| Les options sont regroupées en trois grandes catégories de mesures, chaque mesure correspondant à un objectif spécifique (OS). L’option nº 1 prévoit, dans le cadre de l’OS1, un système d’étiquetage de l’intensité de carbone pour les secteurs grands consommateurs d’énergie. L’OS2 vise à créer des marchés pilotes en intégrant des exigences en matière de faibles émissions de carbone pour les matériaux à forte intensité énergétique (acier, ciment et aluminium) utilisés dans certains secteurs en aval (automobile et construction) dans le cadre de marchés publics et de régimes de soutien. Cet objectif spécifique prévoit également l’introduction d’exigences en matière de fabrication dans l’UE pour les batteries, les panneaux solaires et les composants de véhicules dans le cadre de marchés publics et de régimes de soutien. L’OS3 fournit des orientations sur les conditions facultatives applicables aux investissements directs étrangers dans la chaîne d’approvisionnement des batteries. Afin de rationaliser les procédures d’octroi de permis, l’OS4 préconise une procédure numérique unifiée pour tous les permis, applicable à l’ensemble de l’industrie manufacturière. L’OS5 invite les États membres à faciliter le financement public des projets prioritaires dans les zones d’industrialisation prioritaire. L’option nº 2 se base sur la première option en élargissant son champ d’application et ses exigences. L’OS1 impose un étiquetage spécifique de l’intensité de carbone pour l’acier, assorti de règles détaillées qui pourront ultérieurement être étendues à d’autres matériaux à forte intensité énergétique. En ce qui concerne les marchés pilotes (OS2), des exigences en matière de faible intensité de carbone et de fabrication dans l’UE sont introduites pour l’acier, le ciment et l’aluminium utilisés dans certains secteurs en aval (automobile et construction) dans le cadre de marchés publics et de régimes de soutien. Les conditions applicables à certains investissements dans le cadre de l’OS3 sont obligatoires plutôt que facultatives. L’OS4 permet de renforcer le soutien apporté au processus d’octroi de permis en introduisant des mesures supplémentaires destinées aux IGCE. Enfin, l’OS5 requiert, et non recommande, que les États membres désignent des zones d’industrialisation prioritaire. L’option nº 3 élargit encore davantage les deux options précédentes. L’OS2 sur les marchés pilotes étend les exigences en matière de faible intensité de carbone et de fabrication dans l’UE à l’acier, au ciment et à l’aluminium utilisés dans les secteurs en aval désignés, à savoir le secteur automobile et les produits de construction mis sur le marché. Il étend également les exigences en matière de fabrication dans l’UE aux batteries, aux panneaux solaires et aux composants de véhicules à l’ensemble des produits mis sur le marché. L’OS3 prévoit des mesures spécifiques pour les zones d’industrialisation prioritaire. L’OS5 exige de la Commission qu’elle désigne des zones d’industrialisation prioritaire selon des critères de sélection et qu’elle accorde aux projets prioritaires l’accès aux fonds. Après avoir analysé les incidences de chaque option, ainsi que leur capacité à atteindre les objectifs fixés et leur interaction avec les initiatives de l’UE existantes et prévues, l’analyse d’impact conclut que l’option nº 2 est l’option privilégiée. Dans l’ensemble, l’option nº 2 permet d’atteindre les objectifs de la manière la plus efficace et la plus efficiente (les écarts en termes de rapport coût-efficacité par rapport à l’option nº 1 étant minimes) et contribue à l’efficacité administrative et opérationnelle. En ce qui concerne les éléments quantifiés, l’option nº 2 génère des avantages nets globaux supérieurs à ceux de l’option nº 3, mais légèrement inférieurs à ceux de l’option nº 1; les coûts estimés devraient être compensés par les avantages à long terme liés à la sécurité économique et à la résilience. Toutefois, une partie des conséquences, positives comme négatives, sur les secteurs en aval et les chaînes d’approvisionnement n’a pas pu être quantifiée en raison d’un manque de données. Dans l’ensemble, l’option nº 2 facilite la justification économique et incite à la prise de décisions d’investissement dans l’UE en