| CELEX | 52026XC00128 |
| Type | Communication |
| Date | vendredi 9 janvier 2026 |
| Journal officiel | FR Série C |
| C/2026/128 | 9.1.2026 |
COMMUNICATION DE LA COMMISSION RELATIVE À UN DOCUMENT D’ORIENTATION
concernant la définition de zones destinées aux infrastructures de réseau et de stockage nécessaires à l’intégration de l’énergie renouvelable dans le système électrique conformément à l’article 15 sexies de la directive sur les énergies renouvelables
(C/2026/128)
TABLE DES MATIÈRES
| 1. | Introduction | 2 |
| 2. | Champ d’application de l’article 15 sexies et définitions | 3 |
| 3. | Exemptions pour les projets de réseau et de stockage | 5 |
| 4. | Définition des zones d’infrastructure spécifiques | 6 |
| 4.1. | Plans de développement du réseau | 8 |
| 4.2. | Coopération transfrontalière pour la désignation des zones destinées aux infrastructures de réseau et de stockage transfrontalières | 9 |
| 4.3. | Évaluations des besoins de flexibilité | 9 |
| 4.4. | Considérations environnementales | 9 |
| 4.5. | Intégration des sources d’énergie renouvelables | 10 |
| 4.6. | Lien entre les zones d’accélération des énergies renouvelables et les zones destinées aux infrastructures de réseau et de stockage | 10 |
| 4.7. | Participation du public | 11 |
| 4.8. | Planification en mer | 12 |
| 4.9. | Utilisation d’outils numériques pour soutenir la mise en œuvre | 13 |
| 5. | Évaluation de l’existence d’incidences importantes sur l’environnement | 14 |
| 5.1. | Outils de coopération et de soutien pour recenser les incidences importantes sur l’environnement | 15 |
| 5.2. | Corpus réglementaire en matière d’atténuation | 15 |
| 5.2.1. | Mesures d’atténuation | 15 |
| 5.3. | Mesures compensatoires | 16 |
| 5.4. | Examen des projets dans les zones d’infrastructure spécifiques | 16 |
1. Introduction
Ainsi que l’indiquent le plan d’action pour les réseaux (1), le pacte pour une industrie propre et le plan d’action pour une énergie abordable, le déploiement rapide de l’électricité renouvelable et son intégration dans le système électrique sont essentiels pour garantir un approvisionnement stable et sûr en énergie propre et abordable. À cet égard, l’installation de 100 GW de capacité supplémentaire d’électricité renouvelable chaque année jusqu’en 2030 constitue un indicateur de performance clé. Tant le pacte pour une industrie propre que le plan d’action pour une énergie abordable voient dans la réduction des délais d’octroi des permis pour le déploiement de projets de réseau, de stockage de l’énergie et d’énergie renouvelable un aspect capital pour atteindre ces objectifs. L’expérience acquise dans les régions montre que l’application diligente des règles en matière d’octroi de permis énoncées dans le règlement d’urgence et dans la directive révisée sur les énergies renouvelables (2) (ci-après la «directive RED révisée») s’est traduite par un déploiement accéléré de l’énergie renouvelable (3).
Le concept de zones destinées aux infrastructures de réseau et de stockage nécessaires à l’intégration de l’énergie renouvelable dans le système électrique a été introduit par l’article 15 sexies (4) de la directive RED révisée en octobre 2023. Pour atteindre les objectifs en matière de climat et d’énergie renouvelable, les États membres peuvent permettre aux projets d’infrastructures énergétiques et de stockage situés dans ces zones de déroger à certains types d’évaluations environnementales, si les conditions fixées à l’article 15 sexies sont remplies, dans le but de raccourcir considérablement les délais d’octroi des permis, en particulier pour les projets d’infrastructures énergétiques, qui peuvent actuellement durer entre 2 (5) et jusqu’à pas moins de 17 ans (6).
Étant donné que des quantités importantes d’énergie renouvelable sont prêtes à être intégrées dans le réseau, compte tenu de l’augmentation attendue de la production d’énergie renouvelable pour atteindre les objectifs en matière de climat et d’énergie à l’horizon 2030 et de l’objectif de neutralité climatique à l’horizon 2050, et compte tenu de la manière dont les technologies clés d’électrification doivent stimuler la compétitivité de nos industries, il est essentiel de développer les infrastructures énergétiques sans retard. Les États membres devraient donc exploiter au mieux les dispositions de l’article 15 sexies pour réduire le temps nécessaire aux évaluations requises. Cette disposition ne rend pas obligatoire la désignation de zones d’infrastructure destinées au développement de projets de réseau et de stockage. Toutefois, la Commission a encouragé les États membres à faire usage de cette possibilité.
Le 28 novembre 2023, la Commission européenne a adopté une communication sur un plan d’action de l’UE pour les réseaux (7), dans laquelle elle s’engage à publier des orientations sur la désignation de zones d’infrastructures spécifiques destinées aux projets de réseau et de stockage, conformément à l’article 15 sexies de la directive RED révisée. Ces orientations visent à soutenir le processus de recensement et de désignation et à harmoniser l’approche dans l’ensemble de l’UE en diffusant les bonnes pratiques.
Certains États membres se préparent activement à désigner des zones d’infrastructure spécifiques, tandis que d’autres accordent la priorité à la transposition et à la mise en œuvre obligatoires de la directive RED révisée, et en particulier de son article 15 quater sur les zones d’accélération des énergies renouvelables, et prévoient de désigner ultérieurement des zones d’infrastructure spécifiques sur la base de leur expérience. Pour désigner des zones d’infrastructure spécifiques, les États membres devraient, dans la mesure du possible, se fonder sur des zones où il n’est pas prévu d’incidences importantes sur l’environnement, où ces incidences peuvent être atténuées ou, lorsque cela n’est pas possible, où ces incidences peuvent être compensées. À cette fin, il convient d’examiner les orientations pratiques et les bonnes pratiques spécifiées dans les orientations de la Commission européenne sur les infrastructures de transport d’énergie et la législation de l’UE en matière de préservation de la nature (8), ainsi que tous les autres documents d’orientation et de bonnes pratiques déjà disponibles.
Ces orientations visent à aider les États membres à désigner des zones dans lesquelles des infrastructures de réseau et de stockage peuvent être développées au moyen de processus d’évaluation environnementale rationalisés. Une série d’exemples et de bonnes pratiques y sont recensés afin d’aider les États membres à évaluer les incidences importantes sur l’environnement et à déterminer si ces incidences peuvent être dûment atténuées ou, lorsque cela n’est pas possible, compensées. Des exemples de mesures d’atténuation et d’exigences en matière de conception, de construction et d’exploitation sont également fournis. Enfin, les orientations couvrent l’examen des incidences imprévues importantes sur l’environnement et décrivent des mesures d’atténuation et de compensation possibles.
L’instrument d’appui technique offre aux États membres, à leur demande, une assistance sur mesure pour concevoir et mettre en œuvre des investissements et des réformes clés dans les infrastructures de réseau et de stockage nécessaires à l’intégration de l’énergie renouvelable dans le système électrique. En outre, plusieurs des plans pour la reprise et la résilience des États membres contiennent des mesures visant à soutenir les procédures et les étapes nécessaires au recensement et à la désignation de zones destinées aux infrastructures de réseau et de stockage, par exemple en Lituanie et au Portugal. Les États membres sont encouragés à exploiter au mieux ces possibilités de financement, de manière à accroître leur capacité administrative à mettre en place des zones destinées aux infrastructures de réseau et de stockage et, plus généralement, pour rationaliser les procédures d’octroi de permis.
Les orientations soulignent l’importance d’une coordination interne dans la désignation des zones entre les plans et stratégies nationaux existants et envisagés. Cela suppose notamment de tenir compte de considérations économiques et environnementales déjà retenues dans différents exercices de planification associant étroitement le public, les communautés et les industries. Les États membres sont encouragés à donner la priorité aux régions qui peuvent soutenir et compléter les zones d’accélération des énergies renouvelables et/ou les zones où la capacité du réseau est limitée ou insuffisante, et qui présentent des goulets d’étranglement pour relier la production d’énergies renouvelables aux centres de demande, en mettant l’accent sur les zones industrielles et urbaines ayant d’importants besoins futurs en matière d’électrification. L’élaboration de ces orientations s’est fondée sur une consultation informelle ciblée des parties prenantes effectuée entre le 8 novembre 2024 et le 9 décembre 2024. La Commission a reçu des contributions de 39 parties prenantes: 16 exploitants de système énergétique, neuf associations sectorielles et organisations non gouvernementales, huit entreprises du secteur de l’énergie, cinq autorités publiques et un régulateur de l’énergie.
Le présent document est conçu uniquement à titre d’orientation. Seul le texte lui-même de la législation de l’UE a force de loi. L’interprétation contraignante de la législation de l’UE relève de la compétence exclusive de Cour de justice de l’Union européenne. Les points de vue exprimés dans les présentes orientations sont sans préjudice de la position que la Commission pourrait adopter devant la Cour de justice.
2. Champ d’application de l’article 15 sexies et définitions
Aux fins de l’article 15 sexies, on entend par «infrastructure de réseau», tout projet de déploiement d’actifs de transport et de distribution d’électricité essentiels pour l’exploitation efficiente du système électrique (9), y compris, dans la mesure du possible, d’actifs transfrontaliers.
On entend par «infrastructures de stockage», tous les actifs de stockage de l’énergie au niveau du transport et de la distribution (10).
L’article 15 sexies s’applique aux projets de réseau et de stockage nécessaires à l’intégration de l’énergie renouvelable dans le système électrique, ce qui exclut donc les investissements dans des réseaux liés à des vecteurs énergétiques autres que l’électricité. En outre, étant donné que le système électrique relie la production, le stockage, le transport, la distribution et la consommation, et que l’électricité circule partout où elle peut circuler compte tenu de la capacité du réseau, tous les investissements dans des actifs d’infrastructure faisant partie du système électrique doivent être compris comme nécessaires à l’intégration de l’énergie renouvelable. Cela concerne presque toutes les infrastructures du réseau électrique, mais aussi les actifs de stockage de l’énergie qui servent à apporter de la flexibilité au système, lui permettant d’intégrer davantage d’énergie renouvelable. Le champ d’application de l’article 15 sexies ne devrait toutefois pas être compris comme englobant également les infrastructures spécifiques visant à intégrer des capacités de production non renouvelables.
