| CELEX | 52025XC06439 |
| Type | Communication |
| Date | jeudi 18 décembre 2025 |
| Journal officiel | FR Série C |
| C/2025/6439 | 18.12.2025 |
COMMUNICATION DE LA COMMISSION
Orientations accompagnant le règlement délégué (UE) 2025/2273 de la Commission visant à faciliter l’application du cadre méthodologique révisé de calcul des niveaux optimaux en fonction des coûts
(Texte présentant de l’intérêt pour l’EEE)
(C/2025/6439)
Contenu
| 1. | OBJECTIFS ET CHAMP D’APPLICATION | 3 |
| 2. | DÉFINITIONS | 3 |
| 3. | DÉFINITION DES BÂTIMENTS DE RÉFÉRENCE | 4 |
| 4. | DÉFINITION DES MESURES OU GROUPES/VARIANTES DE MESURES ÉCOÉNERGÉTIQUES ET FONDÉES SUR DES SOURCES D’ÉNERGIE RENOUVELABLES POUR CHAQUE BÂTIMENT DE RÉFÉRENCE | 7 |
| 4.1 | Mesures (et groupes et variantes de mesures) écoénergétiques et fondées sur des sources d’énergie renouvelables pouvant être envisagées | 8 |
| 4.2 | Méthodes pour limiter les combinaisons et donc les calculs | 10 |
| 4.3 | Qualité de l’environnement intérieur et autres questions relatives au confort | 11 |
| 5. | CALCUL DE LA CONSOMMATION TOTALE D’ÉNERGIE PRIMAIRE ET DE LA PERFORMANCE EN MATIÈRE D’ÉMISSIONS RÉSULTANT DE L’APPLICATION DES MESURES ET GROUPES DE MESURES À UN BÂTIMENT DE RÉFÉRENCE | 12 |
| 5.1 | Prise en compte du potentiel de réchauffement planétaire (PRP) sur tout le cycle de vie d’un bâtiment | 17 |
| 6. | CALCUL DU COÛT GLOBAL, EN VALEUR ACTUALISÉE NETTE, POUR CHAQUE BÂTIMENT DE RÉFÉRENCE | 18 |
| 6.1 | Le concept de l’optimalité en fonction des coûts | 18 |
| 6.1.1 | Examen supplémentaire concernant les calculs et effets externes macroéconomiques | 20 |
| 6.2 | Catégorisation des coûts | 22 |
| 6.3 | Collecte des données relatives aux coûts | 24 |
| 6.4 | Le taux d’actualisation | 24 |
| 6.5 | Liste de base des éléments de coûts à prendre en compte pour le calcul des coûts d’investissement initiaux des bâtiments et éléments de bâtiment | 25 |
| 6.6 | Calcul des coûts de remplacement périodique | 27 |
| 6.7 | Période de calcul par rapport à la durée de vie estimée | 27 |
| 6.8 | Année de départ des calculs | 29 |
| 6.9 | Calcul de la valeur résiduelle | 29 |
| 6.10 | Évolution des coûts dans le temps | 29 |
| 6.11 | Calcul des coûts de remplacement | 29 |
| 6.12 | Calcul des coûts de l’énergie | 29 |
| 6.13 | Traitement de la fiscalité, des subventions et des prix de rachat dans le calcul des coûts | 30 |
| 6.14 | Inclusion des recettes tirées de la production d’énergie | 30 |
| 6.15 | Calcul des coûts de gestion des déchets | 31 |
| 6.16 | Avantages multiples | 31 |
| 6.16.1 | Méthode simplifiée de monétisation de certaines incidences sanitaires et économiques des mesures écoénergétiques | 32 |
| 6.16.2 | Étapes de la méthode simplifiée et exemple appliqué | 35 |
| 6.16.3 | Sources de données supplémentaires pour des avantages multiples | 38 |
| 7. | DÉDUCTION D’UN NIVEAU DE PERFORMANCE ÉNERGÉTIQUE OPTIMAL EN FONCTION DES COÛTS POUR CHAQUE BÂTIMENT DE RÉFÉRENCE | 39 |
| 7.1 | Le concept de l’optimalité en fonction des coûts | 39 |
| 7.2 | Comparaison avec les exigences actuelles au niveau des États membres | 41 |
| 8. | ANALYSE DE SENSIBILITÉ | 42 |
1. OBJECTIFS ET CHAMP D’APPLICATION
Conformément à l’article 6 et à l’annexe VII de la directive (UE) 2024/1275 du Parlement européen et du Conseil (1), le règlement délégué (UE) 2025/2273 (2) de la Commission complète ladite directive en établissant et révisant un cadre méthodologique comparatif de calcul des niveaux optimaux en fonction des coûts des exigences minimales en matière de performance énergétique des bâtiments et éléments de bâtiment.
La méthodologie définie dans le règlement délégué (UE) 2025/2273 de la Commission précise comment comparer les mesures écoénergétiques, les mesures intégrant des sources d’énergie renouvelables ainsi que les groupes de ces mesures, en fonction de leur performance énergétique et en matière d’émissions et du coût attribué à leur mise en œuvre. Elle établit aussi comment appliquer ces mesures et groupes à des bâtiments de référence sélectionnés en vue de définir les niveaux optimaux en fonction des coûts des exigences minimales de performance énergétique.
L’annexe VII de la directive (UE) 2024/1275 exige de la Commission qu’elle fournisse des orientations pour accompagner le cadre méthodologique comparatif en vue de permettre aux États membres de prendre les mesures nécessaires. Le présent document constitue les orientations visées à l’annexe VII de la directive (UE) 2024/1275. Ces orientations ne sont pas juridiquement contraignantes mais elles fournissent aux États membres des informations complémentaires pertinentes et traduisent les principes convenus relativement aux calculs des coûts énoncés dans le contexte du règlement délégué (UE) 2025/2273. Les orientations en tant que telles visent à faciliter l’application de ce règlement délégué. Ce sont les dispositions du règlement délégué (UE) 2025/2273 qui sont juridiquement contraignantes et directement applicables dans les États membres.
Pour la commodité d’utilisation, ces orientations suivent de près la structure du cadre méthodologique exposé à l’annexe I du règlement délégué (UE) 2025/2273. Ces orientations pourront faire l’objet d’un réexamen périodique à mesure que les États membres comme la Commission acquerront de l’expérience dans l’application du cadre méthodologique.
2. DÉFINITIONS
Il peut être utile de préciser davantage certaines des définitions figurant à l’article 2 du règlement délégué (UE) 2025/2273.
Aux fins de la définition du coût global, le coût du terrain n’est pas pris en compte. Toutefois, si un État membre le souhaite, les coûts d’investissement initiaux, et donc aussi le coût global, peuvent comprendre le coût de la surface au sol nécessaire pour mettre en place une certaine mesure, classant ainsi les mesures en fonction de l’espace occupé.
Pour calculer les coûts annuels, la méthodologie proposée par la Commission ne comprend pas de catégorie spécifique pour les coûts du capital car on a estimé que ceux-ci étaient pris en compte par le taux d’actualisation. Si un État membre veut prendre expressément en compte les versements effectués sur la totalité de la période de calcul, il peut par exemple faire entrer les coûts du capital dans les coûts annuels afin qu’ils soient également actualisés.
La méthode de calcul de la surface de plancher de référence (définie à l’article 2, paragraphe 52, de la directive (UE) 2024/1275) doit être définie au niveau national. et clairement indiquée à la Commission.
En ce qui concerne l’évaluation de l’optimalité en fonction des coûts, l’énergie primaire totale est considérée comme la principale mesure (y compris ses parties non renouvelables et renouvelables). L’énergie primaire pour un bâtiment est l’énergie utilisée pour produire l’énergie fournie au bâtiment. Elle est calculée, à l’aide de facteurs de conversion en énergie primaire totale, à partir des quantités d’énergie reçues et fournies par vecteur énergétique. Les facteurs d’énergie primaire (de conversion en énergie primaire) correspondants doivent être fixés à l’échelle nationale.
Les mesures peuvent être des mesures individuelles ou constituer un groupe de mesures. Dans sa forme la plus aboutie, un groupe de mesures constituera une variante de bâtiment (c’est-à-dire un ensemble complet de mesures/groupes nécessaires à l’approvisionnement écoénergétique d’un bâtiment et comprenant des mesures applicables à l’enveloppe du bâtiment, des techniques passives, des mesures applicables aux systèmes du bâtiment et/ou des mesures basées sur l’utilisation de sources d’énergie renouvelables).
Les coûts de l’énergie comprennent tous les coûts afférents aux utilisations de l’énergie couvertes par la directive (UE) 2024/1275 et à toutes les utilisations types dans un bâtiment. Il n’est donc pas nécessaire d’inclure l’énergie utilisée par les appareils électroménagers (et son coût), quoique les États membres soient libres de la prendre en compte dans leurs mesures nationales d’application du règlement délégué (UE) 2025/2273.
3. DÉFINITION DES BÂTIMENTS DE RÉFÉRENCE
Conformément à l’annexe VII de la directive (UE) 2024/1275 et à l’annexe I du règlement délégué (UE) 2025/2273, les États membres sont tenus de définir des bâtiments de référence pour la méthode de calcul de l’optimalité en fonction des coûts.
La finalité essentielle d’un concept de bâtiment de référence est d’être représentatif du parc immobilier type et moyen dans un certain État membre car il est impossible de calculer l’optimalité en fonction des coûts pour chaque bâtiment individuel. Aussi les bâtiments de référence définis doivent-ils refléter le parc immobilier national réel aussi fidèlement que possible, de sorte que la méthode de calcul donne des résultats significatifs.
Il est recommandé de définir les bâtiments de référence de l’une des deux façons suivantes:
| (1) | choisir un exemple réel représentatif du bâtiment le plus caractéristique dans une catégorie spécifique (type d’utilisation avec le mode d’occupation de référence, surface au sol, compacité du bâtiment exprimée par le rapport surface de l’enveloppe/volume, structure de l’enveloppe du bâtiment avec la transmission thermique correspondante (valeur U), systèmes techniques du bâtiment et vecteurs énergétiques avec leur part de la consommation d’énergie); |
| (2) | créer un «bâtiment virtuel» qui, pour chaque paramètre applicable (voir point 1), intègre les matériaux et systèmes les plus couramment utilisés. |
Le choix entre ces options doit être effectué en fonction de l’avis des experts consultés, des données statistiques disponibles, etc. Il est possible d’utiliser des approches différentes pour des catégories de bâtiment différentes. Les États membres doivent indiquer comment a été choisi le scénario de référence par catégorie de bâtiments (voir aussi section 1, point 4 du modèle de rapport à l’annexe III du règlement délégué (UE) 2025/2273).
Il appartient à chaque État membre de définir la meilleure manière de classer son parc immobilier pour le calcul de l’optimalité en fonction des coûts tant pour les rénovations que pour les nouvelles constructions. Les États membres peuvent se référer au précédent rapport sur l’optimalité en fonction des coûts pour la définition des bâtiments de référence, en gardant à l’esprit que certains d’entre eux pourraient devoir être mis à jour afin de tenir dûment compte de l’évolution du parc immobilier (3).
