COMMISSION EUROPÉENNE
Bruxelles, le 16.7.2026
COM(2026) 155 final
2026/0197(BUD)
Proposition de
DÉCISION DU PARLEMENT EUROPÉEN ET DU CONSEIL
relative à la mobilisation du Fonds européen d’ajustement à la mondialisation en faveur des travailleurs licenciés à la suite d’une demande de la Belgique — EGF/2026/001 BE/Cora
EXPOSÉ DES MOTIFS
CONTEXTE DE LA PROPOSITION
1.Les règles régissant les contributions financières du Fonds européen d’ajustement à la mondialisation en faveur des travailleurs licenciés (FEM) sont définies dans le règlement (UE) 2021/691 du Parlement européen et du Conseil du 28 avril 2021 relatif au Fonds européen d’ajustement à la mondialisation en faveur des travailleurs licenciés (FEM) et abrogeant le règlement (UE) nº 1309/2013.
2.Le 25 mars 2026, la Belgique a introduit la demande EGF/2026/001 BE/Cora en vue d’obtenir une contribution financière du FEM, à la suite de licenciements intervenus chez Cora SA ainsi que chez un fournisseur et un producteur en aval en Belgique.
3.Au terme de l’évaluation de cette demande, la Commission a conclu, conformément à l’ensemble des dispositions applicables du règlement (UE) 2021/691, que les conditions d’octroi d’une contribution financière au titre du FEM sont remplies.
SYNTHÈSE DE LA DEMANDE
| Numéro de la demande FEM | EGF/2026/001 BE/Cora |
| État membre | Belgique |
| Région(s) concernée(s) (niveau NUTS 2) | Région de Bruxelles-Capitale/ Brussels Hoofdstedelijk Gewest (BE10), Province de Hainaut (BE32) Province de Liège (BE33) Province de Luxembourg (BE34). |
| Date de dépôt de la demande | 25 mars 2026 |
| Date d’accusé de réception de la demande | 13 avril 2026 |
| Date de demande d’informations complémentaires | 13 avril 2026 |
| Date limite pour la communication des informations complémentaires | 5 mai 2026 |
| Date limite pour la réalisation de l’évaluation | 17 juillet 2026 |
| Critère d’intervention | Article 4, paragraphe 2, point a), du règlement (UE) 2021/691 |
Entreprise principale | Cora SA |
| Secteurs d’activité économique (division de la NACE Rév. 2) | Division 47 (Commerce de détail, à l’exception des automobiles et des motocycles), et Division 49 (Transports terrestres et transport par conduites) |
Nombre de filiales, fournisseurs et producteurs en aval concernés | 1 |
| Période de référence (quatre mois): | 1er septembre 2025 – 1er janvier 2026 |
| Nombre de licenciements intervenus durant la période de référence (a) | 662 |
| Nombre de licenciements intervenus avant ou après la période de référence (b) | 595 |
| Nombre total de licenciements (a + b) | 1 257 |
| Nombre total de bénéficiaires éligibles | 1 257 |
| Nombre total de bénéficiaires visés | 1 010 |
| Budget pour les services personnalisés (en EUR) | 4 441 774 |
| Budget pour la mise en œuvre du FEM (en EUR) | 54 062 |
| Budget total (en EUR) | 4 495 836 |
| Contribution du FEM (85 %) (en EUR) | 3 821 460 |
ÉVALUATION DE LA DEMANDE
Procédure
4.La Belgique a présenté la demande EGF/2026/001 BE/Cora le 25 mars 2026, dans le délai de 12 semaines à compter de la date à laquelle les critères d’intervention précisés à l’article 4, paragraphe 2, point a), du règlement (UE) 2021/691 ont été remplis. La Commission a accusé réception de la demande et demandé des informations complémentaires à la Belgique le 13 avril 2026. Ces informations complémentaires ont été fournies dans les 15 jours ouvrables qui ont suivi la demande. Le délai de 50 jours ouvrables à compter de la réception de la demande complète dont dispose la Commission pour achever son évaluation de la conformité de la demande avec les conditions d’octroi d’une contribution financière expire le 17 juillet 2026.
