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AccueilDroit européen62018TJ0722_RES
Jurisprudence CJUE62018TJ0722_RES

Arrêt du Tribunal (troisième chambre) du 9 décembre 2020.#Repsol, SA contre Office de l’Union européenne pour la propriété intellectuelle.#Marque de l’Union européenne – Procédure de nullité – Marque de l’Union européenne figurative BASIC – Noms commerciaux nationaux antérieurs basic et basic AG – Motifs relatifs de refus – Utilisation dans la vie des affaires d’un signe dont la portée n’est pas seulement locale – Article 8, paragraphe 4, et article 53, paragraphe 1, sous c), du règlement (CE) no 207/2009 [devenus article 8, paragraphe 4, et article 60, paragraphe 1, sous c), du règlement (UE) 2017/1001] – Déclaration de nullité partielle – Décision prise à la suite de l’annulation par le Tribunal d’une décision antérieure – Renvoi de l’affaire devant une chambre de recours – Incompétence de l’auteur du renvoi – Article 1er quinquies du règlement (CE) no 216/96 – Recours incident.#Affaire T-722/18.

CELEX62018TJ0722_RES
TypeJurisprudence CJUE
Datemercredi 9 décembre 2020

Résumé IA

Le Tribunal de l'UE annule la décision de la chambre de recours de l'EUIPO qui avait déclaré partiellement nulle la marque figurative de l'Union européenne BASIC de Repsol, en raison d'un vice de procédure. La chambre de recours était incompétente pour statuer après le renvoi de l'affaire par le Tribunal, car ce renvoi avait été ordonné par une formation de trois membres, alors que l'article 1er quinquies du règlement (CE) n° 216/96 exige une décision de la Grande chambre ou de la chambre plénière.

Texte intégral

Affaire T‑722/18

Repsol, SA

contre

Office de l’Union européenne pour la propriété intellectuelle

Arrêt du Tribunal (troisième chambre) du 9 décembre 2020

« Marque de l’Union européenne – Procédure de nullité – Marque de l’Union européenne figurative BASIC – Noms commerciaux nationaux antérieurs basic et basic AG – Motifs relatifs de refus – Utilisation dans la vie des affaires d’un signe dont la portée n’est pas seulement locale – Article 8, paragraphe 4, et article 53, paragraphe 1, sous c), du règlement (CE) no 207/2009 [devenus article 8, paragraphe 4, et article 60, paragraphe 1, sous c), du règlement (UE) 2017/1001] – Déclaration partielle de nullité – Décision prise à la suite de l’annulation par le Tribunal d’une décision antérieure – Renvoi de l’affaire devant une chambre de recours – Incompétence de l’auteur du renvoi – Article 1er quinquies du règlement (CE) no 216/96 – Recours incident »

Marque de l’Union européenne – Procédure de recours – Recours devant le juge de l’Union – Exécution d’un arrêt annulant une décision d’une chambre de recours – Renvoi de l’affaire devant une chambre de recours – Autorité compétente – Renvoi par une autorité incompétente – Incidence

(Règlement du Conseil no 207/2009, art. 65, § 6 ; règlement de la Commission no 216/96, tel que modifié par le règlement no 2082/2004, art. 1er quinquies ; règlement de la Commission 2017/1430, art. 35, § 4)

(voir points 30, 34, 36-39)

Résumé

Repsol, SA, est titulaire de la marque de l’Union européenne figurative BASIC. Basic AG Lebensmittelhandel a introduit une demande de nullité partielle de cette marque , en se fondant notamment sur ses signes antérieurs utilisés dans la vie des affaires ( 1 ), à savoir ses enseignes basic et basic AG.

La division d’annulation de l’Office de l’Union européenne pour la propriété intellectuelle (EUIPO) a déclaré la nullité partielle de la marque contestée. Le 2 décembre 2013, Repsol a formé un recours auprès de l’EUIPO contre la décision de la division d’annulation. Par décision du 11 août 2015, la première chambre de recours de l’EUIPO a rejeté le recours.

Par l’arrêt du 21 septembre 2017, Repsol YPF/EUIPO – Basic (BASIC) (T‑609/15) ( 2 ), le Tribunal a annulé la décision de la première chambre de recours au motif que cette dernière ne pouvait conclure, sur la base des seuls éléments de preuve sur lesquels elle avait fondé cette décision, que la condition tenant à l’utilisation des signes antérieurs dans la vie des affaires était remplie.

À la suite de cet arrêt, le président des chambres de recours a renvoyé l’affaire, sur le fondement de l’article 35, paragraphe 4, du règlement délégué 2017/1430 ( 3 ), devant la deuxième chambre de recours. Par décision du 22 août 2018, ladite chambre a partiellement annulé la décision de la division d’annulation. Repsol a introduit un recours devant le Tribunal, tendant à l’annulation de la décision de la deuxième chambre de recours.