Les États membres sont libres d’utiliser et d’adapter les catalogues et bases de données de bâtiments de référence préexistants pour le calcul de l’optimalité en fonction des coûts. En outre, peuvent servir de données d’entrée les travaux menés en particulier au titre des programmes «Énergie intelligente – Europe», «Horizon 2020» et «Horizon Europe»:
| — | la base de données de l’Observatoire européen du parc immobilier — Fournir des informations sur les matériaux de construction de référence et la performance thermique des éléments de bâtiment dans les États membres: https://building-stock-observatory.energy.ec.europa.eu/database/; |
| — | TABULA – Approche typologique de l’évaluation énergétique du parc immobilier: http://www.building-typology.eu/tabula/download.html |
En vertu du règlement délégué (UE) 2025/2273, les États membres sont tenus de définir au moins un bâtiment de référence pour les bâtiments neufs et au moins deux pour les bâtiments faisant l’objet d’une rénovation importante pour chacune des catégories suivantes:
| (1) | habitations individuelles; |
| (2) | immeubles d’appartements et immeubles d’habitation collectifs; |
| (3) | immeubles de bureaux; et |
| (4) | autres bâtiments non résidentiels énumérés à l’annexe I, paragraphe 6, de la directive (UE) 2024/1275, pour lesquels il existe des exigences minimales de performance spécifiques. |
Le règlement délégué (UE) 2025/2273 laisse aux États membres le choix entre:
| — | définir des bâtiments de référence (un pour les bâtiments neufs et deux pour les bâtiments existants) pour chaque catégorie distincte de bâtiments non résidentiels, pour celles au moins pour lesquelles des exigences minimales de performance énergétique sont instaurées; et |
| — | définir des bâtiments de référence pour les autres catégories de bâtiment non résidentiel de sorte qu’un bâtiment de référence soit représentatif d’au moins deux catégories. Cela réduirait le nombre de calculs et, par conséquent, permettrait de faire face à la charge administrative. On pourrait même déduire tous les bâtiments de référence pour le secteur non résidentiel d’un bâtiment de référence de base pour les immeubles de bureaux. |
En d’autres termes, si un État membre définit les immeubles de bureaux d’une manière telle qu’ils peuvent être appliqués à toutes les autres catégories de bâtiments non résidentiels, cet État membre devrait définir neuf bâtiments de référence au total. Conformément à l’annexe I, section 1, point 3, du règlement délégué (UE) 2025/2273, cette approche doit être justifiée par une analyse montrant qu’un bâtiment de référence qui est utilisé pour plusieurs catégories de bâtiment est représentatif du parc immobilier pour toutes les catégories couvertes. Si une autre approche était adoptée, le nombre de bâtiments de référence serait à l’évidence plus élevé.
| NB Conformément à l’annexe VII de la directive (UE) 2024/1275 et à l’annexe I, section 1, du règlement délégué (UE) 2025/2273, les États membres ne sont pas tenus de définir des sous-catégories, mais seulement des bâtiments de référence. Toutefois, diviser une catégorie de bâtiments en sous-catégories peut constituer une étape intermédiaire afin de déterminer les bâtiments de référence les plus représentatifs. |
La variété du parc immobilier pourrait impliquer une catégorisation différente. Par exemple, le critère de différenciation le plus approprié pourrait être, dans un État membre, les matériaux de construction tandis que, dans un autre pays, l’âge du bâtiment peut être plus approprié. Il sera donc important d’indiquer clairement, dans le rapport à la Commission, pourquoi les critères retenus permettent de dresser un tableau réaliste du parc immobilier. En ce qui concerne le parc immobilier existant, l’attention est attirée sur l’importance d’utiliser des caractéristiques moyennes.
Sur les critères de sous-catégorisation des bâtiments, on peut faire les remarques suivantes:
| Âge | Ce critère pourrait être pertinent dans un pays où, jusqu’à maintenant, seule une part limitée du parc immobilier existant a fait l’objet de rénovation et où, par conséquent, l’ancienneté du bâtiment constitue toujours un bon indicateur de sa performance énergétique. Dans les pays où le parc immobilier a, dans une large mesure, déjà été rénové, l’ancienneté est devenue trop relative pour être simplement exprimée par l’âge. |
| Taille | Les catégories de taille sont intéressantes dans la mesure où elles peuvent constituer des sous-catégories pour les caractéristiques énergétiques comme pour les caractéristiques de coût. |
| Conditions climatiques | Dans plusieurs États membres, les exigences nationales établissent une distinction entre différentes zones ou régions climatiques du pays. Si tel est le cas, il est souhaitable que les bâtiments de référence soient représentatifs des zones ou régions climatiques spécifiques et que la consommation d’énergie de ces bâtiments soit calculée pour chaque zone climatique. Il est recommandé de décrire et d’utiliser les conditions climatiques conformément à la norme EN ISO 15927 «Performance hygrothermique des bâtiments – Calcul et présentation des données climatiques» en tant que moyenne nationale ou par zone climatique si une telle distinction est établie dans la réglementation nationale applicable aux bâtiments. Les degrés-jours de chauffage et de refroidissement peuvent être fournis par Eurostat. Il est recommandé de prendre également en compte, le cas échéant, les degrés-jours de refroidissement (en précisant la température de base et le pas temporel utilisé pour le calcul). |
| Emplacement, orientation et ombrage | Compte tenu de la géométrie du bâtiment, de la taille et de la répartition/orientation des fenêtres, l’orientation d’un bâtiment ainsi que les ombres (portées par les bâtiments et les arbres avoisinants) peuvent avoir une incidence significative sur la demande d’énergie. Il est toutefois difficile d’en déduire une situation «moyenne». Il pourrait être pertinent de définir une situation «vraisemblable» pour un bâtiment situé à la campagne et une situation «vraisemblable» pour un bâtiment en environnement urbain si ce critère est pris en compte dans les exigences minimales nationales. L’emplacement type du (des) bâtiment(s) de référence doit aussi apparaître dans les incidences de l’orientation, des apports solaires, de l’ombrage, de la demande d’éclairage artificiel, de l’étanchéité à l’air de l’enveloppe, etc. En outre, le choix des systèmes techniques du bâtiment et les coûts correspondants peuvent varier considérablement entre les zones rurales et les zones urbaines, et la méthode optimale en fonction des coûts peut contribuer à traiter ces situations séparément. |
| Produits de construction pour l’enveloppe du bâtiment, structures portantes | Les produits de construction utilisés dans l’enveloppe du bâtiment contribuent aux performances thermiques d’un bâtiment et ont une incidence sur sa demande d’énergie. Par exemple, une masse construite élevée peut réduire la demande d’énergie pour le refroidissement en été. Dans la définition des bâtiments de référence, il faudra probablement établir une distinction entre les différents types de bâtiment (par exemple bâtiments avec une masse thermique élevée par opposition aux constructions légères, façade complètement/partiellement vitrée, structures à portiques par opposition aux structures à murs/panneaux porteurs) s’il existe, dans un pays donné, une proportion raisonnable des deux types. |
| Principaux équipements de chauffage | Le type de système énergétique utilisé et la source d’énergie pourraient également servir de critère pour définir les bâtiments de référence dans certaines situations. |
| Bâtiments inscrits au patrimoine | Les États membres qui souhaitent adapter les exigences minimales de performance énergétique aux bâtiments inscrits au patrimoine (article 5, paragraphe 2, de la directive (UE) 2024/1275 peuvent définir des sous-catégories reflétant les caractéristiques de bâtiments protégés types. |
En règle générale, on peut supposer que le parc immobilier sera représenté de façon d’autant plus réaliste que le nombre de bâtiments de référence (et de sous-catégories) sera élevé, mais il faut bien sûr faire un compromis entre la charge administrative découlant des travaux de calcul et la représentativité du parc immobilier. Si le parc immobilier est très diversifié, il sera sans doute nécessaire de prévoir beaucoup de bâtiments de référence.
L’approche concernant la définition des bâtiments de référence est globalement la même pour les bâtiments neufs et les bâtiments existants sauf que, pour ces derniers, la description du bâtiment de référence fournit une description qualitative complète du bâtiment type et des systèmes types installés dans le bâtiment. Pour les bâtiments neufs, le bâtiment de référence définit uniquement la géométrie de base du bâtiment, la fonctionnalité type et la structure des coûts type dans l’État membre, la situation géographique et les conditions climatiques intérieures et extérieures. Cela devrait apparaître dans les informations fournies dans les tableaux correspondants du modèle figurant à l’annexe III du règlement délégué (UE) 2025/2273 (tableaux 3 à 5).
Une certaine latitude est laissée aux États membres en ce qui concerne les informations à intégrer dans le modèle de rapport (4) et la manière dont ils rapportent les résultats des calculs, pour autant que toutes les informations pertinentes soient communiquées. L’annexe III, section 1, du règlement délégué (UE) 2025/2273 relatif aux bâtiments de référence fournit des indications à cet égard.
Différentes approches peuvent être utilisées en fonction de la manière dont les États membres fixent le calcul pour les bâtiments neufs. Par exemple, dans certains cas, les bâtiments de référence pour les bâtiments neufs appartenant à différentes sous-catégories ne sont différenciés que sur la base des systèmes de chauffage, tandis que la géométrie et les caractéristiques de l’enveloppe du bâtiment ne changent pas (par exemple, en raison d’une évaluation préalable, qui a réduit le nombre de variantes). En pareil cas, le tableau 3 ne peut contenir des informations sur la géométrie et l’enveloppe du bâtiment qu’une seule fois, tandis que les résultats des différents systèmes de chauffage pourraient être indiqués dans différentes colonnes du même tableau [comme suggéré à l’annexe III, section 1, point 9, du règlement délégué (UE) 2025/2273]. Si le bâtiment de référence varie également quant aux caractéristiques de l’enveloppe du bâtiment, il pourrait être utile d’adopter une approche similaire dans le tableau 3. Dans ces cas, ces différences dans les bâtiments de référence ne sont pas considérées comme des mesures/groupes/variantes, de sorte qu’elles peuvent être signalées dans le tableau 3 de l’annexe III du règlement délégué (UE) 2025/2273. Toute mesure/groupe/variante supplémentaire peut être indiquée dans les tableaux 4 et 5 de ladite annexe.
Une autre approche possible pourrait consister à indiquer les caractéristiques d’un bâtiment de référence pour les bâtiments neufs avec les exigences existantes en vigueur dans le tableau 3 de l’annexe III du règlement délégué (UE) 2025/2273 et, à partir de là, définir les mesures/groupes/variantes à déclarer dans les tableaux 4 et 5 de ladite annexe.
4. DÉFINITION DES MESURES OU GROUPES/VARIANTES DE MESURES ÉCOÉNERGÉTIQUES ET FONDÉES SUR DES SOURCES D’ÉNERGIE RENOUVELABLES POUR CHAQUE BÂTIMENT DE RÉFÉRENCE
Conformément à l’annexe VII de la directive (UE) 2024/1275 et à l’annexe I, point 2, du règlement délégué (UE) 2025/2273, les États membres doivent définir des mesures écoénergétiques applicables aux bâtiments de référence définis. Conformément à l’annexe I, section 3, point 2, du règlement délégué (UE) 2025/2273, les États membres devraient également inclure dans leurs calculs des mesures fondées sur les sources d’énergie renouvelables, en accord également avec les objectifs et les exigences fixés en vertu d’autres directives (par exemple, la directive (UE) 2018/2001 du Parlement européen et du Conseil (5)). Ces mesures peuvent couvrir les technologies mentionnées au considérant 22 de la directive (UE) 2024/1275, tels que le solaire thermique, la géothermie, le solaire photovoltaïque, les pompes à chaleur, l’hydroélectricité et la biomasse, mais aussi l’énergie renouvelable fournie par des communautés d’énergie renouvelable, de chauffage et de refroidissement urbains efficaces, ainsi que d’énergie issue de sources sans carbone.