Recevabilité de la demande
Entreprises et bénéficiaires concernés
5.La demande concerne 662 travailleurs dont l’activité chez Cora SA et chez l’un de ses fournisseurs a cessé. L’entreprise principale exerçait ses activités dans le secteur économique relevant de la division 47 de la NACE Rév. 2 (Commerce de détail, à l’exception des automobiles et des motocycles). Les emplois supprimés chez Cora et chez son fournisseur sont principalement situés dans la région de niveau NUTS 2 de la province de Hainaut (BE32).
| Entreprises et nombre de licenciements intervenus durant la période de référence |
| Cora | 621 | STEF Logistics Courcelles | 41 |
Nombre total d’entreprises: 2 | Nombre total de licenciements: | 662 |
| Nombre total de travailleurs éligibles: | 662 |
Critères d’intervention
6.La Belgique a présenté la demande au titre du critère d’intervention énoncé à l’article 4, paragraphe 2, point a), du règlement (UE) 2021/691, qui exige la cessation d’activité d’au moins 200 travailleurs licenciés sur une période de référence de quatre mois, dans une entreprise d’un État membre, y compris lorsque cette cessation d’activité concerne des travailleurs licenciés chez des fournisseurs ou producteurs en aval.
7.La période de référence de quatre mois retenue pour la demande s’étend du 1er septembre 2025 au 1er janvier 2026.
8.Au cours de la période de référence, 662 licenciements ont eu lieu.
Calcul des licenciements et de la cessation d’activité
9.Conformément à l’article 6, premier alinéa, point a), lu en combinaison avec l’article 5, premier alinéa, point c), du règlement (UE) 2021/691, le nombre de travailleurs concernés par les licenciements intervenus durant la période de référence a été calculé à partir de la date de la résiliation de fait du contrat de travail ou de son expiration.
Bénéficiaires éligibles
10.Outre les 662 travailleurs déjà évoqués, les bénéficiaires éligibles incluent 595 travailleurs licenciés dont l’activité a cessé avant ou après la période de référence de quatre mois. Tous ces travailleurs ont cessé leur activité dans les six mois précédant le début de la période de référence, le 1er septembre 2025, et/ou entre la fin de la période de référence et la veille de l’adoption de la présente proposition, conformément à l’article 6, premier alinéa, point b), du règlement (UE) 2021/691, comme l’exige l’article 6, deuxième alinéa, dudit règlement. Un lien de causalité clair peut être établi avec l’événement qui a déclenché la cessation d’activité des travailleurs licenciés au cours de la période de référence, comme l’exige l’article 6, deuxième alinéa, du règlement (UE) 2021/691.
11.Le nombre total de bénéficiaires éligibles s’élève à 1 257.
Description des événements ayant conduit aux licenciements et à la cessation d’activité
12.Le modèle des hypermarchés est actuellement confronté à des défis majeurs. L’évolution des habitudes de consommation — les consommateurs privilégiant de plus en plus les courses rapides et pratiques — conjuguée à l’essor des achats alimentaires en ligne ont réduit la nécessité de se rendre dans de grandes surfaces. La concurrence exercée par les nouveaux formats de commerce de détail s’est également intensifiée: les supermarchés de proximité et les magasins spécialisés, notamment les enseignes spécialisées dans les produits biologiques et les produits gastronomiques, gagnent des parts de marché. En outre, les coûts d’exploitation plus élevés associés au modèle des hypermarchés, par rapport aux formats de magasins de plus petite taille ou numériques, ont pesé sur la rentabilité.
13.Afin de s’adapter à ces évolutions du marché et d’améliorer sa situation financière, Cora a mis en œuvre plusieurs initiatives, notamment plusieurs plans de redressement (mis en place en 2014, 2017 et 2023), des recapitalisations représentant près de 112 millions d’EUR depuis 2020, ainsi que des collaborations commerciales stratégiques avec Carrefour et Intermarché.