En outre, il convient d’établir une distinction entre les projets de réseau et de stockage nécessaires à l’intégration de l’énergie renouvelable dans le système électrique, qui relèvent du champ d’application de l’article 15 sexies, d’une part, et les «infrastructures connexes», le «stockage colocalisé» ou les «actifs nécessaires au raccordement des installations renouvelables et du stockage au réseau» qui sont strictement connectés aux installations de production et sont mentionnés dans d’autres dispositions de la directive RED révisée, d’autre part. Les notions d’«infrastructure connexe», de «stockage colocalisé» ou d’«actifs nécessaires au raccordement des installations d’énergie renouvelable et du stockage au réseau» devraient englober les infrastructures énergétiques directement liées aux projets dans le domaine de l’énergie renouvelable, y compris toutes les infrastructures nécessaires au raccordement des installations d’énergie renouvelable au réseau existant, mais aussi tous les renforcements et extensions, y compris en ce qui concerne la numérisation et la modernisation, du réseau existant permettant de transporter l’énergie produite par les installations d’énergie renouvelable jusqu’aux consommateurs (11). Cela devrait couvrir la plupart des investissements nécessaires dans les réseaux de distribution, sans exclure les investissements nécessaires dans les réseaux de transport. À cet égard, un grand nombre de nouveaux développements et renforcements du réseau pourraient déjà bénéficier de procédures d’octroi de permis rationalisées, dès lors qu’ils sont situés dans une zone d’accélération des énergies renouvelables. Les zones d’infrastructure spécifiques visées à l’article 15 sexies couvrent les réseaux électriques qui ne sont pas directement liés aux installations renouvelables, mais qui font partie de l’ensemble du système électrique, étant donné que l’ensemble du réseau électrique fonctionne de manière connectée et que l’intégration de l’énergie renouvelable nécessite des investissements liés au raccordement, au transport et à la consommation de l’énergie renouvelable, ainsi qu’aux actifs de flexibilité. Par conséquent, s’il est nécessaire d’accroître l’intégration de l’énergie renouvelable dans un État membre donné, la plupart des éléments du système sont, de facto, essentiels à cette fin, et les zones d’infrastructure spécifiques visées à l’article 15 sexies pourraient couvrir tous les types d’investissements liés au bon fonctionnement, au renforcement ou à l’extension du réseau électrique. En outre, en ce qui concerne les actifs de stockage, le champ d’application de l’article 15 sexies couvre les actifs de stockage qui sont «nécessaires à l’intégration de l’énergie renouvelable dans le système électrique», mais qui ne sont pas colocalisés avec des installations renouvelables, c’est-à-dire les installations de stockage qui ne sont pas combinées à une installation de production d’énergie renouvelable et raccordées au même point d’accès au réseau.
Les installations dites autonomes de stockage de l’énergie qui, alternativement, puisent et injectent de l’électricité depuis et dans le réseau constituent un atout essentiel pour davantage intégrer l’énergie renouvelable dans le système électrique et faire en sorte que le système tire pleinement parti du potentiel de production d’énergie renouvelable à tout moment. Bien qu’en théorie, l’installation de stockage puisse prélever de l’électricité en période de forte production fossile, les marchés de l’électricité incitent fortement les installations de stockage à fonctionner de manière à maximiser l’intégration de l’énergie renouvelable, étant donné que les prix sont les plus bas lorsque la production d’énergie renouvelable augmente et sont les plus élevés lorsque la production d’énergie fossile domine le bouquet.
Les installations de stockage d’électricité en aval du compteur qui partagent un point de raccordement avec un consommateur d’électricité, qu’il s’agisse d’un bâtiment ou d’une industrie, peuvent également jouer un rôle dans le soutien à l’intégration de l’énergie renouvelable, en fonction des circonstances spécifiques. C’est évident pour les actifs de stockage connectés aux installations de production d’énergie renouvelable en aval du compteur. Mais même les actifs de stockage qui ne sont pas raccordés à une installation de production d’énergie renouvelable peuvent contribuer à l’intégration de l’énergie renouvelable. Par exemple, grâce au stockage de l’énergie en aval du compteur, les consommateurs industriels peuvent déplacer leur consommation vers des heures de production élevée d’énergie renouvelable et des prix bas, contribuant ainsi à l’intégration de l’énergie renouvelable.
Dans le présent document, le terme «évaluations environnementales» doit être compris comme un terme général englobant toutes les évaluations qui peuvent être exigées par les autorités environnementales nationales pour délivrer les permis et autorisations nécessaires au développement de projets, y compris, mais sans s’y limiter:
| — | les évaluations des incidences sur l’environnement (EIE) détaillées dans la directive EIE (12); |
| — | l’évaluation stratégique des incidences sur l’environnement (ESIE) détaillée dans la directive ESIE (13); |
| — | l’évaluation au titre de la directive-cadre sur l’eau afin de déterminer si le projet est susceptible de détériorer l’état d’une masse d’eau (14); et |
| — | les évaluations appropriées détaillées dans la directive «Habitats» (15). |
L’article 15 sexies de la directive RED révisée désigne les entités qui mettent en œuvre des projets de réseau et de stockage sous le terme d’«exploitant». Étant donné que l’exploitant peut, dans certains cas, être différent du promoteur du réseau ou du projet de stockage, c’est-à-dire de l’entité chargée de l’octroi du permis et du développement du projet, les présentes orientations utiliseront le terme «promoteur de projet» pour désigner toute entité chargée du développement et/ou de l’exploitation d’un projet de réseau ou de stockage.
3. Exemptions pour les projets de réseau et de stockage
Dans le cas où des zones d’infrastructure spécifiques sont mises en place conformément aux conditions de l’article 15 sexies, paragraphes 1 et 2, les États membres peuvent exempter les projets de réseau et de stockage nécessaires à l’intégration de l’énergie renouvelable qui sont situés dans ces zones d’infrastructure spécifiques:
| — | des EIE requises en vertu de l’article 2, paragraphe 1, de la directive EIE pour les projets de réseau et de stockage; |
| — | des évaluations appropriées de leurs incidences sur les sites Natura 2000 conformément à l’article 6, paragraphe 3, de la directive «Habitats»; et |
| — | de l’évaluation de leurs incidences sur la protection des espèces conformément à l’article 12, paragraphe 1, de la directive «Habitats» et à l’article 5 de la directive «Oiseaux» (16), si de telles évaluations sont requises en vertu du droit national pour satisfaire aux obligations découlant des articles susmentionnés. |
Les États membres peuvent accorder ces exemptions lorsque cela se justifie, notamment par la nécessité d’accélérer le déploiement et l’intégration de l’énergie renouvelable pour atteindre les objectifs en matière de climat et d’énergie renouvelable, pour autant qu’ils démontrent que les projets relèvent clairement des exemptions prévues à l’article 15 sexies, paragraphe 2. En raison de la nature connectée du fonctionnement du système électrique, ces exemptions pourraient, de facto, couvrir un large éventail de projets dans les domaines liés au développement, à l’extension ou à l’amélioration des réseaux électriques de transport et de distribution et aux solutions de stockage. En tout état de cause, il est attendu des États membres qu’ils motivent les exemptions accordées.
Ces exemptions ne peuvent toutefois pas être accordées lorsque les projets sont susceptibles d’avoir une incidence importante (voir point 5) sur l’environnement dans un autre État membre ou lorsqu’un État membre susceptible d’être affecté de manière notable demande qu’elles ne soient pas appliquées, comme le prévoit l’article 7 de la directive 2011/92/UE. En outre, la constatation d’incidences significatives sur l’environnement dans un autre État membre n’est pas liée à la nature transfrontalière d’un projet ou aux incidences transfrontalières significatives du point de vue de la politique énergétique, par exemple dans le cas de projets d’intérêt commun ou de projets d’intérêt mutuel sélectionnés conformément au règlement (UE) 2022/869. Seules les incidences significatives probables sur l’environnement, mais pas en ce qui concerne les autres politiques de l’Union, sont prises en compte pour déterminer si les exemptions prévues à l’article 15 sexies, paragraphe 2, de la directive RED révisée s’appliquent. Les États membres devraient évaluer si le développement des infrastructures, y compris dans le cadre de projets transfrontaliers, pourrait être conçu de manière à éviter les incidences significatives probables sur l’environnement dans un autre État membre.
Il convient de noter que, pour les infrastructures de réseau et de stockage financées par les fonds de la politique de cohésion, la localisation de ces infrastructures dans une zone d’infrastructure spécifique ne les exempte pas des obligations découlant du règlement (UE) 2021/1060 (17), notamment en ce qui concerne le principe consistant à «ne pas causer de préjudice important» prévu à l’article 9, paragraphe 4, dudit règlement et la prise en compte des enjeux climatiques dans les infrastructures, comme le prévoit son article 73, paragraphe 2, point j).
4. Définition des zones d’infrastructure spécifiques
Les zones d’infrastructure spécifiques devraient s’entendre comme des zones géographiques, des périmètres ou des corridors, au sein desquels des infrastructures de réseau et des actifs de stockage nécessaires à l’intégration de l’énergie renouvelable dans le système électrique peuvent être développés et où ce développement ne devrait pas avoir d’incidences importantes sur l’environnement. Les zones d’infrastructures spécifiques pourraient également inclure des zones où des incidences importantes sur l’environnement peuvent être dûment atténuées ou, si cela n’est pas possible, où ces incidences sont compensées dans le cadre de l’article 15 sexies.
L’interaction entre les mesures d’évitement, d’atténuation et de compensation signifie que, dans la pratique, il existe peu de restrictions en ce qui concerne le territoire des États membres qui peut être désigné comme zones d’infrastructure spécifiques conformément aux conditions énoncées à l’article 15 sexies, pour autant, donc, que les États membres définissent des mesures d’atténuation appropriées et, si l’atténuation n’est pas possible, des mesures compensatoires dans le cadre de cette disposition, et qu’ils garantissent des synergies avec la désignation de zones d’accélération des énergies renouvelables. En ce qui concerne les projets de réseau, les zones d’infrastructure spécifiques doivent éviter les sites Natura 2000 et les zones désignées dans le cadre des régimes nationaux de protection de la nature et de la biodiversité, à moins qu’il n’existe pas d’autres solutions proportionnées pour le déploiement de ces projets, compte tenu des objectifs du site, tandis qu’en ce qui concerne les projets de stockage, les sites Natura 2000 et les zones désignées dans le cadre des régimes de protection nationaux doivent être exclus. Cela signifie une exclusion absolue de ces zones dans le cas des actifs de stockage et d’une exclusion réversible dans le cas de projets de réseau, comme expliqué plus en détail ci-dessous.