En outre, les mesures concernant un élément de bâtiment (c’est-à-dire un système technique de bâtiment ou un élément de l’enveloppe du bâtiment, tel que défini à l’article 2, point 17, de la directive (UE) 2024/1275) peuvent avoir une incidence sur la performance énergétique d’un autre élément de bâtiment. Par exemple, le degré d’isolation de l’enveloppe conditionne la capacité et le dimensionnement des systèmes du bâtiment. Cette interaction entre mesures différentes doit être prise en compte lors de la définition des groupes/variantes.
Par conséquent, il est recommandé de combiner les mesures en groupes de mesures et/ou variantes car la combinaison judicieuse de mesures peut créer des effets de synergie qui donnent de meilleurs résultats que des mesures individuelles (en termes de coût global et de performance énergétique). Les variantes sont définies à l’article 2, point 21), du règlement délégué (UE) 2025/2273.
Il pourrait donc s’avérer difficile de tracer une limite précise entre un groupe de mesures et une variante, mais il est clair que celle-ci renvoie à un ensemble complet de solutions nécessaires pour satisfaire aux normes actuelles en matière de bâtiments à haute efficacité, etc. Les variantes pourraient inclure des concepts bien établis qui sont utilisés pour construire par exemple un bâtiment certifié bénéficiant du label écologique ou une maison passive, ou tout autre ensemble de mesures qui a été défini pour atteindre une très haute efficacité énergétique. Il convient toutefois de signaler que la méthode de l’optimalité en fonction des coûts vise à assurer une concurrence équitable entre les différentes technologies et ne consiste pas simplement à calculer le coût global des groupes/variantes de mesures qui ont déjà été pris et fait leurs preuves.
Au sein d’un groupe/variante de mesures, certaines mesures écoénergétiques qui sont efficaces par rapport aux coûts peuvent s’accompagner d’autres mesures qui ne le sont pas encore, mais qui pourraient contribuer significativement aux économies liées à l’énergie primaire et à la réduction des émissions associées au concept de bâtiment total. Le groupe doit globalement procurer plus d’avantages qu’il ne génère de coûts sur la durée de vie du bâtiment ou l’élément de bâtiment.
Plus les groupes/variantes qui seront utilisés (et les variations des mesures incluses dans le groupe évalué), plus la performance atteignable de l’optimalité calculée sera précise.
Déterminer les groupes/variantes finalement retenus s’apparentera probablement à un processus itératif au cours duquel un calcul initial à partir des groupes/variantes sélectionnés fera apparaître la nécessité d’ajouter de nouveaux groupes afin de savoir où exactement et pourquoi le coût global bondit soudainement. Il pourrait donc être nécessaire de définir un groupe supplémentaire pour savoir à quelle technologie est due la hausse du coût global.
Pour décrire chaque groupe/variante, il faut disposer d’informations sur la performance énergétique. Le tableau 3 du modèle de rapport annexé au règlement délégué (UE) 2025/2273 (annexe III) donne un aperçu de l’ensemble de paramètres techniques de base nécessaires au calcul de la performance énergétique. Il est important de souligner que le tableau 3 ne fait référence qu’au calcul du bâtiment de référence, de sorte que, comme indiqué au chapitre 3 des présentes orientations, tous les paramètres du tableau 3 ne doivent pas être communiqués pour les mesures/groupes/variantes évalués. Le tableau 5 indique où la déclaration synthétique des mesures/groupes/variantes a lieu. Comme indiqué à l’annexe III du règlement délégué (UE) 2025/2273, les rapports peuvent être limités aux mesures/groupes de mesures les plus importants, mais il convient d’indiquer le nombre total d’itérations effectuées.
Lorsque les États membres fixent leur méthode de calcul nationale, il leur est recommandé de veiller à ce que l’ordre des mesures/groupes/variantes ne prédétermine pas le résultat. Les États membres doivent donc éviter dans la mesure du possible d’instaurer des règles en vertu desquelles serait toujours appliquée en premier une mesure concernant l’enveloppe du bâtiment et ensuite serait autorisée une mesure concernant un système du bâtiment.
4.1 Mesures (et groupes et variantes de mesures) écoénergétiques et fondées sur des sources d’énergie renouvelables pouvant être envisagées
De nombreuses mesures pourraient être prises comme base pour définir des mesures/groupes/variantes en vue des calculs. La liste fournie ci-dessous n’est donc pas exhaustive. On ne peut pas non plus affirmer que toutes les mesures seront bien adaptées aux différents environnements nationaux et climatiques.
Dans le contexte de l’article 11 de la directive (UE) 2024/1275 et de sa définition d’un bâtiment à émissions nulles, il sera également nécessaire d’envisager des mesures fondées sur les sources d’énergie renouvelables dans les calculs. Un bâtiment à émissions nulles ne doit pas entraîner d’émissions directes de carbone sur site provenant de combustibles fossiles et ses émissions opérationnelles de gaz à effet de serre («GES») doivent respecter un seuil maximal établi au niveau des États membres. Cela doit se refléter dans les calculs des niveaux optimaux en fonction des coûts, en particulier lors de l’identification des mesures pour les bâtiments neufs. Par exemple, l’installation d’une chaudière à combustibles fossiles ne peut pas être prise en compte dans le calcul des niveaux optimaux en fonction des coûts pour les nouveaux bâtiments à émissions nulles, car elle n’est pas conforme aux exigences énoncées à l’article 11 de ladite directive.
En outre, l’introduction d’une prise en considération du potentiel de réchauffement planétaire (PRP) tout au long du cycle de vie favorisera également les exigences relatives aux bâtiments et produits fondées également sur les principes de durabilité et de circularité, bien que le calcul du PRP ne soit pas obligatoire dans le calcul de l’optimalité en fonction des coûts. Conformément à l’article 7, paragraphe 5, les États membres doivent publier et notifier à la Commission, au plus tard le 1er janvier 2027, une feuille de route détaillant l’introduction de valeurs limites pour le PRP cumulatif total tout au long du cycle de vie de tous les bâtiments neufs et fixer des objectifs pour les bâtiments neufs à partir de 2030, en tenant compte d’une tendance progressive à la baisse. Cela pourrait avoir une influence sur la manière dont les bâtiments de référence pour les bâtiments neufs et les mesures/groupes/variantes qui en découlent sont identifiés dans le calcul de l’optimalité en fonction des coûts. En d’autres termes, les bâtiments de référence et les mesures/groupes/variantes qui en découlent devraient idéalement être cohérents avec le niveau d’ambition des valeurs limites et des objectifs du PRP tout au long du cycle de vie.
De nouvelles exigences devront être prises en compte dans les groupes et mesures technologiques évalués dans le calcul de l’optimalité en fonction des coûts, par exemple en ce qui concerne le déploiement de l’énergie solaire [article 10 de la directive (UE) 2024/1275] et la qualité de l’environnement intérieur (impliquant à la fois le confort thermique en hiver et en été (6) et la qualité de l’air intérieur).
La prise en compte de solutions préfabriquées et de méthodes de construction hors site pourrait être abordée lors de la définition des groupes et, dans ce cas, elle devrait être soigneusement examinée dans l’évaluation des catégories de coûts concernées.
La liste suivante vise à fournir une indication des mesures possibles qui peuvent être envisagées.
| Enveloppe et structure du bâtiment:
Systèmes:
Variantes établies:
|
4.2 Méthodes pour limiter les combinaisons et donc les calculs
L’une des principales difficultés que présente la méthode de calcul tient à la nécessité de faire en sorte que, d’une part, toutes les mesures susceptibles d’avoir une incidence sur la consommation d’énergie primaire ou finale d’un bâtiment et, le cas échéant, sa performance en matière d’émissions, soient prises en considération et que, d’autre part, le processus de calcul ne prenne pas des proportions ingérables. Appliquer plusieurs variantes à plusieurs bâtiments de référence peut rapidement engendrer des milliers de calculs. Toutefois, les essais réalisés pour la Commission ont montré que le nombre de groupes/variantes calculés et appliqués à chaque bâtiment de référence ne doit en aucun cas être inférieur à 10 plus le scénario de référence (avant l’application des groupes/variantes).
Diverses techniques peuvent être utilisées pour limiter le nombre de calculs, y compris celles bénéficiant du soutien des outils numériques et de l’intelligence artificielle. L’une consiste à concevoir la base de données des mesures écoénergétiques comme une matrice qui écarte les technologies s’excluant mutuellement de sorte que le nombre de calculs soit minimisé. Par exemple, il est inutile d’évaluer une pompe à chaleur pour le chauffage ambiant en combinaison avec un réseau de chauffage urbain pour le chauffage ambiant, car les deux possibilités s’excluent mutuellement et ne se complètent pas. Les mesures écoénergétiques et les mesures basées sur des SER (ainsi que leurs groupes/variantes) possibles peuvent être présentées sous forme de matrice et les combinaisons impossibles éliminées.
En général, doivent être énumérées en premier les technologies les plus représentatives dans un pays donné pour un bâtiment de référence donné. Les variantes ayant un effet avéré sur le niveau global de performance énergétique doivent être envisagées ici comme un groupe de solutions répondant à l’objectif escompté, exprimé sous la forme d’un ensemble de critères à remplir, y compris la production d’énergie primaire totale à partir de sources renouvelables et non renouvelables et la performance en matière d’émissions.
Les méthodes stochastiques de calcul de la performance énergétique peuvent être avantageusement utilisées pour présenter les effets de mesures spécifiques et de leurs combinaisons. À partir de là, on peut déduire un nombre limité de combinaisons des mesures les plus prometteuses.
4.3 Qualité de l’environnement intérieur et autres questions relatives au confort
Comme indiqué à l’annexe I, section 2, point 6, du règlement délégué (UE) 2025/2273, les mesures utilisées pour les calculs doivent satisfaire aux exigences de base applicables aux produits de construction énoncées dans le règlement (UE) 2024/3110 du Parlement européen et du Conseil (8) et à la qualité de l’environnement intérieur, telles que définies à l’article 2, point 66, de la directive (UE) 2024/1275. En outre, le processus de calcul de l’optimalité en fonction des coûts devrait être conçu de manière à rendre transparentes les différences de qualité de l’environnement intérieur (température, humidité, taux de ventilation et présence de contaminants). Une mesure pourrait aussi être exclue du calcul national et de la fixation des exigences si elle a une incidence négative grave sur la qualité de l’environnement intérieur ou sur d’autres aspects.
En ce qui concerne la qualité de l’air intérieur, par exemple, un taux minimal de renouvellement d’air est généralement fixé. Le taux de ventilation fixé peut dépendre du type de ventilation (extraction naturelle ou ventilation équilibrée) et varier en fonction de celui-ci et doit en outre tenir compte des exigences énoncées à l’article 5, paragraphe 1, à l’article 7, paragraphe 6, et à l’article 8, paragraphe 3, de la directive (UE) 2024/1275.
