| CELEX | 62024CJ0789 |
| Type | Jurisprudence CJUE |
| Date | jeudi 16 juillet 2026 |
ARRÊT DE LA COUR (cinquième chambre)
16 juillet 2026 (*)
« Pourvoi – Responsabilité non contractuelle – Réglementation financière de l’Union – Exécution du budget de l’Union européenne en gestion indirecte par une organisation internationale – Décision refusant à une entité la reconnaissance du statut d’organisation internationale – Préjudice matériel – Perte de chance de conclure avec la Commission européenne des conventions de délégation selon le mode de la gestion indirecte en qualité d’organisation internationale et de percevoir une contribution visant à couvrir les frais administratifs induits – Lien de causalité – Réalité et étendue du préjudice »
Dans l’affaire C‑789/24 P,
ayant pour objet un pourvoi au titre de l’article 56 du statut de la Cour de justice de l’Union européenne, introduit le 14 novembre 2024,
International Management Group (IMG), établi à Bruxelles (Belgique), représenté par Mes J.-Y. de Cara et L. Levi, avocats,
partie requérante,
l’autre partie à la procédure étant :
Commission européenne, représentée par M. J. Baquero Cruz et Mme L. Puccio, en qualité d’agents,
partie défenderesse en première instance,
LA COUR (cinquième chambre),
composée de Mme M. L. Arastey Sahún, présidente de chambre, MM. J. Passer, E. Regan, D. Gratsias (rapporteur) et B. Smulders, juges,
avocat général : M. J. Richard de la Tour,
greffier : M. A. Calot Escobar,
vu la procédure écrite,
vu la décision prise, l’avocat général entendu, de juger l’affaire sans conclusions,
rend le présent
Arrêt
1 Par son pourvoi, International Management Group (IMG) demande l’annulation de l’arrêt du Tribunal de l’Union européenne du 4 septembre 2024, IMG/Commission (T‑381/15 RENV II, ci‑après l’« arrêt attaqué », EU:T:2024:589), par lequel celui-ci a rejeté son recours tendant à la réparation du préjudice matériel qu’il aurait subi du fait de la décision de la Commission européenne du 8 mai 2015 de ne plus conclure avec lui de nouvelles conventions de délégation selon le mode de la gestion indirecte prévu par la réglementation financière de l’Union au bénéfice des organisations internationales jusqu’à ce que son statut juridique soit définitivement clarifié (ci‑après la « décision du 8 mai 2015 »).
Le cadre juridique
Le règlement financier de 2002
2 Le règlement (CE, Euratom) no 1605/2002 du Conseil, du 25 juin 2002, portant règlement financier applicable au budget général des Communautés européennes (JO 2002, L 248, p. 1), tel que modifié par le règlement (CE, Euratom) no 1995/2006 du Conseil, du 13 décembre 2006 (JO 2006, L 390, p. 1) (ci-après le « règlement financier de 2002 »), a été abrogé, avec effet au 1er janvier 2013, par le règlement (UE, Euratom) no 966/2012 du Parlement européen et du Conseil, du 25 octobre 2012, relatif aux règles financières applicables au budget général de l’Union et abrogeant le règlement (CE, Euratom) no 1605/2002 du Conseil (JO 2012, L 298, p. 1) (ci‑après le « règlement financier de 2012 »). Toutefois, l’article 212, sous a), du règlement financier de 2012 a prévu, notamment, que les articles 53 et 53 quinquies du règlement financier de 2002 restaient applicables à tous les engagements contractés jusqu’au 31 décembre 2013.
3 L’article 53 du règlement financier de 2002 prévoyait :
« La Commission exécute le budget conformément aux dispositions des articles 53 bis à 53 quinquies :
a) de manière centralisée ;
b) en gestion partagée ou décentralisée, ou
c) en gestion conjointe avec des organisations internationales. »
4 L’article 53 quinquies de ce règlement énonçait :
« 1. Lorsque la Commission exécute le budget en gestion conjointe, certaines tâches d’exécution sont déléguées à des organisations internationales [...]
[...]
2. Les conventions individuelles conclues avec les organisations internationales en vue de l’octroi du financement contiennent des dispositions détaillées concernant l’exécution des tâches confiées à ces organisations internationales.
[...] »
Le règlement (CE, Euratom) no 2342/2002
5 Le règlement (CE, Euratom) no 2342/2002 de la Commission, du 23 décembre 2002, établissant les modalités d’exécution du règlement (CE, Euratom) no 1605/2002 du Conseil portant règlement financier applicable au budget général des Communautés européennes (JO 2002, L 357, p. 1), tel que modifié par le règlement (CE, Euratom) no 478/2007 de la Commission, du 23 avril 2007 (JO 2007, L 111, p. 13), a été abrogé, avec effet au 1er janvier 2013, par le règlement délégué (UE) no 1268/2012 de la Commission, du 29 octobre 2012, relatif aux règles d’application du règlement (UE, Euratom) no 966/2012 du Parlement européen et du Conseil relatif aux règles financières applicables au budget général de l’Union (JO 2012, L 362, p. 1) (ci-après le « règlement financier délégué de 2012 »).
