Jurisprudence CJUE62024TJ0642

Arrêt du Tribunal (première chambre) du 9 septembre 2026.#Eurest Colectividades, SL contre Office de l’Union européenne pour la propriété intellectuelle.#Marque de l’Union européenne – Procédure d’opposition – Demande de marque de l’Union européenne figurative FISH REVOLUTION – Marque de l’Union européenne figurative antérieure CANNED TUNA REVOLUTION ! – Motif relatif de refus – Risque de confusion – Article 8, paragraphe 1, sous b), du règlement (UE) 2017/1001».#Affaire T-642/24.

CELEX62024TJ0642
TypeJurisprudence CJUE
Datemercredi 9 septembre 2026

Texte intégral

DOCUMENT DE TRAVAIL

ARRÊT DU TRIBUNAL (première chambre)

9 septembre 2026 (*)

Marque de l’Union européenne – Procédure d’opposition – Demande de marque de l’Union européenne figurative FISH REVOLUTION – Marque de l’Union européenne figurative antérieure CANNED TUNA REVOLUTION ! – Motif relatif de refus – Risque de confusion – Article 8, paragraphe 1, sous b), du règlement (UE) 2017/1001 »

l’affaire T‑642/24,

Eurest Colectividades, SL, établie à Madrid (Espagne), représentée par Me J. Mora Cortés, avocat,

partie requérante,

contre

Office de l’Union européenne pour la propriété intellectuelle (EUIPO), représenté par Mme D. Stoyanova-Valchanova et M. V. Ruzek, en qualité d’agents,

partie défenderesse,

l’autre partie à la procédure devant la chambre de recours de l’EUIPO, intervenant devant le Tribunal, étant

Fish Tales Holding BV, établie à Amsterdam (Pays-Bas), représentée par Me T. Berendsen, avocat,

LE TRIBUNAL (première chambre),

composé de MM. E. Buttigieg, président, J. Schwarcz et Mme E. Tichy‑Fisslberger (rapporteure), juges,

greffier : M. G. Mitrev, administrateur,

vu la phase écrite de la procédure,

à la suite de l’audience du 14 avril 2026,

rend le présent

Arrêt

1 Par son recours fondé sur l’article 263 TFUE, la requérante, Eurest Colectividades, SL, demande l’annulation de la décision de la deuxième chambre de recours de l’Office de l’Union européenne pour la propriété intellectuelle (EUIPO) du 25 septembre 2024 (affaire R 259/2024‑2) (ci-après la « décision attaquée »).

Antécédents du litige

2 Le 12 mai 2022, la requérante a présenté à l’EUIPO une demande d’enregistrement de marque de l’Union européenne pour le signe figuratif suivant :

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3 La marque demandée désignait les produits relevant de la classe 29 au sens de l’arrangement de Nice concernant la classification internationale des produits et des services aux fins de l’enregistrement des marques, du 15 juin 1957, tel que révisé et modifié, et correspondant à la description suivante : « Viande, poisson, viande de volaille et viande de gibier ; extraits de viande ; aliments précuisinés à base de viande et aliments précuits à base de poisson ; charcuterie ; fruits et légumes conservés, séchés, cuits, surgelés ou fruits préparés et légumes préparés ; plats, soupes, farces et mélanges préparés ou partiellement préparés, principalement à base des produits mentionnés ; fruits et salades mixtes, conditionnés, salades prêtes à la consommation, salades de fruits, salade de légumes, salades de viande ; gelées ; confitures, compotes ; œufs, lait et produits laitiers ; huiles et graisses comestibles ; desserts à base de yaourt, de fromage blanc et/ou de crème fraîche ; apéritifs et collations, composés principalement des produits suivants : pommes de terre, viande, poisson, volaille [viande], légumes et fromages ».

4 Le 15 septembre 2022, l’intervenante, Fish Tales Holding BV, a formé opposition à l’enregistrement de la marque demandée pour les produits visés au point 3 ci-dessus.

5 L’opposition était fondée sur la marque de l’Union européenne antérieure déposée le 22 juillet 2021 et enregistrée le 26 novembre 2021 sous le numéro 18 519 638, reproduite ci-après :

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6 La marque antérieure de l’Union européenne est enregistrée pour les produits relevant de la classe 29 et correspondant à la description suivante : « Poissons, fruits de mer et mollusques non vivants ; pâte à tartiner à base de poissons, fruits de mer et mollusques ; poissons, fruits de mer et mollusques préparés, séchés, cuits, congelées et conservés; thon; conserves de thon ; conserves de poisson ; extraits de poisson ; plats et en-cas préparés à base de poisson, de fruits de mer et de mollusques ; gelées comestibles ; huiles et graisses à usage alimentaire ».

7 Le motif invoqué à l’appui de l’opposition était celui visé à l’article 8, paragraphe 1, sous b), du règlement (UE) 2017/1001 du Parlement européen et du Conseil, du 14 juin 2017, sur la marque de l’Union européenne (JO 2017, L 154, p. 1).

8 Par décision du 4 décembre 2023, la division d’opposition a considéré qu’il existait un risque de confusion pour certains produits désignés par la marque demandée et, partant, a partiellement fait droit à l’opposition, pour les produits suivants : « Viande, poisson, viande de volaille et viande de gibier ; extraits de viande ; aliments précuisinés à base de viande et aliments précuits à base de poisson ; charcuterie ; fruits et légumes conservés, séchés, cuits, surgelés ou fruits préparés et légumes préparés ; plats, soupes et mélanges préparés ou partiellement préparés, principalement à base des produits mentionnés ; fruits et salades mixtes, conditionnés, salades prêtes à la consommation, salades de fruits, salade de légumes, salades de viande ; gelées ; confitures, compotes et produits laitiers ; huiles et graisses comestibles ; apéritifs et collations, composés principalement des produits suivants : pommes de terre, viande, poisson, volaille [viande], légumes et fromages » (ci-après les « produits contestés »).

9 L’opposition a été rejetée pour les autres produits mentionnés au point 3 ci-dessus, à savoir « œufs, lait ; farces ; desserts à base de yaourt, de fromage blanc et/ou de crème fraîche ».

10 Le 31 janvier 2024, la requérante a formé un recours auprès de l’EUIPO contre la décision de la division d’opposition.

11 Par la décision attaquée, la chambre de recours a rejeté le recours et conclu à l’existence d’un risque de confusion au moins dans l’esprit du public pertinent de langue grecque ou de langue hongroise pour l’ensemble des produits contestés. En substance, elle a considéré que le niveau d’attention du public pertinent était moyen, que les produits contestés étaient identiques ou similaires, au moins à un faible degré, aux produits désignés par la marque antérieure, que l’élément verbal commun des marques en conflit « revolution » était distinctif pour l’ensemble des produits désignés par les marques en conflit, que les signes en conflit présentaient une similitude visuelle au moins faible, une similitude phonétique moyenne et une similitude conceptuelle faible pour les produits désignés par les marques en conflit liés au poisson et élevée pour les autres produits, et que la marque antérieure possédait un caractère distinctif normal. Elle a également précisé, par souci d’exhaustivité, qu’un risque de confusion n’existait pas pour la partie restante du public capable de comprendre les expressions des marques en conflit, sauf en ce qui concerne les produits contestés « confitures, compotes ; produits laitiers ; gelées ; huiles et graisses comestibles ».

Conclusions des parties

12 La requérante conclut, en substance, à ce qu’il plaise au Tribunal :

– annuler la décision attaquée, et

– condamner l’EUIPO et l’intervenante aux dépens, y compris ceux correspondant aux procédures devant le Tribunal, devant la division d’opposition et devant la chambre de recours de l’EUIPO.

