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AccueilDroit européen62022CA0118
Jurisprudence CJUE62022CA0118

Affaire C-118/22, Direktor na Glavna direktsia «Natsionalna politsia» pri MVR — Sofia: Arrêt de la Cour (Grande chambre) du 30 janvier 2024 (demande de décision préjudicielle du Varhoven administrativen sad — Bulgarie) — NG / Direktor na Glavna direktsia «Natsionalna politsia» pri MVR — Sofia [Renvoi préjudiciel – Protection des personnes physiques à l’égard du traitement des données à caractère personnel à des fins de lutte contre les infractions pénales – Directive (UE) 2016/680 – Article 4, paragraphe 1, sous c) et e) – Minimisation des données – Limitation de la conservation – Article 5 – Délais appropriés pour l’effacement ou pour la vérification régulière de la nécessité de la conservation – Article 10 – Traitement de données biométriques et génétiques – Nécessité absolue – Article 16, paragraphes 2 et 3 – Droit à l’effacement – Limitation du traitement – Article 52, paragraphe 1, de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne – Personne physique ayant été condamnée par un jugement définitif et ultérieurement réhabilitée – Délai de conservation des données jusqu’au décès – Absence de droit à l’effacement ou à la limitation du traitement – Proportionnalité]

CELEX62022CA0118
TypeJurisprudence CJUE
Datemardi 30 janvier 2024

Résumé IA

La Cour de justice de l'Union européenne, dans l'affaire C-118/22, a jugé que la conservation des données biométriques et génétiques d'une personne condamnée pénalement jusqu'à son décès, sans possibilité d'effacement ou de limitation après réhabilitation, est contraire à la directive 2016/680. Cet arrêt précise que les principes de minimisation des données et de proportionnalité imposent aux États membres de fixer des délais de conservation appropriés, même en l'absence de droit explicite à l'effacement dans la législation nationale. Pour le professionnel du droit français, cette décision renforce l'obligation de vérifier la nécessité et la durée de conservation des données pénales, notamment pour les fichiers d'antécédents judiciaires.

Texte intégral

European flag

Journal officiel
de l'Union européenne

FR

Séries C


C/2024/1994

18.3.2024

Arrêt de la Cour (Grande chambre) du 30 janvier 2024 (demande de décision préjudicielle du Varhoven administrativen sad — Bulgarie) — NG / Direktor na Glavna direktsia «Natsionalna politsia» pri MVR — Sofia

(Affaire C-118/22 (1), Direktor na Glavna direktsia «Natsionalna politsia» pri MVR — Sofia)

(Renvoi préjudiciel - Protection des personnes physiques à l’égard du traitement des données à caractère personnel à des fins de lutte contre les infractions pénales - Directive (UE) 2016/680 - Article 4, paragraphe 1, sous c) et e) - Minimisation des données - Limitation de la conservation - Article 5 - Délais appropriés pour l’effacement ou pour la vérification régulière de la nécessité de la conservation - Article 10 - Traitement de données biométriques et génétiques - Nécessité absolue - Article 16, paragraphes 2 et 3 - Droit à l’effacement - Limitation du traitement - Article 52, paragraphe 1, de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne - Personne physique ayant été condamnée par un jugement définitif et ultérieurement réhabilitée - Délai de conservation des données jusqu’au décès - Absence de droit à l’effacement ou à la limitation du traitement - Proportionnalité)

(C/2024/1994)

Langue de procédure: le bulgare

Juridiction de renvoi

Varhoven administrativen sad

Parties à la procédure au principal

Partie requérante: NG

Partie défenderesse: Direktor na Glavna direktsia «Natsionalna politsia» pri MVR — Sofia

en présence de: Varhovna administrativna prokuratura

Dispositif

L’article 4, paragraphe 1, sous c) et e), de la directive (UE) 2016/680 du Parlement européen et du Conseil, du 27 avril 2016, relative à la protection des personnes physiques à l’égard du traitement des données à caractère personnel par les autorités compétentes à des fins de prévention et de détection des infractions pénales, d’enquêtes et de poursuites en la matière ou d’exécution de sanctions pénales, et à la libre circulation de ces données, et abrogeant la décision-cadre 2008/977/JAI du Conseil, lu en combinaison avec les articles 5 et 10, l’article 13, paragraphe 2, sous b), ainsi que l’article 16, paragraphes 2 et 3, de celle-ci, et à la lumière des articles 7 et 8 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne,

doit être interprété en ce sens que:

il s’oppose à une législation nationale qui prévoit la conservation, par les autorités de police, à des fins de prévention et de détection des infractions pénales, d’enquêtes et de poursuites en la matière ou d’exécution de sanctions pénales, de données à caractère personnel, notamment de données biométriques et génétiques, concernant des personnes ayant fait l’objet d’une condamnation pénale définitive pour une infraction pénale intentionnelle relevant de l’action publique, et ce jusqu’au décès de la personne concernée, y compris en cas de réhabilitation de celle-ci, sans mettre à la charge du responsable du traitement l’obligation de vérifier régulièrement si cette conservation est toujours nécessaire, ni reconnaître à ladite personne le droit à l’effacement de ces données, dès lors que leur conservation n’est plus nécessaire au regard des finalités pour lesquelles elles ont été traitées, ou, le cas échéant, à la limitation du traitement de celles-ci.


(1) JO C 191, du 10.05.2022


ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/1994/oj

ISSN 1977-0936 (electronic edition)


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