| CELEX | 62017TJ0835_RES |
| Type | Jurisprudence CJUE |
| Date | jeudi 12 mars 2020 |
Affaire T‑835/17
Eurofer, Association Européenne de l’Acier, AISBL
contre
Commission européenne
Arrêt du Tribunal (huitième chambre) du 12 mars 2020
« Dumping – Importation de produits plats laminés à chaud en fer, en aciers non alliés ou en autres aciers alliés originaires du Brésil, d’Iran, de Russie, de Serbie et d’Ukraine – Clôture de la procédure concernant les importations originaires de Serbie – Détermination de l’existence d’un préjudice – Évaluation cumulative des effets des importations en provenance de plus d’un pays – Article 3, paragraphe 4, du règlement (UE) 2016/1036 – Clôture de la procédure sans institution de mesures – Article 9, paragraphe 2, du règlement 2016/1036 – Information finale sur les faits et considérations essentiels sur la base desquels il est envisagé de recommander l’institution de mesures définitives ou la clôture d’une enquête ou d’une procédure sans institution de mesures – Article 20, paragraphe 2, du règlement 2016/1036 »
Recours en annulation – Recevabilité – Rejet d’un recours sur le fond sans statuer sur la recevabilité – Pouvoir d’appréciation du juge de l’Union
(Art. 263 TFUE)
(voir point 32)
Politique commerciale commune – Défense contre les pratiques de dumping – Préjudice – Évaluation cumulative des effets des importations en provenance de plus d’un pays faisant l’objet d’enquêtes antidumping – Conditions – Article 3, paragraphe 4, du règlement de base – Volume non négligeable des importations en provenance de chaque pays – Pouvoir d’appréciation des institutions – Contrôle juridictionnel – Limites – Règlement d’exécution portant clôture d’une procédure antidumping concernant les importations en provenance d’un pays représentant 1,04 % de parts de marché – Appréciation quantitative et qualitative – Prise en considération des seuls prix comparativement élevés associés aux importations représentant une part de marché négligeable – Erreur manifeste d’appréciation – Absence
[Règlement du Parlement européen et du Conseil 2016/1036, art. 3, § 4, a) et b), et 5, § 7]
(voir points 63-70, 78, 80-85)
Actes des institutions – Motivation – Obligation – Portée – Règlement d’exécution portant clôture d’une enquête antidumping sans institution de mesures à l’égard d’importations représentant une part de marché négligeable
(Art. 296 TFUE ; règlement du Parlement européen et du Conseil 2016/1036, art. 9, § 2)
(voir points 98-106)
Politique commerciale commune – Défense contre les pratiques de dumping – Clôture de la procédure sans institution de mesures – Conditions – Pouvoir d’appréciation des institutions – Contrôle juridictionnel – Limites – Obligation pour les institutions de procéder à une analyse détaillée de l’existence d’un dumping et d’un préjudice – Limites – Marge de dumping inférieure à 2 % – Préjudice négligeable du fait d’un volume d’importations représentant une part de marché inférieure à 1 % – Règlement d’exécution portant clôture d’une procédure antidumping concernant les importations en provenance d’un pays représentant 1,04 % de parts de marché – Prise en considération des prix comparativement élevés des importations – Erreur manifeste d’appréciation – Absence
(Règlement du Parlement européen et du Conseil 2016/1036, art. 5, § 7, et 9, § 2 et 3)
(voir points 110-122)
Politique commerciale commune – Défense contre les pratiques de dumping – Procédure antidumping – Règlement d’exécution portant clôture d’une enquête antidumping sans institution de mesures à l’égard d’importations représentant une part de marché négligeable – Droits des plaignants – Portée – Communication par la Commission aux entreprises de l’information finale – Droits de la défense – Portée – Obligation des institutions d’adhérer au point de vue des parties intéressées – Absence – Droit à une bonne administration – Portée
(Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, art. 41, § 2 ; règlement du Parlement européen et du Conseil 2016/1036, art. 20, § 2)
(voir points 134-138, 141-146)
Résumé
Par l’arrêt Eurofer/Commission (T‑835/17), prononcé le 12 mars 2020, le Tribunal a rejeté le recours introduit par Eurofer, Association européenne de l’acier, AISBL, tendant à l’annulation partielle du règlement d’exécution 2017/1795 de la Commission, du 5 octobre 2017, en ce que ce dernier portait, notamment, clôture de l’enquête sur les importations des produits visés en provenance de Serbie ( 1 ).