14.La hausse de l’inflation a pesé sur les coûts d’exploitation. Depuis 2021, le coût horaire de la main-d’œuvre a fait l’objet de dix augmentations successives liées à l’indexation, représentant une hausse cumulée de plus de 20 %. En 2024, Cora a enregistré une perte de 34 millions d’EUR et une baisse de 6,1 % de son chiffre d’affaires. Sur la période 2020-2024, la marge brute de Cora a diminué de 16,1 millions d’EUR, tandis que son EBITDA est passé de -3,7 millions d’EUR à -22,5 millions d’EUR, contribuant à une perte nette cumulée de 123 millions d’EUR.
15.Malgré les efforts qu’elle a déployés, Cora n’est pas parvenue à améliorer sa situation financière. L’entreprise a donc engagé des licenciements collectifs par vagues successives à partir de septembre 2025, dans le cadre d’une cessation progressive de ses activités.
Effets attendus des licenciements sur l’économie et l’emploi au niveau local, régional ou national
16.Les licenciements opérés par Cora constituent un choc social majeur pour la Wallonie, dans la mesure où ils interviennent sur un marché du travail déjà fragilisé par d’autres restructurations, telles que celles de TNT-FedEx, Makro ou Liberty, pour lesquelles la Belgique a également sollicité un soutien du FEM.
17.Le taux de chômage en Belgique est de 6,4 %, soit un niveau légèrement supérieur à la moyenne de l’Union (5,8 %). Toutefois, le taux de chômage en Wallonie s’élève à 8,3 %, soit environ 2 points de pourcentage (pp) de plus que le taux national.
18.La Belgique, s’appuyant sur des données de Statbel, souligne que les taux d’emploi en Wallonie sont fortement influencés à la fois par l’âge et le niveau d’éducation, avec des écarts de 23 à 30 points de pourcentage entre les niveaux de qualification successifs. Parmi les personnes en âge de travailler, le taux d’emploi n’atteint que 31 % pour celles ayant un faible niveau d’éducation, contre 61 % pour celles ayant un niveau de qualification intermédiaire et 84 % pour celles ayant un niveau de qualification élevé. Par ailleurs, alors que le taux d’emploi des personnes âgées de 25 à 49 ans s’élève à 77 %, il diminue de 16 points de pourcentage pour les personnes âgées de 50 ans et plus.
19.Cora possédait deux magasins à Bruxelles et cinq en Wallonie. Les licenciements concernent principalement la province wallonne de Hainaut, où résident deux travailleurs licenciés sur trois, et plus particulièrement la ville de Charleroi, où étaient également implantés les services généraux de Cora.
20.La province de Hainaut est confrontée à un marché du travail défavorisé. En décembre 2025, le taux de demandeurs d’emploi inoccupés inscrits était de 17,6 % dans le Hainaut (+1,5 point de pourcentage par rapport à l’année précédente). Le Hainaut concentre 41 % des demandeurs d’emploi wallons et le chômage de longue durée y est très répandu: 68 % des demandeurs d’emploi inscrits sont au chômage depuis plus de 12 mois. Près de deux demandeurs d’emploi de longue durée sur trois ont atteint le deuxième ou le troisième degré de l’enseignement secondaire. En ce qui concerne l’âge, les 15-29 ans représentent la part la plus importante des demandeurs d’emploi (30 %), suivis des 50 ans et plus (26 %).
21.Huit travailleurs licenciés sur dix ont un niveau d’éducation correspondant au deuxième cycle de l’enseignement secondaire ou inférieur. En ce qui concerne l’âge, environ la moitié sont âgés de 50 ans ou plus. Par conséquent, un accompagnement personnalisé et renforcé en matière de reclassement externe et d’orientation professionnelle, associé à des possibilités de perfectionnement et de reconversion professionnels, est indispensable pour faciliter leur transition vers un nouvel emploi.
22.La Belgique sollicite un cofinancement du FEM exclusivement afin de soutenir les anciens travailleurs de Cora résidant en Wallonie. Compte tenu du nombre relativement limité de travailleurs concernés à Bruxelles, les autorités régionales estiment que les services publics de l’emploi sont en mesure de leur apporter un soutien adéquat sans qu’il soit nécessaire de mobiliser des ressources supplémentaires.
