| CELEX | 62021TO0631 |
| Type | Jurisprudence CJUE |
| Date | mercredi 18 octobre 2023 |
DOCUMENT DE TRAVAIL
ORDONNANCE DU TRIBUNAL (première chambre)
18 octobre 2023 (*)
« Fonction publique – Personnel de la BCE – Plainte pour discrimination et harcèlement moral – Enquête administrative interne – Exécution d’un arrêt du Tribunal – Délai de recours – Point de départ – Procédure précontentieuse – Responsabilité – Recours en partie manifestement irrecevable et en partie manifestement dépourvu de tout fondement en droit »
Dans l’affaire T‑631/21,
BZ, représentée par Me H. Tettenborn, avocat,
partie requérante,
contre
Banque centrale européenne (BCE), représentée par Mme B. Ehlers et M. F. von Lindeiner, en qualité d’agents, assistés de Me B. Wägenbaur, avocat,
partie défenderesse,
LE TRIBUNAL (première chambre),
composé, lors des délibérations, de MM. H. Kanninen (rapporteur), président, M. Jaeger et Mme N. Półtorak, juges,
greffier : M. V. Di Bucci,
vu la phase écrite de la procédure, notamment la décision du 21 juillet 2022 rejetant la demande de jonction des affaires T‑162/21 et T‑631/21,
rend la présente
Ordonnance
1 Par son recours fondé sur l’article 270 TFUE et sur l’article 50 bis du statut de la Cour de justice de l’Union européenne, la requérante, BZ, demande, d’une part, l’annulation des décisions de la Banque centrale européenne (BCE) des 16 mars et 13 juillet 2021 et, d’autre part, la réparation des préjudices qu’elle aurait subis à la suite de ces décisions.
Antécédents du litige
2 La requérante est entrée au service de la BCE en [confidentiel] (1).
3 Le 8 avril 2008, la requérante a introduit une demande d’assistance sur le fondement de l’article 41 des conditions d’emploi du personnel de la BCE adoptées par la décision 1999/330/CE de la BCE, du 9 juin 1998, relative à l’adoption des conditions d’emploi du personnel de la BCE, modifiée le 31 mars 1999 (BCE/1998/4) (JO 1999, L 125, p. 32, ci-après les « conditions d’emploi »). Cette demande tendait à mettre en cause, d’une part, le comportement de supérieurs hiérarchiques constitutif, selon elle, d’une discrimination et d’un harcèlement moral à son égard et, d’autre part, la violation par la BCE de normes internationales et de l’Union européenne en droit du travail.
4 Par décision du 24 novembre 2009, le directoire de la BCE a clos l’enquête administrative, au motif que les griefs fondant la demande visée au point 3 ci-dessus n’étaient pas établis (ci-après la « décision du 24 novembre 2009 »).
5 Le 29 janvier 2010, la requérante a saisi le président de la BCE d’un recours spécial contre la décision du 24 novembre 2009, conformément à l’article 41 des conditions d’emploi et à l’article 8.1.6 des règles applicables au personnel de la BCE.
6 Par décision du 24 mars 2010, le directoire de la BCE a rejeté le recours spécial de la requérante (ci-après la « décision du 24 mars 2010 »).
7 Le 4 juin 2010, la requérante a formé un recours par lequel elle a demandé au Tribunal de la fonction publique de l’Union européenne, d’une part, d’annuler la décision du 24 novembre 2009 et, « si nécessaire », celle du 24 mars 2010 et, d’autre part, de condamner la BCE à lui payer des dommages et intérêts en réparation des préjudices moral et matériel subis. La requérante évaluait ces préjudices, ex æquo et bono, à 50 000 euros et à 15 000 euros, respectivement.
8 Par l’arrêt du 12 décembre 2012, BZ/BCE (F‑43/10, EU:F:2012:184), le Tribunal de la fonction publique a rejeté le recours de la requérante. La requérante a introduit un pourvoi contre cet arrêt au titre de l’article 9 de l’annexe I du statut de la Cour de justice de l’Union européenne.
9 Par l’arrêt du 23 septembre 2015, BZ/BCE (T‑114/13 P, EU:T:2015:678), le Tribunal a annulé l’arrêt du 12 décembre 2012, BZ/BCE (F‑43/10, EU:F:2012:184), et a renvoyé l’affaire devant le Tribunal de la fonction publique, conformément à l’article 13, paragraphe 1, de l’annexe I du statut de la Cour de justice de l’Union européenne.
10 Le 1er septembre 2016, l’affaire a été transférée au Tribunal, conformément à l’article 3 du règlement (UE, Euratom) 2016/1192 du Parlement européen et du Conseil, du 6 juillet 2016, relatif au transfert au Tribunal de la compétence pour statuer, en première instance, sur les litiges entre l’Union européenne et ses agents (JO 2016, L 200, p. 137).
11 Par l’arrêt du 28 mai 2020, BZ/BCE (T‑483/16 RENV, non publié, ci-après l’« arrêt d’annulation », EU:T:2020:225), le Tribunal a annulé la décision du 24 novembre 2009 et la décision du 24 mars 2010. Le Tribunal a aussi condamné la BCE à verser à la requérante la somme de 20 000 euros à titre de dommages et intérêts, a rejeté le recours pour le surplus et a condamné la BCE à supporter deux tiers des dépens que la requérante avait exposés dans le cadre des procédures dans les affaires enregistrées sous les numéros F‑43/10, T‑114/13 P et T‑483/16 RENV.
12 Le 14 juillet 2020, l’avocate de la requérante et le conseil externe de la BCE se sont entretenus au téléphone pendant une heure et demie au sujet de l’exécution de l’arrêt d’annulation. Ils ont constaté que l’ouverture d’une nouvelle enquête administrative risquait d’engendrer plusieurs difficultés pour la BCE et qu’une « exécution par équivalent » pouvait, dès lors, être considérée comme une solution acceptable.
13 En septembre 2020, la BCE a versé à la requérante la somme de 20 000 euros visée au point 11 ci-dessus, conformément au point 2 du dispositif de l’arrêt d’annulation.
14 Lors de sa réunion du 17 novembre 2020, le directoire a chargé la direction générale des ressources humaines de la BCE de mettre en œuvre les mesures suivantes aux fins de l’exécution de l’arrêt d’annulation (ci-après la « décision du 17 novembre 2020 ») :
– envoi d’une lettre par laquelle la BCE reconnaîtrait avoir commis des erreurs, exprimerait ses excuses à la requérante et remercierait cette dernière pour son travail au sein de la BCE ;
– versement d’une indemnité d’un montant de 50 000 euros.
15 Le 25 novembre 2020, la direction générale des ressources humaines de la BCE a adressé à la requérante une lettre libellée comme suit :
« [P]endant sa réunion du 17 novembre 2020, le directoire a décidé que l’exécution de l’arrêt [d’annulation] devrait consister en : 1. une lettre à [la requérante] (i) reconnaissant qu’un certain nombre d’erreurs ont été commises à son égard, y compris une violation de la politique de dignité au travail en vigueur au sein de la BCE, (ii) exprimant les excuses de l’institution pour les erreurs commises par le comité d’enquête et pour la destruction de l’original du dossier d’enquête, et (iii) la remerciant pour ses années de service et son travail au sein de la BCE ; 2. un paiement ex æquo et bono de 50 000 EUR à titre d’indemnisation de [la requérante] pour le préjudice causé par les erreurs reconnues dans la lettre mentionnée au point 1, eu égard également au fait qu’il ne peut être exclu, sans que cela puisse être confirmé, que l’enquête aurait pu aboutir à une conclusion différente si les erreurs n’avaient pas été commises. »
16 En décembre 2020, la BCE a versé à la requérante une somme correspondant aux deux tiers des dépens que cette dernière avait exposés dans le cadre des procédures au titre des affaires enregistrées sous les numéros F‑43/10, T‑114/13 P et T‑483/16 RENV, conformément au point 4 du dispositif de l’arrêt d’annulation.
