparation du programme.

Il subsistera également le risque identifié sous l’option précédente découlant de l’absence de cadre régional de coopération pour la gestion des stocks partagés qui pourrait diminuer l’efficacité de mesures de gestion mises en œuvre dans la zone de pêche de la Mauritanie.

5.5. Résultats et incidences

Le tableau suivant compare les différentes options avec leurs résultats attendus sur les trois piliers de la durabilité (environnement, économique et social). À ce stade, les incidences restent essentiellement qualitatives. Pour mesurer ces incidences, il faut connaître les principales caractéristiques d’un futur Protocole, qui sera le résultat de la prochaine négotiation.

Option A : Protocole non-renouvelé

Option B : prorogation du Protocole en cours

Option C : adoption d’un nouveau Protocole avec des ajustements

Incidences environnementales

• Perte des avis scientifiques proposés par le CSC

• Diminution des financements disponibles pour la recherche, les aires marines protégées et le contrôle des pêcheries au travers de l’appui sectoriel

• Augmentation du nombre de navires battant des pavillons de pays moins engagés dans la durabilité environnementale des pêcheries mauritaniennes

• Absence de plate-forme de dialogue sectoriel pour le transfert des bonnes pratiques de la PCP en matière de durabilité environnementale (y compris la réduction de l’impact de la pêche sur l’environnement)

• Disponibilité d’avis scientifiques proposés par le Comité Scientifique Conjoint, mais avec ajout incertain de données d’observation en mer aux données disponibles

• Manque de flexibilité pour l’adoption de mesures de conservation et de gestion pour adresser des situations urgentes (ex. merlu noir, castagnole)

• Amélioration de la qualité et de la pertinence des avis scientifiques grâce à prise en considération de données d’observations scientifiques en mer

• Davantage de flexibilité pour l’adoption de mesures de conservation et de gestion sur les stocks exploités par les navires UE

• Cadre de gestion des pêcheries amélioré par l’adoption d’un plan national de gestion des capacités de pêche (le cas échéant)

Incidences économiques

Mauritanie

• Perte de recettes budgétaires issues des paiements pour l’accès payés par la partie UE (6% des recettes totales nationales), et d’un fond d’appui pluriannuel à la mise en œuvre de la politique sectorielle

Mauritanie

• Maintien des recettes budgétaires issues des paiements pour l’accès aux niveaux actuels (autour de 68,6 million euros en moyenne annuelle)

• Disponibilité d’un fonds pluriannnuel d’appui à la mise en œuvre de la politique sectoriel

Mauritanie

• Entrée de recettes budgétaires issues des paiements pour l’accès par l’UE mais à des niveaux réduits par comparaison avec le Protocole actuel (adaptation à la baisse des possibilités de pêche)

• Disponibilité d’un fonds pluriannnuel d’appui à la mise en œuvre de la politique sectoriel (montant à définir, probablement en baisse pour adapter à la capacité d’absorption des autorités compétentes

Union européenne

• Économie d’au moins 57,5 million euros par an pour le budget de l’UE

• Diminution probable de la rentabilité de la flotte externe de l’UE en Afrique de l’Ouest, principalement catégories 1 «navires de pêche aux crustacés à l'exception de la langouste » et 6 « chalutiers congélateurs de pêche de poissons petits pélagiques »

Union européenne

• Dépense annuelle de 57,5 million euros par an pour le budget de l’UE mais avec un faible retour sur investissement

• Maintien probable de la rentabilité de la flotte externe de l’UE en Afrique de l’Ouest, principalement catégories 1 et 6

Union européenne

• Contribution du budget de l’UE pour l’accès mieux proportionnée à l’utilisation effective (montant à identifier)

• Flexibilité pour adapter le montant de la contrepartie financière payée par l’UE aux conditions changeantes

• Maintien probable de la rentabilité de la flotte externe de l’UE en Afrique de l’Ouest, principalement catégories 1 et 6

Incidences sociales

Mauritanie

·Perte d’environ 450 postes de travail pour des marins nationaux (6% du réservoir national de main d’œuvre)

·Réaffectation de certains postes de travail sur des navires non-UE moins engagés

Mauritanie

·Maintien de la disponibilité d’environ 450_postes de travail pour des marins nationaux

·Conditions de travail à bord des navires encadrées par des clauses obsolètes comparées à celles inscrites dans les protocoles récemment négociés par l’UE avec d’autres pays tiers et reflétant les avancées de l’UE en la matière.

Mauritanie

·Maintien de la disponibilité d’environ 450_postes de travail pour des marins nationaux

·Conditions de travail encadrées par des clauses reflétant les avancées de l’UE en la matière

Union européenne

·Menace sur les 120 emplois de ressortissants UE à bord des navires des catégories 1 et 6 et dans les filières connexes qui en dépendent

·Condition incitative au repavillonnage de certains navires UE

Union européenne

·Statu quo en matière d’emplois de ressortissants de l’UE (≈ 120 emplois) et dans les filières connexes en amont et en aval

Union européenne

·Probable statu quo en matière d’emplois de ressortissants de l’UE (≈ 120 emplois) et dans les filières connexes en amont et en aval

5.6. Comparaison des options

Le tableau ci-dessous résume les performances des différentes options en termes de pertinence, efficacité, efficience et cohérence. Les performances des différentes options vis-à-vis des critères sont évaluées en utilisant le barème suivant.

Note

Légende

0

Critère vraisemblablement non atteint

1

Critère vraisemblablement faiblement atteint

2

Critère vraisemblablement moyennent atteint

3

Critère vraisemblablement atteint de manière satisfaisante

4

Critère vraisemblablement pleinement atteint

Critère d’évaluation

Option A : Protocole non-renouvelé

Option B : prorogation du Protocole en cours

Option C : adoption d’un nouveau Protocole avec des ajustements

Pertinence

(dans quelle mesure l’option répond aux besoins)

Note :0/4

Le non-renouvellement du Protocole ne répond à aucun des besoins identifiés

Note : 4/4

La reconduction du Protocole sous une configuration comparable répond aux besoins identifiés pour les deux parties

Note : 4/4

La reconduction du Protocole avec des termes ajustés répond aux besoins identifiés pour les deux parties

Efficacité

(dans quelle mesure les objectifs assignés à l’intervention peuvent être atteints)

Note : 1/4

La coopération UE-Mauritanie dans le secteur des pêches devra se faire sous le cadre général de la politique bilatérale et régionale de coopération de l’UE et de la Team Europe qui n’offre pas la même flexibilité que l’appui sectoriel pour l’adaptation aux besoins de la Mauritanie.

Note : 3/4

Les possibilités de pêche restent dans les limites des TACs et plans d’aménagement, avec cependant un risque découlant de mesures techniques insuffisantes pour protéger les stocks d’espèces démersales exploitées dans un contexte de pêcheries multispécifiques.

Un nouveau Protocole permettra de poursuivre le dialogue sectoriel et la coopération scientifique entamés sous le Protocole en cours.

L’efficacité de l’appui sectoriel ne peut être évaluée ex-ante car dépendra des conditions de mise en œuvre (programmation, gestion technique et financière des activités, suivi-évaluation).

Note : 4/4

Les possibilités de pêche restent dans les limites des plans de gestion, limites des TACs et plans d’aménagement, avec une flexibilité accrue pour l’adaptation des mesures de gestion aux conditions changeantes.

Un nouveau Protocole permettra de poursuivre le dialogue sectoriel et la coopération scientifique entamés sous le Protocole en cours.

L’efficacité de l’appui sectoriel sera améliorée si l’approche basée sur les résultats promues par la modalité appui budgétaire de la DG INTPA est promue.

Efficience

(dans quelle mesure les ressources utilisées sont proportionnées aux résultats escomptés)

Sans objet

(pas d’engagement spécifique budgétaire de l’UE dans ce cas)

Note : 1/4

Manque de proportionnalité entre les possibilités de pêche négociées et de l’investissement de l’UE dans la contribution financière au titre de l’accès, sans réelle possibilité d’adaptation à la baisse en cas de sous-utilisation ou de réduction des possibilités de pêche suite à des mesures techniques de conservation et de gestion.