Mise en œuvre du cadre de qualité de l’UE pour l’anticipation des changements et des restructurations
23.La Belgique a décrit la manière dont les recommandations formulées dans le cadre de qualité de l’UE pour l’anticipation des changements et des restructurations ont été prises en considération.
24.Cora s’est conformée à la législation belge sur les licenciements collectifs, qui impose une procédure obligatoire d’information et de consultation des représentants des travailleurs. La procédure permet d’explorer toute possibilité d’éviter ou de réduire le nombre de licenciements. Elle vise également à atténuer les conséquences de la perte d’emploi au moyen de mesures sociales complémentaires, telles que le soutien à la reconversion et au recyclage des travailleurs licenciés. Les négociations ont permis d’obtenir un budget spécifique de 1 898 000 EUR destiné à couvrir les coûts de la reconversion.
25.En ce qui concerne les activités entreprises pour aider les travailleurs licenciés, la Belgique a indiqué que le droit national du travail relatif à la gestion active des restructurations exige des entreprises en cours de restructuration qu’elles créent une cellule pour l’emploi, dont l’objectif est de fournir aux travailleurs licenciés dans le cadre de licenciements collectifs 30 heures de services de reclassement externe sur une période de trois mois (60 heures sur six mois pour les travailleurs âgés de 45 ans et plus).
26.La législation régionale wallonne prévoit un soutien spécifique aux travailleurs licenciés, sous la forme d’une cellule de reconversion mise en place par le service public régional de l’emploi et de la formation professionnelle (Le Forem), à la demande des organisations représentatives des travailleurs. La cellule de reconversion ne constitue pas une obligation pour l’employeur, ni pour le Forem. La mise en œuvre des mesures cofinancées par le FEM sera gérée par l’intermédiaire d’une telle cellule de reconversion.
27.En ce qui concerne les actions mises en œuvre pour aider les travailleurs licenciés, la Belgique a indiqué que la cellule de reconversion avait été créée le 1er octobre2025, peu de temps après les premiers licenciements.
Complémentarité avec les actions financées par des fonds nationaux ou de l’Union
28.La Belgique a confirmé que les mesures décrites ci-dessous bénéficiant d’une contribution financière du FEM ne recevront pas d’aide au titre d’autres instruments financiers de l’Union.
29.L’ensemble coordonné de services personnalisés complète les actions financées par d’autres fonds nationaux ou de l’UE.
Procédures suivies pour la consultation des bénéficiaires visés ou de leurs représentants, des partenaires sociaux et des collectivités locales et régionales
30.La Belgique a indiqué que l’ensemble coordonné de services personnalisés a été établi en consultation avec les bénéficiaires visés, leurs représentants et les partenaires sociaux, conformément à l’article 7, paragraphe 4, du règlement (UE) 2021/691.
31.Afin de faciliter la transition des travailleurs vers un nouvel emploi, le Forem, les syndicats (FGTB et CSC) ainsi que d’autres partenaires se sont réunis le 29 septembre 2025. Cette réunion a permis d’évaluer les besoins des travailleurs en matière de reconversion. Les conseillers sociaux, qui avaient accompagné les travailleurs à la suite de leur licenciement, ont également été consultés. À l’issue de cette concertation, un ensemble coordonné de mesures du FEM, conforme à l’article 7, paragraphe 4, du règlement (UE) 2021/691, a été élaboré.
