Jurisprudence CJUE62024CJ0163

Jurisprudence CJUE — 62024CJ0163

CELEX62024CJ0163
TypeJurisprudence CJUE
Datemardi 8 septembre 2026

Texte intégral

ARRÊT DE LA COUR (grande chambre)

8 septembre 2026 (*)

« Renvoi préjudiciel – Agriculture – Politique agricole commune – Régimes de soutien direct – Règlement (CE) no 1782/2003 – Article 20, paragraphe 1 – Système d’identification des parcelles agricoles – Efficacité des procédures de gestion et de contrôle – Règlement (CE) no 796/2004 – Article 68 – Obligation pour l’agriculteur de déclarer les surfaces et d’identifier la parcelle exploitée et ses limites de manière correcte – Réductions et exclusions applicables en cas de surdéclarations – Exceptions – Notion de “données factuelles correctes” – Responsabilité de l’État pour les dommages causés aux particuliers par la violation du droit de l’Union – Violation imputable à une juridiction nationale statuant en dernier ressort – Absence d’une disposition ayant pour objet de conférer des droits aux particuliers »

Dans l’affaire C‑163/24,

ayant pour objet une demande de décision préjudicielle au titre de l’article 267 TFUE, introduite par la Curtea de Apel Bucureşti (cour d’appel de Bucarest, Roumanie), par décision du 21 décembre 2023, parvenue à la Cour le 1er mars 2024, dans la procédure

BX

contre

Statul Român – Ministerul Finanţelor Publice,

Curtea de Apel Bucureşti,

LA COUR (grande chambre),

composée de M. K. Lenaerts, président, M. T. von Danwitz, vice–président, M. F. Biltgen, Mmes K. Jürimäe, M. L. Arastey Sahún, MM. J. Passer et F. Schalin, présidents de chambre, MM. S. Rodin, E. Regan, D. Gratsias, M. Gavalec (rapporteur), Z. Csehi, S. Gervasoni, N. Fenger et Mme R. Frendo, juges,

avocat général : M. A. Rantos,

greffier : Mme R. Şereş, administratrice,

vu la procédure écrite et à la suite de l’audience du 20 mai 2025,

considérant les observations présentées :

– pour BX, par lui-même et Me I. Kis, avocate,

– pour le gouvernement roumain, par Mmes E. Gane, L. Ghiță et L. Lițu, en qualité d’agents,

– pour la Commission européenne, par Mmes A. C. Becker et L. Radu Bouyon, en qualité d’agents,

ayant entendu l’avocat général en ses conclusions à l’audience du 2 octobre 2025,

rend le présent

Arrêt

1 La demande de décision préjudicielle porte sur l’interprétation de l’article 20, paragraphe 1, du règlement (CE) no 1782/2003 du Conseil, du 29 septembre 2003, établissant des règles communes pour les régimes de soutien direct dans le cadre de la politique agricole commune et établissant certains régimes de soutien en faveur des agriculteurs et modifiant les règlements (CEE) no 2019/93, (CE) no 1452/2001, (CE) no 1453/2001, (CE) no 1454/2001, (CE) no 1868/94, (CE) no 1251/1999, (CE) no 1254/1999, (CE) no 1673/2000, (CEE) no 2358/71 et (CE) no 2529/2001 (JO 2003, L 270, p. 1), tel que modifié par le règlement (CE) no 1009/2008 du Conseil, du 9 octobre 2008 (JO 2008, L 276, p. 1) (ci-après le « règlement no 1782/2003 »), et de l’article 68, paragraphe 1, du règlement (CE) no 796/2004 de la Commission, du 21 avril 2004, portant modalités d’application de la conditionnalité, de la modulation et du système intégré de gestion et de contrôle prévus par le règlement (CE) no 1782/2003 du Conseil du 29 septembre 2003 établissant des règles communes pour les régimes de soutien direct dans le cadre de la politique agricole commune et établissant certains régimes de soutien en faveur des agriculteurs (JO 2004, L 141, p. 18), tel que modifié par le règlement (CE) no 381/2007 de la Commission, du 4 avril 2007 (JO 2007, L 95, p. 8) (ci-après le « règlement no 796/2004 »).

2 Cette demande a été présentée dans le cadre d’un litige opposant BX, un agriculteur, au Statul Român – Ministerul Finanţelor Publice (État roumain, représenté par le ministère des Finances publiques) ainsi qu’à la Curtea de Apel Bucureşti (cour d’appel de Bucarest, Roumanie) et tendant à engager la responsabilité de cet État membre en raison de la méconnaissance par cette juridiction de l’article 20, paragraphe 1, du règlement no 1782/2003 et de l’article 68 du règlement no 796/2004, ainsi que du non-respect par cette juridiction de l’obligation de renvoi préjudiciel à la Cour prévue à l’article 267, troisième alinéa, TFUE.

Le cadre juridique

Le droit de l’Union

Le traité FUE

3 L’article 267 TFUE dispose :

« La Cour de justice de l’Union européenne est compétente pour statuer, à titre préjudiciel :

a) sur l’interprétation des traités,

b) sur la validité et l’interprétation des actes pris par les institutions, organes ou organismes de l’Union.

Lorsqu’une telle question est soulevée devant une juridiction d’un des États membres, cette juridiction peut, si elle estime qu’une décision sur ce point est nécessaire pour rendre son jugement, demander à la Cour de statuer sur cette question.

Lorsqu’une telle question est soulevée dans une affaire pendante devant une juridiction nationale dont les décisions ne sont pas susceptibles d’un recours juridictionnel de droit interne, cette juridiction est tenue de saisir la Cour.

[...] »

Le règlement no 1782/2003

4 Le règlement no 1782/2003, qui était applicable au litige au principal, énonçait, à ses considérants 11 et 13 à 16 :

« (11) Afin de renforcer l’efficacité et la rentabilité des mécanismes de gestion et de contrôle, il convient d’adapter le système institué par le règlement (CEE) no 3508/92 du Conseil du 27 novembre 1992 établissant un système intégré de gestion et de contrôle relatif à certains régimes d’aides communautaires [(JO 1992, L 355, p. 1)] [...]

[...]

(13) Les différents éléments du système intégré [de gestion et de contrôle] visent à améliorer l’efficacité des procédures de gestion et de contrôle. [...]

(14) Compte tenu de la complexité du système ainsi que du nombre important de demandes d’aides à traiter, il est indispensable d’utiliser les moyens techniques et les méthodes de gestion et de contrôle appropriés. Par conséquent, le système intégré doit comporter, au niveau de chaque État membre, une base de données informatisée, un système d’identification des parcelles agricoles, des demandes d’aides des agriculteurs, un système intégré de contrôle et, pour le régime de paiement unique, un système d’identification et d’enregistrement des droits au paiement.

(15) Pour permettre le traitement des données recueillies et leur exploitation pour la vérification des demandes d’aides, il est nécessaire de créer des bases de données informatisées performantes, qui offrent en particulier la possibilité de procéder à des contrôles croisés.

(16) L’identification des parcelles agricoles constitue un élément clé de l’application correcte d’un régime lié à la superficie. L’expérience acquise a démontré certaines défaillances dans les méthodes existantes. Il y a donc lieu de prévoir un système d’identification établi, le cas échéant, à l’aide de la technique de télédétection. »

5 Les articles 13 à 16 de ce règlement portaient sur un système de conseil en matière de gestion des terres et des exploitations, dénommé le « système de conseil agricole ».