L’efficience de l’investissement de l’UE dans l’appui sectoriel ne peut être évaluée ex-ante car dépendra des conditions de mise en œuvre et des résultats atteints, mais risque de retards importants et de difficultés administratives si l’approche micromanagement est poursuivie

Note : 3/4

Meilleure proportionnalité entre les possibilités de pêche négociées et de l’investissement de l’UE dans la contribution financière au titre de l’accès.

Possibilités d’adaptation de la contribution financière suite à l’introduction de suite à des mesures techniques de conservation et de gestion diminuant les possibilités de pêche.

L’efficience de l’investissement de l’UE dans l’appui sectoriel ne peut être évaluée ex‑ante car dépendra des conditions de mise en œuvre et des résultats atteints. L’approche appui budgétaire pourrait néanmoins simplifier la gestion de l’appui et l’orienter vers des résultats mesurables.

Cohérence

(dans quelle mesure l’intervention contribue à d’autres interventions aux objectifs similaires)

Note : 2/4

Sans Protocole, l’UE disposera de moins de moyens pour mettre en œuvre la stratégie sous régionale suivant les principes de la PCP.

Les principes généraux guidant la Politique de coopération continueront néanmoins à s’appliquer au cadre de coopération UE-Mauritanie mais avec moins de flexibilité pour répondre aux besoins.

Note : 3/4

Un Protocole permet de mettre en œuvre de manière cohérente et complémentaire des activités soutenant les objectifs de la PCP et ceux de la politique de coopération en matière de développement durable.

Les activités contribuent aux Objectifs de Développement Durable, en particulier l’ODD 14 relatif à la vie aquatique, en nécessitant toutefois une meilleure prise en compte de l’approche écosystémique.

Les points de cette option qui diminue la cohérence sont :

·Répartition déséquilibrée des paiements pour l’accès entre l’UE et les armateurs de l’UE en défaveur de l’UE

·Manque d’alignement des modalités de mise en œuvre de l’appui sectoriel avec les règles financières de l’UE pour ses interventions extérieures.

Note : 4/4

Un Protocole permet de mettre en œuvre de manière cohérente et complémentaire des activités soutenant les objectifs de la PCP et ceux de la politique de coopération en matière de développement durable.

Les activités contribuent aux Objectifs de Développement Durable, en particulier l’ODD 14 relatif à la vie aquatique, en nécessitant toutefois une meilleure prise en compte de l’approche écosystémique.

Par un ajustement de la contribution financière de l’UE au titre de l’accès, l’équilibre UE / armateurs UE pour les paiements sera amélioré, en cohérence avec les engagements de l’UE.

La mise en œuvre de l’appui sectoriel suivant les modalités d’appui budgétaires promues par la DG INTPA améliorera la cohérence avec les autres interventions extérieures de l’UE.

Note

3/16

11/16

15/16

5.7. Option priviliégiée

La comparaison des options indique que l’option A de non-renouvellement du Protocole à son terme est l’option qui affiche les plus faibles performances en ne répondant à aucun des besoins de l’UE et de la Mauritanie.

L’option C, consistant en l’adoption d’un nouveau Protocole avec des ajustements, affiche de meilleures performances par rapport à l’option B de prorogation du Protocole. Ce constat est logique car l’option Cest précisément construite pour apporter des changements structurels au Protocole en cours pour en améliorer ses performances. Les_deux options B et C répondent aux besoins de manière adéquate. Les principaux avantages de l’option C par rapport à l’option B résident :

·Dans des gains d’efficacité, avec une amélioration du cadre de gestion des pêcheries par l’intégration de mesures de conservation identifiées lors du Protocole en cours, et une flexibilité accrue pour en introduire de nouvelles suivant les besoins ; ainsi qu’une approche clairement basée sur les résultats par transition des modalités de mise en œuvre de l’appui sectoriel vers les modalités appui budgétaire promues par la DG INTPA ;

·Dans des gains d’efficience, avec une meilleure proportionnalité entre l’investissement de l’UE dans la contribution financière au titre de l’accès et l’utilisation effective des possibilités de pêche, et l’introduction de mécanismes permettant d’adapter les paiements de la partie UE au titre de l’accès en cas de changements du cadre réglementaire affectant les possibilités de pêche disponibles ;

·Dans des gains de cohérence principalement en ce qui concerne les orientations de l’UE sur la répartition des paiements pour l’accès entre le budget de l’UE et les armateurs de l’UE, et un meilleur alignement des modalités de mise en œuvre de l’appui sectoriel avec les modalités mises en œuvre par l’UE pour d’autres types d’interventions envers des pays tiers.

5.8. Suivi d’un futur Protocole de mise en oeuvre

Une fois entré en vigueur, le Protocole d’Accord entre l’UE et la Mauritanie continueront à faire l’objet d’un suivi dans le cadre du dialogue technique entre les autorités du pays partenaire et la DG MARE. Ce dialogue technique favorisera, comme cela a été le cas sous le Protocole en cours, la préparation des réunions annuelles de la Commission mixte de l’accord, qui a la compétence pour prendre des décisions sur les modalités de mise en œuvre des composantes « accès » et « appui sectoriel » de l’Accord.

Les deux parties devront également veiller à convoquer les réunions ordinaires annuelles du Comité Scientifique Conjoint, et des réunions extraordinaires suivant les besoins.

Le cadre de suivi devra continuer à intégrer les indicateurs relatifs à l’utilisation des possibilités de pêche (autorisations de pêche émises, captures obtenues). Le cadre de suivi devrait également ajouter des indicateurs permettant le suivi périodique de l’application des dispositions du Protocole en matière d’embarquement de marins nationaux et d’observateurs désignés dans le respect des règles applicables à la protection des données personnelles afin que les deux parties aient la même base objective d’information sur l’application de ces mesures.

Concernant le volet appui sectoriel, le cadre de suivi devra continuer à prendre en compte des indicateurs relatifs aux décaissements par l’UE et des indicateurs sélectionnés pour mesurer les progrès obtenus par la Mauritanie avec la contribution de l’UE au titre de l’appui sectoriel.

Conformément aux exigences du règlement financier de l’UE et de la PCP, le Protocole devra faire l’objet d’une évaluation ex-post indépendante, qu’il sera nécessaire de mettre en œuvre environ 18 mois avant la date d’expiration du Protocole afin de donner aux institutions européennes le temps de se préparer à une éventuelle négociation dans le cadre de la procédure législative ordinaire sans interruption des possibilités d’accès.



ANNEXE I : INFORMATIONS RELATIVES A LA PROCEDURE

Direction générale des affaires maritimes et de la pêche

PLAN/2025/269 —Accord de pêche UE-Mauritanie — mandat de négociation en vue d’un nouveau protocole

1-Organisation et calendrier de l’étude d’évaluation sur laquelle se fondait principalement le document de travail des services de la Commission

Signature du contrat

8 mai 2025

Projet de rapport de démarrage

28 mai 2025

Réunion de kick-off

11 juin 2025

Compte rendu de la réunion de lancement

12 juin 2025

Rapport de démarrage révisé

13 juin 2025

Projet de rapport final

19 septembre 2025

Réunion pour discuter du projet de rapport final

29 septembre 2025

Présentation du rapport final

13 octobre 2025

2-Application du programme pour une meilleure règlementation

Cette initiative ne nécessite pas d’analyse d’impact, puisqu’elle définit une approche de politique générale et ne s’engage dans aucune action. Cela est conforme à l’application souple et standard des règles d’amélioration de la réglementation aux accords de partenariat dans le domaine de la pêche durable, qui implique un calendrier serré pour proposer et adopter des accords individuels et des exigences juridiques inévitables pour la préparation du renouvellement ou de la révision des accords. Il n’y a pas eu de choix d’autres options stratégiques en l’espèce, la non-poursuite de l’accord n’étant pas souhaitée, ce que les conclusions de l’évaluation étayent également. Toutefois, une évaluation rétrospective et prospective sera effectuée. Pour l’évaluation rétrospective, les questions traitent de l’efficacité, de l’efficience, de l’économie, de la pertinence, de la cohérence, de la valeur ajoutée européenne et de l’acceptation du Protocole.

