LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilDroit européen62018TJ0151_RES
Jurisprudence CJUE62018TJ0151_RES

Arrêt du Tribunal (neuvième chambre élargie) du 28 octobre 2020.#Slim Ben Tijani Ben Haj Hamda Ben Ali contre Conseil de l'Union européenne.#Politique étrangère et de sécurité commune – Mesures restrictives prises au regard de la situation en Tunisie – Mesures prises à l’encontre de personnes responsables de détournements de fonds publics et des personnes et entités associées – Liste des personnes, entités et organismes auxquels s’applique le gel des fonds – Maintien du nom du requérant sur la liste – Droits de la défense – Droit à une protection juridictionnelle effective – Délai raisonnable de jugement – Base factuelle suffisante – Délais de recours – Aide juridictionnelle – Effet suspensif – Recevabilité – Conditions.#Affaire T-151/18.

CELEX62018TJ0151_RES
TypeJurisprudence CJUE
Datemercredi 28 octobre 2020

Résumé IA

Le Tribunal de l'Union européenne a rejeté le recours de Slim Ben Tijani Ben Haj Hamda Ben Ali, contestant le maintien de son nom sur la liste des personnes visées par des mesures restrictives (gel des fonds) en lien avec la situation en Tunisie. L'arrêt précise que le Conseil a fourni une base factuelle suffisante pour justifier ces mesures et que les droits de la défense ainsi que le droit à une protection juridictionnelle effective ont été respectés. Pour un professionnel du droit français, cette décision confirme la marge d'appréciation du Conseil dans le cadre de la PESC et les conditions strictes de recevabilité des recours contre ces actes.

Texte intégral

Affaire T‑151/18

Slim Ben Tijani Ben Haj Hamda Ben Ali

contre

Conseil de l’Union européenne

Arrêt du Tribunal (neuvième chambre élargie) du 28 octobre 2020

« Politique étrangère et de sécurité commune – Mesures restrictives prises au regard de la situation en Tunisie – Mesures prises à l’encontre de personnes responsables de détournements de fonds publics et des personnes et entités associées – Liste des personnes, entités et organismes auxquels s’applique le gel des fonds – Maintien du nom du requérant sur la liste – Droits de la défense – Droit à une protection juridictionnelle effective – Délai raisonnable de jugement – Base factuelle suffisante – Délais de recours – Aide juridictionnelle – Effet suspensif – Recevabilité – Conditions »

  1. Procédure juridictionnelle – Décision ou règlement remplaçant en cours d’instance l’acte attaqué – Admissibilité de nouvelles conclusions – Délais de recours – Aide juridictionnelle – Procédure en cours à la date d’expiration de ces délais – Effet suspensif

    (voir points 45, 47, 51, 57)

  2. Recours en annulation – Délais – Point de départ – Acte entraînant des mesures restrictives à l’égard d’une personne ou d’une entité – Acte publié et communiqué aux destinataires – Adresse de l’intéressé connue au moment de l’adoption de l’acte – Délai commençant à courir à partir de la date de la communication individuelle

    [Art. 263, 4e al., TFUE ; décision du Conseil (PESC) 2020/117]

    (voir points 69, 74, 75)

  3. Politique étrangère et de sécurité commune – Mesures restrictives à l’encontre de certaines personnes et entités au regard de la situation en Tunisie – Décision de gel des fonds – Adoption ou maintien sur la base de l’enquête judiciaire d’une autorité d’un État tiers – Admissibilité – Condition – Décision nationale adoptée dans le respect des droits de la défense et du droit à une protection juridictionnelle effective – Droit à être jugé dans un délai raisonnable – Obligation de vérification incombant au Conseil – Obligation de motivation – Portée – Caractère inconditionnel

    [Décisions du Conseil (PESC) 2018/141 et (PESC) 2019/135]

    (voir points 83-94, 104, 113-116)

