| CELEX | 62014TJ0716_RES |
| Type | Jurisprudence CJUE |
| Date | jeudi 7 mars 2019 |
Affaire T‑716/14
Antony C. Tweedale
contre
Autorité européenne de sécurité des aliments
Arrêt du Tribunal (huitième chambre) du 7 mars 2019
« Accès aux documents – Règlement (CE) no 1049/2001 – Documents relatifs aux études de toxicité établies dans le cadre du renouvellement de l’approbation de la substance active glyphosate – Refus partiel d’accès – Exception relative à la protection des intérêts commerciaux – Intérêt public supérieur – Règlement (CE) no 1367/2006 – Notion d’informations ayant trait à des émissions dans l’environnement »
Institutions de l’Union européenne – Droit d’accès du public aux documents – Demande d’accès visant des informations environnementales – Règlement no 1367/2006 – Informations ayant trait à des émissions dans l’environnement – Notion – Interprétation large
(Règlements du Parlement européen et du Conseil no 1049/2001, considérant 2, art. 1er et 4, § 2, 1er tiret, et no 1367/2006, considérant 15 et art. 6, § 1)
(voir points 54-58)
Institutions de l’Union européenne – Droit d’accès du public aux documents – Demande d’accès visant des informations environnementales – Règlement no 1367/2006 – Informations ayant trait à des émissions dans l’environnement – Notion – Informations concernant des émissions effectives ou prévisibles dans l’environnement – Inclusion
[Règlement du Parlement européen et du Conseil no 1367/2006, art. 1er, § 1, b), 2, § 1, d) et 6, § 1]
(voir points 78-81)
Institutions de l’Union européenne – Droit d’accès du public aux documents – Demande d’accès visant des informations environnementales – Règlement no 1367/2006 – Informations ayant trait à des émissions dans l’environnement – Notion – Informations relatives aux incidences de ces émissions – Inclusion
(Règlement du Parlement européen et du Conseil no 1367/2006, considérant 2, art. 1er et 6, § 1)
(voir points 90-92, 99, 100)
Environnement – Liberté d’accès à l’information – Directive 2003/4 – Interprétation – Prise en compte du texte et de l’objet de la convention sur l’accès à l’information, la participation du public au processus décisionnel et l’accès à la justice en matière d’environnement (convention d’Aarhus)
[Convention d’Aarhus, art. 4, § 4, d) ; directive du Parlement européen et du Conseil 2003/4, art. 4, § 2, 2e al.]
(voir points 93-95)
Institutions de l’Union européenne – Droit d’accès du public aux documents – Demande d’accès visant des informations environnementales – Règlement no 1367/2006 – Informations ayant trait à des émissions dans l’environnement – Notion – Études visant à déterminer la toxicité et les effets d’une substance – Études réalisées dans les conditions les plus défavorables et études réalisées dans des conditions les plus proches de la pratique agricole – Inclusion
(Règlement du Parlement européen et du Conseil no 1367/2006, art. 6, § 1)
(voir points 110-113, 118, 119)
Résumé
Dans l’arrêt Tweedale/EFSA (T‑716/14, EU:T:2019:141), rendu le 7 mars 2019, le Tribunal a accueilli le recours introduit au titre de l’article 263 TFUE par M. Tweedale tendant à l’annulation partielle de la décision de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), par laquelle celle-ci lui a refusé l’accès à des études de toxicité du glyphosate sur le fondement de l’article 4, paragraphe 2, du règlement no 1049/2001 ( 1 ). L’EFSA a considéré qu’il n’existait pas d’intérêt public supérieur à la divulgation des parties des études demandées, celles-ci ne constituant pas des informations qui « ont trait à des émissions dans l’environnement », au sens du règlement no 1367/2006 ( 2 ). Le requérant se prévalait notamment d’une violation de l’article 4, paragraphe 2, du règlement no 1049/2001 et l’article 6, paragraphe 1, du règlement no 1367/2006 en ce que les études demandées pourraient être qualifiées d’informations qui « ont trait à des émissions dans l’environnement », au sens de cette dernière disposition.
Tout d’abord, le Tribunal rappelle qu’une institution de l’Union européenne, saisie d’une demande d’accès à un document, ne peut justifier son refus de le divulguer sur le fondement de l’exception relative à la protection des intérêts commerciaux d’une personne physique ou morale déterminée, prévue à l’article 4, paragraphe 2, premier tiret, du règlement no 1049/2001, lorsque les informations contenues dans ce document constituent des informations qui « ont trait à des émissions dans l’environnement », au sens de l’article 6, paragraphe 1, du règlement no 1367/2006. En ce sens, le Tribunal a considéré que la question se posait donc de déterminer si les informations contenues dans les études demandées constituaient des informations qui « ont trait à des émissions dans l’environnement » au sens de cette disposition.