Pour l’évaluation prospective, les questions portent sur l’identification des problèmes et des besoins, les objectifs à atteindre, les options disponibles (conclusion ou non d’un nouveau protocole) et les risques associés, ainsi que les enseignements tirés.

3-Éléments de preuve, sources et qualité

Les résultats de ce document de travail s’appuient principalement sur une étude d’évaluation réalisée par un consultant indépendant. Cette étude d’évaluation a été réalisée entre mai et septembre 2025 sous la direction d’un groupe de pilotage interservices mis en place par différents services de la Commission européenne et dans le cadre des termes de référence du contrat spécifique n°15 au titre du contrat-cadre MARE/2021/OP/0001. La base factuelle de cette étude d’évaluation se composait de deux éléments principaux: analyse de la documentation disponible et consultation des parties prenantes.



ANNEXE II : METHODOLOGIE ET MODELES ANALYTIQUES UTILISES

Les éléments présentés dans le présent document de travail proviennent principalement de l’étude d’évaluation susmentionnée réalisée par un consultant indépendant.

La méthodologie repose sur trois grandes composantes : l’analyse des informations disponibles, des consultations de parties prenantes, et la préparation d’un rapport d’évaluation.

1 - Collecte des données

L’étude externe a dû recueillir des informations sur :

-Secteur de la pêche dans le pays tiers

-Activités des flottes de l’UE et d’autres flottes dans le pays partenaire

-Évaluations des stocks pour les principales espèces concernées

-Structure institutionnelle pertinente pour les questions liées à la pêche

-Chiffres du commerce et données collectées sur place pour les installations de transformation locales

-Données relatives à la pêche et données économiques collectées auprès des entreprises de l’UE ainsi que dans d’autres études (structures de coûts)

-Rapports des réunions techniques, des rapports des attachés de pêche locaux et des réunions conjointes de commissions

-Entretiens structurés avec les parties prenantes: représentants des administrations, du secteur de la pêche et de la société.

Les informations ont ensuite été analysées et alimentées par une évaluation:

-Examen critique de l’adéquation et de la performance de l’utilisation des fonds de l’UE au titre du volet «appui sectoriel»

-Examen critique du respect des dispositions contraignantes du Protocole pour chaque partie.

Les données utilisées ont été fournies par la Commission (base de données alimentée par les États membres pour les autorisations et les captures; Base de données de la Commission sur les montants et le calendrier des paiements), par pays tiers, par entreprise de l’UE ou de pays tiers (résultats économiques) ou par d’autres sources publiques (données COMEXT, base de données des prix de vente EUMOFA, rapports des ORGP).

2 - Consultations

Les consultations ont été menées aux fins de l’étude d’évaluation, avec l’aide des consultants indépendants, selon une stratégie validée par le comité de pilotage, et comprenaient:

-Consultation des parties prenantes dans l’UE: les services de la Commission et du Service européen pour l'action extérieure (SEAE), les administrations des États membres du pavillon des navires de l’UE bénéficiant de possibilités de pêche, les associations professionnelles regroupant des opérateurs de l’UE utilisant les possibilités de pêche négociées et la société civile de l’UE. La période de consultation s’est étendue de juin à juillet 2025.

-Consultation des parties prenantes concernées en Mauritanie : une mission a été organisée en Mauritanie en concertation avec la partie UE et les autorités nationales mauritaniennes entre les 23 juin et 4 juillet 2025. Durant la mission, des séances d’échanges en présentiel ont pu avoir lieu avec le Secrétariat Général et différentes directions techniques du Ministère de la Pêche et des Infrastructures Maritimes et Portuaires (MPIMP) impliquées dans le suivi et la mise en œuvre de l’APPD, des entités sous tutelle du MPIMP, du Ministère de la Défense Nationale et du Ministère de l’Environnement, et des représentants du secteur privé des secteurs industriels et artisanaux. Des représentants de la Délégation de l’Union européenne (DUE) à Nouakchott ont également été consultés.

3 - Préparation de l’étude d’évaluation

La préparation du rapport d’évaluation prend en considération les lignes directrices et les outils préconisés par l’UE en la matière, ainsi que les éléments méthodologiques spécifiques à la dimension extérieure de la Politique Commune de la Pêche comme ceux concernant les méthodes d’évaluation des retombées socio-économiques des accords de pêche de l’UE.



ANNEXE III : MATRICE D’ÉVALUATION ET, LE CAS ÉCHÉANT, DÉTAILS DES RÉPONSES AUX QUESTIONS D’ÉVALUATION (PAR CRITÈRE)

1-Efficacité — mesure dans laquelle les objectifs du Protocole de mise en œuvre de l’APPD ont été atteints

Questions

Critères de réussite

Indicateurs proposés

Objectif 1: Contribuer à la conservation des ressources et à la durabilité environnementale par une exploitation rationnelle et durable des ressources marines vivantes du Maroc et des eaux adjacentes au territoire du Sahara occidental

1.1 dans quelle mesure les activités de pêche ciblent exclusivement les ressources excédentaires et préviennent la surpêche des stocks, sur la base des meilleurs avis scientifiques et d’une transparence accrue des efforts de pêche mondiaux dans les eaux couvertes par le Protocole 2021-2026.

Les stocks ciblés par la flotte UE ne sont pas surexploités à l’échelle régionale (espèces hautement migratrices et démersales) et nationale (espèces démersales et crustacés), et la capacité de pêche des navires UE est dans les limites établies ou recommandées par les ORGP ou ORP compétentes ou par le Comité Scientifique Conjoint. Le Protocole prend en compte les stratégies de gestion promues par les ORGP et la Mauritanie. La Mauritanie participe aux travaux des ORP/ORGP et fournit des données sur les activités des navires battant son pavillon et sur les navires étrangers en activité dans ses eaux.

État des stocks visés par le Protocole (avis scientifiques fournis par les réunions scientifiques conjointes, rapports et données scientifiques régionaux, ORGP/ORP et instituts scientifiques nationaux);

Ensemble des captures et de l’effort de pêche des flottes au Maroc, les eaux adjacentes au territoire du Sahara occidental et dans la région;

Incidence possible sur l’environnement de toutes les flottes opérant dans ces eaux.

1.2 dans quelle mesure la mise en œuvre a suivi le même principe et promu les mêmes normes de gestion de la pêche que celles appliquées dans les eaux de l’UE.

L’UE et la Mauritanie adoptent des mesures de gestion alignées sur l’approche écosystémique de la gestion des pêches, incluant des mesures pour réduire les prises accessoires et les rejets, et pour réduire les impacts possibles sur les écosystèmes ;

État des stocks capturés en tant que prises accessoires par les navires de l’UE;

Mesures de gestion adoptées au niveau régional, national ou de l’UE ou dans le cadre du Protocole.

1.3 dans quelle mesure l’évaluation scientifique et technique des pêcheries concernées s’est-elle améliorée?

Les activités des navires UE sont sujettes à un cadre approprié d’obligations en matière de suivi (journaux de bord, VMS, observateurs) et de collecte de données scientifiques. Les informations sont transmises aux OR(G)Ps compétentes et aux instituts scientifiques nationaux. Les scientifiques UE et de la Mauritanie participent activement aux réunions et aux comités scientifiques des ORP / ORGP. La coopération scientifique est encouragée et soutenue suivant les besoins, en particulier pour la collecte de données sur les démersaux et petits pélagiques. Les analyses scientifiques conjointes au niveau des ORGPs sont prises en compte. Les Comités Scientifiques Conjoints sont organisés sur une base régulière, annuelle au minimum.

