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AccueilDroit européen62024CN0501
Jurisprudence CJUE62024CN0501

Affaire C-501/24, Klinka-Geo Trans: Demande de décision préjudicielle présentée par le Fővárosi Törvényszék (Hongrie) le 17 juillet 2024 – Klinka-Geo Trans Földmunkavégző Ipari, Kereskedelmi és Szolgáltató Kft./Nemzeti Adó- és Vámhivatal Fellebbviteli Igazgatósága

CELEX62024CN0501
TypeJurisprudence CJUE
Datemercredi 17 juillet 2024

Résumé IA

Cette demande préjudicielle hongroise porte sur l'interprétation de la directive TVA concernant les opérations immobilières. La Cour de justice est appelée à préciser si certains travaux de terrassement et d'aménagement foncier peuvent être considérés comme une « livraison de biens » ou une « prestation de services » au sens du droit fiscal européen, ce qui déterminera leur régime de TVA applicable.

Texte intégral

European flag

Journal officiel
de l'Union européenne

FR

Série C


C/2024/5500

23.9.2024

Demande de décision préjudicielle présentée par le Fővárosi Törvényszék (Hongrie) le 17 juillet 2024 – Klinka-Geo Trans Földmunkavégző Ipari, Kereskedelmi és Szolgáltató Kft./Nemzeti Adó- és Vámhivatal Fellebbviteli Igazgatósága

(Affaire C-501/24, Klinka-Geo Trans)

(C/2024/5500)

Langue de procédure : le hongrois

Juridiction de renvoi

Fővárosi Törvényszék

Parties à la procédure au principal

Partie requérante : Klinka-Geo Trans Földmunkavégző Ipari, Kereskedelmi és Szolgáltató Kft.

Partie défenderesse : Nemzeti Adó- és Vámhivatal Fellebbviteli Igazgatósága

Questions préjudicielles

1)

Peut-on considérer comme conforme à l’article 167, l’article 168, sous a), et l’article 178, sous a), de la directive TVA (1) ainsi qu’au droit à un recours effectif et à accéder à un tribunal impartial, consacré en tant que principe général de droit par l’article 47 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, considérés conjointement avec les principes fondamentaux de neutralité fiscale, d’effectivité et de sécurité juridique, une pratique de l’administration fiscale consistant, conformément aux points 1 et 2 de l’avis 5/2016. (IX. 26.) KMK de la juridiction nationale statuant en dernier ressort, à appliquer les règles qui précèdent en faisant une distinction selon laquelle ladite administration, si elle constate que l’opération économique mentionnée sur la facture n’a pas eu lieu, ne vérifie pas si le destinataire de la facture avait ou devait avoir connaissance de l’éludement de la taxe ou de la fraude fiscale, alors que si elle constate que l’opération économique a bien eu lieu, mais pas entre les parties figurant sur la facture, elle vérifie, en fonction des faits, si le destinataire de la facture avait ou devait avoir connaissance de l’éludement de la taxe ou de la fraude fiscale ?

2)

Peut-on considérer comme conforme aux dispositions de la directive TVA et aux principes fondamentaux précités, ainsi qu’à l’obligation qui pèse légalement sur l’administration fiscale d’apporter la preuve de ce qu’elle avance en tenant compte de circonstances objectives, la pratique en vertu de laquelle ladite administration

a)

exige de l’assujetti, comme condition de l’exercice du droit à déduction, en invoquant le fait qu’il n’a pas été fait montre de toute la diligence requise, qu’il vérifie si l’émetteur de la facture n’a pas commis une erreur, de nature à entraîner l’invalidité [du contrat], qui n’a aucun lien de causalité avec le respect de l’obligation de verser la TVA, et donc avec l’exercice du droit à déduction, puisque, en vertu du droit de l’Union et du droit national, l’obligation de paiement de la TVA s’applique également dans le cas des contrats invalides, dès lors qu’un résultat économique peut être démontré,

b)

refuse à l’assujetti, sans vérifier s’il a fait preuve de la diligence requise, le droit à la déduction de la taxe payée en amont au motif qu’elle a constaté, après l’opération économique et en se fondant sur des circonstances propres à l’émetteur de la facture intervenues au cours de la période faisant l’objet du contrôle, que l’opération économique visée par la facture n’a pas eu lieu,

c)

répercute la charge de la preuve infructueuse sur l’assujetti qui a justifié l’opération économique au moyen d’une facture, en invoquant le fait que, pour que soit autorisée la déduction de la TVA, il est nécessaire, outre la facture, que les circonstances dans lesquelles s’est réalisée l’opération économique visée par la facture fassent l’objet d’explications détaillées de la part des assujettis mentionnés sur la facture ainsi que des représentants des sociétés qui ont pris part, d’une manière ou d’une autre, à la réalisation de l’opération économique, eu égard également au principe énoncé par la Cour selon lequel les règles de droit national en matière d’administration de la preuve ne doivent pas porter atteinte à l’application effective du droit de l’Union ?