Bénéficiaires visés et mesures proposées
Bénéficiaires visés
32.On estime à 1010 le nombre de travailleurs licenciés qui devraient participer aux mesures. Conformément à l’article 8, paragraphe 7, point f), du règlement (UE) 2021/691, la ventilation fournie de ces travailleurs par genre, groupe d’âge et niveau d’éducation est la suivante:
| Catégorie | Nombre de bénéficiaires attendus |
| Genre: | Hommes: | 472 | (46,7 %) |
| | Femmes: | 538 | (53,3 %) |
| | Non binaire | 0 | (0,0 %) |
| Groupe d’âge: | Moins de 30 ans: | 44 | (4,4 %) |
| | 30-54 ans: | 667 | (66,0 %) |
| | Plus de 54 ans: | 299 | (29,6 %) |
| Niveau d’éducation | Premier cycle du secondaire ou inférieur | 120 | (11,9 %) |
| | Deuxième cycle du secondaire ou post-secondaire non supérieur | 741 | (73,4 %) |
| | Enseignement tertiaire | 149 | (14,7 %) |
Mesures proposées
33.Conformément à l’article 8, paragraphe 7, point h), du règlement (UE) 2021/691, l’ensemble coordonné de services personnalisés à fournir aux travailleurs licenciés comprend les mesures suivantes:
–Reclassement externe (outplacement) et orientation professionnelle: ces services sont assurés par une équipe composée de conseillers en orientation professionnelle spécialisés dans les restructurations et d’intervenants chargés de l’accompagnement social, généralement issus des représentants des travailleurs de l’entreprise. Les conseillers fournissent des services de reclassement externe, d’orientation professionnelle et d’accompagnement à la réinsertion professionnelle au moyen de séances individuelles et collectives de conseil et de coaching. Les intervenants chargés de l’accompagnement social apportent, quant à eux, leur assistance dans les démarches administratives liées au changement de statut professionnel et contribuent à préserver un cadre collectif de solidarité entre les travailleurs.
–Validation des compétences: les anciens travailleurs de Cora peuvent faire valider leurs compétences professionnelles par le Consortium de validation des compétences. Le Consortium organise des épreuves de validation adaptées au profil et aux besoins des travailleurs. La validation des compétences contribue à sécuriser et à accélérer la réinsertion professionnelle, tout en permettant une orientation plus efficace vers des parcours de formation.
–Formation: une fois le profil et les projets individuels des travailleurs établis avec les conseillers en accompagnement professionnel, une formation spécifique sera proposée afin de répondre à leurs besoins recensés. Cette formation complète les programmes de formation standard du Forem ainsi que ceux de ses partenaires. Deux modules informatiques, conçus pour développer et renforcer l’autonomie numérique, sont proposés aux travailleurs au titre des formations transversales.
–Soutien à la création d’entreprise: cette mesure s’adresse aux travailleurs qui souhaitent créer leur propre entreprise et comprend une phase de diagnostic et d’orientation, des activités de sensibilisation à l’entrepreneuriat, des séances d’information sur les possibilités de création d’entreprise (fondées sur des analyses économiques territoriales), ainsi que des activités de mise en réseau avec des entrepreneurs établis et des conseillers agréés en création d’entreprise.
–Contribution à la création d’entreprise: les travailleurs qui créent une entreprise ou démarrent une activité indépendante recevront une contribution allant jusqu’à 15 000 EUR. Cette contribution sera versée en deux tranches, sous réserve de la vérification du lancement et de la progression de l’activité de l’entreprise au moyen de pièces justificatives.
–Mesures d’incitation et allocations: (1) allocation de recherche d’emploi. Les travailleurs recevront 2 EUR pour chaque heure de participation effective aux activités de recherche d’emploi pouvant bénéficier de l’allocation. (2) Allocation de reprise d’études. Une allocation mensuelle de 350 EUR sera accordée aux travailleurs qui entreprennent des études secondaires ou tertiaires à temps plein, ou une formation qualifiante permettant d’acquérir des compétences nécessaires pour des emplois pour lesquels il existe des besoins et pour lesquels le recrutement est difficile ou lié à des fonctions critiques. (3) Allocation de soutien à la création d’entreprise. Afin de soutenir les travailleurs lors de la création d’une entreprise, une allocation mensuelle de 350 EUR sera accordée pour une durée maximale de 12 mois, qui pourra aller jusqu’à 18 mois sous certaines conditions.
