| CELEX | 62022CA0540 |
| Type | Jurisprudence CJUE |
| Date | jeudi 20 juin 2024 |
| Journal officiel | FR Série C |
| C/2024/4693 | 5.8.2024 |
Arrêt de la Cour (cinquième chambre) du 20 juin 2024 (demande de décision préjudicielle du Rechtbank Den Haag, zittingsplaats Middelburg – Pays-Bas) – SN e. a. / Staatssecretaris van Justitie en Veiligheid
[Affaire C-540/22 (1) , Staatssecretaris van Justitie en Veiligheid (Détachement de travailleurs de pays tiers)]
(Renvoi préjudiciel - Libre prestation des services - Articles 56 et 57 TFUE - Détachement de ressortissants de pays tiers par une entreprise d’un État membre pour effectuer des travaux dans un autre État membre - Durée excédant 90 jours sur une période de 180 jours - Obligation pour les travailleurs détachés ressortissants de pays tiers d’être titulaires d’un permis de séjour dans l’État membre d’accueil en cas de prestation de plus de trois mois - Limitation de la durée de validité des permis de séjour délivrés - Montant des droits relatifs à la demande de permis de séjour - Restriction à la libre prestation des services - Raisons impérieuses d’intérêt général - Proportionnalité)
(C/2024/4693)
Langue de procédure: le néerlandais
Juridiction de renvoi
Rechtbank Den Haag, zittingsplaats Middelburg
Parties à la procédure au principal
Parties requérantes: SN e.a.
Partie défenderesse: Staatssecretaris van Justitie en Veiligheid
Dispositif
| 1) | Les articles 56 et 57 TFUE doivent être interprétés en ce sens que les travailleurs ressortissants de pays tiers qui sont détachés dans un État membre par un prestataire de services établi dans un autre État membre ne doivent pas se voir automatiquement reconnaître un «droit de séjour dérivé» que ce soit dans l’État membre où ils sont employés ou dans celui où ils sont détachés. |
| 2) | L’article 56 TFUE doit être interprété en ce sens qu’il ne s’oppose pas à une réglementation d’un État membre prévoyant que, dans l’hypothèse où une entreprise établie dans un autre État membre réalise dans le premier État membre une prestation de services dont la durée dépasse trois mois, cette entreprise a l’obligation d’obtenir dans l’État membre d’accueil un permis de séjour pour chaque travailleur ressortissant de pays tiers qu’elle entend y détacher, et que, afin d’obtenir ce permis, elle notifie préalablement la prestation de services pour la réalisation de laquelle ces travailleurs doivent être détachés et qu’elle communique aux autorités de l’État membre d’accueil les permis de séjour dont disposent ceux-ci dans l’État membre où elle est établie ainsi que leur contrat de travail. |
| 3) | L’article 56 TFUE doit être interprété en ce sens qu’il ne s’oppose pas à une réglementation d’un État membre en vertu de laquelle, premièrement, la validité du permis de séjour susceptible d’être octroyé à un travailleur ressortissant de pays tiers détaché dans cet État membre ne peut, en tout état de cause, excéder une durée déterminée par la réglementation nationale en cause, laquelle peut ainsi être inférieure à celle nécessaire aux fins de la réalisation de la prestation pour laquelle ce travailleur est détaché, deuxièmement, la durée de validité de ce permis de séjour est limitée à celle du permis de travail et de séjour dont dispose l’intéressé dans l’État membre dans lequel le prestataire de services est établi et, troisièmement, la délivrance dudit permis de séjour requiert le versement de droits d’un montant supérieur à celui des droits dus pour la délivrance d’un certificat de séjour régulier à un citoyen de l’Union, pour autant que, tout d’abord, la durée initiale de validité du même permis n’est pas manifestement trop courte pour répondre aux besoins de la majorité des prestataires de services, ensuite, il soit possible d’obtenir le renouvellement du permis de séjour sans devoir accomplir des formalités excessives et, enfin, ce montant corresponde approximativement au coût administratif engendré par le traitement d’une demande d’obtention d’un tel permis. |
ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/4693/oj
ISSN 1977-0936 (electronic edition)
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