| CELEX | 62024CN0243 |
| Type | Jurisprudence CJUE |
| Date | mardi 2 avril 2024 |
| Journal officiel | FR Série C |
| C/2024/4708 | 5.8.2024 |
Pourvoi formé le 2 avril 2024 par WV contre l’arrêt du Tribunal (Dixième chambre) rendu le 24 janvier 2024 dans l’affaire T-371/21, WV / SEAE
(Affaire C-243/24 P)
(C/2024/4708)
Langue de procédure: le français
Parties
Partie requérante: WV (représentant: É. Boigelot, avocat)
Autre partie à la procédure: Service européen pour l'action extérieure
Conclusions
Le requérant conclut à ce qu’il plaise à la Cour :
| — | D’annuler l'arrêt du Tribunal de l'Union européenne du 24 janvier 2024 dans l’affaire T-371/21, WV / SEAE, […], en tant que celui-ci a rejeté son recours initial, visant l’annulation de la décision du SEAE du 26 août 2020 par laquelle celui-ci lui a infligé la sanction de révocation sans réduction de ses droits à pension ainsi que la réparation de l'intégralité de son dommage, et a condamné la requérante aux dépens ; |
| — | De condamner le défendeur originaire aux entiers dépens, y compris ceux exposés devant le [Tribunal de l’Union européenne], conformément à l'article 184 du Règlement de procédure de la Cour de Justice de l’Union européenne. |
| — | [De] renvoyer l'affaire devant le Tribunal de l'Union européenne afin qu'il statue sur le recours initial de la requérante. |
Moyens et principaux arguments
À l’appui du pourvoi, le requérant invoque deux moyens principaux.
Au titre du premier moyen, la requérante soutient que la formation de jugement du Tribunal ayant rendu l’arrêt attaqué ne répond pas aux exigences de l’article 47 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et de l’article 6, paragraphe 1, de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, consacrant tous deux le principe du juge légal, ainsi qu’à celles de l’article 18, deuxième alinéa, du Statut de la Cour de justice de l’Union européenne, en ce que l’un des magistrats faisant partie de la chambre ayant rendu l’arrêt attaqué aurait dû se récuser/déporter d’office ou l’être par le Président du Tribunal, n'offrant pas toutes les garanties d'impartialité que tant le principe du juge légal que les règles du procès équitable exigent.
L’un des magistrats ayant rendu l’arrêt attaqué a précédemment travaillé au service et au contact d’un membre du SEAE disposant du pouvoir d’AIPN et affecté antérieurement, comme ce magistrat, à une Représentation permanente auprès de l’Union européenne. Ceci fait légitimement à tout le moins craindre que la décision attaquée, au vu aussi des considérants primordiaux qu’elle contient, n’ait pas été rendue avec toute l’indépendance requise, en violation du moyen.
Au titre du second moyen, comportant quatre branches pouvant se combiner, la requérante soutient que le premier juge, en prononçant l’arrêt attaqué, n’a manifestement pas donné une application et une interprétation correctes des règles et principes suivants :
| — | Première branche : dénaturation des faits par l'arrêt attaqué, des erreurs manifestes d'appréciation et contradictions emportant une motivation ainsi que des conséquences inexactes en droit ; |
| — | Deuxième branche : violation de l’article 21 du Statut de la Cour, de l’article 120, sous c) et d), du règlement de procédure de la Cour ainsi que de l’article 76, alinéa 1, sous d) et e), et de l’article 84, paragraphe 1, du règlement de procédure du Tribunal, excès de compétence du Tribunal et violation de l’article 270 du TFUE et de l’article 91 du Statut, violation de l’interdiction de statuer ultra petita ; |
| — | Troisième branche : violation du principe de force de chose jugée ; |
| — | Quatrième branche : absence de prise en compte de l'ensemble des pièces du dossier ainsi que des moyens de la requérante, méconnaissance du principe de la libre administration de la preuve et de la notion de faisceau d'indices concordants et, partant, méconnaissance des règles relatives à la charge de la preuve. |
Selon la requérante, le premier juge a sciemment ignoré nombre d’arguments et pièces en ne les prenant pas toutes en compte de façon globale et cohérente, ou en a tiré des conséquences illégales en droit, soit en raison d’un examen manifestement erroné, soit en dénaturant les faits lui étant présentés, soit en ne prenant pas en compte.
Toujours selon la requérante, le Tribunal a aussi expressément et radicalement modifié l’une des motivations essentielles de la décision de révocation initialement critiquée par la requérante, ajoutant ainsi à cette décision et transformant le débat au-delà de ce qui lui a été présenté, violant en outre sa compétence qui lui interdit de substituer sa propre motivation à celle décidée par l’AIPN dans l’acte attaqué devant lui. Ce faisant aussi, le premier juge aurait même contourné un arrêt définitif rendu par la Cour entre les mêmes parties, qui rejetait le motif retenu par l’AIPN qui a précisément été substantiellement modifié par le premier juge.
ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/4708/oj
ISSN 1977-0936 (electronic edition)
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