6 L’article 43 du règlement (CE, Euratom) no 2342/2002, tel que modifié par le règlement (CE, Euratom) no 478/2007, intitulé « Gestion conjointe », disposait, à son paragraphe 2 :
« Les organisations internationales visées à l’article 53 quinquies du règlement [financier de 2002] sont :
a) les organisations de droit international public créées par des accords intergouvernementaux ainsi que les agences spécialisées créées par celles-ci ;
[...] »
Le règlement financier de 2012
7 Le règlement financier de 2012 est entré en vigueur le 27 octobre 2012, conformément au premier alinéa de son article 214. Il était applicable à compter du 1er janvier 2013 en vertu du deuxième alinéa de cet article, sans préjudice des dates d’application spécifiques prévues à ce même alinéa pour certaines dispositions de ce règlement.
8 Parmi ces dispositions figurait l’article 58 de ce règlement, intitulé « Modes d’exécution du budget », lequel n’était applicable qu’aux engagements contractés à partir du 1er janvier 2014. Le paragraphe 1 de cet article était libellé comme suit :
« La Commission exécute le budget :
a) de manière directe (“gestion directe”) dans ses services [...] ;
b) en gestion partagée avec les États membres (“gestion partagée”) ; ou
c) de manière indirecte (“gestion indirecte”), [...] en confiant des tâches d’exécution budgétaire :
[...]
ii) à des organisations internationales et à leurs agences ;
[...] »
Le règlement financier délégué de 2012
9 L’article 43 du règlement financier délégué de 2012, intitulé « Dispositions spécifiques en matière de gestion indirecte avec des organisations internationales », énonçait, à son paragraphe 1 :
« Les organisations internationales visées à l’article 58, paragraphe 1, point c) ii), du règlement [financier de 2012] sont :
a) les organisations de droit international public créées par des accords intergouvernementaux ainsi que les agences spécialisées créées par celles-ci ;
[...] »
Les antécédents du litige
Les antécédents administratifs
10 Les antécédents administratifs du litige, tels qu’exposés aux points 2 à 7 de l’arrêt attaqué, peuvent être résumés comme suit.
11 Le requérant, IMG, qui était initialement dénommé International Management Group – Infrastructure for Bosnia and Herzegovina (IMG-IBH), a été créé le 25 novembre 1994 dans le but de permettre aux États et aux organisations internationales participant à la reconstruction de la Bosnie-Herzégovine de disposer à cette fin d’une entité dédiée. Depuis lors, il a progressivement étendu ses activités dans les domaines de la reconstruction et du développement.
12 Le 7 novembre 2013, la Commission a adopté la décision d’exécution C(2013) 7682 final, relative au programme d’action annuel pour 2013 en faveur du Myanmar/de la Birmanie à financer sur le budget général de l’Union européenne. Cette décision prévoyait, notamment, un programme de développement du commerce dont le coût, estimé à 10 millions d’euros, devait être financé par l’Union et dont la mise en œuvre devait être assurée en gestion conjointe avec le requérant.
13 Le 17 février 2014, l’Office européen de lutte antifraude (OLAF) a informé la Commission de l’ouverture d’une enquête sur le statut du requérant. Le 15 décembre 2014, la Commission a reçu le rapport établi par l’OLAF au terme de son enquête, dans lequel cet office a considéré, en substance, que le requérant n’était pas une organisation internationale, au sens du règlement financier de 2002 et du règlement financier de 2012.
14 Le 16 décembre 2014, la Commission a décidé de confier la mise en œuvre, selon le mode de la gestion indirecte, du programme de développement du commerce prévu par la décision d’exécution C(2013) 7682 final, mentionnée au point 12 du présent arrêt, à une organisation autre que le requérant (ci-après la « décision du 16 décembre 2014 »).
15 Enfin, la Commission a adopté la décision du 8 mai 2015 par laquelle elle a décidé que, jusqu’à ce qu’il y ait une certitude absolue quant au statut d’organisation internationale du requérant, ses services ne concluraient plus avec lui de nouvelles conventions de délégation selon le mode de la gestion indirecte prévu par le règlement financier de 2012.
Les antécédents judiciaires
16 Les antécédents judiciaires du litige, qui sont exposés aux points 8 à 12 de l’arrêt attaqué, peuvent être résumés comme suit.
17 Par une première requête déposée au greffe du Tribunal le 21 janvier 2015 et enregistrée sous le numéro d’affaire T‑29/15, puis par une seconde requête déposée à ce même greffe le 14 juillet 2015 et enregistrée sous le numéro d’affaire T‑381/15, le requérant a introduit deux recours tendant, le premier, à l’annulation de la décision du 16 décembre 2014 et, le second, à l’annulation de la décision du 8 mai 2015 ainsi qu’à la réparation du préjudice qui lui aurait été causé par celle-ci.