17 Par lettre du 11 décembre 2020, la requérante a demandé à la BCE des précisions concernant l’exécution de l’arrêt d’annulation. Elle a aussi demandé à la BCE de lui donner accès à la décision du 17 novembre 2020 pour pouvoir « comprendre adéquatement ce que le directoire a[vait] décidé ».
18 Par lettre du 15 décembre 2020, la direction générale des ressources humaines de la BCE a indiqué avoir, le 25 novembre 2020, informé la requérante de la « décision interne finale » que le directoire avait prise lors de sa réunion du 17 novembre 2020.
19 Par lettre du 18 décembre 2020, la direction générale des ressources humaines a précisé que la décision du 17 novembre 2020 constituait une décision purement interne, qui n’était pas adressée à la requérante et ne lui était pas accessible. Par la même lettre, la BCE a notifié à la requérante un document daté du 15 décembre 2020 signé par la secrétaire des organes décisionnels de la BCE certifiant le contenu de la décision du 17 novembre 2020 (ci-après le « document certifié »).
20 Le 12 janvier 2021, la BCE a fait parvenir à la requérante une lettre portant la mention « ECB-Confidential Personal » (ci-après la « lettre du 12 janvier 2021 »). Dans cette lettre, la BCE reconnaissait les erreurs qu’elle avait commises, exprimait des excuses et remerciait la requérante pour ses années de service en son sein. Elle a également précisé que, compte tenu des « difficultés qu’impliquerait la réalisation d’une nouvelle enquête administrative après tant d’années », le directoire avait décidé d’indemniser la requérante ex æquo et bono pour le préjudice qu’elle avait subi.
21 Le 18 janvier 2021, la somme de 50 000 euros a été virée sur le compte bancaire de la requérante.
22 Le 21 janvier 2021, la requérante a introduit un recours spécial contre la décision du 17 novembre 2020.
23 Par décision du 16 mars 2021 (ci-après la « décision du 16 mars 2021 »), la BCE a rejeté le recours spécial du 21 janvier précédent. La requérante en a été informée par lettre du 17 mars 2021, qu’elle a reçue le 19 mars 2021.
24 Le 22 mars 2021, la requérante a introduit devant le Tribunal un recours tendant à l’annulation partielle de la décision du 17 novembre 2020 et de la lettre du 12 janvier 2021. Ce recours a été enregistré sous le numéro T‑162/21.
25 Le 18 mai 2021, la requérante a introduit un recours spécial contre la décision du 16 mars 2021. Par décision du 13 juillet 2021 (ci-après la « décision du 13 juillet 2021 »), le directoire de la BCE a rejeté le recours spécial comme étant irrecevable.
Conclusions des parties
26 La requérante conclut, en substance, à ce qu’il plaise au Tribunal :
– annuler les décisions de la BCE du 16 mars 2021 et du 13 juillet 2021 ;
– condamner la BCE à lui verser :
– une indemnité de 200 000 euros au titre de la violation de son droit à la vie privée, pris sous l’angle de la dignité et de l’intégrité professionnelle ;
– une indemnité de 130 000 euros au titre de la violation de son droit à la vie privée, pris sous l’angle du droit à la santé ;
– une indemnité de 20 000 euros au titre de la transmission de documents à un médecin ;
– une indemnité à calculer selon le résultat de l’affaire enregistrée sous le numéro T‑500/16, BZ/BCE, au titre de la perte de revenus ;
– une indemnité de 20 000 euros au titre du « profond sentiment d’injustice », de l’allongement de la durée de la procédure et de l’amoindrissement de la probabilité d’obtenir une décision finale sur sa demande d’assistance en raison de la destruction du dossier d’enquête ;
– une indemnité de 52 000 euros au titre du retard pris dans l’adoption de la décision concernant l’évaluation des prestations et la révision annuelle des salaires et des primes pour l’année 2007, couvrant la période comprise entre 2007 et 2021 ;
– une indemnité de 150 000 euros au titre du défaut de décision portant sur l’évaluation des prestations et sur la révision annuelle des salaires et des primes et au titre du retard pris à cet égard ;
– une indemnité de 700 000 euros au titre de la perte définitive de la chance de bénéficier du résultat d’une nouvelle enquête ;
– condamner la BCE aux dépens.
27 Dans l’exception d’irrecevabilité, la BCE conclut à ce qu’il plaise au Tribunal :
– rejeter le recours comme étant manifestement irrecevable ;
– condamner la requérante aux dépens.
28 Dans ses observations sur l’exception d’irrecevabilité, la requérante conclut, en substance, à ce qu’il plaise au Tribunal :
– rejeter l’exception d’irrecevabilité ;
– imposer à la BCE de lui communiquer la décision du 17 novembre 2020 dans son intégralité.
En droit
29 En vertu de l’article 126 du règlement de procédure du Tribunal, lorsqu’un recours est manifestement irrecevable ou manifestement dépourvu de tout fondement en droit, le Tribunal peut, sur proposition du juge rapporteur, à tout moment décider de statuer par voie d’ordonnance motivée, sans poursuivre la procédure.
30 En l’espèce, le Tribunal s’estime suffisamment éclairé par les pièces du dossier et décide, en application de l’article 126 du règlement de procédure, de statuer sans poursuivre la procédure.
Sur les conclusions en annulation
31 La requérante demande l’annulation de la décision du 16 mars 2021 (voir points 32 à 84 ci-après) et de la décision du 13 juillet 2021 (voir points 85 à 93 ci-après).
Sur la demande d’annulation de la décision du 16 mars 2021
– Sur l’objet de la demande d’annulation de la décision du 16 mars 2021
32 La requérante sollicite l’annulation de la décision du 16 mars 2021 en tant qu’elle rejette la demande formulée dans le recours spécial du 21 janvier 2021 de réexaminer la décision du 17 novembre 2020. En revanche, la requérante ne demande pas formellement l’annulation de la décision du 17 novembre 2020.
33 La requérante considère, en effet, que la décision du 16 mars 2021 est une décision nouvelle, ce que la BCE conteste.
34 À cet égard, il y a lieu de rappeler qu’un recours spécial et son rejet font partie intégrante d’une procédure complexe. Un recours juridictionnel, même formellement dirigé contre le rejet d’un recours spécial, a pour effet de saisir le juge de l’acte faisant grief contre lequel ce recours spécial a été présenté, sauf dans l’hypothèse dans laquelle le rejet du recours spécial a une portée différente de celle de l’acte contre lequel il a été formé (voir, en ce sens, arrêt d’annulation, points 70 et 75).