Avec la hausse des températures mondiales, les mesures visant à réduire les températures intérieures par leur conception (par exemple, en adaptant l’orientation des façades afin de réduire la lumière directe du soleil, en utilisant l’ombrage extérieur et la ventilation naturelle) deviendront de plus en plus importantes. Ces éléments ont une incidence significative sur les conditions intérieures et donc sur la qualité de l’environnement intérieur. Concernant le niveau de confort d’été, il est recommandé, en particulier sous un climat méridional, mais pas exclusivement, de prendre délibérément en compte le refroidissement passif qui peut être obtenu par une conception appropriée du bâtiment. La méthode de calcul serait alors établie de façon à intégrer le risque de température excessive et la nécessité éventuelle d’un système de refroidissement actif pour chaque mesure/groupe/variante. Des conseils pour la sélection, la mise en œuvre, la mise en service et l’exploitation de systèmes de refroidissement passifs et actifs en ce qui concerne le maintien du confort et de l’efficacité énergétique sont fournis par l’AIE EBC (annexe 80) (9) et REHVA (10), par exemple.
L’annexe II du règlement délégué (UE) 2025/2273 contient une référence aux données relatives aux degrés-jours de chauffage et aux degrés-jours de refroidissement, publiées chaque année par Eurostat (11), ainsi qu’aux projections futures concernant les degrés-jours de chauffage et de refroidissement établies par la Commission, que les États membres peuvent utiliser dans leurs calculs pour tenir compte des conditions climatiques extérieures et de leurs changements futurs en fonction des meilleures projections disponibles en matière de climat, y compris les vagues de chaleur et de froid. D’autres sources pertinentes peuvent également être utilisées. Les États membres disposent d’une latitude pour inclure ou non des projections de données climatiques dans leurs calculs et quant à la manière de le faire (12). Une analyse de sensibilité peut être utilisée pour évaluer les effets de l’inclusion des changements climatiques futurs dans le calcul.
Les orientations de la Commission concernant les systèmes techniques de bâtiment, la qualité de l’environnement intérieur et les inspections (13) comprennent des informations sur la manière de définir une vague de chaleur et de faire face aux phénomènes climatiques extrêmes au cours de la phase de conception d’un bâtiment et fournissent des indicateurs de la capacité de survie passive contre les vagues de chaleur et les phénomènes extrêmes de pollution atmosphérique extérieure. Les indicateurs de confort thermique peuvent être utilisés pendant la conception pour optimiser le bâtiment à l’aide de mesures passives (telles que les dispositifs pare-soleil, la ventilation croisée et la filtration). Toutefois, si les limites ne sont pas respectées au cours de la conception, le bâtiment peut ne pas avoir la capacité passive de résister à un événement extrême et peut nécessiter des mesures actives contre des conditions extérieures extrêmes (par exemple, systèmes de refroidissement actifs, ventilateurs et assainissement de l’air). Ces considérations peuvent également être prises en compte pour déterminer les mesures/groupes à évaluer dans les calculs de l’optimalité en fonction des coûts afin de garantir les niveaux de qualité de l’environnement intérieur requis.
5. CALCUL DE LA CONSOMMATION TOTALE D’ÉNERGIE PRIMAIRE ET DE LA PERFORMANCE EN MATIÈRE D’ÉMISSIONS RÉSULTANT DE L’APPLICATION DES MESURES ET GROUPES DE MESURES À UN BÂTIMENT DE RÉFÉRENCE
La procédure de calcul a pour objet de déterminer la consommation globale d’énergie annuelle, en termes d’énergie primaire totale, laquelle comprend la consommation d’énergie pour le chauffage, le refroidissement, la ventilation, l’eau chaude et l’éclairage. À cet effet, la référence principale est l’annexe I de la directive (UE) 2024/1275 qui s’applique aussi intégralement au cadre méthodologique de l’optimalité en fonction des coûts. Les États membres peuvent également se référer aux orientations sur la méthode de calcul de la performance énergétique, y compris sur le calcul des éléments de bâtiment transparents (14).
Il est recommandé aux États membres d’utiliser les principales normes européennes relatives à la performance énergétique des bâtiments, à savoir (EN) ISO 52000-1, (EN) ISO 52003-1, (EN) ISO 52010-1, (EN) ISO 52016-1, (EN) ISO 52018-1, (EN) 52120-1, (EN) ISO 16798-1 et (EN) 17423 ou les documents qui les remplacent.
Les présentes lignes directrices utilisent les termes et définitions suivants:
| Définitions en matière de performance énergétique figurant dans la norme (EN) ISO 52000:1:
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En vertu de l’annexe I, section 3, du règlement délégué (UE) 2025/2273, le calcul de la performance énergétique implique de calculer d’abord les besoins énergétiques finaux pour le chauffage et le refroidissement, ensuite les besoins énergétiques finaux pour toutes les utilisations de l’énergie et enfin la consommation totale d’énergie primaire. Cela signifie que le calcul part des besoins énergétiques et remonte vers la source d’énergie (c’est-à-dire des besoins énergétiques du bâtiment vers l’énergie primaire totale). Les systèmes (tels que l’éclairage, la ventilation, les auxiliaires) et les systèmes thermiques (chauffage, refroidissement, eau chaude sanitaire) sont pris en compte séparément dans les limites du bâtiment. Enfin, la performance en matière d’émissions est calculée.
La production d’énergie sur site à partir de sources d’énergie renouvelables disponibles localement (telles que la chaleur ambiante, la chaleur géothermique, le solaire thermique, le photovoltaïque, etc.) (15) remplace l’énergie fournie par le réseau, qui autrement serait utilisée à leur place, et réduit l’impact du bâtiment sur le réseau énergétique. L’annexe I, section 3, point 3, du règlement délégué (UE) 2025/2273 prévoit que l’énergie renouvelable produite sur place et autoconsommée pour des services liés à la performance énergétique des bâtiments (ou «services PEB», conformément à l’article 2, point 56, de la directive (UE) 2024/1275) ne doit pas être prise en compte dans le calcul de la consommation d’énergie primaire. Pour ce faire, dans le calcul de la consommation d’énergie primaire, le facteur d’énergie primaire des sources d’énergie renouvelables sur site peut être multiplié par un facteur de valeur égal à 0. Cette approche est conforme aux orientations relatives à l’annexe I de la directive (UE) 2024/1275 (16). Cela permet de représenter les avantages de l’utilisation des énergies renouvelables sur site, tant pour le bâtiment individuel que pour le bâtiment, dans le cadre du système énergétique plus large. En ce qui concerne la chaleur ambiante, cette approche reconnaît également qu’il s’agit d’une consommation d’énergie primaire gratuite et non nocive, et que toute inefficacité dans ce contexte est prise en compte dans l’énergie primaire nécessaire au fonctionnement de la pompe à chaleur.
En vertu de la méthode de l’optimalité en fonction des coûts, cette approche permet également d’exprimer toutes les utilisations d’énergie au moyen d’un indicateur unique d’énergie primaire totale. Il s’ensuit que les technologies actives fondées sur des SER entrent en concurrence directe avec les solutions influant sur la demande, ce qui est conforme à l’objet et à la finalité du calcul de l’optimalité en fonction des coûts, qui sont de déterminer la solution offrant le coût global le plus bas sans défavoriser ni avantager telle ou telle technologie.
Si un État membre souhaite clairement éviter le risque que des installations actives basées sur les énergies renouvelables (telles que l’installation d’un système photovoltaïque) remplacent les mesures de réduction de la demande d’énergie (telles que l’amélioration de l’enveloppe du bâtiment ou l’installation de systèmes techniques de bâtiment plus efficaces) conformément au principe de primauté de l’efficacité énergétique, le calcul de l’optimalité en fonction des coûts pourrait se faire par étapes élargissant progressivement les limites du système: besoins en énergie, énergie fournie et énergie primaire totale. De cette façon, il apparaîtra clairement comment chaque mesure/groupe de mesures contribue à l’approvisionnement en énergie du bâtiment en termes de coût et de source.
L’énergie renouvelable exportée vers le réseau peut être déduite de la consommation totale d’énergie primaire, conformément à l’annexe I de la directive (UE) 2024/1275. Lors de la déduction de l’énergie exportée vers le réseau de la consommation totale d’énergie primaire, il est recommandé de la prendre en considération avec un facteur d’énergie primaire maximal de 1, et de préférence un facteur d’énergie primaire reflétant les pertes de distribution du réseau (par exemple, 0,95 ou 0,90). L’utilisation du même facteur d’énergie primaire pour le réseau électrique surestime l’énergie exportée vers le réseau par le bâtiment et entraîne une inégalité de traitement.
La production sur site présente des avantages, même lorsque l’énergie produite n’est pas autoconsommée pour les services PEB. La méthode de l’optimalité en fonction des coûts devrait permettre de prendre en considération ces avantages. Par conséquent, l’énergie consommée dans les locaux du bâtiment pour d’autres utilisations sur site (y compris les appareils, les charges diverses et auxiliaires ou les points de recharge d’électro-mobilité) peut être prise en compte dans le calcul de l’énergie primaire totale, comme indiqué dans les orientations relatives à l’annexe I de la directive (UE) 2024/1275. Aux fins du calcul, l’énergie produite sur place et utilisée pour des usages non couverts par la directive EPBD peut être comptabilisée comme si elle avait été exportée, bien que les États membres puissent appliquer un facteur d’énergie primaire ou un facteur de pondération reflétant l’absence de pertes de distribution du réseau (c’est-à-dire un facteur d’énergie primaire de 1 au lieu d’un facteur d’énergie primaire de 0,90 utilisé pour exporter de l’électricité). L’énergie produite sur place et utilisée pour des usages non couverts par la directive EPBD pourrait également être prise en compte pour déterminer de manière réaliste la part des énergies renouvelables sur site (par exemple, la production photovoltaïque) qui est effectivement disponible pour l’autoconsommation et disposer d’une part plus réaliste de l’énergie exportée. Les économies d’énergie (voir la section 6.12 des présentes orientations) en termes de réduction de l’électricité fournie par le réseau pour d’autres utilisations sur site peuvent également être prises en considération dans les avantages économiques de l’investissement (prise en compte complète) dans le système de production d’énergie renouvelable sur site (par exemple, le système photovoltaïque).
