| CELEX | 62017TJ0011_RES |
| Type | Jurisprudence CJUE |
| Date | jeudi 7 février 2019 |
Affaire T‑11/17
RK
contre
Conseil de l’Union européenne
Arrêt du Tribunal (deuxième chambre élargie) du 7 février 2019
« Fonction publique – Fonctionnaires – Article 42 quater du statut – Mise en congé dans l’intérêt du service – Égalité de traitement – Interdiction de la discrimination fondée sur l’âge – Erreur manifeste d’appréciation – Droit d’être entendu – Devoir de sollicitude – Responsabilité »
Actes des institutions – Directives – Directive 2000/78 portant création d’un cadre général en faveur de l’égalité de traitement en matière d’emploi et de travail – Imposition directe d’obligations aux institutions de l’Union dans leurs rapports avec leur personnel – Exclusion – Invocabilité – Portée
(Art. 288, al. 3, TFUE ; statut des fonctionnaires, art. 42 quater ; directive du Conseil 2000/78, art. 21)
(voir points 67-70)
Fonctionnaires – Congés – Mise en congé dans l’intérêt du service – Traitement différencié des fonctionnaires approchant l’âge de la retraite – Discrimination fondée sur l’âge – Caractère approprié et proportionné du traitement – Absence de violation du principe d’égalité de traitement
(Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, art. 21, § 1, et 52, § 1 ; statut des fonctionnaires, art. 36 et 42 quater ; règlement du Parlement européen et du Conseil no 1023/2013)
(voir points 86-91, 93, 94, 103, 105, 111, 123)
Fonctionnaires – Congés – Mise en congé dans l’intérêt du service – Notion d’intérêt du service – Prise en compte des éléments propres aux fonctionnaires concernés – Capacité à acquérir de nouvelles compétences et à s’adapter à l’évolution de l’environnement de travail – Admissibilité
(Statut des fonctionnaires, art. 42 quater)
(voir points 133-137)
Fonctionnaires – Congés – Mise en congé dans l’intérêt du service – Pouvoir d’appréciation de l’administration – Contrôle juridictionnel – Limites – Erreur manifeste d’appréciation
(Statut des fonctionnaires, art. 42 quater)
(voir points 140, 141)
Fonctionnaires – Congés – Mise en congé dans l’intérêt du service – Respect des droits de la défense – Obligation d’entendre l’intéressé avant l’adoption de la décision – Portée
(Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, art. 41 ; statut des fonctionnaires, art. 42 quater)
(voir points 175-181)
Fonctionnaires – Devoir de sollicitude incombant à l’administration – Prise en considération des intérêts du fonctionnaire – Limites – Rationalisation des services
(Statut des fonctionnaires, art. 24)
(voir points 189, 190)
Procédure juridictionnelle – Dépens – Charge – Prise en compte des exigences de l’équité – Condamnation partielle de la partie gagnante aux dépens
(Règlement de procédure du Tribunal, art. 134, § 1, et 135)
(voir points 203, 206, 207)
Résumé
Dans l’arrêt RK/Conseil (T‑11/17), rendu le 7 février 2019, le Tribunal a rejeté la demande d’une fonctionnaire tendant à l’annulation d’une décision du Conseil la plaçant en congé dans l’intérêt du service sur le fondement de l’article 42 quater du statut des fonctionnaires de l’Union européenne. La requérante se prévalait notamment d’une exception d’illégalité dirigée contre ledit article 42 quater, fondée sur la violation du principe d’égalité en droit et de celui de non-discrimination fondé sur l’âge. En outre, elle contestait l’évaluation par le Conseil des « besoins organisationnels », au sens de la disposition susvisée du statut.
Tout d’abord, le Tribunal a conclu que la légalité de l’article 42 quater du statut doit être appréciée à l’aune de l’article 21, paragraphe 1, de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne tout en tenant compte de la directive 2000/78 ( 1 ) dont les dispositions peuvent constituer une source d’inspiration pour la détermination des obligations du législateur de l’Union dans le domaine de la fonction publique de l’Union.
Ensuite, le Tribunal a conclu que la différence de traitement fondée sur l’âge, instituée par l’article 42 quater du statut est proportionnelle et n’enfreint pas l’article 21, paragraphe 1, de la charte en ce qu’elle répond aux critères énoncés à l’article 52, paragraphe 1, de celle-ci. À cet égard, le Tribunal a considéré que, aux fins d’atteindre l’objectif légitime d’optimisation des investissements relatifs à la formation professionnelle, il n’apparait pas déraisonnable pour le législateur de l’Union d’estimer nécessaire de prévoir la mise en congé dans l’intérêt du service uniquement pour les fonctionnaires qui entrent dans la fourchette d’âge comprise entre 55 ans et 66 ans et qui, du fait de l’application de l’article 42 quater du statut à leur égard, subissent des désavantages tant sur le plan de leur carrière que sur le plan financier par rapport aux fonctionnaires plus jeunes qui n’entrent pas dans la fourchette d’âge susvisée.