6 Intitulé « Champ d’application », l’article 17 dudit règlement disposait, à son premier alinéa :

« Chaque État membre crée un système intégré de gestion et de contrôle, ci‑après dénommé “système intégré”. »

7 Intitulé « Éléments du système intégré », l’article 18 du même règlement prévoyait, à son paragraphe 1, sous b) :

« Le système intégré comprend les éléments suivants :

[...]

b) un système d’identification des parcelles agricoles ».

8 Intitulé « Base de données informatisée », l’article 19 du règlement no 1782/2003 précisait, à son paragraphe 1 :

« Dans la base de données informatisée sont enregistrées, pour chaque exploitation agricole, les données provenant des demandes d’aides.

La base de données permet, en particulier, la consultation directe et immédiate, auprès de l’autorité compétente de l’État membre, des données relatives aux années civiles et/ou campagnes de commercialisation à partir de 2000 et, pour ce qui concerne l’aide octroyée en vertu du titre IV, chapitre 10 ter, à partir du 1er mai 1998. »

9 Intitulé « Système d’identification des parcelles agricoles », l’article 20 de ce règlement disposait, à son paragraphe 1 :

« Le système d’identification des parcelles agricoles est constitué sur la base de plans et de documents cadastraux ou d’autres références cartographiques. Les techniques utilisées s’appuient sur un système d’information géographique informatisé comprenant de préférence une couverture d’ortho-imagerie aérienne ou spatiale, avec des normes homogènes garantissant une précision au moins équivalente à celle de la cartographie à une échelle de 1:10 000. »

10 Aux termes de l’article 21 dudit règlement, intitulé « Système d’identification et d’enregistrement des droits au paiement » :

« 1. Le système d’identification et d’enregistrement des droits au paiement est établi de manière à permettre la vérification des droits et les contrôles croisés avec les demandes d’aide et le système d’identification des parcelles agricoles.

2. Le système doit permettre la consultation directe et immédiate, auprès de l’autorité compétente de l’État membre, des données relatives au moins aux trois dernières années civiles et/ou campagnes consécutives. »

11 Intitulé « Demandes d’aides », l’article 22 du même règlement était libellé comme suit :

« 1. Chaque année, l’agriculteur introduit une demande pour les paiements directs soumis au système intégré, indiquant, le cas échéant :

– toutes les parcelles agricoles de l’exploitation,

– [...]

2. L’État membre peut décider que la demande d’aide ne reprend que les changements par rapport à la demande d’aide introduite l’année précédente. L’État membre distribue des formulaires préimprimés qui se fondent sur les superficies déterminées l’année précédente et fournit des documents graphiques situant ces superficies et, le cas échéant, précisant la localisation des oliviers.

[...] »

12 Intitulé « Vérification des conditions d’admissibilité au bénéfice de l’aide », l’article 23 du règlement no 1782/2003 précisait, à son paragraphe 1 :

« Les États membres procèdent au contrôle administratif des demandes d’aide, notamment en vérifiant la superficie admissible au bénéfice de l’aide et les droits au paiement correspondants. »

Le règlement no 796/2004

13 Le règlement no 796/2004, qui était applicable au litige au principal, énonçait, à ses considérants 13 et 55 :

« (13) Pour garantir l’efficacité des contrôles, il convient que tous les types d’utilisation de superficies et tous les régimes d’aide concernés soient déclarés simultanément. Il y a donc lieu de prévoir la présentation d’une demande d’aide unique comprenant l’ensemble des demandes d’aide liées d’une manière quelconque à la surface.

[...]

(55) Afin de protéger efficacement les intérêts financiers de la Communauté, il importe d’adopter des mesures adéquates pour lutter contre les irrégularités et les fraudes. Il convient de prévoir des dispositions distinctes pour les irrégularités relatives aux critères d’éligibilité à l’aide applicables aux différents régimes d’aide concernés. »

14 Intitulé « Définitions », l’article 2 de ce règlement prévoyait, à son point 22 :

« Aux fins du présent règlement, on entend par :

[...]

22) “superficie déterminée” : la superficie pour laquelle l’ensemble des conditions applicables à l’octroi d’une aide sont remplies. En ce qui concerne le régime de paiement unique, la superficie déclarée ne peut être considérée comme déterminée que si elle s’accompagne d’un nombre correspondant de droits au paiement ».

15 Intitulé « Contenu de la demande unique », l’article 12 dudit règlement indiquait, à son paragraphe 1, sous d) :

« La demande unique contient toutes les informations nécessaires pour décider de l’éligibilité à l’aide, en particulier :

[...]

d) les éléments permettant l’identification de toutes les parcelles agricoles de l’exploitation, leur superficie exprimée en hectares avec deux décimales, leur localisation et, le cas échéant, leur utilisation, ainsi qu’une mention précisant s’il s’agit d’une parcelle agricole irriguée ».

16 Intitulé « Modifications apportées aux demandes uniques », l’article 15 du règlement no 796/2004 disposait, à son paragraphe 3 :

« Lorsque l’autorité compétente a déjà informé l’agriculteur des irrégularités que comporte la demande d’aide ou lorsqu’elle l’a averti de son intention de procéder à un contrôle sur place et que ce contrôle révèle des irrégularités, les modifications visées au paragraphe 1 ne sont pas autorisées pour les parcelles agricoles concernées par ces irrégularités. »

17 Aux termes de l’article 22 du règlement no 796/2004, intitulé « Retrait des demandes d’aide » :

« 1. Une demande d’aide peut être retirée en tout ou partie à tout moment.

[...]

Toutefois, lorsque l’autorité compétente a déjà informé l’agriculteur des irrégularités que comporte la demande d’aide ou lorsqu’elle l’a averti de son intention de procéder à un contrôle sur place et que ce contrôle révèle des irrégularités, les retraits ne sont pas autorisés pour les parties de la demande d’aide concernées par ces irrégularités.

2. Les retraits effectués en vertu du paragraphe 1 placent le demandeur dans la position où il se trouvait avant d’introduire la demande d’aide ou la partie de la demande d’aide en question. »

18 Intitulé « Contrôles croisés », l’article 24 de ce règlement précisait, à son paragraphe 1, sous c) :

« Les contrôles administratifs visés à l’article 23 du règlement [no 1782/2003] ont pour objet de permettre la détection d’irrégularités, en particulier la détection automatisée par voie informatique, y compris les contrôles croisés :

[...]

c) effectués entre les parcelles agricoles déclarées dans la demande unique et les parcelles de référence figurant dans le système d’identification des parcelles agricoles afin de vérifier l’éligibilité à l’aide pour les surfaces en tant que telles ;

[...] »

19 Intitulé « Réductions et exclusions applicables en cas de surdéclarations », l’article 51 dudit règlement prévoyait, en substance, à son paragraphe 1, que, lorsque la différence constatée entre la superficie déclarée et la superficie déterminée conformément au même règlement excédait 20 % de la superficie déterminée, aucune aide « surfaces » n’était accordée pour le groupe de cultures considéré.

