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AccueilDroit européen52026XC01806
Communication52026XC01806

Notification requise à l’article 114, paragraphe 4, du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne — Demande d’autorisation de maintenir certaines mesures nationales plus strictes que les dispositions d’une mesure d’harmonisation de l’Union européenne

CELEX52026XC01806
TypeCommunication
Datemardi 17 mars 2026

Résumé IA

Cette communication, fondée sur l'article 114, paragraphe 4, du TFUE, notifie la demande d'un État membre souhaitant maintenir des mesures nationales plus strictes que les règles d'harmonisation de l'UE. Elle vise à obtenir l'autorisation de la Commission européenne pour déroger au droit dérivé, en justifiant des exigences de protection de l'environnement, de santé publique ou de sécurité. Pour un professionnel du droit français, ce texte constitue un mécanisme procédural clé permettant de préserver des normes nationales plus élevées malgré l'harmonisation européenne.

Texte intégral

European flag

Journal officiel
de l'Union européenne

FR

Série C


C/2026/1806

17.3.2026

Notification requise à l’article 114, paragraphe 4, du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne — Demande d’autorisation de maintenir certaines mesures nationales plus strictes que les dispositions d’une mesure d’harmonisation de l’Union européenne

(Texte présentant de l’intérêt pour l’EEE)

(C/2026/1806)

1.

Par lettres des 28 novembre et 26 décembre 2025, la France a notifié à la Commission son souhait de maintenir dans le code de l’environnement français des dispositions nationales relatives à la destruction des produits invendus qui diffèrent du règlement (UE) 2024/1781 du Parlement européen et du Conseil du 13 juin 2024 établissant un cadre pour la fixation d’exigences en matière d’écoconception pour des produits durables (1). Cette notification concerne, d’une part, l’application aux moyennes entreprises, avant 2030, de l’interdiction de destruction des produits invendus énumérés à l’annexe VII du règlement (UE) 2024/1781 et, d’autre part, l’application à toutes les entreprises des dispositions nationales relatives à la destruction des produits invendus à d’autres groupes de produits non énumérés à l’annexe VII. La France considère que les dispositions nationales qu’elle entend maintenir en raison d’exigences importantes mentionnées à l’article 36 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE) et relatives à la protection de l’environnement sont plus strictes que celles du règlement (UE) 2024/1781.

2.

L’article 25, paragraphe 1, du règlement (UE) 2024/1781 dispose que la destruction des produits de consommation invendus énumérés à l’annexe VII est interdite aux grandes entreprises à partir du 19 juillet 2026 et aux moyennes entreprises à partir du 19 juillet 2030. L’interdiction ne s’applique ni aux microentreprises ni aux petites entreprises.

La «destruction» est définie comme étant la détérioration intentionnelle d’un produit ou sa mise au rebut, à l’exception d’une mise au rebut dont le seul objectif est de livrer le produit mis au rebut pour le préparer en vue d’un réemploi, y compris les opérations de reconditionnement ou de remanufacturage. Cela signifie qu’en vertu du règlement (UE) 2024/1781, le recyclage est considéré comme une destruction.

L’annexe VII énumère les vêtements, les accessoires vestimentaires et les chaussures en tant que produits de consommation dont la destruction est interdite. La Commission peut adopter des actes délégués ajoutant à cette liste de nouvelles catégories de produits.

3.

Le code de l’environnement français impose à toutes les entreprises, quelle que soit leur taille, d’adopter des pratiques de production et de gestion durables pour leurs produits invendus. Depuis la fin de l’année 2023, les produits invendus doivent être en priorité réemployés, notamment par le biais de dons; dans le cas contraire, ils doivent être recyclés.

En ce qui concerne les produits énumérés à l’annexe VII du règlement (UE) 2024/1781, à savoir les vêtements, les accessoires vestimentaires et les chaussures, la France a l’intention de maintenir ses dispositions nationales applicables aux moyennes entreprises entre 2026 et 2030. Les obligations nationales déjà en vigueur s’appliqueraient donc à ce type d’opérateurs économiques sans interruption, jusqu’à ce que les obligations prévues par le règlement (UE) 2024/1781 commencent à s’appliquer à leur égard le 19 juillet 2030.

Dans ce contexte, il est également important de noter que, en ce qui concerne les produits couverts par l’annexe VII du règlement (UE) 2024/1781, la France a l’intention de modifier sa législation afin d’aligner les exigences relatives à ces produits sur celles du règlement: i) en excluant le recyclage des opérations autorisées pour les produits couverts par l’interdiction; et ii) en exemptant les microentreprises et les petites entreprises de l’interdiction. La France a ainsi notifié le projet de dispositions intégrant ces modifications, qui a été présenté au Conseil des ministres le 10 novembre 2025

En outre, la France a l’intention de maintenir ses dispositions nationales relatives à la destruction des produits invendus concernant d’autres groupes de produits non couverts par l’annexe VII du règlement (UE) 2024/1781, c’est-à-dire les produits pour lesquels le règlement n’a introduit aucune disposition spécifique limitant leur destruction. Ces dispositions nationales s’appliqueraient aux entreprises, quelle que soit leur taille, et maintiendraient les obligations nationales liées à la gestion des produits de consommation invendus, à savoir le réemploi, en priorité, et le recyclage.