34.Les formations destinées à développer et à renforcer l’autonomie numérique, qui complètent le programme standard de développement des compétences numériques du Forem, ainsi qu’un module consacré à l’économie circulaire et à l’utilisation efficace des ressources, favorisent la diffusion des compétences indispensables à l’ère de l’industrie numérique et dans une économie efficace dans l’utilisation des ressources, comme l’exige l’article 7, paragraphe 2, du règlement (UE) 2021/691.
Le module consacré à l’économie circulaire et à l’utilisation efficace des ressources, initialement développé à l’intention des anciens travailleurs de Swissport (EGF/2020/005 BE), fait désormais partie de l’offre de formation standard du Forem, cofinancée par le FSE+. À ce titre, il n’est pas inclus dans le budget de la présente proposition.
En outre, le module consacré à l’économie circulaire est complété par un module sur l’économie sociale, également élaboré dans le cadre d’un dossier FEM.
35.Les actions proposées, décrites ici, constituent des mesures actives du marché du travail entrant dans le cadre des mesures éligibles prévues à l’article 7 du règlement (UE) 2021/691. Elles ne se substituent pas à des mesures passives de protection sociale.
36.La Belgique a fourni les informations requises sur les mesures revêtant un caractère obligatoire pour l’entreprise concernée en vertu du droit national ou de conventions collectives. Conformément à l’article 9, paragraphe 1, du règlement (UE) 2021/691, la Belgique a confirmé que la contribution financière du FEM ne se substituerait pas à ces mesures.
Budget prévisionnel
37.Le coût total estimé s’élève à 4 495 836 EUR; il correspond aux dépenses pour les services personnalisés à hauteur de 4 441 774 EUR et aux dépenses pour financer les activités préparatoires, de gestion, d’information et de publicité, ainsi que les activités de contrôle et de rapport, pour un montant de 54 062 EUR.
38.La contribution financière totale demandée au FEM s’élève à 3 821 460 EUR (soit 85 % du coût total).
39.Conformément à l’article 8, paragraphe 7, point m), du règlement (UE) 2021/691, la Belgique a indiqué que le préfinancement et le cofinancement nationaux sont assurés par le Forem et la Région wallonne.
| Mesures | Nombre estimé de participants | Coût estimé par participant (en euros) | Estimation du coût total (en euros) |
| Services personnalisés [mesures au titre de l’article 7, paragraphe 2, deuxième alinéa, point a), du règlement (UE) 2021/691] |
| Services d’information, orientation professionnelle et aide au reclassement externe (reconversion: accompagnement/orientation/mobilisation) | 1 010 | 2 860 | 2 874 558 |
| Validation des compétences (validation des compétences) | 150 | 133 | 20 000 |
| Formation et reconversion (formations et modules spécifiques) | 500 | 937 | 468 800 |
| Soutien à la création d’entreprise (accompagnement entrepreneuriat) | 50 | 2 350 | 117 503 |
| Contribution à la création d’entreprise (bourse de lancement) | 45 | 10 000 | 450 000 |
| Sous-total a): Pourcentage de l’ensemble coordonné de services personnalisés | – | 3 930 861 |
| | | (88,50 %) |
| Allocations et incitations [mesures au titre de l’article 7, paragraphe 2, deuxième alinéa, point b), du règlement (UE) 2021/691] |
| Mesures d’incitation et allocations (allocation de recherche d'emploi, allocation de reprise d'études, allocation d'entrepreneuriat) | 1 005 | 508 | 510 913 |
| Sous-total b): Pourcentage de l’ensemble coordonné de services personnalisés: | – | 510 913 |
| | | (11,50 %) |
| Activités relevant de l’article 7, paragraphe 5, du règlement (UE) 2021/691 |
| 1. Activités préparatoires | – | 0 |
| 2. Activités de gestion | – | 13 260 |
| 3. Activités de gestion et de publicité | – | 5 000 |
| 4. Activité de contrôle et de rapport | – | 35 802 |
| Sous-total c): Pourcentage du coût total: | – | 54 062 |
| | | (1,20 %) |
| Coût total (a + b + c): | – | 4 495 836 |
| Contribution du FEM (85 % du coût total) | – | 3 821 460 |
40.Le coût des mesures indiquées dans le tableau ci-dessus en tant que mesures relevant de l’article 7, paragraphe 2, deuxième alinéa, point b), du règlement (UE) 2021/691 ne dépasse pas 35 % du coût total de l’ensemble coordonné de services personnalisés. La Belgique a confirmé que ces mesures étaient conditionnées à la participation active des bénéficiaires visés à des activités de recherche d’emploi ou de formation.