20 Intitulé « Exceptions à l’application de réductions et d’exclusions », l’article 68 dudit règlement précisait, à son paragraphe 1 :

« Les réductions et exclusions visées au chapitre I ne s’appliquent pas lorsque l’agriculteur a soumis des données factuelles correctes ou peut démontrer par tout autre moyen qu’il n’est pas en faute. »

Le règlement no 1973/2004

21 Le règlement (CE) no 1973/2004 de la Commission, du 29 octobre 2004, portant modalités d’application du règlement (CE) no 1782/2003 du Conseil en ce qui concerne les régimes d’aide prévus aux titres IV et IV bis dudit règlement et l’utilisation de terres mises en jachère pour la production de matières premières (JO 2004, L 345, p. 1), comportait un article 138, intitulé « Réductions et exclusions relatives aux conditions d’admissibilité ». Selon son paragraphe 1, premier et deuxième alinéas, lorsque, à la suite d’un contrôle administratif ou d’un contrôle sur place, il était constaté que la différence établie entre la superficie déclarée et la superficie déterminée, au sens de l’article 2, point 22, du règlement no 796/2004, était comprise entre 30 % et 50 % de la superficie déterminée, aucune aide n’était accordée pour l’année en cause.

Le droit roumain

22 L’Ordonanța de urgență a Guvernului nr. 125/2006 pentru aprobarea schemelor de plăți directe și plăți naționale directe complementare, care se acordă în agricultură începând cu anul 2007, și pentru modificarea articolului 2 din Legea nr. 36/1991 privind societățile agricole și alte forme de asociere în agricultură (ordonnance d’urgence du gouvernement no 125/2006 portant approbation des régimes de paiements directs et des paiements directs nationaux complémentaires, accordés dans le domaine de l’agriculture à partir de l’année 2007, et modifiant l’article 2 de la loi no 36/1991 relative aux sociétés agricoles et à d’autres formes d’association dans l’agriculture), du 21 décembre 2006 (Monitorul Oficial al României, partie I, no 1043 du 29 décembre 2006), dans sa version applicable au litige au principal, disposait, à son article 7, paragraphe 1, sous b) et c) :

« Pour bénéficier des paiements au titre des régimes de paiement unique à la surface, les demandeurs doivent être inscrits au registre des agriculteurs administré par l’Agenția de Plăți și Intervenție pentru Agricultură (agence de paiement et d’intervention pour l’agriculture, Roumanie), présenter leur demande de paiement dans les délais et respecter les conditions générales suivantes :

[...]

b) déclarer toutes les parcelles agricoles ;

c) fournir, sous peine de sanction pénale, des informations véridiques, complètes et pleinement valides dans le formulaire de demande de paiement direct à la surface et les pièces jointes, y compris la liste des surfaces ;

[...] »

Le litige au principal et les questions préjudicielles

23 Le 14 mai 2007, BX, un agriculteur roumain, a adressé à l’Agenția de Plăți și Intervenție pentru Agricultură – Centrul Județean Argeș (agence de paiement et d’intervention pour l’agriculture – Centre départemental d’Argeș, Roumanie) (ci‑après l’« APIA Argeș ») une demande, pour l’année 2007, au titre des régimes de paiement unique à la surface et des zones agricoles défavorisées. Cette demande mentionnait une surface agricole totale de 264,71 hectares (ha), répartis en plusieurs parcelles et incluant 129,09 ha dans la localité de Rucăr, dont BX avait déterminé et identifié les surfaces respectives au moyen des cartes fournies par l’APIA Argeș.

24 Après avoir constaté, lors d’un contrôle administratif, que d’autres personnes avaient également demandé un paiement unique à la surface pour certaines surfaces déclarées par BX, l’APIA Argeș a demandé des clarifications à BX et aux autres personnes concernées. Après avoir déterminé les surfaces utilisées par chacun des agriculteurs, BX et ces personnes ont indiqué, le 28 novembre 2007, que BX n’utilisait que 45 ha sur les 129,09 ha qu’il avait déclarés dans sa demande s’agissant de la localité de Rucăr.

25 Le même jour, BX a soumis à l’APIA Argeș le formulaire M.1.1 « Modification de la déclaration de superficie » (ci-après le « formulaire M.1.1 ») en vue de corriger en ce sens la demande qu’il avait effectuée le 14 mai 2007. Il a également soumis une note manuscrite dans laquelle il expliquait que l’écart entre sa déclaration initiale et sa déclaration modifiée résultait, d’une part, de l’identification erronée des limites de la montagne de Găinațu Mic (Roumanie), en raison de l’absence de repères sur les cartes topographiques de l’APIA Argeș, et, d’autre part, de la différence entre la superficie indiquée dans le contrat de bail des parcelles et la somme des superficies des deux blocs physiques constituant cette montagne.

26 Par une décision du 28 mai 2008, l’APIA Argeș a considéré que la déclaration initiale de superficie de 264,71 ha faite par BX excédait de 46,56 % la superficie réelle, qui était de 180,62 ha, et a, en conséquence, exclu sa demande d’aide en application de l’article 138, paragraphe 1, du règlement no 1973/2004.

27 BX a saisi le Tribunalul București (tribunal de grande instance de Bucarest, Roumanie) d’un recours tendant à obtenir, notamment, l’annulation de cette décision et la condamnation de l’APIA Argeș à lui verser 697 391 euros en réparation du préjudice qu’il estime avoir subi du fait du rejet illégal de sa demande d’aide au titre de l’année 2007. Il a fait valoir que la surdéclaration qui lui était reprochée était imputable à l’APIA Argeș, qui lui aurait fourni des cartes topographiques insuffisamment précises et non conformes à l’article 20 du règlement no 1782/2003, ce qu’il a déclaré pouvoir prouver par des documents, des témoignages ainsi qu’un relevé topographique. En l’absence de faute de sa part, aucune réduction ou exclusion de l’aide n’aurait dû lui être appliquée, conformément à l’article 68, paragraphe 1, du règlement no 796/2004.

28 Cette juridiction a rejeté ce recours par un jugement du 20 janvier 2011, contre lequel BX a formé un pourvoi devant la Curtea de Apel București (cour d’appel de Bucarest).

29 Par une ordonnance du 2 avril 2012, cette dernière a, en premier lieu, rejeté la demande de BX visant à interroger la Cour sur l’interprétation de l’article 68 du règlement no 796/2004, au motif que les éléments qu’il avançait ne nécessitaient pas de procéder à un renvoi préjudiciel au titre de l’article 267, troisième alinéa, TFUE.

30 En second lieu, par une décision du 9 avril 2012, la Curtea de Apel București (cour d’appel de Bucarest), statuant en dernier ressort, a rejeté le pourvoi de BX comme étant non fondé. Elle a considéré que la décision du 28 mai 2008 était justifiée au regard de l’article 138, paragraphe 1, du règlement no 1973/2004, étant donné que BX avait surdéclaré la superficie qu’il utilisait, ce qu’il aurait admis en déposant le formulaire M.1.1.

31 À cet égard, cette juridiction a estimé, premièrement, qu’il incombait à l’exploitant d’une parcelle d’en mentionner la superficie réelle dans la demande d’aide, sans se fier à la superficie figurant sur les titres de propriété de cette parcelle. L’inexactitude des cartes de l’APIA Argeș ne saurait donc justifier la surestimation par BX des superficies qu’il utilise, compte tenu, notamment, de l’obligation prévue à l’article 7, paragraphe 1, sous c), de l’ordonnance d’urgence du gouvernement no 125/2006 d’inscrire, sous peine de sanctions pénales, des données véridiques, complètes et pleinement valides dans le formulaire de demande de paiements directs à la surface.

