LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilDroit européen62017CJ0573_RES
Jurisprudence CJUE62017CJ0573_RES

Arrêt de la Cour (grande chambre) du 24 juin 2019.#Daniel Adam Popławski.#Renvoi préjudiciel – Coopération judiciaire en matière pénale – Mandat d’arrêt européen – Décisions-cadres – Absence d’effet direct – Primauté du droit de l’Union – Conséquences – Décision-cadre 2002/584/JAI – Article 4, point 6 – Décision-cadre 2008/909/JAI – Article 28, paragraphe 2 – Déclaration d’un État membre lui permettant de continuer à appliquer les instruments juridiques existants en matière de transfèrement des personnes condamnées applicables avant le 5 décembre 2011 – Déclaration tardive – Conséquences.#Affaire C-573/17.

CELEX62017CJ0573_RES
TypeJurisprudence CJUE
Datelundi 24 juin 2019

Résumé IA

La Cour de justice de l'Union européenne rappelle que les décisions-cadres, dépourvues d'effet direct, ne peuvent être invoquées par un justiciable pour écarter une disposition nationale contraire. Toutefois, le juge national doit interpréter son droit interne, y compris les dispositions transitoires, de manière à ne pas compromettre les objectifs de la décision-cadre 2008/909 relative au transfèrement des personnes condamnées. En l'espèce, une déclaration tardive d'un État membre pour maintenir l'application d'instruments antérieurs est inopposable, ce qui impose au juge de privilégier l'application du nouveau mécanisme de reconnaissance mutuelle des jugements.

Texte intégral

Affaire C‑573/17

Daniel Adam Popławski

(demande de décision préjudicielle,
introduite par le rechtbank Amsterdam)

Arrêt de la Cour (grande chambre) du 24 juin 2019

« Renvoi préjudiciel – Coopération judiciaire en matière pénale – Mandat d’arrêt européen – Décisions-cadres – Absence d’effet direct – Primauté du droit de l’Union – Conséquences – Décision-cadre 2002/584/JAI – Article 4, point 6 – Décision-cadre 2008/909/JAI – Article 28, paragraphe 2 – Déclaration d’un État membre lui permettant de continuer à appliquer les instruments juridiques existants en matière de transfèrement des personnes condamnées applicables avant le 5 décembre 2011 – Déclaration tardive – Conséquences »

  1. Coopération judiciaire en matière pénale – Décision-cadre 2008/909 concernant l’application du principe de reconnaissance mutuelle aux jugements en matière pénale – Dispositions transitoires – Déclaration d’un État membre permettant de continuer à appliquer les instruments juridiques existants avant l’entrée en vigueur de ladite décision-cadre en matière de transfèrement des personnes condamnées – Déclaration faite postérieurement à la date d’adoption de ladite décision-cadre – Conséquence – Absence d’effets juridiques

    (Décision-cadre du Conseil 2008/909, art. 4, § 7, 7, § 4, et 28, § 1 et 2)

    (voir points 45-49, disp. 1)

  2. Coopération judiciaire en matière pénale – Décisions-cadres visant au rapprochement des législations nationales – Exécution par les États membres – Effets juridiques des décisions-cadres – Obligation de laisser inappliquée une disposition nationale contraire à une décision-cadre – Absence – Obligation d’interprétation conforme du droit national – Portée – Nécessité d’assurer la pleine effectivité de la décision-cadre

    (Décision-cadre du Conseil 2002/584)

    (voir points 68-79, 81, 82, 94, disp. 2)

  3. Coopération judiciaire en matière pénale – Décision-cadre relative au mandat d’arrêt européen et aux procédures de remise entre États membres – Motifs de non-exécution facultative du mandat d’arrêt européen – Mandat d’arrêt délivré aux fins de l’exécution d’une peine ou d’une mesure de sûreté privatives de liberté – Personne recherchée demeurant ou résidant dans l’État membre d’exécution au sens de l’article 4, point 6, de la décision-cadre – Conditions de non-exécution du mandat d’arrêt – Engagement de l’État membre d’exécution à exécuter la peine – Portée – Intérêt légitime justifiant l’exécution de la peine dans l’État membre d’exécution

    (Décision-cadre du Conseil 2002/584, art. 4, point 6)

    (voir points 86, 88-92, 97-103, 109)

