| CELEX | 62017CJ0697_RES |
| Type | Jurisprudence CJUE |
| Date | jeudi 11 juillet 2019 |
Affaire C‑697/17
Telecom Italia SpA
contre
Ministero dello Sviluppo Economico
et
Infrastrutture e telecomunicazioni per l’Italia SpA (Infratel Italia) SpA
(demande de décision préjudicielle, introduite par le Consiglio di Stato)
Arrêt de la Cour (cinquième chambre) du 11 juillet 2019
« Renvoi préjudiciel – Passation de marchés publics de fournitures et de travaux – Directive 2014/24/UE – Article 28, paragraphe 2 – Procédure restreinte – Opérateurs économiques admis à présenter une offre – Nécessité de maintenir une identité juridique et matérielle entre le candidat présélectionné et celui qui présente l’offre – Principe d’égalité de traitement des soumissionnaires »
Rapprochement des législations – Procédures de passation des marchés dans les secteurs de l’eau, de l’énergie, des transports et des services postaux – Directive 2004/17 – Attribution des marchés – Principes d’égalité de traitement des soumissionnaires et de transparence – Portée – Autorisation par l’entité adjudicatrice de la substitution de l’un des deux opérateurs économiques ayant fait partie d’un groupement d’entreprises invité à soumissionner dans le cadre d’une procédure négociée – Substitution intervenant à la suite de la dissolution du groupement soumissionnaire – Admissibilité – Conditions
(Directive du Parlement européen et du Conseil 2004/17, art. 10, 51 et 54, § 3)
(voir points 32-35)
Rapprochement des législations – Procédures de passation des marchés publics de travaux, de fournitures et de services – Directive 2014/24 – Attribution des marchés – Procédure restreinte – Opérateurs économiques admis à présenter une offre – Exigence d’identité juridique et matérielle entre les opérateurs économiques présélectionnés et ceux présentant les offres – Accord de fusion conclu entre la phase de présélection et celle de présentation des offres et exécuté après cette dernière – Présentation d’une offre par un soumissionnaire présélectionné ayant absorbé un autre soumissionnaire présélectionné – Admissibilité
(Directive du Parlement européen et du Conseil 2014/24, art. 28, § 2)
(voir points 37, 39, 40, 42-47, 49, 54 et disp.)
Résumé
Dans l’arrêt Telecom Italia (C‑697/17), prononcé le 11 juillet 2019, la Cour a apporté des précisions, dans le cadre d’une procédure restreinte d’attribution d’un marché public de fournitures et de travaux, régie par la directive 2014/24 ( 1 ), sur les conditions dans lesquelles les opérateurs économiques sont admis à présenter une offre. Dans ce contexte, la Cour a estimé que, compte tenu de l’exigence prévue par cette directive tenant à l’identité juridique et matérielle entre les opérateurs économiques présélectionnés et ceux qui présentent les offres, un candidat présélectionné qui s’engage à absorber un autre candidat présélectionné, en vertu d’un accord de fusion conclu entre la phase de présélection et celle de présentation des offres et exécuté après cette phase de présentation, peut présenter une offre.
En mai 2016, la société Infratel a lancé, au nom du ministère du Développement économique italien, une procédure restreinte d’adjudication aux fins de l’attribution de marchés publics pour la construction, l’entretien et la gestion d’un réseau passif public à bande ultra-large dans les zones dites « blanches » de plusieurs régions d’Italie. Dans le cadre de cette procédure portant sur l’attribution de cinq lots, des demandes de participation ont été présentées par la société Telecom Italia ainsi que, notamment, par les sociétés Metroweb Sviluppo et par OpEn Fiber. Bien qu’ayant été présélectionnée, Metroweb Sviluppo n’a finalement pas soumis d’offre.
En janvier 2017, Infratel a publié la liste des soumissionnaires admis ainsi qu’un classement provisoire des adjudicataires. Selon ce classement, OpEn Fiber occupait la première place pour chacun des cinq lots, tandis que la société Telecom Italia était classée en deuxième position, sauf pour le lot no 4, où elle occupait la troisième place. Non satisfaite de l’issue de la procédure concernée, Telecom Italia a, dans un premier temps, demandé l’accès aux documents afférents à ladite procédure d’adjudication. Il ressort de ceux-ci, en substance, que, entre la phase de présélection et la date limite de soumission des offres, Metroweb Sviluppo a été absorbée par OpEn Fiber, fusion par absorption à laquelle la Commission européenne ne s’est pas opposée. Dans un second temps, Telecom Italia a contesté devant les juridictions italiennes l’adjudication des cinq lots concernés.