32 Deuxièmement, tant la déclaration initiale que la déclaration de modification des superficies figurant dans le formulaire M.1.1 ayant été faites sur la base des mêmes cartes de l’APIA Argeș, la surdéclaration ne saurait être justifiée par les erreurs pouvant entacher ces cartes. Les inexactitudes desdites cartes ne pourraient, en aucun cas, justifier une surdéclaration de la superficie de 46,56 %.

33 Troisièmement, la soumission du formulaire M.1.1 devrait être considérée comme étant une demande de retrait partiel d’une superficie, à laquelle l’article 22 du règlement no 796/2004 s’appliquait. Or, BX ayant introduit sa demande de retrait après avoir reçu la demande de clarification de l’APIA Argeș, l’article 15, paragraphe 3, de ce règlement se serait opposé à ce qu’il puisse être exempté de l’application des sanctions prévues à l’article 51 dudit règlement.

34 Quatrièmement, la situation de BX ne relèverait pas non plus des cas visés à l’article 68, paragraphe 1, du même règlement. En effet, BX aurait initialement déclaré une superficie totale de 264,71 ha, avant de faire une demande de retrait d’une superficie de 84,09 ha, bien qu’il n’y ait pas eu de changement de situation sur le terrain. BX n’aurait donc pas présenté des données factuelles correctes.

35 Cinquièmement, considérant que le rejet de la demande de dommages-intérêts découlait non pas de l’incapacité de prouver le préjudice matériel, mais du rejet des conclusions tendant à l’annulation de la décision du 28 mai 2008, la Curtea de Apel București (cour d’appel de Bucarest) n’a pas estimé nécessaire de recueillir des témoignages. Un relevé topographique n’a pas non plus été jugé utile, dès lors que le Tribunalul București (tribunal de grande instance de Bucarest) avait constaté une surdéclaration fondée sur le retrait de surfaces par BX.

36 Les recours extraordinaires introduits par BX contre la décision du 9 avril 2012 de la Curtea de Apel București (cour d’appel de Bucarest) ont été rejetés comme étant irrecevables par cette juridiction.

37 Le 8 avril 2013, BX a saisi le Tribunalul București (tribunal de grande instance de Bucarest) d’un recours visant à engager la responsabilité de l’État roumain pour les préjudices matériel et moral causés par la violation du droit de l’Union commise par la Curtea de Apel București (cour d’appel de Bucarest) dans sa décision du 9 avril 2012. Il reprochait en effet à cette dernière, d’une part, de ne pas avoir appliqué l’article 20 du règlement no 1782/2003 et l’article 68 du règlement no 796/2004 et, d’autre part, d’avoir méconnu l’article 267, troisième alinéa, TFUE en ne motivant pas son refus de saisir la Cour d’une demande de décision préjudicielle.

38 Par un jugement du 1er juillet 2016, le Tribunalul București (tribunal de grande instance de Bucarest) a rejeté le recours de BX comme étant non fondé.

39 Cette juridiction a notamment considéré que, contrairement à l’article 20, paragraphe 1, du règlement no 1782/2003, l’article 68 du règlement no 796/2004 conférait des droits aux particuliers. Elle a par ailleurs estimé que la Curtea de Apel București (cour d’appel de Bucarest) avait violé cette dernière disposition, premièrement, en ne déterminant pas la signification des termes « données factuelles correctes » qu’elle contient, deuxièmement, en concluant que ladite disposition ne s’appliquait pas à BX sur la base des seuls documents à l’origine de la décision de l’APIA Argeș et donc en ignorant les autres pièces produites par BX et, troisièmement, en ne donnant pas non plus à celui-ci la possibilité de prouver par tout moyen de preuve qu’il ne s’était pas rendu coupable d’une surdéclaration.

40 Néanmoins, sur la base des critères mentionnés aux points 55 et 56 de l’arrêt du 30 septembre 2003, Köbler (C‑224/01, EU:C:2003:513), le Tribunalul București (tribunal de grande instance de Bucarest) a estimé que la violation du droit de l’Union commise par la Curtea de Apel București (cour d’appel de Bucarest) ne présentait pas un caractère manifeste.

41 À cet égard, le Tribunalul București (tribunal de grande instance de Bucarest) a, notamment, relevé, premièrement, que l’article 68 du règlement no 796/2004 était clair en ce qu’il régit le droit de l’agriculteur à être exempté de la sanction de réduction de l’aide ou d’exclusion du droit dans les deux situations qu’il mentionne.

42 Deuxièmement, le fait que la Commission européenne aurait allégué, à plusieurs reprises, notamment dans une enquête relative aux lacunes du système d’identification des parcelles agricoles devant s’appuyer sur un système d’information géographique informatisé, que la réglementation roumaine ne garantissait pas l’efficacité des contrôles administratifs croisés ne saurait suffire à établir le caractère manifeste de la violation du droit de l’Union.

43 Troisièmement, la Curtea de Apel București (cour d’appel de Bucarest) n’aurait pas enfreint le droit de l’Union de manière intentionnelle et inexcusable. Elle aurait en effet exposé les raisons pour lesquelles elle estimait, d’une part, qu’il n’était pas nécessaire d’admettre les preuves supplémentaires demandées par BX et, d’autre part, que cet article 68 ne s’appliquait pas au litige au principal.

44 Enfin, quatrièmement, le Tribunalul București (tribunal de grande instance de Bucarest) a relevé que le non-respect de l’article 267, troisième alinéa, TFUE ne saurait en soi engager la responsabilité de l’État, puisque cette disposition ne confère pas de droits aux particuliers.

45 BX a interjeté appel de ce jugement devant la Curtea de Apel București (cour d’appel de Bucarest), qui est la juridiction de renvoi. Cette dernière estime nécessaire d’interroger la Cour quant au point de savoir, premièrement, si l’article 20, paragraphe 1, du règlement no 1782/2003 confère des droits aux particuliers, deuxièmement, si la notion de « données factuelles correctes », au sens de l’article 68, paragraphe 1, du règlement no 796/2004, inclut à la fois la déclaration correcte des superficies par l’agriculteur et l’identification correcte de la parcelle exploitée, c’est-à-dire de ses limites, et, troisièmement, si, dans les circonstances du litige au principal, le fait qu’elle ne l’a pas saisie d’une question préjudicielle portant sur l’interprétation de cette disposition constitue une violation manifeste du droit de l’Union de nature à engager la responsabilité de l’État roumain.

46 Dans ces conditions, la Curtea de Apel București (cour d’appel de Bucarest) a décidé, d’office, de surseoir à statuer et de poser à la Cour les questions préjudicielles suivantes :

« 1) L’article 20, paragraphe 1, du règlement [no 1782/2003] constitue-t-il une règle de l’Union conférant des droits concrets aux particuliers dont la violation pourrait engager la responsabilité de l’État en vertu d’une décision d’une juridiction nationale de dernière instance ?

2) La notion de “données factuelles correctes” prévue à l’article 68, paragraphe 1, du règlement [no 796/2004] doit-elle être interprétée comme visant à la fois la déclaration correcte des surfaces par l’agriculteur ainsi que l’identification correcte de la parcelle exploitée et de ses limites ?

