Jurisprudence CJUE62020CA0278

Jurisprudence CJUE — 62020CA0278

CELEX62020CA0278
TypeJurisprudence CJUE
Datemardi 28 juin 2022

Texte intégral

17.10.2022

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 398/9


Arrêt de la Cour (grande chambre) du 28 juin 2022 — Commission européenne / Royaume d'Espagne

(Affaire C-278/20) (1)

(Manquement d’État - Responsabilité des États membres pour les dommages causés aux particuliers par des violations du droit de l’Union - Violation du droit de l’Union imputable au législateur national - Violation de la Constitution d’un État membre imputable au législateur national - Principes d’équivalence et d’effectivité)

(2022/C 398/10)

Langue de procédure: l’espagnol

Parties

Partie requérante: Commission européenne (représentants: J. Baquero Cruz, I. Martínez del Peral et P. Van Nuffel, agents)

Partie défenderesse: Royaume d'Espagne (représentants: L. Aguilera Ruiz, S. Centeno Huerta, A. Gavela Llopis et J. Rodríguez de la Rúa Puig, agents)

Dispositif

1)

Le Royaume d’Espagne a manqué aux obligations qui lui incombent en vertu du principe d’effectivité en adoptant et en maintenant en vigueur l’article 32, paragraphes 3 à 6, et l’article 34, paragraphe 1, second alinéa, de la Ley 40/2015 de Régimen Jurídico del Sector Público (loi 40/2015 relative au régime juridique du secteur public), du 1er octobre 2015, ainsi que l’article 67, paragraphe 1, troisième alinéa, de la Ley 39/2015 del Procedimiento Administrativo Común de las Administraciones Públicas (loi 39/2015 relative à la procédure administrative commune des administrations publiques), du 1er octobre 2015, en ce que ces dispositions soumettent la réparation des dommages causés aux particuliers par le législateur espagnol en raison d’une violation du droit de l’Union:

à la condition qu’existe une décision de la Cour déclarant l’incompatibilité de la norme ayant rang de loi appliquée avec le droit de l’Union;

à la condition que le particulier lésé ait obtenu, devant n’importe quelle instance, une décision définitive rejetant un recours formé contre l’acte administratif ayant causé le dommage, sans prévoir d’exception pour les cas dans lesquels le dommage découle directement d’un acte ou d’une omission du législateur, contraire au droit de l’Union, sans qu’il existe d’acte administratif attaquable;

à un délai de prescription d’un an à compter de la publication au Journal officiel de l’Union européenne de la décision de la Cour déclarant l’incompatibilité de la norme ayant rang de loi appliquée avec le droit de l’Union, sans couvrir les cas dans lesquels une telle décision n’existe pas, et

à la condition que seuls peuvent faire l’objet d’une réparation les dommages survenus dans les cinq ans précédant la date de cette publication, sauf disposition contraire contenue dans cette décision.

2)

Le recours est rejeté pour le surplus.

3)

La Commission européenne et le Royaume d’Espagne supportent leurs propres dépens.


(1) JO C 271 du 17.08.2020