Les zones d’infrastructure spécifiques ne doivent pas nécessairement être continues ou reliées et pourraient être désignées dans différentes régions du territoire de l’État membre concerné, par exemple dans le cas d’infrastructures transfrontalières, le cas échéant.
Conformément à l’article 15 sexies, paragraphe 1, la désignation de ces zones exige:
| — | que les plans désignant les zones fassent l’objet d’une ESIE et, lorsqu’ils sont susceptibles d’avoir une incidence sur une zone Natura 2000 (18), d’une évaluation appropriée, et |
| — | que les plans désignant les zones fixent des règles appropriées et proportionnées pour l’élaboration de projets, y compris en ce qui concerne des mesures d’atténuation proportionnées, qui garantissent que les projets concernés puissent être déployés tout en évitant des incidences négatives sur l’environnement ou, lorsque cela n’est pas possible, en les réduisant de manière significative, et |
| — | que les exploitants de système d’infrastructure concernés soient consultés lors de l’élaboration des plans. |
La hiérarchisation des domaines de développement des infrastructures énergétiques devrait être guidée par l’intégration stratégique des sources d’énergie renouvelables, les projets d’électrification, les besoins pratiques, les plans de développement du réseau, les considérations environnementales, les considérations d’adaptation au changement climatique pour les futurs projets de réseau et de stockage, et la nécessité d’assurer des synergies avec la désignation de zones d’accélération des énergies renouvelables. Différents processus qui planifient et cartographient les besoins en matière de transport, de stockage, de production d’énergie et de décarbonation des transports et de l’industrie existent au niveau de l’UE et au niveau national et devraient être pris en considération (19). Il convient toujours d’assurer un alignement étroit entre ces processus de planification existants et la désignation de zones d’infrastructure spécifiques. Les pratiques actuelles en matière de coordination de ces processus avec la désignation de zones d’infrastructure varient d’un État membre à l’autre.
Conformément à l’article 15 sexies, paragraphe 2, si l’État membre concerné a désigné des zones d’infrastructure dans un cadre différent avant le 20 novembre 2023 [par exemple, conformément à l’article 6 du règlement (UE) 2022/2577 du Conseil], et si les plans pour ces zones ont fait l’objet d’une évaluation environnementale conformément à la directive ESIE, les exemptions prévues à l’article 15 sexies, paragraphe 2, peuvent également s’appliquer aux projets situés dans ces zones. L’État membre concerné conserve le droit de désigner des zones destinées aux infrastructures de réseau et de stockage supplémentaires ou différentes conformément aux exigences de l’article 15 sexies.
En outre, si les actifs de stockage bénéficient d’une certaine flexibilité en matière de localisation, les réseaux possèdent de longues voies d’acheminement ne présentant que peu ou pas de flexibilité quant à leur localisation. Il est recommandé que des zones d’infrastructure spécifiques soient désignées au niveau national de manière à éviter les zones de biodiversité hautement sensibles et précieuses, dont le réseau Natura 2000 et les zones protégées désignées au niveau national. Toutefois, si des zones d’infrastructure spécifiques chevauchent des zones Natura 2000 ou des zones désignées dans le cadre de régimes de protection nationaux, les États membres concernés peuvent autoriser le développement d’infrastructures de réseau relevant du champ d’application de l’article 15 sexies dans ces zones uniquement à condition qu’il n’existe pas d’autres solutions proportionnées.
Lorsqu’ils évaluent d’autres solutions proportionnées, les États membres devraient tenir compte de la nécessité d’assurer la viabilité économique, la faisabilité et la mise en œuvre efficace et accélérée du projet en vue de faire en sorte que la capacité de production supplémentaire d’énergie renouvelable déployée puisse être rapidement intégrée dans le système énergétique. Dans les zones où l’expansion du réseau constitue un développement essentiel du système électrique conformément à la planification du réseau national, les États membres peuvent considérer que les projets ne disposent pas d’autres solutions proportionnées eu égard aux objectifs du site. Si un État membre satisfait aux exigences de l’article 15 sexies, paragraphe 1, lors de la désignation des zones d’infrastructure spécifiques, ce qui signifie que toutes les garanties pertinentes sont en place, il sera en mesure de faire valoir qu’il n’existe pas d’autres solutions proportionnées que les sites Natura 2000 ou les zones désignées dans le cadre des régimes de protection nationaux en ce qui concerne l’emplacement retenu pour le développement des réseaux. Les États membres pourraient envisager différentes options pour déterminer s’il existe d’autres solutions proportionnées, par exemple pour les tracés de certains tronçons ou pour les projets en mer, tels que les actifs hybrides ou les infrastructures reliant directement les projets d’énergie renouvelable à terre, étant donné que les zones dans lesquelles de tels projets sont développés ont déjà été recensées et soumises à une ESIE dans le cadre des plans nationaux de planification de l’espace maritime.
Si les évaluations appropriées, au titre de l’article 6, paragraphe 3, de la directive «Habitats», d’un plan désignant des zones d’infrastructure spécifiques destinées aux réseaux concluent que le plan a une incidence négative significative sur des sites Natura 2000, le plan peut être approuvé conformément à l’article 6, paragraphe 4, de la directive si les conditions qui y sont énoncées sont remplies. Cela signifie qu’en l’absence d’autres solutions et si le plan doit être mis en œuvre pour des raisons impératives d’intérêt public majeur (20), des mesures compensatoires doivent être prises pour garantir la protection de la cohérence globale du réseau Natura 2000. La Commission a publié des orientations détaillées sur l’application de l’article 6, paragraphes 3 et 4, de la directive «Habitats» (21).
Les États membres devraient s’efforcer de recenser les domaines prioritaires qui permettent le renforcement et l’expansion nécessaires du réseau au moindre coût d’un point de vue économique, environnemental et sociétal et donner la priorité à ces domaines pour la mise en place de zones d’infrastructures spécifiques. Il s’agit notamment d’évaluer l’incidence sur la résilience au changement climatique (22). Une fois adoptés, les plans de zones d’infrastructure spécifiques doivent être régulièrement mis à jour afin de tenir compte des modifications et de s’aligner sur l’évolution des éléments pertinents pour l’élaboration des plans, telles que l’actualisation des plans de réseau ou d’autres plans ou programmes utilisés pour la désignation des zones.
4.1. Plans de développement du réseau
L’interaction entre ces zones d’infrastructure et les plans de développement du réseau (23) (PDR) est au cœur du processus de recensement. L’article 15 sexies, paragraphe 1, exige que les États membres consultent les gestionnaires de réseau de transport et de distribution lorsqu’ils élaborent un plan visant à désigner des zones d’infrastructure spécifiques.
Dans la pratique, il pourrait être utile que les plans élaborés par les opérateurs de système servent de base à la désignation des zones; néanmoins, si le processus de désignation coïncide avec le développement d’un nouveau PDR, il pourrait également précéder et façonner l’élaboration des nouveaux plans, en coordination avec les opérateurs de système.
Au niveau du transport, les PDR devraient ébaucher le développement des principales infrastructures de transport, y compris les interconnexions, au cours des dix prochaines années, et détailler les investissements prévus pour les trois prochaines années. Ces plans devraient être bien alignés sur le plan national en matière d’énergie et de climat, reflétant ainsi l’évolution future de la production et de la charge, ainsi que le développement du stockage, la participation active de la demande et d’autres solutions de substitution au développement du réseau. Au niveau de la distribution, les PDR devraient définir les investissements prévus en matière de réseau pour les cinq à dix prochaines années, en mettant particulièrement l’accent sur les principales infrastructures de distribution nécessaires pour connecter les nouvelles capacités de production et les nouvelles charges, y compris les points de recharge pour les véhicules électriques, ainsi que sur les ports et les aéroports qui évolueront de plus en plus vers l’électrification. Les plans devraient également assurer la transparence des services de flexibilité nécessaires à moyen et long terme et envisager des solutions de substitution au développement du réseau (telles que la flexibilité, y compris le stockage et la participation active de la demande, ou les technologies de réseau innovantes).
Les infrastructures de recharge (pour les véhicules électriques, mais aussi dans les ports et les aéroports) jouent un rôle spécifique parmi les nouvelles charges dont les PDR doivent tenir compte. Comme souligné dans le plan d’action industriel en faveur du secteur automobile européen (24), le déploiement d’infrastructures de recharge est une condition préalable à l’adoption de véhicules à émissions nulles et est essentiel à la compétitivité du secteur automobile européen. Dans les années à venir, les infrastructures de recharge bidirectionnelle joueront un rôle crucial pour stimuler l’intégration de l’énergie renouvelable. Dans certaines installations pertinentes, telles que les dépôts (25), elles permettront aux véhicules électriques de stocker l’excédent d’électricité renouvelable lorsque la production est élevée et de la retourner au réseau lorsque la demande augmente. La directive RED révisée tient compte de l’importance des infrastructures de recharge bidirectionnelle au moyen de dispositions relatives à l’intégration du système d’électricité renouvelable figurant à l’article 20 bis. Par conséquent, les zones prévues pour le déploiement des infrastructures de recharge et les infrastructures de réseau nécessaires au déploiement de ces infrastructures devraient être dûment prises en compte dans les PDR, et en particulier lors de la détermination des zones destinées aux infrastructures de réseau et de stockage. Cela devrait inclure des sites prioritaires pour les parcs de recharge pour véhicules utilitaires lourds recensés dans le cadre de l’initiative relative aux corridors de transport propres (26), initiative pilote menée avec les États membres dans le cadre du nouvel outil de coordination de la compétitivité de l’UE.
Cette interaction avec les PDR garantira que les infrastructures de réseau sont construites sur la base des besoins et du potentiel de production et de consommation, en soutenant les connexions au réseau existantes et futures. Néanmoins, compte tenu de la longueur des délais de développement des réseaux, il serait également important que les PDR eux-mêmes s’étendent autant que possible au-delà de l’horizon de dix ans et planifient les infrastructures pour des horizons beaucoup plus longs, qui devraient ensuite être pris en considération par les États membres lors de la désignation des zones destinées aux infrastructures de réseau et de stockage. En ce qui concerne les réseaux en mer surtout, les États membres devraient viser au moins l’horizon temporel 2035-2040.
