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AccueilDroit européen62022TJ0581
Jurisprudence CJUE62022TJ0581

Arrêt du Tribunal (troisième chambre) du 31 janvier 2024.#ECE Group GmbH & Co. KG contre Office de l’Union européenne pour la propriété intellectuelle.#Marque de l’Union européenne – Procédure d’opposition – Demande de marque de l’Union européenne figurative ECE QUALITY OF LIFE – Marque nationale figurative antérieure ECE – Motifs relatifs de refus – Article 8, paragraphe 1, sous b), et paragraphe 5, du règlement (UE) 2017/1001.#Affaire T-581/22.

CELEX62022TJ0581
TypeJurisprudence CJUE
Datemercredi 31 janvier 2024

Résumé IA

Cet arrêt du Tribunal de l'Union européenne statue sur une opposition à l'enregistrement d'une marque de l'Union européenne fondée sur une marque nationale antérieure. Il interprète les conditions de l'article 8, paragraphe 1, sous b), et paragraphe 5, du règlement sur la marque de l'Union, concernant respectivement le risque de confusion et la protection des marques renommées. La décision précise l'appréciation de la similitude des signes et des produits ou services, ainsi que les conditions nécessaires pour invoquer la renommée d'une marque antérieure.

Texte intégral

DOCUMENT DE TRAVAIL

ARRÊT DU TRIBUNAL (troisième chambre)

31 janvier 2024 (*)

« Marque de l’Union européenne – Procédure d’opposition – Demande de marque de l’Union européenne figurative ECE QUALITY OF LIFE – Marque nationale figurative antérieure ECE – Motifs relatifs de refus – Article 8, paragraphe 1, sous b), et paragraphe 5, du règlement (UE) 2017/1001 »

Dans l’affaire T‑581/22,

ECE Group GmbH & Co. KG, établie à Hambourg (Allemagne), représentée par Mes M. Kloth, R. Briske, M. Tillwich et P. Funke, avocats,

partie requérante,

contre

Office de l’Union européenne pour la propriété intellectuelle (EUIPO), représenté par MM. R. Raponi et V. Ruzek, en qualité d’agents,

partie défenderesse,

l’autre partie à la procédure devant la chambre de recours de l’EUIPO ayant été

ECE Piknik Ürünleri Plastik ve Kömür Üretim Ithalat Ihracat Anonim Sirketi, établie à Dilovasi (Turquie),

LE TRIBUNAL (troisième chambre),

composé de M. F. Schalin (rapporteur), président, Mme P. Škvařilová‑Pelzl et M. D. Kukovec, juges,

greffier : Mme A. Juhász-Tóth, administratrice,

vu la phase écrite de la procédure,

à la suite de l’audience du 20 septembre 2023,

rend le présent

Arrêt

1 Par son recours fondé sur l’article 263 TFUE, la requérante, ECE Group GmbH & Co. KG, demande la réformation de la décision de la deuxième chambre de recours de l’Office de l’Union européenne pour la propriété intellectuelle (EUIPO) du 4 juillet 2022 (affaire R 1384/2021‑2) (ci-après la « décision attaquée »).

Antécédents du litige

2 Le 10 décembre 2019, l’autre partie à la procédure devant la chambre de recours de l’EUIPO, ECE Piknik Ürünleri Plastik ve Kömür Üretim Ithalat Ihracat Anonim Sirketi, a présenté à l’EUIPO une demande d’enregistrement de marque de l’Union européenne pour le signe figuratif suivant :


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3 La marque demandée désignait des produits et des services relevant des classes 4, 6, 8, 11, 16, 20, 21, 24, 28 et 35 au sens de l’arrangement de Nice concernant la classification internationale des produits et des services aux fins de l’enregistrement des marques, du 15 juin 1957, tel que révisé et modifié, et correspondant, pour chacune de ces classes, à la description suivante :

– classe 4 : « Liquide d’allumage pour charbon de bois ; allume-feu ; bois d’allumage ; houille ; combustibles liquides ; combustibles solides manufacturés » ;

