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AccueilDroit européen62022CA0531
Jurisprudence CJUE62022CA0531

Affaire C-531/22, Getin Noble Bank e.a. (Contrôle d’office du caractère abusif des clauses): Arrêt de la Cour (neuvième chambre) du 18 janvier 2024 (demande de décision préjudicielle du Sąd Rejonowy dla Warszawy — Śródmieścia w Warszawie — Pologne) — Getin Noble Bank S.A., TF, C2, PI / TL (Renvoi préjudiciel – Directive 93/13/CEE – Clauses abusives dans les contrats conclus avec les consommateurs – Article 3, paragraphe 1 – Article 6, paragraphe 1 – Article 7, paragraphe 1 – Article 8 – Titre exécutoire ayant acquis force de chose jugée – Pouvoir du juge d’examiner d’office le caractère éventuellement abusif d’une clause dans le cadre du contrôle d’une procédure d’exécution forcée – Registre national des clauses de conditions générales jugées illicites – Clauses différentes de celles figurant à ce registre en raison de leur libellé, mais revêtant la même portée et produisant les mêmes effets)

CELEX62022CA0531
TypeJurisprudence CJUE
Datejeudi 18 janvier 2024

Résumé IA

Cet arrêt confirme l'obligation pour le juge de l'exécution d'examiner d'office le caractère abusif d'une clause contractuelle, même lorsque le titre exécutoire a acquis force de chose jugée. Il précise également qu'une clause peut être considérée comme abusive si, bien que différente dans sa formulation, elle produit les mêmes effets juridiques et économiques qu'une clause déjà inscrite au registre national des clauses illicites.

Texte intégral

European flag

Journal officiel
de l'Union européenne

FR

Séries C


C/2024/1659

4.3.2024

Arrêt de la Cour (neuvième chambre) du 18 janvier 2024 (demande de décision préjudicielle du Sąd Rejonowy dla Warszawy — Śródmieścia w Warszawie — Pologne) — Getin Noble Bank S.A., TF, C2, PI / TL

[Affaire C-531/22 (1), Getin Noble Bank e.a. (Contrôle d’office du caractère abusif des clauses)]

(Renvoi préjudiciel - Directive 93/13/CEE - Clauses abusives dans les contrats conclus avec les consommateurs - Article 3, paragraphe 1 - Article 6, paragraphe 1 - Article 7, paragraphe 1 - Article 8 - Titre exécutoire ayant acquis force de chose jugée - Pouvoir du juge d’examiner d’office le caractère éventuellement abusif d’une clause dans le cadre du contrôle d’une procédure d’exécution forcée - Registre national des clauses de conditions générales jugées illicites - Clauses différentes de celles figurant à ce registre en raison de leur libellé, mais revêtant la même portée et produisant les mêmes effets)

(C/2024/1659)

Langue de procédure: le polonais

Juridiction de renvoi

Sąd Rejonowy dla Warszawy — Śródmieścia w Warszawie

Parties à la procédure au principal

Parties requérantes: Getin Noble Bank S.A., TF, C2, PI

Partie défenderesse: TL

en présence de: EOS, Zakład Ubezpieczeń Społecznych, MG, Komornik Sądowy AC

Dispositif

1)

L’article 6, paragraphe 1, et l’article 7, paragraphe 1, de la directive 93/13/CEE du Conseil, du 5 avril 1993, concernant les clauses abusives dans les contrats conclus avec les consommateurs,

doivent être interprétés en ce sens que:

ils s’opposent à une réglementation nationale prévoyant qu’une juridiction nationale ne peut procéder d’office à un examen du caractère éventuellement abusif des clauses figurant dans un contrat et en tirer les conséquences, lorsqu’elle contrôle une procédure d’exécution forcée fondée sur une décision prononçant une injonction de payer définitive revêtue de l’autorité de la chose jugée:

—

si cette réglementation ne prévoit pas un tel examen au stade de la délivrance de l’injonction de payer ou

—

lorsqu’un tel examen est prévu uniquement au stade de l’opposition formée contre l’injonction de payer concernée, s’il existe un risque non négligeable que le consommateur concerné ne forme pas l’opposition requise soit en raison du délai particulièrement court prévu à cette fin, soit eu égard aux frais qu’une action en justice entraînerait par rapport au montant de la dette contestée, soit parce que la réglementation nationale ne prévoit pas l’obligation que soient communiquées à ce consommateur toutes les informations nécessaires pour lui permettre de déterminer l’étendue de ses droits.

2)

L’article 3, paragraphe 1, l’article 6, paragraphe 1, l’article 7, paragraphe 1, et l’article 8 de la directive 93/13

doivent être interprétés en ce sens que:

ils ne s’opposent pas à une jurisprudence nationale selon laquelle l’inscription d’une clause d’un contrat au registre national des clauses illicites a pour effet que cette clause soit considérée comme étant abusive dans toute procédure impliquant un consommateur, y compris à l’égard d’un autre professionnel que celui à l’encontre duquel la procédure d’inscription de ladite clause à ce registre national avait été engagée et lorsque la même clause ne présente pas un libellé identique à celui enregistré, mais revêt la même portée et produit les mêmes effets sur le consommateur concerné.


(1) JO C 424, du 07.11.2022


ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/1659/oj

ISSN 1977-0936 (electronic edition)


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