En outre, les zones industrielles pré-recensées en vue d’une électrification croissante dans les années à venir constituent également une priorité, car elles devraient générer une demande importante d’énergie renouvelable. De même, les zones d’expansion urbaine présentent un potentiel élevé de solutions d’infrastructures intégrées, en raison des besoins croissants en énergie des régions densément peuplées.
Pour les projets de stockage, l’interaction avec les PDR est également essentielle, mais moins contraignante. Les PDR ne sont pas censés définir les lieux précis où les actifs de stockage doivent être connectés, mais devraient contenir des informations critiques concernant la congestion du réseau, de manière à aider les développeurs à déterminer les meilleurs emplacements pour les actifs de stockage. Si les actifs de stockage sont placés au bon endroit, ils peuvent contribuer à atténuer les congestions du réseau et constituer une solution de substitution à l’expansion du réseau.
Les États membres devraient également tenir compte de considérations d’aménagement local, telles que les plans de zonage existants sur l’utilisation des sols, y compris en ce qui concerne les sites du patrimoine culturel et l’urbanisme, et des exigences en matière de sécurité des réseaux d’un point de vue physique et numérique.
4.2. Coopération transfrontalière pour la désignation des zones destinées aux infrastructures de réseau et de stockage transfrontalières
Pour achever l’union de l’énergie, il est essentiel de permettre le déploiement rapide d’infrastructures répondant aux nouveaux besoins transfrontaliers de l’UE en matière de capacités électriques. Par conséquent, dans la mesure du possible, conformément à l’article 15 sexies de la directive RED révisée, les États membres devraient coopérer étroitement pour définir les réseaux et les zones de stockage à proximité de leurs frontières qui pourraient relever de l’article 15 sexies afin d’accélérer le déploiement des infrastructures transfrontalières. Cela devrait être possible pour les projets qui ne sont pas susceptibles d’avoir des incidences importantes sur l’environnement dans un autre État membre, même s’ils franchissent de facto les frontières, comme décrit à la section 3.
Dans ce contexte, les États membres devraient coopérer, coordonner et aligner la désignation des zones, les consultations des parties prenantes concernées, mais aussi le corpus réglementaire en matière d’atténuation et les éventuelles mesures compensatoires applicables en cas d’incidences importantes sur l’environnement dans ces zones qui ne peuvent être évitées. Il serait très important que les promoteurs de projets transfrontaliers n’aient affaire qu’à des exigences harmonisées en ce qui concerne le développement de leurs projets.
4.3. Évaluations des besoins de flexibilité
Les États membres peuvent combiner les informations tirées des plans de développement du réseau en ce qui concerne la localisation optimale des actifs avec les informations tirées du processus en cours d’évaluation des besoins de flexibilité d’origine non fossile de leur réseau électrique. Sur la base des dispositions du règlement sur le marché de l’électricité, une méthode concernant ces évaluations est en cours d’adoption au niveau de l’UE. Sur cette base, les États membres procéderont ensuite à l’évaluation des besoins de flexibilité non fossiles de leurs systèmes électriques pour 2030. Ces besoins sont compris, en particulier, comme des besoins d’intégration de l’énergie renouvelable, le même objectif que pour les zones d’infrastructure visées à l’article 15 sexies. Cette évaluation des besoins fournira une estimation globale du volume de flexibilité qui doit être disponible dans un État membre donné d’ici à 2030. Cette évaluation servira à l’adoption d’un objectif indicatif. Sur la base de ce processus d’évaluation, les États membres devraient obtenir une estimation i) de la capacité de stockage qu’ils s’attendraient à ce que le réseau électrique ait d’ici à 2030, et ii) des besoins des réseaux en ce qui concerne d’autres sources de flexibilité d’origine non fossile. Bien que tous les actifs de stockage ne soient pas installés dans des zones d’infrastructure spécifiques, ce processus d’évaluation des besoins devrait éclairer la désignation de ces zones, car il fournit une estimation de la capacité de stockage globale requise. En outre, l’évaluation portera sur les aspects de localisation fondés sur la participation des gestionnaires de réseau de transport et de distribution.
4.4. Considérations environnementales
Lorsque d’autres zones répondent aux mêmes besoins de développement du réseau et présentent des niveaux de viabilité comparables (du point de vue économique et du point de vue de l’exploitation du système), il convient de donner la priorité à la zone ayant l’impact le plus faible. En ce sens, lorsqu’ils recensent les zones destinées aux infrastructures de réseau et de stockage, les États membres sont censés évaluer les incidences susceptibles de résulter du développement des projets de réseau et de stockage dans les zones considérées. Les corridors dotés d’infrastructures existantes, telles que les lignes de transport ou les itinéraires de transport, devraient être privilégiés d’emblée. Leur extension prime sur la création de nouveaux tracés, car cela permettra de réduire au minimum les perturbations environnementales et d’accélérer les délais de développement. En outre, les États membres devraient accorder la priorité aux zones artificielles et construites, aux zones où des activités économiques sont en cours, telles que les transports ou l’industrie, ou aux terres dégradées non utilisables pour l’agriculture, étant donné que les incidences négatives sur l’environnement dans ces zones devraient être moins importantes que dans d’autres. Les conclusions des évaluations environnementales antérieures ou les données relatives à la zone, si elles sont disponibles, devraient être prises en considération.
En ce qui concerne les projets de stockage, les États membres devraient évaluer le rôle spécifique du stockage hydroélectrique par pompage. Du point de vue de la transition énergétique, le stockage hydroélectrique par pompage joue déjà un rôle clé dans de nombreux États membres et un certain nombre de projets visant à renforcer les capacités sont en cours. Étant donné que les projets de stockage hydroélectrique par pompage utilisent l’effet de la gravité sur les masses d’eau, ils nécessitent des conditions topographiques très spécifiques et ont souvent recours à des réservoirs existants. En d’autres termes, ils ne peuvent être construits que dans des lieux précis et ont des incidences environnementales très spécifiques qui doivent être évaluées et gérées avec soin.
La planification coordonnée des réseaux, des capacités de stockage et des capacités de production d’énergie renouvelable devrait favoriser une approche stratégique et globale qui tienne compte des limitations découlant de la protection de l’environnement, mais aussi des synergies, y compris celles relatives aux zones naturelles protégées ou aux zones faisant l’objet de mesures de restauration. À cette fin, il est essentiel de renforcer la coopération entre les autorités compétentes chargées de l’octroi de permis pour les actifs de réseau et de production d’énergie renouvelable afin de garantir une efficacité maximale.
4.5. Intégration des sources d’énergie renouvelables
La priorité devrait être accordée aux zones proches des zones d’accélération des énergies renouvelables, aux zones présentant un potentiel important en matière d’énergie renouvelable, aux zones où la capacité du réseau est limitée et aux zones où le réseau est saturé, créant des goulets d’étranglement dans la fourniture d’électricité renouvelable aux centres de demande et freinant les investissements dans l’électrification, par exemple du côté de l’industrie. Des projets d’infrastructures de réseau et de stockage sur ces sites peuvent maximiser l’intégration de l’énergie renouvelable dans le réseau, réduire les délestages et améliorer l’efficacité.
Les contributions des promoteurs de projets commerciaux et des communautés énergétiques devraient être intégrées dans l’élaboration des plans visant à désigner à un stade précoce des zones destinées aux infrastructures et au stockage. Une plateforme ou un système spécifique devrait permettre aux développeurs d’énergie renouvelable de signaler leurs besoins de raccordement au réseau au cours de la phase de planification du projet, en intégrant éventuellement des engagements financiers et des procédures d’octroi de permis accélérées.
4.6. Lien entre les zones d’accélération des énergies renouvelables et les zones destinées aux infrastructures de réseau et de stockage
L’article 15 sexies, paragraphe 1, dispose que l’objectif des zones destinées aux infrastructures de réseau et de stockage est de soutenir et de compléter les zones d’accélération des énergies renouvelables. À l’article 15, paragraphe 1, point c), plus particulièrement, il est indiqué que le plan des zones d’infrastructure doit garantir des synergies avec la désignation des zones d’accélération des énergies renouvelables. Comme indiqué ci-dessus, lorsqu’ils recensent les zones d’infrastructure spécifiques, les États membres devraient tenir compte des zones d’accélération des énergies renouvelables existantes et prévues, ainsi que des infrastructures existantes.
Au minimum, les zones nécessaires pour connecter les zones d’accélération des énergies renouvelables au réseau et les intégrer dans le système énergétique devraient être désignées comme zones de réseau spécifiques. Elles sont particulièrement nécessaires si les zones d’accélération des énergies renouvelables ne sont pas en mesure d’accueillir la construction de tous les équipements de réseau requis pour l’intégration des zones d’accélération des énergies renouvelables.
Les États membres peuvent désigner une même zone comme zone d’accélération des énergies renouvelables et comme zone destinée aux infrastructures de réseau et de stockage. Toutefois, les différentes exigences de l’article 15 quater et de l’article 15 sexies doivent être remplies. Un plan national unique peut porter sur les deux domaines, mais il doit alors comporter des sections distinctes et spécifiques axées sur les infrastructures et les énergies renouvelables.
L’article 15 ter oblige les États membres à réaliser, au plus tard le 21 mai 2025, une cartographie des zones nécessaires aux contributions nationales à la réalisation de l’objectif global de l’Union en matière d’énergies renouvelables pour l’exercice 2030. Conformément à l’article 15 ter, paragraphe 2, point c), les États membres doivent prendre en considération, pour la cartographie, entre autres, «la disponibilité des infrastructures énergétiques pertinentes, y compris les infrastructures de réseau et les installations de stockage et d’autres outils de flexibilité, ou les possibilités de construction ou de modernisation de ces infrastructures de réseau et installations de stockage». Par conséquent, les plans pour les zones d’infrastructure spécifiques élaborés conformément à l’article 15 sexies devraient, idéalement, être fondés sur l’exercice de cartographie conformément à l’article 15 ter, paragraphe 2, de la directive RED révisée, plutôt que sur une action autonome.
S’il n’est pas possible de désigner des zones destinées aux infrastructures de réseau et de stockage de façon simultanée en tant que zones d’accélération des énergies renouvelables, elles devraient être recensées par la suite de manière à garantir la disponibilité d’une capacité de réseau suffisante pour connecter et intégrer les nouvelles centrales de production d’électricité à partir de sources d’énergie renouvelables et leurs infrastructures connexes.
