COMMISSION EUROPÉENNE
Bruxelles, le 7.9.2026
COM(2026) 446 final
RAPPORT DE LA COMMISSION AU CONSEIL ET AU PARLEMENT EUROPÉEN
sur l’état d’avancement des préparations pour la mise en œuvre complète des règlements sur l’interopérabilité conformément à l’article 78, paragraphe 5, du règlement (UE) 2019/817 et à l’article 74, paragraphe 5, du règlement (UE) 2019/818
RAPPORT DE LA COMMISSION AU CONSEIL ET AU PARLEMENT EUROPÉEN
sur l’état d’avancement des préparations pour la mise en œuvre complète des règlements sur l’interopérabilité conformément à l’article 78, paragraphe 5, du règlement (UE) 2019/817 et à l’article 74, paragraphe 5, du règlement (UE) 2019/818
1.Introduction
L’établissement de l’interopérabilité entre les systèmes d’information de l’UE aux fins de la gestion de la sécurité, des frontières et des migrations demeure une pierre angulaire de la stratégie de l’Union visant à renforcer la sécurité intérieure et à améliorer l’efficacité et l’efficience de la gestion des frontières(). Les systèmes d’information de l’UE faisant partie du cadre d’interopérabilité sont les suivants: i) le système d’entrée/de sortie (EES)(), ii) le système européen d’information et d’autorisation concernant les voyages (ETIAS)(), iii) le système européen d’information sur les casiers judiciaires pour les ressortissants de pays tiers (ECRIS-TCN)(), iv) le système d’information Schengen (SIS)(), v) le système d’information sur les visas (VIS)() et vi) Eurodac().
Les règlements sur l’interopérabilité(), entrés en vigueur le 11 juin 2019, permettent à ces systèmes d’interagir les uns avec les autres au travers de quatre éléments [le portail de recherche européen (ESP), le service partagé d’établissement de correspondances biométriques (BMS partagé), le répertoire commun de données d’identité (CIR) et le détecteur d’identités multiples (MID)] et d’un outil [le répertoire central des rapports et statistiques (CRRS)]. Le cadre d’interopérabilité vise à accélérer les requêtes que les autorités nationales introduisent dans le respect de leurs droits d’accès et à aider ces dernières à détecter la fraude à l’identité et à enquêter sur les infractions pénales graves. Ces objectifs seront atteints grâce à un recoupement efficient des données stockées dans tous les systèmes d’information de l’UE. L’architecture d’interopérabilité comprend également des mécanismes de contrôle de la qualité des données, afin d’assurer l’exactitude et l’actualité de celles-ci. Le traitement des données prévu par les règlements sur l’interopérabilité est régi par un cadre solide de protection et de sécurité des données.
En application de l’article 78, paragraphe 5, du règlement (UE) 2019/817 et de l’article 74, paragraphe 5, du règlement (UE) 2019/818, la Commission suit l’état d’avancement de la mise en œuvre des règlements sur l’interopérabilité et présente un rapport à ce sujet. Le sixième rapport annuel couvre la période comprise entre janvier et décembre 2025. Étant donné la similarité des obligations en matière de comptes rendus concernant tous les systèmes d’information de l’UE au sein du cadre d’interopérabilité, le présent rapport porte principalement sur la mise en œuvre des règlements sur l’interopérabilité. L’état d’avancement des différents systèmes n’y est mentionné que lorsque cela s’avère nécessaire.
