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AccueilDroit européen62024CN0533
Jurisprudence CJUE62024CN0533

Affaire C-533/24, Vermilion Energy Ireland e.a.: Demande de décision préjudicielle présentée par la High Court (Irlande) le 1er août 2024 – Vermilion Energy Ireland Ltd, Vermilion Exploration and Production Ireland Ltd, Vermilion Energy Corrib Ireland Ltd/The Minister for the Environment, Climate and Communications, Irlande, The Attorney General

CELEX62024CN0533
TypeJurisprudence CJUE
Datejeudi 1 août 2024

Résumé IA

Cette affaire préjudicielle concerne l'interprétation de la directive sur les émissions industrielles (IED) et son application aux activités d'extraction d'hydrocarbures. La Cour de justice devra préciser si les autorités nationales peuvent imposer des conditions environnementales plus strictes que les meilleures techniques disponibles (MTD) lors de l'octroi de permis, et déterminer la portée des contrôles juridictionnels sur ces décisions.

Texte intégral

European flag

Journal officiel
de l'Union européenne

FR

Série C


C/2024/6632

11.11.2024

Demande de décision préjudicielle présentée par la High Court (Irlande) le 1er août 2024 – Vermilion Energy Ireland Ltd, Vermilion Exploration and Production Ireland Ltd, Vermilion Energy Corrib Ireland Ltd/The Minister for the Environment, Climate and Communications, Irlande, The Attorney General

(Affaire C-533/24, Vermilion Energy Ireland e.a.)

(C/2024/6632)

Langue de procédure : l’anglais

Juridiction de renvoi

High Court

Parties à la procédure au principal

Parties requérantes : Vermilion Energy Ireland Ltd, Vermilion Exploration and Production Ireland Ltd, Vermilion Energy Corrib Ireland Ltd

Parties défenderesses : The Minister for the Environment, Climate and Communications, Ireland, The Attorney General

Questions préjudicielles

1)

L’article 122 TFUE constitue-t-il une base juridique valide pour [adopter] le chapitre III du règlement [2022/1854] (1) ? Si tel n’est pas le cas, le chapitre III est-il invalide en raison du fait que le règlement a été adopté

a)

sur une base juridique invalide ou

b)

de manière non conforme aux exigences de l’article 122 TFUE ou

c)

en violation du principe d’attribution des compétences prévu par les dispositions du Traité UE ou bien

d)

en violation de l’exigence d’un vote à l’unanimité au sein du Conseil de l’Union européenne pour l’adoption de mesures concernant la fiscalité directe ou de mesures fiscales ?

2)

Le chapitre III du règlement [2022/1854], et notamment ses articles 14 et 15, en ce qu’il prévoit que la contribution temporaire de solidarité s’applique aux exercices 2022 ou 2023, méconnaît-il les principes généraux de sécurité juridique ou de non rétroactivité ou [encore] le principe de proportionnalité, de sorte que le chapitre III du règlement [2022/1854] est invalide, notamment ses articles 14 ou 15 ?

3)

Le chapitre III du règlement, et notamment ses articles 14 ou 15, dans le cadre de l’introduction de la contribution temporaire de solidarité, est-il invalide au motif qu’il interfère avec les droits des requérantes garantis par les articles 16 et 17 de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne ?

4)

Lorsqu’il est demandé à une juridiction nationale de statuer sur la compatibilité de l’Energy (Windfall Gains in the Energy Sector) (Temporary Solidarity Contribution) Act [Loi sur l’énergie (gains exceptionnels dans le secteur de l’énergie) (contribution temporaire de solidarité), ci-après la «Loi de 2023» (2) avec les principes généraux de sécurité juridique ou de non rétroactivité du droit de l’Union parce qu’elle impose une contribution temporaire de solidarité pour les années 2022 et 2023 par référence à la définition de la «période d’imposition» (définie à l’article 2 de la Loi de 2023 comme «la période de 12 mois commençant respectivement le 1er janvier 2022 et 2023», quels sont les facteurs pertinents pour apprécier la validité de la Loi de 2023 au regard des principes du droit de l’Union susmentionnés, et quelle est la pertinence (le cas échéant) des facteurs suivants (étant observé que les faits doivent encore être déterminés par la juridiction de renvoi) ?

a)

Le fait que le règlement [2022/1854] a été publié le 7 octobre 2022 et qu’il est entré en vigueur le lendemain,

b)

le fait qu’au moment de l’entrée en vigueur du règlement [2022/1854], l’année 2022 n’était pas encore terminée et que l’année 2023 n’avait pas encore commencé,

c)

le fait que certaines des opérations qui ont généré des bénéfices pour les requérantes en 2022 (mais pas toutes) étaient achevées lorsque le règlement est entré en vigueur,

d)

le fait que le règlement [2022/1854] exige des États membres qu’ils instaurent une contribution temporaire de solidarité ou des mesures équivalentes pour les années 2022 ou 2023,

e)

le fait que la Loi de 2023 a été promulguée le 17 juillet 2023 et qu’elle s’applique depuis le 2 août 2023,

f)

le fait que la Loi de 2023 n’impose qu’une responsabilité civile,

g)

le fait que l’Irlande a des obligations claires en vertu du règlement [2022/1854],

h)

la justification avancée par l’Irlande pour sa définition de la «période d’imposition»

i)

le fait qu’une société apparentée aux requérantes a déclaré à l’autorité nationale irlandaise chargée de l’application du droit de la concurrence qu’elle considérait l’augmentation de sa participation dans le champ gazier de Corrib comme un «investissement intéressant» après l’adoption du règlement [2022/1854] et l’annonce des mesures prises par le gouvernement irlandais pour mettre en œuvre la contribution temporaire de solidarité, ou

j)

un autre facteur, et dans l’affirmative, lequel ?