41.Conformément à l’article 7, paragraphe 2, quatrième alinéa, du règlement (UE) 2021/691, la Belgique a confirmé que les coûts d’investissement pour le travail indépendant, la création d’entreprise et la reprise d’entreprise par les salariés ne dépasseront pas 22 000 EUR par bénéficiaire.
Période d’éligibilité des dépenses
42.La Belgique a commencé à fournir les services personnalisés aux bénéficiaires visés le 1er septembre 2025. Les dépenses relatives aux mesures seront donc éligibles à une contribution financière du FEM à partir du 1er septembre 2025 et pendant 24 mois après la date d’entrée en vigueur de la décision de financement.
43.La Belgique a commencé à engager les dépenses administratives pour la mise en œuvre du FEM le 9 avril 2025. Les dépenses relatives aux activités préparatoires, de gestion, d’information et de publicité, ainsi que de contrôle et de rapport, peuvent donc faire l’objet d’une contribution financière du FEM à partir du 9 avril 2025 et pendant 31 mois après la date d’entrée en vigueur de la décision de financement.
Systèmes de gestion et de contrôle
44.La demande contient une description du système de gestion et de contrôle requis en vertu de l’article 23 du règlement (UE) 2021/691, qui précise les responsabilités des organismes concernés. La Belgique a indiqué à la Commission que la contribution financière serait gérée et contrôlée par les organismes qui gèrent et contrôlent le FSE+ en Wallonie.
Engagements de l’État membre concerné
45.La Belgique a apporté toutes les assurances nécessaires concernant les aspects suivants:
–les principes d’égalité de traitement et de non-discrimination seront respectés pour l’accès aux mesures proposées et leur réalisation;
–les exigences fixées dans la législation nationale et dans celle de l’UE concernant les licenciements collectifs ont été respectées;
–tout double financement sera évité;
–la contribution financière du FEM sera conforme aux règles procédurales et de fond de l’Union en matière d’aides d’État.
INCIDENCE BUDGÉTAIRE
Proposition budgétaire
46.La dotation annuelle du FEM n’excède pas un montant maximal de 30 millions d’EUR (aux prix de 2018), comme le prévoit l’article 8 du règlement (UE, Euratom) 2020/2093 du Conseil du 17 décembre 2020 fixant le cadre financier pluriannuel pour les années 2021 à 2027.
47.Au terme de l’examen de la demande eu égard aux conditions fixées à l’article 13, paragraphes 1 et 2, du règlement (UE) 2021/691, et compte tenu du nombre de bénéficiaires visés, des mesures proposées et des coûts estimés, la Commission propose de mobiliser le FEM pour un montant de 3 821 460 EUR, ce qui correspond à 85 % du coût total des mesures proposées, afin d’apporter une contribution financière en réponse à la demande.
48.La décision proposée de mobiliser le FEM sera prise conjointement par le Parlement européen et le Conseil, en application de l’article 15, paragraphe 1, premier alinéa, deuxième phrase, du règlement (UE) 2021/691 et comme indiqué au point 9 de l’accord interinstitutionnel du 16 décembre 2020 entre le Parlement européen, le Conseil de l’Union européenne et la Commission européenne sur la discipline budgétaire, la coopération en matière budgétaire et la bonne gestion financière, ainsi que sur de nouvelles ressources propres, comportant une feuille de route en vue de la mise en place de nouvelles ressources propres.
Actes liés
49.En même temps que la présente proposition de décision de mobilisation du FEM, la Commission présentera au Parlement européen et au Conseil une proposition de virement à la ligne budgétaire pertinente d’un montant de 3 821 460 EUR.