simplifiant les procédures d’octroi de permis pour l’ensemble de l’industrie manufacturière, en stimulant la demande de matériaux décarbonés et de produits de technologies «zéro net» dans les chaînes de valeur stratégiques, et en garantissant un cadre d’investissement propice à la création de valeur ajoutée dans l’UE. En outre, l’option nº 2 permettra de limiter plus efficacement les risques de perturbations de la chaîne d’approvisionnement et de restrictions à l’importation imposées par des pays tiers, ce qui est essentiel pour préserver la sécurité économique de l’Union, qui subirait des pertes considérables en cas de chocs systémiques de ce type. La prévisibilité, l’accès aux intrants et des chaînes d’approvisionnement solides sont essentiels à la compétitivité et au bon fonctionnement de l’industrie de l’UE. Parmi les autres avantages, on peut citer, entre autres, la création d’emplois et la croissance en amont de la valeur ajoutée brute, ce qui contribue à une plus grande stabilité économique et sociale dans l’ensemble. Cette approche offre le meilleur équilibre entre efficacité et efficience, ainsi qu’entre cohérence et proportionnalité. |
| Une consultation publique ouverte ainsi que plusieurs consultations ciblées ont été organisées afin de recueillir les retours d’information de toutes les parties prenantes concernées. Dans l’ensemble, l’industrie s’est montrée favorable à cette initiative et aux dispositions visant à faciliter les procédures d’octroi de permis pour les projets de fabrication industrielle. Le secteur sidérurgique est favorable à la mise en place d’un étiquetage, mais s’interroge sur certains de ses paramètres et sur la conception du système de classification. Les secteurs sidérurgique, du ciment et de l’aluminium, ainsi que les fabricants de panneaux solaires, de batteries et de composants de véhicules devraient bénéficier directement du règlement relatif à l’accélération des capacités industrielles et se sont déclarés favorables aux exigences en matière de fabrication dans l’UE et de contenu minimal originaire de l’UE, destinées à soutenir la création de marchés européens pilotes pour les produits industriels bas carbone et les technologies «zéro net». Toutefois, d’autres industries de l’UE pourraient avoir des points de vue différents concernant l’introduction de ces exigences. En revanche, les avis des pouvoirs publics étaient partagés, notamment en ce qui concerne les dispositions relatives aux permis visés par les options nº 2 et nº 3, en particulier ceux relatifs aux marchés pilotes, car cela alourdirait leur charge administrative. |
| L’option nº 2 devrait générer des retombées économiques pour les industries ciblées et les secteurs des technologies «zéro net» en stimulant la demande pour les produits industriels européens bas carbone, ainsi que pour les batteries, les panneaux solaires et les composants de véhicules. À titre d’exemple, on prévoit une augmentation de la VAB d’environ 445 millions d’EUR pour l’industrie du ciment et de 241 millions d’EUR pour les secteurs sidérurgique et de l’aluminium en 2030. En outre, l’ensemble de la chaîne de valeur du secteur automobile électrique, y compris les intrants intermédiaires, devrait enregistrer une augmentation de la valeur ajoutée d’environ 10,5 milliards d’EUR après l’entrée en vigueur des mesures relatives aux composants de véhicules. Les industries manufacturières tireront également profit des gains de temps et des économies de coûts liés aux dispositions relatives aux permis électroniques, qui pourraient atteindre jusqu’à 240 millions d’EUR grâce à la numérisation des procédures d’octroi de permis. Parmi les avantages pour l’industrie, on peut citer les perspectives d’emploi. On estime par exemple que la mise en place de dispositions relatives aux marchés pilotes permettra de créer et de préserver 148 352 emplois en 2030. Enfin, le règlement relatif à l’accélération des capacités industrielles contribuera à la réalisation des objectifs climatiques de l’UE en accélérant les projets de décarbonation, ce qui devrait permettre une réduction des émissions de GES estimée à 30,58 millions de tonnes équivalent CO2 pour l’option nº 2 rien qu’en 2030, soit une économie d’environ 3 058 millions d’EUR. |