| CELEX | 62016CJ0378_RES |
| Type | Jurisprudence CJUE |
| Date | jeudi 16 juillet 2020 |
Affaire C‑378/16 P
Inclusion Alliance for Europe GEIE
contre
Commission européenne
Arrêt de la Cour(troisième chambre) du 16 juillet 2020
« Pourvoi – Clause compromissoire – Conventions de subvention conclues dans le cadre du septième programme-cadre des actions de recherche, de développement technologique et de démonstration (2007-2013) ainsi que du programme-cadre pour l’innovation et la compétitivité (2007-2013) – Projets MARE, Senior et ECRN – Décision de la Commission de procéder au recouvrement des sommes indûment versées – Compétence du juge de l’Union »
Recours en annulation – Actes susceptibles de recours – Notion – Actes produisant des effets juridiques obligatoires – Recours concernant en réalité un litige de nature contractuelle – Incompétence du juge de l’Union – Irrecevabilité
(Art. 263, 272, 274 et 299 TFUE)
(voir points 72-74)
Recours en annulation – Actes susceptibles de recours – Actes produisant des effets juridiques obligatoires – Recours concernant en réalité un litige de nature contractuelle – Décision formant titre exécutoire aux fins du recouvrement d’une créance – Compétence du juge de l’Union – Nécessité d’une clause compromissoire attribuant cette compétence – Recevabilité
(Art. 263, 274 et 299 TFUE ; règlement du Parlement européen et du Conseil no 966/2012, art. 79, § 2)
(voir points 75, 76)
Recours en annulation – Compétence du juge de l’Union – Portée – Contrôle juridictionnel visant une décision de la Commission formant titre exécutoire aux fins du recouvrement d’une créance – Compétence pour examiner tant les moyens contestant la légalité d’une telle décision que ceux tirés de la violation des obligations contractuelles à l’origine de l’adoption d’une telle décision – Respect du droit à une protection juridictionnelle effective
(Art. 263 et 272 TFUE ; charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, art. 47 ; règlement du Parlement européen et du Conseil no 966/2012, art. 79, § 2)
(voir points 80-84)
Résumé
Par son arrêt Inclusion Alliance for Europe/Commission (C‑378/16 P), rendu le 16 juillet 2020, la Cour a annulé l’ordonnance du Tribunal ( 1 ), par laquelle celui-ci avait rejeté le recours de la société roumaine Inclusion Alliance for Europe GEIE (ci-après « IAE »), tendant à l’annulation d’une décision de la Commission ( 2 ), relative au recouvrement d’une partie de la contribution financière versée à IAE, en exécution de trois conventions de subvention conclues avec cette dernière.
En l’espèce, au cours des années 2007 et 2008, la Commission avait conclu avec IAE, une société opérant dans le secteur de la santé et de l’insertion sociale, trois contrats de subvention, dans le cadre de trois projets, portant notamment sur des actions de recherche, de développement technologique et de démonstration ainsi que sur la compétitivité et l’innovation. En vertu de ces contrats, IAE avait reçu de la part de la Commission le financement destiné à l’exécution des projets en cause. Après avoir constaté le non-respect des conditions contractuelles par IAE, sur la base des résultats d’un audit ayant mis en évidence des difficultés dans la gestion financière desdits projets, la Commission avait lancé la procédure de recouvrement des sommes indûment versées. En l’absence d’un remboursement de ces montants par IAE, la Commission avait adopté, le 17 juillet 2013, une décision formant titre exécutoire, au sens de l’article 299 TFUE. À la suite du rejet par le Tribunal du recours introduit à l’encontre de cette décision, IAE a saisi la Cour du présent pourvoi. En effet, IAE reprochait notamment au Tribunal d’avoir qualifié son recours de manière erronée, en jugeant qu’il était fondé, à tort, sur l’article 263 TFUE, et qu’il aurait dû être introduit sur le fondement de l’article 272 TFUE, dès lors que les moyens qu’elle soulevait étaient tirés d’inexécutions d’obligations contractuelles ou d’une violation du droit applicable aux contrats en cause.
Ainsi, la Cour a tout d’abord rappelé les limites de la compétence du juge de l’Union pour connaître d’un recours en annulation au titre de l’article 263 TFUE. En ce sens, elle a souligné qu’il n’est pas compétent pour connaître de ce recours lorsque la situation juridique du requérant s’inscrit intégralement dans le cadre de relations contractuelles. En effet, si ce juge se reconnaissait compétent pour connaître d’un tel recours, il risquerait, d’une part, de vider de son sens l’article 272 TFUE, lequel permet d’attribuer la compétence juridictionnelle de l’Union en vertu d’une clause compromissoire, et, d’autre part, dans les cas où le contrat ne contiendrait pas pareille clause, d’étendre sa compétence juridictionnelle au-delà des limites tracées par l’article 274 TFUE, lequel confie aux juridictions nationales la compétence de droit commun pour connaître des litiges auxquels l’Union est partie. Par conséquent, la Cour a relevé qu’en présence d’un contrat liant une personne à l’une des institutions de l’Union, le juge de l’Union ne peut être saisi d’un recours fondé sur l’article 263 TFUE que si l’acte attaqué vise à produire des effets juridiques obligatoires qui se situent en dehors de la relation contractuelle liant les parties et qui impliquent l’exercice de prérogatives de puissance publique conférées à l’institution contractante en sa qualité d’autorité administrative. Par ailleurs, elle a également précisé que la Commission ne peut pas adopter une décision formant titre exécutoire dans le cadre de relations contractuelles ne contenant pas une clause compromissoire en faveur du juge de l’Union et relevant, de ce fait, de la compétence des juridictions nationales.