18 Ces recours ont été rejetés par les arrêts du 2 février 2017, International Management Group/Commission (T‑29/15, EU:T:2017:56), et du 2 février 2017, IMG/Commission (T‑381/15, EU:T:2017:57). Par deux pourvois introduits le 11 avril 2017 et enregistrés, respectivement, sous les numéros d’affaire C‑183/17 P et C‑184/17 P, le requérant a demandé l’annulation de ces deux arrêts.
19 Par l’arrêt du 31 janvier 2019, International Management Group/Commission (C‑183/17 P et C‑184/17 P, ci‑après l’« arrêt du 31 janvier 2019 », EU:C:2019:78), la Cour a annulé les arrêts du Tribunal mentionnés au point précédent, a statué elle‑même sur les recours tendant à l’annulation des décisions des 16 décembre 2014 et 8 mai 2015, a annulé ces décisions et a renvoyé l’affaire T‑381/15 devant le Tribunal pour que celui‑ci statue sur le recours dans cette affaire, pour autant qu’il tendait à la réparation du préjudice prétendument subi par le requérant du fait de l’adoption de la décision du 8 mai 2015.
20 Par requête déposée au greffe de la Cour le 10 janvier 2020, le requérant a demandé à la Cour d’interpréter les points 1 à 3 du dispositif de l’arrêt du 31 janvier 2019. Par l’ordonnance du 9 juin 2020, International Management Group/Commission (C‑183/17 P‑INT, EU:C:2020:507), la Cour a rejeté cette demande en interprétation comme étant manifestement irrecevable.
Les suites administratives de l’arrêt du 31 janvier 2019
21 Les suites administratives de l’arrêt du 31 janvier 2019, telles qu’exposées aux points 13 à 19 de l’arrêt attaqué, peuvent être résumées de la manière suivante.
22 Par lettre du 6 mai 2019, la Commission a invité le requérant, dans le cadre de l’exécution de l’arrêt du 31 janvier 2019, à produire certains documents pour démontrer qu’il remplissait les conditions requises pour conclure des conventions de délégation avec la Commission selon le mode de la gestion indirecte. Par lettre du 25 juin 2019, celui‑ci a, en substance, demandé à la Commission de cesser de contester son statut d’organisation internationale.
23 Par lettre du 18 juillet 2019, la Commission a soutenu que l’exécution de l’arrêt du 31 janvier 2019 exigeait non pas la reconnaissance automatique du requérant en tant qu’organisation internationale, mais la réévaluation de son statut juridique à la lumière des informations disponibles et des règles financières applicables.
24 Après avoir recueilli des informations auprès de certains États et demandé au requérant de présenter ses observations, ce que celui‑ci a fait les 5 et 30 mars 2021, la Commission a adopté, le 8 juin 2021, une décision refusant de reconnaître au requérant, avec effet rétroactif au 16 décembre 2014, le statut d’organisation internationale prévu par la réglementation financière de l’Union pour la mise en œuvre des fonds de l’Union selon le mode de la gestion indirecte (ci-après la « décision du 8 juin 2021 »).
Les suites judiciaires de l’arrêt du 31 janvier 2019
25 Les suites judiciaires de l’arrêt du 31 janvier 2019, exposées aux points 20 à 24 de l’arrêt attaqué, peuvent être résumées de la manière suivante.
26 Par une requête déposée au greffe du Tribunal le 26 septembre 2019 et enregistrée sous le numéro d’affaire T‑645/19, le requérant a introduit un recours tendant à l’annulation de la lettre de la Commission, du 18 juillet 2019, mentionnée au point 23 du présent arrêt, ainsi qu’à la réparation du préjudice prétendument subi du fait de cette lettre. Ce recours a été rejeté comme étant irrecevable par l’ordonnance du 9 septembre 2020, IMG/Commission (T‑645/19, EU:T:2020:388). En outre, par l’arrêt du 9 septembre 2020, IMG/Commission (T‑381/15 RENV, EU:T:2020:406), le Tribunal a rejeté la demande du requérant tendant à la réparation des préjudices prétendument causés par la décision du 8 mai 2015.
27 Le 19 novembre 2020, le requérant a formé deux pourvois, enregistrés sous les numéros d’affaire C‑619/20 P et C‑620/20 P, tendant à l’annulation, respectivement, de l’ordonnance et de l’arrêt du Tribunal mentionnés au point précédent.
28 Par l’arrêt du 22 septembre 2022, IMG/Commission (C‑619/20 P et C‑620/20 P, ci‑après l’« arrêt du 22 septembre 2022 », EU:C:2022:722), la Cour a rejeté le pourvoi dans l’affaire C‑619/20 P, a annulé partiellement l’arrêt du 9 septembre 2020, IMG/Commission (T‑381/15 RENV, EU:T:2020:406), et a renvoyé l’affaire T‑381/15 RENV devant le Tribunal pour qu’il statue sur la demande du requérant tendant à la réparation du préjudice matériel prétendument causé par la décision du 8 mai 2015.
