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AccueilDroit européen62024CN0484
Jurisprudence CJUE62024CN0484

Affaire C-484/24: Demande de décision préjudicielle présentée par le Landesarbeitsgericht Niedersachsen (Allemagne) le 10 juillet 2024 – NTH Haustechnik GmbH/EM

CELEX62024CN0484
TypeJurisprudence CJUE
Datemercredi 10 juillet 2024

Résumé IA

Cette demande préjudicielle allemande porte sur l'interprétation de la directive 2003/88/CE concernant le temps de travail. Elle vise à clarifier les règles applicables au calcul de la période de référence pour la durée hebdomadaire moyenne du travail, notamment dans le contexte des congés et des absences pour maladie.

Texte intégral

European flag

Journal officiel
de l'Union européenne

FR

Série C


C/2024/6402

4.11.2024

Demande de décision préjudicielle présentée par le Landesarbeitsgericht Niedersachsen (Allemagne) le 10 juillet 2024 – NTH Haustechnik GmbH/EM

(Affaire C-484/24)

(C/2024/6402)

Langue de procédure : l’allemand

Juridiction de renvoi

Landesarbeitsgericht Niedersachsen (tribunal supérieur du travail de Basse-Saxe)

Parties à la procédure au principal

Partie requérante : NTH Haustechnik GmbH

Partie défenderesse : EM

Questions préjudicielles

1)

Lorsqu’un acte autonome de traitement de données est effectué dans le cadre d’une fonction juridictionnelle et relève de l’article 6, paragraphe 1, sous e), et de l’article 6, paragraphe 3, du RGPD (1), les dispositions de l’article 92 du Grundgesetz (Loi fondamentale), des articles 138, 286 et 355 et suivants de la Zivilprozessordnung (code de procédure civile) répondent-elles au critère de précision découlant de l’article 8, paragraphe 2, et de l’article 52, paragraphe 1, de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, ainsi que de l’article 5, paragraphe 1, sous c), du RGPD, dans la mesure où le traitement effectué dans le cadre de la fonction juridictionnelle emporte pour une partie ou pour un tiers des atteintes aux droits fondamentaux ?

2)

a)

Lors du traitement de données qui sont notamment à caractère personnel, une juridiction nationale peut-elle considérer que l’article 17, paragraphe 3, sous e), du RGPD l’autorise à procéder à ce traitement, ou bien les articles 6 et 9 du RGPD constituent-ils la base exclusive d’un traitement effectué dans le cadre de la fonction juridictionnelle ?

b)

À supposer que l’article 17, paragraphe 3, sous e), du RGPD soit en principe de nature à constituer une base juridique pour des actes de traitement effectués dans le cadre de la fonction juridictionnelle :

aa)

En va-t-il également ainsi lorsque la collecte initiale de ces données par une partie au procès ou un tiers n’a pas été effectuée de manière licite ?

bb)

En vertu du principe d’application générale voulant que les données soient traitées de manière loyale [article 5, paragraphe 1, sous a), du RGPD], le traitement de données initialement collectées de manière illicite conduit-il, en droit dérivé, à une limitation du traitement effectué dans le cadre de la fonction juridictionnelle, de telle sorte que l’article 17, paragraphe 3, sous e), du RGPD ne s’applique que dans certaines conditions ou sous certaines limites ?

cc)

L’article 17, paragraphe 3, sous e), du RGPD doit-il être compris en ce sens qu’une interdiction de l’utilisation dans le cadre de la fonction juridictionnelle de données obtenues initialement de manière illicite est toujours exclue, autrement dit qu’il incombe donc toujours à la juridiction d’utiliser ces données, lorsque la collecte initiale de données n’a pas été effectuée secrètement et que les données sont utilisées pour prouver un manquement intentionnel à des obligations ?

3)

Abstraction faite du point de savoir si le traitement de données effectué dans le cadre de la fonction juridictionnelle relève de l’article 17, paragraphe 3, sous e), du RGPD, ou de l’article 6, paragraphe 1, sous c) ou e), de l’article 6, paragraphe 3, de l’article 9 du RGPD, ou d’autres dispositions du droit de l’Union :

a)

Faut-il considérer que, en ce qui concerne notamment le traitement de données qui ont été initialement collectées ou conservées de manière illicite, les principes de nécessité et de minimisation des données que consacrent l’article 52, paragraphe 1, deuxième phrase, de la Charte des droits fondamentaux et l’article 5, paragraphe 1, sous a), du RGPD impliquent la nécessité, pour les juridictions, de procéder à un examen de la proportionnalité et à une mise en balance de nature exhaustive ?