3) Dans les circonstances de l’espèce, le fait que la juridiction nationale de dernière instance n’a pas saisi la [Cour] pour qu’elle interprète l’article 68 du règlement no 796/2004 constitue-t-il une violation manifeste et suffisamment grave susceptible d’engager la responsabilité de l’État pour le préjudice prétendument causé par la décision de cette juridiction ? »

Sur les questions préjudicielles

Sur la première question

47 Par sa première question, la juridiction de renvoi demande, en substance, si l’article 20, paragraphe 1, du règlement no 1782/2003 doit être interprété en ce sens qu’il constitue une règle du droit de l’Union ayant pour objet de conférer des droits aux particuliers dont la violation peut être utilement invoquée au soutien d’un recours tendant à engager la responsabilité extracontractuelle d’un État membre.

48 À titre liminaire, il convient de rappeler que le principe de la responsabilité de l’État pour des dommages causés aux particuliers par des violations du droit de l’Union qui lui sont imputables est inhérent au système des traités sur lesquels cette dernière est fondée (arrêt du 19 novembre 1991, Francovich e.a., C‑6/90 et C‑9/90, EU:C:1991:428, point 35). Ce principe vaut pour toute hypothèse de violation du droit de l’Union par un État membre, quelle que soit l’autorité publique auteure de cette violation [voir, en ce sens, arrêts du 5 mars 1996, Brasserie du pêcheur et Factortame, C‑46/93 et C‑48/93, EU:C:1996:79, points 31 et 32, ainsi que du 22 décembre 2022, Ministre de la Transition écologique et Premier ministre (Responsabilité de l’État pour la pollution de l’air), C‑61/21, EU:C:2022:1015, point 43]. Ledit principe s’applique également lorsque la violation en cause découle d’une décision d’une juridiction dont les décisions ne sont pas susceptibles d’un recours juridictionnel de droit interne (ci-après une « juridiction nationale dont les décisions ne sont pas susceptibles de recours ») (arrêts du 30 septembre 2003, Köbler, C‑224/01, EU:C:2003:513, point 50, et du 28 juillet 2016, Tomášová, C‑168/15, EU:C:2016:602, point 20).

49 S’agissant des conditions d’engagement de cette responsabilité, la Cour a itérativement jugé que les particuliers lésés ont un droit à réparation dès lors que trois conditions cumulatives sont réunies, à savoir que la règle du droit de l’Union violée a pour objet de leur conférer des droits, que la violation de cette règle est suffisamment caractérisée et qu’il existe un lien de causalité direct entre cette violation et le dommage subi par ces particuliers [voir, en ce sens, arrêts du 5 mars 1996, Brasserie du pêcheur et Factortame, C‑46/93 et C‑48/93, EU:C:1996:79, point 51 ; du 22 décembre 2022, Ministre de la Transition écologique et Premier ministre (Responsabilité de l’État pour la pollution de l’air), C‑61/21, EU:C:2022:1015, point 44, ainsi que du 18 décembre 2025, Hamoudi/Frontex, C‑136/24 P, EU:C:2025:977, point 68].

50 Ces trois conditions sont nécessaires et suffisantes pour engager la responsabilité d’un État membre pour violation du droit de l’Union (voir, en ce sens, arrêts du 5 mars 1996, Brasserie du pêcheur et Factortame, C‑46/93 et C‑48/93, EU:C:1996:79, point 66, et du 30 septembre 2003, Köbler, C‑224/01, EU:C:2003:513, point 57).

51 Le droit de l’Union s’oppose, par conséquent, à ce que le droit national impose des conditions supplémentaires ou plus strictes que celles mentionnées au point 49 du présent arrêt. Il n’exclut, en revanche, nullement que la responsabilité de l’État pour violation de ce droit puisse être engagée dans des conditions moins restrictives sur le fondement du droit national (voir, en ce sens, arrêts du 5 mars 1996, Brasserie du pêcheur et Factortame, C‑46/93 et C‑48/93, EU:C:1996:79, point 66 ; du 13 mars 2007, Test Claimants in the Thin Cap Group Litigation, C‑524/04, EU:C:2007:161, point 115, ainsi que du 25 novembre 2010, Fuß, C‑429/09, EU:C:2010:717, points 65 et 66).

52 S’agissant, plus particulièrement, de la responsabilité d’un État membre pour des dommages causés par la décision d’une juridiction nationale dont les décisions ne sont pas susceptibles de recours et qui viole une règle du droit de l’Union, il résulte de la jurisprudence de la Cour que cette responsabilité est régie par les trois conditions mentionnées au point 49 du présent arrêt (voir, en ce sens, arrêts du 30 septembre 2003, Köbler, C‑224/01, EU:C:2003:513, point 52, et du 28 juillet 2016, Tomášová, C‑168/15, EU:C:2016:602, point 23).

53 La première question préjudicielle portant spécifiquement sur la première condition d’engagement de la responsabilité d’un État membre pour violation du droit de l’Union, il convient de rappeler, à cet égard, que seule une violation d’une règle du droit de l’Union ayant pour objet de conférer des droits aux particuliers est susceptible d’engager la responsabilité de l’État. Ces droits naissent non seulement lorsqu’une attribution explicite en est faite par des dispositions du droit de l’Union, mais ils peuvent aussi découler d’obligations positives ou négatives que de telles dispositions imposent d’une manière bien définie tant aux particuliers qu’aux États membres ou aux institutions de l’Union. La violation par un État membre de telles obligations positives ou négatives est en effet susceptible d’altérer la situation juridique que ces dispositions visent à créer pour les particuliers concernés, en entravant l’exercice par ces derniers des droits qui leur sont implicitement conférés en vertu des dispositions du droit de l’Union en cause, et qu’ils sont censés pouvoir invoquer devant les juridictions nationales [voir, en ce sens, arrêt du 22 décembre 2022, Ministre de la Transition écologique et Premier ministre (Responsabilité de l’État pour la pollution de l’air), C‑61/21, EU:C:2022:1015, points 45 à 47].

54 En revanche, lorsqu’une disposition du droit de l’Union se limite à poursuivre un objectif général de protection de l’intérêt public, elle ne saurait être regardée comme ayant pour objet de conférer des droits au sens de la jurisprudence rappelée au point 49 du présent arrêt [voir, en ce sens, arrêt du 22 décembre 2022, Ministre de la Transition écologique et Premier ministre (Responsabilité de l’État pour la pollution de l’air), C‑61/21, EU:C:2022:1015, points 55 et 56].

55 Cela étant précisé, il convient de relever que, en l’occurrence, l’article 20, paragraphe 1, du règlement no 1782/2003 dispose que le système d’identification des parcelles agricoles est constitué sur la base de plans et de documents cadastraux ou d’autres références cartographiques. Les techniques utilisées s’appuient sur un système d’information géographique informatisé comprenant de préférence une couverture d’ortho-imagerie aérienne ou spatiale, avec des normes homogènes garantissant une précision au moins équivalente à celle de la cartographie à une échelle de 1:10 000.

56 Le libellé de cet article 20, paragraphe 1, fait clairement ressortir sa dimension institutionnelle en ce sens que cette disposition précise, exclusivement à l’intention des États membres, la façon dont ils doivent concevoir le système d’identification des parcelles agricoles.

