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AccueilDroit européen62017TJ0059_RES
Jurisprudence CJUE62017TJ0059_RES

Arrêt du Tribunal (neuvième chambre) du 7 mars 2019.#L contre Parlement européen.#Fonction publique – Assistant parlementaire accrédité – Résiliation du contrat – Rupture du lien de confiance – Activités extérieures – Erreur manifeste d’appréciation – Demande en indemnité.#Affaire T-59/17.

CELEX62017TJ0059_RES
TypeJurisprudence CJUE
Datejeudi 7 mars 2019

Résumé IA

Cet arrêt du Tribunal de l'UE, rendu le 7 mars 2019 dans l'affaire T-59/17, concerne un litige entre un assistant parlementaire accrédité (L) et le Parlement européen suite à la résiliation de son contrat pour rupture du lien de confiance. Le Tribunal a examiné si le Parlement avait commis une erreur manifeste d'appréciation en se fondant sur des activités extérieures de l'assistant pour justifier cette rupture, et a statué sur la demande en indemnité. La décision précise les limites du pouvoir d'appréciation de l'institution dans l'évaluation du lien de confiance avec ses assistants.

Texte intégral

Affaire T‑59/17

L

contre

Parlement européen

Arrêt du Tribunal (neuvième chambre) du 7 mars 2019

« Fonction publique – Assistant parlementaire accrédité – Résiliation du contrat – Rupture du lien de confiance – Activités extérieures – Erreur manifeste d’appréciation – Demande en indemnité »

  1. Fonctionnaires – Assistants parlementaires accrédités – Licenciement pour des motifs ayant trait au rapport de confiance mutuelle – Obligation de motivation – Pouvoir d’appréciation de l’autorité habilitée à conclure les contrats d’engagement – Portée

    [Régime applicable aux autres agents, art. 2, c), 5 bis et 139, § 1, d)]

    (voir points 27-29)

  2. Fonctionnaires – Assistants parlementaires accrédités – Licenciement pour des motifs ayant trait au rapport de confiance mutuelle – Contrôle juridictionnel – Limites

    [Régime applicable aux autres agents, art. 2, c), et 5 bis]

    (voir point 30)

  3. Fonctionnaires – Assistants parlementaires accrédités – Licenciement pour des motifs ayant trait au rapport de confiance mutuelle – Éléments d’appréciation – Exercice par la personne concernée d’activités extérieures sans introduire une demande préalable d’autorisation – Exercice desdites activités à la suite des instructions de la part du député européen – Motif de rupture du lien de confiance non plausible pour justifier la résiliation du contrat

    [Statut des fonctionnaires, art. 12 ter, § 1 ; régime applicable aux autres agents, art. 2, c), 5 bis et 139, § 1, d)]

    (voir points 40-44)

  4. Recours des fonctionnaires – Recours en indemnité – Autonomie par rapport au recours en annulation – Recevabilité nonobstant l’absence d’une procédure précontentieuse conforme au statut – Condition – Demande en indemnité liée à une demande en annulation

    (Statut des fonctionnaires, art. 90 et 91)

    (voir point 53)

  5. Fonctionnaires – Responsabilité non contractuelle des institutions – Conditions – Illégalité – Préjudice – Lien de causalité – Conditions cumulatives

    (Art. 340 TFUE)

    (voir point 56)

  6. Recours des fonctionnaires – Recours en indemnité – Annulation de l’acte illégal attaqué – Réparation adéquate du préjudice moral – Limites

    (Statut des fonctionnaires, art. 91)

    (voir points 58, 59)

Résumé

Dans l’arrêt L/Parlement (T‑59/17), prononcé le 7 mars 2019, le Tribunal a annulé une décision du Parlement portant résiliation d’un contrat d’assistant parlementaire accrédité (ci-après « APA ») par un député européen pour rupture du lien de confiance en raison de l’exercice par le premier d’une activité extérieure sans introduire une demande préalable d’autorisation. À cet égard, le Tribunal a été amené à se prononcer sur le point de savoir dans quelle mesure la « confiance » visée par l’article 139, paragraphe 1, sous d), du régime applicable aux autres agents de l’Union européenne (ci-après le « RAA »), à la base de la relation de travail entre l’assistant parlementaire et le député européen, avait pu être rompue, au sens dudit article, en raison de l’exercice d’activités extérieures non déclarées, lorsqu’il ressort des pièces du dossier que ledit député était à l’origine desdites activités.

Le Tribunal a dit pour droit que, d’une part, s’il n’incombe pas à l’autorité habilitée à conclure les contrats d’engagement du Parlement (ci-après l’« AHCC ») de substituer son appréciation à celle du parlementaire concerné quant à la réalité de la rupture du lien de confiance, l’AHCC doit néanmoins s’assurer que le motif avancé repose sur des faits de nature à le justifier de façon plausible et, d’autre part, si une institution qui décide la résiliation d’un contrat d’APA se réfère, en particulier, à une perte de confiance à l’origine de la décision de résiliation, le juge est tenu de vérifier si ce motif est plausible.

Le Tribunal a estimé, en l’espèce, que le député européen en cause ne pouvait pas ignorer que le requérant exerçait une profession juridique en parallèle de ses fonctions d’APA, étant donné que, ainsi qu’il ressort des éléments du dossier, l’exercice d’une telle profession faisait suite à des instructions de sa part et que le député européen savait qu’une telle activité n’avait pas été déclarée conformément à l’article 12 ter, paragraphe 1, du statut, dans la mesure où ledit député n’avait pas été entendu par l’AHCC au sujet des activités extérieures en cause, comme le prévoit l’article 6, paragraphe 2, des mesures d’application du titre VII du RAA. Le Tribunal relève, par ailleurs, que le député européen ne pouvait raisonnablement s’attendre à ce que les activités extérieures en cause, compte tenu de leur nature, fassent l’objet d’une demande d’autorisation formelle au Parlement. Il s’agissait en effet, notamment, de l’introduction de demandes d’asile en Russie et en Suisse pour permettre au député européen d’échapper à une peine de prison, de la représentation en justice du député aux mêmes fins, et du montage de litiges ad hoc en matière de droits de l’homme, pour promouvoir l’image dudit député, afin de rendre plus difficile son incarcération à la suite d’une procédure pénale engagée à son encontre. Le Tribunal en a conclu que le motif fourni par le député européen pour justifier la décision de résiliation, à savoir, la perte de confiance, n’apparaissait pas plausible et que, partant, en donnant suite à la demande de résiliation formulée par le député européen, l’AHCC avait commis une erreur manifeste d’appréciation.

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