b)

Quelles sont les incidences que l’article 5, paragraphe 1, sous e), du RGPD, en vertu duquel les données à caractère personnel ne peuvent être conservées que pendant une durée n’excédant pas celle nécessaire au regard des finalités pour lesquelles elles sont traitées, exerce sur les actes postérieurs de traitement des données effectués dans le cadre de la fonction juridictionnelle, notamment lorsque

—

la collecte initiale de données avait d’autres finalités, ou

—

que la collecte initiale et illicite des données remonte à une époque lointaine, ou

—

qu’une conservation illicite a perduré pendant de longues périodes, ou

—

que la collecte illicite de données concerne des données qui ont été conservées à une date remontant loin dans le passé, voire de manière illicite, ou

—

que l’organisme ou la personne traitant ou collectant les données s’est engagé unilatéralement, ou en vertu d’un contrat négocié individuellement ou encore par la voie d’une convention collective, à les effacer dans un délai déterminé, mais qu’il n’a pas procédé à cet effacement ?

c)

Le droit de l’Union, en particulier l’article 8 de la Charte des droits fondamentaux, l’article 6, paragraphe 1, sous c), ou e), l’article 6, paragraphe 3, et l’article 9 du RGPD, ont-ils pour conséquence que le juge national ne peut utiliser des éléments de preuve obtenus en violation des droits de la personnalité que si la partie sur laquelle pèse la charge de la preuve a un intérêt légitime d’une portée supérieure à celui de simplement prouver les éléments avancés, ou le droit de l’Union ne fixe-t-il à cet égard aucune règle, de sorte qu’il appartient à l’ordre juridique national d’adopter des dispositions à cet égard ?

d)

Étant entendu que l’article 47, paragraphe 2, de la Charte des droits fondamentaux garantit le droit à une protection juridictionnelle effective, et notamment à un procès équitable, lequel droit veut que les parties à une procédure civile aient en principe la possibilité de motiver suffisamment la finalité de la protection juridictionnelle qu’elles recherchent et d’en apporter la preuve, cette disposition a-t-elle pour conséquence que le traitement, effectué dans le cadre d’une fonction juridictionnelle, de données à caractère personnel du salarié requérant que l’employeur a collectées de manière illicite ne peut apparaître inapproprié et disproportionné au sens strict que s’il s’avère que la collecte de données constitue, au regard du droit de l’Union, une violation grave des articles 7 et 8 de la Charte des droits fondamentaux, et que d’autres sanctions éventuelles pour l’employeur (par exemple, le droit à réparation en vertu de l’article 82 du RGPD et l’imposition d’amendes en vertu de l’article 83 du RGPD) seraient tout à fait insuffisantes, ou bien faut-il considérer que d’autres violations du droit de la protection des données, de moindre gravité, commises lors de la collecte initiale des données, sont en elles-mêmes suffisantes à justifier un caractère inapproprié et disproportionné ?

e)

En décidant s’il utilise, dans le cadre de sa fonction juridictionnelle, les données initialement collectées par une partie ou un tiers, le juge doit-il tenir compte du point de savoir si la personne ayant collecté les données a respecté les obligations d’information qui lui incombent en vertu de l’article 13 du RGPD ? Si oui : dans quelles conditions et selon quels critères le juge doit-il en tenir compte ?

f)

L’obligation qu’a le juge de respecter le RGPD et la Charte des droits fondamentaux lorsqu’il traite des données à caractère personnel s’étend-elle également aux données à caractère personnel de tiers ? De quelle façon une éventuelle violation du droit à la protection des données commise à l’égard de tiers lors de la collecte initiale de données exerce-t-elle une incidence sur le traitement ultérieur des données effectué par le juge dans le cadre de sa fonction juridictionnelle lors d’un litige entre deux parties ? Une partie peut-elle se prévaloir d’une violation qui n’a pas été commise à son égard, mais à l’égard de tiers, ou n’en a-t-elle pas la possibilité ?


(1) Règlement (UE) 2016/679 du Parlement européen et du Conseil, du 27 avril 2016, relatif à la protection des personnes physiques à l’égard du traitement des données à caractère personnel et à la libre circulation de ces données, et abrogeant la directive 95/46/CE (règlement général sur la protection des données – RGPD) (JO 2016, L 119, p. 1).


ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/6402/oj

ISSN 1977-0936 (electronic edition)


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