– classe 6 : « Feuilles d’aluminium » ;

– classe 8 : « Couverts [coutellerie, fourchettes et cuillers] ; ventilateurs de barbecue » ;

– classe 11 : « Barbecues ; barbecues ; grils à charbon de bois ; appareils à rôtir ; broches de rôtisserie » ;

– classe 16 : « Film en matières plastiques adhérent et extensible destiné à la palettisation ; papier résistant à l’huile ; sachets en plastique pour la cuisson au four ; sacs de congélation ; ruban pour sacs alimentaires de congélation ; sacs à ordures en papier ou en matières plastiques ; nappes de table en papier ; décorations en papier pour gâteaux ; décorations de cuisine en papier » ;

– classe 20 : « Décorations en matière plastique pour gâteau ; garnitures en plastique pour gâteaux » ;

– classe 21 : « Pinces de service ; pinces pour barbecue ; pinces à salade ; pinces à viande ; pinces à pain ; poêles ; gobelets en papier ou en matières plastiques ; gobelets en carton ; écouvillons de nettoyage à usage domestique ; chiffons microfibres pour le nettoyage ; balais à franges ; têtes de balais à franges ; éponges à nettoyer ; tampons à nettoyer à usage domestique ; gants de vaisselle ; gants de ménage ; gants en latex pour le ménage ; paniers pour pique-niques vendus avec vaisselle ; cure-dents ; moules à gâteaux ; pailles pour boissons ; mélangeurs à cocktails ; plats en papier ; assiettes en matières plastiques ; assiettes à servir ; saladiers, non en métaux précieux ; assiettes de table, non en métaux précieux ; pailles en papier et en matières plastiques pour la dégustation des boissons » ;

– classe 24 : « Nappes non en papier ; essuie-mains en microfibres » ;

– classe 28 : « Arbres de Noël en matériaux synthétiques, décorations pour sapins de Noël, neige artificielle pour arbres de Noël, hochets, objets de cotillon, soirées dansantes (cotillons), chapeaux de cotillon en papier » ;

– classe 35 : « Le regroupement pour le bénéfice de tiers d’une variété de produits comme allume-feu liquide pour le charbon de bois, allume-feux, bois d’allumage, charbon, combustibles liquides, combustibles solides, feuilles d’aluminium, couverts (couteaux, fourchettes et cuillers), barbecues, grilles de barbecue, grils à charbon de bois, grils (appareils de cuisson), broches de rôtisserie, afin de permettre aux consommateurs de les voir et de les acheter facilement ; rassemblement, pour le compte de tiers, d’une variété de produits, à savoir pellicules autocollantes en matières plastiques, extensibles, à des fins de palettisation, papier résistant à l’huile, sachets en plastique pour la cuisson au four, sacs de surgélation, ruban pour sacs d’aliments à mettre au congélateur, pailles à boire en papier et matières plastiques, sacs poubelles en papier ou en matières plastiques, nappes en papier, décorations en papier pour gâteaux, décors en papier pour gâteaux, décorations en matières plastiques pour gâteaux, décors en matières plastiques pour gâteaux, afin de permettre aux clients de visualiser et d’acheter facilement ces produits ; le regroupement pour le bénéfice de tiers d’une variété de produits comme pinces à servir, pincettes pour barbecue, pinces à salades, pinces à viande, pinces à pain, bacs, gobelets en papier ou en matières plastiques, des gobelets en carton, écouvillons de nettoyage à usage domestique, chiffons microfibres de nettoyage, balais à franges, têtes de balais à franges, tampons à nettoyer, tampons à nettoyer à usage domestique, gants de vaisselle, gants de ménage, afin de permettre aux consommateurs de les voir et de les acheter facilement ; rassemblement, pour le compte de tiers, d’une variété de produits, à savoir gants en latex à usage domestique, paniers garnis pour pique-niquer, y compris plats, cure-dents, moules à gâteaux, pailles à boire, agitateurs, assiettes en papier, assiettes en plastique, plats de service, bols, autres qu’en métaux précieux, assiettes, autres qu’en métaux précieux, ventilateurs de barbecue, nappes, autres qu’en papier, serviettes en microfibres, arbres de Noël en matériaux synthétiques, afin de permettre aux clients de visualiser et d’acheter facilement ces produits ; le regroupement pour le bénéfice de tiers d’une variété de produits comme décoration pour arbres de Noël, neige artificielle pour arbres de Noël, hochets, objets de cotillons, danses (cotillons), chapeaux de fête en papier, afin de permettre aux clients de voir et d’acheter facilement ces produits, ces services pouvant être fournis dans des magasins de vente au détail, des points de vente en gros, par le biais de supports électroniques ou de catalogues de vente par correspondance ».

