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AccueilDroit européen52026XC02558
Communication52026XC02558

COMMUNICATION DE LA COMMISSION sur l’interprétation et la mise en œuvre de certaines dispositions de l’acte délégué relatif aux informations à publier au titre de l’article 8 du règlement établissant la taxinomie de l’UE, tel que modifié par l’acte délégué omnibus, concernant la déclaration des actifs et activités économiques éligibles à la taxinomie et alignés sur celle-ci (quatrième communication de la Commission)

CELEX52026XC02558
TypeCommunication
Datemercredi 29 avril 2026

Résumé IA

Cette communication de la Commission européenne fournit des orientations interprétatives sur la déclaration des actifs et activités économiques éligibles à la taxinomie de l'UE et alignés sur celle-ci, dans le cadre de l'article 8 du règlement Taxinomie. Elle clarifie notamment les modalités de publication des informations suite à l'adoption de l'acte délégué omnibus, afin d'assurer une application harmonisée par les entreprises concernées. Ce texte vise à sécuriser juridiquement les professionnels du droit français dans l'accompagnement de leurs clients sur les obligations de reporting extra-financier liées à la durabilité.

Texte intégral

European flag

Journal officiel
de l'Union européenne

FR

Série C


C/2026/2558

30.4.2026

COMMUNICATION DE LA COMMISSION

sur l’interprétation et la mise en œuvre de certaines dispositions de l’acte délégué relatif aux informations à publier au titre de l’article 8 du règlement établissant la taxinomie de l’UE, tel que modifié par l’acte délégué omnibus, concernant la déclaration des actifs et activités économiques éligibles à la taxinomie et alignés sur celle-ci (quatrième communication de la Commission)

(C/2026/2558)

Le règlement sur l’établissement d’un cadre visant à favoriser les investissements durables (ci-après le «règlement établissant la taxinomie») (1) a mis en place un système de classification des activités économiques durables sur le plan environnemental (ci-après les «activités alignées sur la taxinomie»), unifié à l’échelle de l’Union, et a imposé à certaines entreprises financières et non financières des obligations de transparence en ce qui concerne ces activités.

1. CONTEXTE

En juillet 2021, la Commission a adopté un acte délégué qui précise les obligations d’information que l’article 8 du règlement établissant la taxinomie impose aux entreprises en ce qui concerne leurs activités éligibles à la taxinomie et celles qui sont alignées sur celle-ci (ci-après l’«acte délégué relatif aux informations à publier» ou le «DDA») (2). Cet acte délégué a été modifié en juin 2023 par l’acte délégué relatif au volet environnemental de la taxinomie (3), de manière à garantir la cohérence de ces obligations d’information avec ce second acte délégué, qui a instauré des critères d’examen technique pour les activités économiques contribuant à la réalisation des quatre objectifs environnementaux non climatiques de la taxinomie.

En juillet 2025, la Commission a adopté un acte délégué (ci-après l’«acte délégué omnibus») (4), qui a modifié l’acte délégué relatif aux informations à publier ainsi que les actes délégués relatifs au volet climatique (5) et au volet environnemental de la taxinomie. Cet acte délégué omnibus a été adopté à la suite de l’adoption de la proposition de directive omnibus I de la Commission (6), qui a modifié et simplifié certaines obligations relatives à la publication d’informations en matière de durabilité et au devoir de vigilance applicables aux entreprises. En particulier, l’acte délégué omnibus a simplifié certains éléments du DDA:

—

il permet aux entreprises déclarantes de se concentrer sur leurs principales activités dans les informations qu’elles publient au titre de la taxinomie, en instaurant un seuil d’importance quantitative en dessous duquel elles ne sont pas tenues d’évaluer leur éligibilité à la taxinomie et leur alignement sur celle-ci;

—

il simplifie nettement les modèles de publication, qui se limitent désormais aux éléments essentiels pour les investisseurs et les autres utilisateurs des informations publiées;

—

il offre aux entreprises non financières une plus grande souplesse pour la publication de l’indicateur clé de performance relatif aux dépenses d’exploitation (ICP des OpEx);

—

il exclut du calcul des ICP d’entreprises financières, notamment du calcul du ratio d’actifs verts (GAR), les expositions sur des entreprises qui ne sont pas tenues de publier des informations en matière de durabilité; et

—

il prévoit, pour les entreprises financières, une dérogation transitoire en vertu de laquelle elles ne sont pas tenues de publier des ICP détaillés au titre de la taxinomie, mais peuvent à la place faire figurer dans leur rapport de gestion une déclaration indiquant qu’elles ne revendiquent pas d’alignement de leurs activités sur la taxinomie.

L’acte délégué omnibus a également simplifié, dans les actes délégués relatifs au volet climatique et au volet environnemental de la taxinomie, certains critères DNSH (principe consistant à «ne pas causer de préjudice important») relatifs à l’utilisation de produits chimiques.

Comme elle l’explique dans la section 1 de l’exposé des motifs de l’acte délégué omnibus, la Commission prévoit de procéder en temps utile à un réexamen systématique et approfondi des obligations d’information et de tous les critères d’examen technique, en particulier de tous les critères DNSH, dans le but d’évaluer les moyens de les simplifier, de faciliter leur utilisation et de les aligner davantage sur la législation de l’UE.

2. OBJET DE LA COMMUNICATION DE LA COMMISSION

La présente communication vise à fournir, sous la forme de réponses aux questions fréquemment posées (FAQ), des orientations non contraignantes pour l’interprétation et la mise en œuvre des modifications apportées par l’acte délégué omnibus à l’acte délégué relatif aux informations à publier. Ces questions émanent des parties prenantes soumises aux obligations d’information, de la plateforme sur la finance durable et des autorités de surveillance nationales et européennes.

Par la présente communication, la Commission veut aider les parties prenantes à se conformer à moindre coût aux exigences réglementaires, alléger la charge imposée par les obligations de publication et garantir la facilité d’utilisation et la comparabilité des informations publiées pour favoriser le développement de la finance durable. Il est possible que la Commission actualise la présente communication à l’avenir s’il y a lieu, compte tenu des réexamens prévus des obligations de publication et des critères d’examen technique.

Les réponses fournies dans la présente communication clarifient les règles déjà prévues par la législation applicable. Elles n’étendent pas les droits et obligations découlant de cette législation, ni n’instaurent d’exigences supplémentaires pour les opérateurs et les autorités compétentes. Elles ont pour seule finalité d’aider les entreprises à appliquer les règles en vigueur. La Cour de justice de l’Union européenne est seule compétente pour donner une interprétation faisant autorité du droit européen. Les points de vue exprimés dans la présente communication ne préjugent pas de la position que la Commission pourrait adopter devant les juridictions de l’Union et les juridictions nationales.

