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AccueilDroit européen62016TJ0478_RES
Jurisprudence CJUE62016TJ0478_RES

Arrêt du Tribunal (cinquième chambre) du 11 juin 2019.#Regine Frank contre Commission européenne.#Recherche et développement technologique – Programme-cadre pour la recherche et l’innovation (2014-2020) – Appels à propositions et activités connexes au titre du programme de travail du CER pour l’année 2016 – Décision de l’ERCEA portant rejet d’une demande de subvention comme inéligible – Recours administratif devant la Commission – Décision implicite de rejet – Irrecevabilité partielle – Décision explicite de rejet – Droit à une protection juridictionnelle effective.#Affaire T-478/16.

CELEX62016TJ0478_RES
TypeJurisprudence CJUE
Datemardi 11 juin 2019

Résumé IA

L'arrêt du Tribunal de l'UE (affaire T-478/16) rejette le recours de Mme Frank contre la décision de l'ERCEA refusant sa demande de subvention pour un projet de recherche du CER, jugée inéligible. Le Tribunal confirme la recevabilité partielle du recours et valide la procédure de rejet explicite par la Commission, tout en rappelant les exigences du droit à une protection juridictionnelle effective dans le cadre des programmes-cadres de recherche européens.

Texte intégral

Affaire T‑478/16

Regine Frank

contre

Commission européenne

Arrêt du Tribunal (cinquième chambre) du 11 juin 2019

« Recherche et développement technologique – Programme-cadre pour la recherche et l’innovation (2014-2020) – Appels à propositions et activités connexes au titre du programme de travail du CER pour l’année 2016 – Décision de l’ERCEA portant rejet d’une demande de subvention comme inéligible – Recours administratif devant la Commission – Décision implicite de rejet – Irrecevabilité partielle – Décision explicite de rejet – Droit à une protection juridictionnelle effective »

  1. Procédure juridictionnelle – Demande d’aide juridictionnelle – Conditions d’octroi – Décision d’un avocat de renoncer à représenter une partie au litige au cours de la procédure devant le Tribunal – Absence de désignation d’un nouvel avocat par le demandeur de l’aide juridictionnelle – Mandat d’un avocat à l’initiative du greffier du Tribunal – Conditions – Nécessité d’introduire une nouvelle demande d’aide juridictionnelle – Remplacement rendu nécessaire en raison de circonstances objectives et indépendantes du comportement ou de la volonté de l’intéressé

    (Règlement de procédure du Tribunal, art. 147, § 2 et 3, et 148, § 5)

    (voir points 65-72)

  2. Recours en annulation – Personnes physiques ou morales – Intérêt à agir – Recours dirigé contre une décision implicite de rejet de la Commission concernant une demande de subvention – Décision retirée du fait de l’adoption d’une décision explicite ultérieure par la Commission – Disparition de l’intérêt à agir

    (Règlement du Conseil no 58/2003, art. 22, § 1 et 5)

    (voir points 74-80, 85, 86)

  3. Industrie – Actions nécessaires pour assurer la compétitivité de l’industrie – Recherche et développement technologique – Programme-cadre pour la recherche et l’innovation “Horizon 2020” – Demande de subvention – Conditions d’éligibilité – Présentation d’une lettre d’assentiment valable de la part d’une institution d’accueil – Possibilité de changer d’institution d’accueil pendant la procédure d’évaluation – Exclusion

    (Règlement du Parlement européen et du Conseil no 1290/2013)

    (voir points 103, 114, 115)

Résumé

Dans l’arrêt Frank/Commission (T‑478/16), rendu le 11 juin 2019, le Tribunal a rejeté le recours formé par Mme Regine Franck tendant à l’annulation des décisions de la Commission du 17 juin 2016 et du 16 septembre 2016 rejetant respectivement implicitement et explicitement la demande de subvention de la requérante pour un projet de recherche.