4 Le 16 juin 2020, la requérante a formé opposition, au titre de l’article 8, paragraphe 1, sous b), et paragraphe 5, du règlement (UE) 2017/1001 du Parlement européen et du Conseil, du 14 juin 2017, sur la marque de l’Union européenne (JO 2017, L 154, p. 1), à l’enregistrement de la marque demandée pour les produits et les services visés au point 3 ci-dessus.

5 L’opposition était fondée sur la marque nationale figurative antérieure suivante :

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6 La marque antérieure a été déposée le 10 août 2007 et enregistrée, sous le numéro 30752071, le 10 décembre 2007. Elle désigne les services relevant des classes 35, 36, 37 et 42 et correspondant, pour chacune de ces classes, à la description suivante :

– classe 35 : « Planification de biens immobiliers et d’installations d’un point de vue économique, en particulier des établissements de vente au détail et de services, tels que des centres commerciaux, de centres de santé et centres de soins tels que des hôpitaux, maisons de retraite et maisons de repos, de gares de voyageurs telles que des gares ferroviaires et aéroports, de parkings tels que des parcs de stationnement à étages, d’immeubles de bureaux et de bâtiments administratifs ainsi que de centres logistiques tels que des centres de distribution de marchandises ; recherches en marketing ; publicité ; gestion d’activités commerciales ; administration commerciale ; travaux de bureau ; investigations pour affaires ; prévisions économiques ; études de marketing ; services de mannequins à des fins publicitaires ou de promotion des ventes ; services de revues de presse ; sondages d’opinion ; organisation d’expositions à des fins commerciales ou publicitaires ; services d’organisation de salons à des fins commerciales ou publicitaires ; services d’approvisionnement pour des tiers [acquisition de biens et services pour d’autres entreprises] ; relations publiques ; recherche de parrainages ; location de matériel publicitaire ; services de location d’espaces publicitaires ; services de location de temps publicitaire sur des supports de communication ; services de décoration de vitrines » ;

– classe 36 : « Planification financière, location et administration de biens immobiliers et d’installations, en particulier des établissements de vente au détail et de services tels que des centres commerciaux, de centres de santé et centres de soins tels que des hôpitaux, maisons de retraite et maisons de repos, de gares de voyageurs telles que des gares ferroviaires et aéroports, de parkings tels que des parcs de stationnement à étages, d’immeubles de bureaux et bâtiments administratifs ainsi que centres logistiques tels que des centres de distribution de marchandises (compris dans cette classe) ; souscription d’assurances ; affaires financières ; affaires monétaires ; affaires immobilières ; services de conseillers financiers ; informations financières ; parrainage financier ; services de conseillers en assurances ; informations en matière d’assurances » ;

– classe 37 : « Construction de biens immobiliers et d’installations, en particulier des établissements de vente au détail et de services tels que des centres commerciaux, de centres de santé et centres de soins tels que des hôpitaux, maisons de retraite et maisons de repos, de gares de voyageurs telles que des gares ferroviaires et aéroports, de parkings tels que des parcs de stationnement à étages, d’immeubles de bureaux et bâtiments administratifs ainsi que centres logistiques tels que des centres de distribution de marchandises ; construction ; les travaux exécutés en réparation desdits biens immobiliers et installations, services d’installation » ;

