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AccueilDroit européen62024CN0540
Jurisprudence CJUE62024CN0540

Affaire C-540/24, Cabris lnvestments: Demande de décision préjudicielle présentée par le Handelsgericht Wien (Autriche) le 8 août 2024 – Cabris lnvestments Ltd/Revetas Capital Advisors LLP

CELEX62024CN0540
TypeJurisprudence CJUE
Datejeudi 8 août 2024

Résumé IA

Cette demande préjudicielle autrichienne concerne l'interprétation du règlement Bruxelles I bis (refonte) en matière de compétence judiciaire internationale. Elle vise à déterminer si une action en responsabilité pour manquement aux obligations d'un mandat peut être qualifiée de "matière contractuelle" au sens de l'article 7, point 1, du règlement, afin d'établir la juridiction compétente. La réponse de la Cour guidera les juridictions nationales sur la qualification de ce type de litige et les règles applicables pour fixer le for en cas de relations commerciales transnationales.

Texte intégral

European flag

Journal officiel
de l'Union européenne

FR

Série C


C/2024/6635

11.11.2024

Demande de décision préjudicielle présentée par le Handelsgericht Wien (Autriche) le 8 août 2024 – Cabris lnvestments Ltd/Revetas Capital Advisors LLP

(Affaire C-540/24, Cabris lnvestments)

(C/2024/6635)

Langue de procédure : l’allemand

Juridiction de renvoi

Handelsgericht Wien

Parties à la procédure au principal

Partie requérante : Cabris lnvestments Ltd

Partie défenderesse : Revetas Capital Advisors LLP

Questions préjudicielles

1)

L’article 25 du règlement (UE) no 1215/2012 (1) (du Parlement européen et du Conseil, du 12 décembre 2012, concernant la compétence judiciaire, la reconnaissance et l’exécution des décisions en matière civile et commerciale) doit-il être interprété en ce sens qu’une convention attributive de juridiction, par laquelle les parties au contrat, qui sont domiciliées au Royaume-Uni et donc dans un pays (désormais) tiers, conviennent que les juridictions d’un État membre de l’Union sont compétentes pour connaître des litiges découlant de ce contrat, relève de cette disposition, même si le contrat sous-jacent ne présente aucun autre lien avec cet État membre désigné comme for compétent ? Dès lors, les principes énoncés par la Cour dans l’arrêt C-566/22 du 8 février 2024 (2) s’appliquent-ils de la même manière lorsque la date de conclusion d’une convention attributive de juridiction entre deux parties contractantes ayant leur siège au Royaume-Uni se situe dans la période précédant la fin de la période de transition du «Brexit» à savoir le 31 décembre 2020, mais que le recours n’a été introduit qu’après l’entrée en vigueur du «Brexit» en sachant que la relation contractuelle entre ces ressortissants d’un pays (désormais) tiers ne présente aucun autre lien avec l’État membre de l’Union choisi (voir cependant, à cet égard, les considérants 13 et 14 du règlement no 1215/2012), et que, de surcroît, l’article 50, paragraphe 3, TUE exclut, de manière générale, l’applicabilité des traités européens au Royaume-Uni après le «Brexit» ?

Si la Cour rejette l’application de l’article 25 du règlement (UE) no 1215/2012 dans la situation du pays tiers qui vient d’être évoquée, les questions suivantes se posent :

2)

L’article 68 du règlement no 1215/2012 doit-il être interprété en ce sens qu’il a définitivement abrogé la convention de Bruxelles de 1968 concernant la compétence judiciaire et l’exécution des décisions en matière civile et commerciale (ci-après la «convention de Bruxelles» (3) – y compris dans le cadre d’une procédure impliquant le Royaume-Uni (compte tenu du «Brexit» –, si bien qu’il n’est actuellement plus possible pour un État membre de l’Union de recourir à cette convention ?

3)