Afin de déterminer de manière réaliste la production d’énergie renouvelable sur site, y compris la part de l’autoconsommation et de l’énergie exportée, le règlement délégué (UE) 2025/2273 exige une modélisation infra-horaire, horaire ou mensuelle (cette dernière étant ajustée par exemple en tenant compte des facteurs de correction mensuels). Les intervalles de calcul horaires ou infra-horaires sont considérés comme l’option privilégiée en raison d’une plus grande précision; toutefois, si une méthode de calcul mensuelle est en place, il est nécessaire de l’ajuster pour refléter les effets dynamiques qui se produisent dans les calculs horaires (par exemple, au moyen de facteurs d’étalonnage mensuels qui sont les résultats de calculs horaires de référence).
| Afin d’obtenir des résultats fiables, il est recommandé:
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Concernant les besoins énergétiques pour le chauffage et le refroidissement, c’est le bilan énergétique du bâtiment et de ses systèmes qui constitue la base de la procédure. Conformément à la norme EN ISO 52016-1, la principale procédure de calcul comprend les étapes suivantes:
| (1) | choix du type de méthode de calcul; |
| (2) | définition des limites et des zones thermiques du bâtiment; |
| (3) | définition des conditions internes et des données d’entrée externes (météo); |
| (4) | calcul du besoin énergétique pour chaque pas temporel et chaque zone; |
| (5) | déduction, dans les besoins énergétiques, des pertes du système qui sont récupérées; |
| (6) | prise en considération des interactions entre zones et/ou systèmes. |
Pour la première et la dernière étapes, les normes CEN suggèrent de choisir entre différentes méthodes:
| (1) | méthode de calcul quasi permanent mensuel, entièrement déterminée; |
| (2) | méthode de calcul dynamique horaire simple, entièrement déterminée. |
| Pour obtenir des résultats fiables sur l’étendue du calcul de l’optimalité en fonction des coûts, il est recommandé:
Les suggestions suivantes peuvent également être suivies:
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Afin de calculer la consommation d’énergie pour le chauffage ambiant, l’eau chaude et le refroidissement ambiant, ainsi que l’énergie (thermique et électrique) produite à partir de sources d’énergie renouvelables, il est nécessaire de caractériser les rendements saisonniers des systèmes ou de recourir à la simulation dynamique. Les normes CEN suivantes peuvent être utilisées comme référence:
| — | chauffage ambiant: EN 15316-1, EN 15316-2-1, EN 15316-4-1, EN 15316-4-2; |
| — | eau chaude: EN 15316-3; |
| — | systèmes de climatisation: EN 16798-9+13+14; |
| — | énergie thermique provenant de SER: EN 15316-4-3; |
| — | système de cogénération: EN 15316-4-4; |
| — | systèmes de chauffage urbain et de grand volume: EN 15316-4-5. |
Il est possible de traiter de la même façon les systèmes de chauffage et de refroidissement urbains et les systèmes décentralisés d’approvisionnement en énergie ainsi que l’électricité provenant de l’extérieur des limites du système, auxquels serait par conséquent attribué un facteur spécifique de conversion en énergie primaire. La mise en place de ces facteurs d’énergie primaire ne relève pas du champ d’application des présentes orientations et devrait être déterminée séparément.
Pour calculer l’énergie primaire renouvelable et non renouvelable, il convient d’utiliser les facteurs de conversion nationaux les plus récents. Les facteurs de conversion devraient être prospectifs, conformément à l’annexe I, point 2, de la directive (UE) 2024/1275.
| Exemple de calcul: Prenons un immeuble de bureaux, situé à Bruxelles, dont les besoins énergétiques annuels sont les suivants:
Le bâtiment est connecté à un réseau de chauffage urbain (pour le chauffage ambiant et l’eau chaude) d’un rendement saisonnier total de 95 %. En été, un système mécanique de refroidissement est utilisé. Le rendement saisonnier de l’ensemble du système de refroidissement (production, distribution, émission, contrôle) est de 250 %. Les capteurs solaires installés fournissent 3 kWh/(m2 an) d’énergie thermique pour la production d’eau chaude, et un système solaire photovoltaïque produit 15 kWh/(m2 an) dont 6 kWh/(m2 an) sont utilisés dans le bâtiment pour des services liés à la performance énergétique des bâtiments et 9 kWh/(m2 an) sont injectés dans le réseau. Un facteur d’énergie primaire total de 1,8 est supposé pour l’électricité du réseau, 1,0 pour l’électricité exportée et 1,1 pour le chauffage urbain. Par ailleurs, des facteurs d’émission de CO2 de 220 g/kWh pour le chauffage urbain et de 180 g/kWh pour l’électricité sont supposés. Lorsque le photovoltaïque autoconsommé sur site est pris en compte dans l’énergie fournie, aux fins du calcul de l’énergie primaire, le facteur d’énergie primaire (FEP) devrait être multiplié par un facteur de correction de 0, de sorte que k x FEP = 0. Exemple de résultats du calcul des quantités d’énergie:
Exemple incluant d’autres utilisations sur site: le système solaire photovoltaïque fournit 15 kWh/(m2 an), dont 10 kWh/(m2 an) sont utilisés dans le bâtiment (6 pour les services liés à la performance énergétique des bâtiments et 4 pour les autres utilisations sur site) et 5 kWh/(m2 an) sont exportés vers le réseau.
|
L’énergie primaire prospective et les facteurs de pondération devraient être pris en considération dans les calculs afin de tenir dûment compte de ces trajectoires dans les systèmes énergétiques, conformément aux plans nationaux en matière d’énergie et de climat (PNEC) (17). De même, les facteurs d’émission de gaz à effet de serre (GES) prospectifs sont recommandés. Les États membres disposent d’une certaine latitude quant à la manière de tenir compte de l’aspect prospectif de ces facteurs ou de la relation avec les PNEC. Ces facteurs devraient être définis de manière appropriée sur la base de la période de calcul, par exemple exprimée en moyenne en tenant compte de la situation au moment de l’année de départ du calcul et des progrès attendus tout au long de la durée de vie du bâtiment (18).
Les États membres peuvent décider de la manière d’appliquer ces éléments, par exemple:
| — | Les États membres peuvent décider d’appliquer une valeur pour le facteur d’énergie primaire en tenant compte d’une prévision de 5 ans conforme au PNEC. Cette valeur permettrait de prendre en considération les variations à court et moyen terme de la valeur des différents facteurs d’énergie primaire, qui sont pertinentes pour le choix des systèmes utilisés. |
| — | Les États membres peuvent décider d’appliquer une valeur pour le facteur d’énergie primaire en tenant compte des prévisions à plus long terme (par exemple 20 ans) conformément au PNEC (19). Cette valeur pourrait être utile pour tenir compte des variations à long terme de la valeur des différents facteurs d’énergie primaire tout au long de la durée de vie du bâtiment. Le calcul de la moyenne (par exemple, moyenne arithmétique ou pondérée) est fortement recommandé dans ces cas, en évitant de prendre implicitement en considération la contribution du secteur du bâtiment à la réduction à long terme de la demande d’énergie et des émissions de gaz à effet de serre qui y sont liées. |
Une analyse de sensibilité peut également être utilisée pour évaluer les effets des différentes options et déterminer l’approche la plus pertinente.
5.1 Prise en compte du potentiel de réchauffement planétaire (PRP) sur tout le cycle de vie d’un bâtiment
Conformément à l’article 6, paragraphe 2, de la directive (UE) 2024/1275, les États membres peuvent tenir compte du PRP tout au long du cycle de vie lors du calcul des niveaux optimaux en fonction des coûts des exigences minimales de performance énergétique. À cette fin, ils peuvent utiliser une méthode de calcul conforme au cadre de l’Union qui sera définie dans l’acte délégué (à adopter au plus tard le 31 décembre 2025) en vertu de l’article 7, paragraphe 3, de la directive (UE) 2024/1275, conçue aux fins du calcul du PRP des bâtiments neufs. Pour calculer le PRP tout au long du cycle de vie des bâtiments existants faisant l’objet d’une rénovation, les États membres sont libres d’adapter la méthode si nécessaire ou d’utiliser leur propre méthode de calcul, conformément aux normes pertinentes.
Pour les nouveaux bâtiments, il est fortement recommandé de faire référence au cadre de l’Union, mais d’éventuelles adaptations pourraient s’avérer nécessaires. Par exemple, étant donné que l’exercice se concentre sur la comparaison des mesures/groupes/variantes (et non sur l’évaluation du PRP tout au long du cycle de vie du bâtiment de référence), des éléments identiques pour l’ensemble des mesures/groupes/variantes évalués pour un bâtiment de référence donné peuvent être omis dans le calcul du PRP (travaux de terrassement et fondations, coût des cages d’escalier, coût des ascenseurs, etc.). Cela est conforme aux considérations de la section 6.2 des présentes orientations.
L’énergie primaire totale doit rester le principal indicateur permettant de déterminer les niveaux optimaux en fonction des coûts des exigences minimales en matière de performance énergétique. En effet, la portée du calcul de l’optimalité en fonction des coûts consiste à donner la priorité aux mesures qui soutiennent la meilleure performance énergétique avec les coûts globaux les plus bas pour l’investisseur individuel (perspectives financières) et pour la société (perspective macroéconomique). Toutefois, si les États membres choisissent de prendre en considération le PRP tout au long du cycle de vie pour le calcul des niveaux optimaux en fonction des coûts, la performance en matière d’émissions tout au long du cycle de vie du bâtiment de différents mesures/groupes/variantes devient également pertinente, par exemple pour définir des exigences supplémentaires concernant la performance d’un bâtiment sur l’ensemble du cycle de vie et/ou pour déterminer les niveaux optimaux en fonction des coûts (20).
Afin de maintenir un nombre gérable de mesures/groupes/variantes et de continuer à privilégier l’attention sur la performance énergétique, les États membres peuvent choisir uniquement les options qui se situent dans la fourchette d’optimalité en fonction des coûts (voir, par exemple, la figure 4) et partir de celles-ci pour effectuer un calcul facultatif supplémentaire du PRP tout au long du cycle de vie. Des paramètres supplémentaires qui n’affectent pas strictement la performance opérationnelle du bâtiment en matière d’énergie et d’émissions, mais qui, par ailleurs, ont une incidence sur le PRP tout au long du cycle de vie d’un bâtiment (par exemple, le type et la quantité de matériaux utilisés pour atteindre le niveau optimal en fonction des coûts déterminé, l’origine des matériaux, les ressources utilisées pour les produire et les éliminer, les possibilités de recyclage et de réutilisation, etc.) peuvent être évalués. Les résultats de cette étape supplémentaire pourraient contribuer à fixer des exigences supplémentaires également en termes de PRP tout au long du cycle de vie, exprimé en kgCO2eq/(m2), et à classer davantage les solutions recensées dans la fourchette d’optimalité en fonction des coûts.
Dans le calcul macroéconomique, il est également possible de prendre en considération le coût du carbone pour l’ensemble du cycle de vie dans l’équation des coûts globaux: l’équation fait référence aux émissions opérationnelles, mais si un État membre choisit de tenir compte du PRP tout au long du cycle de vie pour calculer les niveaux optimaux en fonction des coûts, le coût des émissions de gaz à effet de serre peut être élargi pour l’inclure. Dans ce cas, les États membres peuvent avoir besoin de travaux supplémentaires pour déterminer les coûts nécessaires à la monétisation des émissions sur l’ensemble du cycle de vie, mais ils peuvent utiliser les mêmes coûts que ceux qu’ils ont utilisés pour monétiser les émissions opérationnelles. Les différences entre la période de calcul du coût global dans l’optimalité en fonction des coûts (au moins 20 et 30 ans) et la période de calcul du PRP (fixée à 50 ans) devraient être soigneusement prises en considération dans cette monétisation. Dans le calcul financier, par exemple, d’éventuelles subventions pour les bâtiments et les éléments de bâtiment à faibles émissions intrinsèques peuvent être comptabilisées en plus.
6. CALCUL DU COÛT GLOBAL, EN VALEUR ACTUALISÉE NETTE, POUR CHAQUE BÂTIMENT DE RÉFÉRENCE
Conformément à l’annexe VII de la directive (UE) 2024/1275 à l’annexe I, section 4, du règlement délégué (UE) 2025/2273, le cadre méthodologique de l’optimalité en fonction des coûts repose sur la méthode de la valeur actuelle nette (coût global).
Dans le calcul des coûts globaux, sont pris en considération l’investissement initial, la somme des coûts annuels de chaque année, la valeur finale et, le cas échéant, les coûts d’élimination, tous rapportés à l’année de départ.