13 L’EUIPO conclut à ce qu’il plaise au Tribunal :

– rejeter le recours dans son intégralité, et

– condamner la requérante aux dépens exposés par l’EUIPO en cas de convocation à une audience.

14 L’intervenante conclut à ce qu’il plaise au Tribunal :

– rejeter le recours, et

– condamner la requérante aux dépens exposés par l’intervenante dans le cadre des procédures devant la chambre de recours et devant le Tribunal.

En droit

15 À l’appui de son recours, la requérante invoque, en substance, trois moyens tirés, le premier, d’une violation de l’article 8, paragraphe 1, sous b) du règlement 2017/1001, le deuxième, d’une violation des principes de bonne administration et d’égalité de traitement et, le troisième, d’une violation de ses droits de la défense.

Sur le premier moyen, tiré d’une violation de l’article 8, paragraphe 1, sous b), du règlement 2017/1001

16 À l’appui de son premier moyen, la requérante conteste, en substance, les conclusions de la chambre de recours concernant, premièrement, le caractère distinctif de l’élément commun « revolution », deuxièmement, la similitude des signes en conflit, troisièmement, le caractère distinctif de la marque antérieure et, quatrièmement, l’appréciation globale du risque de confusion.

17 Aux termes de l’article 8, paragraphe 1, sous b), du règlement 2017/1001, sur opposition du titulaire d’une marque antérieure, la marque demandée est refusée à l’enregistrement lorsque, en raison de son identité ou de sa similitude avec une marque antérieure et en raison de l’identité ou de la similitude des produits ou des services que les deux marques désignent, il existe un risque de confusion dans l’esprit du public du territoire sur lequel la marque antérieure est protégée. Le risque de confusion comprend le risque d’association avec la marque antérieure.

18 Selon une jurisprudence constante, constitue un risque de confusion le risque que le public puisse croire que les produits ou les services en cause proviennent de la même entreprise ou d’entreprises liées économiquement. Le risque de confusion doit être apprécié globalement, selon la perception que le public pertinent a des signes et des produits ou des services en cause, et en tenant compte de tous les facteurs pertinents en l’espèce, notamment de l’interdépendance de la similitude des signes et de celle des produits ou des services désignés [voir arrêt du 9 juillet 2003, Laboratorios RTB/OHMI – Giorgio Beverly Hills (GIORGIO BEVERLY HILLS), T‑162/01, EU:T:2003:199, points 30 à 32 et jurisprudence citée].

19 Lorsque la protection de la marque antérieure s’étend à l’ensemble de l’Union européenne, il y a lieu de prendre en compte la perception des marques en conflit par le consommateur des produits en cause sur ce territoire. Pour refuser l’enregistrement d’une marque de l’Union européenne, il suffit qu’un motif relatif de refus au sens de l’article 8, paragraphe 1, sous b), du règlement 2017/1001 existe dans une partie de l’Union [voir, en ce sens, arrêt du 14 décembre 2006, Mast-Jägermeister/OHMI – Licorera Zacapaneca (VENADO avec cadre e.a.), T‑81/03, T‑82/03 et T‑103/03, EU:T:2006:397, point 76 et jurisprudence citée].

Sur le public pertinent

20 Aux points 33 et 34 de la décision attaquée, la chambre de recours a considéré que le territoire pertinent était celui de l’Union européenne et que les produits contestés s’adressaient au grand public faisant preuve d’un niveau d’attention moyen. Il n’y a pas lieu de remettre en cause ces constatations de la chambre de recours, au demeurant non contestées par la requérante.

21 En outre, aux points 39 et 48 de la décision attaquée, la chambre de recours a estimé, contrairement à la division d’opposition, qu’il convenait d’apprécier l’existence d’un risque de confusion du point de vue du public non anglophone, comme les consommateurs de langue grecque ou hongroise, dès lors que, d’une part, il ne saurait être supposé que ces consommateurs, qui représentaient une partie non négligeable du public pertinent, comprenaient tous les termes des marques en conflit et, d’autre part, que ces consommateurs étaient, partant, plus exposés à un risque de confusion. Il n’y a pas lieu de remettre en cause ces constatations de la chambre de recours, au demeurant non contestées par la requérante.

22 Toutefois, il convient de constater que la chambre de recours a, dans le cadre de l’appréciation du caractère distinctif des éléments composant les signes en conflit, également fait référence aux consommateurs capables de comprendre les termes desdits signes, dont notamment les consommateurs anglophones (points 49, 51, 52, 55, 56, 60 et 62 de la décision attaquée). De même, lors de son appréciation globale du risque de confusion, la chambre de recours a conclu, « par souci d’exhaustivité », qu’un risque de confusion était exclu pour ces consommateurs, sauf en ce qui concerne les produits contestés « confitures, compotes ; produits laitiers ; gelées ; huiles et graisses comestibles » (point 77 de la décision attaquée).

23 Dans la mesure où le dispositif de la décision attaquée repose sur l’existence d’un risque de confusion pour le public pertinent de langue grecque ou hongroise, et que cette conclusion suffit à fonder le refus d’enregistrement de la marque demandée, selon la jurisprudence rappelée au point 19 ci-dessus, le Tribunal examinera si c’est à bon droit que la chambre de recours a conclu à l’existence d’un tel risque à l’égard de cette partie du public pertinent.

Sur la comparaison des produits

24 Selon la jurisprudence, pour apprécier la similitude entre des produits ou des services, il y a lieu de tenir compte de tous les facteurs pertinents qui caractérisent le rapport entre eux et qui incluent, en particulier, leur nature, leur destination et leur utilisation, ainsi que leur caractère concurrent ou complémentaire. D’autres facteurs peuvent également être pris en compte, tels que, par exemple, les canaux de distribution des produits et des services concernés [voir arrêt du 11 juillet 2007, El Corte Inglés/OHMI – Bolaños Sabri (PiraÑAM diseño original Juan Bolaños), T‑443/05, EU:T:2007:219, point 37 et jurisprudence citée].

25 En l’espèce, premièrement, aux points 27 et 28 de la décision attaquée, la chambre de recours a considéré que les produits contestés qui étaient ou pouvaient contenir du poisson, tels que le « poisson », les « aliments précuits à base de poisson » ou les « apéritifs et collations composés principalement de poisson » (ci-après les « produits contestés liés au poisson »), étaient identiques aux « poissons » ou aux « plats et en-cas préparés à base de poisson, de fruits de mer et de mollusques » couverts par la marque antérieure.

26 Deuxièmement, la chambre de recours a considéré que les produits contestés qui ne contenaient pas de poisson étaient identiques ou similaires, au moins à un faible degré, aux produits couverts par la marque antérieure (ci-après les « produits contestés non liés au poisson »).

27 Plus précisément, parmi ces produits, la chambre de recours a estimé, tout d’abord, aux points 27 et 32 de la décision attaquée, que les produits tels que les « gelées », la « confiture » ou les « produits laitiers » étaient, selon le cas, identiques, « au moins similaires » ou similaires aux « gelées comestibles » et aux « huiles et graisses à usage alimentaires » couverts par la marque antérieure.

28 La chambre de recours a également considéré aux points 30 et 31 de la décision attaquée, que le reste des produits contestés non liés au poisson tels que la « viande », la « charcuterie » ou les « fruits et légumes conservés, séchés, cuits, surgelés ou fruits préparés et légumes préparés » étaient similaires à un faible degré aux « poissons » couverts par la marque antérieure.

29 Il n’y a pas lieu de remettre en cause ces constatations de la chambre de recours, au demeurant non contestées par la requérante.

