| CELEX | 62024CN0536 |
| Type | Jurisprudence CJUE |
| Date | mardi 6 août 2024 |
| Journal officiel | FR Série C |
| C/2024/5411 | 16.9.2024 |
Pourvoi formé le 6 août 2024 par le Conseil de résolution unique contre l’arrêt du Tribunal (huitième chambre élargie) rendu le 29 mai 2024 dans l’affaire T-395/22, Hypo Vorarlberg Bank AG/Comité de résolution unique
(Affaire C-536/24 P)
(C/2024/5411)
Langue de procédure : l’allemand
Parties
Partie requérante : Comité de résolution unique (représentants : D. Ceran, C. De Falco, H. Ehlers et K.-Ph. Wojcik, en qualité d’agents, assistés de H.-G. Kamann et P. Gey, avocats)
Autres parties à la procédure : Hypo Vorarlberg Bank AG, Conseil de l’Union européenne, Parlement européen
Conclusions de la partie requérante
Le Comité de résolution unique conclut à ce qu’il plaise à la Cour :
| — | annuler l’arrêt du Tribunal du 29 mai 2024 dans l’affaire T-395/22, Hypo Vorarlberg Bank AG/Comité de résolution unique (1) ; |
| — | rejeter le recours ou, à titre subsidiaire, renvoyer l’affaire devant le Tribunal ; et |
| — | à titre subsidiaire : maintenir les effets de la décision litigieuse pendant une période de 30 mois à compter de la date à laquelle l’arrêt dans la présente procédure de pourvoi deviendra définitif ; |
| — | condamner Hypo Vorarlberg Bank AG aux dépens tant de première que de seconde instance. |
Moyens et principaux arguments
Selon le comité de résolution unique (CRU), il y a lieu d’annuler l’arrêt attaqué, par lequel le Tribunal a annulé la décision du CRU du 11 avril 2022 (2) sur le calcul des contributions ex ante au Fonds de résolution unique (FRU), en ce qu’elle concerne Hypo Vorarlberg Bank. À cet égard, le CRU s’appuie sur cinq moyens de pourvoi au total.
Premièrement, le CRU fait valoir que les constatations du Tribunal qui figurent aux points 23 à 43 et, en particulier, aux points 32 à 41 de l’arrêt attaqué, selon lesquelles l’attribution de compétences d’exécution au Conseil prévue à l’article 70, paragraphe 7, du règlement (UE) no 806/2014 (3) n’est pas suffisamment motivée en tant que «cas spécifique dûment justifié» au sens de l’article 291, paragraphe 2, TFUE, sont entachées d’erreur de droit. Selon le CRU, le Tribunal est allé au-delà du critère de motivation exigé par la jurisprudence et n’a pas tenu compte de la motivation figurant au considérant 114 du règlement no 806/2014, qui doit être appréciée dans son contexte pertinent.
Deuxièmement, le CRU fait valoir que le Tribunal, dans le cadre de ses constatations figurant aux points 45 à 87 de l’arrêt attaqué, a interprété de manière erronée l’article 70, paragraphe 7, du règlement no 806/2014 et a mal compris l’article 8, paragraphe 1, du règlement d’exécution (UE) 2015/81 (4). En particulier, selon le CRU, le Tribunal a commis une erreur de droit en qualifiant, en méconnaissance du caractère transitoire de cette disposition, l’article 8, paragraphe 1, du règlement d’exécution 2015/81 de modification de la méthode de calcul prévue à l’article 70, paragraphe 1, et paragraphe 2, deuxième alinéa, du règlement no 806/2014.
Troisièmement, le CRU fait grief au Tribunal d’avoir interprété de manière erronée l’article 69, paragraphe 1, du règlement no 806/2014. Le Tribunal a constaté que le CRU aurait dû estimer le niveau cible pronostiqué «avec suffisamment de prudence» et de manière «prudente» (points 125 et 126 de l’arrêt attaqué). Selon le CRU, cela signifie, en substance, qu’il aurait dû délibérément surestimer de manière considérable le niveau cible, afin de garantir le respect cumulé du plafond de 12,5 % et de la règle selon laquelle le niveau cible doit atteindre, à la fin de la période initiale, 1 %, des dépôts couverts dans l’union bancaire (règle des 1 %). Selon le CRU, cette approche viole les principes de sécurité juridique, de bonne administration et de proportionnalité, elle est contraire à la doctrine Meroni et est intrinsèquement contradictoire.
Quatrièmement, le CRU soulève le grief selon lequel le Tribunal, en invoquant le libellé prétendument clair et sans équivoque de l’article 70, paragraphe 2, premier et quatrième alinéas, du règlement no 806/2014, a, aux points 114 à 127 de l’arrêt attaqué, interprété cette disposition de manière juridiquement erronée, en ce que, pendant la période initiale, le plafond de 12,5 % doit en toutes circonstances être appliqué de manière stricte. Selon le CRU, non seulement la motivation fournie est contradictoire et s’enferme dans un cercle vicieux, mais l’interprétation du Tribunal méconnaît également le contexte et l’objectif de ladite disposition.
Cinquièmement, le CRU fait enfin valoir que le Tribunal a commis une erreur de droit et n’a pas apprécié, conformément à ce qui lui incombait, les circonstances de fait et de droit telles qu’elles existaient au moment de l’adoption de la décision attaquée. Au contraire, il s’est fondé sur une base d’examen erronée en appréciant, sur la base d’une option qui n’existait qu’en 2016, à savoir la surestimation, depuis le début de la période initiale, du niveau cible pronostiqué, la question de savoir si le CRU peut respecter simultanément le plafond de 12,5 % et la règle des 1 %.
(1) EU:T:2024:333.
(2) SRB/ES/2022/18
(3) Règlement (UE) no 806/2014 du Parlement européen et du Conseil, du 15 juillet 2014, établissant des règles et une procédure uniformes pour la résolution des établissements de crédit et de certaines entreprises d’investissement dans le cadre d’un mécanisme de résolution unique et d’un Fonds de résolution bancaire unique, et modifiant le règlement (UE) no 1093/2010 (JO 2014, L 225, p. 1).
(4) Règlement d’exécution (UE) 2015/81 du Conseil, du 19 décembre 2014, définissant des conditions uniformes d’application du règlement no 806/2014 en ce qui concerne les contributions ex ante au Fonds de résolution unique (JO 2015, L 15, p. 1).
ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/5411/oj
ISSN 1977-0936 (electronic edition)
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