Pour calculer l’optimalité en fonction des coûts à l’échelle macroéconomique, la catégorie du coût global comprend également une catégorie pour le coût des émissions de gaz à effet de serre défini comme la valeur monétaire des dommages environnementaux causés par les émissions de CO2 liées à la consommation d’énergie dans les bâtiments. En outre, le coût des effets externes environnementaux et sanitaires de la consommation d’énergie reflète les coûts d’exploitation quantifiés, monétisés et actualisés d’autres polluants environnementaux liés à la consommation d’énergie [à savoir les émissions de particules fines (PM2,5) et les oxydes d’azote (NOx)]. Même si un État membre n’utilise pas le calcul macroéconomique pour fixer les niveaux optimaux en fonction des coûts, sa perspective plus large fournit des informations importantes qui peuvent être utilisées pour fixer des exigences supplémentaires (par exemple, en termes de performance en matière d’émissions) et des objectifs stratégiques plus larges.
Le résultat du calcul du coût global est la valeur actualisée nette des coûts supportés au cours d’une période de calcul définie, compte tenu de la valeur résiduelle des équipements à durée de vie plus longue. Les projections relatives aux coûts de l’énergie et aux taux d’intérêt peuvent être limitées à la période de calcul.
L’avantage de la méthode du coût global est qu’elle permet d’utiliser une période de calcul uniforme (les équipements de longue durée étant pris en compte à l’aide de la valeur résiduelle) – à la différence de la méthode des annuités – et que l’on peut recourir au calcul du coût du cycle de vie (CCV), lequel repose aussi sur la valeur actualisée nette.
Le terme «coût global» est tiré de la norme EN 15459-1:2017 et correspond à ce que l’on appelle généralement «analyse du coût du cycle de vie» dans la littérature spécialisée.
La méthode du coût global, telle qu’elle est prescrite dans le règlement délégué (UE) 2025/2273, ne comprend pas de coûts autres que ceux de l’énergie (par exemple ceux de l’eau) car elle respecte le champ d’application de la directive (UE) 2024/1275. Le concept de coût global n’est pas non plus totalement équivalent à une analyse du cycle de vie (ACV) complet qui tiendrait compte de toutes les incidences environnementales sur la durée de vie d’un bâtiment, y compris de ce que l’on appelle «énergie grise». Toutefois, les États membres sont libres de faire évoluer la méthode vers le calcul du coût complet sur le cycle de vie (CCV) complet et, à cet égard, pourraient aussi s’inspirer des normes EN ISO 14040, 14044 et 14025, ainsi que des normes spécifiques pour le CCV dans les bâtiments: EN 15459 et ISO 15686-5.
6.1 Le concept de l’optimalité en fonction des coûts
Conformément à la directive (UE) 2024/1275, les États membres sont tenus d’établir des niveaux optimaux en fonction des coûts des exigences minimales en matière de performance énergétique. La méthodologie est destinée aux autorités nationales (non aux investisseurs) et le niveau optimal en fonction des coûts n’est pas calculé pour chaque cas mais afin que des réglementations applicables au cas général soient élaborées au niveau national. En réalité, il y aura une multitude de niveaux optimaux en fonction des coûts pour les différents investisseurs, compte tenu du bâtiment et de ce qui constitue, selon le point de vue et les attentes propres à l’investisseur, des conditions d’investissement acceptables. Il est donc important de souligner que le niveau optimal en fonction des coûts déterminé ne sera pas nécessairement optimal pour chacune des combinaisons bâtiment/investisseur. Cependant, en adoptant une approche solide de la définition des bâtiments de référence, les États membres peuvent faire en sorte que les exigences en vigueur soient adaptées à la plupart des bâtiments.
Sans perdre de vue les particularités des immeubles en location, par exemple concernant le problème de motivation partagée ou les cas où le loyer est fixé et ne peut être augmenté au-delà d’une certaine limite (par exemple pour des motifs de politique sociale), il n’est pas souhaitable d’appliquer aux bâtiments des exigences différentes selon qu’ils sont loués ou non, car le statut de l’occupant est indépendant du bâtiment qui est au centre du calcul.
Néanmoins, il se pourrait que certaines catégories d’investisseurs ne soient pas en mesure de tirer tous les bénéfices d’un investissement optimal en fonction de l’ensemble des coûts. Cette question, souvent appelée «dilemme propriétaire-locataire», devra être abordée par les États membres au titre d’objectifs plus généraux d’efficacité énergétique et de politique sociale et non dans le cadre de la méthode de l’optimalité en fonction des coûts. Le processus de calcul peut toutefois fournir aux autorités des États membres les informations sur le déficit financier pour certaines catégories d’investisseurs et peut donc étayer les politiques. Par exemple, la différence constatée entre optimalité au niveau macroéconomique et optimalité au niveau financier peut constituer une indication des fonds et de l’aide financière qu’il faudrait peut-être encore fournir pour rendre les investissements écoénergétiques attrayants pour l’investisseur.
Outre le fait qu’il existe différents et, sans doute, de nombreux points de vue individuels et motifs d’investissement, se pose aussi la question de l’étendue des coûts et bénéfices pris en compte. L’objectif des calculs à l’échelle macroéconomique est de fournir des informations préalables à la fixation d’exigences minimales de performance énergétique applicables au cas général. Ils embrassent une perspective plus large de bien public selon laquelle l’investissement écoénergétique ainsi que les coûts et avantages associés sont évalués par rapport à d’autres politiques et les effets externes (21) sont pris en compte. Cette perspective plus large de l’investissement fonctionne aussi relativement bien avec l’énergie primaire totale comme «monnaie» de la performance énergétique (avec des informations importantes supplémentaires qui pourraient s’ajouter au calcul de la performance en matière d’émissions), alors qu’une perspective d’investissement purement privée peut fonctionner avec l’énergie primaire totale ou l’énergie reçue de l’extérieur.
Toutefois, dans la pratique, il ne sera pas possible de prendre en compte toutes les incidences directes et indirectes des mesures écoénergétiques et des mesures fondées sur les sources d’énergie renouvelables, car certaines sont immatérielles ou non quantifiables, ou ne peuvent être monétisées. Une part importante de ces incidences font toutefois l’objet d’approches de quantification et de calcul reconnues qui permettent de les prendre en compte. Par exemple, les États membres sont libres de prendre en considération les multiples avantages supplémentaires des mesures écoénergétiques et des mesures fondées sur les sources d’énergie renouvelables dans leurs calculs de l’optimalité en fonction des coûts, y compris, par exemple, en ce qui concerne les coûts de santé publique et privée des mesures écoénergétiques, les incidences sur le produit intérieur brut (PIB). Afin d’estimer certains de ces multiples avantages, une méthode simplifiée est décrite à la section 6.16 des présentes orientations, y compris des ensembles de données par défaut, un exemple annoté et des références bibliographiques. Les États membres sont libres d’utiliser leur propre méthode pour monétiser les multiples avantages, à condition que toutes les hypothèses et sources d’évaluation soient clairement indiquées. La sous-section 6.16.3 contient une liste détaillée des sources et références bibliographiques afin d’aider les États membres qui choisissent de prendre en considération d’autres avantages multiples des mesures écoénergétiques et des mesures fondées sur les sources d’énergie renouvelables dans le calcul de l’optimalité en fonction des coûts.
La perspective microéconomique fera apparaître les contraintes pesant sur l’investisseur, par exemple lorsqu’il est souhaitable, d’un point de vue social, d’imposer des exigences d’efficacité énergétique plus strictes mais que, pour l’investisseur, elles ne sont pas efficaces par rapport aux coûts.
Le règlement délégué (UE) 2025/2273 impose aux États membres de calculer l’optimalité en fonction des coûts une fois à l’échelle macroéconomique (à l’exclusion de toutes les taxes applicables telles que la TVA et toutes les subventions et incitations applicables, mais y compris les coûts du carbone et les externalités environnementales et sanitaires) et une fois au niveau financier (en tenant compte des prix payés par le consommateur final, y compris les taxes et, le cas échéant, les subventions, en tenant compte du coût des quotas de gaz à effet de serre dans le cadre des coûts de l’énergie conformément au nouveau système d’échange de quotas d’émission pour les émissions résultant de la combustion de combustibles dans les bâtiments et à l’exclusion des coûts supplémentaires de réduction des gaz à effet de serre, tels que comptés au niveau macroéconomique conformément au nouveau système d’échange de droits d’émission).
D’éventuels problèmes de double comptabilisation qui pourraient survenir dans le calcul macroéconomique pourraient être abordés dans la définition des coûts du carbone, sur la base de la structure nationale des prix de l’énergie.
| NB Une fois les deux calculs effectués, il appartient aux États membres de décider lequel doit servir de référence nationale en matière d’optimalité en fonction des coûts. |
En ce qui concerne le calcul selon la perspective financière d’un investisseur privé, il serait en général exigé et recommandé d’intégrer les régimes d’aide en vigueur (ainsi que les taxes et toutes les subventions existantes) pour refléter la situation financière réelle. Toutefois, comme ces régimes changent souvent rapidement, les États membres peuvent aussi effectuer le calcul sans les subventions. En outre, au niveau financier, il est possible de simplifier le calcul du coût global en excluant totalement la TVA de toutes les catégories de coût si, dans l’État membre en question, il n’existe aucune subvention ni mesure d’aide basée sur la TVA. Un État membre qui a instauré des mesures d’aide basées sur la TVA, ou entend le faire, devrait inclure la TVA comme élément dans toutes les catégories de coût de façon à pouvoir intégrer les mesures d’aide dans le calcul.
Un cadre de financement stable et prévisible au niveau des États membres est fortement recommandé. Les premiers plans nationaux de rénovation des bâtiments, introduits à l’article 3 de la directive (UE) 2024/1275, seront présentés par les États membres à la Commission d’ici la fin de 2026 et fourniront des informations pertinentes sur les politiques et mesures mises en œuvre et planifiées dans un État membre ainsi que sur les besoins d’investissement, les sources budgétaires et les ressources administratives pour garantir la rénovation du parc national de bâtiments résidentiels et non résidentiels, tant publics que privés, en vue de la constitution d’un parc immobilier à haute efficacité énergétique et décarboné d’ici à 2050.
6.1.1 Examen supplémentaire concernant les calculs et effets externes macroéconomiques
En vertu du règlement délégué (UE) 2025/2273, le calcul de l’optimalité en fonction des coûts à l’échelle macroéconomique nécessite la prise en compte des coûts des émissions de gaz à effet de serre en multipliant la somme des émissions annuelles de GES par les prix attendus par tonne d’équivalent CO2 des quotas d’émission de GES délivrés chaque année, en tenant compte des coûts conformément aux courbes de prix du carbone recommandées par le SEQE fournies par la Commission pour adapter les projections nationales (22) aux dates de calcul et à la méthode choisies. Les recommandations actualisées devraient être prises en compte chaque fois que le calcul de l’optimalité en fonction des coûts est réexaminé, mais leur adoption reste volontaire.