Sur la comparaison des signes

30 L’appréciation globale du risque de confusion doit, en ce qui concerne la similitude visuelle, phonétique ou conceptuelle des signes en conflit, être fondée sur l’impression d’ensemble produite par ceux-ci, en tenant compte, notamment, de leurs éléments distinctifs et dominants. La perception des marques qu’a le consommateur moyen des produits ou des services en cause joue un rôle déterminant dans l’appréciation globale dudit risque. À cet égard, le consommateur moyen perçoit normalement une marque comme un tout et ne se livre pas à un examen de ses différents détails (voir arrêt du 12 juin 2007, OHMI/Shaker, C‑334/05 P, EU:C:2007:333, point 35 et jurisprudence citée).

31 En outre, l’appréciation de la similitude entre deux marques ne peut se limiter à prendre en considération uniquement un composant d’une marque complexe et à le comparer avec une autre marque. Il y a lieu, au contraire, d’opérer la comparaison en examinant les marques en cause, considérées chacune dans son ensemble, ce qui n’exclut pas que l’impression d’ensemble produite dans la mémoire du public pertinent par une marque complexe puisse, dans certaines circonstances, être dominée par un ou plusieurs de ses composants (voir arrêt du 12 juin 2007, OHMI/Shaker, C‑334/05 P, EU:C:2007:333, point 41 et jurisprudence citée). Ce n’est que si tous les autres composants de la marque sont négligeables que l’appréciation de la similitude pourra se faire sur la seule base de l’élément dominant (arrêt du 12 juin 2007, OHMI/Shaker, C‑334/05 P, EU:C:2007:333, point 42). Tel pourrait notamment être le cas lorsque ce composant est susceptible de dominer à lui seul l’image de cette marque que le public pertinent garde en mémoire, de telle sorte que tous les autres composants de la marque sont négligeables dans l’impression d’ensemble produite par celle-ci (arrêt du 20 septembre 2007, Nestlé/OHMI, C‑193/06 P, non publié, EU:C:2007:539, point 43).

32 Avant d’apprécier la similitude des signes en conflit sur les plans visuel, phonétique et conceptuel, la chambre de recours a tout d’abord examiné leurs éléments distinctifs et dominants.

Sur les éléments distinctifs et dominants des signes en conflit

33 Premièrement, s’agissant de l’élément verbal « revolution » commun aux marques en conflit, la chambre de recours a considéré, aux points 48 et 60 de la décision attaquée, que ce terme n’était pas compris par le public pertinent de langue grecque ou hongroise et que, par conséquent, ledit mot présentait un caractère distinctif.

34 Deuxièmement, s’agissant de la marque demandée, la chambre de recours a indiqué aux points 45 et 46 de la décision attaquée que l’élément verbal « fish », faisant partie du vocabulaire anglais de base, serait compris par l’ensemble des consommateurs de l’Union et serait, par conséquent, d’une part, dépourvu de caractère distinctif, pour les produits contestés liés au poisson, dès lors qu’il était directement descriptif desdits produits, et, d’autre part, distinctif pour les produits contestés non liés au poisson. La chambre de recours a considéré que les éléments graphiques du signe n’étaient que de simples éléments décoratifs mettant en évidence les éléments verbaux (point 53 de la décision attaquée). Elle a précisé, au point 54 de la décision attaquée, que le terme « revolution » était l’élément le plus distinctif de la marque demandée.

35 Troisièmement, s’agissant de la marque antérieure, la chambre de recours a reconnu, au point 61 de la décision attaquée, que l’élément verbal « tuna » serait compris par au moins une partie non négligeable du public pertinent de langue grecque et une partie non négligeable du public pertinent de langue hongroise du fait de la proximité de la traduction de ce terme dans ces langues. Il ressort d’une lecture combinée des points 61 et 70 de la décision attaquée que la chambre de recours a conclu que ce terme était faiblement distinctif pour les produits couverts par la marque antérieure liés au poisson, dès lors qu’il était descriptif de ceux-ci, mais qu’il était distinctif pour les produits couverts par la marque antérieure non liés au poisson. Quant au terme « canned », la chambre de recours a indiqué que, bien qu’il n’ait pas de sens pour le public pertinent de langue grecque ou hongroise, il aurait une moindre importance dans l’impression d’ensemble produite par la marque antérieure en raison de sa petite taille (point 62 de la décision attaquée). En outre, la chambre de recours a estimé que les éléments verbaux étaient plus distinctifs que les éléments figuratifs, notamment en raison de la position centrale qu’ils occupaient dans le signe (point 59 de la décision attaquée). Elle a précisé, à cet égard, que les couleurs de la marque antérieure, en ce qu’elles étaient susceptibles de symboliser le monde aquatique, ainsi que les représentations de poissons, étaient plutôt dépourvues de caractère distinctif (point 63 de la décision attaquée).

36 Quatrièmement, aux points 57 et 64 de la décision attaquée, la chambre de recours a estimé qu’aucun élément des marques en conflit ne pouvait être considéré comme dominant.

37 Pour l’essentiel, la requérante ne conteste pas ces appréciations de la chambre de recours. Les seuls arguments qu’elle invoque à leur égard concernent l’élément verbal « revolution » qui, selon elle, est dépourvu de caractère distinctif ou possède, tout au plus, un caractère distinctif faible. En ce sens, la requérante soutient que ce terme est descriptif et laudatif du fait de son utilisation fréquente sur le marché des produits alimentaires pour décrire des innovations, des améliorations ou des changements significatifs, soulignant une qualité de produit plutôt qu’une origine commerciale. Elle fait également valoir que la chambre de recours elle-même, dans la décision attaquée, avait admis que le caractère faiblement distinctif de ce terme avait été reconnu à l’égard de différents produits et services dans de nombreuses décisions antérieures de l’EUIPO et par la jurisprudence des juridictions de l’Union.

38 L’EUIPO, soutenu par l’intervenante, conteste les arguments de la requérante.

39 Premièrement, il y a lieu d’observer que la requérante ne produit aucun élément de preuve susceptible de démontrer que le terme « revolution » serait couramment utilisé sur le marché des produits alimentaires, de sorte qu’il y a lieu de rejeter cet argument comme non fondé.

40 Deuxièmement, dans la mesure où la requérante fait valoir que la chambre de recours a elle-même admis que le caractère faiblement distinctif du terme « revolution » avait été reconnu tant dans la jurisprudence des juridictions de l’Union européenne, notamment dans l’arrêt du 2 juin 2016, Revolution/EUIPO (REVOLUTION) (T‑654/14, non publié, EU:T:2016:334), que dans des décisions antérieures des chambres de recours de l’EUIPO, notamment celles du 18 juillet 2013 (R 1373/2012-2) et du 5 septembre 2013 (R 1016/2012‑1) et qu’il convient, par conséquent, de conclure également en l’espèce au caractère faiblement distinctif de ce terme, force est de constater qu’un tel argument procède d’une lecture erronée de la décision attaquée.

41 En effet, d’une part, comme le souligne à juste titre l’EUIPO et ainsi qu’il ressort de la première phrase du point 49 de la décision attaquée, la chambre de recours s’est uniquement fondée sur ces affaires pour établir que l’élément verbal « revolution » pouvait être laudatif et, partant, posséder un caractère distinctif faible pour la partie du public pertinent capable de comprendre ce mot. Pour ce qui est de l’arrêt du 2 juin 2016, REVOLUTION (T‑654/14, non publié, EU:T:2016:334), le public pertinent était composé de personnes parlant l’anglais, le français et le slovène, pour lesquels il avait été établi que ce mot était compris. Quant aux deux décisions de la chambre de recours de l’EUIPO, le public pertinent était composé, d’une part, de l’Irlande, de Malte et du Royaume-Uni (R 1373/2012-2) et, d’autre part, du Royaume-Uni (R 1016/2012‑1), où l’anglais est une langue officielle.