L’arrêt attaqué
29 Au point 43 de l’arrêt attaqué, le Tribunal a constaté, sur la base des motifs exposés, d’une part, aux points 27 et 28 et, d’autre part, aux points 40 à 42 de cet arrêt qui se réfèrent aux points 189 à 194 de l’arrêt du 22 septembre 2022, que, en adoptant la décision du 8 mai 2015, la Commission avait méconnu l’obligation de diligence qui pesait sur elle et, ce faisant, avait commis une violation suffisamment caractérisée du droit de l’Union de nature à engager sa responsabilité.
30 En outre, au point 55 de l’arrêt attaqué, le Tribunal a affirmé, sur la base des motifs exposés aux points 44 à 54 de cet arrêt, qu’il n’était pas contestable que, depuis l’adoption de la décision du 8 mai 2015 et l’absence de conclusion de conventions de délégation selon le mode de la gestion indirecte entre la Commission et le requérant, celui-ci a vu son volume d’activité diminuer substantiellement, ce qui avait aggravé sa situation financière.
31 Cependant, pour les motifs exposés aux points 58 à 83 de l’arrêt attaqué, le Tribunal a estimé que la violation de l’obligation de diligence entachant la décision du 8 mai 2015 ne saurait être regardée comme étant la cause directe et certaine du préjudice matériel invoqué par le requérant, dès lors que le constat d’illégalité de cette décision n’emportait aucune obligation pour la Commission de reconnaître au requérant le statut d’organisation internationale et, partant, il a rejeté, au point 84 de cet arrêt, les conclusions indemnitaires du requérant comme étant non fondées.
Les conclusions des parties
32 Le requérant demande à la Cour :
– d’annuler l’arrêt attaqué ;
– de condamner la Commission à la réparation du préjudice matériel qu’il a subi, et
– de condamner la Commission à l’entièreté des dépens.
33 La Commission demande à la Cour de rejeter le pourvoi et de condamner le requérant aux dépens.
Sur le pourvoi
34 À l’appui de son pourvoi, le requérant invoque un moyen unique, tiré de la méconnaissance des notions de « perte de chance », de « lien de causalité » et de « préjudice » ainsi que de ce que le Tribunal a jugé ultra petita.
Argumentation des parties
35 Le requérant fait valoir que le Tribunal a méconnu les notions de « perte de chance », de « lien de causalité » et de « préjudice » et a confondu ces notions en jugeant, en substance, que l’absence d’obligation dans le chef de la Commission de lui reconnaître le statut d’organisation internationale faisait obstacle à l’existence d’un lien de causalité entre la violation, par la Commission, de l’obligation de diligence qui pèse sur elle et le préjudice qu’il a subi.
36 Selon le requérant, sa demande indemnitaire ne devait pas être examinée à l’aune d’une appréciation de son statut à une date postérieure à la décision du 8 mai 2015. Elle devrait porter sur le préjudice qu’il aurait subi du fait de l’adoption de la décision du 8 mai 2015, dont l’illégalité ne saurait être remise en cause. Les mesures susceptibles d’être prises par la Commission en exécution de l’arrêt du 31 janvier 2019 ne seraient pas un élément utile dans le cadre de l’appréciation du préjudice subi par le requérant, consistant en la perte d’une chance de conclure avec la Commission de nouvelles conventions de délégation.
37 Partant, le requérant considère que l’application rétroactive des mesures prises par la Commission en exécution de l’arrêt du 31 janvier 2019 n’était pas justifiée. Par ailleurs, l’adoption de la décision du 8 juin 2021 serait sans effet sur l’appréciation du caractère définitif de la perte de chance de percevoir une contribution visant à couvrir les coûts administratifs induits par la conclusion de conventions de délégation avec la Commission.
38 Le requérant ajoute que la décision du 8 juin 2021 est illégale, que l’arrêt du 4 septembre 2024, IMG/Commission (T‑509/21, EU:T:2024:590), qui a rejeté son recours contre cette décision, est entaché d’erreurs de droit et qu’il a introduit un pourvoi contre cet arrêt. Selon lui, en se limitant à se référer, dans l’arrêt attaqué, audit arrêt pour justifier sa conclusion selon laquelle le préjudice allégué ne serait ni réel ni certain, le Tribunal a méconnu la notion de « préjudice » et s’est fondé sur un arrêt qui n’est pas définitif et qui n’est pas revêtu de l’autorité de la chose jugée. Il serait, en effet, manifestement erroné de considérer, comme l’a fait le Tribunal au point 68 de l’arrêt attaqué, que le requérant ne disposait pas de la moindre chance de poursuivre l’exécution du budget de l’Union selon le mode de la gestion indirecte. Le requérant estime, dès lors, que, le Tribunal a commis une erreur de droit en jugeant, au point 69 de l’arrêt attaqué, que la demande indemnitaire du requérant ne pouvait prospérer.