– classe 42 : « Planification technique de biens immobiliers et d’installations, en particulier des établissements de vente au détail et de services tels que des centres commerciaux, de centres de santé et centres de soins tels que des hôpitaux, maisons de retraite et maisons de repos, de gares de voyageurs telles que des gares ferroviaires et aéroports, de parkings tels que des parcs de stationnement à étages, d’immeubles de bureaux et bâtiments administratifs ainsi que centres logistiques tels que des centres de distribution de marchandises ; services scientifiques et technologiques, ainsi que services de recherche et conception s’y rapportant ; services d’analyse et de recherche industrielles ; conception et développement de matériel et logiciels informatiques ; ensemencement de nuages ; conversion de données ou de documents d’un support physique vers un support électronique ; services de location de logiciels informatiques ; location de serveurs Web ».

7 Le 10 juin 2021, la division d’opposition a rejeté l’opposition au motif qu’il n’existait pas de risque de confusion au sens de l’article 8, paragraphe 1, sous b), du règlement 2017/1001 et que les éléments de preuve produits par la requérante ne démontraient pas que la marque antérieure avait acquis une renommée au sens de l’article 8, paragraphe 5, du règlement 2017/1001.

8 Le 9 août 2021, la requérante a formé un recours auprès de l’EUIPO contre la décision de la division d’opposition.

9 Par la décision attaquée, la deuxième chambre de recours de l’EUIPO a rejeté le recours.

10 Premièrement, s’agissant de l’évaluation du risque de confusion au sens de l’article 8, paragraphe 1, sous b), du règlement 2017/1001, la chambre de recours a estimé que les produits et les services couverts par les marques en conflit étaient différents, de sorte que l’opposition n’était pas fondée au regard de cette disposition.

11 Deuxièmement, s’agissant de l’évaluation du risque d’un profit indu tiré du caractère distinctif ou de la renommée de la marque antérieure ou d’un préjudice porté à ceux-ci en vertu de l’article 8, paragraphe 5, du règlement 2017/1001, la chambre de recours a estimé que la requérante avait démontré que la marque antérieure jouissait d’une renommée, qui devait être considérée comme étant d’un degré « normal », en Allemagne pour certains services immobiliers et services d’administration commerciale ayant un rapport avec des centres commerciaux. En outre, la chambre de recours a considéré qu’il existait une similitude entre les marques en conflit. Toutefois, elle a constaté que la requérante n’avait pas démontré qu’un lien pouvait être établi entre les marques en conflit par le public concerné et que la marque demandée tirerait indûment profit du caractère distinctif ou de la renommée de la marque antérieure, ni qu’elle lui porterait préjudice, de sorte que l’opposition n’était pas fondée au regard de cette disposition.

Conclusions des parties

12 La requérante conclut à ce qu’il plaise au Tribunal :

– réformer la décision attaquée de sorte que l’opposition soit accueillie dans son intégralité et que la marque demandée soit rejetée dans son intégralité ;

– condamner l’EUIPO aux dépens.

13 L’EUIPO conclut à ce qu’il plaise au Tribunal :

– rejeter le recours ;

– condamner la requérante aux dépens exposés par lui en cas de convocation à une audience.

En droit

Sur la recevabilité du recours

14 Il y a lieu de considérer que, bien que le premier chef de conclusions de la requérante vise formellement la réformation de la décision attaquée et le rejet de la marque demandée pour les produits et les services en cause, il ressort de la requête que, par le présent recours, la requérante demande nécessairement non seulement la réformation de la décision attaquée, mais aussi l’annulation de cette dernière. Cette conclusion se déduit de la présentation des moyens de la requérante, selon lesquels la chambre de recours aurait conclu à tort qu’il n’y avait pas lieu de refuser la marque demandée à l’enregistrement en application de l’article 8, paragraphe 1, sous b), et paragraphe 5, du règlement 2017/1001 [voir, en ce sens, arrêt du 27 février 2014, Advance Magazine Publishers/OHMI – Nanso Group (TEEN VOGUE), T‑509/12, EU:T:2014:89, points 15 et 16 et jurisprudence citée]. Le recours ainsi défini est donc recevable.

