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AccueilDroit européen62024CN0555
Jurisprudence CJUE62024CN0555

Affaire C-555/24 P: Pourvoi formé le 14 août 2024 par Magistrats européens pour la démocratie et les libertés (Medel), International Association of Judges, Association of European Administrative Judges et Stichting Rechters voor Rechters contre l’ordonnance du Tribunal (grande chambre) rendue le 4 juin 2024 dans l’affaire T-530/22 JT, Medel e.a./Conseil

CELEX62024CN0555
TypeJurisprudence CJUE
Datemercredi 14 août 2024

Résumé IA

Ce pourvoi devant la Cour de justice de l'UE conteste l'ordonnance du Tribunal rejetant le recours de plusieurs associations de magistrats. L'affaire porte sur l'accès à la justice et le contrôle juridictionnel des mesures du Conseil concernant des sanctions à l'encontre de juges nationaux.

Texte intégral

European flag

Journal officiel
de l'Union européenne

FR

Série C


C/2024/5792

7.10.2024

Pourvoi formé le 14 août 2024 par Magistrats européens pour la démocratie et les libertés (Medel), International Association of Judges, Association of European Administrative Judges et Stichting Rechters voor Rechters contre l’ordonnance du Tribunal (grande chambre) rendue le 4 juin 2024 dans l’affaire T-530/22 JT, Medel e.a./Conseil

(Affaire C-555/24 P)

(C/2024/5792)

Langue de procédure : l’anglais

Parties

Parties requérantes : Magistrats européens pour la démocratie et les libertés (Medel), International Association of Judges, Association of European Administrative Judges et Stichting Rechters voor Rechters (représentants : C. Zatschler SC, D. Sarmiento Ramírez-Escudero, avocat, E. Egan McGrath SC, A. Bateman, M. Delargy, Solicitors)

Autres parties à la procédure : Conseil de l’Union européenne, Hongrie, République de Pologne, Commission européenne

Conclusions

Les parties requérantes concluent à ce qu’il plaise à la Cour :

—

annuler l’ordonnance attaquée ;

—

rejeter l’exception d’irrecevabilité soulevée par le Conseil, déclarer les recours recevables et renvoyer l’affaire devant le Tribunal pour qu’il statue au fond, et

—

condamner le Conseil à supporter les dépens des parties requérantes afférents tant à l’exception d’irrecevabilité qu’au pourvoi, et à supporter ses propres dépens à cet égard, indépendamment de l’issue de l’affaire.

Moyens et principaux arguments

Le premier moyen porte sur la qualité pour agir de juges polonais concernés par des décisions de la chambre disciplinaire, aspect sur lequel le raisonnement du Tribunal est entaché d’une interprétation et d’une application erronées de la jurisprudence constante de la Cour relative à la notion d’«affectation directe» prévue à l’article 263, quatrième alinéa, TFUE, telle qu’elle résulte notamment de l’arrêt Nord Stream 2/Parlement et Conseil (1). À tout le moins, le Tribunal a commis une erreur à l’égard des éléments suivants, qui feront l’objet de branches distinctes dans le cadre du présent moyen :

1)

au lieu de se focaliser sur l’effet concret des jalons sur les juges en question, le Tribunal s’est concentré sur leur objet et leur nature ;

2)

le Tribunal a limité à tort la portée des jalons en considérant qu’ils ont le «caractère d’une conditionnalité budgétaire» au lieu de les regarder comme des exigences aux fins de l’introduction de réformes spécifiques ; et

3)

le Tribunal a commis une erreur dans l’interprétation et l’application de la condition du «lien direct» précisée dans l’arrêt Nord Stream 2/Parlement et Conseil, en concluant que les jalons F2G et F3G n’ont pas modifié la situation juridique des juges affectés par des décisions de la chambre disciplinaire.

Le deuxième moyen porte sur la qualité pour agir des juges en général, lesquels sont directement concernés par le fait que les trois jalons judiciaires n’ont pas rétabli une protection juridictionnelle effective, de sorte qu’ils sont notamment tenus d’exercer leurs fonctions, y compris le jugement d’affaires relatives au financement de la facilité pour la reprise et la résilience, dans des conditions précaires. Dans ce contexte, le Tribunal s’est fondé à tort sur la prémisse selon laquelle les effets pertinents aux fins de l’affectation directe ne peuvent découler que de l’imposition d’obligations positives aux parties requérantes et non de l’omission d’imposer des garanties nécessaires en leur faveur.

Le troisième moyen est fondé sur le fait que le Tribunal n’a pas reconnu que, au vu des circonstances particulières de l’affaire, les conditions de recevabilité auraient dû être interprétées de manière à ce que les parties requérantes et leurs membres soient considérés comme directement concernés. Ce moyen conteste également l’application de la jurisprudence Carvalho e.a./Parlement et Conseil (2), relative à la qualité des parties requérantes pour agir en leur nom propre. Les arguments avancés dans le cadre de ce moyen concernent :

1)

la violation de l’article 263, quatrième alinéa, TFUE à la lumière du droit fondamental à une protection juridictionnelle effective, prévu à l’article 19, paragraphe 1, TUE et à l’article 47 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne ;

2)

la jurisprudence KlimaSeniorinnen (3) de la Cour européenne des droits de l’homme ;

3)

le système de protection de l’État de droit exposé par le Tribunal au point 118 de son ordonnance.


(1) Arrêt du 12 juillet 2022 (C-348/20 P, EU:C:2022:548).

(2) Ordonnance du 8 mai 2019 (T-330/18, EU:T:2019:324).

(3) Cour EDH, 9 avril 2024, Verein KlimaSeniorinnen Schweiz et autres c. Suisse, CE:ECHR:2024:0409JUD005360020.


ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/5792/oj

ISSN 1977-0936 (electronic edition)


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