| CELEX | 62022CA0420 |
| Type | Jurisprudence CJUE |
| Date | jeudi 25 avril 2024 |
| Journal officiel | FR Série C |
| C/2024/3570 | 17.6.2024 |
Arrêt de la Cour (première chambre) du 25 avril 2024 (demandes de décision préjudicielle de la Szegedi Törvényszék - Hongrie) – NW (C-420/22), PQ (C-528/22) / Országos Idegenrendészeti Főigazgatóság, Miniszterelnöki Kabinetirodát vezető miniszter
[Affaires jointes C-420/22 et C-528/22 (1) , NW (Informations classifiées)]
(Renvoi préjudiciel - Citoyenneté de l’Union européenne - Article 20 TFUE - Citoyen de l’Union n’ayant jamais exercé sa liberté de circulation - Séjour d’un membre de la famille de ce citoyen de l’Union - Atteinte à la sécurité nationale - Prise de position d’une autorité nationale spécialisée - Motivation - Accès au dossier)
(C/2024/3570)
Langue de procédure: le hongrois
Juridiction de renvoi
Szegedi Törvényszék
Parties à la procédure au principal
Parties requérantes: NW (C-420/22), PQ (C-528/22)
Parties défenderesses: Országos Idegenrendészeti Főigazgatóság, Miniszterelnöki Kabinetirodát vezető miniszter
Dispositif
| 1) | Les affaires C-420/22 et C-528/22 sont jointes aux fins de l’arrêt. |
| 2) | L’article 20 TFUE doit être interprété en ce sens qu’il s’oppose à ce que les autorités d’un État membre retirent ou refusent de délivrer un titre de séjour à un ressortissant d’un pays tiers membre de la famille de citoyens de l’Union, ressortissants de cet État membre n’ayant jamais exercé leur liberté de circulation, sans avoir, au préalable, examiné s’il existe entre ce ressortissant d’un pays tiers et ces citoyens de l’Union une relation de dépendance qui contraindrait, de fait, lesdits citoyens de l’Union à quitter le territoire de l’Union européenne, pris dans son ensemble, pour accompagner ce membre de leur famille, lorsque, d’une part, ledit ressortissant d’un pays tiers ne peut se voir octroyer un droit de séjour en application d’une autre disposition applicable dans ledit État membre et, d’autre part, ces autorités disposent d’informations sur l’existence de liens familiaux entre le même ressortissant d’un pays tiers et les mêmes citoyens de l’Union. |
| 3) | L’article 20 TFUE, lu en combinaison avec l’article 47 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, doit être interprété en ce sens qu’il s’oppose à une réglementation nationale qui impose aux autorités nationales de retirer ou de refuser de délivrer un titre de séjour, pour un motif de sécurité nationale, à un ressortissant d’un pays tiers susceptible de bénéficier d’un droit de séjour dérivé en vertu de cet article, sur la seule base d’un avis contraignant non motivé adopté par un organe chargé de fonctions spécialisées liées à la sécurité nationale, sans examen rigoureux de l’ensemble des circonstances individuelles et de la proportionnalité de cette décision de retrait ou de refus. |
| 4) | Le principe général de bonne administration et l’article 47 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, lus en combinaison avec l’article 20 TFUE, doivent être interprétés en ce sens qu’ils s’opposent à une réglementation nationale qui prévoit que, lorsqu’une décision de retrait ou de refus d’un titre de séjour, adoptée à l’égard d’un ressortissant d’un pays tiers susceptible de bénéficier d’un droit de séjour dérivé en vertu de cet article 20, repose sur des informations dont la divulgation compromettrait la sécurité nationale de l’État membre en cause, ce ressortissant d’un pays tiers ou son représentant ne peuvent accéder à ces informations qu’après avoir obtenu une autorisation à cette fin, ne se voient pas communiquer même la substance des motifs sur lesquels sont fondées de telles décisions et ne peuvent, en tout état de cause, pas utiliser, aux fins des procédures administrative ou juridictionnelle, les informations auxquelles ils auraient pu avoir accès. |
| 5) | L’article 47 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, lu en combinaison avec l’article 20 TFUE, doit être interprété en ce sens qu’il n’impose pas qu’une juridiction, à qui il incombe de contrôler la légalité d’une décision relative au séjour au titre de cet article 20, fondée sur des informations classifiées, dispose de la compétence de vérifier la licéité de la classification de ces informations ainsi que d’autoriser l’accès de la personne concernée à l’ensemble desdites informations, dans l’hypothèse où elle considère que cette classification est illicite, ou à la substance des mêmes informations, dans l’hypothèse où elle considère que ladite classification est licite. En revanche, cette juridiction doit, en vue de garantir le respect des droits de la défense de cette personne, tirer, le cas échéant, les conséquences d’une éventuelle décision des autorités compétentes de ne pas communiquer tout ou partie des motifs de cette décision et des éléments de preuve y afférents. |
ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/3570/oj
ISSN 1977-0936 (electronic edition)
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