| CELEX | 62016TJ0573_RES |
| Type | Jurisprudence CJUE |
| Date | mercredi 3 juillet 2019 |
Affaire T‑573/16
(publication par extraits)
PT
contre
Banque européenne d’investissement
Arrêt du Tribunal (quatrième chambre) du 3 juillet 2019
« Fonction publique – Personnel de la BEI – Organisation des services – Dispense de service – Accès à la messagerie électronique et aux connexions informatiques – Procédure précontentieuse – Recevabilité – Sécurité juridique – Droit d’être entendu – Présomption d’innocence – Rapport final de l’OLAF – Obligation de motivation – Responsabilité – Préjudice matériel – Préjudice moral »
Droit de l’Union européenne – Principes – Sécurité juridique – Réglementation de l’Union – Exigence de clarté et de prévisibilité
(voir points 233-237)
Fonctionnaires – Agents de la Banque européenne d’investissement – Organisation des services – Dispense de service d’un agent – Décisions libérant un agent de ses obligations professionnelles sans préciser la base juridique applicable ou permettre à l’agent d’en déterminer la portée temporelle – Inadmissibilité – Violation du principe de sécurité juridique
(Règlement du personnel de la Banque européenne d’investissement, art. 16, 22, 23 et 39)
(voir points 238-258)
Résumé
Dans l’arrêt PT/BEI (T‑573/16), rendu le 3 juillet 2019, le Tribunal a accueilli le recours d’un agent de la Banque européenne d’investissement (BEI) contre des décisions par lesquelles la BEI l’a « dispensé de service » pendant une durée totale de plus de deux ans et demi, et a bloqué l’accès à sa messagerie électronique et aux connections informatiques de la BEI. Dans sa décision, le Tribunal a annulé les décisions attaquées et a condamné la BEI au paiement de dommages et intérêts d’un montant de 25000 euros au titre du préjudice moral subi en raison de ces décisions.
Le requérant a fait l’objet de plusieurs décisions qui l’ont, pendant une période prolongée, privé de toute possibilité de s’acquitter de ses fonctions, tout en maintenant son salaire. Ces décisions visaient, d’une part, à faciliter un retour à la normale dans un contexte de tensions préjudiciables au bon fonctionnement du service auquel le requérant était affecté et, d’autre part, à assurer le déroulement serein d’enquêtes au sujet d’allégations de chantage et de tentative de chantage portées contre le requérant ou à permettre à l’administration de tirer les conséquences des rapports d’enquête qui en ont résulté. Dans son recours, le requérant se prévalait d’une violation du principe de sécurité juridique et de l’obligation de motivation, en ce qu’il n’était pas en mesure de comprendre l’incidence sur des droits et obligations de quatre de ces décisions, dont il soutenait qu’elles comportaient des notions et des expressions dont il n’était en mesure d’apprécier ni la portée ni le sens précis et ne faisaient, pour les deux premières d’entre elles, pas état de la base juridique utilisée.
S’agissant, tout d’abord, de la compatibilité avec le principe de sécurité juridique et avec l’obligation de motivation du défaut d’identification de la base juridique utilisée dans les deux premières décisions, le Tribunal a relevé que ces dernières ne visaient aucune règle de droit, ni ne recelaient d’éléments qui aurait pu permettre au requérant d’identifier une telle base juridique. À cet égard, le Tribunal a observé que la notion de « dispense de service » elle-même ne trouve de fondement expresse dans aucun texte du droit de l’Union européenne et qu’il n’était pas démontré qu’elle correspondait à une pratique courante ou même connue au sein de la BEI en particulier et des institutions de l’Union en général. Le Tribunal a également constaté que la BEI s’était longtemps abstenue de répondre aux demandes de clarification du requérant quant à la base juridique utilisée, se contentant de l’informer qu’il ne faisait pas l’objet d’une suspension. Le Tribunal en a conclu que les deux premières décisions étaient entachées d’une violation du principe de sécurité juridique et d’un défaut de motivation.
S’agissant, ensuite, de la question de savoir dans quelle mesure le principe de sécurité juridique oblige une institution ou un organe de l’Union à spécifier la durée d’une mesure individuelle telle que la dispense de service dont le requérant a fait l’objet, le Tribunal a estimé qu’il appartenait à la BEI de mettre le requérant en mesure d’apprécier avec un degré de précision suffisant la durée pendant laquelle il était envisagé de le dispenser de service. Cette exigence s’imposait avec d’autant plus d’acuité qu’une dispense de service prolongée, telle que celle dont le requérant a fait l’objet, non seulement équivaut à une décision de suspension, en ce qu’elle le prive de la possibilité de s’acquitter de ses fonctions, mais est aussi susceptible d’avoir d’importantes conséquences défavorables sur sa situation professionnelle, administrative et financière. En effet, dans la mesure où une telle dispense de service interdit à l’intéressé de travailler, elle le prive de la possibilité d’être utilement évalué et, par suite, de la possibilité de bénéficier du versement de primes ou encore d’une promotion au mérite. Aucune tâche n’étant assignée à l’intéressé, il peut, de plus, se prévaloir d’une atteinte à ses intérêts moraux et au principe de la correspondance entre le grade et l’emploi. Or, à la différence d’une décision de suspension, dont la durée maximale est de trois mois sauf poursuites pénales, les troisième et quatrième décisions n’étaient assorties d’aucune limitation de durée chiffrée. Certes, ces décisions rappelaient la nature provisoire de la dispense de service et précisaient, en substance, que son terme était subordonné à la survenance d’un événement futur, à savoir l’établissement du rapport d’enquête de l’Office européen de lutte antifraude. Toutefois, la date de survenance d’un tel événement n’était pas déterminable avec un degré de précision suffisant. Le Tribunal en a conclu que les troisième et quatrième décisions étaient entachées d’une violation du principe de sécurité juridique.
Ordonnance du Tribunal (huitième chambre) du 20 décembre 2019.#République de Pologne contre Commission européenne.#Affaire T-883/16 REC.
20/12/2019
Arrêt du Tribunal (deuxième chambre) du 19 décembre 2019.#BPC Lux 2 Sàrl e.a. contre Commission européenne.#Aides d’État – Aide des autorités portugaises à la résolution de l’établissement financier Banco Espírito Santo – Création et capitalisation d’une banque relais – Décision déclarant l’aide compatible avec le marché intérieur – Absence de qualité pour agir – Irrecevabilité.#Affaire T-812/14 RENV.
19/12/2019
Affaire T-812/14 RENV: Arrêt du Tribunal du 19 décembre 2019 – BPC Lux 2 e.a./Commission («Aides d’État – Aide des autorités portugaises à la résolution de l’établissement financier Banco Espírito Santo – Création et capitalisation d’une banque relais – Décision déclarant l’aide compatible avec le marché intérieur – Absence de qualité pour agir – Irrecevabilité»)
19/12/2019
Arrêt du Tribunal (deuxième chambre) du 19 décembre 2019.#BPC Lux 2 Sàrl e.a. contre Commission européenne.#Aides d’État – Aide des autorités portugaises à la résolution de l’établissement financier Banco Espírito Santo – Création et capitalisation d’une banque relais – Décision déclarant l’aide compatible avec le marché intérieur – Absence de qualité pour agir – Irrecevabilité.#Affaire T-812/14 RENV.
19/12/2019