Inclusion de dispositions relatives à la collecte de données dans l’APPD et mise à disposition en temps utile des données pertinentes lors des réunions du comité scientifique conjoint;

La quantité et la qualité des données collectées;

Nombre de rapports à l’ORGP et aux instituts scientifiques;

Taux de participation aux comités scientifiques des ORGP/ORP;

Les résultats obtenus grâce à l’appui sectoriel;

Nombre de réunions scientifiques communes et de réunions de suivi;

Étendue du suivi et de la mise en œuvre des recommandations formulées lors des réunions scientifiques communes.

1.4 garantir la conformité et le contrôle des activités des flottes de l’UE

La flotte de l’UE est correctement suivie (VMS, AIS, etc.) ; les déclarations, le suivi et le contrôle se déroulent comme prévu par le Protocole et la législation applicable. De plus, il y a un cadre de suivi et de contrôle de toutes les captures et de leur composition, les infractions possibles sont sanctionnées ; l’appui sectoriel est utilisé pour renforcer le suivi, contrôle et surveillance (SCS).

Niveau de mise en œuvre des dispositions relatives au suivi de l’APPD;

Niveau de mise en œuvre des dispositions en matière de contrôle;

Résultats obtenus grâce à l’appui sectoriel en termes de SCS.

Objectif 2: Contribuer à la poursuite de l’activité de pêche de la flotte longue distance de l’UE et à l’emploi lié à la flotte opérant dans le cadre des APPD

2.1 rechercher une part appropriée des ressources excédentaires, en parfaite adéquation avec les intérêts des flottes de l’UE

L’APPD et son Protocole donne un accès à une zone de pêche importante pour la flotte UE. Les espèces et leurs quantités couvertes par le Protocole correspondent aux stratégies de pêche de la flotte UE. Les possibilités de pêche disponibles sont acceptables considérant les activités de toutes les flottes actives dans les mêmes eaux aux niveaux national, sous-régional et régional.

Utilisation des licences de pêche;

Captures dans les eaux couvertes par l’Accord et le Protocole en vigueur par rapport aux captures globales;

Emploi générés (emplois directs et indirects);

Évolution du nombre de navires de l’UE dans la région;

Contribution à l’approvisionnement du marché de l’UE et du secteur de la transformation de l’UE (volume et valeur) et au secteur local de la transformation.

2.2 veiller à ce que le niveau des redevances dues par les armateurs de l’Union pour leurs activités de pêche soit équitable et proportionné compte tenu des recettes et des coûts, non discriminatoire et favorise des conditions de concurrence équitables entre les différentes flottes.

Le Protocole offre des conditions semblables à toutes les flottes étrangères opérant dans les zones de pêche couvertes par l’APPD. Le coût bénéfice est acceptable et raisonnable pour les armateurs UE et la Mauritanie.

Niveau des redevances et conditions techniques appliquées aux flottes des pays tiers dans les zones de pêche et de gestion dans le Protocole 2021-2026 ;

Proportion entre les redevances, les coûts et les avantages.

2.3 contribuer à l’approvisionnement des marchés de l’UE, de la Mauritanie et de certains pays tiers

L’APPD apporte un cadre raisonnable pour encourager les débarquements, et soutient ainsi l’approvisionnent du marché local et du commerce avec les pays tiers. L’APPD encourage la coopération pour le commerce des produits entre l’UE et la Mauritanie et/ou des pays tiers.

Pourcentage des débarquements par rapport aux besoins du marché local et des pays voisins ;

Équilibre commercial et relations avec la Mauritanie et les pays voisins en ce qui concerne les poissons capturés dans la zone couverte par l’APPD.

2.4 encourager la création d’un environnement sûr favorable aux investissements privés et aux activités économiques contribuant au développement durable du pays partenaire et renforce sa coopération avec l’UE

Une partie des captures obtenues dans le cadre de cet accord approvisionne le marché local ; le secteur de la pêche UE soutient les activités portuaires et connexes dans l’UE et dans la zone couverte par le Protocole. L’Accord pourrait avoir un impact régional important.

Nombre d’initiatives visant à assurer la coopération entre les opérateurs économiques de l’UE et les acteurs locaux ;

Avantages que ces activités apportent à l’UE, au niveau national et au niveau local ;

Nombre d’initiatives qui ont eu un intérêt régional.

2.5 tenir compte des intérêts spécifiques des régions ultrapériphériques de l’Union situées à proximité.

L’APPD et son Protocole couvrent les besoins des flottes de l’UE basées dans les régions ultrapériphériques voisines en assurant une continuité de leurs zones de pêche.

Nombre de navires originaires de la région ultrapériphérique opérant dans le cadre de l’APPD ;

Pourcentage des captures par rapport au total des captures.

Objectif 3: Soutenir le développement d’un secteur de la pêche durable dans les pays partenaires (appui sectoriel et coopération dans le domaine de l’économie bleue) et l’analyse des incidences géographiques, sociales, environnementales et économiques.

3.1 contribuer au renforcement des capacités et au développement durable social, environnemental et économique en Mauritanie.

L'appui sectoriel et l'activité économique établis par l'APPD et son Protocole contribuent au fonctionnement du secteur de la pêche, à une meilleure gouvernance, à la transparence et au développement social et économique de la zone couverte. En outre, l’appui sectoriel permet d'assurer des formations, des équipements et des infrastructures adéquats, notamment dans les domaines de la science et du SCS.

L'utilisation de l'appui sectoriel a été dûment documentée (analyse détaillée de l’appui sectoriel sur les bénéfices économiques et sociaux attendus).

Résultats obtenus grâce à l’appui sectoriel et l’impact économique et social de la mise en œuvre du Protocole 2021-2026.

Pourcentage de la contribution de l’UE aux différentes stratégies, politiques et valeur des indicateurs pour l’évaluation de l’impact social et économique dans l’UE et dans les domaines couverts par le Protocole 2021-2026, et au budget de la stratégie nationale en matière de pêche.

Exhaustivité et niveau de détail des rapports sur l’appui sectoriel et de la coopération dans le domaine de l’économie bleue.

3.2 promouvoir l’emploi de marins locaux, améliorer les infrastructures et encourager les débarquements, soutenir le pays partenaire à développer l’industrie locale de la pêche et une industrie de transformation capable d’approvisionner les marchés domestiques, régionaux et de l’UE. Créer des emplois directement et indirectement.

Les navires de l'UE recrutent une partie de leur personnel localement : ils bénéficient de bonnes conditions de travail et d'une formation appropriée, équivalente aux normes de l'OIT.

Une partie des captures est débarquée et transformée localement.

Les captures sont débarquées et commercialisées sur les marchés locaux et voisins. Des flux commerciaux sont générés.

Identification d’éléments qui facilitent les relations commerciales et de ceux qui les découragent.

Respect du nombre minimal de marins locaux embarqués ;

Captures (valeur et volume) débarquées (par rapport aux obligations de débarquement), transformées et commercialisées localement ;

Emplois créés directement et indirectement dans l’UE et dans le domaine couvert par le Protocole 2021-2026 ;

Pourcentage de l’approvisionnement des marchés locaux et voisins ;

Pourcentage de poissons capturés par la flotte de l’UE qui approvisionne ces marchés et comparaison avec d’autres sources.

2- Efficience — La mesure dans laquelle les effets souhaités sont obtenus à un coût raisonnable

Questions

Critères de réussite

Indicateurs proposés

Dans quelle mesure la contribution financière de l’UE est proportionnée aux possibilités de pêche mises à disposition dans le Protocole et par catégorie, et à leur utilisation effective ?

Dans quelle mesure le Protocole offrit-il un bon rapport qualité-prix à l’UE ainsi qu’un bon rapport qualité-prix aux armateurs de l’UE?