S’agissant de la notion d’informations « qui ont trait à des émissions dans l’environnement », le Tribunal a considéré que celle-ci ne saurait être limitée aux seules informations concernant les émissions effectivement libérées dans l’environnement lors de l’application du produit phytopharmaceutique ou de la substance active en cause sur les plantes ou le sol, mais que relèvent également de cette notion les informations sur les émissions prévisibles du produit phytopharmaceutique ou de la substance active en cause dans l’environnement, dans des conditions normales ou réalistes d’utilisation de ce produit ou de cette substance correspondant à celles pour lesquelles l’autorisation de mise sur le marché dudit produit ou de ladite substance est octroyée et prévalant dans la zone où cette substance ou ce produit est destiné à être utilisé.
À cet égard, le Tribunal a jugé qu’une substance active contenue dans les produits phytopharmaceutiques, telle que le glyphosate, est, dans le cadre de son utilisation normale, destinée à être libérée dans l’environnement en raison de sa fonction même et ses émissions prévisibles ne sauraient, dès lors, être considérées comme purement hypothétiques, ni même seulement prévisibles. Le glyphosate ayant été autorisé dans les États membres depuis 2002 et ayant été effectivement utilisé dans des produits phytopharmaceutiques, ses émissions dans l’environnement sont donc réelles. Les études demandées visent donc à établir la toxicité d’une substance active qui est effectivement présente dans l’environnement.
Le Tribunal a souligné ensuite que, selon la jurisprudence de la Cour, la notion d’informations « qui ont trait à des émissions dans l’environnement » n’est pas limitée aux informations permettant d’évaluer les émissions en tant que telles, mais vise également les informations relatives aux incidences de ces émissions. En ce sens, le Tribunal a retenu que les études demandées visent à déterminer les limites en dessous desquelles le glyphosate, lorsqu’il est présent dans les denrées alimentaires, ne présente pas de risque, à plus ou moins long terme, pour la santé humaine, et donc à fixer les différentes valeurs relatives à l’incidence des émissions de glyphosate sur la santé humaine. Or, selon le Tribunal, pour que des études puissent être qualifiées d’informations « qui ont trait à des émissions dans l’environnement », ce ne sont pas tant les conditions de réalisation de ces études qui importent, notamment le fait qu’elles aient été réalisées ou non en laboratoire, mais leur objet.
Enfin, le Tribunal a estimé que l’accès du requérant aux études demandées lui permettrait de comprendre la manière dont la santé humaine risque d’être affectée par les rejets de glyphosate dans l’environnement et que, partant, les études demandées doivent être considérées comme constituant des informations « qui ont trait à des émissions dans l’environnement », au sens de l’article 6, paragraphe 1, du règlement no 1367/2006.
( 1 ) Règlement (CE) no 1049/2001 du Parlement européen et du Conseil, du 30 mai 2001, relatif à l’accès du public aux documents du Parlement européen, du Conseil et de la Commission (JO 2001, L 145, p. 43).
( 2 ) Règlement (CE) no 1367/2006 du Parlement européen et du Conseil, du 6 septembre 2006, concernant l’application aux institutions et organes de la Communauté européenne des dispositions de la convention d’Aarhus sur l’accès à l’information, la participation du public au processus décisionnel et l’accès à la justice en matière d’environnement (JO 2006, L 264, p. 13).
Ordonnance du Tribunal (huitième chambre) du 20 décembre 2019.#République de Pologne contre Commission européenne.#Affaire T-883/16 REC.
20/12/2019
Arrêt du Tribunal (deuxième chambre) du 19 décembre 2019.#BPC Lux 2 Sàrl e.a. contre Commission européenne.#Aides d’État – Aide des autorités portugaises à la résolution de l’établissement financier Banco Espírito Santo – Création et capitalisation d’une banque relais – Décision déclarant l’aide compatible avec le marché intérieur – Absence de qualité pour agir – Irrecevabilité.#Affaire T-812/14 RENV.
19/12/2019
Affaire T-812/14 RENV: Arrêt du Tribunal du 19 décembre 2019 – BPC Lux 2 e.a./Commission («Aides d’État – Aide des autorités portugaises à la résolution de l’établissement financier Banco Espírito Santo – Création et capitalisation d’une banque relais – Décision déclarant l’aide compatible avec le marché intérieur – Absence de qualité pour agir – Irrecevabilité»)
19/12/2019
Arrêt du Tribunal (deuxième chambre) du 19 décembre 2019.#BPC Lux 2 Sàrl e.a. contre Commission européenne.#Aides d’État – Aide des autorités portugaises à la résolution de l’établissement financier Banco Espírito Santo – Création et capitalisation d’une banque relais – Décision déclarant l’aide compatible avec le marché intérieur – Absence de qualité pour agir – Irrecevabilité.#Affaire T-812/14 RENV.
19/12/2019