4.7. Participation du public
La participation du public joue un rôle crucial dans les processus d’approbation des projets d’infrastructures énergétiques, car elle peut influencer à la fois leur rythme et leur résultat, en particulier en levant les oppositions susceptibles d’entraîner des problèmes administratifs et juridiques. L’ESIE requise pour l’adoption des plans de désignation des zones destinées aux infrastructures de réseau et de stockage (27) implique qu’une consultation publique ait lieu dans le cadre du processus de désignation. En organisant des activités de participation du public à un stade précoce, en garantissant la transparence de la cartographie et en procédant à des consultations publiques inclusives de manière à déterminer de manière précoce les incidences possibles sur les communautés locales, les États membres peuvent favoriser l’acceptation par le public des projets de réseau et de stockage.
Avec le pacte européen de mobilisation et ses principes directeurs (28), les États membres ont à leur disposition un instrument essentiel pour faciliter la participation du public au déploiement des réseaux et du stockage. Le pacte appelle à une mobilisation précoce, régulière et constructive des parties prenantes publiques et souligne la nécessité d’un soutien réglementaire adéquat. En signant le pacte et en adhérant à ses principes, les autorités compétentes peuvent veiller à ce que les activités de participation du public dans le cadre de la désignation d’une zone d’infrastructure spécifique soient menées de manière à éliminer ou à atténuer l’opposition de celui-ci.
| Planification: l’exemple de la France Le processus français de désignation des zones d’accélération des énergies renouvelables offre des bonnes pratiques pertinentes. Ce processus comprend le recensement des zones pertinentes pour les zones d’accélération des énergies renouvelables ainsi qu’une évaluation stratégique et la consultation des opérateurs de système. Après une consultation publique, les autorités locales recensent les zones et en informent les autorités concernées, y compris le régulateur de l’énergie. Avec la participation des gestionnaires de réseau de distribution (GRD), le gestionnaire de réseau de transport (GRT) élabore le plan S3REnR (29), qui optimise le développement, l’utilisation et le coût des infrastructures nécessaires à la connexion des énergies renouvelables tout en garantissant la sécurité du réseau. Cela suppose notamment d’évaluer le potentiel de développement des énergies renouvelables aux niveaux national et régional et de déterminer la capacité de raccordement au réseau nécessaire dans l’ensemble de la zone pour tenir compte du développement des actifs de production. Les GRD cartographient le territoire afin de déterminer si une connexion au réseau est située dans une zone environnementale sensible. Avant le début des travaux de développement du réseau, des consultations publiques sont organisées avec la participation des autorités locales, des représentants élus, des organisations non gouvernementales et des populations locales. |
| Planification: l’exemple de l’Allemagne Le régulateur, la BNetzA, recense les zones privilégiées et les zones de réservation qui sont classées comme «zones prioritaires» et «zones de réservation pour les lignes de transport d’énergie» dans la loi allemande sur l’aménagement du territoire. L’autorité compétente en matière d’approbation de la planification détermine les zones d’infrastructure dans lesquelles les évaluations des incidences sur l’environnement et la protection des espèces ne sont pas obligatoires. Un processus de réexamen est mené pour atténuer ou compenser les incidences négatives imprévues. La BNetzA a recours à un système d’information géographique pour l’analyse de la distance de résistance par logiciel afin de déterminer les bandes de terrain présentant des liaisons avantageuses entre les points de départ et de fin, en tenant compte des résistances spatiales et de construction et de la longueur. Le bureau d’aménagement du territoire détermine l’utilisation des terres et veille à l’intégration des infrastructures énergétiques dans l’aménagement du territoire. Les lois locales sur le zonage permettent aux municipalités d’affecter des terres à des fins spécifiques, y compris des infrastructures énergétiques. Les autorités locales sont tenues de tenir compte des besoins en infrastructures énergétiques dans leur planification. La loi fédérale sur l’industrie de l’énergie souligne la nécessité d’infrastructures énergétiques, y compris les réseaux électriques et les installations de stockage, afin de soutenir la transition énergétique, et le plan fédéral de développement des réseaux recense les domaines critiques pour le développement du réseau. Les considérations environnementales et les zones de protection sont prises en compte. En outre, la loi allemande sur l’énergie éolienne en mer établit un cadre clair pour la désignation des zones adaptées aux infrastructures éoliennes en mer, y compris les zones de production, les raccordements au réseau et les infrastructures de réseau connexes. L’Institut fédéral de recherche sur la construction, les affaires urbaines et l’aménagement du territoire gère un plan national d’aménagement du territoire. Il consigne les spécifications de l’aménagement du territoire fédéral et régional. |
4.8. Planification en mer
Conformément à la directive 2014/89/UE (30), les États membres sont tenus d’organiser leur planification de l’espace maritime sur la base des activités et utilisations pertinentes existantes et futures dans leurs eaux marines. Pour ce faire, les États membres établissent leurs plans issus de la planification de l’espace maritime (PPEM).
Lors de l’élaboration des PPEM, les États membres facilitent l’utilisation de l’espace maritime à diverses fins, y compris la production d’énergie renouvelable (31).. La désignation de zones à des fins différentes s’accompagne d’une évaluation environnementale stratégique conformément à la directive ESIE. En outre, afin d’éviter les doubles emplois et la charge administrative supplémentaire, la directive RED révisée encourage les États membres à utiliser ou à exploiter leur axe de travail et leurs documents et plans d’aménagement du territoire existants pour élaborer des PPEM lors de la cartographie des zones présentant un potentiel de production d’énergie renouvelable et lors de la cartographie des zones nécessaires pour atteindre au moins leur contribution nationale à l’objectif de l’UE en matière d’énergie renouvelable à l’horizon 2030 (32).
La directive 2014/89/UE définit clairement les «installations et infrastructures de production d’énergie renouvelable» comme des activités et usages que les États membres peuvent inclure dans leurs PPEM. Bien que les infrastructures nécessaires au transport de cette énergie à terre ne soient pas mentionnées séparément parmi les considérations pertinentes, elles devraient être considérées comme faisant partie des infrastructures visées dans la directive. Compte tenu du rôle joué par les zones d’infrastructure spécifiques pour intégrer l’énergie renouvelable dans le réseau électrique et compléter les zones d’accélération des énergies renouvelables, les États membres devraient considérer les infrastructures de transport d’énergie renouvelable comme un usage possible dans leurs PPEM, de la même manière que les «canalisations et câbles sous-marins» explicitement mentionnés dans la directive (33). Par conséquent, il est possible de s’appuyer sur les travaux réalisés pour élaborer les PPEM lors de la désignation des zones d’infrastructure spécifiques en mer.
Les États membres sont encouragés à renforcer la coopération transfrontalière en matière de planification de l’espace maritime au niveau des bassins maritimes et à coopérer étroitement à la planification des réseaux en mer au sein des organisations régionales et en coordination avec les plans de développement du réseau en mer.
Le cas de la planification en mer nécessite une attention particulière, étant donné que, la plupart du temps, les projets de production d’énergie renouvelable et d’infrastructure développés présentent des caractéristiques qui ne peuvent être remplacées par une configuration différente des projets ou par un projet différent eu égard aux coûts et aux avantages socio-économiques escomptés. Par conséquent, dans de tels cas, lorsqu’ils évaluent l’existence d’autres solutions proportionnées pour les projets en mer, tels que les actifs hybrides (34) ou les infrastructures reliant directement les projets d’énergie renouvelable à la terre, les États membres devraient tenir compte des zones recensées dans les PPEM, étant donné que les plans recensant ces zones ont déjà fait l’objet d’une ESIE lors de l’élaboration de la planification de l’espace maritime.
En outre, en ce qui concerne la mise en place de zones spécifiques en mer, les États membres devraient envisager d’avoir recours au réseau européen d’observation et de données du milieu marin (35), qui est un service de référence pour l’économie bleue de l’UE et la planification de nouvelles installations en mer.
Certains États membres présentent déjà de bonnes pratiques en ce qui concerne la coordination entre les processus de recensement de zones spécifiques pour le développement en mer:
| Planification maritime: l’exemple de la Lituanie La Lituanie désigne des zones maritimes pour le déploiement des énergies renouvelables en mer. Sa planification de l’espace maritime a été élaborée dans le cadre du plan global national, lequel inclut une section sur les «territoires maritimes» qui complète le plan d’aménagement du territoire terrestre. Ce plan repose sur une étude recensant les domaines prioritaires pour le développement de l’éolien en mer. Les zones maritimes ont été sélectionnées sur la base de critères technologiques (à savoir la capacité installée, l’agencement des installations, la densité de puissance), territoriaux (à savoir l’utilisation rationnelle du site, la profondeur/le terrain, la distance par rapport aux côtes/ports, la faisabilité des zones, la vitesse du vent) et d’infrastructures (à savoir le tracé initial Harmony Link, l’emplacement de la sous-station en mer). Dans ces zones, les parcs éoliens en mer peuvent être développés et exploités par phases, en réservant des corridors aux infrastructures et au trafic naval. Le projet a bénéficié d’un financement de la Commission européenne au titre du plan pour la reprise et la résilience. |
4.9. Utilisation d’outils numériques pour soutenir la mise en œuvre
Compte tenu de la rareté de l’espace et des éventuelles incidences négatives des infrastructures de réseau, les États membres devraient utiliser des outils numériques d’aménagement du territoire tels que des outils d’octroi de permis et de demande de raccordement, des outils de gestion des offres en matière d’énergies renouvelables et des cartes de densité des capacités de production, de transport et de distribution. Il convient également d’utiliser des outils de cartographie de la sensibilité environnementale et des portails contenant des données environnementales qui recensent les régions nécessitant une attention particulière sur le plan environnemental. Par exemple, les États membres pourraient utiliser l’outil de visualisation Natura 2000 présentant la localisation géographique des sites Natura 2000 et les informations propres à chaque site (36). En outre, la mise en place de portails contenant des données environnementales numérisées pourrait rationaliser la cartographie et l’examen préalable du territoire. Par exemple, au Danemark, le portail environnemental danois, qui appartient au gouvernement national, aux régions et aux municipalités (37), donne accès à des données environnementales complètes et interopérables pour les utilisateurs enregistrés. Le portail s’articule autour de «groupes thématiques» couvrant l’eau, la nature, les évaluations environnementales et d’autres domaines, en mettant l’accent sur l’«analyse écosystémique» des effets cumulatifs. Les données sont liées aux lieux, ce qui permet aux utilisateurs de marquer des zones spécifiques et d’obtenir une vue d’ensemble de toutes les données environnementales dans la zone choisie. En ce qui concerne les EIE, le portail fournit une base de référence pour le partage des données relatives aux projets, et les données supplémentaires produites pour l’EIE sont partagées avec le portail afin d’alimenter les évaluations suivantes. Le portail a mis au point plusieurs outils pour aider les promoteurs de projets dans le processus d’EIE, notamment un outil d’examen préalable utilisant l’intelligence artificielle pour rechercher des EIE antérieures, et un «pôle EE» pour rechercher des données sur les conflits dans des lieux spécifiques. Ces outils comprennent des «outils EE» qui compilent des données pour le processus EIE (actuellement disponibles uniquement pour les projets terrestres) et permettent aux utilisateurs de définir des régions sur des cartes de manière à pouvoir étudier les données disponibles et les incidences potentielles.