  4. Politique étrangère et de sécurité commune – Mesures restrictives à l’encontre de certaines personnes et entités au regard de la situation en Tunisie – Gel des fonds des personnes impliquées dans des détournements de fonds publics et des personnes physiques ou morales, entités ou organismes leur étant associés – Appréciation de la légalité en fonction des éléments d’information disponibles au moment de l’adoption de la décision

    [Art. 263 TFUE ; décisions du Conseil (PESC) 2018/141 et (PESC) 2019/135]

    (voir point 119)

  5. Union européenne – Contrôle juridictionnel de la légalité des actes des institutions – Mesures restrictives à l’encontre de certaines personnes et entités au regard de la situation en Tunisie – Gel des fonds des personnes impliquées dans des détournements de fonds publics et des personnes physiques ou morales, entités ou organismes leur étant associés – Portée du contrôle – Preuve du bien-fondé de la mesure – Obligation de l’autorité compétente de l’Union d’établir, en cas de contestation, le bien-fondé des motifs retenus à l’encontre des personnes ou des entités concernées

    [Décisions du Conseil (PESC) 2018/141 et (PESC) 2019/135]

    (voir points 137, 139-140)

  6. Recours en annulation – Arrêt d’annulation – Effets – Limitation par la Cour – Mesures restrictives à l’encontre de certaines personnes, entités et organismes au regard de la situation en Tunisie – Annulation des actes attaqués n’entraînant pas la suppression du nom du requérant de la liste litigieuse – Décision subséquente ayant remplacé ladite liste – Maintien des effets des actes annulés jusqu’à l’expiration du délai pour le pourvoi ou à son rejet – Absence – Absence de preuve de l’existence d’un risque d’atteinte sérieuse et irréversible pour l’efficacité des mesures restrictives précitées

    [Art. 264, 2d al., TFUE ; statut de la Cour de justice, art. 60 ; décisions du Conseil (PESC) 2018/141, (PESC) 2019/135 et (PESC) 2020/117]

    (voir points 164-169)

Résumé

À la suite des événements politiques survenus en Tunisie au cours des mois de décembre 2010 et de janvier 2011, le Conseil de l’Union européenne a adopté la décision 2011/72 concernant des mesures restrictives à l’encontre de certaines personnes et entités au regard de la situation en Tunisie ( 1 ), mise en œuvre par la décision d’exécution 2011/79 ( 2 ). Cette décision a pour objet de geler au sein de l’Union les avoirs des personnes et entités responsables de détournement de fonds publics tunisiens et des personnes associées. La désignation du requérant sur la liste des personnes et entités visées par ces mesures, intervenue initialement en 2011, a été maintenue d’année en année au motif qu’il faisait l’objet d’une enquête judiciaire des autorités tunisiennes pour des infractions en lien, selon le Conseil, avec des détournements de fonds publics tunisiens.

Le requérant a introduit un recours en annulation contre, notamment, la décision 2018/141 ( 3 ) et la décision 2019/135 ( 4 ), par lesquelles le Conseil a prolongé l’inscription de son nom sur la liste litigieuse en maintenant les mêmes motifs à son encontre. Le Tribunal annule ces deux décisions en tant qu’elles concernent le requérant.