4.

La France justifie le maintien de ses dispositions nationales. Premièrement, concernant les mesures nationales applicables à d’autres groupes de produits non mentionnés à l’annexe VII du règlement (UE) 2024/1781, elle rappelle le considérant 59 de ce règlement, selon lequel «[l]es États membres ne devraient pas être empêchés d’introduire ou de maintenir des mesures nationales relatives à la destruction de produits de consommation invendus pour des produits qui ne sont pas couverts par l’interdiction prévue par le présent règlement, pour autant que ces mesures soient conformes au droit de l’Union».

Selon la France, près de 10 000 tonnes de produits non alimentaires invendus sont détruites chaque année. Pour l’ensemble des secteurs confondus, les produits invendus en France représentent en moyenne 3 % du chiffre d’affaires des entreprises concernées. La France souligne également que le fait de détourner des flux de déchets ménagers 1 kg de textiles et de linge de maison en vue de leur réemploi ou de leur recyclage permettrait d’économiser 14 kg d’équivalents CO2. Elle estime que le maintien de ses dispositions nationales contribuera à limiter les déchets et à préserver les ressources naturelles, la biodiversité et le climat.

En outre, la France souligne que les opérateurs économiques ont commencé à s’organiser et à adapter leurs pratiques à ces exigences. Il est important que toutes les entreprises, quelle que soit leur taille, soient couvertes par ces exigences, certains secteurs - par exemple, l’ameublement - étant en grande partie composés de PME. La France souligne également que ces mesures nationales s’appliquent de manière non discriminatoire à toutes les entreprises opérant sur le territoire national, qu’elles soient françaises ou étrangères, et concernent aussi bien les produits nationaux que les produits fabriqués dans d’autres États membres et importés en France.

Deuxièmement, en ce qui concerne les groupes de produits mentionnés à l’annexe VII du règlement (UE) 2024/1781, la France note que si, pour les grandes entreprises, le règlement prendra le relais du régime national, sans interruption, à partir de 2026, ce ne serait pas le cas pour les moyennes entreprises. La France se trouverait donc contrainte de suspendre toute obligation envers celles-ci entre 2026 et 2030. Les produits invendus dans ce secteur seraient alors à nouveau détruits, ce qui irait à l’encontre des gains obtenus en matière de protection de l’environnement.

5.

La Commission examinera la notification de la France conformément à l’article 114, paragraphes 4 et 6, du TFUE. L’article 114, paragraphe 4, du TFUE dispose que si, après l’adoption d’une mesure d’harmonisation de l’Union, un État membre estime nécessaire de maintenir en vigueur des dispositions nationales plus strictes justifiées par des exigences importantes visées à l’article 36 du TFUE ou relatives à la protection de l’environnement ou du milieu de travail, il les notifie à la Commission, en indiquant les raisons de leur maintien. Après la notification des dispositions nationales en question, la Commission approuve ou rejette lesdites dispositions dans un délai de six mois, conformément à l’article 114, paragraphe 6. Durant ce délai, la Commission vérifiera si les dispositions nationales peuvent être considérées comme une mesure antérieure à l’harmonisation et dérogeant aux règles d’harmonisation. Dans l’affirmative, elle examinera si le maintien de cette disposition est justifié par des exigences importantes visées à l’article 36 du TFUE ou relatives à la protection de l’environnement et s’assurera que cette disposition n’est pas un moyen de discrimination arbitraire ou une restriction déguisée au commerce et qu’elle ne constitue pas une entrave inutile ou disproportionnée au fonctionnement du marché intérieur.

6.

Toute partie souhaitant faire connaître ses observations sur cette notification doit les adresser à la Commission (voir les coordonnées ci-dessous) dans un délai de trente jours à compter de la publication du présent avis. Les observations envoyées après ce délai ne seront pas prises en compte.

7.

De plus amples informations sur la notification de la France peuvent être obtenues auprès de la:

Commission européenne

Direction générale de l’environnement

DG ENV - UNITÉ B4 - Produits durables

BRE2 09/DCS

1049 Bruxelles

BELGIQUE

Courriel: ENV-PRODUCT-POLICY@ec.europa.eu


(1) JO L, 2024/1781, 28.6.2024, http://data.europa.eu/eli/reg_del/2024/369/oj.


ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2026/1806/oj

ISSN 1977-0936 (electronic edition)


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07/08/2026

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