35 Une décision explicite de rejet d’un recours spécial peut, en effet, eu égard à son contenu, ne pas avoir un caractère confirmatif de l’acte contesté par la partie requérante. Tel est le cas lorsque la décision de rejet du recours spécial modifie la décision initiale ou lorsqu’elle contient un réexamen de la situation de la partie requérante en fonction d’éléments de droit et de fait nouveaux qui, s’ils étaient survenus ou avaient été connus de l’autorité compétente avant l’adoption de la décision initiale, auraient été pris en considération. Dans ces hypothèses, le rejet du recours spécial constitue un acte soumis au contrôle du juge, qui le prend en considération dans l’appréciation de la légalité de l’acte contesté, voire le considère comme un acte faisant grief se substituant à ce dernier (voir, en ce sens, arrêts du 21 septembre 2011, Adjemian e.a./Commission, T‑325/09 P, EU:T:2011:506, point 32 et jurisprudence citée, et d’annulation, points 71 et 75).
36 À l’inverse, compte tenu du caractère évolutif de la procédure précontentieuse, une décision de rejet d’un recours spécial qui ne contient que des précisions complémentaires et se borne ainsi à révéler, de manière détaillée, les motifs de la confirmation de l’acte antérieur ne constitue pas un acte faisant grief (voir, par analogie, arrêts du 9 juin 2021, Hill Mansilla/Commission, T‑575/19, non publié, EU:T:2021:324, point 19 et jurisprudence citée, et du 6 avril 2022, MF/eu-LISA, T‑568/20, non publié, EU:T:2022:223, point 23 et jurisprudence citée).
37 En l’espèce, il y a lieu d’examiner si la décision du 16 mars 2021 présente un caractère autonome par rapport à la décision du 17 novembre 2020 ou si, à l’inverse, elle se borne à révéler, de manière détaillée, les motifs de cette dernière.
38 Pour ce faire, il importe de déterminer la teneur de la décision du 17 novembre 2020, au sujet de laquelle les parties sont en désaccord.
39 La requérante fait valoir que le document certifié, qui lui a été communiqué par la lettre du 18 décembre 2020, ne comprend pas plusieurs éléments qui figurent dans la lettre de la direction générale des ressources humaines du 25 novembre 2020, dont les termes « une indemnisation du préjudice évaluée ex æquo et bono ». La lettre du 25 novembre 2020 utiliserait aussi le conditionnel pour informer des mesures d’exécution de l’arrêt d’annulation et susciterait ainsi des doutes quant au contenu de la décision « purement interne » du 17 novembre 2020, qui n’était pas destinée à la requérante ni ne lui était accessible.
40 La BCE soutient que la lettre du 25 novembre 2020 a informé la requérante des mesures prises lors de la réunion du directoire du 17 novembre 2020.
41 À cet égard, il convient de constater que, par la lettre du 25 novembre 2020, la BCE a communiqué à la requérante les motifs de la décision du 17 novembre 2020. Il ressort de cette lettre que, compte tenu des « difficultés pratiques qu’impliquerait la réalisation d’une nouvelle enquête administrative à ce stade », le directoire avait décidé d’adresser à la requérante une lettre d’excuses et de lui octroyer un « paiement ex æquo et bono de 50 000 euros ».
42 Le 18 décembre 2020, la BCE a adressé à la requérante une lettre à laquelle était joint le document certifié, lequel « a été signé par la secrétaire des organes décisionnels de la BCE […] et […] certifie le contenu de la décision prise par le directoire lors de sa réunion du 17 novembre 2020 ». Il est vrai que ce document ne contient ni les termes « ex æquo et bono », ni n’indique explicitement que la BCE n’entendait pas rouvrir l’enquête administrative ou que l’indemnisation octroyée à la requérante couvrait tous les préjudices subis. Il convient cependant d’observer que ces éléments sont implicites à la décision du 17 novembre 2020. La lettre du 25 novembre 2020 de la direction générale des ressources humaines, qui était chargée de mettre en œuvre la décision du 17 novembre 2020, se limite à expliciter lesdits éléments. D’une part, si le directoire a décidé de procéder à l’exécution par équivalent de l’arrêt d’annulation, au moyen d’une lettre d’excuses et du paiement d’une indemnité, c’est nécessairement parce qu’il estimait qu’il y avait des obstacles majeurs à la réouverture de l’enquête administrative. Compte tenu des discussions qui avaient eu lieu entre son avocate et le conseil externe de la BCE en juillet 2020, la requérante ne pouvait d’ailleurs pas l’ignorer. D’autre part, s’agissant d’un montant destiné à exécuter par équivalent l’arrêt d’annulation sans référence à un ou plusieurs préjudices particuliers, il ne pouvait qu’être considéré que l’indemnité revêtait un caractère forfaitaire et était évaluée ex æquo et bono.
43 La décision du 16 mars 2021 corrobore cette interprétation. En effet, aux points 1.19, 3.4 et 3.41 de cette décision, le directoire confirme avoir décidé, le 17 novembre 2020, que l’indemnisation octroyée à la requérante serait calculée ex æquo et bono, compte tenu des difficultés pratiques qu’impliquerait la réalisation d’une nouvelle enquête administrative tant d’années plus tard.
44 Il n’y avait, dès lors, pas de différences substantielles entre le document certifié et la lettre de la direction générale des ressources humaines du 25 novembre 2020. La requérante n’est donc pas fondée à soutenir que cette lettre ne restitue pas adéquatement la teneur de la décision du 17 novembre 2020, ni d’ailleurs qu’elle n’a pas été adéquatement informée du contenu exact et des motifs de cette dernière.
45 C’est à la lumière de ces considérations qu’il convient de déterminer si c’est à juste titre que la requérante soutient que la décision du 16 mars 2021 présente un caractère autonome par rapport à la décision du 17 novembre 2020.
46 La BCE fait valoir que la décision du 16 mars 2021 revêt un caractère explicatif de la décision du 17 novembre 2020, dont elle n’opère aucun réexamen. La décision du 16 mars 2021 se limiterait à détailler les motifs de la décision du 17 novembre 2020 et ne constituerait pas un acte susceptible d’être soumis au contrôle du juge.
47 La requérante soutient que la décision du 16 mars 2021 opère un réexamen des mesures que la BCE a prises en exécution de l’arrêt d’annulation dans la décision du 17 novembre 2020 et contient un grand nombre d’éléments nouveaux. Parmi ceux-ci figureraient la lettre du 12 janvier 2021, la décision de ne pas rouvrir l’enquête administrative, l’accord de la requérante avec les mesures d’exécution, le fait que le directoire a réalisé une « évaluation » au moment d’adopter la décision du 17 novembre 2020, le fait que l’indemnisation octroyée à la requérante couvre tous les préjudices subis et doit être qualifiée d’« ex æquo et bono » et des indications quant à son mode de calcul, l’examen de la recevabilité du recours spécial du 21 janvier 2021, des informations nouvelles présentées en tant que « faits marquants » et des éléments nouveaux présentés dans la partie consacrée au bien-fondé du recours spécial.
48 La requérante ajoute que la procédure de recours spécial a été viciée, son droit d’action enfreint et le principe de sécurité juridique violé du fait du refus de la BCE de lui communiquer l’intégralité de la décision du 17 novembre 2020, dont elle n’aurait reçu que des extraits. Selon la requérante, la BCE a omis d’inclure dans ces extraits les éléments essentiels visés au point 47 ci-dessus, la privant ainsi de la possibilité de comparer utilement la décision du 16 mars 2021 à celle du 17 novembre 2020.