Par la suite, la Cour a rappelé la jurisprudence du Tribunal selon laquelle un requérant ne peut invoquer l’inexécution d’obligations contractuelles ou la violation des dispositions nationales applicables au contrat concerné que dans le cadre d’un recours introduit sur le fondement de l’article 272 TFUE, à l’exclusion de la possibilité pour celui-ci de soulever un tel moyen dans le cadre d’un recours fondé sur l’article 263 TFUE. Partant, le juge de l’Union, saisi d’un recours en annulation introduit à l’encontre d’une décision formant titre exécutoire, adoptée en vertu d’une compétence distincte de la relation contractuelle entre les parties, déclare comme irrecevable tout moyen tiré de l’inexécution desdites obligations contractuelles ou de la violation des dispositions nationales, à moins qu’il ne soit possible de procéder à une requalification de tels moyens. Or, selon la Cour, cette jurisprudence du Tribunal ne saurait garantir que toutes les questions de fait et de droit pertinentes pour le litige soient examinées afin de garantir une protection juridictionnelle effective visée par l’article 47 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne. Ainsi, pour assurer cette protection, le juge de l’Union, saisi d’un recours en annulation dans le cadre d’un litige portant sur une décision formant titre exécutoire, est appelé à connaître tant les moyens mettant en cause ladite décision en raison de l’exercice par l’institution de ses prérogatives d’autorité publique que ceux mettant en cause les obligations contractuelles à l’origine de l’adoption de ladite décision.
De plus, la Cour a mis en exergue que, si les parties décident, dans leur contrat, par le biais d’une clause compromissoire, d’attribuer au juge de l’Union la compétence de connaître des litiges afférents à ce contrat, ledit juge sera compétent, indépendamment du droit applicable stipulé dans le contrat, pour apprécier des violations de la charte des droits fondamentaux et des principes généraux du droit de l’Union.
Partant, la Cour a conclu que le Tribunal avait commis une erreur de droit en jugeant que, dans le cadre d’un recours formé sur le fondement de l’article 263 TFUE, le juge de l’Union doit apprécier la légalité de l’acte attaqué uniquement au regard du droit de l’Union et qu’une inexécution des clauses du contrat concerné ou une violation du droit applicable à ce contrat ne peuvent être invoquées que dans le cadre d’un recours introduit sur le fondement de l’article 272 TFUE. En s’appuyant sur ce constat, la Cour a annulé l’ordonnance du Tribunal et renvoyé l’affaire devant ce dernier.
( 1 ) Ordonnance du Tribunal du 21 avril 2016, Inclusion Alliance for Europe/Commission (T‑539/13, EU:T:2016:235)
( 2 ) Décision C(2013) 4693 final de la Commission, du 17 juillet 2013
Affaire T-146/16: Ordonnance du Tribunal du 18 décembre 2020 — Vereniging tot Behoud van Natuurmonumenten in Nederland e.a./Commission («Aides d’État – Annulation de l’acte attaqué – Disparition de l’objet du litige – Non-lieu à statuer»)
18/12/2020
Arrêt de la Cour (deuxième chambre) du 17 décembre 2020.#CLCV e.a. (Dispositif d’invalidation sur moteur diesel).#Demande de décision préjudicielle, introduite par des juges d'instruction du tribunal de grande instance de Paris.#Renvoi préjudiciel – Rapprochement des législations – Règlement (CE) no 715/2007 – Article 3, point 10 – Article 5, paragraphe 2 – Dispositif d’invalidation – Véhicules à moteur – Moteur diesel – Émissions de polluants – Programme agissant sur le calculateur de contrôle moteur – Technologies et stratégies permettant de limiter la production des émissions de polluants.#Affaire C-693/18.
17/12/2020
Arrêt de la Cour (deuxième chambre) du 17 décembre 2020.#CLCV e.a. (Dispositif d’invalidation sur moteur diesel).#Renvoi préjudiciel – Rapprochement des législations – Règlement (CE) no 715/2007 – Article 3, point 10 – Article 5, paragraphe 2 – Dispositif d’invalidation – Véhicules à moteur – Moteur diesel – Émissions de polluants – Programme agissant sur le calculateur de contrôle moteur – Technologies et stratégies permettant de limiter la production des émissions de polluants.#Affaire C-693/18.
17/12/2020
Arrêt de la Cour (grande chambre) du 17 décembre 2020.#Commission européenne contre Hongrie.#Manquement d’État – Espace de liberté, de sécurité et de justice – Politiques relatives aux contrôles aux frontières, à l’asile et à l’immigration – Directives 2008/115/CE, 2013/32/UE et 2013/33/UE – Procédure d’octroi d’une protection internationale – Accès effectif – Procédure à la frontière – Garanties procédurales – Placement obligatoire dans des zones de transit – Rétention – Retour des ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier – Recours introduits contre les décisions administratives rejetant la demande de protection internationale – Droit de demeurer sur le territoire.#Affaire C-808/18.
17/12/2020