| CELEX | 62022CB0636 |
| Type | Jurisprudence CJUE |
| Date | jeudi 16 novembre 2023 |
| Journal officiel | FR Séries C |
| C/2024/1075 | 5.2.2024 |
Ordonnance de la Cour (huitième chambre) du 16 novembre 2023 (demande de décision préjudicielle de la Corte d'appello di Lecce — Italie) dans la procédure relative à l’exécution d’un mandat d’arrêt européen émis contre PY
[Affaire C-636/22 (1), PY (Ressortissant d’un État tiers dans l’État membre d’exécution)]
(Renvoi préjudiciel - Article 99 du règlement de procédure de la Cour - Réponse pouvant être clairement déduite de la jurisprudence - Coopération judiciaire en matière pénale - Mandat d’arrêt européen - Décision-cadre 2002/584/JAI - Garanties à fournir par l’État membre d’émission - Article 5, point 3 - Objectif de réinsertion sociale - Ressortissants de pays tiers résidant sur le territoire de l’État membre d’exécution - Égalité de traitement - Article 20 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne)
(C/2024/1075)
Langue de procédure: l’italien
Juridiction de renvoi
Corte d'appello di Lecce
Parties à la procédure au principal
Partie requérante: PY
en présence de: Procura della Repubblica presso il Tribunale di Lecce
Dispositif
| 1) | L’article 5, point 3, de la décision-cadre 2002/584/JAI du Conseil, du 13 juin 2002, relative au mandat d’arrêt européen et aux procédures de remise entre États membres, lu en combinaison avec le principe d’égalité en droit, consacré à l’article 20 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, doit être interprété en ce sens que: il s’oppose à une réglementation nationale qui empêche de manière absolue et automatique l’autorité judiciaire de l’État membre d’exécution de subordonner la remise d’un ressortissant d’un pays tiers qui réside sur le territoire de cet État membre à la condition que cette personne, après avoir été entendue, soit renvoyée dans ledit État membre pour l’exécution de la peine ou de la mesure de sûreté privatives de liberté qui serait prononcée contre lui dans l’État membre d’émission. |
| 2) | L’article 5, point 3, de la décision-cadre 2002/584/JAI doit être interprété en ce sens que: pour apprécier s’il y a lieu de soumettre l’exécution du mandat d’arrêt européen émis contre un ressortissant d’un pays tiers qui réside sur le territoire de l’État membre d’exécution à la condition prévue par cette disposition, l’autorité judiciaire d’exécution doit procéder à une appréciation globale de tous les éléments concrets caractérisant la situation de ce ressortissant, susceptibles d’indiquer s’il existe, entre celui-ci et l’État membre d’exécution, des liens de rattachement démontrant qu’il est suffisamment intégré dans cet État et que, partant, l’exécution, dans ledit État membre, de la peine ou de la mesure de sûreté privatives de liberté qui serait prononcée contre lui dans l’État membre d’émission contribuerait à accroître ses chances de réinsertion sociale après que cette peine ou mesure de sûreté aurait été exécutée. Parmi ces éléments figurent les liens familiaux, linguistiques, culturels, sociaux ou économiques qu’entretient le ressortissant du pays tiers avec l’État membre d’exécution ainsi que la nature, la durée et les conditions de son séjour dans cet État membre. |
ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/1075/oj
ISSN 1977-0936 (electronic edition)
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