Appréciation du Tribunal

Avant de statuer sur le fond, le Tribunal se prononce sur la recevabilité du recours en tant qu’il est dirigé contre la décision 2019/135, et plus particulièrement sur la question de savoir si, pour l’appréciation du respect du délai de recours, il convient de considérer que la suspension des délais de recours, résultant de la demande d’aide juridictionnelle visant la décision 2018/141, s’applique également à l’égard de la décision 2019/135, dans la mesure où le recours tend à l’annulation des deux décisions. À cet égard, il relève que, lorsque le requérant a déposé sa demande d’aide juridictionnelle, il n’était pas en mesure de désigner la décision remplaçant la décision 2018/141 dans la mesure où elle n’avait pas encore été adoptée. En revanche, cette circonstance ne s’opposait pas à ce que, une fois son recours déposé, il adapte celui-ci pour tenir compte de l’adoption de la décision 2019/135. Cependant, le Tribunal observe que, à la date d’expiration des délais de recours contre la décision 2019/135, dans l’hypothèse où ces délais de recours ne seraient pas suspendus, la procédure d’aide juridictionnelle était toujours en cours et le requérant n’avait pas encore été en mesure de déposer son recours contre la décision 2018/141. En outre, la période de huit mois s’étant écoulée entre l’ordonnance admettant le requérant au bénéfice de l’aide juridictionnelle et celle désignant un avocat et mettant fin à la procédure relative à cette aide, n’était pas imputable, pour l’essentiel, à ce dernier. Or, les délais de traitement de la demande d’aide juridictionnelle du requérant ne sauraient avoir pour effet de limiter l’accès au juge de l’Union. Le Tribunal en conclut que la suspension des délais de recours s’applique également aux conclusions dirigées contre la décision 2019/135.

En ce qui concerne le fond, le requérant alléguant notamment une erreur d’appréciation relative au respect, par les autorités tunisiennes, de son droit à être jugé dans un délai raisonnable, le Tribunal souligne, en premier lieu, que, en application des considérations de l’arrêt du 19 décembre 2018, Azarov/Conseil ( 5 ), le Conseil était tenu, d’une part de vérifier que les droits de la défense et le droit à une protection juridictionnelle effective du requérant avaient été respectés dans le cadre des procédures judiciaires le visant en Tunisie, et, d’autre part, de motiver les raisons pour lesquelles il considérait que ces droits avaient été respectés. L’obligation de vérification incombant au Conseil revêt un caractère inconditionnel.

Certes, dans des arrêts antérieurs ( 6 ), le Tribunal avait relevé que, pour maintenir la désignation d’une personne sur une liste, le Conseil devait seulement réunir des preuves de l’existence d’une procédure judiciaire en cours la concernant. Ainsi, il ne devait procéder à des vérifications supplémentaires qu’en présence d’éléments suscitant des interrogations concernant le respect des droits du requérant dans le cadre de l’enquête judiciaire servant de fondement aux mesures restrictives adoptées. Toutefois, les moyens examinés dans ces arrêts ne soulevaient pas la question de savoir si le Conseil devait, d’office, opérer des vérifications, sans attendre que les personnes concernées aient présenté des observations susceptibles de les justifier, ni celle de savoir s’il devait motiver les conclusions tirées de ces vérifications. Surtout, la Cour n’avait alors pas encore prononcé l’arrêt Azarov/Conseil précité.

En second lieu, le Tribunal rappelle que le droit du requérant à être jugé dans un délai raisonnable est une composante du droit à une protection juridictionnelle effective. Ainsi, selon le Tribunal, il appartient au Conseil, d’une part, de s’assurer qu’il dispose d’éléments suffisants concernant l’état et l’évolution de cette procédure pour évaluer le risque d’une violation de ce droit et, d’autre part, de procéder à une telle évaluation avec soin et impartialité, afin d’en tirer les conséquences appropriées.

En l’espèce, le Tribunal constate, d’une part, que l’enquête judiciaire sur laquelle reposait la désignation du requérant sur la liste litigieuse était ouverte depuis l’année 2011 sans avoir donné lieu à une décision juridictionnelle. D’autre part, les informations fournies par les autorités tunisiennes, en octobre 2017 et en octobre 2018, sur l’état d’avancement de l’affaire ne faisaient mention d’aucun acte de procédure concernant spécifiquement le requérant. En l’absence de telles informations, le Conseil n’était pas en mesure de procéder à une évaluation correcte du respect, par les autorités tunisiennes, du droit du requérant à être jugé dans un délai raisonnable. Le Tribunal en conclut, dès lors, que le Conseil a commis une erreur d’appréciation à cet égard, de nature à entraîner l’annulation des décisions 2018/141 et 2019/135.