Puis, s’agissant de l’application de l’article 42 quater du statut des fonctionnaires, le Tribunal a rappelé que ledit article fait explicitement référence à l’« intérêt du service ». Ainsi, les « besoins organisationnels liés à l’acquisition de nouvelles compétences », visés également par cet article, constituent un aspect spécifique de l’intérêt du service. Dans la mesure où les « besoins organisationnels » sont liés à l’« acquisition de nouvelles compétences » et ne constituent qu’un aspect spécifique de l’intérêt du service dans le cadre de l’article 42 quater du statut, l’évaluation par une institution de la capacité des fonctionnaires concernés à acquérir de nouvelles compétences et à s’adapter à l’évolution de l’environnement de travail est compatible avec cet article.
Le Tribunal a révélé que cette prise en compte d’un élément propre aux fonctionnaires concernés n’est pas non plus contraire à la ratio legis de l’article 42 quater du statut. En effet, dans la mesure où il a été établi que cette disposition poursuit l’objectif d’optimisation des investissements des institutions liés à la formation professionnelle en matière de rapport coût-efficacité, il apparaît compatible avec cet objectif que l’institution prenne en compte, aux fins de la détermination des coûts des investissements relatifs à la formation professionnelle, la capacité des fonctionnaires concernés à acquérir de nouvelles compétences et à s’adapter à l’évolution de l’environnement de travail. Cette prise en compte d’un élément propre aux fonctionnaires concernés apparaît également justifiée par la circonstance que l’application de l’article 42 quater du statut entraîne des conséquences défavorables pour eux et qu’elle peut leur être imposée contre leur volonté.
Par ailleurs, dans la mesure où cette évaluation vise la poursuite de l’intérêt du service, elle doit nécessairement porter sur la capacité future des fonctionnaires concernés à acquérir de nouvelles compétences et à s’adapter à l’évolution de l’environnement de travail et doit comporter, ainsi, un élément de pronostic. Dans l’hypothèse contraire, cette évaluation ne poursuivrait pas l’intérêt du service.
Enfin, le Tribunal a reconnu aux institutions un large pouvoir d’appréciation en ce qui concerne l’évaluation des besoins organisationnels liés à l’acquisition de nouvelles compétences dont l’usage ne peut être remis en cause qu’en cas d’erreur manifeste d’appréciation, d’inexactitude matérielle ou de détournement de pouvoir.
( 1 ) Directive 2000/78/CE du Conseil, du 27 novembre 2000, portant création d’un cadre général en faveur de l’égalité de traitement en matière d’emploi et de travail (JO 2000, L 303, p. 16).
Ordonnance du Tribunal (huitième chambre) du 20 décembre 2019.#République de Pologne contre Commission européenne.#Affaire T-883/16 REC.
20/12/2019
Arrêt du Tribunal (deuxième chambre) du 19 décembre 2019.#BPC Lux 2 Sàrl e.a. contre Commission européenne.#Aides d’État – Aide des autorités portugaises à la résolution de l’établissement financier Banco Espírito Santo – Création et capitalisation d’une banque relais – Décision déclarant l’aide compatible avec le marché intérieur – Absence de qualité pour agir – Irrecevabilité.#Affaire T-812/14 RENV.
19/12/2019
Affaire T-812/14 RENV: Arrêt du Tribunal du 19 décembre 2019 – BPC Lux 2 e.a./Commission («Aides d’État – Aide des autorités portugaises à la résolution de l’établissement financier Banco Espírito Santo – Création et capitalisation d’une banque relais – Décision déclarant l’aide compatible avec le marché intérieur – Absence de qualité pour agir – Irrecevabilité»)
19/12/2019
Arrêt du Tribunal (deuxième chambre) du 19 décembre 2019.#BPC Lux 2 Sàrl e.a. contre Commission européenne.#Aides d’État – Aide des autorités portugaises à la résolution de l’établissement financier Banco Espírito Santo – Création et capitalisation d’une banque relais – Décision déclarant l’aide compatible avec le marché intérieur – Absence de qualité pour agir – Irrecevabilité.#Affaire T-812/14 RENV.
19/12/2019