39 Par ailleurs, en rejetant les arguments du requérant examinés aux points 70 à 83 de de l’arrêt attaqué, le Tribunal aurait également commis une erreur de droit.
40 La Commission fait observer, à titre liminaire, que le présent pourvoi se présente plutôt comme étant « spéculatif » ou « conservatoire », en attendant l’issue du pourvoi dans l’affaire C‑790/24 P. Selon la Commission, si le pourvoi dans cette dernière affaire est rejeté, le pourvoi dans la présente affaire doit l’être tout autant. Elle ajoute que, « [e]n l’état actuel », le présent pourvoi doit être rejeté comme étant manifestement non fondé. Par ailleurs, la Commission estime que le moyen unique invoqué par le requérant est très confus et s’en remet à la sagesse de la Cour pour l’appréciation de sa recevabilité.
41 En tout état de cause, la Commission souligne que le Tribunal s’est fondé sur une appréciation du statut du requérant qui aurait déjà été effectuée par la Commission, dans sa décision du 8 juin 2021, laquelle aurait pris effet rétroactivement au 16 décembre 2014, dont la légalité aurait été confirmée par le Tribunal.
42 La Commission considère, dès lors, que, si le requérant n’avait pas le statut d’organisation internationale, il ne pouvait aucunement se voir confier des tâches d’exécution budgétaire selon le mode de la gestion indirecte et que, partant, il n’a perdu aucune chance de conclure de nouvelles conventions de délégation avec elle du fait de l’adoption de la décision du 8 mai 2015, quand bien même celle‑ci est illégale. Cette circonstance exclurait nécessairement tout lien de causalité entre cette décision et le préjudice prétendument subi par le requérant du fait de la violation, par la Commission, de son obligation de diligence.
43 La Commission ajoute que les arguments du requérant relatifs à l’arrêt du 4 septembre 2024, IMG/Commission (T‑509/21, EU:T:2024:590), sont étrangers à l’objet de la présente affaire et sont, partant irrecevables. En tout état de cause, la Commission affirme que, comme elle l’expose dans ses écrits dans le cadre de l’affaire C‑790/24 P, ces arguments sont dépourvus de fondement.
44 Par ailleurs, la Commission fait valoir que, dans le cadre des accords conclus selon le mode de la gestion indirecte, les partenaires de la Commission ne réalisent pas de bénéfices, ceux-ci étant interdits par les conditions générales régissant ces accords. La contribution de l’Union se limiterait à couvrir les coûts administratifs effectifs liés à la conclusion desdits accords.
45 Enfin, la Commission conteste les reproches du requérant visant les points 70 à 83 de l’arrêt attaqué.
Appréciation de la Cour
46 La Commission ayant émis des doutes quant à la recevabilité du pourvoi, il y a lieu de rappeler que, selon une jurisprudence constante, il résulte de l’article 256, paragraphe 1, second alinéa, TFUE, de l’article 58, premier alinéa, du statut de la Cour de justice de l’Union européenne ainsi que de l’article 168, paragraphe 1, sous d), et de l’article 169, paragraphe 2, du règlement de procédure de la Cour qu’un pourvoi doit indiquer de façon précise les éléments critiqués de l’arrêt dont l’annulation est demandée ainsi que les arguments juridiques qui soutiennent de manière spécifique cette demande (arrêt du 16 décembre 2020, Conseil/K. Chrysostomides & Co. e.a., C‑597/18 P, C‑598/18 P, C‑603/18 P et C‑604/18 P, EU:C:2020:1028, point 127 ainsi que jurisprudence citée).
47 Or, en l’espèce, le requérant a identifié les points de l’arrêt attaqué visés par les différents arguments avancés dans le cadre de son moyen unique et exposé pour quels motifs il estime qu’ils sont entachés d’erreurs de droit. Il s’ensuit que le pourvoi est recevable.
48 S’agissant de l’examen du pourvoi au fond, il résulte de la jurisprudence de la Cour que l’engagement de la responsabilité non contractuelle de l’Union, au sens de l’article 340, deuxième alinéa, TFUE, est subordonné à la réunion d’un ensemble de conditions, à savoir l’existence d’une violation suffisamment caractérisée d’une règle de droit ayant pour objet de conférer des droits aux particuliers, la réalité du dommage et l’existence d’un lien de causalité direct entre la violation de l’obligation qui incombe à l’auteur de l’acte et le dommage subi par les personnes lésées [arrêt du 18 décembre 2025, WS e.a./Frontex (Opération de retour conjointe), C‑679/23 P, EU:C:2025:976, point 60 et jurisprudence citée].
