| CELEX | 62015TJ0772_RES |
| Type | Jurisprudence CJUE |
| Date | vendredi 12 juillet 2019 |
Affaire T‑772/15
Quanta Storage, Inc.
contre
Commission européenne
Arrêt du Tribunal (cinquième chambre) du 12 juillet 2019
« Concurrence – Ententes – Marché des lecteurs de disques optiques – Décision constatant une infraction à l’article 101 TFUE et à l’article 53 de l’accord EEE – Accords collusoires portant sur des appels d’offres relatifs à des lecteurs de disques optiques pour ordinateurs portables et ordinateurs de bureau – Droits de la défense – Obligation de motivation – Principe de bonne administration – Amendes – Infraction unique et continue – Lignes directrices de 2006 pour le calcul du montant des amendes »
Concurrence – Amendes – Montant – Détermination – Pouvoir d’appréciation de la Commission – Contrôle juridictionnel – Compétence de pleine juridiction du juge de l’Union – Portée – Montant de l’amende issu de la prise en considération d’un élément de fait matériellement inexact – Majoration de l’amende – Charge de la preuve
(Art. 101 et 261 TFUE ; règlement du Conseil no 1/2003, art. 31)
(voir points 272-283)
Résumé
Dans l’arrêt Quanta Storage/Commission (T‑772/15), prononcé le 12 juillet 2019, le Tribunal a, d’une part, rejeté la demande de Quanta Storage, Inc. (ci-après « la requérante ») tendant, à titre principal, à l’annulation partielle de la décision C(2015) 7135 final de la Commission, du 21 octobre 2015 ( 1 ), et, à titre subsidiaire, à la réduction du montant de l’amende qui lui avait été infligée par cette décision en raison d’une violation des règles de concurrence dans le secteur de la production et la fourniture de lecteurs de disques optiques (ci-après « LDO »). Le Tribunal a, d’autre part, rejeté la demande de la Commission tendant à l’augmentation du montant de l’amende qu’elle avait imposée à la requérante.
À la suite d’une enquête administrative ouverte sur dénonciation, la Commission a conclu que treize sociétés avaient participé à une entente sur le marché des LDO. Aux termes de la décision attaquée, la Commission a établi que, au moins du 23 juin 2004 au 25 novembre 2008, les participants à cette entente interdite avaient coordonné leur comportement par rapport aux procédures d’appel d’offres organisées par les fabricants d’ordinateurs Dell et Hewlett Packard. Selon la Commission, les sociétés impliquées avaient cherché, au moyen d’un réseau de contacts bilatéraux parallèles, à faire en sorte que les prix des produits LDO restent à des niveaux plus élevés que ce qu’ils auraient été en l’absence de ces contacts bilatéraux. Ainsi, la Commission a infligé une amende de 7146000 euros à la requérante pour violation de l’article 101 TFUE et de l’article 53 de l’accord EEE.
Au soutien de son recours, la requérante a invoqué cinq moyens, tirés, notamment, de violations des droits de la défense, de l’obligation de motivation et du droit à une bonne administration, d’un défaut de preuve quant à sa participation à une infraction unique et continue, de l’incompétence de la Commission pour appliquer l’article 101 TFUE et l’article 53 de l’accord EEE ainsi que d’erreurs de fait et de droit dans le calcul du montant de l’amende. Ces moyens ont, néanmoins, tous été rejetés par le Tribunal.
Quant à la Commission, elle a demandé au Tribunal dans son mémoire en défense, outre le rejet du recours, qu’il fasse usage de sa compétence de pleine juridiction en augmentant le montant de l’amende infligée à la requérante de 40000 euros, au motif que le calcul original de l’amende avait été basé sur certaines estimations fournies par la requérante qui avaient été contredites par des chiffres fournis par Dell le jour-même de l’adoption de la décision attaquée.
À cet égard, le Tribunal a tout d’abord rappelé que, si l’exercice de sa compétence de pleine juridiction est le plus souvent sollicité par les parties requérantes dans le sens d’une réduction du montant de l’amende, rien ne s’oppose à ce que la Commission puisse également soumettre au juge de l’Union la question du montant de l’amende et formuler une demande d’augmentation dudit montant. Le montant de l’amende ne pouvant être maintenu lorsqu’il est issu de la prise en considération d’un élément de fait matériellement inexact, le Tribunal a ensuite examiné les estimations fournies par la requérante et mises en cause par la Commission et les a comparées avec les estimations fournies par Dell et invoquées par la Commission. Or le Tribunal a considéré que si ces dernières paraissaient mieux étayées, elles n’étaient pas suffisamment fiables pour qu’il soit établi avec certitude que les estimations de la requérante étaient matériellement inexactes. Le Tribunal en a conclu que le bénéfice du doute devait jouer en faveur de la requérante et a rejeté la demande de la Commission.
( 1 ) Décision C(2015) 7135 final de la Commission, du 21 octobre 2015, relative à une procédure d’application de l’article 101 TFUE et de l’article 53 de l’accord EEE (affaire AT.39639 – Lecteurs de disques optiques).
Ordonnance du Tribunal (huitième chambre) du 20 décembre 2019.#République de Pologne contre Commission européenne.#Affaire T-883/16 REC.
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Affaire T-812/14 RENV: Arrêt du Tribunal du 19 décembre 2019 – BPC Lux 2 e.a./Commission («Aides d’État – Aide des autorités portugaises à la résolution de l’établissement financier Banco Espírito Santo – Création et capitalisation d’une banque relais – Décision déclarant l’aide compatible avec le marché intérieur – Absence de qualité pour agir – Irrecevabilité»)
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