Glossaire des termes pertinents et législation applicable

Terme

Référence

Directive comptable

Directive 2013/34/UE (7)

Annexe I du DDA

Annexe I de l’acte délégué relatif aux informations à publier

Annexe II du DDA

Annexe II de l’acte délégué relatif aux informations à publier

Annexe III du DDA

Annexe III de l’acte délégué relatif aux informations à publier

Annexe IV du DDA

Annexe IV de l’acte délégué relatif aux informations à publier

Annexe V du DDA

Annexe V de l’acte délégué relatif aux informations à publier

Annexe VI du DDA

Annexe VI de l’acte délégué relatif aux informations à publier

Annexe VII du DDA

Annexe VII de l’acte délégué relatif aux informations à publier

Annexe VIII du DDA

Annexe VIII de l’acte délégué relatif aux informations à publier

Annexe IX du DDA

Annexe IX de l’acte délégué relatif aux informations à publier

Annexe X du DDA

Annexe X de l’acte délégué relatif aux informations à publier

Annexe XI du DDA

Annexe XI de l’acte délégué relatif aux informations à publier

CapEx

Dépenses en capital

Acte délégué relatif au volet climatique ou acte délégué «volet climatique»

Règlement délégué (UE) 2021/2139 de la Commission (8)

CSRD

Directive sur la publication d’informations en matière de durabilité par les entreprises (9)

Acte délégué relatif aux informations à publier ou DDA

Règlement délégué (UE) 2021/2178 de la Commission (10)

DNSH

Principe consistant à «ne pas causer de préjudice important» (Do No Significant Harm)

Activités habilitantes

Activités économiques visées à l’article 16 du règlement établissant la taxinomie

EuGB

Obligation verte européenne émise conformément au règlement (UE) 2023/2631 (11)

Acte délégué relatif au volet environnemental ou acte délégué «volet environnemental»

Règlement délégué (UE) 2023/2486 de la Commission (12)

IFRS

Normes internationales d’information financière

Indicateurs clés de performance (ICP)

Indicateurs clés de performance (ICP) des entreprises non financières ou des entreprises financières visés à l’annexe correspondante du DDA

Acte délégué omnibus

Règlement délégué (UE) 2026/73 (13).

OpEx

Dépenses d’exploitation

ICP des OpEx

Indicateur clé de performance relatif aux dépenses d’exploitation visé à l’annexe I, section 1.1.3, du DDA

Entreprise déclarante

Entreprise soumise à une obligation de publication conformément à l’article 8, paragraphe 1, du règlement établissant la taxinomie

Entité ad hoc

Entité juridique établie à des fins de financement spécifiques, telles que la détention, l’émission ou la titrisation d’expositions sur une entreprise

SFDR

Règlement (UE) 2019/2088 sur la publication d’informations en matière de durabilité dans le secteur des services financiers (14)

Activité économique alignée sur la taxinomie

Une activité économique au sens de l’article 1er, point 2), de l’acte délégué relatif aux informations à publier

Activité économique éligible à la taxinomie

Une activité économique au sens de l’article 1er, point 5), de l’acte délégué relatif aux informations à publier

Règlement établissant la taxinomie

Règlement (UE) 2020/852 (15)

(7) Directive 2013/34/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 relative aux états financiers annuels, aux états financiers consolidés et aux rapports y afférents de certaines formes d’entreprises, modifiant la directive 2006/43/CE du Parlement européen et du Conseil et abrogeant les directives 78/660/CEE et 83/349/CEE du Conseil (JO L 182 du 29.6.2013, p. 19), ELI: http://data.europa.eu/eli/dir/2013/34/oj.

(8) Règlement délégué (UE) 2021/2139 de la Commission du 4 juin 2021 complétant le règlement (UE) 2020/852 du Parlement européen et du Conseil par les critères d’examen technique permettant de déterminer à quelles conditions une activité économique peut être considérée comme contribuant substantiellement à l’atténuation du changement climatique ou à l’adaptation à celui-ci et si cette activité économique ne cause de préjudice important à aucun des autres objectifs environnementaux (JO L 442 du 9.12.2021, p. 1, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg_del/2021/2139/oj).

(9) Directive (UE) 2022/2464 du Parlement européen et du Conseil du 14 décembre 2022 modifiant le règlement (UE) no 537/2014 et les directives 2004/109/CE, 2006/43/CE et 2013/34/UE en ce qui concerne la publication d’informations en matière de durabilité par les entreprises (JO L 322 du 16.12.2022, p. 15, ELI: http://data.europa.eu/eli/dir/2022/2464/oj).

(10) Règlement délégué (UE) 2021/2178 de la Commission du 6 juillet 2021 complétant le règlement (UE) 2020/852 du Parlement européen et du Conseil par des précisions concernant le contenu et la présentation des informations que doivent publier les entreprises soumises à l’article 19 bis ou à l’article 29 bis de la directive 2013/34/UE sur leurs activités économiques durables sur le plan environnemental, ainsi que la méthode à suivre pour se conformer à cette obligation d’information (JO L 443 du 10.12.2021, p. 9).

(11) Règlement (UE) 2023/2631 du Parlement européen et du Conseil du 22 novembre 2023 sur les obligations vertes européennes et la publication facultative d’informations pour les obligations commercialisées en tant qu’obligations durables sur le plan environnemental et pour les obligations liées à la durabilité (JO L, 2023/2631, 30.11.2023, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2023/2631/oj).

(12) Règlement délégué (UE) 2023/2486 de la Commission du 27 juin 2023 complétant le règlement (UE) 2020/852 du Parlement européen et du Conseil par les critères d’examen technique permettant de déterminer à quelles conditions une activité économique peut être considérée comme contribuant substantiellement à l’utilisation durable et à la protection des ressources aquatiques et marines, à la transition vers une économie circulaire, à la prévention et à la réduction de la pollution, ou à la protection et à la restauration de la biodiversité et des écosystèmes, et si cette activité économique ne cause de préjudice important à aucun des autres objectifs environnementaux, et modifiant le règlement délégué (UE) 2021/2178 de la Commission en ce qui concerne les informations à publier spécifiquement pour ces activités économiques (JO L, 2023/2486, 21.11.2023, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg_del/2023/2486/oj).

(13) Règlement délégué (UE) 2026/73 de la Commission du 4 juillet 2025 modifiant le règlement délégué (UE) 2021/2178 de la Commission en ce qui concerne la simplification du contenu et de la présentation des informations à publier sur les activités durables sur le plan environnemental et les règlements délégués (UE) 2021/2139 et (UE) 2023/2486 de la Commission en ce qui concerne la simplification de certains critères d’examen technique permettant de déterminer si des activités économiques ne causent de préjudice important à aucun des objectifs environnementaux (JO L, 2026/73, 8.1.2026, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg_del/2026/73/oj).

