Jurisprudence CJUE62020CA0184

Jurisprudence CJUE — 62020CA0184

CELEX62020CA0184
TypeJurisprudence CJUE
Datelundi 1 août 2022

Texte intégral

24.10.2022

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 408/2


Arrêt de la Cour (grande chambre) du 1er août 2022 (demande de décision préjudicielle du Vilniaus apygardos administracinis teismas — Lituanie) — OT / Vyriausioji tarnybinės etikos komisija

(Affaire C-184/20) (1)

(Renvoi préjudiciel - Protection des personnes physiques à l’égard du traitement des données à caractère personnel - Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne - Articles 7, 8 et 52, paragraphe 1 - Directive 95/46/CE - Article 7, sous c) - Article 8, paragraphe 1 - Règlement (UE) 2016/679 - Article 6, paragraphe 1, premier alinéa, sous c), et paragraphe 3, second alinéa - Article 9, paragraphe 1 - Traitement nécessaire au respect d’une obligation légale à laquelle le responsable du traitement est soumis - Objectif d’intérêt public - Proportionnalité - Traitement portant sur des catégories particulières de données à caractère personnel - Réglementation nationale imposant la publication sur Internet de données contenues dans les déclarations d’intérêts privés de personnes physiques travaillant dans le service public ou de dirigeants d’associations ou d’établissements percevant des fonds publics - Prévention des conflits d’intérêts et de la corruption dans le secteur public)

(2022/C 408/02)

Langue de procédure: le lithuanien

Juridiction de renvoi

Vilniaus apygardos administracinis teismas

Parties dans la procédure au principal

Partie requérante: OT

Partie défenderesse: Vyriausioji tarnybinės etikos komisija

en présence de: Fondas «Nevyriausybinių organizacijų informacijos ir paramos centras»

Dispositif

1)

L’article 7, sous c), de la directive 95/46/CE du Parlement européen et du Conseil, du 24 octobre 1995, relative à la protection des personnes physiques à l’égard du traitement des données à caractère personnel et à la libre circulation de ces données, et l’article 6, paragraphe 1, premier alinéa, sous c), et paragraphe 3, du règlement (UE) 2016/679 du Parlement européen et du Conseil, du 27 avril 2016, relatif à la protection des personnes physiques à l’égard du traitement des données à caractère personnel et à la libre circulation de ces données, et abrogeant la directive 95/46/CE (règlement général sur la protection des données), lus à la lumière des articles 7, 8 et 52, paragraphe 1, de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, doivent être interprétés en ce sens qu’ils s’opposent à une législation nationale prévoyant la publication en ligne de la déclaration d’intérêts privés que tout directeur d’un établissement percevant des fonds publics est tenu de déposer, en tant, notamment, que cette publication porte sur des données nominatives relatives à son conjoint, concubin ou partenaire ainsi qu’aux personnes proches ou connues du déclarant susceptibles de donner lieu à un conflit d’intérêts, ou encore sur toute transaction conclue au cours des douze derniers mois civils dont la valeur excède 3 000 euros.

2)

L’article 8, paragraphe 1, de la directive 95/46 et l’article 9, paragraphe 1, du règlement 2016/679 doivent être interprétés en ce sens que la publication, sur le site Internet de l’autorité publique chargée de collecter et de contrôler la teneur des déclarations d’intérêts privés, de données à caractère personnel susceptibles de divulguer indirectement l’orientation sexuelle d’une personne physique constitue un traitement portant sur des catégories particulières de données à caractère personnel, au sens de ces dispositions.


(1) JO C 255 du 03.08.2020