En outre, les États membres doivent élargir le calcul macroéconomique des coûts mondiaux afin de tenir compte des effets externes sanitaires et environnementaux de la consommation d’énergie. Pour ce faire, ils devraient tenir compte des incidences monétisées des émissions opérationnelles de polluants atmosphériques liées à la consommation d’énergie dans les bâtiments et, en particulier, au moins aux émissions de particules fines (PM2.5) et aux oxydes d’azote (NOx). Les États membres peuvent également inclure dans le calcul d’autres polluants atmosphériques énumérés à l’article 1er de la directive (UE) 2016/2284 du Parlement européen et du Conseil (23): le dioxyde de soufre (SO2), les composés organiques volatiles non méthaniques (COVNM) et l’ammoniac (NH3) (24). Il est important de noter que toutes les utilisations de l’énergie ne sont pas liées aux émissions directes ou indirectes de PM2.5 ou de NOx. Les PM2.5 sont surtout plus pertinentes pour les chaudières à combustibles solides à base de bioénergie et de combustibles fossiles que pour les chaudières à combustibles liquides; les NOx pour les équipements de chauffage utilisant des combustibles liquides et gazeux, pour lesquels les émissions de NOx sont plus pertinentes. La production d’énergie (y compris le réseau de chaleur) a également une incidence indirecte qu’il convient de prendre en considération. La prise en compte des PM2.5 permet de prendre en considération les incidences sur la santé et l’environnement de la combustion, par exemple des combustibles fossiles et de la bioénergie (25), dans le calcul du coût global. La consommation de bioénergie représente environ 50 % des émissions de particules fines (PM2.5) dans l’UE et, les PM2.5 étant le principal moteur des effets de la pollution atmosphérique sur la santé, elle est de première importance pour la politique de qualité de l’air (26).
Aux fins du calcul des externalités susmentionnées, les valeurs de référence pour les émissions de polluants provenant de différentes sources d’énergie (en g/kWh de combustible) se trouvent dans le guide EMEP/AEE sur l’inventaire des émissions de polluants atmosphériques (27) et dans la base de données connexe contenant les facteurs d’émission. S’agissant de l’écoconception, d’autres informations spécifiques au produit pour les calculs sont disponibles:
| — | Règlement (UE) no 813/2013 de la Commission du 2 août 2013 portant application de la directive 2009/125/CE du Parlement européen et du Conseil en ce qui concerne les exigences d’écoconception applicables aux dispositifs de chauffage des locaux et aux dispositifs de chauffage mixtes (28); |
| — | Règlement (UE) no 814/2013 de la Commission du 2 août 2013 portant application de la directive 2009/125/CE du Parlement européen et du Conseil en ce qui concerne les exigences d’écoconception applicables aux chauffe-eau et aux ballons d’eau chaude (29); |
| — | Règlement (UE) 2015/1185 de la Commission du 24 avril 2015 portant application de la directive 2009/125/CE du Parlement européen et du Conseil en ce qui concerne les exigences d’écoconception applicables aux dispositifs de chauffage décentralisés à combustible solide (30); |
| — | Règlement (UE) 2015/1189 de la Commission du 28 avril 2015 portant application de la directive 2009/125/CE du Parlement européen et du Conseil en ce qui concerne les exigences d’écoconception applicables aux chaudières à combustible solide (31); |
| — | et les orientations qui l’accompagnent: https://energy-efficient-products.ec.europa.eu/document/download/ce43bba7-70a1-4d6f-8c69-5e146ec7973c_en?filename=guidelinesspacewaterheaters_final.pdf. |
Par exemple, le règlement (UE) 2015/1189 fixe des exigences relatives aux émissions, de PM2.5 et de NOx, dues au chauffage des locaux pour les chaudières à biomasse et à combustibles fossiles. Ces informations figurent également sur la fiche technique de ces produits.
Les inventaires d’émissions communiqués chaque année en février et les projections d’émissions communiquées tous les deux ans, conformément à l’article 10, paragraphe 2, de la directive (UE) 2016/2284, peuvent être utilisés pour les émissions de polluants propres à chaque pays provenant de différentes sources d’énergie. La comparaison des projections d’émissions avec les engagements de réduction pour la période comprise entre 2020 et 2029 et à compter de 2030 pourrait être utilisée pour identifier l’importance d’inclure dans le calcul des effets externes environnementaux tout polluant non obligatoire ainsi que pour déterminer les évolutions futures. Par exemple, la pollution au dioxyde de soufre (SO2) est principalement due à la combustion de combustibles fossiles contenant du soufre, tels que le charbon, l’huile de pétrole et le diesel. Si le charbon contribue de manière significative au secteur de l’approvisionnement énergétique d’un pays, il peut être pertinent d’inclure son incidence dans l’estimation des externalités liées à la santé.
En ce qui concerne ce calcul, les coûts recommandés, exprimés en EUR par unité d’émission de polluants, sont mis à disposition par la Commission et seront mis à jour lorsque de nouvelles données seront disponibles. Plus précisément, les coûts des émissions de polluants sont monétisés pour le secteur des transports, en tenant compte des effets sur la santé, sur la perte de récoltes et de la biodiversité, ainsi que des dommages matériels (32).
6.2 Catégorisation des coûts
En vertu de l’annexe I, section 4, point 1, du règlement délégué (UE) 2025/2273, les États membres sont tenus d’utiliser les grandes catégories de coût suivantes: coûts d’investissement initiaux, coûts annuels (comprenant les coûts de l’énergie et les coûts de remplacement périodique) et, le cas échéant, coûts d’élimination des déchets. En outre, les coûts des émissions de gaz à effet de serre et d’autres polluants environnementaux importants (sous les effets externes sanitaires et environnementaux liés à la consommation d’énergie) sont inclus dans le calcul à l’échelle macroéconomique.
En raison de leur importance dans le contexte présent, les coûts de l’énergie sont recensés dans une catégorie distincte alors que, habituellement, ils sont considérés comme un élément des coûts d’exploitation. De plus, les coûts de remplacement ne sont pas considérés comme un élément des coûts de maintenance (comme c’est parfois le cas dans d’autres structures de coûts) mais comme une catégorie de coût distincte. Cette catégorisation des coûts aux fins du calcul des niveaux optimaux en fonction des coûts des exigences minimales en matière de performance énergétique repose sur la norme EN 15459-1:2017. La figure ci-dessous illustre les catégories devant être utilisées.
Figure 1
Catégorisation des coûts conformément au cadre méthodologique
L’énumération des catégories de coûts figurant dans le règlement délégué (UE) 2025/2273 est exhaustive. Néanmoins, si d’autres catégories de coûts sont considérées comme importantes pour le calcul des niveaux optimaux en fonction des coûts des exigences minimales en matière de performance énergétique, elles peuvent également être prises en compte. En outre, dans ledit règlement délégué, les coûts du capital nécessaire pour financer les investissements écoénergétiques ne sont pas inscrits dans une catégorie distincte. Toutefois, les États membres peuvent les inclure, par exemple, dans la catégorie des coûts annuels de sorte qu’ils soient actualisés également.
Les coûts de l’énergie sont basés sur la consommation, la taille du bâtiment, les taux actuels et les prévisions de prix, et sont directement liés au résultat du calcul de la performance énergétique. Cela signifie qu’ils dépendent des caractéristiques des systèmes du bâtiment. La plupart des autres catégories de coût comme les coûts d’investissement, les coûts de maintenance ou les coûts de remplacement, sont associés, dans une large mesure, à des éléments de bâtiment spécifiques. Par conséquent, pour calculer le coût global, il faut décomposer les bâtiments en suffisamment d’éléments de bâtiment distincts pour que les différences de mesures/groupes/variantes apparaissent dans le résultat du calcul.
Les coûts d’exploitation non liés au combustible et les coûts de maintenance sont souvent plus difficiles à estimer que d’autres dépenses car les horaires de fonctionnement varient d’un bâtiment à l’autre. Il y a de grandes différences à cet égard, y compris entre bâtiments d’une même catégorie. Il pourrait donc être nécessaire, pour certaines catégories et sous-catégories, de recueillir et de sélectionner des données afin de déterminer un coût moyen au mètre carré raisonnable.
Le règlement délégué (UE) 2025/2273 prescrit en principe une approche du coût complet pour les constructions nouvelles ainsi que les rénovations importantes. Cela signifie que, lors de l’évaluation de chaque mesure/groupe/variante appliquée à un bâtiment de référence, il faut calculer le coût total de la construction (ou de la rénovation importante) et de l’utilisation ultérieure du bâtiment. Cependant, comme l’exercice vise à comparer les mesures/groupes/variantes (et non à évaluer les coûts totaux pour l’investisseur ou l’utilisateur du bâtiment), les éléments de coût suivants peuvent être omis dans le calcul:
| (1) | coûts liés à des éléments de bâtiment qui n’ont pas d’incidence sur la performance énergétique et des émissions opérationnelles du bâtiment, par exemple, coût du revêtement de sol ou de la peinture murale, etc. (si le calcul de la performance énergétique ne fait apparaître aucune différence à cet égard); |
| (2) | coûts qui sont identiques pour tous les mesures/groupes/variantes évalués d’un certain bâtiment de référence (même si les éléments de bâtiment correspondants ont ou pourraient avoir une incidence sur la performance énergétique du bâtiment). Comme ces éléments de coût ne font pas de différence dans la comparaison des mesures/groupes/variantes, ils n’ont pas à être pris en compte. Il pourrait s’agir, par exemple, des éléments suivants:
|
Le règlement délégué (UE) 2025/2273 n’autorise pas la méthode de calcul dite du «coût supplémentaire» (33). Cette méthode n’est pas appropriée au calcul de l’optimalité en fonction des coûts des exigences minimales de performance énergétique pour les raisons suivantes:
| — | les caractéristiques du bâtiment standard ont une incidence sur les résultats de l’évaluation; |
| — | la méthode ne peut pas pleinement refléter la portée des mesures/groupes/variantes évalués. Nombre de mesures écoénergétiques doivent être considérées comme partie intégrante de la conception du bâtiment. Cela est particulièrement vrai pour les mesures liées aux approches de «refroidissement passif» comme le choix de la proportion de surface vitrée et de l’emplacement des fenêtres en fonction de l’orientation du bâtiment, l’activation de la masse thermique, le groupe de mesures liées au refroidissement de nuit. Avec la méthode du coût supplémentaire, il est difficile de faire apparaître les interdépendances entre certaines caractéristiques du bâtiment: par exemple, le choix d’un certain type de façade est dicté par des conditions préalables de statique; les systèmes de bâtiment thermoactifs pour le chauffage et le refroidissement exigent un certain niveau de demande d’énergie nette. Tenter de rendre compte de toutes ces interdépendances potentielles dans le cadre de la méthode du coût supplémentaire rendrait le calcul confus et opaque; |
| — | la méthode implique une répartition précise des coûts entre ceux correspondant à la rénovation standard et ceux associés à des mesures écoénergétiques supplémentaires, distinction qu’il est parfois malaisé d’établir. |
6.3 Collecte des données relatives aux coûts
Le règlement délégué (UE) 2025/2273 dispose que les données relatives aux coûts d’investissement, de fonctionnement, de l’énergie et, le cas échéant, de gestion des déchets doivent être conformes aux conditions du marché (obtenues par analyse de marché par exemple) et cohérentes du point de vue géographique et temporel. Cela signifie que les données doivent provenir de l’une des sources suivantes:
| — | évaluation de projets de construction récents; |
| — | analyse des offres standard d’entreprises de construction (ne concernant pas nécessairement des projets réalisés); |
| — | bases de données existantes qui ont été établies après collecte de données conformes aux conditions du marché. |
Il est important que les sources des données relatives aux coûts reflètent le degré de décomposition exigé en vue de comparer les différents mesures/groupes/variantes pour un bâtiment de référence donné. Par conséquent, les bases de données de référence «descendantes», comme BKI (34) ou SIRADOS (35), qui servent communément à l’estimation sommaire des coûts d’investissement et d’exploitation des bâtiments, ne peuvent être utilisées pour le calcul de l’optimalité en fonction des coûts car les données qu’elles contiennent ne sont pas associées suffisamment étroitement à la performance énergétique du bâtiment. Leur degré de décomposition est trop faible pour permettre d’établir une différenciation des coûts à partir des différents mesures/groupes/variantes.