49 Il est vrai que les points 3.1 et 3.7 de la décision du 16 mars 2021 indiquent que cette dernière porte sur le « réexamen » du caractère adéquat des mesures prises aux fins de l’exécution de l’arrêt d’annulation.
50 Il ressort, néanmoins, du libellé de la décision du 16 mars 2021 que cette dernière ne contient aucun réexamen de la situation de la requérante en fonction d’éléments de droit et de faits nouveaux, ni ne modifie la décision du 17 novembre 2020. En effet, comme le relève à juste titre la BCE, la décision du 16 mars 2021 se limite à détailler les motifs sur lesquels se fondait déjà la décision du 17 novembre 2020.
51 Ainsi, dans la première partie de la décision du 16 mars 2021, la BCE a procédé à un rappel des faits. Dans ce cadre, aux points 1.12 et 1.13, elle a décrit les échanges qu’elle et son conseil externe avaient eus avec l’avocate de la requérante à la suite du prononcé de l’arrêt d’annulation. Aux points 1.14 à 1.20 de la décision du 16 mars 2021, elle a précisé pourquoi elle avait, dans la décision du 17 novembre 2020, opté pour les modalités d’exécution décrites au point 14 ci-dessus. Elle a notamment décrit les difficultés pratiques qui avaient justifié de ne pas diligenter une nouvelle enquête administrative.
52 Contrairement à ce que soutient la requérante, il n’y a là aucun élément nouveau, au sens de la jurisprudence citée au point 35 ci-dessus. En effet, les points 1.12 et 1.13 de la décision du 16 mars 2021 concernent les échanges qui se sont tenus entre l’avocate de la requérante et la BCE entre juin et octobre 2020. Les points 1.17 et 1.18 concernent, pour leur part, la forme que prendrait l’exécution par équivalent de l’arrêt d’annulation, compte tenu de la nécessité d’exécuter ce dernier dans un délai raisonnable et de tenir compte des préférences que la requérante avait exprimées dans le cadre de certains de ces échanges. Or, d’une part, ces échanges non seulement précédaient l’adoption de la décision du 17 novembre 2020, mais aussi étaient nécessairement connus de la BCE. D’autre part, la nécessité d’exécuter l’arrêt d’annulation dans un délai raisonnable renvoie simplement au droit de toute personne à voir ses affaires traitées dans un délai raisonnable au titre de l’article 41, paragraphe 1, de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, dont la requérante n’était pas censée ignorer qu’il s’appliquait en l’espèce. Quant aux éléments que contiennent les points 1.17 et 1.18 au sujet de la forme que pourrait prendre l’exécution par équivalent de l’arrêt d’annulation, ils correspondent, en substance, à ce qui ressortait déjà du document certifié.
53 S’agissant du prétendu accord de la requérante avec les mesures d’exécution, il suffit de constater qu’il n’est pas mentionné dans la décision du 16 mars 2021.
54 Pour ce qui est enfin des « éléments nouveaux mentionnés aux points 1.14 à 1.19 » de la décision du 16 mars 2021, à supposer qu’ils diffèrent de ceux qui figureraient aux points 1.17 et 1.18 (voir point 52 ci-dessus), il suffit de relever que la requérante reste en défaut de les identifier.
55 Quant à la lettre du 12 janvier 2021, qui est mentionnée au point 1.22 de la décision du 16 mars 2021, il suffit de constater qu’elle correspond à la lettre d’excuses mentionnée dans la décision du 17 novembre 2020 et que la requérante s’est, en tout état de cause, explicitement abstenue de la contester dans le cadre du présent recours. Par ailleurs, il convient de relever que la requérante indique que l’objet du recours ne comprend pas non plus la question de la confidentialité de la lettre du 12 janvier 2021.
56 Dans la deuxième partie de la décision du 16 mars 2021, la BCE a examiné la recevabilité du recours spécial du 21 janvier 2021. Contrairement à ce que soutient la requérante, cet examen ne constitue pas un élément de droit ou de fait nouveau au regard duquel la BCE aurait pu réexaminer la situation de la requérante. Il ne concerne, en effet, aucunement la situation de droit ou de fait sur laquelle la BCE s’est prononcée dans la décision du 17 novembre 2020. Il n’est pas davantage susceptible de modifier la décision du 17 novembre 2020, puisqu’il ne concerne pas cette dernière, mais uniquement la procédure administrative de recours spécial elle‑même.
57 Dans la troisième partie, aux points 3.3 et 3.4, la BCE est revenue sur les difficultés pratiques qui avaient justifié de ne pas diligenter une nouvelle enquête administrative. Aux points 3.5 et 3.6, elle a indiqué que la requérante ne contestait pas les modalités d’exécution décrites dans la décision du 17 novembre 2020. Selon elle, la requérante contestait, notamment, le montant de la compensation financière versée.
58 Contrairement à ce que soutient la requérante, ces points ne contiennent pas le moindre élément nouveau. Comme il ressort notamment des points 42 et 43 ci-dessus, le fait que l’indemnisation octroyée à la requérante couvre tous les préjudices subis et doit être qualifiée d’« ex æquo et bono » était implicite à la décision du 17 novembre 2020, telle qu’elle ressort du document certifié. Il en va de même de la décision de ne pas rouvrir l’enquête administrative, la BCE s’étant limitée à détailler, aux points 1.15, 3.3 et 3.4 de la décision du 16 mars 2021, les obstacles à sa réouverture.
59 Contrairement à ce que soutient encore la requérante, le point 3.41 de la décision du 16 mars 2021 ne contient pas d’élément nouveau quant aux modalités de calcul de cette indemnité. Ce point se limite, en effet, à répondre à la demande d’indemnisation du préjudice tenant à la perte de chance qu’une enquête administrative exempte des erreurs que le Tribunal avait constatées dans l’arrêt d’annulation aboutisse à un résultat différent de celui auquel avait abouti l’enquête administrative ouverte en 2008. D’une part, ledit point rappelle que la somme de 50 000 euros allouée à la requérante en exécution de l’arrêt d’annulation avait pour objet de l’indemniser des désavantages qu’elle avait subis du fait des décisions du 24 novembre 2009 et du 24 mars 2010 compte tenu des difficultés pratiques tenant à la réouverture de l’enquête administrative (voir point 58 ci-dessus). D’autre part, le point en cause indique qu’il ne peut être exclu, sans que cela puisse être confirmé, que l’enquête aurait pu aboutir à une conclusion différente si les erreurs n’avaient pas été commises. Or, cet élément, qui ressortait déjà de la lettre de la direction générale des ressources humaines du 25 novembre 2020, est implicite au document certifié. En effet, si le directoire a estimé qu’il convenait de procéder à l’exécution par équivalent de l’arrêt d’annulation au vu des difficultés que soulevait la réouverture de l’enquête administrative, c’est nécessairement parce qu’il considérait que l’issue d’une enquête administrative exempte des erreurs que le Tribunal avait constatées dans l’arrêt d’annulation était incertaine.
60 Quant au point 1.19 de la décision du 16 mars 2021, auquel la requérante se réfère également, il se limite à détailler les modalités utilisées pour calculer le montant de l’indemnité fixé dans la décision du 17 novembre 2020 et à expliciter les motifs, tenant à l’incertitude de la situation, pour lesquels la méthode de la perte de chance ne pouvait être utilisée.
