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AccueilDroit européen62024CN0845
Jurisprudence CJUE62024CN0845

Affaire C-845/24 P: Pourvoi formé le 11 décembre 2024 par Silgan Holdings Inc., Silgan Holdings Austria GmbH, Silgan International Holdings BV, Silgan Metal Packaging Distribution GmbH et Silgan White Cap Manufacturing GmbH contre l’arrêt du Tribunal (deuxième chambre élargie) rendu le 2 octobre 2024 dans l’affaire T-589/22, Silgan Holdings e.a./Commission

CELEX62024CN0845
TypeJurisprudence CJUE
Datemercredi 11 décembre 2024

Résumé IA

Ce pourvoi devant la Cour de justice concerne un recours contre un arrêt du Tribunal de l'Union européenne qui avait confirmé une décision de la Commission européenne en matière de contrôle des concentrations. L'affaire porte sur l'évaluation, au regard du droit de la concurrence de l'UE, d'une opération de concentration dans le secteur de l'emballage métallique et met en jeu des questions de définition du marché pertinent et d'effets anticoncurrentiels.

Texte intégral

European flag

Journal officiel
de l'Union européenne

FR

Série C


C/2025/539

3.2.2025

Pourvoi formé le 11 décembre 2024 par Silgan Holdings Inc., Silgan Holdings Austria GmbH, Silgan International Holdings BV, Silgan Metal Packaging Distribution GmbH et Silgan White Cap Manufacturing GmbH contre l’arrêt du Tribunal (deuxième chambre élargie) rendu le 2 octobre 2024 dans l’affaire T-589/22, Silgan Holdings e.a./Commission

(Affaire C-845/24 P)

(C/2025/539)

Langue de procédure: l’allemand

Parties

Parties requérantes: Silgan Holdings Inc., Silgan Holdings Austria GmbH, Silgan International Holdings BV, Silgan Metal Packaging Distribution GmbH et Silgan White Cap Manufacturing GmbH (représentants: D. Seeliger, Y.-K. Gürer, E. Venot, R. Grafunder, H. Wollmann, avocats)

Autres parties à la procédure: Commission européenne, République fédérale d’Allemagne, Conseil de l’Union européenne

Conclusions

Les requérantes concluent à ce qu’il plaise à la Cour,

—

annuler l’arrêt rendu par le Tribunal le 2 octobre 2024 dans l’affaire Silgan Holdings e.a./Commission, T-589/22, en ce qu’il a rejeté leur recours;

—

annuler la décision de la Commission C(2022) 4761 final du 12 juillet 2022 (affaire AT.40522 – Metal Packaging, initialement «Pandora») (1);

—

condamner la Commission aux dépens exposés devant le Tribunal et devant la Cour.

Moyens et principaux arguments

Les requérantes appuient leur pourvoi sur cinq moyens.

Premièrement, s’agissant des points 33 et suivants, et en particulier des points 39 et 40, de l’arrêt attaqué, les requérantes font valoir une interprétation et une application erronées du principe de subsidiarité tel que consacré à l’article 5 du TUE. Selon les requérantes, lorsqu’une autorité nationale en matière de concurrence traite déjà une affaire et que sa procédure est en outre bien avancée, la Commission européenne ne pourrait quant à elle ouvrir une procédure et se saisir de l’enquête que pour autant que cela puisse être justifié eu égard au principe de subsidiarité consacré par le droit primaire. Par conséquent, selon elles, le Tribunal aurait dû, soit interpréter plus strictement et en conformité avec le principe de subsidiarité l’article 11, paragraphe 6, du règlement (CE) no 1/2003 (2), soit, à titre subsidiaire, le déclarer non applicable du fait d’une violation du principe de subsidiarité. Selon elles, le Tribunal aurait donc au final dû juger que, en ouvrant la procédure, la Commission a violé le principe de subsidiarité.

Deuxièmement, s’agissant des points 49 et suivants, et en particulier du point 66, de l’arrêt attaqué, les requérantes font valoir une interprétation et une application erronées de l’interdiction de détournement de pouvoir. Le tribunal aurait dû examiner si l’ouverture de la procédure par la Commission était réellement nécessaire aux fins de garantir une mise en œuvre effective du droit de l’Union en matière d’ententes. Au final, le Tribunal aurait dû répondre par la négative et par conséquent juger qu’en ouvrant la procédure la Commission a agi d’une manière constituant un abus de pouvoir et qu’elle aurait en outre violé les principes de séparation des pouvoirs et du juge légal.

Troisièmement, s’agissant des points 69 et suivants, et en particulier du point 78, de l’arrêt attaqué, les requérantes font grief au Tribunal d’avoir erronément interprété et appliqué le principe de proportionnalité. Selon elles, le Tribunal aurait dû examiner si l’ouverture de la procédure par la Commission était réellement nécessaire aux fins de garantir une mise en œuvre effective du droit de l’Union en matière d’ententes et répondre au final par la négative. En outre, selon elles, le Tribunal aurait dû juger que, eu égard aux circonstances de l’espèce, la reprise par la Commission de l’enquête est intervenue trop tardivement pour pouvoir respecter l’exigence de proportionnalité. À titre subsidiaire, les requérantes font valoir que les prétendus avantages de la reprise par la Commission de l’enquête sont disproportionnés par rapport aux préjudices subis par Silgan.

Quatrièmement, les requérantes font grief au Tribunal d’avoir erronément interprété et appliqué aux points 105 et 106 de l’arrêt attaqué le principe en vertu duquel l’administration est liée par ses propres décisions. Selon elles, au point 105, le Tribunal est parvenu erronément à la conclusion qu’il ne serait pas prouvé que la Commission se serait départie de la communication sur le réseau (3). Selon elles, le Tribunal aurait, au contraire, dû juger que les conditions d’une réattribution a posteriori des affaires conformément à cette communication – y compris en tenant compte des points 18, 19 et 54 de celle-ci – n’étaient pas réunies et qu’en outre l’ouverture d’une procédure par la Commission était intervenue trop tardivement pour pouvoir satisfaire aux exigences de ladite communication.

Cinquièmement enfin, les requérantes soulèvent une interprétation et une application erronées de l’exigence de motivation visée à l’article 296, deuxième alinéa, du TFUE. Selon elles, aux points 61 et suivants, et en particulier au point 65, de l’arrêt attaqué, le Tribunal serait, à tort, parti du principe que la Commission aurait respecté son obligation de motiver la décision litigieuse. Selon elles, le seul renvoi dans la décision litigieuse à ce que la procédure aurait été ouverte à la demande du Bundeskartellamt ne suffirait pas. Selon elles, ce qui serait en l’espèce déterminant pour apprécier la question de savoir si l’ouverture par la Commission de la procédure était licite n’est pas de savoir si le Bundeskartellamt a demandé à la Commission de reprendre l’enquête, mais au contraire celle de savoir pour quels motifs la Commission a répondu à cette demande.


(1) Résumé de la décision au JO 2023, C 57, p. 5.

(2) Règlement (CE) no 1/2003 du Conseil du 16 décembre 2002 relatif à la mise en œuvre des règles de concurrence prévues aux articles 81 et 82 du traité (JO 2003, L 1, p. 1).

(3) Communication de la Commission relative à la coopération au sein du réseau des autorités de concurrence (JO 2004, C 101, p. 43).


ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2025/539/oj

ISSN 1977-0936 (electronic edition)


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