57 Une interprétation contextuelle et téléologique dudit article 20, paragraphe 1, confirme que celui-ci n’a pas pour objet de conférer des droits aux particuliers.

58 En premier lieu, il résulte de l’article 18, paragraphe 1, sous b), du règlement no 1782/2003 que le système d’identification des parcelles agricoles fait partie du système intégré que les États membres devaient créer en vertu de l’article 17 de ce règlement.

59 Or, les considérants 11 et 13 dudit règlement font état de la nécessité de renforcer et d’améliorer l’efficacité et la rentabilité des procédures de gestion et de contrôle en adaptant le système antérieur institué par le règlement no 3508/92. Le considérant 14 du règlement no 1782/2003 souligne en particulier que, compte tenu de la complexité du système ainsi que du nombre important de demandes d’aides à traiter, il est indispensable d’utiliser les moyens techniques et les méthodes de gestion et de contrôle appropriés, ce qui implique que chaque État membre doit se doter d’un système d’identification des parcelles agricoles. Dans la même perspective, le considérant 15 de ce règlement insiste sur la nécessité de créer des bases de données informatisées performantes, qui offrent en particulier la possibilité de procéder à des contrôles croisés, afin de permettre le traitement des données recueillies et leur exploitation pour la vérification des demandes d’aides. Enfin, le considérant 16 dudit règlement présente l’identification des parcelles agricoles comme étant un élément clé de l’application correcte d’un régime lié à la superficie et ajoute que l’expérience acquise ayant démontré certaines défaillances dans les méthodes existantes, il y a lieu de prévoir un système d’identification établi, le cas échéant, à l’aide de la technique de télédétection.

60 Ainsi, les considérants mentionnés au point précédent confirment que les éléments du système intégré, dont relève le système d’identification des parcelles agricoles, visent à améliorer l’efficacité des procédures de gestion et de contrôle. En effet, l’identification des parcelles agricoles constitue un élément clé de l’application correcte d’un régime lié à la superficie.

61 Il s’ensuit, ainsi que l’a souligné, en substance, M. l’avocat général aux points 70 et 71 de ses conclusions, que, en tant que composante du système intégré, le système d’identification des parcelles agricoles ne saurait être analysé de façon autonome, sans tenir compte des objectifs plus généraux poursuivis par la mise en place du système intégré que sont, d’une part, l’amélioration de l’efficacité des procédures de gestion et de contrôle et, d’autre part, la protection des intérêts financiers de l’Union.

62 Ces deux objectifs sont également mentionnés dans les considérants 13 et 55 du règlement no 796/2004, au même titre que la lutte contre les irrégularités et les fraudes.

63 Dans cette dernière perspective, le système d’identification des parcelles agricoles régi par l’article 20 du règlement no 1782/2003 contribue à faciliter la mission de procéder au contrôle administratif des demandes d’aides que l’article 23, paragraphe 1, du règlement no 1782/2003 impartit aux États membres, notamment en vérifiant la superficie admissible au bénéfice de l’aide et les droits au paiement correspondants. Ces contrôles administratifs ont pour objet, ainsi que le précise l’article 24, paragraphe 1, sous c), du règlement no 796/2004, de permettre la détection d’irrégularités, en particulier la détection automatisée par voie informatique, y compris les contrôles croisés effectués entre les parcelles agricoles déclarées dans la demande unique et les parcelles de référence figurant dans le système d’identification des parcelles agricoles afin de vérifier l’éligibilité à l’aide pour les surfaces en tant que telles.

64 Ainsi que la Commission l’a soutenu lors de l’audience, en imposant un niveau de précision minimal pour les cartes utilisées dans le système d’identification des parcelles agricoles, l’article 20, paragraphe 1, du règlement no 1782/2003 vise donc non pas à créer des droits en faveur des agriculteurs demandeurs d’aides, mais à améliorer l’efficacité des contrôles en veillant à ce que les autorités nationales compétentes puissent vérifier la conformité des demandes d’aides aux exigences du droit de l’Union.

65 Il s’ensuit que la finalité d’une gestion et d’un contrôle efficaces des paiements directs est la protection des intérêts financiers de l’Union, de sorte que l’utilisation de cartes insuffisamment précises est susceptible de nuire à l’efficacité du contrôle, créant ainsi le risque que les États membres ne détectent pas les paiements indus.

66 En second lieu, aucun élément ne permet de considérer que l’article 20, paragraphe 1, du règlement no 1782/2003 revêtirait une double nature en ce sens que, au-delà de sa dimension institutionnelle visant à la protection des intérêts financiers de l’Union, il aurait également pour objet de conférer des droits aux particuliers.

67 En effet, cette disposition ne consacre aucun droit d’accès aux informations contenues dans le système d’identification des parcelles agricoles en faveur des agriculteurs sollicitant une aide.

68 Certes, l’article 19, paragraphe 1, second alinéa, et l’article 21, paragraphe 2, du règlement no 1782/2003, qui se rapportent respectivement à la base de données informatisée et au système d’identification et d’enregistrement des droits au paiement, prévoient la consultation directe et immédiate, auprès de l’autorité compétente de l’État membre, des données relatives, d’une part, aux années civiles et/ou aux campagnes de commercialisation à partir de l’année 2000 et, d’autre part, au moins aux trois dernières années civiles et/ou campagnes consécutives.

69 Cependant, comme le gouvernement roumain et la Commission l’ont souligné lors de l’audience, ce droit d’accès aux documents détenus par l’autorité nationale compétente ne porte que sur les données provenant des demandes d’aides, ainsi que l’indique expressément l’article 19, paragraphe 1, premier alinéa, de ce règlement. Ledit droit d’accès ne porte donc pas sur les données du système d’identification des parcelles agricoles elles-mêmes.

70 En tout état de cause, et ainsi que la Commission l’a fait valoir lors de l’audience, les documents cartographiques mentionnés à l’article 20 du règlement no 1782/2003 ne sont pas conservés dans la base de données prévue à l’article 19 de ce règlement. En outre, à la différence du système de conseil agricole, visé aux articles 13 à 16 de ce règlement, le système intégré fonctionne non pas comme un instrument d’appui et de soutien pour les agriculteurs, mais bien, comme son nom l’indique, comme un instrument de contrôle.

71 Eu égard aux considérations qui précèdent, il convient de répondre à la première question que l’article 20, paragraphe 1, du règlement no 1782/2003 doit être interprété en ce sens qu’il ne constitue pas une règle du droit de l’Union ayant pour objet de conférer des droits aux particuliers dont la violation peut être utilement invoquée au soutien d’un recours tendant à engager la responsabilité extracontractuelle d’un État membre.

Sur la deuxième question

72 Par sa deuxième question, la juridiction de renvoi demande, en substance, si l’article 68, paragraphe 1, du règlement no 796/2004, lu en combinaison avec l’article 12 de ce règlement, doit être interprété en ce sens que la notion de « données factuelles correctes », au sens de cet article 68, paragraphe 1, vise tant la déclaration correcte des surfaces par l’agriculteur que l’identification correcte par celui-ci de la parcelle exploitée et de ses limites.