L’article 69 du règlement no 1215/2012, dans la version de la «liste 3» établie en vertu de la notification prévue à l’article 76 du règlement (UE) no 1215/2012 du Parlement européen et du Conseil concernant la compétence judiciaire, la reconnaissance et l’exécution des décisions en matière civile et commerciale (4), et l’article 55, 13e tiret, de la convention de Bruxelles, doivent-ils être interprétés en ce sens qu’ils ont abrogé définitivement la convention entre le Royaume-Uni et l’Autriche sur la reconnaissance et l’exécution réciproques des décisions judiciaires en matière civile et commerciale, signée à Vienne le 14 juillet 1961, ainsi que le protocole de modification signé à Londres le 6 mars 1970, y compris à l’égard du Royaume-Uni (compte tenu du «Brexit», si bien qu’il n’est plus possible de recourir à ce traité international du 14 juillet 1961 dans le cadre d’une procédure impliquant le Royaume-Uni (compte tenu du «Brexit», eu égard notamment au fait que, conformément à l’article 70, paragraphe 1, du règlement no 1215/2012, les conventions visées à l’article 69 du règlement no 1215/2012 continuent à produire leurs effets dans les matières auxquelles le règlement n’est pas applicable. Dès lors, en ce qui concerne le Royaume-Uni, un traité d’État conclu avec la République d’Autriche, qui avait déjà été déclaré «remplacé» par le droit primaire dans le passé, peut-il être déclaré à nouveau applicable rétroactivement entre ces États après le «Brexit» («rétablissement d’un traité d’État» en vertu de l’article 70, paragraphe 1, du règlement no 1215/2012 ?

En cas de réponse affirmative : un tel «rétablissement» serait-il également valable dans le champ d’application des dispositions – convergentes – de l’article 56 de la convention de Bruxelles ?

4)

L’article 50, paragraphe 3, TUE doit-il être interprété en ce sens qu’il s’oppose à l’application ou au «rétablissement» des articles 17 et 18 de la convention de Bruxelles également à l’égard du Royaume-Uni (compte tenu du «Brexit», lorsqu’une procédure engagée en Autriche oppose deux parties ayant leur siège au Royaume-Uni, lesquelles ont convenu, dans leur contrat – conclu le 6 mai 2020 – d’attribuer la compétence exclusive au Handelsgericht Wien (tribunal de commerce de Vienne, Autriche) ? Dans ces conditions, la règle de l’article 50, paragraphe 3, TUE prévaut-elle sur l’article 66 de la convention de Bruxelles, selon lequel ladite convention est conclue «pour une durée illimitée» ?

5)

Dans le cas où la Cour conclurait à la primauté d’application de la convention de Bruxelles au sens des questions 2) à 4) ci-dessus – y compris à l’égard du Royaume-Uni –, la question suivante se pose : la primauté de principe de la convention de Bruxelles s’oppose-t-elle à une réglementation du Royaume-Uni excluant expressément tout recours à la convention de Bruxelles, y compris pour les conventions attributives de juridiction conclues avant l’entrée en vigueur du «Brexit» (voir la réglementation britannique prévue à l’article 82, paragraphe 1, sous b), point i), du «Regulations 4 25 Civil Jurisdiction and Judgments [amendments etc] [EU Exit] Regulations 2019 [SI 2019/479]» [règles 4 à 25 du règlement de 2019 sur la compétence judiciaire et les jugements en matière civile (modifications etc.) (sortie de l’UE), texte réglementaire no 2019/479] (ci-après le «règlement britannique de 2019» qui était en vigueur jusqu’au 29 février 2024 et qui est manifestement encore applicable en l’espèce, le recours ayant été introduit le 30 juin 2023) ?

En cas de réponse négative : lors de l’examen de la validité d’une convention attributive de juridiction conclue le 6 mai 2020 (soit avant le «Brexit» entre deux sociétés britanniques avec élection de for autrichien, une juridiction autrichienne est-elle néanmoins liée par cette exclusion de la convention de Bruxelles – prévue par la législation du Royaume-Uni – en vertu de l’article 82, paragraphe 1, sous b), point i), du règlement britannique de 2019, notamment en raison de la primauté du droit primaire, ce qui ferait en principe obstacle à une exécution effective au Royaume-Uni (la dernière question suppose l’abrogation de la convention entre le Royaume-Uni et l’Autriche sur la reconnaissance et l’exécution réciproques des décisions judiciaires en matière civile et commerciale, signée à Vienne le 14 juillet 1961, ainsi que le protocole de modification signé à Londres le 6 mars 1970 au sens de la question 3) ?


(1) Règlement (UE) no 1215/2012 du Parlement européen et du Conseil du 12 décembre 2012 concernant la compétence judiciaire, la reconnaissance et l’exécution des décisions en matière civile et commerciale (JO 2012, L 351, p. 1).

(2) EU:C:2024:123.

(3) Convention de Bruxelles de 1968 concernant la compétence judiciaire et l’exécution des décisions en matière civile et commerciale (JO 1972, L 299, p. 32).

(4) Les notifications prévues à l’article 76 du règlement (UE) n °1215/2012 du Parlement européen et du Conseil concernant la compétence judiciaire, la reconnaissance et l’exécution des décisions en matière civile et commercial (JO 2015, C 4, p. 2).


ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/6635/oj

ISSN 1977-0936 (electronic edition)


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