(14) Règlement (UE) 2019/2088 du Parlement européen et du Conseil du 27 novembre 2019 sur la publication d’informations en matière de durabilité dans le secteur des services financiers (JO L 317 du 9.12.2019, p. 1). Ce règlement fait l’objet d’un réexamen [voir la proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil modifiant le règlement (UE) 2019/2088 sur la publication d’informations en matière de durabilité dans le secteur des services financiers (SFDR) et le règlement (UE) no 1286/2014 sur les documents d’informations clés relatifs aux produits d’investissement packagés de détail et fondés sur l’assurance (PRIIP), et abrogeant le règlement délégué (UE) 2022/1288 de la Commission, COM(2025) 841 final]. La présente communication se fonde sur le règlement (UE) 2019/2088 en vigueur et ne préjuge pas des résultats de son réexamen en cours.

(15) Règlement (UE) 2020/852 du Parlement européen et du Conseil du 18 juin 2020 sur l’établissement d’un cadre visant à favoriser les investissements durables et modifiant le règlement (UE) 2019/2088 (JO L 198 du 22.6.2020, p. 13).

3. QUESTIONS SUR L’ACTE DÉLÉGUÉ OMNIBUS

A. QUESTIONS GÉNÉRALES

1. Pour l’exercice 2025 [c’est-à-dire pour les rapports à publier en 2026), les entreprises sont-elles tenues de se conformer aux obligations de publication telles que modifiées par l’acte délégué omnibus? Comment sont-elles censées faire usage de la faculté qui leur est offerte de suivre, pour les rapports à publier en 2026, les dispositions du DDA telles qu’applicables jusqu’au 31 décembre 2025 (c’est-à-dire sans les modifications apportées par l’acte délégué omnibus)?

Selon ce que prévoit son article 4, deuxième alinéa, l’acte délégué omnibus est applicable à partir du 1er janvier 2026.

En principe, une entreprise qui entre dans le champ d’application du DDA doit donc, pour son rapport relatif à l’exercice 2025 (et qui sera donc publié en 2026), se conformer aux dispositions du DDA telles que modifiées par l’acte délégué omnibus.

Toutefois, l’article 4, troisième alinéa, de l’acte délégué omnibus prévoit une faculté transitoire permettant à l’entreprise déclarante de suivre, dans son rapport relatif à l’exercice 2025, les règles de publication applicables jusqu’au 31 décembre 2025 (c’est-à-dire telles que prévues par le DDA dans sa version antérieure aux modifications que lui a apportées l’acte délégué omnibus).

En pratique, pour l’exercice 2025, l’entreprise déclarante a donc le choix entre deux options. Premièrement, elle peut suivre les règles de publication telles que modifiées par l’acte délégué omnibus et applicables depuis le 1er janvier 2026. Deuxièmement, et alternativement, elle peut suivre les règles de publication dans leur version applicable jusqu’au 31 décembre 2025. Si elle choisit de suivre les règles de publication dans leur version applicable jusqu’au 31 décembre 2025 (c’est-à-dire sans les modifications apportées par l’acte délégué omnibus), elle doit les appliquer intégralement. Par exemple, un établissement de crédit déclarant doit dans ce cas:

—

utiliser les modèles plus détaillés figurant à l’annexe VI du DDA tel qu’applicable jusqu’au 31 décembre 2025;

—

utiliser la méthode de calcul de son GAR applicable jusqu’au 31 décembre 2025 [par exemple, les expositions sur des entreprises soumises à l’article 19 bis ou 29 bis de la directive 2013/34/UE (la «directive comptable») ne devraient alors pas être exclues du dénominateur du GAR];

—

fournir des informations détaillées sur les activités liées à l’énergie nucléaire et au gaz, conformément à l’annexe XII du DDA.

Les entreprises déclarantes devraient inclure, dans les informations contextuelles de leur rapport de durabilité (16), une déclaration précisant quelle version des règles de publication elles ont suivie pour les informations relatives à l’exercice 2025 qu’elles publient.

2. Comment une entreprise déclarante qui le souhaite peut-elle suivre, en vertu de l’article 4, troisième alinéa, de l’acte délégué omnibus, les règles de publication applicables jusqu’au 31 décembre 2025 pour les informations à publier en 2026, donc relatives à son exercice 2025, lorsque cet exercice ne correspond pas à l’année civile (par exemple, lorsqu’il commence en octobre 2024 et se termine en octobre 2025)?

Conformément à l’article 8, paragraphe 2, du DDA, les entreprises doivent publier des informations se rapportant à l’exercice annuel (dans la version anglaise: annual reporting period) de l’année civile précédant la date de publication. Cet «exercice annuel» recouvre l’exercice comptable, y compris lorsque celui-ci ne correspond pas à une année civile.

Il convient donc d’interpréter l’article 4, troisième alinéa, de l’acte délégué omnibus, lu en combinaison avec l’article 8, paragraphe 2, du DDA, en ce sens qu’il est permis à une entreprise de suivre les règles applicables jusqu’au 31 décembre 2025 (c’est-à-dire sans les modifications apportées par l’acte délégué omnibus) pour le rapport qu’elle publie en 2026, relatif à l’exercice 2025, même lorsque celui-ci ne correspond pas à l’année civile.

3. Si un établissement de crédit utilise la faculté, prévue à l’article 4, troisième alinéa, de l’acte délégué omnibus, de suivre les dispositions du DDA telles qu’applicables jusqu’au 31 décembre 2025, doit-il publier l’ICP des frais et commissions et l’ICP du portefeuille de négociation?

L’article 10, paragraphe 5, du DDA reportait la date d’application des sections 1.2.3 et 1.2.4 de l’annexe V du DDA (relatives à l’ICP des frais et commissions et à l’ICP du portefeuille de négociation) au 1er janvier 2026. Afin de laisser suffisamment de temps pour un réexamen de ces IPC dans le cadre du réexamen plus large du DDA, l’article 1er, point 8), de l’acte délégué omnibus a modifié cet article 10, paragraphe 5, du DDA en reportant de deux ans (c’est-à-dire du 1er janvier 2026 au 1er janvier 2028) l’entrée en application des obligations de publication relatives à ces ICP.

