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AccueilDroit européen62024CN0638
Jurisprudence CJUE62024CN0638

Affaire C-638/24 P: Pourvoi formé le 30 septembre 2024 par EUCAP Sahel Niger contre l’arrêt du Tribunal (Neuvième chambre) rendu le 17 juillet 2024 dans l’affaire T-371/22, EUCAP Sahel Niger / Montanari

CELEX62024CN0638
TypeJurisprudence CJUE
Datelundi 30 septembre 2024

Résumé IA

Il s'agit d'un pourvoi devant la Cour de justice de l'Union européenne contre un arrêt du Tribunal de l'Union européenne. La procédure concerne un litige entre la mission civile de l'UE EUCAP Sahel Niger et un de ses membres, portant sur des questions de droit de la fonction publique européenne et de compétence juridictionnelle.

Texte intégral

European flag

Journal officiel
de l'Union européenne

FR

Série C


C/2025/527

3.2.2025

Pourvoi formé le 30 septembre 2024 par EUCAP Sahel Niger contre l’arrêt du Tribunal (Neuvième chambre) rendu le 17 juillet 2024 dans l’affaire T-371/22, EUCAP Sahel Niger / Montanari

(Affaire C-638/24 P)

(C/2025/527)

Langue de procédure: le français

Parties

Partie requérante: EUCAP Sahel Niger (représentant: E. Raoult, avocate)

Autre partie à la procédure: Marco Montanari

Conclusions

La requérante conclut à ce qu’il plaise à la Cour:

—

Accueillir le pourvoi et constater l’annulation partielle de l'arrêt du Tribunal du 17 juillet 2024, Montanari/EUCAP Sahel Niger (T-371/22);

—

Rejeter la demande dans son intégralité;

—

Condamner le requérant aux dépens dans la procédure T-371/22, y compris ceux afférents au présent recours.

Moyens et principaux arguments

La requérante relève que la Mission EUCAP Sahel Niger dispose de règles équivalentes aux dispositions comprises au statut des fonctionnaires de l’Union européenne en matière de harcèlement moral et de protection fonctionnelle. Ce serait donc à tort que le Tribunal se fonde sur le principe de l’égalité de traitement pour appliquer l’article 12bis du statut au requérant.

Compte tenu de l’existence des règles et des voies de recours propres à la Mission, d’un niveau comparable aux règles du statut, la requérante soutient que le Tribunal n’était pas fondé à appliquer les dispositions du statut. Le Tribunal aurait commis une erreur de droit en fondant son raisonnement aux paragraphes 142 à 152, 209 et 219 de l’arrêt sous pourvoi sur le statut et non pas sur l’ensemble des règles propres à la Mission (notamment le Code de conduite et de discipline). Cela devrait conduire à l’annulation partielle de l’arrêt.

S’agissant du droit à une bonne administration et du devoir de sollicitude, la requérante observe que l’ensemble des règles communes applicables sur le théâtre d’opération, notamment le Code de conduite et de discipline, les normes génériques de comportement, le Code européen de bonne conduite administrative, l'OPLAN et les instructions permanentes (Standard Operating Procedures ou Procédures Opérationnelles Normalisées) constituent des bases légales permettant sans conteste de respecter le droit à une bonne administration et au devoir de sollicitude sans qu’il soit nécessaire de recourir à une application par analogie de «de certaines dispositions du statut».

La décision n°2012/392/PESC, le Code de conduite et de discipline, les normes génériques de comportement et l’OPLAN seraient des normes adoptées par le Conseil de l’Union européenne. En appliquant les dispositions du statut au requérant, le Tribunal écarterait l’application des normes précitées qui seraient spécifiques aux missions de politique de sécurité et de défense commune. En laissant inappliqués ces instruments spécifiques, le Tribunal se poserait donc en juge de l’opportunité d’appliquer des mesures en cause adoptées par le Conseil.

Si les dérogations à la compétence des juridictions de l’Union contenues à l’article 24, paragraphe 1, second alinéa, dernière phrase, TUE et à l’article 275, premier alinéa, TFUE, lues à la lumière de la jurisprudence «H» (1), devraient être interprétées restrictivement et que lesdites juridictions seraient compétentes pour les actes de gestion des missions, le Tribunal serait en défaut d’expliquer précisément quelles sont les dispositions précises des traités, ou simplement quel est le fondement juridique, qui l’a conduit à l’inapplication des normes précités spécifiques à la Mission.

En conséquence et eu égard aux circonstances propres à l’espèce, il ne saurait être considéré que la portée de la limitation dérogatoire à la compétence de la Cour prévue à l’article 24, paragraphe 1, second alinéa, dernière phrase, TUE et à l’article 275, premier alinéa, TFUE s’étendrait jusqu’à conclure que la Cour soit compétente pour juger de l’opportunité de l’application des règles communes applicables sur le théâtre d’opération telles que le Code de conduite et de discipline, les normes génériques de comportement ou l’OPLAN ou de leur inapplicabilité au profit des dispositions comprises au statut.

Dès lors, le Tribunal aurait commis une erreur de droit en appliquant le statut au requérant en lieu et place d’actes et instruments adoptés par le Conseil. Pour ces motifs, la requérante demande l’annulation partielle de l’arrêt attaqué en ce qu’il applique le statut aux agents détachés par les Etats membres de l’Union au sein de la Mission.


(1) Affaire T-271/10, H/Conseil.


ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2025/527/oj

ISSN 1977-0936 (electronic edition)


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