| Résumé de l’analyse d’impact |
| Analyse d’impact de la révision du règlement (UE) 2019/2088 sur la publication d’informations en matière de durabilité dans le secteur des services financiers (ci-après le «SFDR») |
| A. Nécessité d’une action |
| Pourquoi? Quel est le problème à résoudre? |
| Le règlement sur la publication d’informations en matière de durabilité dans le secteur des services financiers (SFDR) est en vigueur depuis mars 2021. Il s’inscrit dans un ensemble plus large de règles relatives à la publication d’informations en matière de durabilité pour les marchés financiers, conçu pour contribuer à la réalisation des objectifs du pacte vert, y compris le règlement sur la taxinomie et la directive en ce qui concerne la publication d’informations en matière de durabilité par les entreprises. Le SFDR définit la manière dont les acteurs des marchés financiers doivent communiquer aux investisseurs des informations en matière de durabilité afin de les aider à prendre des décisions d’investissement éclairées. Les parties prenantes, dans le cadre d’un retour d’information, ont indiqué que, bien que le SFDR ait contribué à accroître la transparence en ce qui concerne les aspects environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) liés aux investissements, il est également complexe à mettre en œuvre, et il est difficile pour les investisseurs de respecter les obligations de publication d’informations. Ces lacunes ont entraîné des difficultés et des coûts indus pour les acteurs des marchés financiers lors de l’application des règles, ainsi que des difficultés éprouvées par les investisseurs lorsqu’il s’agissait de comprendre et de comparer les produits présentant des caractéristiques ESG, dans un contexte de confusion provoquée par l’utilisation involontaire et trompeuse des obligations d’information prévues par le SFDR pour invoquer l’appartenance d’un produit à une catégorie sans que des critères communs aient été établis à cette fin. Ces problèmes entraînent des risques pour la protection des investisseurs, le bon fonctionnement du marché unique et la compétitivité du secteur financier de l’UE. |
| Quel est l’objectif visé par cette initiative? |
| Afin de stimuler les investissements en faveur de la prospérité et de la compétitivité durables de l’Europe, l’initiative vise à fixer des exigences proportionnées pour le secteur financier européen, à protéger l’intégrité du marché unique de l’UE et à aider les investisseurs à saisir les possibilités offertes par les produits financiers liés à la durabilité. L’analyse d’impact examine la meilleure manière de simplifier et de réduire les obligations administratives en matière de durabilité qui incombent aux acteurs des marchés financiers en vertu du SFDR, tout en renforçant la cohérence avec le reste du cadre, ainsi que d’améliorer la capacité des investisseurs finaux à comprendre et à comparer les produits financiers présentant des caractéristiques ESG. |
| Quelle est la valeur ajoutée d’une action à l’échelle de l’Union? |
| Une action à l’échelle de l’UE consistant à réviser le cadre permettrait d’obtenir des résultats plus harmonisés, efficaces, efficients et cohérents dans l’ensemble du marché unique. À l’inverse du statu quo ou de mesures prises au niveau national pour remédier aux lacunes, une initiative à l’échelle de l’UE pourrait simplifier les obligations de publication d’informations à tous les niveaux dans l’intérêt des acteurs des marchés financiers et des investisseurs et répondre aux défis en matière de données dans l’ensemble de l’UE. Elle pourrait ainsi davantage stimuler la finance durable privée dans l’ensemble de l’UE, à l’appui des objectifs stratégiques communs de la transition écologique. |
| B. Les solutions |
| Quelles sont les options législatives et non législatives envisagées? Y a-t-il une option privilégiée? Pourquoi? |
| Les principales options portent sur la manière i) d’alléger les obligations de publication d’informations prévues par le SFDR en modifiant les informations et les concepts tant au niveau des entités qu’au niveau des produits au profit des acteurs des marchés financiers, et ii) de mettre en place un système de catégorisation clair afin d’améliorer la compréhension qu’ont les investisseurs des produits présentant des caractéristiques ESG. Les options sont mises en balance avec la nécessité de veiller à une cohérence avec le reste du cadre en matière de finance durable, et en particulier avec les changements induits par les propositions du paquet «omnibus» relatifs aux obligations de publication d’informations en matière de durabilité applicables aux entreprises, ainsi qu’avec celle de reconnaître les pratiques actuelles du marché et de s’appuyer sur celles-ci. Les options privilégiées consistent à supprimer la majorité des obligations d’information au niveau des entités prévues par le SFDR et à réduire considérablement la publication d’informations au niveau des produits, notamment en introduisant un système de catégorisation à trois niveaux des produits présentant des caractéristiques ESG. Le but est de rationaliser et de simplifier les exigences applicables aux acteurs des marchés financiers et de contribuer à fournir aux investisseurs des informations essentielles et comparables sur les produits catégorisés. La combinaison de ces options, qui doit ensuite être précisée dans des dispositions d’exécution à portée limitée, devrait apporter une simplification et une clarté accrues pour les marchés, une stabilité suffisante par rapport aux pratiques actuelles du marché et une flexibilité suffisante permettant de continuer à encourager la diversité dans l’innovation en matière de produits, ainsi qu’un niveau élevé de protection des investisseurs. |