61 Aux points 3.14 à 3.45, la BCE a examiné les différents motifs que la requérante avait présentés dans son recours spécial du 21 janvier 2021 aux fins de démontrer l’insuffisance du montant de 50 000 euros que la BCE lui avait alloué « ex æquo et bono » le 17 novembre 2020.
62 Pour ce qui est des « éléments nouveaux » qui figureraient dans la partie de la décision du 16 mars 2021 consacrée au bien-fondé du recours spécial du 21 janvier 2021, il suffit de constater que la requérante reste en défaut de les identifier ou de fournir au Tribunal le moindre élément qui pourrait les rendre identifiables.
63 Il résulte de ce qui précède que, pour autant qu’elle est contestée dans le cadre du présent recours, la décision du 16 mars 2021 est dépourvue de contenu autonome. Conformément à la jurisprudence citée au point 34 ci-dessus, il y a donc lieu de considérer que le présent recours a pour effet de saisir le Tribunal de la décision du 17 novembre 2020.
64 La légalité de cette décision ne doit pas moins s’apprécier à la lumière de la motivation figurant dans la décision du 16 mars 2021, dont la motivation est, en effet, censée coïncider avec celle de la décision du 17 novembre 2020 (voir, en ce sens, arrêts du 30 avril 2019, Wattiau/Parlement, T‑737/17, EU:T:2019:273, point 43, et du 26 mars 2020, Teeäär/BCE, T‑547/18, EU:T:2020:119, point 25).
– Sur la recevabilité de la demande d’annulation de la décision du 17 novembre 2020
65 Il convient d’emblée de relever que les délais de recours spécial et de recours juridictionnel, visés aux articles 8.1.6 et 8.2.1 des règles applicables au personnel de la BCE, sont d’ordre public et ne sauraient être laissés à la disposition des parties et du juge, auquel il appartient de vérifier, même d’office, s’ils sont respectés. Ces délais répondent à l’exigence de sécurité juridique et à la nécessité d’éviter toute discrimination ou tout traitement arbitraire dans l’administration de la justice (voir, par analogie, arrêts du 29 juin 2000, Politi/ETF, C‑154/99 P, EU:C:2000:354, point 15, et du 29 novembre 2018, WL/ERCEA, T‑493/17, non publié, EU:T:2018:852, point 64).
66 En l’espèce, le Tribunal estime qu’il lui appartient d’examiner d’office si la demande d’annulation de la décision du 17 novembre 2020 a été introduite dans les délais applicables.
67 L’article 36.2 des statuts du Système européen de banques centrales et de la BCE confère à la Cour de justice de l’Union européenne la compétence pour connaître de tout litige entre la BCE et ses agents dans les limites et selon les conditions prévues par le régime qui leur est applicable.
68 L’article 41 des conditions d’emploi et les articles 8.1 et 8.2 des règles applicables au personnel de la BCE instituent une procédure précontentieuse à laquelle tout agent de la BCE doit se conformer préalablement à l’introduction d’un recours juridictionnel contre les décisions ou actes de la BCE. Il ressort de ces dispositions que la procédure précontentieuse comporte deux phases : d’une part, une procédure de contrôle administratif et, d’autre part, une procédure de réclamation.
69 L’article 41, deuxième alinéa, sous ii), des conditions d’emploi précise néanmoins que, ainsi qu’il a d’ailleurs été retenu au point 2.2 de la décision du 13 juillet 2021, ces procédures ne peuvent pas être utilisées pour contester une décision pour laquelle il existe une procédure de recours spécial.
70 Selon l’article 8.1.6 des règles applicables au personnel de la BCE, les décisions qui ont été prises par le directoire font l’objet de la procédure de recours spécial. Ce dernier doit être introduit dans un délai de deux mois à compter de la date à laquelle une telle décision a été communiquée à l’intéressé.
71 L’article 42, premier alinéa, des conditions d’emploi prévoit que, après épuisement des procédures internes disponibles, il appartient à la Cour de justice de l’Union européenne de connaître de tout litige opposant la BCE à un membre de son personnel auquel s’appliquent lesdites conditions d’emploi.
72 Aux termes de l’article 8.2.1 des règles applicables au personnel de la BCE, un recours devant la Cour de justice de l’Union européenne contre une décision finale prise dans le cadre d’une procédure de recours spécial doit être formé dans un délai de deux mois à compter de la date à laquelle l’intéressé a eu notification de celle-ci.
73 Conformément à l’article 60 du règlement de procédure, ce délai doit être augmenté d’un délai de distance forfaitaire de dix jours.
74 En l’espèce, le directoire est l’auteur de la décision du 17 novembre 2020. Cette dernière devait donc faire l’objet de la procédure de recours spécial.
75 La requérante a engagé une telle procédure le 21 janvier 2021, lorsqu’elle a introduit un recours spécial contre la décision du 17 novembre 2020.
76 Le directoire a rejeté le recours spécial du 21 janvier 2021 par la décision du 16 mars 2021. Au point 2.5 de la décision du 13 juillet 2021, la BCE a qualifié cette décision de décision finale prise dans le cadre d’une procédure de recours spécial, au sens de l’article 8.2.1 des règles applicables au personnel.
77 La requérante conteste néanmoins cette qualification de la décision du 16 mars 2021. Elle fait valoir qu’il lui était impossible d’exercer correctement ses droits de la défense et son droit de recours contre la décision purement interne du 17 novembre 2020 lorsqu’elle a introduit son recours spécial du 21 janvier 2021, qu’elle qualifie d’ailleurs de « préliminaire ». En effet, selon la requérante, le texte intégral de la décision du 17 novembre 2020 ne lui avait pas été notifié à cette date.
78 La seule décision d’exécution de l’arrêt d’annulation qui aurait été notifiée à la requérante serait celle du 16 mars 2021. Ce ne serait que par la décision du 16 mars 2021 qu’elle aurait été informée de plusieurs éléments qui seraient absents du document certifié. La décision du 16 mars 2021 contiendrait aussi un réexamen du caractère adéquat de ces mesures d’exécution et ferait quatorze pages, contre seulement quelques lignes pour le document certifié.
79 En l’espèce, il ressort des points 41 à 44 ci-dessus que, lorsque la requérante a introduit son recours spécial du 21 janvier 2021, elle avait connaissance du contenu exact et des motifs de la décision du 17 novembre 2020. Ainsi qu’il ressort des points 49 à 63 ci-dessus, la décision du 16 mars 2021 s’est limitée à détailler les motifs sur lesquels se fondait déjà cette décision.
80 C’est donc à juste titre que la BCE a considéré que la décision du 16 mars 2021 constituait une décision finale prise dans le cadre d’une procédure de recours spécial.
81 La requérante ayant reçu notification de la décision du 16 mars 2021 le 19 mars suivant, il y a lieu de considérer que le délai pour introduire un recours juridictionnel conformément à l’article 8.2.1 des règles applicables au personnel de la BCE expirait le 31 mai 2021.
82 Or, la requérante a introduit le présent recours le 27 septembre 2021, soit près de quatre mois après l’expiration de ce délai.
83 En l’absence d’un cas fortuit ou d’un cas de force majeure, il y a lieu de conclure que c’est tardivement que la requérante a, dans le cadre du présent recours, demandé l’annulation de la décision du 17 novembre 2020.