42 D’autre part, comme rappelé au point 23 ci-dessus, le dispositif de la décision attaquée repose sur la conclusion de l’existence d’un risque de confusion du point de vue du public pertinent de langue grecque ou hongroise.

43 Par ailleurs, lors de l’audience, la requérante a fait valoir que la chambre de recours n’avait pas suffisamment prouvé que le terme « revolution » ne serait pas compris par le public pertinent de langue grecque ou hongroise.

44 Or, il convient d’observer que, lors de la phase écrite de la procédure, la requérante n’a fourni aucun argument ni élément de preuve permettant de démontrer que la chambre de recours aurait commis une erreur d’appréciation quant à la compréhension de ce terme « revolution » par ledit public pertinent.

45 Interrogée par le Tribunal en ce sens lors de l’audience, la requérante a admis que cet argument ne figurait effectivement pas dans sa requête introductive d’instance.

46 Même à considérer qu’il ne s’agisse pas d’un argument nouveau irrecevable au sens de l’article 84, paragraphe 1, du règlement de procédure du Tribunal, il doit être rejeté, le raisonnement tenu par la chambre de recours dans la décision attaquée étant, d’une part, suffisamment étayé et, d’autre part, fondé. En effet, pour ce faire, la chambre de recours a établi, premièrement, que la connaissance d’une langue étrangère ne saurait être présumée (point 42 de la décision attaquée), deuxièmement, que le mot « revolution », relevant du niveau B2 du Cadre européen commun de référence pour les langues, ne faisait pas partie du vocabulaire anglais de base (points 43 et 47 de la décision attaquée) et, troisièmement, que sa traduction en grec et hongrois, à savoir, respectivement, « επανάσταση » prononcé « epanastasi », et « forradom » ou « szabadságharc », était complètement différente dudit terme (point 48 de la décision attaquée), de sorte qu’il ne pouvait être affirmé qu’un lien pourrait être établi par ledit public entre ce terme et sa traduction dans ces langues [voir, en ce sens, arrêt du 18 septembre 2024, Fidia farmaceutici/EUIPO – Vorwarts Pharma (HYALERA), T‑497/23, non publié, EU:T:2024:627, point 40 et jurisprudence citée].

47 Ainsi, dans la mesure où le public pertinent de langue grecque ou hongroise, qui constitue une partie non négligeable du public pertinent, ne connaît pas la signification du terme « revolution » présent dans les marques en conflit, il n’établira pas de lien entre ce terme et les produits désignés par lesdites marques, de sorte que c’est à bon droit que la chambre de recours a conclu que ledit terme était, tant pour la marque antérieure que pour la marque demandée, distinctif pour cette partie du public pertinent.

48 Troisièmement, s’agissant de l’argument de la requérante selon lequel le terme « revolution » met seulement en exergue une qualité de produit et n’indique nullement une origine commerciale, ainsi qu’il vient d’être constaté, ce terme sera dénué de sens pour le public pertinent de langue grecque ou hongroise, de sorte qu’il ne saurait être soutenu qu’il peut être compris par celui-ci comme soulignant une qualité de produit.

49 Il résulte des considérations qui précèdent que les conclusions de la chambre de recours sur les éléments distinctifs et dominants des deux signes en conflit sont exemptes d’erreur d’appréciation.

Sur la similitude visuelle et phonétique

50 Au point 65 de la décision attaquée, la chambre de recours a considéré que les marques en conflit présentaient « au moins un faible degré de similitude » sur le plan visuel. Elle a relevé qu’elles coïncidaient par l’élément distinctif « revolution », mais qu’elles différaient tant par leurs autres éléments verbaux que par leurs éléments figuratifs et aspects respectifs. Aux points 66 et 67 de la décision attaquée, la chambre de recours a estimé que, sur le plan phonétique, les marques en conflit présentaient un degré moyen de similitude. En effet, les marques en conflit coïncidaient par la prononciation du terme « revolution » et différaient par la prononciation des autres éléments verbaux, à savoir, « fish » et « canned tuna », ce qui n’était toutefois pas de nature à affecter de manière significative la similitude phonétique desdits signes, ces autres éléments verbaux étant soit descriptifs, soit d’importance secondaire.

51 La requérante fait valoir que la chambre de recours a surestimé la similitude des signes en conflit en ne prenant pas correctement en compte tant le faible caractère distinctif de l’élément commun « revolution » que les différences significatives entre leurs autres éléments verbaux et figuratifs. En ce sens, la requérante allègue que l’expression « canned tuna » de la marque antérieure, renforcée par l’image représentant un poisson entouré par une languette de boîte, limiterait la portée de ladite marque au thon en boîte, ce qui ne serait pas le cas de la marque demandée qui comprend le mot « fish ». Cette différence serait cruciale pour que le consommateur puisse identifier l’origine commerciale des produits désignés par les marques en conflit.

52 L’EUIPO, soutenu par l’intervenante, conteste ces arguments.

53 À titre liminaire, il convient de relever qu’à la suite d’une question posée par le Tribunal lors de l’audience, la requérante a clarifié que les arguments exposés au point 51 ci-dessus visaient à contester les appréciations de la chambre de recours concernant la similitude visuelle et phonétique des signes en conflit.

54 Il convient de rappeler que, contrairement à ce que soutient la requérante, les signes en conflit coïncident tant visuellement que phonétiquement par l’élément verbal « revolution » qui, du point de vue du public pertinent de langue grecque ou hongroise, est le seul élément possédant un caractère distinctif pour l’ensemble des produits désignés par les marques en conflit.

55 Dans un premier temps, en ce qui concerne la comparaison visuelle, eu égard, premièrement, aux éléments verbaux additionnels des marques en conflit, si les termes « fish » de la marque demandée et « tuna » de la marque antérieure ne sont pas négligeables au vu de leur position dans les signes en conflit, il convient toutefois de relever que l’élément commun « revolution » est sensiblement plus long que lesdits termes. En outre, cet élément occupe la même position (finale) dans les signes en conflit, ce qui contribue également à leur similitude visuelle. Quant au terme « canned » de la marque antérieure, ainsi que l’a justement relevé la chambre de recours au point 62 de la décision attaquée, il ne possède qu’une importance secondaire dans l’impression visuelle d’ensemble produite par cette marque, en raison de sa taille plus petite.

56 S’agissant, deuxièmement, des éléments figuratifs des signes en conflit, comme l’a justement rappelé la chambre de recours, lorsqu’un signe est composé d’éléments verbaux et figuratifs, l’élément verbal de ce signe est, en principe, plus distinctif que l’élément figuratif, car le consommateur moyen fera plus facilement référence au produit en cause en citant le nom qu’en décrivant l’élément figuratif [voir arrêt du 9 septembre 2008, Honda Motor Europe/OHMI – Seat (MAGIC SEAT), T‑363/06, EU:T:2008:319, point 30 et jurisprudence citée].

57 En l’espèce, il ne saurait être nié que les éléments figuratifs des signes en conflit, résultant tant de leur stylisation différente découlant de la police de caractères, des couleurs utilisées et de l’agencement des éléments verbaux, que de la présence d’éléments figuratifs supplémentaires dans la marque antérieure, à savoir les représentations stylisées de poissons et la languette de boîte, contribuent, dans une certaine mesure, à distinguer les signes en conflit sur le plan visuel. Néanmoins, ces éléments figuratifs ne sauraient être suffisants pour contrebalancer totalement une certaine similitude sur le plan visuel créée par la coïncidence d’une partie importante des marques en conflit, à savoir l’élément verbal distinctif « revolution ».