Dans ce contexte, il serait contraire à l’objet et à la finalité de l’article 4, troisième alinéa, de l’acte délégué omnibus [lu en combinaison avec son article 1er, point 8)] d’exiger de l’entreprise faisant usage de la faculté prévue par cette disposition qu’elle publie l’ICP des frais et commissions et l’ICP du portefeuille de négociation en 2026. Autrement dit, les ICP prévus à l’annexe V, sections 1.2.3 et 1.2.4, du DDA n’ont pas à être publiés en 2026, même si l’établissement de crédit choisit de suivre les dispositions du DDA telles qu’applicables jusqu’au 31 décembre 2025.

4. Comment les entreprises déclarantes sont-elles censées se conformer à l’obligation de fournir des données comparatives pour l’exercice 2025 (à publier en 2026) en vertu des dispositions du DDA applicables à partir du 1er janvier 2026?

Conformément à l’article 8, paragraphe 3, du DDA, les entreprises déclarantes doivent fournir des données comparatives (c’est-à-dire faire figurer, dans les modèles pertinents, les ICP publiés au titre du cycle de publication précédent en regard des ICP publiés au titre du cycle de publication en cours). Une entreprise qui, pour les informations qu’elle publie en 2026, se conforme aux dispositions du DDA telles que modifiées par l’acte délégué omnibus doit inscrire, dans les cellules pour comparaison prévues dans les modèles pertinents, les ICP communiqués en 2025 (pour l’exercice 2024), qui ont dû être calculés conformément aux exigences du DDA telles qu’applicables avant les modifications apportées par l’acte délégué omnibus.

Étant donné que ces ICP n’ont pas été calculés selon la même méthode que les ICP publiés pour l’exercice 2025 (les règles de calcul du dénominateur des ICP des entreprises financières étaient différentes, par exemple), il conviendrait que les entreprises déclarantes expliquent, dans les informations contextuelles de la section de leur rapport de gestion relative à la taxinomie, que ces ICP étaient précédemment calculés conformément aux exigences du DDA telles qu’applicables avant les modifications apportées par l’acte délégué omnibus. En outre, afin de permettre une comparaison plus précise des ICP publiés en 2025 et 2026, les entreprises déclarantes peuvent recalculer les ICP publiés en 2025 selon les règles applicables à partir du 1er janvier 2026, et inclure les ICP ainsi recalculés dans les informations contextuelles de la section de leur rapport de gestion relative à la taxinomie.

5. Comment interpréter et appliquer le nouvel article 7, paragraphe 9, du DDA, qui permet aux entreprises financières de ne pas appliquer pendant deux ans les règles de publication détaillées énoncées dans cet acte (la «dérogation de deux ans»)?

L’article 7, paragraphe 9, du DDA tel que modifié par l’acte délégué omnibus dispose ce qui suit:

«Jusqu’au 31 décembre 2027, à l’exception de l’article 8, paragraphe 2, et du présent paragraphe, les articles 2 à 8 ne s’appliquent pas aux entreprises financières qui ne prétendent pas, en vertu des articles 3 et 9 du règlement (UE) 2020/852, avoir des activités économiques associées audit règlement, pour autant que ces entreprises publient les informations visées à l’article 8, paragraphe 1, dudit règlement en incluant dans leur rapport de gestion la déclaration suivante: “Aucune activité n’est déclarée comme étant associée à des activités économiques pouvant être considérées comme durables sur le plan environnemental au titre des articles 3 et 9 du règlement (UE) 2020/852 (règlement sur la taxinomie)”.»

L’acte délégué omnibus introduit la possibilité de s’abstenir de publier des informations détaillées en lien avec la taxinomie pendant la période allant du 1er janvier 2026 au 1er janvier 2028. Cette dérogation de deux ans est accordée aux entreprises financières déclarantes afin d’alléger leurs coûts de publication pendant le temps nécessaire à la Commission pour réexaminer les critères d’examen technique et les obligations de publication liés à la taxinomie, comme indiqué à la section 1 de l’exposé des motifs de l’acte délégué omnibus. Cet examen de fond, qui devrait être achevé avant la fin de la période dérogatoire de deux ans, vise à faciliter la mise en œuvre de la taxinomie de sorte à orienter les financements vers la transition climatique et environnementale de l’économie réelle, tout en réduisant au minimum les coûts de publication des entreprises.

Pour empêcher l’écoblanchiment, l’article 7, paragraphe 9, du DDA prévoit que la possibilité de déroger pendant deux ans aux obligations de publication est subordonnée à la condition que les entreprises financières déclarantes ne fassent aucune communication aux parties prenantes externes ou au grand public revendiquant une association de leurs activités à des activités alignées sur la taxinomie. Si une telle revendication est formulée, alors l’entreprise financière déclarante est tenue de publier les ICP de la taxinomie en utilisant la méthode et les modèles prévus dans le DDA.

Il convient de tenir compte des principes directeurs suivants pour la mise en œuvre de la dérogation de deux ans:

—

les entreprises financières déclarantes qui achètent (17) ou distribuent (18) des produits financiers soumis à des obligations de publication au titre de la taxinomie ou qui investissent dans des entreprises publiant des ICP au titre de la taxinomie peuvent utiliser la dérogation, pour autant qu’elles ne prétendent pas, dans leur communication, financer des activités alignées sur la taxinomie ou investir dans de telles activités. De même, le fait qu’un prêt accordé par un établissement de crédit finance de fait une activité alignée sur la taxinomie n’empêche pas ce dernier, pour autant qu’il ne se prévale pas de ce fait, d’utiliser la dérogation;

—

seules les revendications formulées durant l’exercice (19) auquel se rapportent les informations publiées en matière de durabilité sont à prendre en compte pour évaluer si une entreprise financière est autorisée à utiliser la dérogation de deux ans. Autrement dit, la publication antérieure, pour les exercices 2023 et 2024, d’ICP en lien avec la taxinomie (20) et indiquant des ratios positifs d’alignement sur la taxinomie, comme de toute autre information relative à l’alignement sur la taxinomie, ne devrait pas empêcher les entreprises financières d’utiliser la dérogation de deux ans si elles n’ont rien revendiqué en la matière au cours de l’exercice 2025;

—

les entreprises financières déclarantes qui émettent des obligations vertes en 2026 et 2027, ou qui communiquent ou revendiquent en 2026 ou 2027 que le produit de leurs obligations finance des activités alignées sur la taxinomie (21), ne peuvent pas recourir à la dérogation de deux ans. De même, des entreprises financières qui affirmeraient avoir conseillé des tiers en vue de l’émission, ou facilité l’émission par ceux-ci, d’obligations vertes alignées sur la taxinomie ne pourraient pas non plus se prévaloir de la dérogation de deux ans;

—

les autres revendications de durabilité qui résultent de l’application de cadres autres que la taxinomie de l’UE ne devraient pas empêcher les entreprises financières de recourir à la dérogation, même si elles appliquent certains éléments de la taxinomie de l’UE (22).