Faisant suite à un appel à propositions s’inscrivant dans le programme-cadre Horizon 2020 ( 1 ), Mme Regine Franck a déposé une demande de subvention à l’Agence exécutive du Conseil européen de la recherche (ERCEA) pour un projet concernant le transport de la lumière dans les quasi-cristaux et les structures non périodiques. La requérante a introduit cette demande au nom de l’Université technique de Kaiserslautern. Toutefois, cette université a indiqué à l’ERCEA qu’elle n’était pas disponible comme institution d’accueil pour le projet soutenu par la requérante. L’université a également précisé que la requérante avait utilisé sans son autorisation, pour l’appel à propositions de 2016, une lettre d’assentiment délivrée pour l’appel à propositions de 2015. En l’absence de lettre d’assentiment valable, la demande de subvention a été rejetée par l’ERCEA. La Commission a confirmé ce rejet, dans un premier temps, de manière implicite, puis, dans une décision explicite de rejet.

En premier lieu, le Tribunal a été amené à se prononcer sur les conséquences d’une décision d’un avocat de cesser la représentation d’un requérant bénéficiant de l’aide juridictionnelle au cours de la procédure devant le Tribunal. En l’espèce, par ordonnance du 16 février 2017, le Tribunal avait décidé d’admettre la requérante au bénéfice de l’aide juridictionnelle en entérinant son choix quant à l’identité de son représentant. Toutefois, le 5 mars 2018, le représentant de la requérante a informé le greffe du Tribunal qu’il ne consentait plus à la représentation. Par suite, le Tribunal a informé la requérante qu’elle devait mandater un autre avocat aux fins de sa représentation lors de l’audience de plaidoiries du 31 janvier 2019. Au jour de l’audience, la requérante n’avait pas donné suite à cette incitation de la part du Tribunal. Elle a alors sollicité, en personne, l’application de l’article 148, paragraphe 5, du règlement de procédure du Tribunal, qui prévoit les conditions dans lesquelles un avocat peut être mandaté, à l’initiative du greffier du Tribunal, afin de représenter une partie devant le Tribunal.

À cet égard, le Tribunal a retenu que, dans l’hypothèse où l’intéressée a proposé elle-même un avocat, premièrement, l’application de l’article 148, paragraphe 5, du règlement de procédure aux fins du remplacement dudit avocat par un autre nécessite l’introduction d’une nouvelle demande d’aide juridictionnelle introduite conformément à l’article 147, paragraphes 2 et 3, du règlement de procédure. Deuxièmement, un tel remplacement ne peut se faire en vertu de l’article 148, paragraphe 5, du règlement de procédure que lorsqu’il est rendu nécessaire en raison de circonstances objectives et indépendantes du comportement ou de la volonté de l’intéressé, telles que le décès, la mise à la retraite ou un manquement aux obligations professionnelles ou déontologiques de l’avocat. Or, le fait qu’un avocat renonce à représenter une partie au litige en invoquant un comportement de cette dernière susceptible de limiter drastiquement sa mission de représentant ne saurait donc être considéré comme une raison valable pouvant justifier l’application de l’article 148, paragraphe 5, du règlement de procédure.

En second lieu, le Tribunal a rejeté comme irrecevable la demande d’annulation de la décision implicite de rejet de la Commission. En ce sens, le Tribunal a retenu que l’absence de réponse de la Commission vaut décision implicite de rejet du recours administratif, laquelle décision est susceptible de faire l’objet d’un recours en annulation. Toutefois, antérieurement à la formation du recours devant le Tribunal, la Commission a adopté une décision rejetant de manière explicite le recours administratif, procédant ainsi au retrait de la décision implicite de rejet.

En troisième lieu, s’agissant des conditions d’éligibilité de la demande de subvention, le Tribunal a rappelé que, dans les circonstances de la présente affaire, la requérante devait, aux fins de l’analyse de sa demande de subvention, faire état d’une lettre d’assentiment valable d’une université d’accueil. Enfin, le Tribunal a précisé que l’identité de l’institution d’accueil se révèle être un élément essentiel dans le cadre d’une demande de subvention et ne peut, en tant que tel, faire l’objet d’un remplacement ou d’un ajout, sauf à modifier substantiellement cette demande. Ainsi, la requérante ne saurait faire grief à l’ERCEA de ne pas lui avoir permis de chercher une nouvelle institution d’accueil.


( 1 ) Appels à propositions et activités connexes au titre du programme de travail du Conseil européen de la recherche (CER) 2016 relevant du programme-cadre de travail pour la recherche et l’innovation (2014 2020) – Horizon 2020 (JO 2015, C 253, p. 12).

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