LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilDroit européen62018TJ0735_RES
Jurisprudence CJUE62018TJ0735_RES

Arrêt du Tribunal (deuxième chambre) du 18 novembre 2020.#Aquind Ltd contre Agence de l’Union européenne pour la coopération des régulateurs de l’énergie.#Énergie – Article 17 du règlement (CE) no 714/2009 – Décision de l’ACER rejetant une demande de dérogation relative aux nouvelles interconnexions électriques – Recours formé devant la commission de recours de l’ACER – Intensité du contrôle.#Affaire T-735/18.

CELEX62018TJ0735_RES
TypeJurisprudence CJUE
Datemercredi 18 novembre 2020

Résumé IA

Le Tribunal de l'Union européenne a annulé la décision de l'Agence de l'Union européenne pour la coopération des régulateurs de l'énergie (ACER) rejetant la demande de dérogation d'Aquind Ltd pour une nouvelle interconnexion électrique. L'arrêt précise que la commission de recours de l'ACER doit exercer un contrôle de pleine juridiction sur les décisions de l'agence, et non un simple contrôle de légalité restreint. Cette décision clarifie l'étendue du contrôle juridictionnel au sein du système de recours de l'ACER, ce qui a des implications pour les demandes de dérogation sous l'article 17 du règlement (CE) n° 714/2009.

Texte intégral

Affaire T‑735/18

Aquind Ltd

contre

Agence de l’Union européenne pour la coopération des régulateurs de l’énergie

Arrêt du Tribunal (deuxième chambre) du 18 novembre 2020

« Énergie – Article 17 du règlement (CE) no 714/2009 – Décision de l’ACER rejetant une demande de dérogation relative aux nouvelles interconnexions électriques – Recours formé devant la commission de recours de l’ACER – Intensité du contrôle »

  1. Recours en annulation – Décision de l’agence de coopération des régulateurs de l’énergie (ACER) rejetant une demande de dérogation relative aux nouvelles interconnexions électriques – Décision confirmée par la commission de recours de l’agence – Recours dirigé contre la décision de l’agence – Irrecevabilité

    (Art. 263 TFUE ; règlement du Parlement européen et du Conseil no 713/2009, considérant 19 et art. 19, § 1 et 5, et 20, § 1 et 3)

    (voir points 25-34)

  2. Agences de l’Union européenne – Agence de coopération des régulateurs de l’énergie (ACER) – Procédure de recours – Recours devant la commission de recours de l’ ACER – Recours dirigé contre une décision de l’ACER rejetant une demande de dérogation relative aux nouvelles interconnexions électriques – Mission de la commission de recours – Intensité du contrôle – Appréciation d’éléments factuels d’ordre technique et économique complexes – Contrôle de légalité limité à l’appréciation d’erreurs manifestes d’appréciation – Exclusion

    (Règlements du Parlement européen et du Conseil no 713/2009, art. 18, § 1, art. 19 et 20, et no 714/2009, art. 17, § 1)

    (voir points 45-71, 81-86)

  3. Agences de l’Union européenne – Agence de coopération des régulateurs de l’énergie (ACER) – Procédure de recours – Recours devant la commission de recours de l’ ACER – Recours dirigé contre une décision de l’ACER rejetant une demande de dérogation relative aux nouvelles interconnexions électriques – Mission de la commission de recours – Étendue du contrôle – Contrôle limité à l’examen des arguments de la partie requérante de nature à démontrer l’existence d’erreurs entachant la décision de l’ACER – Obligation pour la chambre de recours de procéder à un examen “de novo” – Absence

    (Règlements du Parlement européen et du Conseil no 713/2009, art. 19, et no 714/2009, art. 17, § 1)

    (voir points 76-80)