6. Les entreprises peuvent-elles appliquer partiellement la dérogation prévue à l’article 7, paragraphe 9, du DDA (tel que modifié par l’acte délégué omnibus)? Les entreprises qui l’appliquent peuvent-elles choisir de ne publier que certains des ICP requis par le DDA, mais pas d’autres?

Non, la dérogation prévue à l’article 7, paragraphe 9, du DDA, tel que modifié par le règlement délégué omnibus, suit une approche «tout ou rien». Une application partielle n’est donc pas possible.

Les entreprises financières qui choisissent de se fonder sur cette disposition sont totalement exemptées de l’application des obligations d’information prévues aux articles 2 à 8 du DDA et, par conséquent, de la publication de tous les ICP associés (y compris le GAR). Une publication partielle – de certains ICP indiquant un ratio positif d’activités alignées sur la taxinomie – serait également incompatible avec les conditions d’application de la dérogation énoncées à l’article 7, paragraphe 9, qui interdisent à l’entreprise financière déclarante toute revendication d’activités associées à des activités économiques durables sur le plan environnemental au titre du règlement établissant la taxinomie.

B. QUESTIONS RELATIVES À L’APPROCHE DE L’IMPORTANCE RELATIVE POUR LA PUBLICATION D’INFORMATIONS EN LIEN AVEC LA TAXINOMIE

7. Les règles révisées imposent-elles à une entreprise d’évaluer l’alignement sur la taxinomie d’un secteur d’activités à présenter selon IFRS 8 et comprenant plusieurs activités éligibles à la taxinomie?

Le principe de l’«importance financière significative» exposé dans l’acte délégué omnibus (23) et expliqué dans ses considérants 4 à 6 devrait en principe être appliqué d’une manière cohérente avec les principes énoncés dans les IFRS et la directive comptable. L’article 2, point 16), de la directive comptable définit le terme «significatif» comme «le statut d’une information dont on peut raisonnablement penser que l’omission ou l’inexactitude risque d’influencer les décisions que prennent les utilisateurs sur la base des états financiers de l’entreprise. L’importance significative de chaque élément est évaluée dans le contexte d’autres éléments similaires;».

La norme IFRS 8 «Secteurs opérationnels» impose la communication d’informations pour chaque «secteur opérationnel» à présenter qui comporte certaines caractéristiques et répond à certains critères. Selon le principe fondamental d’IFRS 8, une entité «doit fournir des informations qui permettent aux utilisateurs de ses états financiers d’évaluer la nature et les effets financiers des activités auxquelles elle se livre et des environnements économiques dans lesquels elle opère» (24). En d’autres termes, les informations financières relatives aux secteurs opérationnels à présenter sont considérées comme des informations d’importance significative.

Il conviendrait donc que les entreprises déclarantes évitent autant que possible que les informations en lien avec la taxinomie qu’elles publient comportent des incohérences et des distorsions qui auraient pour résultat que des activités économiques prises en compte en tant que secteur opérationnel à présenter, donc considérées comme significatives pour l’application des exigences d’IFRS 8 (et nécessitant par conséquent la publication d’informations financières séparées), soient par ailleurs évaluées comme non significatives aux fins de la taxinomie.

Par exemple:

—

une entreprise active dans le secteur de l’énergie crée un «secteur opérationnel» spécifique, appelé «énergies renouvelables», recouvrant la production d’énergie solaire (4 % de son chiffre d’affaires) et d’énergie éolienne (5 % de son chiffre d’affaires). Si elle considère que ces activités sont significatives en termes d’informations financières à communiquer conformément aux IFRS, alors elle ne devrait pas les considérer comme non significatives en termes d’informations à fournir en lien avec la taxinomie;

—

par contre, si cette entreprise énergétique ne considère pas que ses activités en matière d’«énergies renouvelables» soient à présenter en vertu d’IFRS 8, et les inclut simplement en tant qu’autres activités qui ne sont pas à présenter, alors ces activités peuvent être considérées comme non significatives aux fins de la taxinomie puisqu’en cumul, elles ne représentent pas plus de 10 % de son chiffre d’affaires (conformément à l’article 2, paragraphe 1 bis, du DDA). Dans un tel cas, l’entreprise n’aura pas à évaluer l’éligibilité ni l’alignement de ces activités sur la taxinomie.

8. Les entreprises non financières déclarantes peuvent-elles s’abstenir d’évaluer l’alignement sur la taxinomie d’un sous-ensemble d’une activité économique définie dans un acte délégué lié à la taxinomie (par exemple, d'une partie de l’activité 7.1 «Construction de bâtiments neufs», telle que définie à l’annexe I de l’acte délégué «volet climatique»)?

Comme indiqué au considérant 6 de l’acte délégué omnibus, il conviendrait que les entreprises évitent les pratiques de nature à fausser les informations publiées et à compromettre les objectifs du règlement établissant la taxinomie. La note explicative 8 relative à la colonne (14) du modèle 1 figurant à l’annexe II du DDA indique que:

«Pour une activité économique considérée comme significative au regard d’un ICP (du chiffre d’affaires, des CapEx ou des OpEx), les entreprises évaluent l’éligibilité à la taxinomie et l’alignement sur la taxinomie dudit ICP se rapportant à ladite activité dans son intégralité et ne considèrent pas une partie dudit ICP se rapportant à ladite activité comme non significative. La colonne (14) n’inclut aucune partie du chiffre d’affaires, des CapEx ou des OpEx associée aux activités économiques significatives.»

La Commission (25) a publié l’exemple illustratif d’une entreprise de construction qui exerce la même activité de construction (7.1) dans six pays. Cette activité est significative pour l’entreprise de construction, si bien qu’elle doit l’évaluer dans son intégralité et n’en omettre aucun sous-ensemble (par exemple, l’activité de construction non alignée sur la taxinomie qu’elle exerce dans le pays D et qui représente 6,7 % de son chiffre d’affaires). Une telle omission aboutirait en effet à la publication d’informations incorrectes sur l’éligibilité à la taxinomie [33,3 % au lieu de 40 % dans la colonne (3) du modèle 2] et donc d’un ratio incorrect d’activités alignées sur la taxinomie par rapport à toutes les activités éligibles à la taxinomie [100 % au lieu de 83,3 % dans la colonne (14) du modèle 2]. L’omission d’un sous-ensemble d’une activité économique fausserait ainsi les informations en lien avec la taxinomie publiées par l’entreprise de construction, aussi bien en ce qui concerne cette activité économique qu’en ce qui concerne ses ICP dans leur globalité. Cela pourrait également induire en erreur les investisseurs de l’entreprise. Les entreprises ne devraient donc pas considérer une partie d’une activité économique comme significative et une autre partie de la même activité comme non significative. Le fait de scinder en plusieurs parties une activité économique donnant lieu à la publication d’informations spécifiques au titre de la taxinomie et de ne pas évaluer une de ces parties à ce titre fausserait les informations publiées dans le modèle 2 de l’annexe II du DDA et serait contraire au considérant 6 de l’acte délégué omnibus.