73 Selon l’article 68, paragraphe 1, du règlement no 796/2004, des mesures de réduction et d’exclusion du bénéfice des paiements ne s’appliquent pas lorsque l’agriculteur a soumis des données factuelles correctes ou lorsqu’il peut démontrer par tout autre moyen qu’il n’est pas en faute.

74 L’article 12, paragraphe 1, sous d), de ce règlement, qui précise le contenu de la demande unique et qui éclaire, par conséquent, la portée de cet article 68, paragraphe 1, dispose que la demande unique contient toutes les informations nécessaires pour décider de l’éligibilité à l’aide, en particulier, les éléments permettant l’identification de toutes les parcelles agricoles de l’exploitation, leur superficie exprimée en hectares avec deux décimales, ainsi que leur localisation.

75 Il résulte ainsi d’une lecture conjointe de ces deux dispositions que la notion de « données factuelles correctes », au sens dudit article 68, paragraphe 1, doit être entendue comme visant tant la déclaration correcte des surfaces par l’agriculteur que l’identification correcte par celui-ci de la parcelle exploitée et de ses limites.

76 Cependant, conformément à l’article 68, paragraphe 1, du règlement no 796/2004, un agriculteur qui a transmis des informations incorrectes à l’autorité nationale compétente peut échapper à une réduction ou à une exclusion du bénéfice des paiements s’il démontre que l’erreur relevée par cette autorité ne lui est pas imputable.

77 Cela étant, ainsi que l’a relevé M. l’avocat général au point 86 de ses conclusions, en l’occurrence, d’une part, il ressort de la décision de renvoi que, dans ses déclarations, BX a omis d’indiquer un élément de fait qui, pourtant, apparaît essentiel, à savoir la superficie correcte, alors qu’il aurait dû et pu prévoir que certaines des superficies déclarées étaient utilisées par leur propriétaire ou par d’autres personnes, d’autant que la surdéclaration en cause au principal portait sur une différence excédant 80 hectares. Or, une telle différence ne peut raisonnablement avoir échappé à l’attention du requérant au principal, qui, en tant qu’agriculteur exploitant des parcelles agricoles, est tenu d’en assurer la gestion dans le cadre de son activité professionnelle. D’autre part, si BX invoque des erreurs contenues dans les cartes topographiques qui lui avaient été fournies par l’APIA Argeș, il ressort des éléments portés à la connaissance de la Cour que tant la déclaration initiale que la déclaration de modification de la superficie ont été réalisées sur la base des mêmes cartes de l’APIA Argeș. C’est néanmoins à la juridiction de renvoi qu’il incombe de procéder aux vérifications nécessaires en vue de statuer dans le litige au principal.

78 Eu égard aux considérations qui précèdent, il convient de répondre à la deuxième question que l’article 68, paragraphe 1, du règlement no 796/2004, lu en combinaison avec l’article 12 de ce règlement, doit être interprété en ce sens que la notion de « données factuelles correctes », au sens de cet article 68, paragraphe 1, vise tant la déclaration correcte des surfaces par l’agriculteur que l’identification correcte par celui-ci de la parcelle exploitée et de ses limites.

Sur la troisième question

79 Par sa troisième question, la juridiction de renvoi demande, en substance, si l’article 267, troisième alinéa, TFUE doit être interprété en ce sens que le fait que, à un stade antérieur du litige au principal, une juridiction nationale statuant en dernier ressort n’a pas saisi la Cour d’une question préjudicielle portant sur l’interprétation de l’article 68, paragraphe 1, du règlement no 796/2004 constitue une violation du droit de l’Union de nature à engager la responsabilité de l’État roumain.

80 Dans le contexte de la présente affaire et selon les explications fournies par BX lors de l’audience en réponse à une interrogation de la Cour, cette question vise plus précisément à déterminer si, par son ordonnance du 2 avril 2012, la juridiction de renvoi a violé de manière manifeste le droit de l’Union et ainsi engagé la responsabilité de l’État roumain, en ne saisissant pas la Cour à titre préjudiciel de l’interprétation de l’article 68, paragraphe 1, du règlement no 796/2004 et en ne motivant pas ce refus.

81 Ainsi qu’il a été rappelé au point 48 du présent arrêt, le principe de la responsabilité de l’État pour des dommages causés aux particuliers par des violations du droit de l’Union qui lui sont imputables est également applicable lorsque la violation en cause découle d’une décision d’une juridiction nationale statuant en dernier ressort. En effet, la Cour a déjà constaté que le pouvoir judiciaire joue un rôle essentiel dans la protection des droits que les particuliers tirent des règles de droit de l’Union et qu’une juridiction statuant en dernier ressort constitue, par définition, la dernière instance devant laquelle ceux-ci peuvent faire valoir les droits que leur confèrent ces règles. La Cour en a déduit que la pleine efficacité des règles de droit de l’Union serait remise en cause et la protection de ces droits affaiblie s’il était exclu que les particuliers puissent, sous certaines conditions, obtenir réparation des préjudices qui leur sont causés par une violation du droit de l’Union imputable à une décision d’une juridiction nationale statuant en dernier ressort (voir, en ce sens, arrêts du 30 septembre 2003, Köbler, C‑224/01, EU:C:2003:513, points 32 à 36 et 59 ; du 13 juin 2006, Traghetti del Mediterraneo, C‑173/03, EU:C:2006:391, point 31, et du 28 juillet 2016, Tomášová, C‑168/15, EU:C:2016:602, point 20).

82 En ce qui concerne plus particulièrement la deuxième condition d’engagement de la responsabilité d’un État membre pour violation du droit de l’Union, à savoir l’exigence d’une violation suffisamment caractérisée du droit de l’Union, il y a lieu de tenir compte de la spécificité de la fonction juridictionnelle ainsi que des exigences légitimes de sécurité juridique. Ainsi, la responsabilité d’un État membre du fait d’une telle violation par une décision d’une juridiction nationale dont les décisions ne sont pas susceptibles de recours ne saurait être engagée que dans le cas exceptionnel où le juge a méconnu de manière manifeste le droit applicable (arrêt du 30 septembre 2003, Köbler, C‑224/01, EU:C:2003:513, point 53).

83 Afin de déterminer si cette condition est remplie, le juge national saisi d’une demande en réparation doit tenir compte de tous les éléments qui caractérisent la situation qui lui est soumise, notamment, le degré de clarté et de précision de la règle violée, l’étendue de la marge d’appréciation que la règle enfreinte laisse aux autorités nationales ou de l’Union, le caractère intentionnel ou involontaire du manquement commis ou du préjudice causé, le caractère excusable ou inexcusable d’une éventuelle erreur de droit, la circonstance que les attitudes prises par une institution de l’Union ont pu contribuer à l’omission, à l’adoption ou au maintien de mesures ou de pratiques nationales contraires au droit de l’Union, ainsi que de l’inexécution, par la juridiction en cause, de son obligation de renvoi préjudiciel en vertu de l’article 267, troisième alinéa, TFUE. En tout état de cause, une violation du droit de l’Union est suffisamment caractérisée lorsque la décision concernée est intervenue en méconnaissance manifeste de la jurisprudence de la Cour en la matière (voir, en ce sens, arrêts du 30 septembre 2003, Köbler, C‑224/01, EU:C:2003:513, points 54 à 56, ainsi que du 28 juillet 2016, Tomášová, C‑168/15, EU:C:2016:602, points 25 et 26).