84 Il s’ensuit que la demande d’annulation de la décision du 17 novembre 2020 doit être rejetée comme étant manifestement irrecevable.
Sur la demande d’annulation de la décision du 13 juillet 2021
85 La requérante fait grief à la BCE d’avoir entaché la décision du 13 juillet 2021 d’erreurs de fait et de droit en rejetant le recours spécial du 18 mai 2021 comme étant irrecevable. Selon la requérante, il était contraire au principe de sécurité juridique, au droit d’agir, à l’article 42, premier alinéa, des conditions d’emploi et aux articles 8.1.6 et 8.2.1 des règles applicables au personnel de la BCE de lui reprocher de ne pas avoir formé de recours juridictionnel contre la décision du 16 mars 2021 dans un délai de deux mois à compter de sa réception.
86 La BCE excipe de l’irrecevabilité de la demande d’annulation de la décision du 13 juillet 2021.
87 À cet égard, il y a lieu de rappeler que le Tribunal est en droit d’apprécier, suivant les circonstances de chaque espèce, si une bonne administration de la justice justifie de rejeter au fond un recours sans statuer préalablement sur la fin de non-recevoir soulevée par la partie défenderesse (voir, en ce sens, arrêt du 26 février 2002, Conseil/Boehringer, C‑23/00 P, EU:C:2002:118, point 52).
88 En l’espèce, le Tribunal estime qu’il est opportun, dans un souci d’économie de la procédure, d’examiner d’emblée le bien-fondé de la demande d’annulation de la décision du 13 juillet 2021, sans statuer préalablement sur l’exception d’irrecevabilité soulevée par la BCE.
89 Ainsi qu’il ressort du point 71 ci-dessus, après épuisement des procédures internes disponibles, il appartient à la Cour de justice de l’Union européenne de connaître de tout litige opposant la BCE à un membre de son personnel auquel s’appliquent lesdites conditions d’emploi.
90 Or, comme il ressort des points 76 à 80 ci-dessus, la décision du 16 mars 2021 a épuisé toutes les procédures internes disponibles.
91 C’est donc à bon droit que la BCE a retenu, au point 2.7 de la décision du 13 juillet 2021, que le contrôle de la décision du 16 mars 2021 relevait de la compétence exclusive du Tribunal.
92 Il s’ensuit que la requérante n’était pas fondée à contester la décision du 16 mars 2021 au moyen d’un recours spécial et que la BCE n’a pas commis d’erreur de droit en rejetant ce dernier comme étant irrecevable.
93 Il y a donc lieu de conclure que la demande d’annulation de la décision du 13 juillet 2021 est manifestement dépourvue de tout fondement en droit. Les conclusions en annulation doivent, dès lors, être rejetées dans leur intégralité.
Sur les conclusions en indemnité
94 La requérante conclut, en substance, à la condamnation de la BCE à réparer les six préjudices matériels et moraux suivants, qu’elle chiffre à 1 272 000 euros au total :
– la perte de chance de bénéficier du résultat de l’enquête administrative, évaluée à 700 000 euros ;
– le préjudice moral du fait d’atteintes au droit à la vie privée, évalué à 200 000 euros ;
– le préjudice moral du fait d’atteintes au droit à la santé, évalué à 130 000 euros ;
– le préjudice moral du fait des souffrances et du désarroi occasionnés par l’envoi de documents à un médecin, évalué à 20 000 euros ;
– le préjudice moral du fait des tensions, du « profond sentiment d’injustice », de l’allongement de la durée de la procédure et de l’amoindrissement de la probabilité d’obtenir une décision finale sur sa demande d’assistance en raison de la destruction du dossier d’enquête, évalué à 20 000 euros ;
– les préjudices moral et matériel du fait de l’absence d’évaluation et de décision de révision annuelle des salaires et des primes pour l’année 2007 et pour le retard pris à cet égard, évalués à 202 000 euros.
95 La requérante demande également l’indemnisation d’un septième préjudice, tenant à une « perte de revenus », dont le montant serait à « calculer selon le résultat de l’affaire pendante dans l’affaire T‑500/16 ». Elle indique néanmoins que, selon un calcul préliminaire, ce montant s’élève à « un million d’euros environ ».
96 La BCE soutient que les présentes demandes sont irrecevables.
97 En l’espèce, il convient d’examiner, dans un premier temps, les préjudices tenant à une perte de chance de bénéficier du résultat de l’enquête administrative, à des atteintes au droit de la requérante à la vie privée, à des atteintes à son droit à la santé et à la destruction du dossier d’enquête, dans un deuxième temps, les préjudices liés à l’envoi de documents à un médecin et à l’absence d’évaluation et de décision de révision annuelle des salaires et des primes pour l’année 2007 et, dans un troisième temps, le préjudice tenant à une « perte de revenus ».
Sur les préjudices tenant à une perte de chance de bénéficier du résultat de l’enquête administrative, à des atteintes au droit de la requérante au respect de la vie privée, à des atteintes à son droit à la santé et à la destruction du dossier d’enquête
98 Il convient de rappeler que le recours en annulation et le recours en indemnité sont des voies de recours autonomes. Le droit de la fonction publique admet néanmoins une exception à ce principe lorsqu’une demande indemnitaire comporte un lien étroit avec la demande en annulation, que le Tribunal a préalablement rejetée (ordonnance du 19 décembre 2022, XH/Commission, T‑522/21, non publiée, EU:T:2022:867, point 99).
99 Les conclusions tendant à la réparation d’un préjudice matériel ou moral doivent ainsi être rejetées lorsqu’elles présentent un tel lien avec les conclusions en annulation qui ont, elles-mêmes, été rejetées comme étant irrecevables ou non fondées (voir arrêt du 19 décembre 2019, ZQ/Commission, T‑647/18, non publié, EU:T:2019:884, point 202 et jurisprudence citée).
100 Or, les demandes tendant à l’indemnisation des quatre premiers préjudices en cause présentent toutes un lien étroit avec la demande d’annulation de la décision du 16 mars 2021, que le Tribunal a rejetée comme étant irrecevable au point 84 ci-dessus.
101 En effet, d’une part, il y a lieu de constater que chacun de ces préjudices résulterait d’illégalités dont serait entachée la décision du 17 novembre 2020, telle qu’explicitée par la décision du 16 mars 2021. Ainsi, premièrement, s’agissant du préjudice tenant à une perte de chance de bénéficier du résultat de l’enquête administrative, la BCE a retenu, au point 1.19 de la décision du 16 mars 2021, que la notion de perte de chance n’était pas utile en l’espèce. Deuxièmement, s’agissant du préjudice subi du fait d’atteintes au droit à la santé, il ressort du point 134 de la requête que la requérante reproche, en substance, à la BCE de ne pas en avoir correctement tenu compte dans le calcul de l’indemnisation qui lui a été octroyée dans la décision du 17 novembre 2020, telle qu’explicitée par la décision du 16 mars 2021. Troisièmement, s’agissant des préjudices tenant à une atteinte au droit au respect de la vie privée et à la destruction du dossier d’enquête, la BCE a rejeté, aux points 3.17 à 3.22 et aux points 3.29 à 3.31 de la décision du 16 mars 2021, respectivement, les demandes tendant à leur indemnisation.