9. Une entreprise non financière déclarante peut-elle considérer les activités qu’elle exerce dans une zone géographique donnée comme non significatives et les omettre de son évaluation au regard de la taxinomie (peut-elle par exemple considérer que toutes les activités conduites dans un pays donné sont non significatives parce que son chiffre d’affaires dans ce pays est inférieur à 10 %)?

Oui, à condition que l’entreprise déclarante ait veillé à ce qu’un tel traitement soit compatible avec:

a)

les informations qu’elle publie au titre d’IFRS 8 [c’est-à-dire que les activités exercées dans ce pays spécifique ne sont pas non plus considérées comme (une partie d’)un secteur opérationnel à présenter (voir question 7)];

b)

les informations qu’elle publie sur ses activités significatives aux fins de la taxinomie et l’obligation de veiller à ne pas fausser les informations fournies dans le modèle 2 de l’annexe II du DDA (autrement dit, l’entreprise déclarante doit évaluer l’intégralité des activités éligibles à la taxinomie qui sont significatives sur le plan financier – voir question 8);

c)

l’obligation de fournir des informations sur le secteur économique dont relèvent ces activités non significatives (voir question 10).

10. Comment les entreprises doivent-elles décrire, aux fins de l’annexe I du DDA, les secteurs dont relèvent les activités non significatives omises de leur évaluation au regard de la taxinomie?

Le point d) des sections 1.2.3.1, 1.2.3.2 et 1.2.3.3 de l’annexe I du DDA exige la publication d’informations sur le secteur auquel appartiennent des activités économiques considérées comme non significatives au sens, respectivement, de l’article 2, paragraphe 1 bis, paragraphe 1 ter et paragraphe 1 quater, du DDA. Il exige également une explication indiquant pourquoi ces activités économiques ne présentent pas d’importance significative. Cette obligation d’information vise à aider les utilisateurs du rapport à comprendre de quels secteurs relèvent les activités économiques non significatives qui sont exclues de l’évaluation au regard de la taxinomie, et la raison de cette exclusion. Conformément au considérant 6 de l’acte délégué omnibus, il est recommandé, mais non obligatoire, d’utiliser la nomenclature statistique des activités économiques dans l’Union européenne (NACE).

En outre, les informations publiées sur les secteurs dont relèvent les activités économiques considérées comme non significatives au sens de l’article 2, paragraphe 1 bis, 1 ter, ou 1 quater, du DDA doivent concorder avec les informations fournies en vertu du paragraphe 16 d’IFRS 8, qui impose aux entreprises déclarantes de décrire «les sources des produits des activités ordinaires inclus dans la catégorie “autres secteurs”» qui ne sont pas significatives sur le plan financier.

11. Comment l’approche de l’importance significative introduite par l’acte délégué omnibus s’applique-t-elle à la publication de l’ICP des OpEx des entreprises non financières?

L’article 2, paragraphe 1 quater, du DDA dispose que les entreprises non financières déclarantes ont la possibilité de ne pas évaluer l’éligibilité à la taxinomie et l’alignement sur la taxinomie de la totalité de leurs OpEx si celles-ci ne présentent pas une importance significative pour leur modèle d’entreprise individuel. Ce peut être le cas, par exemple, de certaines activités de service. Dans ce cas, ces entreprises peuvent choisir de ne pas publier d’ICP pour leurs OpEx (les ratios d’OpEx éligibles à la taxinomie et alignés sur celle-ci). Il leur suffit alors de publier la valeur totale de leurs OpEx (c’est-à-dire le dénominateur tel que défini à l’annexe I, section 1.1.3.1, du DDA) et d’expliquer pourquoi leurs OpEx ne revêtent pas d’importance significative pour leur modèle économique. Le DDA ne prescrit pas de méthode spécifique selon laquelle les entreprises déclarantes devraient déterminer si leurs OpEx revêtent une importance significative pour leur modèle d’entreprise. Il convient toutefois qu’elles le fassent en cohérence avec les principes d’importance financière significative au sens de la directive comptable.

Si l’entreprise déclarante considère que ses OpEx sont d’importance significative pour son modèle d’entreprise, elle doit évaluer si ces OpEx sont éligibles à la taxinomie et alignées sur celle-ci. Conformément à l’article 2, paragraphe 1 quater, du DDA, cette évaluation est subordonnée à la faculté de ne pas évaluer l’éligibilité à la taxinomie et l’alignement sur celle-ci d'activités non significatives car représentant moins de 10 % du dénominateur de l’ICP des OpEx.

12. Comment les entreprises financières déclarantes doivent-elles appliquer le seuil d’importance significative de 10 % pour les informations à publier en lien avec la taxinomie?

En vertu des règles modifiées par l’acte délégué omnibus (26), les entreprises financières tenues de publier des informations en matière de durabilité sont exemptées de l’obligation d’évaluer l’éligibilité à la taxinomie et l’alignement sur celle-ci de leurs actifs financiers qui financent des activités économiques précises et dont l’utilisation du produit est connue («actifs dont l’utilisation du produit est connue») si la valeur cumulée de ces actifs est inférieure à 10 % de la valeur totale de leurs actifs dont l’utilisation du produit est connue. Ces actifs doivent être déclarés séparément en tant qu’«expositions non évaluées» dans les modèles de publication.

Toutefois, cette exemption ne s’applique pas aux expositions des entreprises financières dont l’utilisation du produit par l’emprunteur ou par l’entité bénéficiaire de l’investissement n’est pas connue (ce qui est, par exemple, le cas des prêts sans affectation déterminée ou des investissements en capitaux propres). Pour évaluer ces expositions, les entreprises financières se fondent directement sur les ICP publiés aux fins de la taxinomie par les entités dans lesquelles elles ont investi ou auxquelles elles ont accordé des prêts, et notamment sur les informations publiées par celles-ci à propos de leurs activités non significatives.

13. Si une contrepartie considère une activité/un actif comme non significatif, mais que l’entreprise financière déclarante dispose de données sur son alignement sur la taxinomie, cette entreprise financière peut-elle inclure cette exposition comme étant alignée sur la taxinomie?