  4. Agences de l’Union européenne – Agence de coopération des régulateurs de l’énergie (ACER) – Procédure de recours – Recours devant la commission de recours de l’ACER – Recours dirigé contre une décision de ACER rejetant une demande de dérogation relative aux nouvelles interconnexions électriques – Possibilité pour la procédure administrative d’aboutir à un résultat différent avec un examen plus approfondi – Intensité du contrôle insuffisante au regard des pouvoirs attribués par le législateur à la commission de recours – Impossibilité pour le requérant et le Tribunal de démontrer la possibilité d’aboutir à un résultat différent en l’absence de ladite irrégularité

    (Règlements du Parlement européen et du Conseil no 713/2009, art. 18, 19, et 20, et no 714/2009, art. 17, § 1)

    (voir points 88, 89)

  5. Rapprochement des législations – Mesures de rapprochement – Conditions d’accès au réseau pour les échanges transfrontaliers d’électricité – Règlement no 714/2009 – Octroi d’une dérogation relative aux nouvelles interconnexions électriques – Conditions – Degré de risque associé à l’investissement – Critères d’appréciation – Prise en compte de l’existence d’un éventuel soutien financier – Admissibilité – Exclusion automatique du risque financier associé à l’investissement du fait de l’existence d’une possibilité d’obtenir un soutien financier – Inadmissibilité

    (Règlements du Parlement européen et du Conseil no 714/2009, art. 17, § 1, et no 347/2013, art. 12)

    (voir points 95-112)

Résumé

La société Aquind Ltd (ci-après la « requérante ») est le promoteur d’un projet d’interconnexion électrique reliant les réseaux de transport d’électricité britannique et français (ci-après l’« interconnexion Aquind »). Pour cette nouvelle interconnexion, elle a introduit auprès de l’Agence de l’Union européenne pour la coopération des régulateurs de l’énergie (ACER) une demande de dérogation temporaire aux principes généraux régissant l’utilisation des recettes, la dissociation des réseaux de transport et des gestionnaires de réseaux de transport ainsi que l’accès de tiers aux réseaux de transport ou de distribution ( 1 ).

Par décision du 19 juin 2018 ( 2 ), l’ACER a rejeté la demande de dérogation au motif que la requérante ne satisfaisait pas à la condition selon laquelle le degré de risque associé à l’investissement pour cette nouvelle interconnexion est tel que cet investissement ne serait pas effectué si la dérogation n’était pas accordée ( 3 ). Dans le cadre de l’appréciation dudit risque associé à l’investissement, l’ACER a considéré en particulier que l’existence d’un risque reposant sur l’absence de soutien financier ne pouvait pas être identifié avec certitude, car l’interconnexion Aquind avait obtenu le statut de projet d’intérêt commun lui permettant de bénéficier d’un soutien financier prévu par la réglementation ( 4 ), mais non sollicité par la requérante. Par décision du 17 octobre 2018 ( 5 ), la commission de recours de l’ACER a confirmé la décision de l’agence et a rejeté la demande de dérogation pour l’interconnexion Aquind.

Dans le cadre du recours en annulation introduit par la requérante, le Tribunal annule la décision de la commission de recours. Dans cet arrêt, des précisions sont apportées sur l’intensité du contrôle exercé par la commission de recours sur les décisions de l’ACER ainsi que sur l’interprétation du critère relatif au degré de risque associé à un investissement dans une nouvelle interconnexion, dont la satisfaction est nécessaire pour bénéficier d’une dérogation.