58 Dans un deuxième temps, en ce qui concerne la comparaison phonétique, comme rappelé au point 54 ci-dessus, les signes coïncident par la prononciation du terme « revolution » et diffèrent par la prononciation des termes « fish », « canned » et « tuna ». D’une part, malgré leur position dans les signes en conflit, ces éléments de différenciation ne sauraient atténuer complètement la similitude phonétique découlant de la prononciation du terme « revolution », qui est composé de quatre syllabes et qui est le terme le plus long des signes en conflit. D’autre part, dans la mesure où les éléments figuratifs ne seront pas prononcés par le public pertinent de langue grecque ou hongroise, la similitude des signes en conflit sur le plan phonétique est plus évidente que dans la comparaison visuelle [voir, en ce sens, arrêt du 20 octobre 2021, Yadex International/EUIPO – Sütas Süt Ürünleri (PINAR Tam kivaminda Süzme Peynir Yumusacik ve Leziz), T‑560/20, non publié, EU:T:2021:714, point 78 et jurisprudence citée].

59 Dans un troisième temps, en ce qui concerne la possibilité, évoquée par la requérante, que la portée de la marque antérieure soit perçue comme limitée au thon en boîte, contrairement à la marque demandée, il suffit de noter que si le public pertinent n’est pas susceptible de comprendre le terme « canned », il ne sera également pas non plus en mesure de comprendre l’expression « canned tuna » (voir point 35 ci-dessus). Quant aux éléments figuratifs de la marque antérieure, si les images de poisson pourront effectivement être perçues comme renforçant le terme « tuna », lequel revêt une importance particulière dans la similitude conceptuelle des signes en conflit comme cela est exposé au point 62 ci-dessous, il ne saurait être admis que la languette de boîte renforce la signification d’un terme qui n’en a pas pour le public pertinent de langue grecque ou hongroise [voir, par analogie, arrêt du 29 juin 2022, Jose A. Alfonso Arpon/EUIPO – Puma (PLUMAflex by Roal), T‑357/21, non publié, EU:T:2022:405, point 63].

60 Ainsi, il est peu probable que ce public pertinent, faisant preuve d’un niveau d’attention moyen, perçoive la marque antérieure comme ayant une portée limitée au thon en boîte et puisse la distinguer, de ce fait, de la marque demandée.

61 Il découle de ce qui précède que c’est en prenant correctement en compte l’ensemble des éléments composant les signes en conflit, et sans surestimer leur similitude, que la chambre de recours a conclu qu’ils étaient visuellement similaires, au moins à un faible degré, et phonétiquement similaires, à un degré moyen.

Sur la similitude conceptuelle

62 Il ressort d’une lecture combinée des points 68, 74 et 75 de la décision attaquée que la chambre de recours a considéré que les signes en conflit, eu égard à leurs éléments verbaux « fish » et « tuna », véhiculaient l’idée de poisson. Il ressort également de la lecture de ces mêmes points que la chambre de recours a conclu que la similitude conceptuelle était faible pour les produits désignés par les marques en conflit liés au poisson dès lors que ce concept découlait d’éléments distinctifs eux-mêmes faibles, et qu’elle était élevée pour les produits désignés par les marques en conflit non liés au poisson.

63 Il n’y a pas lieu de remettre en cause ces appréciations au demeurant non contestées par les parties.

Sur le caractère distinctif de la marque antérieure

64 La chambre de recours a estimé, au point 70 de la décision attaquée, que malgré l’élément verbal « tuna » et les éléments figuratifs représentant des poissons, la marque antérieure était, dans son ensemble, distinctive pour le public pertinent de langue grecque ou hongroise.

65 La requérante conteste cette appréciation et fait valoir que la marque antérieure ne présente qu’un caractère distinctif très limité lequel résulte, en tout état de cause, de ses éléments graphiques et ne saurait, de ce fait, être opposable, à tout le moins, à la marque demandée.

66 L’EUIPO conteste les arguments de la requérante.

67 À cet égard, l’intervenante n’ayant pas fait valoir que sa marque détenait un caractère distinctif accru, il y a lieu de relever, à l’instar de la chambre de recours au point 69 de la décision attaquée, premièrement, que l’appréciation du caractère distinctif de la marque antérieure repose sur son caractère distinctif intrinsèque.

68 Deuxièmement, la marque antérieure n’étant pas constituée, de manière exclusive, d’éléments ayant un faible caractère distinctif pour les produits qu’elle couvre, son caractère distinctif, considéré dans son ensemble, doit être qualifié de moyen, ainsi que l’a estimé, implicitement mais nécessairement, la chambre de recours en constatant, au point 70 de la décision attaquée, que cette marque est distinctive dans son ensemble pour le public pertinent de langue grecque ou hongroise.

Sur le risque de confusion

69 L’appréciation globale du risque de confusion implique une certaine interdépendance des facteurs pris en compte et, notamment, de la similitude des marques et de celle des produits ou des services désignés. Ainsi, un faible degré de similitude entre les produits ou les services désignés peut être compensé par un degré élevé de similitude entre les marques, et inversement (arrêts du 29 septembre 1998, Canon, C‑39/97, EU:C:1998:442, point 17, et du 14 décembre 2006, VENADO avec cadre e.a., T‑81/03, T‑82/03 et T‑103/03, EU:T:2006:397, point 74).

70 Il convient de rappeler également que le consommateur n’a que rarement la possibilité de procéder à une comparaison directe des différentes marques, mais doit se fier à l’image imparfaite qu’il en a gardée en mémoire (arrêt du 22 juin 1999, Lloyd Schuhfabrik Meyer, C‑342/97, EU:C:1999:323, point 26).

71 Par ailleurs, selon la jurisprudence, s’agissant de produits alimentaires relevant de la classe 29, ceux-ci sont normalement achetés dans des supermarchés ou des établissements similaires et sont donc choisis directement par le consommateur dans un rayon, de sorte qu’il est probable que le contact visuel avec les marques soit prépondérant pour de tels produits de consommation courante [voir, en ce sens, arrêt du 15 avril 2010, Cabel Hall Citrus/OHMI – Casur (EGLÉFRUIT), T‑488/07, non publié, EU:T:2010:145, point 54].

72 La chambre de recours a conclu, tout d’abord, que pour les produits contestés liés au poisson mentionnés au point 25 ci-dessus, même si la similitude conceptuelle ne saurait avoir d’incidence sur la perception du public pertinent de langue grecque ou hongroise, étant donné qu’elle dérive d’éléments distinctifs faibles, un risque de confusion ne pouvait être écarté, dès lors que ces produits étaient identiques à ceux couverts par la marque antérieure, et que le terme « revolution » commun aux marques en conflit était distinctif (point 74 de la décision attaquée).

73 Ensuite, pour les produits contestés non liés au poisson mentionnés au point 27 ci-dessus jugés identiques ou similaires aux produits non liés au poisson couverts par la marque antérieure, la chambre de recours a considéré que le degré de similitude sur le plan conceptuel était moyen, étant donné que le concept de poisson ne présentait pas un caractère distinctif faible par rapport auxdits produits et que, par conséquent, il existait un risque de confusion (point 75 de la décision attaquée).