102 D’autre part, il convient d’observer que la requérante n’invoque pas, à l’appui des demandes tendant à l’indemnisation de ces quatre chefs de préjudice, de chefs d’illégalité autres que ceux qu’elle soulève à l’appui de sa demande d’annulation de la décision du 16 mars 2021. Ainsi, premièrement, l’argumentation soulevée à l’appui de la demande d’indemnisation du préjudice tenant à une perte de chance de bénéficier du résultat de l’enquête administrative correspond à celle invoquée au soutien du deuxième moyen des conclusions en annulation, aux points 73 à 75 de la requête. Deuxièmement, il est vrai que la requérante explicite, dans le cadre des présentes demandes, la teneur des trois préjudices restants. Pour autant, elle ne se prévaut pas, au soutien de ces demandes, de chefs d’illégalité qui différeraient de ceux qu’elle a exposés au soutien de ses conclusions en annulation, aux points 33 à 46 et 108 de la requête.
103 Dans la mesure où la requérante entendait se prévaloir de tels chefs d’illégalité lorsqu’elle a fait référence, dans le titre de ses demandes d’indemnisation liées au droit au respect de la vie privée et au droit à la santé, à une violation du l’article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, signée à Rome le 4 novembre 1950, il suffit de constater qu’elle reste en défaut d’expliquer en quoi les circonstances qu’elle invoque contreviendraient à cette disposition.
104 Dès lors, la demande d’annulation de la décision du 16 mars 2021 ayant été rejetée comme étant manifestement irrecevable, les demandes tendant à l’indemnisation des quatre préjudices en cause doivent l’être également.
Sur les préjudices liés à la transmission de documents à un médecin et à l’absence d’évaluation et de décision de révision annuelle des salaires et des primes pour l’année 2007
105 Il convient de rappeler que l’engagement de la responsabilité de l’Union suppose la réunion d’un ensemble de conditions en ce qui concerne l’illégalité du comportement reproché aux institutions, la réalité du dommage et l’existence d’un lien de causalité entre ce comportement et le préjudice invoqué (arrêts du 1er juin 1994, Commission/Brazzelli Lualdi e.a., C‑136/92 P, EU:C:1994:211, point 42, et du 21 février 2008, Commission/Girardot, C‑348/06 P, EU:C:2008:107, point 52).
106 Conformément à la jurisprudence, c’est à la partie requérante qu’il appartient d’établir que ces trois conditions sont réunies (arrêt du 6 juin 2019, Dalli/Commission, T‑399/17, non publié, EU:T:2019:384, point 126).
107 Lesdites conditions étant cumulatives, il suffit que la partie requérante échoue à s’acquitter de la charge qui lui incombe d’établir que l’une d’entre elles est satisfaite pour rejeter un recours en indemnité (voir, en ce sens, arrêt du 9 septembre 1999, Lucaccioni/Commission, C‑257/98 P, EU:C:1999:402, point 14).
108 En l’espèce, il convient de constater que les illégalités alléguées à l’appui des deux demandes d’indemnisation en cause tiennent à ce que la BCE n’aurait pas correctement exécuté l’arrêt d’annulation.
109 D’une part, l’exécution incorrecte de l’arrêt d’annulation tiendrait à ce que la BCE n’a pas adéquatement indemnisé la requérante du préjudice qu’elle avait subi du fait de la transmission à un médecin du rapport d’enquête administrative, dont le Tribunal a constaté qu’il était entaché d’erreur dans l’arrêt d’annulation, et de l’arrêt du 12 décembre 2012 (BZ/BCE, F‑43/10, EU:F:2012:184), que le Tribunal a par la suite annulé (arrêt du 23 septembre 2015, BZ/BCE, T‑114/13 P, EU:T:2015:678). En effet, les développements que la requérante consacre à ce préjudice sont précédés du titre « Autres implications de l’arrêt [d’annulation] ». Ces développements renvoient aussi au point 356 de l’arrêt d’annulation, dont il ressort, selon la requérante, que la BCE a utilisé à son détriment un rapport d’enquête erroné.
110 Or, la transmission à un médecin des deux documents en cause ne relève pas de la procédure d’enquête administrative interne qui a fait l’objet de l’arrêt d’annulation. Au contraire, comme la requérante le reconnaît elle-même, cette transmission relève de la troisième procédure de reconnaissance de l’origine professionnelle de sa maladie, qui a fait l’objet de l’arrêt du 30 juin 2021, BZ/BCE (T‑554/16, non publié, EU:T:2021:387).
111 Il en résulte que la réparation du préjudice tenant à la transmission des documents en cause à un médecin ne figure pas parmi les mesures que comporte l’exécution de l’arrêt d’annulation. C’est donc manifestement à tort que la requérante soutient que la BCE a incorrectement exécuté l’arrêt d’annulation en omettant de l’indemniser du préjudice qu’elle soutient avoir subi du fait de la transmission de ces documents à un médecin.
112 D’autre part, l’exécution incorrecte de l’arrêt d’annulation tiendrait à ce que la BCE n’a pas indemnisé la requérante des préjudices liés à l’absence d’évaluation et de décision de révision annuelle des salaires et des primes pour l’année 2007. La requérante attribue, en effet, ces préjudices à l’attente due aux erreurs dont le Tribunal a, dans l’arrêt d’annulation, constaté que les décisions du 24 novembre 2009 et du 24 mars 2010 étaient entachées.
113 Or, au point 3.38 de la décision du 16 mars 2021, la BCE a indiqué que cette question ne relevait pas de l’exécution de l’arrêt d’annulation et faisait l’objet d’un examen séparé. Au point 3.39 de la décision du 16 mars 2021, la BCE en a conclu que la demande de la requérante tendant à l’indemnisation du préjudice qui aurait résulté de l’absence d’évaluation et de décision de révision annuelle des salaires et des primes pour l’année 2007 était prématurée.
114 La requérante a pris acte de ces éléments dans la requête, mais ne les a pas contestés. Tout au plus a-t-elle soutenu que l’administration ne lui avait pas, au jour d’introduction de la requête, communiqué de décision à ce sujet.
115 Il s’ensuit que la requérante n’a pas prouvé que la condition tenant à l’illégalité des comportements reprochés à la BCE était satisfaite.
116 Les présentes demandes doivent donc être rejetées comme étant manifestement dépourvues de tout fondement en droit, sans qu’il soit besoin d’examiner leur recevabilité.
Sur le préjudice tenant à une « perte de revenus »
117 La requérante conclut à la condamnation de la BCE au paiement d’une indemnité correspondant au « montant total de sa perte de salaire sur la base d’une reconstitution appropriée de sa carrière ». La requérante précise que le montant demandé correspond à la différence entre la perte qu’elle estime avoir subie et l’indemnité qui pourrait lui être accordée à ce titre dans l’affaire enregistrée sous le numéro T‑500/16. En effet, selon la requérante, ladite perte est supérieure aux montants qu’elle a demandés à ce titre dans le cadre de son recours dans ladite affaire.
118 La requérante demande également à la BCE de quantifier exactement le « préjudice matériel subi (perte de revenus) » à l’aide de ses outils et de lui en communiquer le montant.
119 À cet égard, il y a lieu de rappeler que l’Union doit réparation intégrale à ses fonctionnaires et agents des préjudices qu’elle leur a occasionnés (voir, en ce sens, arrêt du 9 septembre 1999, Lucaccioni/Commission, C‑257/98 P, EU:C:1999:402, points 22 et 28 et jurisprudence citée).