Par le règlement d’exécution 2017/1795, la Commission a, d’une part, institué un droit antidumping définitif sur les importations de certains produits plats laminés à chaud en fer, en aciers non alliés ou en autres aciers alliés originaires du Brésil, d’Iran, de Russie et d’Ukraine. Elle a, d’autre part, décidé de clore l’enquête sur les importations des mêmes produits en provenance de Serbie ( 2 ), estimant que leur volume, de l’ordre de 1,04 % des parts de marché dans l’Union européenne, était négligeable et que, partant, l’institution d’une mesure de défense à leur égard n’apparaissait pas nécessaire ( 3 ).
Eurofer, association représentant plus de 90 % de la production totale de l’Union à l’origine de la plainte ayant conduit à l’ouverture de l’enquête antidumping, faisait notamment valoir que la Commission avait commis une erreur manifeste d’appréciation en concluant qu’il n’y avait pas lieu, aux fins de l’évaluation du préjudice causé à l’industrie européenne, de cumuler les importations en provenance de Serbie et les importations en provenance des autres pays concernés, alors même que le volume des premières dépassait le seuil de 1 % en deçà duquel il peut être décidé de ne pas ouvrir une procédure ( 4 ).
À cet égard, le Tribunal a tout d’abord rappelé que les effets des importations en provenance de plus d’un pays ne pouvaient faire l’objet d’une évaluation cumulative que si trois conditions, elles-mêmes cumulatives, étaient réunies ( 5 ). Premièrement, la marge de dumping établie en relation avec les importations en provenance de chaque pays doit être supérieure à 2 %. Deuxièmement, le volume des importations en provenance de chaque pays ne doit pas être « négligeable ». Troisièmement, une telle évaluation cumulative doit être appropriée compte tenu des conditions de concurrence entre les produits importés et entre ceux-ci et les produits de l’Union similaires. Relevant ensuite que, faute de toute précision à cet égard dans le règlement antidumping de base, il était logique pour la Commission d’utiliser le seuil de 1 % invoqué par Eurofer comme point de référence aux fins d’apprécier le caractère négligeable du volume des importations en provenance de Serbie, le Tribunal a cependant précisé que cette appréciation devait intégrer des éléments à la fois quantitatifs et qualitatifs, tenant compte des effets qu’un volume d’importation est susceptible de produire. En l’espèce, il a jugé que la Commission avait pu conclure à bon droit que le volume des importations en provenance de Serbie était négligeable, dès lors qu’il était très proche du seuil de 1 % et que les prix associés auxdites importations étaient plus élevés que ceux des autres pays visés.
Eurofer faisait également valoir que la décision de clore la procédure concernant les importations en provenance de Serbie était fondée sur un examen superficiel et partiel de ces dernières. À cet égard, le Tribunal a jugé que la Commission n’avait pas outrepassé la marge d’appréciation dont elle dispose pour conclure à la clôture de la procédure lorsqu’aucune mesure de défense ne se révèle nécessaire ( 6 ). En effet, dès lors que, d’une part, le volume des importations en provenance de Serbie représentait une part de marché de 1,04 %, très proche du seuil en deçà duquel un préjudice est considéré comme normalement négligeable ( 7 ), et d’autre part, les prix de vente moyens serbes étaient plus élevés que ceux des quatre autres pays concernés, il pouvait être conclu qu’un volume d’importation aussi faible ne pouvait porter préjudice à l’industrie de l’Union et qu’il n’était, dès lors, pas requis de procéder à une analyse détaillée de l’existence d’un dumping et d’un préjudice.