50.En même temps que la présente proposition de décision de mobilisation du FEM, la Commission a adopté une décision relative à une contribution financière qui constitue une décision de financement au sens de l’article 110 du règlement (UE, Euratom) 2024/2509. Cette décision de financement entre en vigueur à la date à laquelle la Commission est informée de l’approbation du virement budgétaire par le Parlement européen et le Conseil, en application de l’article 15, paragraphe 2, premier alinéa, du règlement (UE) 2021/691.
2026/0197 (BUD)
Proposition de
DÉCISION DU PARLEMENT EUROPÉEN ET DU CONSEIL
relative à la mobilisation du Fonds européen d’ajustement à la mondialisation en faveur des travailleurs licenciés à la suite d’une demande de la Belgique — EGF/2026/001 BE/Cora
LE PARLEMENT EUROPÉEN ET LE CONSEIL DE L’UNION EUROPÉENNE,
vu le traité sur le fonctionnement de l’Union européenne,
vu le règlement (UE) 2021/691 du Parlement européen et du Conseil du 28 avril 2021 relatif au Fonds européen d’ajustement à la mondialisation en faveur des travailleurs licenciés (FEM) et abrogeant le règlement (UE) nº 1309/2013, et notamment son article 15, paragraphe 1, premier alinéa,
vu l’accord interinstitutionnel du 16 décembre 2020 entre le Parlement européen, le Conseil de l’Union européenne et la Commission européenne sur la discipline budgétaire, la coopération en matière budgétaire et la bonne gestion financière, ainsi que sur de nouvelles ressources propres, comportant une feuille de route en vue de la mise en place de nouvelles ressources propres, et notamment son point 9,
vu la proposition de la Commission européenne,
considérant ce qui suit:
(1)Le Fonds européen d’ajustement à la mondialisation en faveur des travailleurs licenciés (FEM) vise à faire preuve de solidarité et à promouvoir des emplois décents et durables dans l’Union en apportant un soutien aux travailleurs licenciés et aux travailleurs indépendants dont l’activité a cessé par suite de restructurations de grande ampleur et en les aidant à retrouver, dès que possible, un emploi décent et durable.
(2)La dotation annuelle du FEM n’excède pas un montant maximal de 30 000 000 EUR (aux prix de 2018), comme le prévoient l’article 8 du règlement (UE, Euratom) 2020/2093 du Conseil et l’article 16 du règlement (UE) 2021/691.
(3)Le 25 mars 2026, la Belgique a introduit une demande de mobilisation du FEM conformément à l’article 8, paragraphe 1, du règlement (UE) 2021/691, concernant des licenciements intervenus chez Cora SA et chez l’un de ses fournisseurs en Belgique. Des informations complémentaires ont été fournies conformément à l’article 8, paragraphe 5, du règlement (UE) 2021/691. Cette demande est considérée comme remplissant les conditions d’octroi d’une contribution financière du FEM conformément à l’article 13 du règlement (UE) 2021/691, sur la base de l’évaluation effectuée par la Commission dans la proposition de décision du Parlement européen et du Conseil relative à la mobilisation du FEM.
(4)Il y a lieu, par conséquent, de mobiliser le FEM en vue d’octroyer une contribution financière d’un montant de 3 821 460 EUR en réponse à la demande présentée par la Belgique.
(5)Afin de limiter au maximum le délai de mobilisation du FEM, il convient que la présente décision soit applicable à partir de la date de son adoption,
ONT ADOPTÉ LA PRÉSENTE DÉCISION:
Article 1
Dans le cadre du budget général de l’Union établi pour l’exercice 2026, un montant de 3 821 460 EUR en crédits d’engagement et de paiement est mobilisé au titre du Fonds européen d’ajustement à la mondialisation en faveur des travailleurs licenciés.
Article 2
La présente décision entre en vigueur le jour de sa publication au Journal officiel de l’Union européenne. Elle est applicable à partir du [date de son adoption].
Fait à Bruxelles, le
Par le Parlement européen Par le Conseil
La présidente Le président