( 1 ) Décision 2011/72/PESC du Conseil, du 31 janvier 2011, concernant des mesures restrictives à l’encontre de certaines personnes et entités au regard de la situation en Tunisie (JO 2011, L 28, p. 62).

( 2 ) Décision d’exécution 2011/79/PESC du Conseil, du 4 février 2011, mettant en œuvre la décision 2011/72/PESC concernant des mesures restrictives à l’encontre de certaines personnes et entités au regard de la situation en Tunisie (JO 2011, L 31, p. 40).

( 3 ) Décision (PESC) 2018/141 du Conseil, du 29 janvier 2018, modifiant la décision 2011/72/PESC concernant des mesures restrictives à l’encontre de certaines personnes et entités au regard de la situation en Tunisie (JO 2018, L 25, p. 38).

( 4 ) Décision (PESC) 2019/135 du Conseil, du 28 janvier 2019, modifiant la décision 2011/72/PESC concernant des mesures restrictives à l’encontre de certaines personnes et entités au regard de la situation en Tunisie (JO 2019, L 25, p. 23).

( 5 ) Arrêt de la Cour du 19 décembre 2018, Azarov/Conseil (C‑530/17 P, ECLI :EU:C:2018:1031).

( 6 ) À cet égard, voir arrêts du Tribunal du 5 octobre 2017, Mabrouk/Conseil (T‑175/15, ECLI :EU:T:2017:694) et du 27 septembre 2018, Ezz e.a./Conseil (T‑288/15, ECLI :EU:T:2018:619).

Documents similaires

Jurisprudence CJUE62016TB0146

Affaire T-146/16: Ordonnance du Tribunal du 18 décembre 2020 — Vereniging tot Behoud van Natuurmonumenten in Nederland e.a./Commission («Aides d’État – Annulation de l’acte attaqué – Disparition de l’objet du litige – Non-lieu à statuer»)

18/12/2020

Jurisprudence CJUE62018CJ0693

Arrêt de la Cour (deuxième chambre) du 17 décembre 2020.#CLCV e.a. (Dispositif d’invalidation sur moteur diesel).#Demande de décision préjudicielle, introduite par des juges d'instruction du tribunal de grande instance de Paris.#Renvoi préjudiciel – Rapprochement des législations – Règlement (CE) no 715/2007 – Article 3, point 10 – Article 5, paragraphe 2 – Dispositif d’invalidation – Véhicules à moteur – Moteur diesel – Émissions de polluants – Programme agissant sur le calculateur de contrôle moteur – Technologies et stratégies permettant de limiter la production des émissions de polluants.#Affaire C-693/18.

17/12/2020

Jurisprudence CJUE62018CJ0693_SUM

Arrêt de la Cour (deuxième chambre) du 17 décembre 2020.#CLCV e.a. (Dispositif d’invalidation sur moteur diesel).#Renvoi préjudiciel – Rapprochement des législations – Règlement (CE) no 715/2007 – Article 3, point 10 – Article 5, paragraphe 2 – Dispositif d’invalidation – Véhicules à moteur – Moteur diesel – Émissions de polluants – Programme agissant sur le calculateur de contrôle moteur – Technologies et stratégies permettant de limiter la production des émissions de polluants.#Affaire C-693/18.

17/12/2020

Jurisprudence CJUE62018CJ0808_RES

Arrêt de la Cour (grande chambre) du 17 décembre 2020.#Commission européenne contre Hongrie.#Manquement d’État – Espace de liberté, de sécurité et de justice – Politiques relatives aux contrôles aux frontières, à l’asile et à l’immigration – Directives 2008/115/CE, 2013/32/UE et 2013/33/UE – Procédure d’octroi d’une protection internationale – Accès effectif – Procédure à la frontière – Garanties procédurales – Placement obligatoire dans des zones de transit – Rétention – Retour des ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier – Recours introduits contre les décisions administratives rejetant la demande de protection internationale – Droit de demeurer sur le territoire.#Affaire C-808/18.

17/12/2020

← Retour au droit européenVoir aussi sur EUR-Lex →