Enfin, le Tribunal a jugé que le refus de la Commission de communiquer certaines informations à Eurofer, en sa qualité de plaignante, n’emportait, eu égard aux motifs justifiant la clôture de la procédure, ni une violation de ses droits de la défense, ni une méconnaissance du principe de bonne administration ( 8 ).
( 1 ) Règlement d’exécution (UE) 2017/1795 de la Commission, du 5 octobre 2017, instituant un droit antidumping définitif sur les importations de certains produits plats laminés à chaud en fer, en aciers non alliés ou en autres aciers alliés, originaires du Brésil, d’Iran, de Russie et d’Ukraine et clôturant l’enquête sur les importations de certains produits plats laminés à chaud en fer, en aciers non alliés ou en autres aciers alliés, originaires de Serbie (JO 2017, L 258, p. 24).
( 2 ) Conformément à l’article 9, paragraphe 2, du règlement (UE) 2016/1036 du Parlement européen et du Conseil, du 8 juin 2016, relatif à la défense contre les importations qui font l’objet d’un dumping de la part de pays non membres de l’Union européenne (JO 2016, L 176, p. 21), (ci-après le « règlement antidumping de base »).
( 3 ) Règlement d’exécution 2017/1795, considérants 228 à 240 et article 2.
( 4 ) En vertu de l’article 5, paragraphe 7, du règlement antidumping de base, aucune procédure n’est ouverte à l’encontre de pays dont les importations représentent une part de marché inférieure à 1 %, à moins que collectivement ces pays représentent 3 %, ou davantage, de la consommation de l’Union.
( 5 ) Conformément à l’article 3, paragraphe 4, du règlement antidumping de base.
( 6 ) Au titre de l’article 9, paragraphe 2, du règlement antidumping de base.
( 7 ) En vertu de l’article 9, paragraphe 3, lu en combinaison de l’article 5, paragraphe 7, du règlement antidumping de base.
( 8 ) Article 41, paragraphe 2, de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne.
Affaire T-146/16: Ordonnance du Tribunal du 18 décembre 2020 — Vereniging tot Behoud van Natuurmonumenten in Nederland e.a./Commission («Aides d’État – Annulation de l’acte attaqué – Disparition de l’objet du litige – Non-lieu à statuer»)
18/12/2020
Arrêt de la Cour (deuxième chambre) du 17 décembre 2020.#CLCV e.a. (Dispositif d’invalidation sur moteur diesel).#Demande de décision préjudicielle, introduite par des juges d'instruction du tribunal de grande instance de Paris.#Renvoi préjudiciel – Rapprochement des législations – Règlement (CE) no 715/2007 – Article 3, point 10 – Article 5, paragraphe 2 – Dispositif d’invalidation – Véhicules à moteur – Moteur diesel – Émissions de polluants – Programme agissant sur le calculateur de contrôle moteur – Technologies et stratégies permettant de limiter la production des émissions de polluants.#Affaire C-693/18.
17/12/2020
Arrêt de la Cour (deuxième chambre) du 17 décembre 2020.#CLCV e.a. (Dispositif d’invalidation sur moteur diesel).#Renvoi préjudiciel – Rapprochement des législations – Règlement (CE) no 715/2007 – Article 3, point 10 – Article 5, paragraphe 2 – Dispositif d’invalidation – Véhicules à moteur – Moteur diesel – Émissions de polluants – Programme agissant sur le calculateur de contrôle moteur – Technologies et stratégies permettant de limiter la production des émissions de polluants.#Affaire C-693/18.
17/12/2020
Arrêt de la Cour (grande chambre) du 17 décembre 2020.#Commission européenne contre Hongrie.#Manquement d’État – Espace de liberté, de sécurité et de justice – Politiques relatives aux contrôles aux frontières, à l’asile et à l’immigration – Directives 2008/115/CE, 2013/32/UE et 2013/33/UE – Procédure d’octroi d’une protection internationale – Accès effectif – Procédure à la frontière – Garanties procédurales – Placement obligatoire dans des zones de transit – Rétention – Retour des ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier – Recours introduits contre les décisions administratives rejetant la demande de protection internationale – Droit de demeurer sur le territoire.#Affaire C-808/18.
17/12/2020