2.État d’avancement de la mise en place des éléments et outils d’interopérabilité par la Commission
Les règlements sur l’interopérabilité habilitent la Commission à adopter des actes délégués et des actes d’exécution pour préciser et mettre en œuvre certains détails techniques de l’interopérabilité. En raison de modifications législatives [règlement (UE) 2024/1358 (refonte d’Eurodac), règlement (UE) 2024/1356 (filtrage) et règlement (UE) 2024/982 (Prüm II)], le droit dérivé pertinent a dû être modifié en conséquence. Dès lors, des modifications ont dû être apportées à quatre actes délégués() et dix actes d’exécution(), adoptés entre novembre 2025 et janvier 2026. En application de l’article 77 du règlement (UE) 2019/817 et de l’article 73 du règlement (UE) 2019/818, la Commission est également tenue de mettre à disposition un manuel pratique sur la mise en œuvre et la gestion des éléments d’interopérabilité. Les États membres, l’Agence de l’Union européenne pour la gestion opérationnelle des systèmes d’information à grande échelle au sein de l’espace de liberté, de sécurité et de justice (eu-LISA), Europol, Frontex et l’Agence des droits fondamentaux ont tenu des discussions au cours de la période de référence afin d’achever la première version du manuel. Après intégration des révisions et mises à jour supplémentaires nécessaires, le manuel a été formellement adopté en janvier 2026. Il fournit aux autorités chargées des frontières, des visas et de l’immigration ainsi qu’aux services répressifs des orientations techniques et opérationnelles faciles à mettre en œuvre sur le cadre d’interopérabilité et sur la manière d’utiliser ses éléments. La Commission assurera une mise à jour continue de ce manuel afin de tenir compte des évolutions juridiques récentes, comme l’intégration d’Eurodac dans le cadre d’interopérabilité.
La plateforme numérique() qui héberge les manuels des systèmes d’information de l’UE reste un outil qui permet aux utilisateurs d’avoir accès à des informations importantes. La Commission a l’intention d’améliorer cette plateforme en y intégrant toutes les langues de l’Union (les informations n’étant actuellement disponibles qu’en anglais) et de la rendre plus facile à utiliser.
Le lancement du service partagé d’établissement de correspondances biométriques (BMS partagé) par l’eu-LISA le 19 mai 2025() a marqué une avancée majeure vers une interopérabilité fluide. Il a constitué une étape importante qui s’inscrit dans l’action que mène l’UE pour améliorer la gestion de la sécurité, des frontières et des migrations.
3.État d’avancement de la mise en œuvre de l’interopérabilité par les États membres et les agences de l’Union
Les règlements sur l’interopérabilité établissent un cadre de gouvernance, composé du conseil de gestion du programme d’interopérabilité et du groupe consultatif sur l’interopérabilité, afin que les éléments et outils d’interopérabilité soient correctement conçus et développés. Ces deux organes, dont la Commission est membre, sont placés sous la tutelle de l’eu-LISA. Ils supervisent la mise en œuvre technique des règlements sur l’interopérabilité et suivent les progrès accomplis au moyen de questionnaires mensuels ou bimensuels qui permettent d’évaluer les préparatifs techniques menés par les États membres et les agences compétentes de l’Union.
Le suivi régulier effectué par l’eu-LISA a montré qu’à la fin de la période de référence, la mise en œuvre par la plupart des États membres et des agences était en bonne voie. Bien que plusieurs États membres aient indiqué avoir pris du retard, aucun n’a été considéré comme risquant de ne pas respecter les délais convenus.
L’eu-LISA, l’agence chargée du développement technique des éléments et outils d’interopérabilité, a continué d’accomplir des progrès constants au cours de la période de référence. En mai 2025, l’eu-LISA a lancé le BMS partagé, premier élément constitutif du cadre d’interopérabilité. Ce lancement a coïncidé avec des adaptations apportées au système d’information sur les visas, qui est désormais en mesure d’interopérer avec le système d’entrée/de sortie déployé le 12 octobre 2025. D’autres mises à niveau du BMS partagé sont en cours d’essai. Le BMS partagé pour Eurodac a été lancé en mars 2026 afin que la migration des données anciennes d’Eurodac ait lieu avant le lancement prévu du nouveau système en juin 2026.
Le développement du portail de recherche européen (ESP) et du répertoire commun de données d’identité (CIR) est en bonne voie, les activités d’essai s’étant poursuivies tout au long de la période de référence. L’ESP et le CIR seront tous deux mis en service le 12 juin 2026.