Conformément à l’article 2, paragraphes 1 bis, 1 ter et 1 quater, du DDA, des activités économiques peuvent être considérées comme non significatives si elles génèrent en cumul moins de 10 % du chiffre d’affaires total, du total des dépenses d’investissement (CapEx) ou du total des dépenses d’exploitation (OpEx) de l’entreprise non financière. Lorsque des activités économiques tombent cumulativement sous ce seuil de 10 %, l’entreprise non financière déclarante peut choisir de ne pas évaluer si elles sont éligibles à la taxinomie ou alignées sur celle-ci.

Si l’entreprise non financière déclare ces activités comme non significatives, l’entreprise financière déclarante peut choisir de s’appuyer sur les ICP publiés par l’entreprise non financière contrepartie (et ainsi déclarer également les actifs finançant les activités en question comme non significatifs) ou, si elle a accès à des informations sur l’éligibilité à la taxinomie de ces activités et leur alignement sur celle-ci, de déclarer ces actifs comme alignés sur la taxinomie.

14. Les règles révisées (article 4, paragraphe 1 septies, du DDA) permettent aux établissements de crédit de ne pas publier certains ICP lorsque le «chiffre d’affaires net généré par les activités couvertes par ces ICP» est inférieur à 10 % du chiffre d’affaires total du groupe. Que signifie «chiffre d’affaires net généré par les activités couvertes par ces ICP» aux fins de l’application de ces règles?

Il convient d’interpréter la notion de «chiffre d’affaires net généré par les activités couvertes par ces ICP», à l’article 4, paragraphe 1 septies, du DDA, comme désignant la part du chiffre d’affaires net de l’établissement de crédit générée par les activités auxquelles se rapportent les ICP énumérés à l’annexe V du DDA. Le périmètre de ces activités est délimité par le dénominateur des ICP correspondants, tel que défini à l’article 7 du DDA. Par exemple, en ce qui concerne l’ICP du GAR, il s’agit de la part du chiffre d’affaires net générée par les investissements dans, et les expositions sur, les contreparties et actifs visés à l’article 7, paragraphe 6, du DDA (c’est-à-dire les expositions sur des entreprises soumises à la CSRD ou appartenant à un groupe soumis à la CSRD, les expositions éligibles à la taxinomie sur des clients de détail, les expositions sur des administrations locales, des actifs immobiliers ou des entreprises incluses sur une base volontaire).

C. QUESTIONS RELATIVES AUX EXPOSITIONS D’ENTREPRISES FINANCIÈRES DÉCLARANTES SUR DES ENTITÉS AD HOC

15. Les expositions sur des entités ad hoc qui sont incluses dans le dénominateur conformément à l’article 7, paragraphe 3, du DDA sont-elles également à inclure dans le numérateur des ICP?

Les règles modifiées par l’acte délégué omnibus précisent que les expositions sur des entités ad hoc qui financent des entreprises soumises à l’obligation de publier des informations en matière de durabilité en vertu de l’article 19 bis ou 29 bis de la directive comptable (ou leurs actifs) doivent être incluses à la fois dans le dénominateur et dans le numérateur des ICP des entreprises financières. Cette règle s’applique aux expositions sur des entités ad hoc qui financent des entreprises soumises à l’obligation de publier des informations en lien avec la taxinomie, au niveau individuel ou consolidé. L’objectif de cette approche est de faire en sorte que les ICP des entreprises financières tiennent compte non seulement de leurs expositions directes, mais aussi de leurs expositions indirectes (via des entités ad hoc) sur des entreprises soumises à des obligations d’information en matière de durabilité, ou faisant partie d’un groupe dont l’entreprise mère est soumise à ces obligations.

La réponse à la question 14 de la communication de la Commission publiée au Journal officiel C/2024/6691 précise qu’une entreprise financière déclarante doit «appliquer une approche par transparence» à l’entité ad hoc pour calculer le numérateur de ses ICP. Pour ce faire, elle peut utiliser les ICP de l’entreprise soumise à l’obligation d’information en matière de durabilité que finance l’entité ad hoc, si cette dernière a été créée pour le financement sans affectation déterminée de cette entreprise, ou évaluer les actifs de l’entité ad hoc, si cette dernière a été créée pour détenir des actifs spécifiques (par exemple, un parc éolien). Les expositions sur une entité ad hoc sont à déclarer, dans les modèles, aux lignes correspondant au type d’entité (entreprise non financière, entreprise financière ou administration locale) financée via l’entité ad hoc.

16. Comment l’exploitation d’un actif doit-elle être comprise aux fins de l’évaluation des expositions sur des entités ad hoc? Par exemple, la location d’un bâtiment constitue-t-elle l’exploitation d’un actif?

L’article 7, paragraphe 3, deuxième alinéa, du DDA exige que les expositions sur des entités ad hoc qui possèdent des actifs exploités par des entités soumises à l’article 19 bis ou 29 bis de la directive comptable soient incluses à la fois dans le dénominateur et dans le numérateur des ICP des entreprises financières déclarantes, en tant qu’expositions dont l’utilisation du produit est connue. L’exploitation d’un actif par une entité soumise à l’article 19 bis ou 29 bis de la directive comptable peut être déterminée à partir de la structure et/ou de la finalité// de l’entité ad hoc. Dans certains cas, l’entité ad hoc est structurée de manière à détenir un actif spécifique pour, par exemple, protéger celui-ci contre une éventuelle faillite de son exploitant (c’est par exemple le cas des projets dans le domaine des énergies renouvelables qui sont détenus par une entité ad hoc et exploités par une entreprise du secteur énergétique soumise à l’article 19 bis ou 29 bis de la directive comptable).

Conformément à l’article 7, paragraphe 3, troisième alinéa, du DDA, une entreprise financière déclarante qui sait que le produit de ses financements est utilisé pour un actif spécifique détenu par une entité ad hoc peut volontairement inclure les expositions correspondantes dans le dénominateur de ses ICP, si l’entité qui exploite cet actif n’est pas soumise à l’article 19 bis ou 29 bis de la directive comptable (c’est par exemple le cas des projets dans le domaine des énergies renouvelables qui sont détenus par l’entité ad hoc et exploités par une entreprise du secteur énergétique qui n’est pas soumise à l’article 19 bis ou 29 bis de la directive comptable).

Les investissements dans une entité ad hoc propriétaire d’un bâtiment ou les expositions sur celle-ci devraient être considérés comme des investissements dans des actifs immobiliers ou des expositions sur des actifs immobiliers au sens de l’article 7, paragraphe 6, point e), du DDA. Ils devraient également être inclus dans le dénominateur des ICP, que le bâtiment soit loué à des clients de détail ou à des entités soumises (ou non) à l’article 19 bis ou 29 bis de la directive comptable.