49 En ce qui concerne la première condition, l’existence d’une violation suffisamment caractérisée dépend du pouvoir d’appréciation dont dispose l’institution, l’organe ou l’organisme de l’Union qui aurait violé cette règle et du point de savoir si ceux-ci ont méconnu de manière manifeste et grave les limites qui s’imposent à ce pouvoir, eu égard, notamment, au degré de clarté et de précision de ladite règle, aux difficultés d’interprétation ou d’application qui peuvent en découler ainsi qu’à la complexité de la situation à régler (voir, en ce sens, arrêt du 22 septembre 2022, IMG/Commission, C‑619/20 P et C‑620/20 P, EU:C:2022:722, point 146 ainsi que jurisprudence citée).
50 En l’espèce, la Cour a déjà constaté, au point 194 de l’arrêt du 22 septembre 2022, que l’existence d’une violation suffisamment caractérisée de l’obligation de diligence qui pesait sur la Commission lors de l’adoption de la décision du 8 mai 2015 était établie. Ainsi qu’il ressort du point 231 de cet arrêt, la Cour a renvoyé l’affaire devant le Tribunal, afin que ce dernier statue sur l’existence et, le cas échéant, sur l’étendue du préjudice matériel invoqué ainsi que, dans l’hypothèse où il serait établi à suffisance de droit, sur l’existence d’un lien de causalité entre celui-ci et la violation suffisamment caractérisée de l’obligation de diligence qui pesait sur la Commission, qui a été définitivement constatée par la Cour dans ledit arrêt.
51 À cet égard, s’agissant de la question de savoir si la décision du 8 mai 2015 pouvait être regardée comme étant la cause directe et certaine du préjudice matériel invoqué par le requérant, il ressort des points 65 et 66 de l’arrêt attaqué que le Tribunal a considéré que tel n’était pas le cas, dès lors que le constat de l’illégalité entachant cette décision n’emportait aucune obligation pour la Commission de reconnaître au requérant le statut d’organisation internationale.
52 Certes, ainsi que la Cour l’a confirmé au point 23 de l’ordonnance du 9 juin 2020, International Management Group/Commission (C‑183/17 P‑INT, EU:C:2020:507), dans l’arrêt du 31 janvier 2019, elle s’était limitée à juger comme étant erronés en droit les doutes exprimés par la Commission, sur la base d’une série d’éléments portant sur le statut d’organisation internationale du requérant, sans toutefois trancher, ainsi que le Tribunal l’a relevé à bon droit au point 64 de l’arrêt attaqué, le point de savoir si, sur la base d’une analyse non entachée d’erreur de droit et de l’ensemble des éléments pertinents, il devait être considéré ou, au contraire, exclu que le requérant détenait un tel statut.
53 Toutefois, il peut être déduit de ce constat que la réponse à la question de savoir si la décision du 8 mai 2015 constitue la cause directe et certaine du préjudice invoqué par le requérant dépendait de la question de savoir si ce dernier était, ou non, une organisation internationale.
54 En effet, ainsi que le soutient à juste titre la Commission, s’il était établi que, à la date d’adoption de la décision du 8 mai 2015, le requérant n’était pas une organisation internationale, la violation, par la Commission, de l’obligation de diligence qui pesait sur elle lors de l’adoption de cette décision ne pourrait constituer la cause directe et certaine du préjudice invoqué par le requérant, puisque, par hypothèse, à supposer que la Commission ait fait preuve, lors de l’adoption de ladite décision, de la diligence requise, le résultat aurait été le même, à savoir la suspension de la conclusion, avec le requérant, de toute nouvelle convention de délégation selon le mode de la gestion indirecte prévu par le règlement financier de 2012.
55 Si, en revanche, il était établi que le requérant possédait le statut d’organisation internationale à la date d’adoption de la décision du 8 mai 2015, cette dernière décision devrait être considérée comme constituant la cause directe et certaine du préjudice invoqué par le requérant, découlant de la suspension de la conclusion avec la Commission de nouvelles conventions de délégation selon le mode de la gestion indirecte, suspension qui, dans cette hypothèse, ne reposerait sur aucun fondement juridique.
56 À cet égard, dans le cadre de son examen du caractère réel et certain du préjudice invoqué par le requérant, le Tribunal a relevé, au point 67 de l’arrêt attaqué, qu’il ressortait de la décision du 8 juin 2021, dont le Tribunal avait confirmé la légalité par l’arrêt du 4 septembre 2024, IMG/Commission (T‑509/21, EU:T:2024:590), que le requérant ne pouvait pas revendiquer le statut d’organisation internationale depuis le 16 décembre 2014.
57 Le Tribunal en a déduit, au point 68 de l’arrêt attaqué, que le requérant ne satisfaisait pas, à la date de l’adoption de la décision du 8 mai 2015 et postérieurement à celle-ci, à la condition de détention du statut d’organisation internationale prévue par la réglementation financière de l’Union et, partant, ne disposait pas de la moindre chance de poursuivre l’exécution du budget de l’Union selon le mode de la gestion indirecte et de percevoir, au titre de la compensation des coûts indirects liés à cette exécution, les sommes réclamées dans le cadre de sa demande indemnitaire.