Le détecteur d’identités multiples (MID) est en cours d’essai et progresse de manière satisfaisante. Lors de la période transitoire du MID, l’unité centrale ETIAS, créée au sein de Frontex, jouera un rôle clé dans la vérification manuelle des données d’identité des liens MID(). Selon les rapports de Frontex, les préparatifs nécessaires sont en bonne voie et l’eu-LISA développe actuellement l’outil que Frontex utilisera pour accomplir cette tâche.
Le développement du répertoire central des rapports et statistiques (CRRS) reste dans les délais et l’eu-LISA a lancé des activités d’essai au cours de la période de référence. Les modifications requises au sein du CRRS pour produire des rapports et des statistiques qui soutiennent la mise en œuvre des règles d’examen ETIAS ont été achevées en novembre 2025. Le CRRS devrait être lancé au quatrième trimestre de 2026.
4.Besoins en formation
Tout au long de la période de référence, la Commission a continué de soutenir la formation à l’interopérabilité. La demande d’informations générales relatives aux règlements sur l’interopérabilité est restée constante, tandis que l’intérêt pour des aspects plus précis de l’interopérabilité a grandi. La Commission a participé à une formation dispensée par l’Agence de l’Union européenne pour la formation des services répressifs (CEPOL), qui comprenait des modules sur l’interopérabilité. En octobre 2025, la Commission a assuré une formation sur l’ETIAS, le système d’entrée/de sortie et leur interopérabilité dans le cadre de la lutte contre le trafic de migrants. En outre, la Commission, en coopération avec le CEPOL, a dispensé une formation sur les articles 20 et 22 de chacun des règlements sur l’interopérabilité.
Par ailleurs, l’eu-LISA a proposé toute une série de cours sur l’interopérabilité, contribuant ainsi à la diffusion des connaissances dans ce domaine.
5.Financements de l’UE
Au 1er décembre 2025, l’eu-LISA avait signé des contrats d’une valeur de 170 807 261 EUR pour des activités d’interopérabilité, et un montant de 133 199 856 EUR avait été versé aux contractants.
Les États membres étaient encouragés à utiliser les ressources disponibles au titre des programmes nationaux soutenus par l’instrument de soutien financier à la gestion des frontières et à la politique des visas (IGFV)() pour poursuivre le développement et la mise en œuvre de l’interopérabilité des systèmes d’information de l’UE.
6.Conclusion
Il est essentiel de parvenir à une interopérabilité totale pour améliorer l’architecture informatique des systèmes d’information de l’UE, les nouveaux comme ceux modernisés. L’objectif est d’assurer aux autorités chargées des frontières, des visas, de l’asile et de l’immigration ainsi qu’aux services répressifs un accès plus rapide, plus efficient et plus systématique aux données. Cela permettra également aux millions de ressortissants de pays tiers qui se rendent chaque année dans l’Union européenne de franchir les frontières de manière plus aisée et plus sûre.
Au cours de la période de référence, des progrès considérables ont été accomplis dans la mise en œuvre du cadre d’interopérabilité. Une étape clé a été franchie avec le lancement du BMS partagé, qui renforce grandement les capacités d’établissement de correspondances biométriques intersystèmes dans les systèmes d’information de l’UE participants. Des progrès importants ont également été accomplis dans le développement technique et les essais des éléments et outils d’interopérabilité, notamment grâce à l’adoption du manuel sur l’interopérabilité. L’ESP, le CIR et le CRRS seront opérationnels au cours de la prochaine période de référence.
La Commission continuera de suivre de près les progrès réalisés et d’évaluer les risques associés à la mise en œuvre des règlements sur l’interopérabilité. Le Conseil et le Parlement européen seront tenus informés de ces progrès au moyen de rapports réguliers ainsi que par les comités et groupes d’experts de la Commission.