Rappelant tout d’abord que, conformément à l’article 28, paragraphe 2, première phrase, de la directive 2014/24, seuls les opérateurs économiques invités à le faire par le pouvoir adjudicateur à la suite de l’évaluation par celui-ci des informations fournies peuvent soumettre une offre, la Cour a souligné que cette disposition suppose une identité juridique et matérielle entre les opérateurs économiques présélectionnés et ceux qui présentent les offres. Cette règle est prévue pour la procédure restreinte, laquelle se déroule en plusieurs phases, et notamment pour la phase de présélection et celle de soumission des offres. La Cour a cependant relevé que cette disposition ne prévoit pas de règles concernant les changements éventuellement intervenus dans la structure ou dans la capacité économique et technique du candidat présélectionné.
À cet égard, la Cour a rappelé que, dans le contexte analogue de la directive 2004/17 ( 2 ), elle avait examiné la question de l’incidence de tels changements au cours d’une procédure négociée d’attribution d’un marché public dans l’arrêt MT Højgaard et Züblin ( 3 ). Ainsi, la Cour a jugé que, dans une procédure négociée, en cas de dissolution d’un groupement présélectionné en tant que tel, dont faisait partie deux opérateurs économiques, l’un de ceux-ci peut se substituer à ce groupement et poursuivre cette procédure, sans que le principe d’égalité soit violé. Toutefois, il doit être établi que cet opérateur économique satisfait seul aux exigences définies initialement par le pouvoir adjudicateur (premier critère) et que la continuation de sa participation à ladite procédure n’entraîne pas une détérioration de la situation concurrentielle des autres soumissionnaires (second critère).
S’agissant du respect, en l’espèce, du premier critère, la Cour a considéré que la société OpEn Fiber continue à satisfaire aux exigences définies initialement par le pouvoir adjudicateur en ce que sa capacité matérielle a augmenté du fait de l’absorption de Metroweb Sviluppo.
S’agissant du respect, en l’espèce, du second critère, selon la Cour, une absorption telle que celle de Metroweb Sviluppo doit être réalisée dans le respect de la réglementation de l’Union, notamment du règlement no 139/2004 ( 4 ). À cet égard, la Cour a relevé que la Commission a décidé le 15 décembre 2016, au titre dudit règlement, de ne pas s’opposer à la fusion entre OpEn Fiber et Metroweb Sviluppo. Dans ce contexte, la Cour a souligné que des dispositions du droit de l’Union distinctes de celles régissant les marchés publics visent spécifiquement à assurer que l’existence d’une concurrence libre et non faussée au sein du marché intérieur ne soit pas menacée par des opérations de fusion telles que celle en l’espèce. Ainsi, pour autant que le comportement d’un acteur économique respecte ces règles spécifiques, il ne saurait être considéré que sa participation à une telle opération est susceptible, en tant que telle, d’entraîner une détérioration de la situation concurrentielle des autres soumissionnaires du simple fait que l’entité fusionnée bénéficiera d’une capacité économique et technique renforcée.
( 1 ) Directive 2014/24/UE du Parlement européen et du Conseil, du 26 février 2014, sur la passation des marchés publics et abrogeant la directive 2004/18/CE (JO 2014, L 94, p. 65).
( 2 ) Directive 2004/17/CE du Parlement européen et du Conseil, du 31 mars 2004, portant coordination des procédures de passation des marchés dans les secteurs de l’eau, de l’énergie, des transports et des services postaux (JO 2004, L 134, p. 1). Cette directive n’est plus en vigueur.
( 3 ) Arrêt du 24 mai 2016, MT Højgaard et Züblin (C‑396/14, EU:C:2016:347).
( 4 ) Règlement (CE) no 139/2004 du Conseil, du 20 janvier 2004, relatif au contrôle des concentrations entre entreprises (JO 2004, L 24, p. 1).
Ordonnance du Tribunal (huitième chambre) du 20 décembre 2019.#République de Pologne contre Commission européenne.#Affaire T-883/16 REC.
20/12/2019
Arrêt du Tribunal (deuxième chambre) du 19 décembre 2019.#BPC Lux 2 Sàrl e.a. contre Commission européenne.#Aides d’État – Aide des autorités portugaises à la résolution de l’établissement financier Banco Espírito Santo – Création et capitalisation d’une banque relais – Décision déclarant l’aide compatible avec le marché intérieur – Absence de qualité pour agir – Irrecevabilité.#Affaire T-812/14 RENV.
19/12/2019
Affaire T-812/14 RENV: Arrêt du Tribunal du 19 décembre 2019 – BPC Lux 2 e.a./Commission («Aides d’État – Aide des autorités portugaises à la résolution de l’établissement financier Banco Espírito Santo – Création et capitalisation d’une banque relais – Décision déclarant l’aide compatible avec le marché intérieur – Absence de qualité pour agir – Irrecevabilité»)
19/12/2019
Arrêt du Tribunal (deuxième chambre) du 19 décembre 2019.#BPC Lux 2 Sàrl e.a. contre Commission européenne.#Aides d’État – Aide des autorités portugaises à la résolution de l’établissement financier Banco Espírito Santo – Création et capitalisation d’une banque relais – Décision déclarant l’aide compatible avec le marché intérieur – Absence de qualité pour agir – Irrecevabilité.#Affaire T-812/14 RENV.
19/12/2019