En premier lieu, le Tribunal juge que la commission de recours a commis une erreur de droit en n’opérant qu’un contrôle restreint sur la décision de l’ACER. Selon lui, ce faisant, elle a opéré un contrôle d’une intensité insuffisante au regard des pouvoirs que lui a attribués le législateur et n’a fait un usage que limité et incomplet de son pouvoir d’appréciation. En effet, les dispositions qui portent sur l’organisation et les pouvoirs de la commission de recours permettent de constater que cet organe d’appel n’a pas été créé pour se limiter à un contrôle restreint des appréciations d’ordre technique et économique complexes. À cet égard, le Tribunal relève que la commission de recours dispose, en vertu de la réglementation instituant l’agence ( 6 ), non seulement de l’ensemble des pouvoirs dont dispose l’ACER elle-même, mais aussi des pouvoirs qui lui ont été conférés en tant qu’organe d’appel de l’agence. Partant, si la commission de recours choisit de renvoyer l’affaire à l’agence, elle est capable d’orienter les décisions prises par l’ACER qui est liée par la motivation de la commission. En outre, s’agissant des demandes de dérogation, dans la mesure où seules les décisions de la commission de recours peuvent faire l’objet d’un recours en annulation devant le Tribunal, le fait que la requérante soit irrecevable à contester la décision de l’ACER renforce la conclusion que la commission de recours ne peut pas effectuer un contrôle restreint sur la décision de l’agence équivalent au contrôle juridictionnel exercé par le juge de l’Union. En effet, selon le Tribunal, un contrôle limité de la commission de recours sur les appréciations d’ordre technique et économique le conduirait à effectuer un contrôle limité sur une décision qui serait elle-même le résultat d’un contrôle restreint. Or, un système de « contrôle restreint sur un contrôle restreint » n’offre pas les garanties d’une protection juridictionnelle effective dont devraient bénéficier les entreprises qui se sont vu refuser une demande de dérogation.

Le Tribunal rappelle également, tel que cela a déjà été jugé à propos de la chambre de recours de l’ECHA ( 7 ), que la jurisprudence selon laquelle les appréciations d’ordre technique et économique complexes sont soumises au contrôle restreint du juge de l’Union n’a pas vocation à s’appliquer au contrôle effectué par les organes d’appel des agences. Selon lui, dans le cadre du contrôle qu’elle est appelée à exercer sur les appréciations d’ordre technique et économique complexes figurant dans une décision de l’ACER relative à une demande de dérogation, la commission de recours doit examiner, en se fondant sur l’expertise scientifique de ses membres, si les arguments avancés par la partie requérante sont susceptibles de démontrer que les considérations sur lesquelles la décision de l’ACER est fondée sont entachées d’erreurs.

En deuxième lieu, le Tribunal juge que la commission de recours, en exigeant l’introduction préalable d’une demande de soutien financier pour les investissements liés à un projet d’intérêt commun avant l’introduction d’une demande de dérogation, a créé à tort une condition supplémentaire, non prévue par la réglementation, à l’octroi de dérogations pour les nouvelles interconnexions ( 8 ). En effet, si l’existence d’un soutien financier accordé pour un projet d’intérêt commun, tel que l’interconnexion Aquind, peut valablement constituer un critère d’appréciation pertinent pour déterminer s’il existe un risque associé à l’investissement qui justifierait une dérogation au système réglementé, ce critère ne saurait pas pour autant constituer une condition à part entière devant être remplie pour obtenir cette dérogation. Dès lors, l’absence d’une demande préalable de soutien financier pour un projet d’interconnexion ayant obtenu le statut de projet d’intérêt commun ne saurait constituer un motif, en tant que tel, permettant de conclure que le risque associé à l’investissement n’était pas démontré. Or, dans le cas de l’interconnexion Aquind, la commission de recours a considéré en substance que seule l’obtention d’une réponse négative à une demande de soutien financier pour cette nouvelle interconnexion permettait de considérer qu’il existait un risque associé à l’investissement d’une importance telle qu’il permettait d’accorder le régime dérogatoire.

Selon le Tribunal, le critère essentiel qui doit guider l’examen de la demande de dérogation est celui du « degré de risque associé à l’investissement » prévu par la réglementation ( 9 ). À cet égard, il souligne que la possibilité d’obtenir un soutien financier pour une interconnexion ayant obtenu le statut de projet d’intérêt commun ne permet en aucun cas d’exclure automatiquement le risque financier associé à l’investissement. Or, en l’espèce, la commission de recours et l’ACER, sur le fondement d’un raisonnement hypothétique, ont implicitement présumé que la demande de financement aboutirait à l’octroi d’un avantage financier permettant d’anéantir le risque lié à l’investissement dans l’interconnexion Aquind.