La contrepartie financière de l’UE pour l’accès est proportionnelle aux possibilités de pêche offertes par le Protocole 2021-2026.

La contribution des armateurs de l’UE est proportionnelle à l’efficacité des captures et des bénéfices par rapport aux coûts totaux.

Utilisation des possibilités de pêche et rapport coûts-avantages positif par catégorie.

Le volume des captures ;

Évolution des prix de première vente, des coûts d’exploitation et de tous les coûts et estimation de la rentabilité pour chaque segment de la flotte, catégorie, navire et type d’engin de l’UE.

Dans quelle mesure l’appui sectoriel et la coopération concernant les actions en faveur de l’économie bleue, convenus dans la programmation initiale, ont-ils été réalisés à un coût raisonnable ?

Toutes les activités inclues dans la programmation de l’appui sectoriel ont été exécutées conformément à l’Accord et au Protocole (résultats obtenus, répartition géographique comprenant des bénéfices sociaux et économiques, budget).

Degré d’achèvement de la programmation initiale;

Pourcentage des activités et projets d’appui sectoriel par rapport à la contribution globale de l’UE, au budget national consacré à la pêche, aux questions marines et maritimes et aux contributions d’autres donateurs.

Dans quelle mesure la compensation financière pour les possibilités de pêche au titre de l’APPD présente un avantage pour l’UE et la Mauritanie?

La Mauritanie bénéficient d’une part équitable de la valeur ajoutée des captures et de toute compensation financière. Cette compensation financière est répartie sur le plan géographique et social au profit de la population concernée en assurant une répartition proportionnelle aux activités de pêche en Mauritanie ?

Rapport contribution globale de l’UE/valeur ajoutée générée par l’activité de la flotte de l’UE dans la zone de pêche.

Proportionnalité entre les bénéfices de toutes les compensations financières pour la population concernée et les activités de pêche.

3- Économie — mesure dans laquelle les ressources sont disponibles en temps utile, en quantité et en qualité appropriées au meilleur prix

Questions

Critères de réussite

Indicateurs proposés

Dans quelle mesure l’ensemble de la contribution de l’UE, et en particulier son appui sectoriel, est-il proportionné aux besoins du domaine couvert par le Protocole 2021-2026 et à la capacité d’absorption du pays partenaire?

La contribution totale de l’UE est conforme aux besoins nationaux et locaux et à la capacité d’absorption. Le montant total de l’appui sectoriel est utilisé selon le calendrier prévu.

Consommation de la contribution de l’UE pour l’appui sectoriel et répartition géographique par rapport aux besoins locaux et nationaux dans le domaine d’action concerné ;

Répartition géographique et sociale des bénéfices de toutes les compensations financières ;

Capacité d’absorption de l’appui sectoriel ;

Exemples de réussite : Pourcentage de l’appui sectoriel par rapport au budget national et local consacré à la pêche et aux contributions d’autres donateurs.

4- Cohérence — Dans quelle mesure l’APPD et son Protocole ne contredisent pas et sont cohérents avec d’autres interventions poursuivant des objectifs similaires

Questions

Critères de réussite

Indicateurs proposés

Dans quelle mesure le Protocole est-il cohérent avec la PCP en général et avec sa dimension extérieure et la politique régionale de la pêche (ORGP et autres organisations, y compris la COPACE et réseau d’APPD à l’échelle sous-régionale et régionale)?

Le Protocole est conforme à la PCP en général et contribue à la réalisation des objectifs de l’UE au niveau régional — y compris la création d’un réseau régional d’APPD — est cohérent avec les objectifs d’autres APPD dans la région, des ORGP et d’autres organisations.

Cohérence avec la PCP et sa dimension extérieure et les principales orientations stratégiques aux niveaux régional et sous-régional.

Dans quelle mesure le Protocole et sa mise en œuvre sont-elles cohérents et complémentaires avec les autres politiques de l’UE, telles que les politiques et la législation du SEAE, des DG INTPA, SANTE, TRADE et TAXUD?

Le Protocole apporte une contribution substantielle à d’autres politiques de l’UE et inversement.

Le Protocole et sa mise en œuvre sont cohérents et coopèrent positivement avec d’autres interventions de l’UE.

Cohérence avec les principales stratégies/orientations politiques de l’UE ;

Mise en œuvre des clauses sociales ;

Cohérence de l’Accord avec les politiques de l’UE dans la région et dans le pays.

De quelle manière cet Accord et son Protocole sont-ils compatibles avec la politique nationale de la pêche et bien coordonnés avec les politiques régionales de la pêche?

Le Protocole contribue à la réalisation des priorités identifiées au niveau national et bénéficie à la Mauritanie.

Le Protocole contribue à la gestion durable de la pêche au niveau régional.

Cohérence avec les politiques nationales et régionales en matière de pêche, d’économie bleue et la Stratégie d’aménagement et de développement durable et intégré des pêches maritimes 2020-2024.

5- La valeur ajoutée européenne — La mesure dans laquelle l’intervention apporte une valeur ajoutée européenne

Questions

Critères de réussite

Indicateurs proposés

Quelle est la valeur ajoutée résultant de l’intervention de l’UE au titre du Protocole par rapport à l’absence d’APPD/Protocole?

Dans quelle mesure les États Membres auraient-ils eu la capacité ou la possibilité de mettre en place d’autres mesures appropriées?

Dans quelle mesure les avantages globaux de l’Accord et du Protocole apportent une valeur ajoutée à l’UE?

Contribution financière, en particulier l’appui sectoriel, utilisée avec succès pour soutenir et développer le secteur national et local de la pêche.

La preuve d’une répartition géographique et sociale équitable des avantages socio-économiques découlant de l’accord, notamment en ce qui concerne les infrastructures, les services sociaux de base, la création d’entreprises, la formation professionnelle et les programmes visant à développer et à moderniser le secteur de la pêche, afin de garantir que cette répartition bénéficie aux populations concernées d’une manière proportionnée aux activités de pêche.

Les espèces de pêche inclues dans l’Accord sont celles qui présentent un intérêt pour la flotte de l’UE, compte tenu des espèces disponibles pour toutes les flottes opérant dans la même zone.

Données relatives à la mise en œuvre dans le cadre du Protocole 2021-2026 ;

Comparaison par rapport à d’autres accords ou sans accord, sur le plan économique, social et environnemental.

6- Acceptabilité — La mesure dans laquelle les parties prenantes acceptent la politique en général et l’instrument particulier proposé ou utilisé

Questions

Critères de réussite

Indicateurs et sources proposés

Dans quelle mesure les armateurs de l’UE sont-ils satisfaits du Protocole?

Les armateurs de l’UE sont satisfaits des conditions techniques et financières établies par le Protocole et soutiennent son renouvellement (avec d’éventuelles adaptations).

Résultat des entretiens avec les armateurs et les associations de pêche.

Dans quelle mesure le Protocole est-il soutenu par la société civile dans l’UE, aux niveaux national et local?

Les représentants de la société civile sont satisfaits des conditions environnementales et sociales établies par l’APPD et son Protocole et soutiennent leur renouvellement (avec d’éventuelles adaptations).

Résultat des entretiens avec des représentants d’ONG et d’autres parties prenantes, la population locale, des opérateurs de pêche dans l’UE et en Mauritanie, l’industrie de la pêche dans l’UE et en Mauritanie.

Dans quelle mesure le Protocole est-il soutenu par le secteur (armateurs et transformateurs) dans l’UE et dans le pays partenaire, au niveau national et local?

Les armateurs nationaux et locaux ne sont pas confrontés à la concurrence de la flotte de l’UE et les transformateurs de poisson bénéficient des possibilités d’achat offertes par le Protocole et soutiennent son renouvellement.

Résultat des entretiens avec des représentants de l’industrie et des ONG, contenu d’articles, presse, signalement d’incidents entre flottes.