74 Enfin, la chambre de recours a estimé que pour les produits contestés non liés au poisson mentionnés au point 28 ci-dessus, compte tenu du niveau d’attention moyen et non accru du public pertinent, un risque de confusion ne saurait être exclu pour les signes en conflit, qui étaient caractérisés par le mot identique et distinctif « revolution », et ce même si les produits contestés n’étaient similaires qu’à un faible degré aux « poissons » couverts par la marque antérieure (point 76 de la décision attaquée). Par suite, la chambre de recours a conclu qu’il existait un risque de confusion entre les marques en conflit pour l’ensemble des produits contestés au moins pour le public pertinent de langue grecque ou hongroise (point 80 de la décision attaquée).

75 La requérante allègue que c’est à tort que la chambre de recours a conclu à l’existence d’un risque de confusion. Selon elle, les différences entre les signes en conflit, couplées au faible caractère distinctif de l’élément « revolution », suffisent pour que le consommateur ne confonde pas les deux marques. Par ailleurs, elle soutient que le refus d’enregistrement de la marque demandée limite l’impact positif du projet éducatif « fish revolution » sur la société. Elle estime également que la décision attaquée décourage l’utilisation du mot « revolution », ce qui aurait un impact négatif sur la créativité et la différenciation entre les marques. Enfin, elle considère, en substance, que la décision attaquée limite l’usage de termes communs tels que « revolution », ce qui, d’une part, aurait une incidence négative sur l’intérêt général et, d’autre part, constituerait une restriction excessive à la liberté de la concurrence.

76 L’EUIPO, soutenu par l’intervenante, conteste ces arguments.

77 En l’espèce, la requérante réitère ses arguments fondés sur le caractère distinctif faible de l’élément commun « revolution » et sur les différences entre les marques en conflit dans leurs éléments verbaux et figuratifs. Ces arguments ayant déjà été rejetés aux points 39 à 49 et 54 à 61 du présent arrêt, ils ne sauraient, à eux seuls, remettre en cause l’appréciation globale de l’existence d’un risque de confusion effectuée par la chambre de recours.

78 Certes, il convient de constater que la décision attaquée contient une incohérence, au demeurant non contestée par la requérante. En effet, la chambre de recours a retenu, lors de la comparaison des signes en conflit, un degré de similitude sur le plan conceptuel « élevé » pour les produits désignés par les marques en conflit non liés au poisson (point 68 de la décision attaquée). En revanche, lors de l’appréciation globale du risque de confusion, elle a estimé que ces mêmes signes étaient moyennement similaires sur le plan conceptuel pour les produits désignés par les marques en conflit non liés au poisson mentionnés au point 27 ci-dessus (point 75 de la décision attaquée).

79 Toutefois, force est de constater que cette incohérence n’a aucune incidence sur la légalité de la décision attaquée, dès lors que c’est à bon droit que la chambre de recours a conclu à l’existence d’un risque de confusion dans l’esprit du public pertinent de langue grecque ou hongroise pour l’ensemble des produits contestés [voir, par analogie, arrêt du 9 septembre 2020, Gothe et Kunz/EUIPO – Aldi Einkauf (FAIR ZONE), T‑589/19, non publié, EU:T:2020:397, points 75 à 78], même en tenant compte d’un degré de similitude moyen – et non élevé – sur le plan conceptuel pour les produits désignés par les marques en conflit non liés au poisson mentionnés au point 27 ci-dessus, ce qui est l’hypothèse la plus favorable à la requérante.

80 En effet, dans le cas d’espèce, il convient d’apprécier le risque de confusion en tenant compte du fait que, premièrement, le niveau d’attention du public pertinent est moyen (point 20 ci-dessus), que, deuxièmement, les produits contestés sont identiques ou similaires, au moins à un faible degré, aux produits couverts par la marque antérieure (points 25 à 28 ci-dessus), que, troisièmement, les signes en conflit présentent une similitude visuelle au moins faible, une similitude phonétique moyenne et une similitude conceptuelle faible pour les produits désignés par les marques en conflit liés au poisson et élevée pour les produits désignés par les marques en conflit non liés au poisson (points 61 et 62 ci-dessus), et que, quatrièmement, le caractère distinctif de la marque antérieure dans son ensemble est moyen (point 68 ci-dessus).

81 En premier lieu, s’agissant des produits contestés liés au poisson mentionnés au point 25 ci-dessus, c’est conformément au principe d’interdépendance des facteurs de risque de confusion que la chambre de recours a constaté l’existence d’un tel risque à l’égard desdits produits contestés, dans la mesure où ils sont identiques aux produits couverts par la marque antérieure et où les signes en conflit sont similaires au moins à un faible degré sur le plan visuel et à un degré moyen sur le plan phonétique du fait de leur élément verbal distinctif et commun « revolution », et ce malgré le fait que la similitude conceptuelle des signes en conflit ne saurait avoir d’incidence sur la perception du public pertinent de langue grecque ou hongroise, dès lors que le concept commun de poisson est descriptif desdits produits désignés par les marques en conflit.

82 En deuxième lieu, s’agissant des produits contestés non liés au poisson mentionnés au point 27 ci-dessus, c’est également à bon droit que la chambre de recours a constaté l’existence d’un risque de confusion pour ces produits contestés dès lors qu’ils ont été jugés identiques, « au moins similaires » ou similaires aux produits couverts par la marque antérieure, que les signes en conflit sont visuellement similaires au moins à un faible degré ainsi que phonétiquement similaires à un degré moyen, et ce même en prenant en compte un degré de similitude conceptuelle moyen et non élevé, comme constaté au point 79 ci-dessus.

83 En troisième lieu, s’agissant des produits contestés non liés au poisson mentionnés au point 28 ci-dessus , il ne saurait être exclu que le public pertinent de langue grecque ou hongroise, lorsqu’il sera confronté à la marque demandée, établisse un lien entre cette dernière et la marque antérieure, malgré la faible similitude desdits produits contestés avec les « poissons » couverts par la marque antérieure. En effet, un tel lien résulte, premièrement, d’une certaine similitude visuelle, phonétique et conceptuelle des signes en conflit, deuxièmement, de l’élément verbal distinctif commun « revolution » que le public pertinent de langue grecque ou hongroise sera susceptible d’identifier comme indiquant l’origine commerciale desdits produits et, troisièmement, du caractère distinctif moyen de la marque antérieure. Par conséquent, le public pertinent de langue grecque ou hongroise, qui devra se fier à l’image imparfaite qu’il a gardée en mémoire, pourra raisonnablement croire que lesdits produits contestés et les « poissons » couverts par la marque antérieure, proviennent, si ce n’est de la même entreprise, d’entreprises économiquement liées, de sorte que c’est à bon droit que la chambre de recours a conclu à l’existence d’un risque de confusion à l’égard de ces produits contestés.

84 La conclusion de la chambre de recours sur l’existence d’un risque de confusion pour l’ensemble des produits contestés ne saurait être remise en cause par les arguments de la requérante selon lesquels, d’une part, la décision attaquée restreint de manière excessive la liberté de la concurrence, en ce qu’elle interdirait l’usage de termes communs tels que « revolution » et, d’autre part, elle a une incidence sur l’intérêt général en ce qu’elle limiterait la capacité des entreprises innovantes du secteur de l’alimentation à utiliser de tels termes communs. En effet, comme il a été rappelé au point 39 ci-dessus et comme le soutient à juste titre l’EUIPO, ces allégations reposent sur la prémisse non fondée selon laquelle le terme « revolution » serait un terme commun sur le marché des produits alimentaires, de sorte qu’elles doivent être écartées.