| Qui soutient quelle option? |
| Les acteurs des marchés financiers se félicitent de la suppression des obligations de publication d’informations au niveau des entités au titre du SFDR, tandis que les points de vue d’autres acteurs (ONG, autorités nationales compétentes) sont plus mitigés. La plupart des groupes de parties prenantes conviennent dans une large mesure que les modifications apportées aux obligations de publication d’informations au niveau des produits sont également justifiées et devraient se concentrer sur des indicateurs plus significatifs et comparables. Enfin, toutes les parties prenantes sont globalement favorables à un système de catégorisation des produits présentant des caractéristiques ESG au niveau de l’UE, notamment pour aider les investisseurs à comparer ces produits. |
| C. Incidences de l’option privilégiée |
| Quels sont les avantages de l’option privilégiée? |
| Les options privilégiées visent à simplifier considérablement les obligations et à réduire les coûts administratifs liés à l’application du SFDR. La suppression de la publication d’informations au niveau des entités, à elle seule, éliminerait les charges qui, selon les estimations, représentent 25 % des coûts dans le cadre des règles actuelles. La catégorisation à trois niveaux contribuerait à simplifier la publication d’informations sur les produits, à fixer des règles cohérentes pour la distribution des produits présentant des caractéristiques ESG, à réduire les risques de pratiques nationales divergentes et à améliorer la comparabilité des produits, en fournissant aux investisseurs des informations plus pertinentes à leur sujet. Cela devrait contribuer à accroître les investissements en faveur d’une plus grande durabilité à tous les niveaux. Compte tenu de la taille dominante du marché de l’UE dans ce secteur, le système de catégorisation devrait également contribuer à attirer dans l’UE de nouveaux flux d’investissements étrangers. Toutefois, il n’a pas encore été possible, à ce stade, de quantifier tous les avantages qui découleraient de l’introduction des catégories et de l’allègement des obligations de publication d’informations sur les produits, étant donné que les mesures d’exécution de niveau 2 devraient préciser certains points, y compris après des essais plus approfondis sur les consommateurs. L’expansion de la finance durable dépend également d’autres facteurs économiques, notamment le fonctionnement efficace des marchés et les décisions d’allocation des capitaux, qui ne relèvent pas du champ d’application de la révision du SFDR. |
| Quels sont les coûts de l’option privilégiée? |
| L’option privilégiée d’un système de catégorisation à trois niveaux s’appuyant sur les pratiques actuelles et sur les orientations déjà applicables de l’AEMF (voir note de bas de page nº 2), elle abaisserait autant que faire se peut, dans une large mesure, les coûts pour la majorité des acteurs du marché, notamment en ce qui concerne les fonds. Les coûts initiaux devraient également être compensés par les mesures de simplification et les coûts moins élevés liés à l’allègement des obligations de publication d’informations à moyen et à long terme. Pour les autres acteurs, notamment les gestionnaires de produits d’assurance et de retraite qui n’ont pas déjà supporté les coûts liés aux modifications imposées par les orientations de l’AEMF, les nouvelles catégories peuvent entraîner un coût initial à court terme. Toutefois, peu de données quantitatives fiables sont disponibles à ce stade. Les règles pourraient néanmoins être échelonnées de manière appropriée pour ces acteurs, dans un souci d’atténuation des coûts. |
| Quelle sera l’incidence sur les entreprises, les PME et les microentreprises? |
| Les acteurs des marchés financiers, dont beaucoup sont des PME, devraient bénéficier de coûts de mise en conformité plus faibles, d’un abaissement des barrières à l’entrée sur le marché et d’avantages économiques entraînés par la poursuite des flux d’investissement selon une catégorisation plus simple, plus claire et plus intuitive des produits. Dès lors, le financement en faveur des innovations privées axées sur la durabilité dans l’économie réelle devrait augmenter et soutenir le flux de capitaux privés supplémentaires en faveur de la double transition écologique et numérique et des objectifs de compétitivité de l’UE. |
| Y aura-t-il une incidence notable sur les budgets nationaux et les administrations nationales? |
| s.o. |
| Y aura-t-il d’autres incidences notables? |
| Non |
| D. Suivi |
| Quand la législation sera-t-elle réexaminée? |
| L’initiative fera l’objet d’un suivi dans le cadre des processus en cours avec les autorités européennes de surveillance et de la plateforme sur la finance durable, un groupe d’experts de la Commission. La Commission évaluera l’initiative conformément à ses principes d’amélioration de la réglementation. |