Résumé

Le 25 juin 2019, dans l’arrêt Popławski (C‑573/17), la Cour, réunie en formation de grande chambre, s’est penchée sur la question de savoir si l’autorité judiciaire d’exécution d’un mandat d’arrêt européen est tenue, en vertu du principe de primauté, de laisser inappliquées des dispositions nationales incompatibles avec une décision-cadre. Elle a en outre apporté des éléments de précision sur les effets juridiques d’une déclaration faite par un État membre au titre de l’article 28, paragraphe 2, de la décision-cadre 2008/909 ( 1 ) postérieurement à la date d’adoption de celle-ci. En vertu de cette disposition, un État membre « peut faire, lors de l’adoption de la présente décision-cadre, une déclaration indiquant que, dans les cas où le jugement définitif [devant être exécuté] a été prononcé avant la date qu’il indique, il continuera, en tant qu’État d’émission et d’exécution, à appliquer les instruments juridiques existants en matière de transfèrement des personnes condamnées applicables avant le 5 décembre 2011. [...] ». Le litige au principal concernait une procédure relative à l’exécution, aux Pays-Bas, d’un mandat d’arrêt européen émis, en octobre 2013, par une juridiction polonaise à l’encontre d’un ressortissant polonais, résidant aux Pays-Bas, aux fins de l’exécution en Pologne d’une peine privative de liberté. En octobre 2015, dans le cadre de l’exécution de ce mandat d’arrêt européen, une première demande de décision préjudicielle avait été adressée par la juridiction de renvoi, à laquelle la Cour avait répondu par l’arrêt du 29 juin 2017, Popławski. Dans cet arrêt, la Cour a notamment dit pour droit que l’article 4, point 6, de la décision-cadre 2002/584 ( 2 ) doit être interprété en ce sens qu’il s’oppose à la législation d’un État membre mettant en œuvre cette disposition, qui, dans le cas où la remise d’un ressortissant étranger disposant d’un permis de séjour à durée indéterminée sur le territoire de cet État membre est réclamée par un autre État membre aux fins de l’exécution d’une peine privative de liberté infligée à ce ressortissant par une décision de justice devenue définitive, d’une part, n’autorise pas une telle remise et, d’autre part, se borne à prévoir l’obligation pour les autorités judiciaires du premier État membre de faire savoir aux autorités judiciaires du second État membre qu’elles sont disposées à prendre en charge l’exécution de ce jugement, sans que, à la date du refus de la remise, la prise en charge effective de l’exécution soit assurée et sans que, de surcroît, dans l’hypothèse où cette prise en charge s’avèrerait par la suite impossible, un tel refus puisse être remis en cause.

Dans le second arrêt Popławski, la Cour a énoncé tout d’abord, en se référant notamment au libellé de l’article 28, paragraphe 2, de la décision-cadre 2008/909 et à l’économie générale de celle-ci, qu’une déclaration, faite par un État membre au titre de cette disposition postérieurement à la date d’adoption de cette décision-cadre, ne peut produire d’effets juridiques.

Ensuite, elle a rappelé la portée de l’obligation incombant, en vertu du principe de primauté, à une juridiction nationale dans une situation où une disposition de son droit national serait contraire à des dispositions du droit de l’Union qui, comme les décisions-cadres 2002/584 et 2008/909, sont dépourvues d’effet direct. Dans une telle situation, cette juridiction n’est pas tenue, sur le seul fondement du droit de l’Union, de laisser inappliquée la disposition de son droit national contraire à la disposition du droit de l’Union concernée.

Toutefois, la Cour a également rappelé que, si les décisions-cadres ne peuvent produire d’effet direct, leur caractère contraignant entraîne dans le chef des autorités nationales une obligation d’interprétation conforme de leur droit interne à partir de la date d’expiration de leur délai de transposition, pour autant que cette interprétation ne soit pas contra legem et qu’elle respecte les principes généraux du droit, notamment, les principes de sécurité juridique et de non-rétroactivité. S’agissant de l’obligation d’interpréter le droit néerlandais de manière conforme à la décision-cadre 2002/584, la Cour a rappelé que, dans son précédent arrêt du 29 juin 2017, Popławski, elle avait constaté que l’obligation pour le juge national d’assurer la pleine effectivité de la décision-cadre 2002/584 entraînait, pour le Royaume des Pays-Bas, l’obligation d’exécuter le mandat d’arrêt européen en cause ou, en cas de refus, celle de garantir aux Pays-Bas l’exécution effective de la peine prononcée en Pologne à l’encontre de M. Popławski.

En second lieu, elle a précisé l’interprétation à retenir de l’article 4, point 6, de la décision-cadre 2002/584. À ce titre, elle a rappelé, s’agissant, premièrement, de l’obligation, imposée par l’article 4, point 6, de la décision-cadre 2002/584, d’assurer, en cas de refus d’exécution du mandat d’arrêt européen, la prise en charge effective par l’État membre d’exécution de la peine privative de liberté, que cette obligation présuppose un véritable engagement de cet État à exécuter la peine privative de liberté prononcée contre la personne recherchée. Ainsi, la seule circonstance que cet État se déclare « disposé » à faire exécuter cette peine ne saurait être considérée comme étant de nature à justifier un tel refus. Par conséquent, tout refus d’exécuter un mandat d’arrêt européen doit être précédé de la vérification, par l’autorité judiciaire d’exécution, de la possibilité d’exécuter réellement la peine conformément à son droit interne. Il appartient alors à la seule juridiction de renvoi d’apprécier, en l’espèce, si le droit néerlandais est susceptible d’être interprété, sans recourir à une interprétation contra legem, en ce sens que la décision-cadre 2002/584 est assimilable à un fondement juridique conventionnel, aux fins de l’application de la disposition nationale en cause. À ce sujet, la Cour a souligné que la juridiction de renvoi ne saurait, dans l’affaire au principal, valablement considérer qu’elle se trouve dans l’impossibilité d’interpréter cette disposition de droit national en conformité avec le droit de l’Union, en raison du seul fait que ladite disposition nationale a été interprétée, par un ministre appelé à intervenir en cas de refus de remise, dans un sens qui n’est pas compatible avec ce droit. En conséquence, si la juridiction de renvoi parvient à la conclusion que la décision-cadre 2002/584 peut être assimilée, conformément aux méthodes d’interprétation reconnues en droit néerlandais, à une convention, aux fins de l’application de la disposition nationale concernée, elle est tenue d’appliquer cette disposition, ainsi interprétée, au litige au principal, sans avoir égard au fait que le ministre s’oppose à une telle interprétation.