85 Ne saurait non plus prospérer l’argument de la requérante selon lequel le refus d’enregistrement de cette marque complique la promotion du projet éducatif « fish revolution », cherchant à promouvoir la consommation de poisson chez les enfants, et limite ainsi son impact positif sur la société, dès lors que, comme le rappelle justement l’EUIPO, les modalités de commercialisation particulières des produits désignés par les marques pouvant varier dans le temps et suivant la volonté des titulaires de ces marques, l’analyse prospective du risque de confusion entre deux marques ne saurait dépendre des intentions commerciales, réalisées ou non, et par nature subjectives, des titulaires des marques [voir arrêt du 9 septembre 2008, MAGIC SEAT, T‑363/06, EU:T:2008:319, point 63 et jurisprudence citée].

86 Il convient également d’écarter l’argumentation de la requérante selon laquelle la décision attaquée décourage les entreprises d’utiliser le terme « revolution », et a ainsi un impact négatif sur la créativité et la différenciation des marques, dès lors que les marques de l’Union européenne, citées par la requérante et exposées au point 96 ci-dessous, attestent que le droit de l’Union n’empêche pas l’enregistrement de marques comportant le terme « revolution » en tant que marques de l’Union européenne [voir, par analogie, arrêt du 26 avril 2016, Franmax/EUIPO – Ehrmann (Dino), T‑21/15, non publié, EU:T:2016:241, point 88].

87 En quatrième lieu, lors de l’audience, la requérante a invoqué les arrêts du 23 juillet 2025, Impossible Foods/EUIPO – Impossible Foods (IMPOSSIBLE BAKERS) (T‑67/24, non publié, EU:T:2025:755), et du 10 septembre 2025, Ffauf Italia/EUIPO – Industria de Diseño Textil (pastaZARA Sublime) (T‑425/24, EU:T:2025:849), pour étayer son point de vue selon lequel un risque de confusion devait être écarté en l’espèce. Elle a fait valoir que, à l’instar de ce que le Tribunal a constaté dans ces arrêts, le public pertinent de langue grecque ou hongroise ne confondrait pas les marques en conflit en raison de leurs différences marquées découlant des éléments figuratifs supplémentaires de la marque antérieure.

88 Toutefois, le raisonnement développé dans les deux arrêts cités au point 87 ci-dessus ne saurait s’appliquer au cas d’espèce. Dans l’arrêt du 23 juillet 2025, IMPOSSIBLE BAKERS (T‑67/24, non publié, EU:T:2025:755), il était question d’une marque verbale et d’une marque figurative composée d’un élément figuratif dont la position dans le signe et la taille étaient très différentes de celles des éléments figuratifs examinés dans la présente affaire. Par ailleurs, les autres éléments composants les marques en conflit dans cet arrêt, ainsi que leur poids dans l’impression globale produite par lesdites marques, étaient également différents du présent cas. Dans l’affaire ayant donné lieu à l’arrêt du 10 septembre 2025, pastaZARA Sublime (T‑425/24, EU:T:2025:849), la stylisation de la marque demandée, ainsi que l’élément figuratif supplémentaire, sa taille et sa position dans ladite marque, étaient également différents du cas d’espèce. En effet, comme il a été constaté par le Tribunal au point 56 de cet arrêt, l’élément figuratif supplémentaire était d’une taille considérable et était placé au centre de la partie supérieure du signe demandé, alors que, dans le présent cas, ce sont les éléments verbaux qui sont placés au centre de la marque antérieure et les éléments figuratifs représentant des poissons, d’une taille relativement similaire à ces éléments verbaux, sont positionnés tout autour desdits éléments verbaux, mettant ces derniers encore davantage en exergue.

89 Il résulte de ce qui précède qu’il ne peut être tiré de ces arrêts de conclusions quant à l’existence d’un risque de confusion en l’espèce.

90 Enfin, dans la mesure où la requérante a fait valoir pour la première fois, lors de l’audience, d’une part, que le terme « tuna » ne serait pas compris par le public pertinent de langue grecque ou hongroise et, d’autre part, que dans la marque antérieure, le terme « revolution » serait compris par ledit public comme deux mots distincts, à savoir « revo » et « lution », en raison de la stylisation de ladite marque, il y a lieu de constater que ces arguments ni ne se fondent sur des éléments de droit et de fait qui se sont révélés pendant la procédure, ni ne constituent l’ampliation d’arguments énoncés antérieurement, directement ou implicitement, dans la requête introductive d’instance (voir, en ce sens, arrêt du 12 mai 2021, Alba Aguilera e.a./SEAE, T‑119/17 RENV, EU:T:2021:254, points 121 et 122 et jurisprudence citée). Ils constituent donc des arguments nouveaux, irrecevables au sens de l’article 84, paragraphe 1, du règlement de procédure du Tribunal.

91 Eu égard à ce qui précède et étant donné qu’un risque de confusion dans l’esprit du public pertinent de langue grecque ou hongroise suffit pour accueillir l’opposition, il y a lieu de rejeter le premier moyen de la requérante comme non fondé.

Sur le deuxième moyen, tiré d’une violation des principes d’égalité de traitement et de bonne administration

92 À l’appui de son deuxième moyen, tiré d’une violation des principes d’égalité de traitement et de bonne administration, la requérante soutient que la pratique décisionnelle de l’EUIPO n’est pas cohérente. Elle estime que, pour certaines marques de l’Union européenne, il a été considéré que le terme « revolution » possédait un caractère descriptif et laudatif alors même que d’autres marques de l’Union européenne comportant ce terme ont été enregistrées sans objection.

93 L’EUIPO, soutenu par l’intervenante, conteste ces arguments.

94 À cet égard, il convient de rappeler que la légalité des décisions de la chambre de recours, lesquelles relèvent de l’exercice d’une compétence liée et non d’un pouvoir discrétionnaire, doit être appréciée uniquement sur le fondement du règlement 2017/1001, tel qu’interprété par le juge de l’Union, et non sur la base d’une pratique décisionnelle antérieure de l’EUIPO, laquelle ne saurait, en tout état de cause, lier le juge de l’Union [voir arrêt du 30 avril 2013, Boehringer Ingelheim International/OHMI (RELY-ABLE), T‑640/11, non publié, EU:T:2013:225, point 33 et jurisprudence citée].

95 Si, eu égard aux principes d’égalité de traitement et de bonne administration, l’EUIPO doit, dans le cadre de l’instruction d’une demande d’enregistrement d’une marque de l’Union européenne, prendre en considération les décisions déjà prises sur des demandes similaires et s’interroger avec une attention particulière sur la question de savoir s’il y a lieu ou non de décider dans le même sens, l’application de ces principes doit toutefois être conciliée avec le respect du principe de légalité. Par conséquent, la personne qui demande l’enregistrement d’un signe en tant que marque ne saurait invoquer à son profit une illégalité éventuelle commise en faveur d’autrui afin d’obtenir une décision identique. Au demeurant, pour des raisons de sécurité juridique et de bonne administration, l’examen de toute demande d’enregistrement doit être strict et complet afin d’éviter que des marques ne soient enregistrées de manière indue, et un tel examen doit ainsi avoir lieu dans chaque cas concret, car l’enregistrement d’un signe en tant que marque dépend de critères spécifiques, applicables dans le cadre des circonstances factuelles du cas d’espèce et destinés à vérifier si le signe en cause ne relève pas d’un motif de refus (arrêt du 10 mars 2011, Agencja Wydawnicza Technopol/OHMI, C‑51/10 P, EU:C:2011:139, points 74 à 77).

