| CELEX | 62024CN0209 |
| Type | Jurisprudence CJUE |
| Date | dimanche 17 mars 2024 |
| Journal officiel | FR Série C |
| C/2024/4570 | 29.7.2024 |
Pourvoi formé le 17 mars 2024 par VP contre l’arrêt du Tribunal (dixième chambre) rendu le 7 février 2024 dans l’affaire T-563/22, VP/Cedefop
(Affaire C-209/24 P)
(C/2024/4570)
Langue de procédure : l’anglais
Parties
Partie requérante au pourvoi : VP (représentant : H. Tettenborn, Rechtsanwalt)
Autre partie à la procédure : Centre européen pour le développement de la formation professionnelle (Cedefop)
Conclusions
La partie requérante au pourvoi demande qu’il plaise à la Cour :
| — | annuler l’arrêt du Tribunal dans l’affaire T-563/22 ; |
| — | octroyer une indemnité en réparation du préjudice moral, et |
| — | condamner Cedefop à tous les dépens. |
Moyens et principaux arguments
La partie requérante au pourvoi invoque huit moyens à l’appui du pourvoi.
Premier moyen
Le Tribunal a dénaturé les faits qui avaient été étayés et prouvés par les pièces du dossier de l’affaire. Il n’est pas nécessaire de procéder à une nouvelle appréciation des preuves pour pouvoir et devoir parvenir à la conclusion selon laquelle les faits ont été dénaturés au détriment de la partie requérante au pourvoi. Une dénaturation des faits constitue une violation du principe de procédure équitable et du principe d’impartialité au titre de l’article 47 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne.
Deuxième moyen
Le Tribunal a méconnu son obligation d’examiner d’office la compétence de la Commission de recours du Cedefop qui avait prétendument adopté une décision de remplacement au titre de l’article 266 TFUE. Le Tribunal a conclu à tort que la Commission de recours a adopté une décision de remplacement. L’absence d’examen d’office par le Tribunal de la compétence précitée constitue une violation du principe de procédure équitable au titre de l’article 47 de la Charte.
Troisième moyen
La Commission de recours n’est en réalité pas compétente pour adopter une décision de remplacement au sens de l’article 266 TFUE de sorte que, même si la décision du 17 juin 2022 pouvait être réputée constituer une telle décision, ce qui n’est pas le cas, le Tribunal aurait dû l’écarter.
Quatrième moyen
En statuant sur des questions dont il n’était pas saisi, le Tribunal a commis une violation du principe selon lequel le juge doit être établi par la loi, qui est consacré à l’article 47 de la Charte.
Le Tribunal a examiné la question de la légalité d’une décision de non-renouvellement du contrat de travail. Cette question avait déjà été tranchée dans l’arrêt T-187/18, qui a revêtu la force de la chose jugée au début de l’année 2021, de sorte que le Tribunal était incompétent pour statuer sur cette question dans l’arrêt T-563/22.
En outre, le Tribunal a violé le principe selon lequel le juge doit être établi par la loi en s’arrogeant le rôle et les compétences de la Cour de justice de l’Union européenne, qui est pourtant l’unique instance de pourvoi contre les arrêts du Tribunal.
Cinquième moyen
Le Tribunal a violé l’article 266 TFUE, ainsi que la jurisprudence relative à cette disposition en prenant en compte une période erronée lorsqu’il a réexaminé les faits (le «point précis» dans le temps). Une décision de remplacement au titre de l’article 266 TFUE doit être adoptée sur la base des faits et de la situation juridique prévalant au moment où est intervenue l’erreur qui a conduit à l’annulation, c’est-à-dire en 2017, en l’espèce.
Le Tribunal a confirmé l’obligation d’adopter une décision de remplacement, mais a exclusivement pris en considération des faits des années 2021 et 2022, lorsqu’il a examiné la légalité d’une décision de remplacement fictive.
Sixième moyen
Le Tribunal a méconnu le principe d’exclusion et a pris en considération des faits totalement inventés qu’il n’avait aucun droit d’examiner, même s’ils avaient été présentés par la défense, ce qui n’est pas le cas. La violation du principe d’exclusion constitue une violation du principe de procédure équitable au titre de l’article 47 de la charte.
Septième moyen
Le Tribunal a indiqué des motifs contradictoires, dénaturés, inadéquats et/ou dénués de pertinence à l’appui de son arrêt. Ces motifs ne se fondaient ni sur les spécificités de l’espèce, ni sur les faits et arguments convaincants présentés par la partie requérante au pourvoi. Un arrêt qui ne satisfait pas aux exigences minimales de qualité en ce qui concerne la motivation et le raisonnement constitue une violation du principe de l’État de droit (article 2 TUE).
Huitième moyen
Le Tribunal a violé le droit d’être entendu et, partant, le droit à une procédure juridictionnelle équitable en n’entendant pas les parties. Le Tribunal a entièrement fondé son arrêt sur des faits dénaturés et/ou inexistants, des faits inventés qui ne sont ni constatés par le Tribunal, ni constatables objectivement, sans donner à la partie requérante au pourvoi la possibilité de faire part de ses observations sur ces faits inventés, alors qu’ils sont déterminants dans la motivation de l’arrêt. Avant de prononcer son arrêt, le Tribunal a omis d’examiner les faits, les arguments valables et les preuves convaincantes présentés par la partie requérante au pourvoi. Le Tribunal a par conséquent également violé le droit d’être entendu (article 47 de la charte).
ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/4570/oj
ISSN 1977-0936 (electronic edition)
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