| CELEX | 62017TJ0108_RES |
| Type | Jurisprudence CJUE |
| Date | jeudi 4 avril 2019 |
Affaire T‑108/17
ClientEarth
contre
Commission européenne
Arrêt du Tribunal (cinquième chambre) du 4 avril 2019
« REACH – Règlement (CE) no 1907/2006 – Phtalate de bis (2-éthylhexyle) (DEHP) – Rejet comme non fondée d’une demande de réexamen interne d’une décision d’autorisation de mise sur le marché – Erreur de droit – Erreur manifeste d’appréciation – Article 10 du règlement (CE) no 1367/2006 »
Recours en annulation – Compétence du juge de l’Union – Conclusions tendant à obtenir une injonction adressée à une institution – Irrecevabilité
(Art. 263 et 266 TFUE)
(voir point 30)
Environnement – Convention d’Aarhus – Application aux institutions de l’Union – Faculté pour les organisations non gouvernementales de demander le réexamen interne d’actes administratifs dans le domaine de l’environnement – Précision des motifs du réexamen – Recours devant le juge de l’Union visant une décision de rejet d’une demande de réexamen – Invocation d’arguments et de moyens non présentés dans la demande de réexamen – Rejet
(Règlement du Parlement européen et du Conseil no 1367/2006, art. 10, § 1 et 2)
(voir points 55-58)
Rapprochement des législations – Enregistrement, évaluation et autorisation des substances chimiques – Règlement REACH – Utilisations ou catégories d’usages exemptées de l’obligation d’autorisation – Utilisation dans un mélange d’une substance n’ayant pas de fonction spécifique – Absence d’exemption
[Règlement du Parlement européen et du Conseil no 1907/2006, art. 3, point 24, et art. 56, § 1, a), et § 6]
(voir points 64-70)
Rapprochement des législations – Enregistrement, évaluation et autorisation des substances chimiques – Règlement REACH – Substances extrêmement préoccupantes – Régime d’autorisation – Présentation de la demande – Obligation de vérification par la Commission – Portée – Obligation de tenir compte des propriétés intrinsèques d’une substance dans le cadre de l’évaluation socio-économique – Absence
(Règlement du Parlement européen et du Conseil no 1907/2006, art. 60, § 2, 4, 7 à 9, 61, § 1, 62, § 4, et 64)
(voir points 104-107, 140-144, 216-223)
Procédure juridictionnelle – Requête introductive d’instance – Exigences de forme – Exposé sommaire des moyens invoqués – Nécessité d’une référence expresse aux dispositions fondant le recours – Absence – Erreur dans l’énoncé des dispositions – Absence d’incidence sur la recevabilité du recours
[Statut de la Cour de justice, art. 21, 1er al., et 53, 1er al. ; règlement de procédure du Tribunal, art. 76, d)]
(voir point 122)
Rapprochement des législations – Enregistrement, évaluation et autorisation des substances chimiques – Règlement REACH – Substances extrêmement préoccupantes – Régime d’autorisation – Saisine du comité d’évaluation des risques et du comité d’analyse socio-économique de l’Agence européenne des produits chimiques – Compétence des comités pour adresser des demandes au demandeur d’autorisation et à des tiers – Portée
(Règlement du Parlement européen et du Conseil no 1907/2006, art. 62 et 64, § 1 et 3 à 5)
(voir points 171-178)
Rapprochement des législations – Enregistrement, évaluation et autorisation des substances chimiques – Règlement REACH – Substances extrêmement préoccupantes – Régime d’autorisation – Pouvoir d’appréciation des autorités de l’Union – Portée – Contrôle juridictionnel – Limites
(Règlement du Parlement européen et du Conseil no 1907/2006, art. 57 et 59)
(voir point 246)
Rapprochement des législations – Enregistrement, évaluation et autorisation des substances chimiques – Règlement REACH – Substances extrêmement préoccupantes – Régime d’autorisation – Décision de la Commission – Respect du principe de précaution – Articulation avec le principe de proportionnalité
(Art. 191 TFUE ; règlement du Parlement européen et du Conseil no 1907/2006, art. 1er, § 3, et 60, § 2 et 4, et annexe XIV)
(voir points 279-282, 284, 290-295)
Actes des institutions – Motivation – Obligation – Portée
(Art. 296, al. 2, TFUE)
(voir points 304, 305)
Résumé
Dans l’arrêt ClientEarth/Commission (T‑108/17), rendu le 4 avril 2019, le Tribunal a rejeté le recours contre la décision de la Commission européenne rejetant une demande de réexamen interne de la décision autorisant l’utilisation du chlorure de polyvinyle (PVC) souple recyclé contenant du phtalate de bis(2-éthylhexyle) (DEHP).
