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AccueilDroit européen62024CN0855
Jurisprudence CJUE62024CN0855

Affaire C-855/24 P: Pourvoi formé le 11 décembre 2024 par Crown Holdings, Inc. et Crown Cork & Seal Deutschland Holdings GmbH contre l’arrêt du Tribunal (deuxième chambre élargie) rendu le 2 octobre 2024 dans l’affaire T-587/22, Crown Holdings et Crown Cork & Seal Deutschland/Commission

CELEX62024CN0855
TypeJurisprudence CJUE
Datemercredi 11 décembre 2024

Résumé IA

Il s'agit d'un pourvoi devant la Cour de justice de l'Union européenne contre un arrêt du Tribunal de l'Union européenne, concernant un litige en droit de la concurrence. L'affaire porte sur un contrôle juridictionnel d'une décision de la Commission européenne, probablement relative à des pratiques anticoncurrentielles ou à une opération de concentration. Le pourvoi vise à faire statuer sur d'éventuelles erreurs de droit commises par le Tribunal dans son appréciation de la légalité de l'acte de la Commission.

Texte intégral

European flag

Journal officiel
de l'Union européenne

FR

Série C


C/2025/711

10.2.2025

Pourvoi formé le 11 décembre 2024 par Crown Holdings, Inc. et Crown Cork & Seal Deutschland Holdings GmbH contre l’arrêt du Tribunal (deuxième chambre élargie) rendu le 2 octobre 2024 dans l’affaire T-587/22, Crown Holdings et Crown Cork & Seal Deutschland/Commission

(Affaire C-855/24 P)

(C/2025/711)

Langue de procédure: l’anglais

Parties

Parties requérantes: Crown Holdings, Inc. et Crown Cork & Seal Deutschland Holdings GmbH (représentants: A. Burnside, avocat, C. Graf York von Wartenburg, Rechtsanwalt, D. Strohl, avocate, et T. von Döhren, Rechtsanwalt)

Autres parties à la procédure: Commission européenne et République fédérale d’Allemagne

Conclusions

Les requérantes concluent à ce qu’il plaise à la Cour:

—

annuler l’arrêt attaqué en tant que, par celui-ci, le Tribunal a rejeté le recours introduit par les requérantes contre la décision C(2022) 4761 final de la Commission, du 12 juillet 2022, relative à une procédure d’application de l’article 101 TFUE (affaire AT.40522 – Conditionnements métalliques) (ci-après la «décision litigieuse»), et condamné les requérantes à payer 90 % des dépens exposés par la Commission,

—

user du pouvoir dont elle dispose en vertu de l’article 61, premier alinéa, deuxième phrase, du statut de la Cour de justice de l’Union européenne pour statuer définitivement sur le litige et annuler la décision litigieuse en ce qu’elle s’applique aux requérantes; à titre subsidiaire, renvoyer l’affaire devant le Tribunal pour réexamen, et

—

en tout état de cause, condamner la Commission aux dépens et frais exposés par les requérantes dans le cadre de la présente procédure et dans le cadre de la procédure devant le Tribunal, ou réserver les dépens de la présente procédure si elle renvoie l’affaire devant le Tribunal.

Moyens et principaux arguments

Premièrement, le Tribunal a commis une erreur de droit en considérant que la communication de la Commission relative à la coopération au sein du réseau des autorités de concurrence (ci-après la «communication sur la coopération») n’avait pas fait naître une confiance légitime en l’espèce et que la Commission avait respecté cette communication. Celle-ci exige clairement que la réattribution des affaires entre les autorités nationales de concurrence et la Commission soit effectuée rapidement et efficacement; cette exigence est concrétisée dans le délai indicatif de deux mois mentionné au point 18 de ladite communication. Compte tenu de la période de temps excessive qui s’est écoulée dans la présente affaire, les requérantes pouvaient raisonnablement s’attendre à ce que la Commission n’accepte pas la réattribution de l’affaire. En outre, il ressort d’une interprétation littérale, contextuelle, systématique, historique et téléologique de la communication sur la coopération, et en particulier de son point 19, que la réattribution tardive d’une affaire ne peut avoir lieu qu’en cas d’évolution importante des faits connus de l’affaire, c’est-à-dire des faits qui sont susceptibles de constituer une infraction aux règles de concurrence, et non, comme l’indique le Tribunal, de «tout fait pertinent». Juger en sens contraire viderait la disposition de sa substance et irait à l’encontre de principes généraux du droit de l’Union, y compris les principes 1°) de sécurité juridique, 2°) d’autonomie procédurale, 3°) de l’État de droit, et 4°) de l’équilibre institutionnel. Étant donné que les faits de l’espèce n’ont pas connu d’évolution importante, le Tribunal a commis une erreur de droit en considérant que la commission avait respecté la communication sur la coopération lorsqu’elle a accepté la réattribution de l’affaire.

Deuxièmement, le Tribunal a commis une erreur de droit en considérant que la Commission n’était pas soumise à une obligation de motivation renforcée et qu’elle avait suffisamment motivé la décision litigieuse. Elle était tenue de motiver sa décision d’accepter la réattribution, puisque la possibilité de réattribuer une affaire à un stade ultérieur, telle qu’elle est prévue au point 19 de la communication sur la coopération, est, en soi, une règle qui s’écarte d’une norme plus générale; en outre, la Commission a dépassé le délai indicatif de deux mois pour la réattribution, ce qui appelait une justification supplémentaire. Par ailleurs, contrairement à ce qu’affirme le Tribunal, les explications supplémentaires fournies par la Commission par voie de communiqués de presse ne sauraient remédier au défaut de motivation d’une décision, et ce à plus forte raison lorsque ces explications sont tardives et incohérentes.

Troisièmement, le Tribunal a commis une erreur de droit en concluant à l’absence de violation du principe de subsidiarité. En effet, lorsque la Commission choisit de s’écarter des principes énoncés dans la communication sur la coopération, comme en l’espèce, il n’est pas soutenable de simplement affirmer que, puisque le système établi par le règlement no 1/2003 (1) est, en soi, conforme au principe de subsidiarité, ce principe ne saurait avoir été violé.

Quatrièmement, le Tribunal a dénaturé plusieurs arguments avancés par les requérantes, en semblant les confondre avec des arguments présentés par Silgan dans l’affaire T-589/22. Les erreurs procédurales commises par le Tribunal ont créé la confusion dans son esprit lorsqu’il s’est agi d’apprécier le fond des moyens invoqués par les requérantes, de sorte que ces erreurs constituent un vice de procédure qui a porté atteinte aux droits de la défense des requérantes.


(1) Règlement (CE) no 1/2003 du Conseil, du 16 décembre 2002, relatif à la mise en œuvre des règles de concurrence prévues aux articles 81 et 82 du traité (JO 2003, L 1, p. 1).


ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2025/711/oj

ISSN 1977-0936 (electronic edition)


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