17. Le traitement décrit dans les réponses aux questions 15 et 16 s’applique-t-il également aux entités ad hoc de pays tiers qui financent des contreparties soumises à l’article 19 bis ou 29 bis de la directive comptable ou des actifs exploités par de telles contreparties?

Oui, les entités ad hoc de pays tiers sont concernées si elles financent des contreparties soumises à l’article 19 bis ou 29 bis de la directive comptable ou des actifs exploités par de telles contreparties.


(1) Règlement (UE) 2020/852 du Parlement européen et du Conseil du 18 juin 2020 sur l’établissement d’un cadre visant à favoriser les investissements durables et modifiant le règlement (UE) 2019/2088 (JO L 198 du 22.6.2020, p. 13, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2020/852/oj).

(2) Règlement délégué (UE) 2021/2178 de la Commission du 6 juillet 2021 complétant le règlement (UE) 2020/852 du Parlement européen et du Conseil par des précisions concernant le contenu et la présentation des informations que doivent publier les entreprises soumises à l’article 19 bis ou à l’article 29 bis de la directive 2013/34/UE sur leurs activités économiques durables sur le plan environnemental, ainsi que la méthode à suivre pour se conformer à cette obligation d’information (JO L 443 du 10.12.2021, p. 9, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg_del/2021/2178/oj).

(3) Règlement délégué (UE) 2023/2486 de la Commission du 27 juin 2023 complétant le règlement (UE) 2020/852 du Parlement européen et du Conseil par les critères d’examen technique permettant de déterminer à quelles conditions une activité économique peut être considérée comme contribuant substantiellement à l’utilisation durable et à la protection des ressources aquatiques et marines, à la transition vers une économie circulaire, à la prévention et à la réduction de la pollution, ou à la protection et à la restauration de la biodiversité et des écosystèmes, et si cette activité économique ne cause de préjudice important à aucun des autres objectifs environnementaux, et modifiant le règlement délégué (UE) 2021/2178 de la Commission en ce qui concerne les informations à publier spécifiquement pour ces activités économiques (JO L, 2023/2486, 21.11.2023ELI: http://data.europa.eu/eli/reg_del/2023/2486/oj).

(4) Règlement délégué (UE) 2026/73 de la Commission du 4 juillet 2025 modifiant le règlement délégué (UE) 2021/2178 de la Commission en ce qui concerne la simplification du contenu et de la présentation des informations à publier sur les activités durables sur le plan environnemental et les règlements délégués (UE) 2021/2139 et (UE) 2023/2486 de la Commission en ce qui concerne la simplification de certains critères d’examen technique permettant de déterminer si des activités économiques ne causent de préjudice important à aucun des objectifs environnementaux (JO L, 2026/73, 8.1.2026, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg_del/2026/73/oj).

(5) Règlement délégué (UE) 2021/2139 de la Commission du 4 juin 2021 complétant le règlement (UE) 2020/852 du Parlement européen et du Conseil par les critères d’examen technique permettant de déterminer à quelles conditions une activité économique peut être considérée comme contribuant substantiellement à l’atténuation du changement climatique ou à l’adaptation à celui-ci et si cette activité économique ne cause de préjudice important à aucun des autres objectifs environnementaux (JO L 442 du 9.12.2021, p. 1, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg_del/2021/2139/oj).

(6) Proposition de directive du Parlement européen et du Conseil modifiant les directives 2006/43/CE, 2013/34/UE, (UE) 2022/2464 et (UE) 2024/1760 en ce qui concerne certaines obligations relatives à la publication d’informations en matière de durabilité et au devoir de vigilance applicables aux entreprises, Bruxelles, 26.2.2025, COM(2025) 81 final.

(16) Conformément à l’annexe I, section 1.2.3, ou à l’annexe XI du DDA, selon le cas.

(17) Par exemple, des produits financiers visés aux articles 8 et 9 du SFDR qui relèvent des articles 5 et 6 du règlement établissant la taxinomie.

(18) Les entreprises financières qui distribuent des produits financiers en vertu des articles 8 ou 9 du règlement sur la publication d’informations en matière de durabilité dans le secteur des services financiers (SFDR), mais qui ne sont pas responsables de la conception de ces produits, et qui indiquent, dans les informations précontractuelles qu’elles publient, que ces produits effectueront un niveau minimal d’investissements dans des activités économiques alignées sur la taxinomie peuvent utiliser la dérogation de deux ans. En effet, les distributeurs de ces produits ne sont pas responsables des revendications d’alignement sur la taxinomie qui figurent dans des informations précontractuelles régies par le SFDR, et non par l’acte délégué sur la publication d’informations.

(19) La dérogation transitoire prévue à l’article 7, paragraphe 9, du DDA concerne les informations en lien avec la taxinomie se rapportant aux exercices 2025 et 2026 et publiées respectivement en 2026 et 2027.

(20) Publication réalisée conformément au DDA ou à d’autres cadres basés sur la taxinomie [par exemple, le règlement d’exécution (UE) 2024/3172 de la Commission].

(21) Cela inclut les obligations émises en vertu du règlement (UE) 2023/2631 du Parlement européen et du Conseil du 22 novembre 2023 sur les obligations vertes européennes et la publication facultative d’informations pour les obligations commercialisées en tant qu’obligations durables sur le plan environnemental et pour les obligations liées à la durabilité (JO L, 2023/2631, 30.11.2023, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2023/2631/oj).

(22) Par exemple, l’application par les établissements de crédit du facteur supplétif pour les infrastructures au titre de l’article 501 bis du règlement (UE) no 575/2013.

(23) Article 2, paragraphes 1 bis à 1 quater, article 3, paragraphe 1 bis, article 4, paragraphes 1 bis à 1 septies, article 5, paragraphes 1 bis et 1 ter, et article 6, paragraphes 1 bis et 1 ter, du DDA.

(24) Paragraphe 1 d’IFRS 8 «Secteurs opérationnels».

(25) Commission européenne, «Illustrative example and templates», disponible à l'adresse suivante: https://finance.ec.europa.eu/document/download/ba0d4713-d4b4-4668-acd3-4df31358d029_en?filename=250704-taxonomy-delegated-act-examples-template_en.pdf.

(26) Article 3, paragraphe 1 bis, article 4, paragraphes 1 bis à 1 septies, article 5, paragraphes 1 bis et 1 ter, et article 6, paragraphes 1 bis et 1 ter, du DDA.


ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2026/2558/oj

ISSN 1977-0936 (electronic edition)


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