96 En l’espèce, pour faire valoir un défaut de cohérence dans la décision attaquée par rapport à la pratique antérieure de l’EUIPO, la requérante se réfère, au point 67 de la requête, à plusieurs enregistrements de marques contenant le terme « revolution », à savoir l’enregistrement international SWEET REVOLUTION (no 1454465) et les marques de l’Union européennes, FOOD REVOLUTION (no 11745346), R&D FOOD REVOLUTION (no 12228573), FOOD REVOLUTION (no 17660606), Meal Revolution (no 17900013) et N’ice Roll food revolution (no 17904141).

97 Or, il y a lieu de constater, d’une part, à l’instar de l’EUIPO et de l’intervenante, que ces marques n’ont pas fait l’objet d’une procédure d’opposition sur la base de la marque antérieure, ce qui signifie, par conséquent et tout au plus, qu’elles ont été considérées, dans leur ensemble, comme n’étant pas dépourvues de caractère distinctif au sens de l’article 7, paragraphe 1, sous b), du règlement 2017/1001 [voir, en ce sens, arrêt du 26 janvier 2022, Diego/EUIPO – Forbo Financial Services (WOOD STEP LAMINATE FLOORING), T‑498/20, non publié, EU:T:2022:26, point 101]. Ainsi, aucune conclusion ne saurait être tirée de l’enregistrement de ces marques concernant tant le caractère distinctif du terme « revolution » que, a fortiori, la légalité du refus d’enregistrement de la marque demandée au regard du motif relatif de refus tiré de l’article 8, paragraphe 1, sous b), du règlement 2017/1001.

98 Dans ces circonstances, l’argument de la requérante est non fondé pour autant qu’elle fait valoir une violation du principe d’égalité de traitement.

99 D’autre part, ainsi qu’il ressort de l’analyse du premier moyen, et indépendamment de ce qui a pu être le cas pour certaines demandes antérieures d’enregistrement de marques et des considérations effectuées par l’EUIPO dans le cadre de ces demandes, la chambre de recours a procédé à un examen complet et concret de la demande d’enregistrement de la marque demandée au sens de la jurisprudence citée au point 95 ci-dessus et a considéré, à bon droit, que celle-ci se heurtait au motif de refus tiré de l’article 8, paragraphe 1 sous b), du règlement 2017/1001. Dès lors, la requérante ne saurait pas non plus arguer une violation du principe de bonne administration.

100 Il s’ensuit que le deuxième moyen doit également être rejeté comme non fondé.

Sur le troisième moyen, tiré d’une violation des droits de la défense de la requérante

101 Au soutien de son troisième moyen, tiré d’une violation de ses droits de la défense, la requérante fait valoir que, en concluant à l’existence d’un risque de confusion « au moins » pour le public pertinent de langue grecque ou hongroise, la chambre de recours laisserait entendre qu’un tel risque existerait dans d’autres pays que la Grèce et la Hongrie sans pour autant les identifier concrètement, l’empêchant de transformer sa demande de marque de l’Union européenne en demande de marque nationale.

102 L’EUIPO, soutenu par l’intervenante, conteste cette argumentation. Selon une jurisprudence constante, dans le cadre du droit des marques de l’Union européenne, le principe général de protection des droits de la défense est consacré à l’article 94 du règlement 2017/1001, et prévoit que les décisions de l’EUIPO ne peuvent être fondées que sur des motifs sur lesquels les parties ont pu prendre position [voir arrêts du 6 septembre 2012, Storck/OHMI, C‑96/11 P, non publié, EU:C:2012:537, point 74 et jurisprudence citée, et du 7 février 2007, Kustom Musical Amplification/OHMI (Forme d’une guitare), T‑317/05, EU:T:2007:39, point 26 et jurisprudence citée]. En vertu de ce principe, toute personne à qui une décision d’une autorité publique fait grief doit avoir été mise en mesure de faire connaître utilement son point de vue avant l’adoption de ladite décision. Par ailleurs, une violation des droits de la défense n’entraîne l’annulation de la décision prise au terme de la procédure administrative en cause que si, en l’absence de cette irrégularité, cette procédure pouvait aboutir à un résultat différent [voir arrêt du 6 avril 2022, Biogena/EUIPO - Alter Farmacia (NUTRIFEM AGNUBALANCE), T‑370/21, non publié, EU:T:2022:215, point 27 et jurisprudence citée].

103 En l’espèce, l’utilisation de l’expression « au moins », empêchant prétendument la requérante de transformer sa demande de marque de l’Union européenne en demande de marque nationale, ne saurait être vue comme une violation de ses droits de la défense, dès lors que le respect de ce principe s’apprécie au stade de la procédure devant l’EUIPO et non au regard d’hypothétiques effets procéduraux ultérieurs et externes à ladite procédure, de sorte qu’il y a lieu de considérer cet argument comme inopérant.

104 Il résulte de ce qui précède que les arguments avancés par la requérante à propos de la violation de ses droits de la défense doivent être écartés.

105 Partant, le troisième moyen doit être rejeté, ainsi que le recours dans son intégralité.

Sur les dépens

106 Aux termes de l’article 134, paragraphe 1, du règlement de procédure du Tribunal, toute partie qui succombe est condamnée aux dépens, s’il est conclu en ce sens.

107 Une audience ayant eu lieu et la requérante ayant succombé, il y a lieu de la condamner aux dépens, conformément aux conclusions de l’EUIPO et de l’intervenante.

108 Enfin, s’agissant de la demande de l’intervenante tendant à ce que la requérante soit condamnée aux dépens afférents à la procédure devant la chambre de recours, il suffit de relever que le présent arrêt rejette le recours dirigé contre la décision attaquée et que, partant, c’est le dispositif de celle-ci qui continue à régler les dépens en cause [arrêt du 26 mars 2025, Hamster Polska/EUIPO – Budotechnika (Toilettes publiques), T‑610/23, non publié, EU:T:2025:334, point 89].

Par ces motifs,

LE TRIBUNAL (première chambre)

déclare et arrête :

1) Le recours est rejeté.

2) Eurest Colectividades, SL supportera, outre ces propres dépens, ceux exposés par Fish Tales Holding BV et l’Office de l’Union européenne pour la propriété intellectuelle (EUIPO).

Buttigieg

Schwarcz

Tichy-Fisslberger

Ainsi prononcé en audience publique à Luxembourg, le. 9 septembre 2026

Signatures


* Langue de procédure : l’anglais.

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14/09/2026

Jurisprudence CJUE62026TO0305(01)

Ordonnance du président du Tribunal du 14 septembre 2026.#SNF Group contre Agence européenne des produits chimiques.#Référé – Produits biocides – Liste des substances actives et de leurs fournisseurs prévue à l’article 95 du règlement (UE) no°528/2012 – Inscription d’une société sur la liste en tant que fournisseur autorisé de la substance active sulfate de tétrakis(hydroxyméthyl)phosphonium (2:1) pour les types de produits 6, 11 et 12 – Demande de sursis à exécution – Défaut d’urgence.#Affaire T-305/26 R.

14/09/2026

Jurisprudence CJUE62026TO0359(01)

Ordonnance du président du Tribunal du 14 septembre 2026.#YOU Solutions Germany GmbH contre Agence européenne des produits chimiques.#Référé – Produits biocides – Liste des substances actives et de leurs fournisseurs prévue à l’article 95 du règlement (UE) no 528/2012 – Inscription d’une société sur la liste en tant que fournisseur autorisé de la substance active sulfate de N‑(3‑aminopropyl)‑N‑dodécylpropane‑1,3‑diamine pour les types de produits 2 à 4 – Demande de sursis à exécution – Défaut d’urgence.#Affaire T-359/26 R.

14/09/2026