58 Le Tribunal a, dès lors, jugé, au point 69 de l’arrêt attaqué, que l’action indemnitaire du requérant, fondée sur la prémisse selon laquelle celui‑ci constituait une organisation internationale, au sens de la réglementation financière de l’Union et, à ce titre, disposait d’une chance sérieuse de poursuivre l’exécution du budget de l’Union selon le mode de la gestion indirecte, ne pouvait prospérer.
59 Or, il y a lieu de constater que, par les motifs rappelés aux points 56 à 58 du présent arrêt, le Tribunal, bien qu’il ait entendu statuer, comme il l’a indiqué au point 67 de l’arrêt attaqué, sur le caractère réel et certain du préjudice invoqué par le requérant, a, en réalité, examiné la question de savoir si la décision du 8 mai 2015 constituait la cause directe et certaine de ce préjudice en exposant des motifs susceptibles de justifier que, comme il l’a affirmé aux points 65 et 66 de cet arrêt, tel n’était pas le cas.
60 En effet, il ressort de ces motifs non pas que le préjudice invoqué par le requérant n’était pas réel et certain, mais seulement que la cause de ce préjudice résidait dans le fait que le requérant n’avait pas le statut d’organisation internationale, ce que confirme la décision du 8 juin 2021 ainsi que l’arrêt du 4 septembre 2024, IMG/Commission (T‑509/21, EU:T:2024:590).
61 Il en ressort ainsi que les principaux motifs de l’arrêt attaqué qui justifient le rejet de la demande indemnitaire du requérant reposent sur la prémisse que la Commission a considéré à juste titre, dans la décision du 8 juin 2021, que le requérant n’était pas une organisation internationale.
62 À cet égard, il convient toutefois de rappeler que le requérant a formé un pourvoi contre l’arrêt du 4 septembre 2024, IMG/Commission (T‑509/21, EU:T:2024:590), qui a confirmé le bien-fondé de cette appréciation de la Commission. Or, par arrêt de ce jour dans l’affaire C‑790/24 P, la Cour a annulé cet arrêt du Tribunal et, statuant sur la demande d’annulation de la décision du 8 juin 2021, l’a accueillie au motif que cette décision était entachée d’illégalité, en ce que la Commission a considéré, en violation de l’article 31 de la convention de Vienne sur le droit des traités, du 23 mai 1969 (Recueil des traités des Nations unies, vol. 1155, p. 331), qui reflète le droit coutumier international, que la résolution adoptée le 25 novembre 1994, qui a créé le requérant ainsi qu’il est relevé au point 11 du présent arrêt, ne constituait pas un accord international dont l’effet a été de constituer le requérant en tant qu’organisation internationale et devait, partant, être annulée.
63 Dans ces conditions, il convient de considérer que l’arrêt attaqué est entaché d’une erreur de droit en ce qu’il se fonde, afin de rejeter, au point 84 de cet arrêt, les conclusions indemnitaires présentées par le requérant, sur la décision du 8 juin 2021, laquelle est, conformément à l’arrêt de ce jour dans l’affaire C-790/24 P, considérée comme étant illégale. Partant, sans qu’il soit besoin d’examiner les autres arguments avancés par le requérant dans le cadre de son moyen unique, il convient d’accueillir le pourvoi et d’annuler l’arrêt attaqué.
Sur la demande en réparation
64 Conformément à l’article 61, premier alinéa, du statut de la Cour de justice de l’Union européenne, lorsque le litige est, en tout ou en partie, en état d’être jugé, la Cour peut statuer elle-même définitivement, selon le cas, sur le litige ou sur la partie de celui-ci qui est en état d’être jugée, tout en renvoyant, s’il y a lieu, celle qui ne l’est pas devant le Tribunal.
65 Il convient de rappeler que, par l’arrêt du 22 septembre 2022, la Cour a définitivement statué sur la demande en réparation du préjudice moral que la décision du 8 mai 2015 aurait causé au requérant et l’a rejetée. Elle a renvoyé l’affaire T-381/15 RENV devant le Tribunal pour qu’il soit statué sur la demande indemnitaire visant à la réparation du préjudice matériel résultant de la décision du 8 mai 2015 que le requérant aurait subi. Partant, le recours du requérant est encore pendant uniquement en tant qu’il porte sur cette dernière demande.
