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AccueilDroit européen62017CA0193
Jurisprudence CJUE62017CA0193

Affaire C-193/17: Arrêt de la Cour (Grande chambre) du 22 janvier 2019 (demande de décision préjudicielle de l’Oberster Gerichtshof — Autriche) — Cresco Investigation GmbH / Markus Achatzi (Renvoi préjudiciel — Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne — Article 21 — Égalité de traitement en matière d’emploi et de travail — Directive 2000/78/CE — Article 2, paragraphe 2, sous a) — Discrimination directe en raison de la religion — Législation nationale octroyant à certains travailleurs un jour de congé le Vendredi saint — Justification — Article 2, paragraphe 5 — Article 7, paragraphe 1 — Obligations des employeurs privés et du juge national découlant d’une incompatibilité du droit national avec la directive 2000/78)

CELEX62017CA0193
TypeJurisprudence CJUE
Datemardi 22 janvier 2019

Résumé IA

Dans l'arrêt Cresco Investigation (C-193/17), la Cour de justice de l'Union européenne a jugé que la législation autrichienne accordant un jour férié payé le Vendredi saint uniquement aux employés de certaines Églises constitue une discrimination directe fondée sur la religion, contraire à la directive 2000/78. La Cour précise que, jusqu'à ce que le législateur national rétablisse l'égalité, l'employeur privé doit accorder le même avantage aux salariés d'autres confessions ou sans religion qui en font la demande. Cet arrêt impose donc aux juges nationaux de laisser inappliquée la disposition discriminatoire et d'étendre le bénéfice du congé à tous les travailleurs.

Texte intégral

11.3.2019

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 93/6


Arrêt de la Cour (Grande chambre) du 22 janvier 2019 (demande de décision préjudicielle de l’Oberster Gerichtshof — Autriche) — Cresco Investigation GmbH / Markus Achatzi

(Affaire C-193/17) (1)

((Renvoi préjudiciel - Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne - Article 21 - Égalité de traitement en matière d’emploi et de travail - Directive 2000/78/CE - Article 2, paragraphe 2, sous a) - Discrimination directe en raison de la religion - Législation nationale octroyant à certains travailleurs un jour de congé le Vendredi saint - Justification - Article 2, paragraphe 5 - Article 7, paragraphe 1 - Obligations des employeurs privés et du juge national découlant d’une incompatibilité du droit national avec la directive 2000/78))

(2019/C 93/06)

Langue de procédure: l’allemand

Juridiction de renvoi

Oberster Gerichtshof

Parties dans la procédure au principal

Partie requérante: Cresco Investigation GmbH

Partie défenderesse: Markus Achatzi

Dispositif

1)

L’article 1er et l’article 2, paragraphe 2, de la directive 2000/78/CE du Conseil, du 27 novembre 2000, portant création d’un cadre général en faveur de l’égalité de traitement en matière d’emploi et de travail, doivent être interprétés en ce sens qu’une législation nationale en vertu de laquelle, d’une part, le Vendredi saint n’est un jour férié que pour les travailleurs qui sont membres de certaines églises chrétiennes et, d’autre part, seuls ces travailleurs ont droit, s’ils sont amenés à travailler durant ce jour férié, à une indemnité complémentaire à la rémunération perçue pour les prestations accomplies durant cette journée constitue une discrimination directe en raison de la religion.

Les mesures prévues par cette législation nationale ne peuvent être considérées ni comme des mesures nécessaires à la préservation des droits et des libertés d’autrui, au sens de l’article 2, paragraphe 5, de ladite directive, ni comme des mesures spécifiques destinées à compenser des désavantages liés à la religion, au sens de l’article 7, paragraphe 1, de la même directive.

2)

L’article 21 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne doit être interprété en ce sens que, aussi longtemps que l’État membre concerné n’a pas modifié, afin de rétablir l’égalité de traitement, sa législation n’octroyant le droit à un jour férié le Vendredi saint qu’aux travailleurs membres de certaines églises chrétiennes, un employeur privé soumis à cette législation a l’obligation d’accorder également à ses autres travailleurs le droit à un jour férié le Vendredi saint, pour autant que ces derniers ont au préalable demandé à cet employeur de ne pas devoir travailler ce jour-là, et, par voie de conséquence, de reconnaître à ces travailleurs le droit à une indemnité complémentaire à la rémunération perçue pour les prestations accomplies durant cette journée, lorsque ledit employeur a refusé de faire droit à une telle demande.


(1) JO C 283 du 28.08.2017


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