Sur le fond

15 La requérante invoque deux moyens, tirés, le premier, d’une violation de l’article 8, paragraphe 1, sous b), du règlement 2017/1001 et, le second, d’une violation de l’article 8, paragraphe 5, du même règlement.

Sur le premier moyen, tiré d’une violation de l’article 8, paragraphe 1, sous b), du règlement 2017/1001

16 La requérante fait valoir, en substance, que la chambre de recours a conclu à tort que les produits et les services visés par les marques en conflit étaient différents et, partant, qu’il n’y avait pas de risque de confusion au sens de l’article 8, paragraphe 1, sous b), du règlement 2017/1001.

17 L’EUIPO conteste les arguments de la requérante.

18 À titre, liminaire il y a lieu de rappeler que, aux termes de l’article 8, paragraphe 1, sous b), du règlement 2017/1001, sur opposition du titulaire d’une marque antérieure, la marque demandée est refusée à l’enregistrement lorsque, en raison de son identité ou de sa similitude avec une marque antérieure et en raison de l’identité ou de la similitude des produits ou des services que les deux marques désignent, il existe un risque de confusion dans l’esprit du public du territoire sur lequel la marque antérieure est protégée. Le risque de confusion comprend le risque d’association avec la marque antérieure.

19 Constitue un risque de confusion le risque que le public puisse croire que les produits ou les services en cause proviennent de la même entreprise ou d’entreprises liées économiquement. Le risque de confusion doit être apprécié globalement, selon la perception que le public pertinent a des signes et des produits ou des services en cause, et en tenant compte de tous les facteurs pertinents en l’espèce, notamment de l’interdépendance de la similitude des signes et de celle des produits ou des services désignés [voir arrêt du 9 juillet 2003, Laboratorios RTB/OHMI – Giorgio Beverly Hills (GIORGIO BEVERLY HILLS), T‑162/01, EU:T:2003:199, points 30 à 33 et jurisprudence citée].

20 Aux fins de l’application de l’article 8, paragraphe 1, sous b), du règlement 2017/1001, un risque de confusion présuppose à la fois une identité ou une similitude des marques en conflit et une identité ou une similitude des produits ou des services qu’elles désignent. Il s’agit là de conditions cumulatives [voir arrêt du 22 janvier 2009, Commercy/OHMI – easyGroup IP Licensing (easyHotel), T‑316/07, EU:T:2009:14, point 42 et jurisprudence citée].

21 Selon la jurisprudence, pour apprécier la similitude entre les produits ou les services en cause, il y a lieu de tenir compte de tous les facteurs pertinents qui caractérisent le rapport entre eux. Ces facteurs incluent, en particulier, leur nature, leur destination, leur utilisation ainsi que leur caractère concurrent ou complémentaire. D’autres facteurs peuvent également être pris en compte, tels que les canaux de distribution des produits concernés [voir arrêt du 14 mai 2013, Sanco/OHMI – Marsalman (Représentation d’un poulet), T‑249/11, EU:T:2013:238, point 21 et jurisprudence citée].

22 C’est à la lumière de ce qui précède qu’il convient d’examiner le premier moyen.

– Sur la comparaison entre les produits désignés par la marque demandée et les services couverts par la marque antérieure

23 La requérante fait, en substance, grief à la chambre de recours d’avoir conclu qu’il n’existait pas de lien de complémentarité entre les produits désignés par la marque demandée et les services couverts par la marque antérieure. Pour elle, les services de gestion d’un centre commercial sont nécessaires ou importants pour offrir les produits désignés par la marque demandée. Elle soutient également que les produits et les services en cause s’adressent au même public contrairement à ce que la chambre de recours a conclu. En effet, le grand public bénéficierait des services de gestion du centre commercial lors de l’achat des produits en cause. De même, les détaillants, en leur qualité de professionnels, seraient destinataires des produits en cause dans la mesure où ils achètent ces produits dans le cadre de leurs activités.