5)

Lorsque les requérantes soutiennent que l’obligation de payer la contribution temporaire de solidarité a violé les droits qu’elles tirent des articles 16 et 17 de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne (ou l’un d’entre eux) ou le principe de proportionnalité, y compris tel qu’énoncé dans les considérants 54 et 55 du règlement, notamment en raison :

a)

de l’imposition d’un taux de 75 % en vertu de l’article 4, paragraphe 2, de la Loi de 2023 ou

b)

de la manière dont la Loi de 2023 a régi le traitement des pertes au cours des années fiscales précédentes,

Quels sont les facteurs pertinents pour une juridiction nationale statuant sur la compatibilité de la Loi de 2023 avec les dispositions susmentionnées du droit de l’Union, quelle pertinence (le cas échéant) devrait être reconnue aux facteurs suivants (étant observé que les faits doivent encore être déterminés par la juridiction de renvoi) ?

a)

Le fait que les prix de l’énergie ont considérablement augmenté en Irlande et dans d’autres États membres,

b)

l’affirmation (formulée par les défendeurs mais contestée par les requérantes) selon laquelle cela a causé des difficultés aux consommateurs et aux entreprises en Irlande, auxquelles les défendeurs ont remédié en aidant les consommateurs et les entreprises pour un coût d’environ 4,5 milliards d’euros,

c)

l’affirmation (formulée par les défendeurs mais contestée par les requérantes) selon laquelle les requérantes ont réalisé des bénéfices importants en 2022 et 2023 en raison d’une augmentation générale du prix de l’énergie, plutôt qu’en raison d’investissements supplémentaires ou d’une efficacité améliorée ou du développement/de la mise en œuvre de nouvelles caractéristiques de produit pour lesquelles les clients paieraient un prix plus élevé,

d)

le fait que les bénéfices ont dépassé 120 % de la moyenne des bénéfices des quatre années précédentes,

e)

le fait que le règlement exige des États membres qu’ils imposent une contribution temporaire de solidarité ou des mesures équivalentes sur ces bénéfices,

f)

le fait que, lorsque les États membres instaurent une contribution temporaire de solidarité, le règlement [2022/1854] fixe un taux minimum de 33 % mais pas de taux maximum,

g)

le fait que l’Irlande a fixé un taux de 75 % (applicable à la part des bénéfices qui excède 120 % de la moyenne des bénéfices des quatre années précédentes),

h)

le fait que les requérantes ont payé environ 99 millions d’euros au titre de la contribution temporaire de solidarité pour l’année 2022,

i)

le fait que les requérantes s’attendent à payer environ 40 millions d’euros au titre de la contribution temporaire de solidarité pour l’année 2023,

j)

le fait que les recettes de la contribution temporaire de solidarité sont appliquées aux coûts des mesures adoptées par les défendeurs pour aider les consommateurs et les entreprises à faire face à l’augmentation des prix de l’énergie,

k)

le fait que le législateur de l’Union ou le législateur irlandais ait jugé approprié que les entreprises réalisant des bénéfices supérieurs à la normale contribuent de manière raisonnable aux coûts encourus pour soutenir les consommateurs et les entreprises,

l)

le fait que les requérantes affirment qu’elles ne s’attendaient pas à être assujetties à l’impôt irlandais sur les sociétés en 2022 ou 2023 en raison des pertes accumulées au cours des exercices fiscaux précédents (étant observé que, comme pour toutes les questions de fait et les affirmations qui n’ont pas été expressément déclarées acceptées, la juridiction nationale déterminera si cette affirmation et son caractère raisonnable sont avérés),

m)

le fait que l’article 16, paragraphe [2], du règlement [2022/1854] dispose que «[l]a contribution de solidarité temporaire s’applique en plus des impôts et prélèvements réguliers applicables conformément au droit national d’un État membre»

n)

le fait que la Loi de 2023 ne permet pas de tenir compte des pertes des années antérieures à 2018 pour déterminer les bénéfices soumis à la contribution temporaire de solidarité,

o)

le fait qu’une société apparentée aux requérantes a déclaré à l’autorité nationale irlandaise chargée de l’application du droit de la concurrence qu’elle considérait l’augmentation de sa participation dans le champ gazier de Corrib comme un «investissement intéressant» après l’adoption du règlement [2022/1854] et l’annonce des mesures prises par le gouvernement irlandais pour mettre en œuvre la contribution temporaire de solidarité, ou

p)

un autre facteur, et le cas échant, lequel ?


(1) Règlement [(UE) 2022/1854 du Conseil, du 6 octobre 2022, sur une intervention d’urgence pour faire face aux prix élevés de l’énergie (JO 2022, L 261I, p. 1).

(2) Energy (Windfall Gains in the Energy Sector) (Temporary Solidarity Contribution) Act 2023.


ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/6632/oj

ISSN 1977-0936 (electronic edition)


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