Il convient également d’utiliser au mieux les cartes SIG, les bases de données et d’autres portails de données géologiques existants qui combinent des restrictions environnementales et autres avec des informations sur les exigences en matière d’infrastructures, les capacités et/ou les zones présentant le potentiel et la demande les plus élevés en matière d’énergie renouvelable. Par exemple, l’outil en ligne du laboratoire de géographie industrielle et d’énergie du Centre commun de recherche de la Commission (Energy and Industry Geography Lab) (38) intègre des zones sensibles et des données sur les réseaux électriques existants et prévus, les énergies renouvelables et les infrastructures de stockage. L’atlas de l’énergie fournit des informations sur les centres de demande (39).
Il convient également d’utiliser autant que possible des outils numériques facilitant le partage d’informations avec les organismes chargés de l’octroi des permis et les parties prenantes, ainsi que des outils numériques servant à recenser les infrastructures énergétiques disponibles et à se conformer à l’obligation de cartographie découlant de l’article 15 ter de la directive RED révisée.
| Italie – TE.R.R.A. Le gestionnaire de réseau de transport italien, Terna, a mis en œuvre un outil visant à faciliter la planification territoriale et environnementale et à garantir une programmation plus efficace des infrastructures. Le portail TE.R.R.A. diffuse des informations relatives au développement du réseau, aux demandes de raccordement, aux sources d’énergie renouvelables, au stockage et aux installations de consommation (y compris au moyen de rapports de suivi sur l’état des procédures de raccordement, de visualisations géolocalisées et d’une cartographie des contraintes environnementales et territoriales). Le portail est accessible aux institutions et aux opérateurs économiques intéressés, qui améliorent la programmation et la coordination entre Terna et les organismes chargés de l’octroi des permis. En outre, l’Italie applique le principe de microzonage, qui consiste à diviser les zones de marché actuelles en entités plus petites afin de faciliter la planification coordonnée des demandes de raccordement et des améliorations du réseau. Ce modèle permet de quantifier les capacités supplémentaires en matière d’énergie renouvelable qui peuvent être intégrées compte tenu de l’évolution attendue du réseau. Portugal Au Portugal, le LNEG, le laboratoire national de l’énergie et de géologie (40), soutenu par un financement de la Commission européenne au titre du plan pour la reprise et la résilience, a évalué les zones du Portugal (continental) moins sensibles du point de vue de l’environnement et du patrimoine afin d’y développer des centrales électriques utilisant de l’énergie renouvelable et a mis au point une application permettant aux utilisateurs de visualiser des cartes et des informations géographiques (41). Ces données constituent un répertoire qui centralise les informations géoréférencées du LNEG dans les domaines de l’énergie et de la géologie. L’identification des zones les moins sensibles du point de vue de l’environnement et du patrimoine a permis de déterminer clairement quelles zones se prêtaient à une procédure d’octroi de permis simplifiée pour la construction d’installations de production solaire et éolienne et d’ainsi accélérer leur mise en œuvre sans compromettre les valeurs environnementales et territoriales. Les zones qui en résultent sont susceptibles de faire l’objet de procédures d’octroi de permis simplifiées. |
5. Évaluation de l’existence d’incidences importantes sur l’environnement
L’article 15 sexies impose aux États membres d’évaluer les incidences importantes potentielles sur l’environnement lors de la désignation des zones spécifiques. Les États membres doivent fixer des exigences appropriées et proportionnées que les promoteurs doivent respecter, afin d’éviter ou de réduire sensiblement les incidences négatives sur l’environnement qui peuvent survenir, par exemple au moyen d’un corpus réglementaire en matière d’atténuation. Un processus d’examen préalable doit également être mis en place afin de veiller à ce que, dans le cas où un projet est fortement susceptible d’entraîner une incidence négative imprévue importante, cela soit détecté et que l’incidence puisse ensuite être évitée, atténuée ou, lorsque l’atténuation n’est pas possible, compensée.
Bien que les informations figurant dans cette section ne soient pas spécifiques au recensement des zones d’infrastructure et de stockage spécifiques, elles visent à guider les États membres dans la réalisation des évaluations pertinentes et dans l’établissement d’exigences appropriées et proportionnées.
Les incidences potentielles des projets de réseau et de stockage varieront selon que le projet consiste en un nouvel actif ou en un renforcement ou un remplacement d’actifs existants. L’incidence des travaux nécessaires à la modernisation des projets existants (selon les estimations, plus de 40 % des réseaux européens nécessitent une modernisation (42)) pourrait être considérée comme temporaire.
Au stade de la préparation des plans en vue de la désignation des zones d’infrastructure spécifiques, les incidences importantes potentielles sur l’environnement sont évaluées en tenant compte des caractéristiques des projets existants et prévus, de leur localisation, des zones géographiques susceptibles d’être affectées par ces projets et des caractéristiques des incidences potentielles (43). Cette détermination des incidences importantes potentielles sur l’environnement est fondamentale pour déterminer quelles zones n’en présentent pas et, pour les zones qui en présentent, vérifier si ces incidences peuvent être évitées, atténuées ou, lorsque cela n’est pas possible, compensées. Cette évaluation aide également les autorités à déterminer les mesures appropriées d’évitement, d’atténuation ou de compensation à mettre en œuvre dans la zone par les promoteurs de projets.
Les incidences importantes sur l’environnement associées aux projets de réseau et de stockage peuvent varier selon les phases du cycle de vie, à savoir la construction, l’entretien, l’exploitation et le déclassement.
| Incidences environnementales typiques des projets de réseau et de stockage
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Pour remédier aux incidences importantes des infrastructures sur l’environnement, il convient de favoriser davantage la mise en place de bonnes pratiques et de mesures favorables à la nature, telles que les solutions fondées sur la nature, et de mettre en place des processus solides de collecte et d’évaluation des données.
| Gestion intégrée de la végétation: l’exemple de la Belgique Le gestionnaire belge du réseau de transport, Elia, coopère avec la coopérative d’ingénierie écologique et forestière Ecofirst pour suivre l’évolution des corridors écologiques belges. Ce suivi est effectué conformément aux normes scientifiques, en s’appuyant sur des enquêtes menées sur plusieurs groupes taxonomiques de la faune et de la flore, ainsi que sur les avis d’experts concernant l’état d’avancement, la diversité et la structure de la végétation figurant dans le rapport. Ce processus de suivi a lieu une fois par saison et comprend une surveillance approfondie des sites par des écologues pendant les hautes saisons, une documentation photographique régulière et des classifications des habitats. Elia met également en œuvre des objectifs en matière d’effaroucheurs d’oiseaux. |
5.1. Outils de coopération et de soutien pour recenser les incidences importantes sur l’environnement
Afin d’évaluer les incidences importantes potentielles sur l’environnement, les autorités compétentes en matière d’environnement et d’octroi de permis (aux niveaux national, régional et local) devraient être associées au processus dès le départ, de sorte que les informations les plus précises soient intégrées dans les procédures d’autorisation environnementale. Des outils, des ensembles de données et des évaluations existantes appropriés devraient être utilisés pour recenser les zones dans lesquelles le déploiement de réseaux et le stockage n’auront pas d’incidences importantes sur l’environnement. Le portail danois de l’environnement mentionné ci-dessus est un bon exemple de coopération entre les autorités compétentes au moyen d’outils adéquats. En outre, il serait important que les États membres coopèrent également au niveau transfrontalier avec les autorités des États membres voisins afin de garantir un alignement des approches et des exigences par-delà les frontières et de faciliter ainsi, dans la mesure du possible, le développement de projets de réseaux transfrontaliers.
5.2. Corpus réglementaire en matière d’atténuation
En vertu de l’article 15 sexies, paragraphe 1, point e), les États membres devraient établir des règles appropriées et proportionnées et les incorporer dans les plans de désignation des zones destinées aux infrastructures de réseau et de stockage, afin d’éviter ou de réduire au minimum les incidences négatives sur l’environnement. Ces règles incluent notamment des mesures d’évitement et, si ce n’est pas possible, des mesures et des conditions d’atténuation. Conformément à l’article 15 sexies, paragraphe 1, si les incidences importantes attendues sur l’environnement ne peuvent être dûment atténuées, ces incidences doivent être compensées (voir la section 5.3 ci-dessous sur les mesures compensatoires).
En conséquence, les États membres peuvent élaborer un corpus réglementaire en matière d’atténuation pour chaque réseau et chaque zone de stockage spécifiques, en recensant des mesures adaptées pour faire face aux incidences importantes potentielles que la mise en œuvre du plan devrait avoir (44). Les États membres peuvent s’appuyer sur les incidences importantes potentielles recensées dans les ESIE, les EIE antérieures et les évaluations appropriées réalisées pour des projets menés dans la région. S’agissant des mesures visant à remédier à l’incidence importante de projets dans des zones d’infrastructure spécifiques, celles-ci devraient tenter d’éviter les incidences recensées ou, lorsque cela n’est pas possible, les réduire de manière significative (45). Les États membres pourraient également avoir recours à la bibliothèque de mesures d’atténuation pour les incidences sur les masses d’eau (46).