Dans quelle mesure l’administration, les parties prenantes et la société sont globalement satisfaites du Protocole?

L’administration, les parties prenantes et la société sont satisfaites de la mise en œuvre des obligations du Protocole et demandent son renouvellement; elles saluent les avantages du partenariat dans le secteur de la pêche.

Niveau de respect des obligations du Protocole en ce qui concerne les marins embarqués, l’obligation de débarquement, les observateurs, la communication des données, etc.

Utilisation et répartition de toutes les compensations financières, impact social et économique sur la population locale.

Activités de communication et leur impact, déclarations à la presse, contenu des articles, etc.


7- Pertinence — la mesure dans laquelle les objectifs du Protocole correspondent aux besoins et aux problèmes actuels

Questions

Critères de réussite

Indicateurs proposés

Dans quelle mesure les objectifs énoncés dans l’APPD et son Protocole correspondent-ils toujours aux besoins de l’UE, des États membres et de ses armateurs dans la zone couverte par le Protocole 2021-2026 ?

L’APPD et son Protocole sont conformes aux objectifs de la CFP (durabilité des ressources et de l’environnement; soutien au développement d’un secteur de la pêche durable aux niveaux national et local; faciliter l’intégration des États côtiers dans l’économie mondiale; amélioration des connaissances scientifiques et techniques, soutien aux échanges économiques et au développement économique et social durable) et répondent correctement aux besoins nationaux et locaux ainsi qu’à ceux de l’UE et de sa flotte.

Comparaison entre les objectifs initiaux de l’APPD et les besoins nationaux et locaux, d’une part, et ceux de l’UE et de sa flotte, d’autre part.

En quoi l’APPD est-il pertinent pour les objectifs stratégiques des ORGP et pour le réseau régional d’APPD de l’UE? Dans quelle mesure?

Pour les espèces hautement migratoires, le Protocole contribue à la réalisation des objectifs fixés par les ORGP et d’autres organisations régionales 35 , y compris le FAO - COPACE 36 , et au maintien d’un réseau d’APPD dans la région en ce qui concerne la gestion des pêches et les questions scientifiques.

Comparaison entre les objectifs de l’APPD et ces organisations et la manière dont la mise en œuvre du Protocole contribue à la réalisation de leurs objectifs.

Compatibilité, cohérence et coopération avec les objectifs d’autres APPD dans la région.



ANNEXE IV : APERCU DES COUTS ET DES BENEFICES

Étant donné que l’initiative soumise à l’évaluation ne s’applique qu’à un très petit nombre d’entreprises de l’UE, les coûts et les avantages ont été recensés et évalués pour les entreprises de l’UE bénéficiant de l’initiative et pour le pays partenaire, ainsi que pour l’UE en général (institutions de l’UE), en tant que partenaire de l’accord.

Un tableau simplifié accompagné d’un exposé explicatif présente une vue d’ensemble de ces coûts et avantages.

L’analyse coûts/bénéfices du Protocole de mise en œuvre 2021-2026, pour le budget de l’UE et pour le pays partenaire, est fondée sur la composante « accès » et pour les périodes pour lesquelles des données économiques complètes sont disponibles.

Les ratios recommandés par la méthodologie d’évaluation économique afin d’harmoniser les éléments de comparaison des performances économiques des différents contrats sont repris dans les tableaux ci-dessous. Les tableaux ci-dessous résument les coûts et les avantages du Protocole pour sa composante « accès ». Les coûts récurrents sont annuels.

Les sources d'information sont indiquées entre parenthèses dans le tableau.

Coûts

ponctuel / récurrent

Citoyens UE / consommateurs

Citoyens Mauritanie / consommateurs

Entreprises UE

Entreprises Mauritanie

Administration EM

Administration Mauritanie

Services de la Commission UE

Négociation du Protocole

Ponctuel

n/a

n/a

n/a

n/a

n/a

Temps de travail mais non quantifiable

6 personnes-mois ETP

(estimation DG MARE)

Formulation du programme d’appui sectoriel

Ponctuel

n/a

n/a

n/a

n/a

n/a

Temps de travail mais non quantifiable

Temps de travail mais non quantifiable

Suivi-évaluation de l’appui sectoriel

Récurrent

n/a

n/a

n/a

n/a

n/a

1,5 personne-mois ETP

(estimation contractant)

0.25 personne-mois ETP

(estimation DG MARE)

Suivi des navires et gestion des données

Récurrent

n/a

n/a

n/a

n/a

0,25 personne‑mois ETP (estimation contractant)

0.5 personne‑mois ETP

(estimation DG MARE)

0.25 personne‑mois ETP

(estimation DG MARE)

Coûts

ponctuel / récurrent

Citoyens UE / consommateurs

Citoyens Mauritanie / consommateurs

Entreprises UE

Entreprises Mauritanie

Administration EM

Administration Mauritanie

Services de la Commission UE

Directs

Compensation financière accès (UE et armateurs)

Récurrent

n/a

n/a

11,1 million euros (moyenne annuelle 2022-24)

n/a

n/a

57,5 million euros (accès/ contrepartie annuelle)

Appui sectoriel pour MCS, science, filière pêche locale

Récurrent

n/a

n/a

n/a

n/a

n/a

3,3 million euros (valleur théorique annualisée sur la période 2021-2026)

Captures UE pour les consommateurs (après transformation)

Récurrent

84 373 tonnes

(moyenne annuelle 2022-2024)

~ 1 200 tonnes (redevance en nature – moyenne annuelle 2022-2024)

n/a

n/a

n/a

n/a

n/a

Valeur ajoutée directe générée par la flotte UE

Récurrent

n/a

n/a

30,1 million euros (moyenne annuelle 2022-2024)

8,0 million euros (moyenne annuelle 2022-2024)

n/a

68,6 million euros (moyenne annuelle 2022-2024)

n/a

Emplois à bord (ETP)

Récurrent

180 (moyenne annuelle 2022-2024)

464 (moyenne annuelle 2022-2024)

n/a

n/a

n/a

n/a

n/a

Coûts

ponctuel / récurrent

Citoyens UE / consommateurs

Citoyens Mauritanie / consommateurs

Entreprises UE

Entreprises Mauritanie

Administration EM

Administration Mauritanie

Services de la Commission UE

Indirects

Valeur ajoutée indirecte

Récurrent

n/a

n/a

44,1 million euros (moyenne annuelle 2022-2024)

1,1 million euros (moyenne annuelle 2022-2024)

n/a

n/a

n/a

Emploi dans les filières connexes en amont et en aval (ETP)

Récurrent

868 (moyenne annuelle 2022-2024)

184 (moyenne annuelle 2022-2024)

n/a

n/a

n/a

n/a

n/a



ANNEXE V : CONSULTATION DES PARTIES PRENANTES – RAPPORT DE SYNTHESE

1-Contexte

Conformément au mandat et à la boîte à outils pour une meilleure réglementation, une stratégie de consultation a été élaborée par le consultant indépendant afin d’obtenir des éléments probants auprès des parties prenantes concernées. La stratégie définissait les meilleurs moyens de consulter les parties prenantes concernées tant dans l’UE que dans le pays partenaire concerné.

La consultation ciblée des parties prenantes dans l’UE et à l’international a été menée entre le 9 juin 2025 et le 11 juillet 2025.

2-Objectifs

L’objectif de la consultation:

-Recueillir l’avis des parties prenantes sur la mise en œuvre du Protocole 2021-2026, ainsi que sur l’éventuel renouvellement du Protocole, y compris les différentes options;

-Utiliser les résultats de cette consultation dans le rapport d’évaluation.

3-Groupes cibles

-Organisations représentant les navires de pêche ayant des possibilités de pêche sous le Protocole 2021-2026 ;

-Autorités compétentes des États membres de l’UE dont les navires de pêche utilisent les possibilités de pêche sous le Protocole 2021-2026 ;

-Société civile : ONGs actives dans le domaine de la pêche et de l’environnement marin et syndicats de marins embarqués à bord de navires de pêche de l’UE.