En adoptant le règlement no 143/2011 ( 1 ), la Commission a inclus le DEHP, un composé organique essentiellement utilisé pour assouplir les plastiques à base de PVC, dans l’annexe XIV du règlement no 1907/2006 ( 2 ) (ci-après le « règlement REACH »), en raison des propriétés toxiques de cette substance pour la reproduction. Par la suite, trois sociétés de recyclage de déchets ont, conformément au règlement REACH, présenté une demande d’autorisation conjointe en vue de la mise sur le marché du DEHP pour certaines utilisations. Le 16 juin 2016, la Commission a adopté une décision en vertu de l’article 60, paragraphe 4, du règlement REACH, par laquelle elle a, en substance, accordé à ces trois sociétés l’autorisation d’utiliser du PVC souple recyclé contenant du DEHP.
Le 2 août 2016, ClientEarth, qui est un organisme ayant pour objet notamment la protection de l’environnement, a demandé à la Commission d’effectuer un réexamen interne de la décision d’autorisation du 16 juin 2016 en vertu de l’article 10 du règlement no 1367/2006 ( 3 ). Le 7 décembre 2016, la Commission a rejeté cette demande.
Par requête déposée au greffe du Tribunal le 17 février 2017, ClientEarth a introduit un recours visant à l’annulation de la décision sur la demande de réexamen interne du 7 décembre 2016. Le Tribunal a rejeté ce recours.
Dans son arrêt, premièrement, le Tribunal a apporté des précisions quant à la notion d’« utilisation » visée notamment à l’article 56, paragraphe 1, sous a), et à l’article 62, paragraphe 4, sous c), du règlement REACH. En particulier, il a constaté que, compte tenu de la définition large prévue à l’article 3, point 24, dudit règlement et contrairement à ce qu’a fait valoir la requérante, la notion d’« utilisation » n’implique pas nécessairement qu’une certaine substance soit introduite ou déployée « activement » dans un processus industriel. En revanche, il suffit que la substance en cause soit contenue dans un mélange qui est, à son tour, utilisé de manière active.
Deuxièmement, le Tribunal a indiqué, dans son arrêt, que l’article 60, paragraphe 7, du règlement REACH, selon lequel, en substance, une autorisation n’est octroyée que si la demande est introduite conformément aux prescriptions de l’article 62 du même règlement, soumet la Commission à une obligation d’ordre formel et procédural. En revanche, contrairement à ce qu’a fait valoir la requérante, le bien-fondé des éléments visés à l’article 62 du règlement REACH n’est pas examiné sur la base dudit article 60, paragraphe 7, mais sur le fondement de l’article 60, paragraphes 2, 4 et 5, du règlement.
Troisièmement, la requérante a invoqué que, dans le cadre de l’examen des risques découlant de l’utilisation du DEHP, la Commission était tenue de prendre en compte également le fait que cette substance avait été identifiée en tant que perturbateur endocrinien extrêmement préoccupant au sens de l’article 57, sous f), du règlement REACH et avait donc, pour ce motif, été incluse à la « liste des substances candidates », à savoir la liste visée à l’article 59, paragraphe 1, du règlement REACH. Le Tribunal a expliqué, dans son arrêt, qu’une telle identification ne doit pas nécessairement être prise en considération par la Commission lorsqu’elle évalue les risques posés par l’utilisation d’une substance aux fins de l’octroi d’une autorisation à moins que cette identification ait été suivie par une inclusion de cette substance également dans l’annexe XIV du règlement. Tel est, en substance, le cas car l’inclusion d’une substance dans la liste des substances candidates, d’une part, et l’inclusion dans l’annexe XIV du règlement REACH, d’autre part, constituent deux phases différentes de la procédure d’autorisation, qui sont régies par leurs propres règles, concernent des objectifs qui ne se recoupent qu’en partie et procèdent, pour partie, de critères d’évaluation différents.