3)

Eu égard aux règles précitées de la directive TVA, à l’article 47 de la Charte et à la primauté du droit de l’Union, y a-t-il lieu, lorsque l’administration fiscale conclut que l’opération économique n’a pas eu lieu en se référant aux mêmes circonstances que celles qu’elle examine également s’agissant de déterminer ce que savait ou devait savoir l’assujetti, d’appliquer les décisions de la Cour contenant des orientations sur les règles de la directive TVA relatives au droit à déduction et sur les circonstances à apprécier s’agissant de déterminer ce que savait ou devait savoir l’assujetti ?

4)

Faut-il considérer comme constituant une violation de l’article 267 TFUE, du principe de primauté du droit de l’Union, du droit à une protection juridictionnelle effective et du droit à un procès équitable au sens de l’article 47 de la Charte le fait que la juridiction de l’État membre statuant en dernier ressort

a)

n’applique pas, dans le cadre du pourvoi portant sur le réexamen des décisions ayant pour objet la déduction de la TVA, les décisions de la Cour en matière de déduction de la TVA, ou s’oppose à ce qu’il y soit fait référence dans le cadre de la procédure sur renvoi après cassation, au motif d’une différence dans les circonstances factuelles par rapport à ces décisions de la Cour, en invoquant le fait que lesdites décisions ne contiennent que l’une ou l’autre circonstance seulement par comparaison avec l’ensemble des circonstances énumérées dans la décision faisant l’objet du pourvoi, et en se référant à la distinction effectuée aux points 1 et 2 de l’avis 5/2016. (IX. 26.) KMK de la juridiction statuant en dernier ressort, selon la logique duquel la décision de la Cour rendue en matière de TVA n’a pas vocation à s’appliquer si l’administration fiscale constate que l’opération économique visée par la facture n’a pas eu lieu, et ce en dépit du fait que la requérante, dans sa requête, conteste la légalité de cette constatation,

b)

après avoir déclaré que c’est erronément que les décisions de la Cour ont fait l’objet d’une application dans l’affaire en cause, impose à la juridiction saisie dans le cadre de la procédure sur renvoi après cassation l’obligation de statuer dans la nouvelle procédure en se conformant, en contradiction avec les décisions de la Cour, à la jurisprudence résumée dans l’avis KMK de la Kúria (Cour suprême, Hongrie) – dépourvue de valeur contraignante – qui est suivie depuis l’adoption de cet avis,

c)

dans le cadre d’un pourvoi en cassation, écarte une décision adoptée sur la base d’un arrêt de la Cour rendu dans le cadre d’une procédure préjudicielle et rend une décision en sens contraire sans que la juridiction statuant en dernier ressort ait elle-même introduit une demande de décision préjudicielle, en dépit des contradictions en matière d’interprétation du droit de l’Union constatées dans sa décision ?

5)

Compte tenu de l’effectivité des droits et des principes énumérés au point précédent ainsi que de l’obligation d’écarter le droit national contraire au droit de l’Union, une juridiction appelée à statuer à nouveau, sur renvoi de l’affaire devant elle par la juridiction statuant en dernier ressort, peut-elle, dans le cadre de la procédure sur renvoi après cassation, s’écarter des orientations qui lui ont été fournies par la juridiction statuant en dernier ressort, si elle juge ces orientations contraires au droit de l’Union et que la juridiction statuant en dernier ressort a donné lesdites orientations sans introduire de procédure préjudicielle ou que, après qu’une procédure sur renvoi après cassation a été ordonnée, la Cour, dans une affaire portant sur des faits similaires, a rendu, sur une question de droit identique, une décision contraire à l’interprétation du droit qui sous-tend l’injonction de reprendre la procédure ; ou bien la possibilité de déroger aux injonctions de la juridiction d’un État membre statuant en dernier ressort et d’appliquer la décision rendue ultérieurement par la Cour n’est-elle ouverte que si la juridiction à nouveau saisie engage une procédure préjudicielle dans le cadre du renvoi de l’affaire devant elle après cassation ?

6)

Eu égard au principe de la primauté du droit de l’Union et à l’obligation qui en découle d’écarter le droit national contraire audit droit de l’Union, la réponse aux questions 4 et 5 est-elle applicable dans tous les cas d’espèce, quel que soit l’objet du litige, ou seulement dans ceux où c’est le droit à déduction de la TVA qui est en cause ?


(1) Directive 2006/112/CE du Conseil du 28 novembre 2006 relative au système commun de taxe sur la valeur ajoutée (JO 2006, L 347, p. 1).


ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/5500/oj

ISSN 1977-0936 (electronic edition)


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