( 1 ) Cette demande a été introduite sur le fondement de l’article 17 du règlement (CE) no 714/2009 du Parlement européen et du Conseil, du 13 juillet 2009, sur les conditions d’accès au réseau pour les échanges transfrontaliers d’électricité et abrogeant le règlement (CE) no 1228/2003 (JO 2009, L 211, p. 15).

( 2 ) Décision de l’ACER no 05/2018, du 19 juin 2018.

( 3 ) Condition prévue à l’article 17, paragraphe 1, sou b) du règlement (CE) no 714/2009.

( 4 ) Article 12 du règlement (UE) no 347/2013 du Parlement européen et du Conseil, du 17 avril 2013, concernant des orientations pour les infrastructures énergétiques transeuropéennes, et abrogeant la décision no 1364/2006/CE et modifiant les règlements (CE) no 713/2009, no 714/2009 et (CE) no 715/2009 (JO 2013, L 115, p. 39).

( 5 ) Décision de la commission de recours de l’ACER no A 001 2018, du 17 octobre 2018.

( 6 ) Article 19 du règlement (CE) no 13/2009 du Parlement européen et du Conseil, du 13 juillet 2009, instituant une agence de coopération des régulateurs de l’énergie (JO 2009, L 211, p. 1).

( 7 ) Arrêt du 20 septembre 2019, BASF Grenzach/ECHA, T‑125/17, EU:T:2019:638.

( 8 ) Article 17, paragraphe 1, du règlement (CE) no 714/2009.

( 9 ) Article 17, paragraphe 1, sous b), du règlement (CE) no 714/2009.

Documents similaires

Jurisprudence CJUE62016TB0146

Affaire T-146/16: Ordonnance du Tribunal du 18 décembre 2020 — Vereniging tot Behoud van Natuurmonumenten in Nederland e.a./Commission («Aides d’État – Annulation de l’acte attaqué – Disparition de l’objet du litige – Non-lieu à statuer»)

18/12/2020

Jurisprudence CJUE62018CJ0693

Arrêt de la Cour (deuxième chambre) du 17 décembre 2020.#CLCV e.a. (Dispositif d’invalidation sur moteur diesel).#Demande de décision préjudicielle, introduite par des juges d'instruction du tribunal de grande instance de Paris.#Renvoi préjudiciel – Rapprochement des législations – Règlement (CE) no 715/2007 – Article 3, point 10 – Article 5, paragraphe 2 – Dispositif d’invalidation – Véhicules à moteur – Moteur diesel – Émissions de polluants – Programme agissant sur le calculateur de contrôle moteur – Technologies et stratégies permettant de limiter la production des émissions de polluants.#Affaire C-693/18.

17/12/2020

Jurisprudence CJUE62018CJ0693_SUM

Arrêt de la Cour (deuxième chambre) du 17 décembre 2020.#CLCV e.a. (Dispositif d’invalidation sur moteur diesel).#Renvoi préjudiciel – Rapprochement des législations – Règlement (CE) no 715/2007 – Article 3, point 10 – Article 5, paragraphe 2 – Dispositif d’invalidation – Véhicules à moteur – Moteur diesel – Émissions de polluants – Programme agissant sur le calculateur de contrôle moteur – Technologies et stratégies permettant de limiter la production des émissions de polluants.#Affaire C-693/18.

17/12/2020

Jurisprudence CJUE62018CJ0808_RES

Arrêt de la Cour (grande chambre) du 17 décembre 2020.#Commission européenne contre Hongrie.#Manquement d’État – Espace de liberté, de sécurité et de justice – Politiques relatives aux contrôles aux frontières, à l’asile et à l’immigration – Directives 2008/115/CE, 2013/32/UE et 2013/33/UE – Procédure d’octroi d’une protection internationale – Accès effectif – Procédure à la frontière – Garanties procédurales – Placement obligatoire dans des zones de transit – Rétention – Retour des ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier – Recours introduits contre les décisions administratives rejetant la demande de protection internationale – Droit de demeurer sur le territoire.#Affaire C-808/18.

17/12/2020

← Retour au droit européenVoir aussi sur EUR-Lex →