Liste des organisations ciblées consultées à la fin de la présente annexe 5.

4-Méthode de consultation

Par consultation électronique sur la base de questionnaires adaptés à chacun des groupes cibles en trois langues (ES, FR, EN). Complété, le cas échéant, par des entretiens téléphoniques.

5-Résultats de la consultation

Nombre total d’organisations consultées : 32

Nombre de réponses reçues : 23

Taux de réponse : 72 %

Des informations sur le contenu exact de la consultation, y compris les réponses détaillées des parties prenantes, figurent à l’annexe 7 de l’évaluation du consultant externe.



Liste des parties prenantes consultées

Parties prenantes consultées

Contribution

A- Les acteurs en charge de la mise en œuvre de l'APPD / Protocole

États membres auxquels des possibilités de pêche ont été attribuées

Allemagne

Non

Espagne

Oui

France

Oui

Irlande

Non

Italie

Oui

Lettonie

Oui

Lituanie

Oui

Pays-Bas

Non

Pologne

Oui

Portugal

Oui

B- Les parties prenantes bénéficiant directement de l’APPD / Protocole

ANAMAR (crustacés hors langoustes – Espagne)

Oui

ANACEF (chalutiers congélateurs – Espagne)

Oui

ORPAL (chalutier congélateur et autres engins - Espagne)

Oui

OPROMAR (chalutiers et autres engins – Espagne)

Oui

OPP Lugo (chalutiers et autres engins – Espagne)

Non

ARVI (palangriers de surface - Espagne)

Non

OPAGAC (Thoniers senneurs - Espagne)

Non

ANABAC (Thoniers senneurs - Espagne)

Oui

ORTHONGEL (Thoniers senneurs - France)

Oui

DAKAR TUNA (canneurs basés au Sénégal - France et Espagne)

Non

Pelagic Freezer Association (chalutiers pélagiques – Pays-Bas)

Oui

High Seas Fish PO (chalutiers pélagiques – Pologne)

Oui

Atlantic High Sea Fishing Company (chalutiers pélagiques – Lituanie)

Non

C- Les parties prenantes ayant un intérêt dans l'APPD / Protocole

Organisations de la société civile

Conseil consultatif pêche lointaine (LDAC)*

Information

Europêche

Non

European Transport Federation

Oui

CAPE / CFFA

Oui

WWF

Oui

EJF - Environmental Justice Foundation

Oui

Oceana

Oui

The Pew Charitable Trust

Oui

Client Earth

Oui

Bread of the World

Oui

Liste des organisations consultées en Mauritanie

Autorités

Ministère de la Pêche et des Infrastructures Maritimes et Portuaires (MPIMP)

Secrétariat Général

Direction de l’Aménagement des Ressources Halieutiques (DARH)

Direction de la Programmation et de la Coopération (DPC)

Direction de la Pêche Hauturière et Côtière (DPHC)

Direction Régionale de la Pêche à Nouadhibou (DRPN)

Cellule de Coordination de l’Appui Budgétaire Sectoriel RIM/UE

Observatoire Économique et Social des Pêches (OESP)

Entités sous tutelle du MPIMP

Institut Mauritanien de Recherches Océanographiques et des Pêches (IMROP)

Agence Mauritanienne pour les Affaires Maritimes (AMAM)

Garde Côte Mauritanienne (GCM)

Société Nationale de Distribution du Poisson (SNDP)

Port Autonome de Nouakchott (PAN)

Établissement Portuaire de la Baie du Repos (EPBR)

Entités sous tutelle du Ministère de la Défense Nationale

Académie Navale (ACNAV)

Entités sous tutelle du Ministère de l’Environnement

Parc National du Banc d’Arguin (PNBA)

Parc National du Diawling (PND)

Délégation de l'UE en Mauritanie

S/E M. l'Ambassadeur

Section coopération

Acteurs Non-étatiques

Secteur de la pêche

Fédération National de Pêche (FNP)

Fédération Nationale de la Pêche Artisanale (FNPA)

Fédération Libre de la Pêche Artisanale (FLPA)

Fédération des Mareyeurs de Mauritanie (FMM)

Ligue Nationale pour la Pêche Artisanale Maritime (LNPAM)

Fédération Nationale Pêche et Biodiversité (FNPB)

Secteur de l’Environnement

Fonds Fiduciaire du Banc d’Arguin et de la Biodiversité Côtière et Marine (BACOMAB)

Syndicats de gens de mer

Union des Travailleurs Mauritaniens (UTM)

Confédération Générale des Travailleurs de Mauritanie – section gens de mer (CGTM)