S’agissant, deuxièmement, de la marge d’appréciation, prévue par l’article 4, point 6, de la décision-cadre 2002/584, au profit de l’autorité judiciaire d’exécution dans la mise en œuvre du motif de non-exécution facultative d’un mandat d’arrêt européen que cette disposition énonce, la Cour a rappelé que cette autorité doit pouvoir tenir compte de l’objectif poursuivi par ce motif de non-exécution facultative, qui consiste à permettre à l’autorité judiciaire d’exécution d’accorder une importance particulière à la possibilité d’accroître les chances de réinsertion sociale de la personne recherchée à l’expiration de la peine à laquelle cette dernière a été condamnée. Ainsi, la faculté conférée à l’autorité judiciaire d’exécution de refuser, sur la base de cette disposition, la remise de la personne recherchée, ne peut être mise en œuvre que si cette autorité, après avoir vérifié, d’une part, que cette personne demeure dans l’État membre d’exécution, en est ressortissante ou y réside, et, d’autre part, que la peine privative de liberté prononcée par l’État membre d’émission contre cette personne peut être effectivement exécutée dans l’État membre d’exécution, estime qu’il existe un intérêt légitime justifiant que la peine infligée dans l’État membre d’émission soit exécutée sur le territoire de l’État membre d’exécution. Il appartient dès lors, à titre principal, à la juridiction de renvoi de procéder, dans toute la mesure du possible, à une interprétation conforme de son droit national qui lui permette d’assurer un résultat compatible avec la finalité poursuivie par la décision-cadre. Si cela s’avérait impossible, ladite juridiction devrait, à tout le moins, retenir une interprétation de son droit national qui permette d’aboutir à une solution qui ne soit pas contraire à l’objectif de la décision-cadre 2002/584 et qui permette, dès lors, d’éviter l’impunité de M. Poplawski. Tel serait le cas si cette juridiction interprétait ledit droit en ce sens que le refus d’exécuter le mandat d’arrêt européen délivré contre M. Poplawski est subordonné à la garantie que la peine privative de liberté à laquelle il a été condamné en Pologne soit effectivement exécutée aux Pays-Bas, et ce même si ce refus intervient de manière automatique.


( 1 ) Décision-cadre 2008/909/JAI du Conseil, du 27 novembre 2008, concernant l’application du principe de reconnaissance mutuelle aux jugements en matière pénale prononçant des peines ou des mesures privatives de liberté aux fins de leur exécution dans l’Union européenne (JO 2008, L 327, p. 27).

( 2 ) Décision-cadre 2002/584/JAI du Conseil, du 13 juin 2002, relative au mandat d’arrêt européen et aux procédures de remise entre États membres (JO 2002, L 190, p. 1).

Documents similaires

Jurisprudence CJUE62016TO0883(02)

Ordonnance du Tribunal (huitième chambre) du 20 décembre 2019.#République de Pologne contre Commission européenne.#Affaire T-883/16 REC.

20/12/2019

Jurisprudence CJUE62014TJ0812

Arrêt du Tribunal (deuxième chambre) du 19 décembre 2019.#BPC Lux 2 Sàrl e.a. contre Commission européenne.#Aides d’État – Aide des autorités portugaises à la résolution de l’établissement financier Banco Espírito Santo – Création et capitalisation d’une banque relais – Décision déclarant l’aide compatible avec le marché intérieur – Absence de qualité pour agir – Irrecevabilité.#Affaire T-812/14 RENV.

19/12/2019

Jurisprudence CJUE62014TA0812

Affaire T-812/14 RENV: Arrêt du Tribunal du 19 décembre 2019 – BPC Lux 2 e.a./Commission («Aides d’État – Aide des autorités portugaises à la résolution de l’établissement financier Banco Espírito Santo – Création et capitalisation d’une banque relais – Décision déclarant l’aide compatible avec le marché intérieur – Absence de qualité pour agir – Irrecevabilité»)

19/12/2019

Jurisprudence CJUE62014TJ0812_INF

Arrêt du Tribunal (deuxième chambre) du 19 décembre 2019.#BPC Lux 2 Sàrl e.a. contre Commission européenne.#Aides d’État – Aide des autorités portugaises à la résolution de l’établissement financier Banco Espírito Santo – Création et capitalisation d’une banque relais – Décision déclarant l’aide compatible avec le marché intérieur – Absence de qualité pour agir – Irrecevabilité.#Affaire T-812/14 RENV.

19/12/2019

← Retour au droit européenVoir aussi sur EUR-Lex →