120 Conformément à ce principe, l’indemnisation octroyée à un fonctionnaire ou agent de l’Union doit réparer le préjudice subi sans qu’il en résulte pour lui perte ou profit.
121 Selon la jurisprudence, c’est à la partie requérante qu’il incombe d’apporter des éléments de preuve afin d’établir l’existence et l’ampleur de ce préjudice (voir arrêt du 26 octobre 2011, Dufour/BCE, T‑436/09, EU:T:2011:634, point 192 et jurisprudence citée).
122 En l’espèce, la requérante a indiqué formuler la présente demande « en sus de celle formulée dans le cadre de l’affaire T‑500/16 ». Elle a précisé que cette demande visait à « obtenir uniquement la différence entre [le montant demandé dans cette affaire et la perte calculée en reconstituant sa carrière] dans l’hypothèse où [elle] se verrait accorder la réparation demandée dans le cadre de [ladite] affaire […] et [était] par conséquent subordonnée au résultat » de cette dernière.
123 Dans l’arrêt du 8 décembre 2021, BZ/BCE (T‑500/16, non publié, EU:T:2021:863), le Tribunal a rejeté dans son intégralité le recours de la requérante, y compris en tant qu’il tendait à l’indemnisation du préjudice matériel lié aux frais médicaux prétendument encourus et à la perte de salaire prétendument subie. Le Tribunal a constaté que la demande tendant à l’indemnisation de ces préjudices se fondait sur l’origine prétendument professionnelle de la maladie de la requérante et sur le fait que cette dernière avait prétendument été victime de harcèlement. Or, le Tribunal a estimé ne pas pouvoir préjuger des mesures que prendrait la BCE en exécution de deux arrêts qu’il avait pris à ce sujet. Il s’agissait, d’une part, de l’arrêt du 30 juin 2021, BZ/BCE (T‑554/16, non publié, EU:T:2021:387), et, d’autre part, de l’arrêt d’annulation (arrêt du 8 décembre 2021, BZ/BCE, T‑500/16, non publié, EU:T:2021:863, points 48 et 49).
124 Selon le Tribunal, il serait, le cas échéant, loisible à la requérante de présenter de nouvelles demandes indemnitaires au regard de ces mesures. Le Tribunal en a conclu que la demande tendant à l’indemnisation du préjudice matériel lié aux frais médicaux prétendument encourus et à la perte de salaire prétendument subie devait être rejetée comme étant prématurée (arrêt du 8 décembre 2021, BZ/BCE, T‑500/16, non publié, EU:T:2021:863, point 50).
125 Par l’arrêt du 30 juin 2021, BZ/BCE (T‑554/16, non publié, EU:T:2021:387), le Tribunal a annulé la décision de la BCE du 23 juillet 2014 clôturant la procédure de reconnaissance de l’origine professionnelle de la maladie de la requérante.
126 Il s’ensuit que, sauf à risquer d’octroyer à la requérante une indemnisation totale qui soit supérieure à celle qui pourrait lui être due au titre du principe de réparation intégrale, il est nécessaire de connaître les mesures que la BCE a prises en exécution de l’arrêt du 30 juin 2021, BZ/BCE (T‑554/16, non publié, EU:T:2021:387), pour calculer l’ampleur du préjudice réparable.
127 Or, la requérante est restée en défaut d’apporter au Tribunal le moindre élément d’information à ce sujet dans le cadre de la présente affaire.
128 Il en résulte que la requérante ne s’est pas acquittée de la charge qui lui incombait d’apporter les éléments de preuve nécessaires à l’établissement de l’ampleur du préjudice dont elle demande réparation dans le cadre de la présente demande.
129 Il y a donc lieu de rejeter la présente demande comme étant manifestement dépourvue de tout fondement en droit, sans qu’il soit besoin d’examiner sa recevabilité, ni de se prononcer sur la demande que la requérante adresse à la BCE d’utiliser ses outils pour calculer le préjudice subi et en lui communiquer le montant. En effet, à supposer même que cette demande puisse être qualifiée de demande de mesure d’organisation de la procédure ou de mesure d’instruction, il convient de constater qu’elle porte exclusivement sur le montant du préjudice subi et n’est donc pas susceptible de pallier les carences constatées au point 128 ci-dessus.
130 Il s’ensuit que les conclusions en indemnité doivent être rejetées dans leur intégralité, pour partie, comme étant manifestement irrecevables et, pour partie, comme étant manifestement dépourvues de tout fondement en droit.
Sur la demande de communication de la lettre du 17 novembre 2020
131 Dans ses observations sur l’exception d’irrecevabilité soulevée par la BCE, la requérante demande au Tribunal de prendre une mesure d’organisation de la procédure afin que la BCE lui communique la décision du 17 novembre 2020 dans son intégralité.
132 À cet égard, il importe de rappeler que le Tribunal est seul juge de la nécessité éventuelle de compléter les éléments d’information dont il dispose sur les affaires dont il est saisi (ordonnance du 10 juin 2010, Thomson Sales Europe/Commission, C‑498/09 P, non publiée, EU:C:2010:338, point 138) et qu’il lui appartient d’apprécier la pertinence d’une demande de mesure d’organisation de la procédure par rapport à l’objet du litige et à la nécessité de procéder à celle-ci (voir, en ce sens, arrêt du 24 septembre 2009, Erste Group Bank e.a./Commission, C‑125/07 P, C‑133/07 P, C‑135/07 P et C‑137/07 P, EU:C:2009:576, point 320).
133 Or, eu égard à ce qui a été observé au point 44 ci-dessus et aux motifs rejetant les demandes d’annulation et indemnitaires, la demande de mesure d’organisation de la procédure ne saurait être accueillie.
134 Il résulte de tout ce qui précède que le recours doit être rejeté en partie comme manifestement irrecevable et en partie comme manifestement dépourvu de tout fondement en droit.
Sur les dépens
135 Aux termes de l’article 134, paragraphe 1, du règlement de procédure, toute partie qui succombe est condamnée aux dépens, s’il est conclu en ce sens.
136 En l’espèce, la requérante ayant succombé, il y a lieu de la condamner aux dépens, conformément aux conclusions de la BCE.
Par ces motifs,
LE TRIBUNAL (première chambre)
ordonne :
1) Le recours est rejeté.
2) BZ est condamnée aux dépens.
Fait à Luxembourg, le 18 octobre 2023.
| Le greffier | Le président |
| V. Di Bucci | H. Kanninen |
* Langue de procédure : l’anglais.
1 Données confidentielles occultées.
Affaire T-1187/23: Recours introduit le 31 décembre 2023 — Funline Intenational/EUIPO — MS Trade (AMSTERDAM POPPERS)
31/12/2023
Affaire T-1194/23: Recours introduit le 30 décembre 2023 — Apc Europe e. a./Commission
30/12/2023
Affaire T-1188/23: Recours introduit le 30 décembre 2023 — Rain Carbon Germany/EUIPO — Novaresine (NOVARESINE INNOVATION GOES GREEN)
30/12/2023
Affaire C-805/23 P: Pourvoi formé le 29 décembre 2023 par Piamark, Lda (Zona Franca da Madeira) contre l’ordonnance du Tribunal (cinquième chambre) rendue le 27 octobre 2023 dans les affaires T-714/22 et T-715/22, Nutmark et Piamark/Commission (Zone franche de Madère)
29/12/2023