24 La requérante affirme également que la similitude entre les produits visés par la marque demandée et les services couverts par la marque antérieure liés aux centres commerciaux compris dans la classe 35 est mise en évidence par le fait que les éléments verbaux exacts « ece quality of life » et, en particulier, l’expression « quality of life », pourraient aisément servir de revendication possible pour les activités des centres commerciaux de la requérante sous sa marque principale ECE.

25 L’EUIPO conteste les arguments de la requérante.

26 La chambre de recours a considéré, au point 30 de la décision attaquée, que les produits en cause consistaient principalement en des articles de cuisine et des articles connexes, ainsi qu’en des arbres de Noël et leurs décorations, des jouets et des objets de cotillon. Elle a donc observé que non seulement les produits étaient de nature différente en ce qui concernait les services couverts par la marque antérieure relevant de la classe 35, liés à la gestion d’un centre commercial, mais qu’ils n’étaient pas non plus complémentaires, en ce sens qu’ils n’étaient ni importants ni indispensables les uns pour les autres.

27 La chambre de recours a également constaté, au point 33 de la décision attaquée, que les produits désignés par la marque demandée étaient principalement utilisés à des fins culinaires ou décoratives et que, ainsi, ils n’avaient pas la même destination que celle des services couverts par la marque antérieure relatifs à la gestion d’un centre commercial relevant de la classe 35. En outre, elle a relevé que les produits désignés par la marque demandée étaient fabriqués par des entreprises différentes de celles qui fournissaient les services couverts par la marque antérieure liés à la gestion d’un centre commercial. De même, elle a considéré qu’ils n’étaient pas non plus concurrents et ne pouvaient pas être proposés par le biais des mêmes canaux de distribution.

28 Eu égard aux facteurs susvisés, la chambre de recours a conclu, au point 34 de la décision attaquée, que les produits désignés par la marque antérieure étaient encore moins similaires aux services couverts par la marque antérieure relevant des classes 36, 37 et 42 et liés aux services financiers, d’assurance et immobiliers, aux services de construction et de réparation de bâtiments, aux services scientifiques et technologiques ainsi qu’aux services de recherches et de conception s’y rapportant, aux services d’analyses et de recherches industrielles, à la conception et au développement d’ordinateurs et de logiciels, également en rapport avec l’immobilier.

29 Il n’y a pas lieu de remettre en cause les appréciations de la chambre de recours selon lesquelles les produits visés par la marque demandée ont une nature différente de celle des services couverts par la marque antérieure. De même, il n’y a pas lieu de remettre en cause les conclusions selon lesquelles les produits, qui sont principalement utilisés à des fins culinaires ou décoratives, n’ont pas la même destination que les services antérieurs, qu’ils sont fabriqués par des entreprises différentes de celles qui fournissent les services et qu’ils ne sont pas non plus concurrents et ne peuvent pas être proposés par le biais des mêmes canaux de distribution. Ces points ne sont, au demeurant, pas contestés par la requérante.

30 S’agissant du public pertinent, il convient de relever que la chambre de recours a constaté au point 33 de la décision attaquée que, si les produits en cause s’adressaient principalement au grand public, les services couverts par la marque antérieure s’adressaient généralement à un public de professionnels. Il convient de constater que cette appréciation est également exempte d’erreur. Certes, les détaillants achètent, comme le soutient la requérante, les produits en cause afin de les revendre, mais ils n’en sont pas les utilisateurs finaux. Ces produits ont effectivement pour destinataires les consommateurs du grand public. En effet, à suivre le raisonnement de la requérante tout produit vendu par des détaillants s’adresserait à des professionnels de sorte qu’il n’exister

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