Quatrièmement et enfin, le Tribunal a indiqué les raisons pour lesquelles le simple fait qu’une substance puisse nuire à la santé humaine ne suffit pas pour conclure que son utilisation doit rester interdite après son inclusion dans l’annexe XIV du règlement REACH, et ce en dépit d’une application du principe de précaution. Tel est le cas, en substance, car lorsqu’elle adopte une mesure restrictive ayant pour but la protection de l’environnement ou de la santé humaine, la Commission est tenue de procéder à une juste articulation entre le principe de précaution et le principe de proportionnalité. Il serait contraire non seulement au règlement REACH en tant que tel, mais également au principe de proportionnalité, de refuser l’octroi d’une autorisation au seul motif que la substance en cause peut nuire à la santé humaine.
( 1 ) Règlement (UE) no 143/2011 de la Commission, du 17 février 2011, modifiant l’annexe XIV du règlement (CE) no 1907/2006 du Parlement européen et du Conseil concernant l’enregistrement, l’évaluation et l’autorisation des substances chimiques, ainsi que les restrictions applicables à ces substances (REACH) (JO 2011, L 44, p. 2).
( 2 ) Règlement (CE) no 1907/2006 du Parlement européen et du Conseil, du 18 décembre 2006, concernant l’enregistrement, l’évaluation et l’autorisation des substances chimiques, ainsi que les restrictions applicables à ces substances (REACH), instituant une agence européenne des produits chimiques, modifiant la directive 1999/45/CE et abrogeant le règlement (CEE) no 793/93 du Conseil et le règlement (CE) no 1488/94 de la Commission ainsi que la directive 76/769/CEE du Conseil et les directives 91/155/CEE, 93/67/CEE, 93/105/CE et 2000/21/CE de la Commission (JO 2006, L 396, p. 1, rectificatif JO 2007, L 136, p. 3).
( 3 ) Règlement (CE) no 1367/2006 du Parlement européen et du Conseil, du 6 septembre 2006, concernant l’application aux institutions et organes de la Communauté européenne des dispositions de la convention d’Aarhus sur l’accès à l’information, la participation du public au processus décisionnel et l’accès à la justice en matière d’environnement (JO 2006, L 264, p. 13).
Ordonnance du Tribunal (huitième chambre) du 20 décembre 2019.#République de Pologne contre Commission européenne.#Affaire T-883/16 REC.
20/12/2019
Arrêt du Tribunal (deuxième chambre) du 19 décembre 2019.#BPC Lux 2 Sàrl e.a. contre Commission européenne.#Aides d’État – Aide des autorités portugaises à la résolution de l’établissement financier Banco Espírito Santo – Création et capitalisation d’une banque relais – Décision déclarant l’aide compatible avec le marché intérieur – Absence de qualité pour agir – Irrecevabilité.#Affaire T-812/14 RENV.
19/12/2019
Affaire T-812/14 RENV: Arrêt du Tribunal du 19 décembre 2019 – BPC Lux 2 e.a./Commission («Aides d’État – Aide des autorités portugaises à la résolution de l’établissement financier Banco Espírito Santo – Création et capitalisation d’une banque relais – Décision déclarant l’aide compatible avec le marché intérieur – Absence de qualité pour agir – Irrecevabilité»)
19/12/2019
Arrêt du Tribunal (deuxième chambre) du 19 décembre 2019.#BPC Lux 2 Sàrl e.a. contre Commission européenne.#Aides d’État – Aide des autorités portugaises à la résolution de l’établissement financier Banco Espírito Santo – Création et capitalisation d’une banque relais – Décision déclarant l’aide compatible avec le marché intérieur – Absence de qualité pour agir – Irrecevabilité.#Affaire T-812/14 RENV.
19/12/2019