66 Ainsi qu’il ressort du point 195 de l’arrêt du 22 septembre 2022, le préjudice matériel dont la réparation est demandée par le requérant consiste, en substance, en une éventuelle perte de chance, pour lui, de conclure avec la Commission de nouvelles conventions de délégation, en tant qu’organisation internationale chargée de tâches d’exécution budgétaire dans le cadre d’une gestion indirecte du budget de l’Union et de percevoir à ce titre, en tant qu’« enveloppe de frais indirects », le paiement d’une somme correspondant à un pourcentage forfaitaire des frais administratifs généraux pouvant être considérés comme des coûts réels éligibles à un financement par l’Union.
67 À cet égard, comme il a été rappelé au point 50 du présent arrêt, la Cour a déjà constaté, dans l’arrêt du 22 septembre 2022, qui est revêtu de l’autorité de la chose jugée, que l’existence d’une violation suffisamment caractérisée de l’obligation de diligence qui pesait sur la Commission lors de l’adoption de la décision du 8 mai 2015 était établie.
68 En outre, le litige est en état d’être jugé en ce qui concerne l’examen de l’existence d’un lien de causalité entre cette violation et l’éventuel préjudice matériel subi par le requérant.
69 En effet, il ressort de l’arrêt de ce jour dans l’affaire C-790/24 P, qui a annulé la décision du 8 juin 2021, que, si la Commission avait fait preuve de la diligence requise lors de l’adoption de la décision du 8 mai 2015, elle aurait considéré que le requérant était une organisation internationale et, partant, elle n’aurait pas suspendu la possibilité de conclure avec lui de nouvelles conventions de délégation selon le mode de la gestion indirecte prévu par le règlement financier de 2012. Or, en raison de cette suspension et à partir de celle‑ci, le requérant a perdu la chance de conclure de telles conventions avec la Commission.
70 Il s’ensuit que doivent aussi être considérés comme étant établis, d’une part, le caractère réel et certain du préjudice matériel subi par le requérant, consistant à cette perte de chance et, d’autre part, l’existence d’un lien de causalité entre la violation de l’obligation de diligence qui pesait sur la Commission, constatée par l’arrêt du 31 janvier 2019, et ce préjudice.
71 S’agissant de l’étendue dudit préjudice, il convient de relever que IMG est non pas un organisme à but lucratif mais une organisation internationale qui exerce ses activités dans les limites des actions que lui confient ses membres et qui, lorsqu’il conclut des conventions avec l’Union, est défrayée de ses coûts, ainsi qu’il ressort de l’article 14 du document intitulé « Conditions générales applicables aux conventions de contribution de l’Union européenne avec des organisations internationales », produit par la Commission dans le cadre de la procédure devant le Tribunal.
72 À cet égard, l’article 14.4, troisième alinéa, de ce document prévoit qu’« [u]n pourcentage forfaitaire de coûts directs éligibles, plafonné à 7 %, peut être réclamé au titre des coûts indirects pour couvrir les coûts administratifs généraux de l’Organisation affectés à l’Action » et que « [l]e financement forfaitaire au titre des coûts indirects ne doit pas être attesté par des documents comptables ».
73 Le requérant avait communiqué au Tribunal des informations sur les coûts administratifs qu’il a dû engager depuis l’année 2015, informations qu’il a actualisées en réponse à une question posée par la Cour. Toutefois, ces informations actualisées n’ont pas été étayées par des éléments de preuve pertinents et n’ont pas fait l’objet d’un débat contradictoire, la Commission n’ayant pas pu prendre position sur les données communiquées par le requérant.
74 Il convient donc de constater que la Cour ne dispose pas, en l’état actuel du dossier, de l’ensemble des éléments nécessaires pour calculer la valeur concrète de la perte de chance subie par le requérant. Partant, il y a lieu de renvoyer l’affaire devant le Tribunal, afin que celui-ci détermine l’étendue de la réparation de cette perte de chance.
Sur les dépens
75 L’affaire étant renvoyée devant le Tribunal, il convient de réserver les dépens afférents au présent pourvoi.
Par ces motifs, la Cour (cinquième chambre) déclare et arrête :
1) L’arrêt du Tribunal de l’Union européenne du 4 septembre 2024, IMG/Commission (T‑381/15 RENV II, EU:T:2024:589), est annulé.
2) L’affaire T‑381/15 RENV II est renvoyée devant le Tribunal de l’Union européenne pour qu’il soit statué sur la demande en réparation du préjudice matériel que International Management Group (IMG) aurait subi du fait de la décision de la Commission européenne du 8 mai 2015 de ne plus conclure avec lui de nouvelles conventions de délégation selon le mode de la gestion indirecte prévu par la réglementation financière de l’Union au bénéfice des organisations internationales jusqu’à ce que son statut juridique soit définitivement clarifié.
3) Les dépens sont réservés.
| Arastey Sahún | Passer | Regan |
| Gratsias | Smulders |
Ainsi prononcé en audience publique à Luxembourg, le 16 juillet 2026.
| Le greffier | La présidente de chambre |
| A. Calot Escobar | M. L. Arastey Sahún |
* Langue de procédure : le français.
Jurisprudence CJUE — 62026TO0017
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