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AccueilDroit européen62022CA0714
Jurisprudence CJUE62022CA0714

Affaire C-714/22, Profi Credit Bulgaria (Services accessoires au contrat de crédit): Arrêt de la Cour (neuvième chambre) du 21 mars 2024 (demande de décision préjudicielle du Sofiyski rayonen sad - Bulgarie) – S.R.G. / Profi Credit Bulgaria EOOD (Renvoi préjudiciel – Protection des consommateurs – Contrats de crédit à la consommation – Directive 2008/48/CE – Article 3, sous g), article 10, paragraphe 2, sous g), et article 23 – Coût total du crédit pour le consommateur – Absence d’indication des coûts pertinents – Sanction – Directive 93/13/CEE – Clauses abusives dans les contrats conclus avec les consommateurs – Article 3, paragraphe 1, article 4, paragraphe 2, article 6, paragraphe 1, article 7, paragraphe 1 – Point 1, sous o), de l’annexe de la directive 93/13/CEE – Services accessoires à un contrat de crédit – Clauses accordant à un consommateur achetant ces services une priorité dans l’examen de sa demande de crédit et la mise à disposition de la somme empruntée ainsi que la possibilité de reporter ou de rééchelonner les mensualités du crédit moyennant le paiement de coûts supplémentaires)

CELEX62022CA0714
TypeJurisprudence CJUE
Datejeudi 21 mars 2024

Résumé IA

Cet arrêt de la Cour de justice précise les obligations d'information sur le coût total du crédit et le régime des clauses abusives concernant les services accessoires liés à un contrat de crédit à la consommation. Il interprète les directives 2008/48/CE et 93/13/CEE en jugeant qu'une clause subordonnant des avantages procéduraux (comme une priorité de traitement) au paiement d'un service accessoire peut être abusive, et que l'omission de coûts dans le calcul du TAEG est sanctionnée par la réduction du coût du crédit pour le consommateur.

Texte intégral

European flag

Journal officiel
de l'Union européenne

FR

Série C


C/2024/3134

21.5.2024

Arrêt de la Cour (neuvième chambre) du 21 mars 2024 (demande de décision préjudicielle du Sofiyski rayonen sad - Bulgarie) – S.R.G. / Profi Credit Bulgaria EOOD

[Affaire C-714/22 (1) , Profi Credit Bulgaria (Services accessoires au contrat de crédit)]

(Renvoi préjudiciel - Protection des consommateurs - Contrats de crédit à la consommation - Directive 2008/48/CE - Article 3, sous g), article 10, paragraphe 2, sous g), et article 23 - Coût total du crédit pour le consommateur - Absence d’indication des coûts pertinents - Sanction - Directive 93/13/CEE - Clauses abusives dans les contrats conclus avec les consommateurs - Article 3, paragraphe 1, article 4, paragraphe 2, article 6, paragraphe 1, article 7, paragraphe 1 - Point 1, sous o), de l’annexe de la directive 93/13/CEE - Services accessoires à un contrat de crédit - Clauses accordant à un consommateur achetant ces services une priorité dans l’examen de sa demande de crédit et la mise à disposition de la somme empruntée ainsi que la possibilité de reporter ou de rééchelonner les mensualités du crédit moyennant le paiement de coûts supplémentaires)

(C/2024/3134)

Langue de procédure: le bulgare

Juridiction de renvoi

Sofiyski rayonen sad

Parties à la procédure au principal

Partie requérante: S.R.G.

Partie défenderesse: Profi Credit Bulgaria EOOD

Dispositif

1)

L’article 3, sous g), de la directive 2008/48/CE du Parlement européen et du Conseil, du 23 avril 2008, concernant les contrats de crédit aux consommateurs et abrogeant la directive 87/102/CEE du Conseil,

doit être interprété en ce sens que :

les coûts relatifs à des services accessoires à un contrat de crédit à la consommation, qui accordent au consommateur achetant ces services une priorité dans l’examen de sa demande de crédit et la mise à disposition de la somme empruntée ainsi que la possibilité de reporter le remboursement des mensualités ou d’en réduire le montant, relèvent de la notion de « coût total du crédit pour le consommateur », au sens de cette disposition, et, par conséquent, de celle de « taux annuel effectif global », au sens de cet article 3, sous i), lorsque l’acquisition desdits services s’avère obligatoire pour l’obtention du crédit concerné ou que ceux-ci constituent un montage destiné à dissimuler le coût réel de ce crédit.

2)

L’article 10, paragraphe 2, sous g), et l’article 23 de la directive 2008/48

doivent être interprétés en ce sens que :

ils ne s’opposent pas à ce que, lorsqu’un contrat de crédit à la consommation ne mentionne pas un taux annuel effectif global incluant tous les coûts prévus à l’article 3, sous g), de cette directive, ce contrat soit réputé exempt d’intérêts et de frais, de sorte que son annulation entraîne seulement la restitution, par le consommateur concerné, du capital prêté.

3)

L’article 4, paragraphe 2, de la directive 93/13/CEE du Conseil, du 5 avril 1993, concernant les clauses abusives dans les contrats conclus avec les consommateurs,

doit être interprété en ce sens que :

des clauses portant sur des services accessoires à un contrat de crédit à la consommation, qui accordent au consommateur achetant ces services une priorité dans l’examen de sa demande de crédit et la mise à disposition de la somme empruntée ainsi que la possibilité de reporter le remboursement des mensualités ou d’en réduire le montant, ne relèvent pas, en principe, de l’objet principal de ce contrat, au sens de cette disposition, et n’échappent donc pas à l’appréciation de leur caractère abusif.

4)

L’article 3, paragraphe 1, de la directive 93/13

doit être interprété en ce sens que :

une clause d’un contrat de crédit à la consommation permettant au consommateur concerné de reporter ou de rééchelonner les mensualités du crédit moyennant le paiement de coûts supplémentaires, alors même qu’il n’est pas certain que ce consommateur fera usage de cette possibilité, est susceptible de revêtir un caractère abusif, lorsque, notamment, ces coûts sont manifestement disproportionnés par rapport au montant du prêt octroyé.

5)

L’article 6, paragraphe 1, et l’article 7, paragraphe 1, de la directive 93/13, lus à la lumière du principe d’effectivité,

doivent être interprétés en ce sens que :

ils s’opposent à une réglementation nationale qui permet d’obliger un consommateur à supporter une partie des frais de procédure, lorsque, à la suite de la constatation de la nullité d’une clause contractuelle en raison de son caractère abusif, il n’est fait que partiellement droit à sa demande de restitution de sommes qu’il a indûment payées en vertu de cette clause, au motif qu’il est impossible en pratique ou excessivement difficile de déterminer l’étendue du droit de ce consommateur à la restitution de ces sommes.


(1) JO C 63, du 20.02.2023.


ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/3134/oj

ISSN 1977-0936 (electronic edition)


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