(1) Règlement (UE) n°1380/2013 du Parlement européen et du Conseil du 11 décembre 2013 relatif à la politique commune de la pêche, modifiant les règlements (CE) n°1954/2003 et (CE) n ° 1224/2009 du Conseil et abrogeant les règlements (CE) n°2371/2002 et (CE) n°639/2004 du Conseil et la décision 2004/585/CE du Conseil, JO L 354 du 28.12.2013, p. 22
(2) Règlement (UE) n°1380/2013 du Parlement européen et du Conseil du 11 décembre 2013 relatif à la politique commune de la pêche, modifiant les règlements (CE) n°1954/2003 et (CE) n ° 1224/2009 du Conseil et abrogeant les règlements (CE) n°2371/2002 et (CE) n°639/2004 du Conseil et la décision 2004/585/CE du Conseil, JO L 354 du 28.12.2013, p. 22
(3) Règlement (UE, Euratom) 2018/1046 du Parlement européen et du Conseil du 18 juillet 2018 relatif aux règles financières applicables au budget général de l’Union, modifiant les règlements (UE) no 1296/2013, (UE) no 1301/2013, (UE) no 1303/2013, (UE) no 1304/2013, (UE) no 1309/2013, (UE) no 1316/2013, (UE) no 223/2014, (UE) no 283/2014 et la décision no 541/2014/UE, et abrogeant le règlement (UE, Euratom) no 966/2012(JO L 193 du 30.7.2018,p. 1).
(4) European Commission: Directorate-General for Maritime Affairs and Fisheries, Fisheries Maritime Affairs, Poseidon, Caillart, B., Guerin, B. et al., Évaluation rétrospective et prospective du Protocole 2021-2026 à l’accord de partenariat dans le domaine de la pêche durable entre l’Union européenne et la République Islamique de Mauritanie – Rapport final, Publications Office of the European Union, 2025, https://data.europa.eu/doi/10.2771/6618550
(5) European Commission: Directorate-General for Maritime Affairs and Fisheries, Fisheries Maritime Affairs, Poseidon, Caillart, B., Guerin, B. et al., Évaluation rétrospective et prospective du Protocole 2021-2026 à l’accord de partenariat dans le domaine de la pêche durable entre l’Union européenne et la République Islamique de Mauritanie – Rapport final, Publications Office of the European Union, 2025, https://data.europa.eu/doi/10.2771/6618550
(6) European Commission: Directorate-General for Maritime Affairs and Fisheries, Fisheries Maritime Affairs, Poseidon, Caillart, B., Guerin, B. et al., Évaluation rétrospective et prospective du Protocole 2021-2026 à l’accord de partenariat dans le domaine de la pêche durable entre l’Union européenne et la République Islamique de Mauritanie – Rapport final, Publications Office of the European Union, 2025, https://data.europa.eu/doi/10.2771/6618550
(7) Appel à contributions - EU-Mauritania sustainable fisheries agreement and protocol – negotiation mandate for a new protocol
(8) Les objectifs politiques et les propositions de réforme de l’APPD sont détaillés dans la communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social et au Comité des régions sur la dimension extérieure de la PCP [COM (2011) 424 final du 13 juillet 2011]. Le 19 mars 2012, le Conseil a adopté des conclusions relatives à la dimension extérieure de la politique commune de la pêche et le Parlement européen a exprimé son point de vue dans son rapport du 22 novembre 2012 sur la dimension extérieure de la politique commune de la pêche.
(9) Décision (UE) 2022/1448 du Conseil du 18 juillet 2022 relative à la conclusion de l’Accord de partenariat dans le domaine de la pêche durable entre l’Union européenne et la République islamique de Mauritanie ainsi que de son Protocole de mise en œuvre JO L 228 du 2.9.2022, p. 2-4 Lien
(10) Règlement (UE) 2024/2054 du Conseil du 22 juillet 2024 modifiant le règlement (UE) 2021/2061 relatif à la répartition des possibilités de pêche prévues par le Protocole de mise en œuvre de l’accord de partenariat dans le domaine de la pêche durable entre l’Union européenne et la République islamique de Mauritanie (2021-2026). JO L, 2024/2054 du 25.7.2024 Lien
(11) Protocole fixant les possibilités de pêche et la contrepartie financière prévues par l'Accord de partenariat dans le secteur de la pêche entre la Communauté européenne et la République islamique de Mauritanie pour une période de quatre ans. JO L 315 du 1.12.2015, p. 3–71. Lien
(12) Commission européenne, Direction générale des affaires maritimes et de la pêche, Fisheries Maritime Affairs, Megapesca Lda, POSEIDON et Defaux, V., Évaluation rétrospective et prospective du Protocole à l’Accord de partenariat dans le domaine de la pêche durable entre l’Union européenne et la République islamique de Mauritanie : rapport final 25 mars 2019, Defaux, V.(editor), Publications Office, 2019, https://data.europa.eu/doi/10.2771/656537
(13) Règlement (UE) 2024/2054 du Conseil du 22 juillet 2024 modifiant le règlement (UE) 2021/2061 relatif à la répartition des possibilités de pêche prévues par le Protocole de mise en œuvre de l’Accord de partenariat dans le domaine de la pêche durable entre l’Union européenne et la République islamique de Mauritanie (2021-2026). JO L, 2024/2054 du 25.7.2024 Lien
(14) Ramos, Ana & Ramil, Fran & Sanz, José. (2017). Deep-Sea Ecosystems Off Mauritania: Research of Marine Biodiversity and Habitats in the Northwest African Margin. 10.1007/978-94-024-1023-5 .
(15) Commission européenne, Agence exécutive pour les petites et moyennes entreprises, IEO, MRAG, WMR, García-Isarch, E., et al., Study on improvement for the analysis and exploitation of observer reports in EU fisheries from NW African waters : final report, Publications Office, 2020, https://data.europa.eu/doi/10.2826/435195
(16) Arrêté n°1128 du 07 novembre 2022 portant approbation du plan d’aménagement de la pêcherie des petits pélagiques.
(17) Décret n° 2023-137 portant abrogation et remplacement du décret 2018-044 du 1"’mars 2018 modifiant certaines dispositions du décret 2015-159 du 1"’octobre 2015 portant application de la Loi n" 2015’017 du 29 juillet 2015 portant Code des Pêches Maritime
(18) Règlement (UE) 2016/2336 du Parlement européen et du Conseil du 14 décembre 2016 établissant des conditions spécifiques pour la pêche des stocks d'eau profonde dans l'Atlantique du Nord-Est ainsi que des dispositions relatives à la pêche dans les eaux internationales de l'Atlantique du Nord-Est et abrogeant le règlement (CE) n° 2347/2002 du Conseil. JO L 354 du 23.12.2016, p. 1–19 Lien
(19) Règlement d’exécution (UE) 2022/1614 de la Commission du 15 septembre 2022 déterminant les zones existantes de pêche en eau profonde et établissant une liste des zones qui abritent ou sont susceptibles d’abriter des écosystèmes marins vulnérables. JO L 242 du 19.9.2022, p. 1–141 Lien
(20) Disponibles sur le site FiTI national https://www.fiti-mauritanie.mr/
(21) Décision (UE) 2024/3135 de la Commission du 17 décembre 2024 approuvant, au nom de l’Union européenne, une modification du Protocole de mise en œuvre de l’Accord de partenariat dans le domaine de la pêche durable entre l’Union européenne et la République islamique de Mauritanie. JO L du 18.12.2024. Lien
(22) Directive (UE) 2017/159 du Conseil du 19 décembre 2016 portant mise en œuvre de l'Accord relatif à la mise en œuvre de la convention sur le travail dans la pêche, 2007, de l'Organisation internationale du travail, conclu le 21 mai 2012 entre la Confédération générale des coopératives agricoles de l'Union européenne (Cogeca), la Fédération européenne des travailleurs des transports (ETF) et l'Association des organisations nationales d'entreprises de pêche de l'Union européenne (Europêche) (Texte présentant de l'intérêt pour l'EEE. ). JO L 25 du 31.1.2017, p. 12–35 Lien
(23) Contribution publique annuelle de l’UE et moyenne des contributions des armateurs.
(24) Basé sur les quantités capturées et les prix moyens à la première vente des produits de la pêche
(25) Kinadjian, L. ; Soumaré, A. ; Naffa M. L. dit Saadna (2014). Rapport sur le Cadre d’Investissement pour le Développement Durable des Pêches Maritimes (CIDDPM) pour le Programme Régional de l’Afrique de l’Ouest (PRAO). Nouakchott : Ministère des Pêches et de l’Économie Maritime, Gouvernement de la République Islamique de Mauritanie. 159 pp. + Annexes Lien .
(26) https://www.spcsrp.org/
(27) Lien vers la Convention, voir « À propos de nous ».
(28) Lien voir ses Statuts
(29) COMMUNICATION CONJOINTE AU PARLEMENT EUROPÉEN, AU CONSEIL, AU COMITÉ ÉCONOMIQUE ET SOCIAL EUROPÉEN ET AU COMITÉ DES RÉGIONS Fixer le cap vers une planète bleue durable – Communication conjointe relative au programme de l'UE de gouvernance internationale des océans. JOIN/2022/28 final
(30) Conclusions du Conseil sur la dimension externe de la PCP. 19.03.2012, 7086/12
(31) Règlement (UE) 2017/2403 du Parlement européen et du Conseil du 12 décembre 2017 relatif à la gestion durable des flottes de pêche externes et abrogeant le règlement (CE) no 1006/2008 du Conseil. JO L 347 du 28.12.2017, p. 81–104
(32) Sardine Stock C (Sardina pilchardus) Maquereau (Scomber japonicus) Anchois (Engraulis encrasicolus) Chinchard atlantique (Trachurus trachurus) Chinchard noir (Trachurus trecae) Chinchard Jaune (Caranx rhonchus) Sardinelle ronde (Sardinella aurita) Sardinelle plate (Sardinella maderensis) Ethmalose (Ethmalosa fimbriata)
(33) Voir page FAO https://www.fao.org/fishery/fr/ipoa-capacity
(34) Règlement (UE, Euratom) 2024/2509 du Parlement européen et du Conseil du 23 septembre 2024 relatif aux règles financières applicables au budget général de l’Union (refonte). JO L, 2024/2509, 26.9.2024
(35) Commission internationale pour la conservation des thonidés de l’Atlantique (CICTA)
(36) Comité des pêches pour l’Atlantique Centre-Est (COPACE)

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22/12/2025

Acte préparatoire52025DC0799

COMMUNICATION DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN, AU CONSEIL, AU COMITÉ ÉCONOMIQUE ET SOCIAL EUROPÉEN ET AU COMITÉ DES RÉGIONS relative au retrait de la proposition de RÈGLEMENT DU PARLEMENT EUROPÉEN ET DU CONSEIL modifiant les règlements (UE) 2021/522, (UE) 2021/1057, (UE) 2021/1060, (UE) 2021/1139, (UE) 2021/1229, et (UE) 2021/1755 en ce qui concerne les modifications apportées aux montants des fonds destinés à certains programmes et fonds

22/12/2025

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