5.2.1. Mesures d’atténuation
Lors de l’élaboration du corpus réglementaire, différentes mesures pourraient être envisagées pour éviter ou atténuer les effets néfastes recensés sur l’environnement qui pourraient survenir, entre autres: i) en utilisant d’autres itinéraires qui évitent les zones écologiquement sensibles et limitent la fragmentation de l’habitat, ii) en enfouissant les câbles en cas de risque accru de collision d’espèces sauvages (idéalement le long des routes et d’autres terrains linéaires existants), ou iii) en appliquant des solutions de fouilles ou d’autres solutions innovantes dans des zones données.
| Exemples d’approches des mesures d’atténuation au stade de la planification
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Les États membres pourraient également imposer des conditions aux développements dans les zones où les réseaux et le stockage sont nécessaires mais ont une incidence significative sur l’environnement.
| Exemples d’exigences en matière de conception et de construction:
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Les États membres pourraient également imposer des conditions à l’exploitation d’actifs dans les zones d’infrastructure spécifiques afin d’atténuer les incidences négatives sur l’environnement susceptibles de se produire.
| Exemples de conditions d’exploitation:
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5.3. Mesures compensatoires
Conformément à l’article 15 sexies, paragraphe 1, la directive RED révisée donne la priorité aux mesures d’atténuation pour faire face aux incidences importantes sur l’environnement. Toutefois, les États membres qui désignent des zones d’infrastructure spécifiques peuvent également introduire des mesures compensatoires pour les situations dans lesquelles les incidences importantes sur l’environnement des zones destinées aux infrastructures de réseau et de stockage ne peuvent pas être atténuées. L’objectif serait de compenser les incidences négatives imprévues importantes sur l’environnement d’un projet qui ne pourraient pas être évitées ou atténuées.
| Exemple de mesure compensatoire Création d’habitats compensatoires pour les espèces touchées: créer de nouveaux habitats pour compenser les pertes causées par le déploiement d’infrastructures de réseau ou de stockage. |
5.4. Examen des projets dans les zones d’infrastructure spécifiques
Lorsque les États membres entendent faire usage des exemptions prévues à l’article 15 sexies, paragraphe 2, les autorités nationales compétentes doivent procéder à un examen des projets à déployer dans des zones d’infrastructure spécifiques. L’examen porte sur la question de savoir si un projet est fortement susceptible d’entraîner une incidence négative imprévue importante qui n’a pas été recensée lors de l’évaluation environnementale des plans de désignation des zones d’infrastructure spécifiques, réalisée conformément à la directive ESIE et, le cas échéant, à la directive «Habitats», ou visée dans le corpus réglementaire d’atténuation pertinent. Lors de l’examen des incidences sur l’environnement liées aux projets d’infrastructure, les autorités nationales compétentes devraient tenir compte des critères énumérés à l’annexe III de la directive EIE (47) et, le cas échéant, de la directive-cadre sur l’eau.
Cet examen ne devrait pas durer plus de 30 jours et devrait être fondé sur les informations existantes provenant d’évaluations environnementales antérieures et sur toute information supplémentaire déjà disponible dont l’autorité juge la production par le promoteur nécessaire. Le processus d’examen préalable ne devrait pas obliger le promoteur à recueillir de nouvelles informations qui ne sont pas encore disponibles.
Conformément à l’article 15 sexies, paragraphe 5, pour le processus d’examen préalable et d’évaluation d’un projet visant à renforcer l’infrastructure de réseau existante dans une zone d’infrastructure spécifique, seules les incidences potentielles découlant de la modification ou de l’extension par rapport à l’infrastructure de réseau initiale doivent être prises en compte. Il convient de mentionner que les dispositions de l’article 15 sexies, paragraphe 5, ne se limitent pas aux zones destinées aux infrastructures de réseau ou de stockage, ni aux projets soumis à un examen préalable conformément à l’article 15 sexies, paragraphes 3 et 4. Cette disposition s’applique à tous les cas où l’intégration de l’énergie renouvelable dans le système électrique nécessite un projet pour renforcer l’infrastructure du réseau (dans des zones d’infrastructure spécifique ou hors de ces zones). L’article 15 sexies, paragraphe 5, contient en fait des dispositions obligatoires pour les États membres selon lesquelles, dans le cas de projets de renforcement du réseau, i) l’examen préalable réalisé en application de l’article 15 sexies, paragraphe 3, ii) les EIE réalisées conformément à l’article 4, paragraphe 1, de la directive EIE et iii) la détermination, effectuée conformément à l’article 4, paragraphe 2, de la directive EIE, de la nécessité d’une EIE, doivent, tous, se limiter aux incidences potentielles découlant de la modification ou de l’extension par rapport à l’infrastructure de réseau initiale. En ce sens, pour les projets visant à renforcer ou à remplacer les infrastructures de réseau, le champ d’application de ces trois procédures doit être limité aux modifications ou extensions susceptibles d’avoir des incidences importantes au-delà du projet initial. Lorsque l’examen préalable constate qu’un projet est fortement susceptible d’entraîner une incidence imprévue importante, l’autorité compétente veille, sur la base des données existantes (48), à ce que des mesures d’atténuation proportionnées et adéquates soient prises pour y remédier. S’il n’est pas possible d’appliquer des mesures d’atténuation aux incidences négatives imprévues recensées au cours du processus d’examen préalable, l’autorité compétente doit veiller à ce que le promoteur adopte des mesures compensatoires appropriées pour remédier à ces incidences. Lors de l’examen des projets, les autorités nationales compétentes seront chargées de veiller à ce que les mesures d’atténuation et les mesures compensatoires proposées à l’adoption par un promoteur de projet soient appropriées.
Afin de maintenir ou d’améliorer l’état de conservation des espèces concernées, l’autorité peut choisir d’exiger la mise en place de mesures compensatoires ou une compensation financière en faveur de programmes de protection des espèces. Dans ce dernier cas, l’autorité compétente doit calculer le montant approprié de la contribution. Étant donné que les promoteurs de projets ne sont pas spécialistes des questions environnementales, cette mesure de dernier recours permet à des experts environnementaux spécialisés de maintenir ou d’améliorer l’état de conservation des espèces touchées dans un lieu différent de celui du projet et où les avantages des mesures compensatoires pour la faune et la flore peuvent être maximisés. Cela permet également de poursuivre les projets pendant la mise en œuvre des mesures compensatoires, ce qui est essentiel compte tenu de l’urgence du déploiement des infrastructures énergétiques.
| Régime allemand de compensation environnementale Les zones d’infrastructure sont déterminées par l’autorité compétente en matière d’approbation des plans. Les évaluations des incidences sur l’environnement et de la protection des espèces ne sont plus obligatoires pour les projets individuels dans ces domaines. Au lieu de cela, l’autorité compétente en matière d’approbation des plans procède à un examen afin d’atténuer ou de compenser les incidences négatives imprévues. En l’absence de mesures d’atténuation adéquates, les autorités compétentes évaluent une contribution appropriée des promoteurs de projets en faveur du fonds de protection de la nature ou de programmes de soutien aux espèces en vue de la préservation ou de l’amélioration des populations concernées. Ce faisant, le fonds ou les programmes peuvent être gérés par des professionnels de l’environnement et cibler une population entière plutôt que les individus recensés. Une telle approche permet de prendre des mesures dans des lieux où les mesures compensatoires auront une incidence positive plus marquée et de mettre en place un suivi complet de l’évolution de la population. |
(1) https://energy.ec.europa.eu/topics/infrastructure/trans-european-networks-energy_en#a-european-grid-action-plan (en anglais).
(2) Directive (UE) 2018/2001 telle que modifiée par la directive (UE) 2023/2413 du Parlement européen et du Conseil du 18 octobre 2023 modifiant la directive (UE) 2018/2001, le règlement (UE) 2018/1999 et la directive 98/70/CE en ce qui concerne la promotion de l’énergie produite à partir de sources renouvelables, et abrogeant la directive (UE) 2015/652 du Conseil, JO L, 2023/2413.
(3) Comme décrit dans le plan d’action pour une énergie abordable, à la suite de l’application de procédures d’octroi plus rapides pendant la crise énergétique en Allemagne, les permis pour les nouveaux projets éoliens terrestres ont plus que triplé depuis 2022, augmentant ainsi le nombre d’installations de 48 % en un an (2023), et environ 3 300 km de réseaux de transport ont été approuvés depuis le deuxième trimestre de 2023, ce qui permet de gagner de 12 mois à trois ans.
(4) Conformément à ces dispositions, «les États membres peuvent adopter un ou plusieurs plans pour désigner des zones d’infrastructure spécifiques destinées au développement de projets de réseau ou de stockage nécessaires à l’intégration de l’énergie renouvelable dans le système électrique lorsque ce développement ne devrait pas avoir d’incidence importante sur l’environnement ou lorsque cette incidence peut être dûment atténuée ou, si ce n’est pas possible, compensée».
(5) Voir le rapport de suivi 2023 de l’ACER sur les projets d’intérêt commun (en anglais). https://acer.europa.eu/sites/default/files/documents/Publications/2023_ACER_PCI_Report.pdf.
(6) https://investor.eliagroup.eu/-/media/project/elia/shared/documents/investor-relations/reports-and-results/reports-for-elia-group/2025/transcript-fy-2024-analyst-call.pdf (en anglais).
(7) Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions – Le chaînon manquant des réseaux – Un plan d’action de l’UE pour les réseaux (COM/2023/757 final, 28.11.2023, https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=COM:2023:757:FIN).
(8) Direction générale de l’environnement, «Document d’orientation – Les infrastructures de transport d’énergie et la législation européenne sur la conservation de la nature», Office des publications de l’Union européenne, 2018, https://op.europa.eu/fr/publication-detail/-/publication/82e2011b-be3e-11e9-9d01-01aa75ed71a1/language-fr.
(9) Cela comprend: les câbles électriques à basse, moyenne, haute et très haute tension aériens, souterrains et sous-marins; tous les équipements ou installations, systèmes et composants numériques intégrant des technologies de l’information et de la communication (TIC), par l’intermédiaire de plateformes numériques opérationnelles, de systèmes de contrôle et de technologies de capteurs, tant au niveau du transport que de la distribution, visant à garantir un réseau de transport et de distribution de l’électricité plus efficace et plus intelligent; tous les équipements ou installations indispensables pour assurer la sécurité, la sûreté et l’efficacité du fonctionnement des systèmes électriques, notamment les systèmes de protection, de surveillance et de contrôle pour toutes les tensions et les sous-stations.