Le Tribunal annule la décision de la deuxième chambre de recours et précise quelles sont les autorités compétentes pour renvoyer une affaire devant une chambre de recours à la suite d’un arrêt d’annulation.

Appréciation du Tribunal

Tout d’abord, le Tribunal observe que, à la suite de l’arrêt T‑609/15, l’affaire aurait dû être réattribuée à une chambre de recours sur la base de l’article 1er quinquies du règlement no 216/96 ( 4 ) et non de l’article 35, paragraphe 4, du règlement délégué 2017/1430. En effet, ce dernier article ne s’applique pas aux recours introduits devant la chambre de recours avant le 1er octobre 2017 ( 5 ), ce qui est le cas en l’espèce.

Ensuite, le Tribunal rappelle que la décision de réattribution d’une affaire à une chambre de recours à la suite d’un arrêt d’annulation relève, en application de l’article 1er quinquies, paragraphe 1, du règlement no 216/96, de la compétence du présidium des chambres de recours, alors que, en application de l’article 35, paragraphe 4, du règlement délégué 2017/1430, elle relève de la compétence du président de ces chambres. Le Tribunal constate que la décision de réattribuer l’affaire à la deuxième chambre de recours à la suite de l’arrêt T‑609/15 a été prise par le président des chambres de recours, et, partant, par une autorité qui n’était pas compétente pour le faire.

Par ailleurs, le Tribunal rejette l’argument de l’EUIPO selon lequel la réattribution de l’affaire par le président était conforme à l’article 1er quinquies du règlement no 216/96 au motif que le présidium a été informé de cette décision et qu’il n’a formulé aucune objection à son encontre. Selon le Tribunal, cela ne signifie pas que le présidium doit être considéré comme l’auteur de la décision et, partant, qu’il a été remédié à l’illégalité constatée.

Enfin, le Tribunal rejette l’argument de l’EUIPO selon lequel le résultat aurait été le même s’il avait été fait application de l’article 1er quinquies du règlement no 216/96. Le Tribunal souligne que le présidium aurait pu réattribuer l’affaire à une autre chambre de recours, y compris celle qui avait pris la décision annulée par le Tribunal, sans même, dans cette dernière hypothèse, à la différence de ce qui résultait de l’article 35, paragraphe 4, du règlement délégué 2017/1430, devoir la composer de façon à n’inclure aucun des membres ayant pris part à cette décision. Or, le choix et la composition de la chambre de recours est une étape préalable à la prise de décision et a une influence primordiale sur son contenu. Par conséquent, il n’est possible ni d’affirmer ni d’infirmer que, en renvoyant une affaire à une autre chambre de recours, la décision que doit prendre cette chambre serait différente ( 6 ). Partant, le Tribunal annule la décision attaquée.


( 1 ) En se fondant sur l’article 53, paragraphe 1, sous c), lu en combinaison avec l’article 8, paragraphe 4, du règlement (CE) no 207/2009 du Conseil, du 26 février 2009, sur la marque de l’Union européenne (JO 2009, L 78, p. 1), tel que modifié.

( 2 ) Arrêt du 21 septembre 2017, Repsol YPF/EUIPO – Basic (BASIC), T‑609/15, EU:T:2017:640.

( 3 ) En vertu de l’article 35, paragraphe 4, du règlement délégué (UE) 2017/1430 de la Commission, du 18 mai 2017, complétant le règlement (CE) no 207/2009 du Conseil sur la marque de l’Union européenne et abrogeant les règlements (CE) no 2868/95 et (CE) no 216/96 (JO 2017, L 205, p. 1), tel que modifié, lorsqu’une décision d’une chambre de recours sur une affaire a été annulée par le Tribunal, le président des chambres de recours réattribue l’affaire à une chambre de recours qui n’est pas composée des membres qui avaient adopté la décision annulée.

( 4 ) En vertu de l’article 1er quinquies de règlement (CE) no 216/96 de la Commission, du 5 février 1996, portant règlement de procédure des chambres de recours de l’Office de l’harmonisation dans le marché intérieur (marques, dessins et modèles) (JO 1996, L 28, p. 11), tel que modifié par le règlement (CE) no 2082/2004 de la Commission, du 6 décembre 2004 (JO 2004, L 360, p. 8), si les mesures que comporte l’exécution d’un arrêt de la Cour de justice annulant en tout ou en partie la décision d’une chambre de recours ou de la grande chambre incluent un nouvel examen par les chambres de recours de l’affaire qui a fait l’objet de cette décision, le présidium décide si l’affaire est renvoyée à la chambre qui a pris cette décision, à une autre chambre ou à la grande chambre.

( 5 ) Conformément à l’article 81, paragraphe 2, sous j), du règlement délégué 2017/1430.

( 6 ) Au regard de l’arrêt du 1er février 2018, Philip Morris Brands/EUIPO – Explosal (Superior Quality Cigarettes FILTER CIGARETTES Raquel), T‑105/16, EU:T:2018:51, point 78.

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