84 Il convient toutefois de préciser que l’ensemble des critères mentionnés au point précédent ne doivent pas nécessairement être satisfaits pour que la responsabilité d’un État membre puisse être engagée.

85 En ce qui concerne l’inexécution, par une juridiction nationale dont les décisions ne sont pas susceptibles de recours, de son obligation de renvoi préjudiciel, celle-ci constitue un élément dont l’importance varie en fonction des circonstances propres de l’espèce.

86 En effet, bien que la violation de cette obligation puisse être de nature à concourir à la constatation qu’une violation du droit de l’Union commise par une telle juridiction présente un caractère manifeste, elle ne saurait, à elle seule, suffire pour constater une violation suffisamment caractérisée d’une règle du droit de l’Union ayant pour objet de conférer des droits aux particuliers, et, partant, pour engager la responsabilité d’un État membre.

87 Ladite obligation s’inscrit dans le cadre de la coopération juridictionnelle instituée entre la Cour et les juridictions des États membres, au moyen d’un dialogue de juge à juge, en vue de garantir, d’une part, la cohérence, le plein effet et le caractère propre du droit de l’Union ainsi que l’autonomie du système juridique de l’Union dont la Cour assure le respect et, d’autre part, la bonne application et l’interprétation uniforme du droit de l’Union. Cette coopération permet, notamment, d’éviter que s’établisse, dans un État membre, une jurisprudence nationale ne concordant pas avec les règles du droit de l’Union (voir, en ce sens, arrêts du 1er décembre 1965, Schwarze, 16/65, EU:C:1965:117, p. 1094 ; du 24 mai 1977, Hoffmann-La Roche, 107/76, EU:C:1977:89, point 5 ; du 15 octobre 2024, KUBERA, C‑144/23, EU:C:2024:881, points 33 et 35, ainsi que du 24 mars 2026, Remling, C‑767/23, EU:C:2026:243, points 19 et 21, ainsi que jurisprudence citée). Elle implique ainsi une responsabilité commune des juridictions nationales, notamment celles dont des décisions ne sont pas susceptibles de recours, et de la Cour pour assurer l’interprétation uniforme et cohérente du droit de l’Union.

88 Il convient également de rappeler que le système de coopération directe entre la Cour et les juridictions nationales, instauré par l’article 267 TFUE, ne constitue pas une voie de recours ouverte aux parties à un litige pendant devant un juge national. Ainsi, il ne suffit pas qu’une partie soutienne que le litige pose une question d’interprétation du droit de l’Union pour que la juridiction concernée soit tenue de considérer qu’une telle question est soulevée au sens de l’article 267 TFUE (voir, en ce sens, arrêt du 6 octobre 2021, Consorzio Italian Management et Catania Multiservizi, C‑561/19, EU:C:2021:799, points 53 et 54 ainsi que jurisprudence citée).

89 Il s’ensuit que, pour que soit constatée une violation suffisamment caractérisée du droit de l’Union engageant la responsabilité d’un État membre, la violation de l’obligation de renvoi préjudiciel, énoncée à l’article 267, troisième alinéa, TFUE, doit s’accompagner de la méconnaissance d’une autre règle du droit de l’Union conférant des droits aux particuliers.

90 En l’occurrence, il ressort de la réponse aux première et deuxième questions préjudicielles que, d’une part, l’article 20, paragraphe 1, du règlement no 1782/2003 n’a pas pour objet de conférer des droits aux particuliers et, d’autre part, un agriculteur ne saurait invoquer utilement l’article 68, paragraphe 1, du règlement no 796/2004 dans des circonstances telles que celle du litige au principal. Dès lors, à supposer même que la Curtea de Apel Bucureşti (cour d’appel de Bucarest) ait méconnu son obligation de renvoi préjudiciel au titre de l’article 267, troisième alinéa, TFUE, une telle violation ne saurait, en tout état de cause, contribuer à établir, sur le fondement du droit de l’Union, la responsabilité de l’État roumain pour les préjudices matériel et moral que le requérant au principal allègue avoir subis du fait de la décision de cette juridiction du 9 avril 2012.

91 Eu égard aux considérations qui précèdent, il convient de répondre à la troisième question que l’article 267, troisième alinéa, TFUE doit être interprété en ce sens que le fait que, à un stade antérieur du litige au principal, une juridiction nationale statuant en dernier ressort n’a pas saisi la Cour d’une question préjudicielle portant sur l’interprétation de l’article 68, paragraphe 1, du règlement no 796/2004 ne saurait constituer une violation du droit de l’Union susceptible d’engager la responsabilité de l’État membre concerné.

Sur les dépens

92 La procédure revêtant, à l’égard des parties au principal, le caractère d’un incident soulevé devant la juridiction de renvoi, il appartient à celle-ci de statuer sur les dépens. Les frais exposés pour soumettre des observations à la Cour, autres que ceux desdites parties, ne peuvent faire l’objet d’un remboursement.

Par ces motifs, la Cour (grande chambre) dit pour droit :

1) L’article 20, paragraphe 1, du règlement (CE) no 1782/2003 du Conseil, du 29 septembre 2003, établissant des règles communes pour les régimes de soutien direct dans le cadre de la politique agricole commune et établissant certains régimes de soutien en faveur des agriculteurs et modifiant les règlements (CEE) no 2019/93, (CE) no 1452/2001, (CE) no 1453/2001, (CE) no 1454/2001, (CE) no 1868/94, (CE) no 1251/1999, (CE) no 1254/1999, (CE) no 1673/2000, (CEE) no 2358/71 et (CE) no 2529/2001, tel que modifié par le règlement (CE) no 1009/2008 du Conseil, du 9 octobre 2008,

doit être interprété en ce sens que :

il ne constitue pas une règle du droit de l’Union ayant pour objet de conférer des droits aux particuliers dont la violation peut être utilement invoquée au soutien d’un recours tendant à engager la responsabilité extracontractuelle d’un État membre.

2) L’article 68, paragraphe 1, du règlement (CE) no 796/2004 de la Commission, du 21 avril 2004, portant modalités d’application de la conditionnalité, de la modulation et du système intégré de gestion et de contrôle prévus par le règlement (CE) no 1782/2003 du Conseil du 29 septembre 2003 établissant des règles communes pour les régimes de soutien direct dans le cadre de la politique agricole commune et établissant certains régimes de soutien en faveur des agriculteurs, tel que modifié par le règlement (CE) no 381/2007 de la Commission, du 4 avril 2007, lu en combinaison avec l’article 12 du règlement no 796/2004,

doit être interprété en ce sens que :

la notion de « données factuelles correctes », au sens de cet article 68, paragraphe 1, vise tant la déclaration correcte des surfaces par l’agriculteur que l’identification correcte par celui-ci de la parcelle exploitée et de ses limites.

3) L’article 267, troisième alinéa, TFUE doit être interprété en ce sens que le fait que, à un stade antérieur du litige au principal, une juridiction nationale statuant en dernier ressort n’a pas saisi la Cour d’une question préjudicielle portant sur l’interprétation de l’article 68, paragraphe 1, du règlement no 796/2004 ne saurait constituer une violation du droit de l’Union susceptible d’engager la responsabilité de l’État membre concerné.

Signatures


* Langue de procédure : le roumain.

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