6.4 Le taux d’actualisation
Le taux d’actualisation est exprimé en termes réels, donc hors inflation. Le taux d’actualisation à utiliser dans les calculs macroéconomique et financier doit être fixé par l’État membre après que ce dernier a effectué, pour chaque calcul, une analyse de sensibilité portant sur au moins deux taux. L’analyse de sensibilité pour le calcul macroéconomique doit porter sur un taux de 3 % exprimé en termes réels, et des taux inférieurs (de 0 % à 3 % hors inflation) sont aussi à prendre en considération. Cela est conforme à l’actuel outil d’analyse d’impact de la Commission, qui suggère un taux d’actualisation social de 3 %.
Un taux d’actualisation plus élevé – supérieur à 3 % hors inflation avec différenciation éventuelle pour les bâtiments résidentiels et non résidentiels – traduira une approche à court terme, purement commerciale, de l’évaluation des investissements, ce qui n’est pas encouragé. Un taux plus bas – généralement compris entre 0 % et 3 % hors inflation – reflétera plus fidèlement les avantages que les investissements écoénergétiques procurent aux occupants du bâtiment sur la durée de vie totale de l’investissement (36). Il est donc recommandé d’évaluer des taux d’actualisation inférieurs à la moyenne pour les mesures écoénergétiques et les mesures fondées sur des sources d’énergie renouvelables lors de la réalisation des analyses de sensibilité.
Le taux d’actualisation variera d’un État membre à l’autre car il reflète, dans une certaine mesure, non seulement les priorités politiques (pour le calcul macroéconomique) mais aussi les différentes situations en matière de financement et de crédit hypothécaire.
Pour rendre le taux d’actualisation applicable, il faudra généralement en déduire un facteur d’actualisation qui puisse être utilisé dans le calcul du coût global. Rd(i), facteur d’actualisation pour l’année i sur la base du taux d’actualisation r, peut se calculer à l’aide de la formule:
où p est le nombre d’années depuis l’année de départ; et r est le taux d’actualisation réel.
En application du principe de calcul financier, plus les taux d’actualisation appliqués sont bas, plus le montant du coût global est élevé puisque, les coûts futurs (essentiellement les coûts de l’énergie) étant actualisés à un taux inférieur, la valeur actualisée du coût global est plus élevée.
6.5 Liste de base des éléments de coûts à prendre en compte pour le calcul des coûts d’investissement initiaux des bâtiments et éléments de bâtiment
La liste ci-après n’est pas nécessairement exhaustive ni à jour et n’est donnée qu’à titre indicatif des éléments à prendre en compte:
| Pour l’enveloppe du bâtiment | |||||||||||||||||||||||||||||
| Isolation thermique de l’enveloppe du bâtiment:
| Fenêtres et portes:
| ||||||||||||||||||||||||||||
| Pour les systèmes du bâtiment | |||||||||||||||||||||||||||||
| Chauffage ambiant:
Les systèmes techniques sont décrits par exemple dans diverses normes du CEN/CT 228 «Système de chauffage dans les bâtiments» et CEN/CT 57 «Chaudières pour le chauffage central». Pour les conditions de confort de référence, EN 16798-1:2019 «Performance énergétique des bâtiments». Systèmes de ventilation pour les bâtiments. Critères d’ambiance intérieure, couvrant la thermique, la qualité de l’air intérieur, l’éclairage et l’acoustique» ou une norme équivalente. | Eau chaude domestique:
Les systèmes techniques sont décrits par exemple dans diverses normes du CEN/CT 228 «Système de chauffage dans les bâtiments», CEN/CT 57 «Chaudières pour le chauffage central» et CEN/CT 48 «Appareils ménagers de production d’eau chaude utilisant les combustibles gazeux». | ||||||||||||||||||||||||||||
| Systèmes de ventilation: Les coûts d’investissement des systèmes de ventilation doivent être évalués. Les possibilités de ventilation naturelle sont prises en compte dans la définition des bâtiments de référence.
| Refroidissement: Une température confortable devant être assurée à l’intérieur du bâtiment, des dispositifs de refroidissement passif ou actif ou une combinaison des deux (satisfaisant la demande résiduelle de refroidissement) doivent être pris en compte en fonction des conditions climatiques spécifiques. Cette catégorie couvre les coûts des systèmes de refroidissement actifs. Les mesures de refroidissement passif sont prises en compte dans le choix des bâtiments de référence (par exemple la masse construite) ou dans la catégorie «Isolation thermique» (par exemple l’isolation des toits afin de réduire la demande de refroidissement) ou la catégorie «Autres mesures relatives au bâtiment influant sur la performance thermique» (par exemple ombrage extérieur). Les coûts d’investissement des systèmes de refroidissement actif comprennent les éléments suivants:
Les systèmes techniques sont décrits par exemple dans diverses normes du CEN/CT 113 «Pompes à chaleur et climatiseurs». Il convient de prendre en compte la norme EN 16798 pour les conditions de confort de référence. | ||||||||||||||||||||||||||||
| Éclairage: Les coûts d’investissements des systèmes actifs pour l’éclairage artificiel ou les applications destinées à accroître l’utilisation de la lumière du jour doivent être évalués. Les mesures relatives à la conception et à la géométrie de l’enveloppe du bâtiment (gabarit et position des fenêtres) sont couvertes par le choix des bâtiments de référence. Les coûts d’investissement doivent inclure les points suivants:
Il convient de prendre en compte la norme EN 12464 «Lumière et éclairage – Éclairage des lieux de travail – Partie 1: lieux de travail intérieurs» en ce qui concerne les conditions de confort et les niveaux d’exigence. Les exigences énergétiques pour les systèmes d’éclairage sont décrites dans la norme EN 15193. | Automatisation et régulation des bâtiments: Les coûts d’investissement doivent inclure les points suivants:
Les systèmes techniques sont décrits par exemple dans diverses normes du CEN/CT 247 «Contrôles/commandes des systèmes mécaniques des bâtiments». | ||||||||||||||||||||||||||||
| Raccordement aux approvisionnements énergétiques (réseau ou stockage): Les coûts d’investissement doivent inclure les points suivants:
| Systèmes décentralisés d’approvisionnement en énergie faisant appel à des sources d’énergie renouvelables: Les coûts d’investissement doivent inclure les points suivants:
| ||||||||||||||||||||||||||||
6.6 Calcul des coûts de remplacement périodique
Après les coûts d’investissement initiaux et les coûts d’exploitation, les coûts de remplacement constituent le troisième facteur de coût. Alors que les petits travaux de réparation et les consommables sont habituellement intégrés dans les coûts de maintenance, le remplacement périodique, qui fait référence au renouvellement indispensable de tout un élément de bâtiment en raison du vieillissement, est traité comme une catégorie de coûts distincte.
Le moment du remplacement périodique est fonction de la durée de vie de l’élément de construction en cause. À la fin de cette durée de vie, un élément de remplacement neuf doit être prévu dans le calcul du coût global.
| Exemple: Le coût d’une unité de récupération de la chaleur dont la durée de vie est estimée à 15 ans doit être comptabilisé deux fois aux fins du calcul du coût global avec une période de calcul de 30 ans: une fois au début, en tant que coût d’investissement initial, une autre fois au bout de 15 ans, en tant que coût de remplacement. |
Il appartient aux États membres de déterminer la durée de vie économique estimée des éléments de bâtiment ainsi que de l’ensemble du bâtiment mais, à cette fin, ils peuvent s’appuyer sur les orientations énoncées dans la norme EN 15459-1:2017 (relative aux systèmes énergétiques dans les bâtiments) et dans d’autres normes. En tout état de cause, la durée de vie des éléments de bâtiment utilisée pour le calcul doit être plausible. En général, le coût de remplacement sera à peu près égal au coût d’investissement initial (en termes réels). Toutefois, lorsque l’on peut s’attendre à une forte modification des prix au cours des 10 à 15 prochaines années (par exemple, en raison des effets d’«économie d’échelle»), le règlement délégué (UE) 2025/2273 autorise et encourage également l’adaptation du coût de remplacement afin de tenir compte de l’évolution attendue des prix à mesure de la maturation des technologies.
6.7 Période de calcul par rapport à la durée de vie estimée
L’utilisation d’une période de calcul dans le cadre d’une approche par la valeur actuelle nette ne préjuge pas le choix des États membres concernant les cycles de vie économiques estimés pour les bâtiments et les éléments de bâtiment. La durée de vie estimée peut être plus longue ou plus courte que la période de calcul.
Dans le cas d’une catégorie de bâtiment de référence pour les bâtiments existants établie de telle manière que la durée de vie restante du bâtiment de référence est plus courte que la période de calcul, la durée de vie maximale restante pourrait devenir la période de calcul.
En fait, la durée de vie technique des éléments de bâtiment influe peu sur la période de calcul. La période de calcul est donc davantage déterminée par le cycle dit de rénovation d’un bâtiment, c’est-à-dire le délai au terme duquel un bâtiment fait l’objet d’une rénovation importante, y compris en vue de l’améliorer dans son ensemble et de l’adapter à l’évolution des exigences des occupants (par opposition à une simple opération de remplacement). Les motifs d’une rénovation importante sont généralement très divers, le vieillissement d’éléments importants du bâtiment (la façade par exemple) n’étant qu’un facteur parmi d’autres. Les cycles de rénovation varient considérablement d’un État membre à l’autre et selon le type de bâtiment (c’est pourquoi des périodes de calcul minimales différentes sont fixées dans le règlement délégué (UE) 2025/2273 pour les bâtiments résidentiels/publics et les bâtiments non résidentiels/commerciaux), mais sont très rarement inférieurs à 20 ans.
La figure 2 illustre cette approche pour un élément de bâtiment (par exemple la façade ou une structure portante du bâtiment) dont la durée de vie est supérieure à la période de calcul. Si l’on suppose une durée de vie de 40 ans et une dépréciation linéaire, la valeur résiduelle après 30 ans (fin de la période de calcul) est de 25 % du coût initial d’investissement. Cette valeur doit être rapportée au début de la période de calcul.
Figure 2
Calcul de la valeur résiduelle d’un élément de bâtiment dont la durée de vie est supérieure à la période de calcul
La figure 3 décrit le mode de calcul de la valeur résiduelle d’un élément de bâtiment (par exemple, une chaudière) dont la durée de vie est inférieure à la période de calcul. L’élément a une durée de vie de 20 ans, période au terme de laquelle il doit être remplacé. Une fois l’élément renouvelé, une nouvelle période de dépréciation commence. En l’espèce, après 30 ans (fin de la période de calcul), la valeur résiduelle de l’élément est de 50 % du coût de remplacement. Cette valeur doit être à son tour rapportée au début de la période de calcul.
Figure 3
Calcul de la valeur résiduelle d’un élément de bâtiment dont la durée de vie est inférieure à la période de calcul
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