(10) L’article 2, paragraphe 59, de la directive (UE) 2019/944, telle que modifiée par la directive (UE) 2024/1711 du Parlement européen et du Conseil du 13 juin 2024 modifiant les directives (UE) 2018/2001 et (UE) 2019/944 en ce qui concerne l’amélioration de l’organisation du marché de l’électricité de l’Union, JO L, 2024/1711, définit le «stockage d’énergie» comme étant, «dans le système électrique, le report de l’utilisation finale de l’électricité à un moment postérieur à celui auquel elle a été produite, ou la conversion de l’énergie électrique en une forme d’énergie qui peut être stockée, la conservation de cette énergie et la reconversion ultérieure de celle-ci en énergie électrique ou son utilisation en tant qu’autre vecteur d’énergie». Seul le stockage d’énergie qui reconvertit l’énergie stockée en énergie électrique peut être considéré comme relevant du champ d’application de l’article 15 sexies de la directive RED révisée. Les actifs d’infrastructure de stockage dans ce cadre comprennent: les installations de stockage d’électricité, individuelles ou agrégées, utilisées pour stocker de l’énergie de manière permanente ou temporaire dans des actifs de surface ou souterrains (comme des batteries) ou des sites géologiques, pour autant qu’elles soient connectées aux lignes de transport ou de distribution, ainsi que tout équipement ou installation essentiel à l’exploitation sûre, sécurisée et efficace de l’installation de stockage, y compris les systèmes de protection, de surveillance et de contrôle à tous les niveaux de tension et sous toutes les sous-stations.
(11) La portée de ces notions a été examinée en détail dans la recommandation et les orientations de la Commission relatives à l’accélération de l’octroi de permis pour les projets dans le domaine des énergies renouvelables et les projets d’infrastructure connexes:
| — | recommandation (UE) 2024/1343 de la Commission du 13 mai 2024 relative à l’accélération des procédures d’octroi de permis pour les projets dans le domaine des énergies renouvelables et les projets d’infrastructure connexes, C/2024/2660, JO L, 2024/1343; |
| — | document de travail des services de la Commission SWD(2024) 124 final du 13 mai 2024 – Orientations destinées aux États membres relatives aux bonnes pratiques qui permettent d’accélérer les procédures d’octroi de permis pour les projets en matière d’énergie renouvelable et les projets d’infrastructure connexes, accompagnant la recommandation de la Commission relative à l’accélération des procédures d’octroi de permis pour les projets dans le domaine des énergies renouvelables et les projets d’infrastructure connexes, C(2024) 2660 final – SWD(2024) 333 final. |
(12) Directive 2011/92/UE du Parlement européen et du Conseil du 13 décembre 2011 concernant l’évaluation des incidences de certains projets publics et privés sur l’environnement, JO L 26, p. 1 (ci-après la «directive EIE»).
(13) Directive 2001/42/CE du Parlement européen et du Conseil du 27 juin 2001 relative à l’évaluation des incidences de certains plans et programmes sur l’environnement, JO L 197, p. 30 (ci-après la «directive ESIE»).
(14) Directive 2000/60/CE du Parlement européen et du Conseil du 23 octobre 2000 établissant un cadre pour une politique communautaire dans le domaine de l’eau, p. 1.
(15) Directive 92/43/CEE du Conseil du 21 mai 1992 concernant la conservation des habitats naturels ainsi que de la faune et de la flore sauvages, JO L 206, p. 7 (ci-après la «directive “Habitats” »).
(16) Directive 2009/147/CE du Parlement européen et du Conseil du 30 novembre 2009 concernant la conservation des oiseaux sauvages, JO L 20 du 26.1.2010, p. 7, http://data.europa.eu/eli/dir/2009/147/2019-06-26.
(17) Règlement portant dispositions communes.
(18) Dans le cas des projets de réseau, étant donné que l’article 15 sexies de la directive RED révisée exclut les zones Natura 2000 pour les projets de stockage.
(19) Zones d’accélération des énergies renouvelables; plans nationaux en matière d’énergie et de climat (PNEC); évaluations des besoins de flexibilité non fossile; plans de développement du réseau; planification de l’espace maritime; plan de restauration de la nature; et processus envisagés dans le règlement (UE) 2024/1735 du Parlement européen et du Conseil du 13 juin 2024 relatif à l’établissement d’un cadre de mesures en vue de renforcer l’écosystème européen de la fabrication de produits de technologie «zéro net» et modifiant le règlement (UE) 2018/1724, JO L, 2024/1735, 28.6.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2024/1735/oj (règlement «industrie “zéro net” »).
(20) En vertu de l’article 16 septies de la directive (UE) 2023/2413, la planification, la construction et l’exploitation d’installations d’énergie renouvelable, le raccordement de ces installations au réseau, le réseau connexe lui-même et les actifs de stockage sont présumés relever de l’intérêt public supérieur et servir la santé et la sécurité publiques jusqu’à ce que la neutralité climatique soit atteinte. En outre, conformément à l’article 7, paragraphe 8, du règlement RTE-E, les projets d’intérêt commun et les projets d’intérêt mutuel peuvent être considérés comme présentant un intérêt public supérieur en ce qui concerne les incidences environnementales visées à l’article 6, paragraphe 4, de la directive «Habitats», pour autant que toutes les conditions qui y sont énoncées soient remplies.
(21) Document d’orientation « Gérer les sites Natura 2000» – Office des publications de l’UE; document d’orientation « Évaluation des plans et projets relatifs aux sites Natura 2000 – Guide de conseils méthodologiques de l’article 6, paragraphes 3 et 4, de la directive “Habitats” 92/43/CEE »; document d’orientation « Les Infrastructures de transport d’énergie et la législation européenne sur la conservation de la nature ».
(22) Lorsqu’ils déterminent les domaines à définir comme prioritaires, les États membres devraient inclure une évaluation des risques concernant les risques climatiques pour les infrastructures prévues et tenir compte des domaines les plus propices à la réduction des risques recensés à des niveaux acceptables. Communication de la Commission: Orientations techniques pour la prise en compte des enjeux climatiques dans les projets d’infrastructure pour la période 2021-2027, C(2021) 5430 final.
(23) Comme exigé pour les GRD et les GRT, conformément à la directive (UE) 2019/944 du Parlement européen et du Conseil du 5 juin 2019 concernant des règles communes pour le marché intérieur de l’électricité et modifiant la directive 2012/27/UE (refonte), JO L 158 du 14.6.2019, p. 125.
(24) Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions: plan d’action industriel en faveur du secteur automobile, COM(2025) 95 final, https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=celex:52025DC0095.
(25) La recharge bidirectionnelle est plus pertinente pour les bornes de recharge à domicile, sur le lieu de travail et dans les dépôts que pour les points de recharge rapide.
(26) Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions: plan d’action industriel en faveur du secteur automobile européen; COM(2025) 95 final.
(27) Application de l’article 6 de la directive ESIE en vertu de l’exigence formulée à l’article 15 sexies, paragraphe 1, de la directive RED révisée.
(28) Un pacte de mobilisation.
(29) C’est-à-dire la «stratégie de sécurité et de rénovation des réseaux d’énergie».
(30) Directive 2014/89/UE du Parlement européen et du Conseil du 23 juillet 2014 établissant un cadre pour la planification de l’espace maritime, JO L 257 du 28.8.2014, p. 135 (ci-après la «directive 2014/89/UE»).
(31) Directive 2014/89/UE, article 8, paragraphe 2, troisième alinéa.
(32) Directive RED révisée, article 15 ter.
(33) Directive 2014/89/UE, article 8, paragraphe 2, neuvième alinéa.
(34) Production directement raccordée aux interconnexions et servant un double objectif.
(35) https://emodnet.ec.europa.eu/en/emodnet-blue-economy (en anglais).
(36) AEE, l’outil de visualisation Natura 2000: https://natura2000.eea.europa.eu/ (en anglais).
(37) ARTER, site web de la base de connaissances: https://om.arter.dk/https://om.arter.dk/https://om.arter.dk/ (en danois).
(38) Centre commun de recherche – Commission européenne (JRC), Energy and Industry Geography Lab (EIGL) – Mapping Europe’s Energy Future: https://energy-industry-geolab.jrc.ec.europa.eu/ (en anglais).
(39) Centre commun de recherche – Commission européenne (JRC), Energy and Industry Geography Lab (EIGL) – Energy Atlas, 22 avril 2024: Https://energy-industry-geolab.jrc.ec.europa.eu/energy-atlas/ (en anglais).
(40) Laboratório Nacional de Energia e Geologia: https://www.lneg.pt/.
(41) Laboratório Nacional de Energia e Geologia, GEOPORTAL: https://geoportal.lneg.pt/.
(42) Plan d’action de l’UE pour les réseaux, p. 1-2.
(43) Annexe III de la directive EIE.
(44) Le principe du corpus réglementaire en matière d’atténuation énoncé dans la directive sur les énergies renouvelables et des mesures visées à l’annexe I, point g), de la directive ESIE.
(45) Les mesures d’évitement désignent les mesures prises pour prévenir ou éviter tout dommage ou incidence sur l’environnement en modifiant le mode de réalisation d’un projet ou d’une activité, par exemple en exigeant que l’infrastructure de réseau dans une zone donnée soit constituée de lignes enfouies afin de prévenir les risques de collision. Les mesures d’atténuation désignent les mesures prises pour diminuer ou réduire au minimum les incidences négatives sur l’environnement d’un plan, d’un projet, d’une activité ou d’un développement.
(46) https://circabc.europa.eu/ui/group/9ab5926d-bed4-4322-9aa7-9964bbe8312d/library/ce665502-bea5-48a5-8408-6c33af2f4f95/details (en anglais).
(47) Caractéristiques des projets; localisation des projets (c’est-à-dire les zones géographiques susceptibles d’être affectées par les projets); caractéristiques de l’impact potentiel.
(48) Qui sont déjà en possession de l’autorité ou sont demandées au promoteur du projet.
ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2026/128/oj
ISSN 1977-0936 (electronic edition)
Communication de la Commission — Orientations à l’intention des États membres concernant l’extension du champ d’application de la clause dérogatoire nationale aux fins de la sécurité énergétique
17/08/2026
Publication de la communication d’une modification standard approuvée du cahier des charges d’une indication géographique conformément à l’article 5, paragraphe 4, du règlement délégué (UE) 2025/27 de la Commission
14/08/2026
Publication de la communication d’une modification standard approuvée du cahier des charges d’une indication géographique conformément à l’article 5, paragraphe 4, du règlement délégué (UE) 2025/27 de la Commission
14/08/2026
Publication de la communication d’une modification standard approuvée du cahier des charges d’une indication géographique conformément à l’article 5, paragraphe 4, du règlement délégué (UE) 2025/27 de la Commission
14/08/2026