| CELEX | 62024TN0246 |
| Type | Jurisprudence CJUE |
| Date | jeudi 9 mai 2024 |
| Journal officiel | FR Série C |
| C/2024/4599 | 29.7.2024 |
Recours introduit le 9 mai 2024 – RY/Commission européenne
(Affaire T-246/24)
(C/2024/4599)
Langue de procédure : le grec
Parties
Partie requérante : RY (représentant : G. Trantas, avocat)
Partie défenderesse : Commission européenne
Conclusions
La partie requérante conclut à ce qu’il plaise au Tribunal :
| — | ordonner que soit versé au requérant le montant d’un million d’euros au titre du préjudice et de la dégradation permanente causés à sa santé ; |
| — | contraindre la Commission à verser au requérant l’équivalent des salaires et allocations qu’il aurait perçus en qualité d’agent permanent de la Commission de grade AD 12, du 1er novembre 2019 jusqu’à son départ en retraite en 2028 ; |
| — | contraindre la Commission à lui restituer le montant qu’elle a illégalement compensé contre la rémunération qu’il a perçue du Parlement européen lors de la durée de l’interruption illégale de son lien de travail avec la Commission, montant qui fait partie intégrante de l’indemnité qui lui est due en raison de l’interruption illégale de son lien de travail, conformément à ce qui a été jugé dans l’arrêt du 10 janvier 2019, RY/Commission (T-160/17, EU:T:2019:1) ; |
| — | adjuger au requérant le montant d’un million d’euros, à titre de d’indemnisation raisonnable du préjudice moral qu’il a subi et continue de subir du fait du comportement illégal et coupable de la Commission ; |
| — | ordonner que la levée de l’atteinte portée à sa personnalité soit publiée dans des médias de la presse écrite et électronique de grande diffusion et à grande fréquentation de Bruxelles ; |
| — | condamner la Commission aux dépens du requérant (frais de justice et honoraires d’avocats). |
Moyens et principaux arguments
À l’appui du recours, la partie requérante invoque les moyens suivants
| 1. | Moyen tiré de ce qu’en raison de son éviction illégale et coupable de son emploi – laquelle a entre-temps été annulée par l’arrêt du 10 janvier 2019, RY/Commission (T-160/17, EU:T:2019:1) – il a subi non seulement une dégradation sur le plan professionnel mais aussi un impact direct sur sa santé. Les allégations d’une prétendue insuffisance professionnelle et d’une perte de confiance de la Commission envers lui qui ont été avancées lors de son éviction du service – et qui sont, de surcroît, absolument abusives et dépourvues de motivation – sont dégradantes pour sa personnalité, notamment au vu de son prestige professionnel et de sa crédibilité, et rendent difficile pour le requérant et pour tous ceux qui le fréquentent, lui et son entourage, de postuler à des postes à responsabilité dans l’environnement institutionnel communautaire. |
| 2. | Deuxième moyen tiré de ce que, si la Commission lui a certes reconnu – après l’annulation de son éviction illégale du service – le droit de participer au concours interne COM/2/AD12/18, cependant, la structure ainsi que les exigences des examens étaient tels que le requérant ne pouvait objectivement pas réussir. Cette incapacité consistait dans le fait que, d’une part, le temps qui lui avait été laissé pour se porter candidat au concours et pour compléter sous forme électronique son formulaire de candidature («Talent Screener» ou «évaluateur de talent») – sur la seule base duquel il a été noté – n’était que de quatre jours, tandis que les autres candidats concurrents disposaient de plus de six semaines. De plus, la durée pendant laquelle il est resté hors du service du fait de son éviction illégale n’a pas été comptabilisée comme une période d’ancienneté effective et il ne s’est pas vu attribuer les points correspondants, qui lui auraient apporté du succès dans sa notation et pour sa sélection. Plus précisément, les critères relatifs à son ancienneté et expérience réelles étaient les seuls à avoir été pris en compte, ainsi que la Commission européenne le confirme dans sa lettre du 17 mai 2019, par laquelle elle a rejeté les griefs du requérant. |
| 3. | Troisième moyen tiré de ce que le requérant réclame le paiement des montants que la Commission s’est illégalement abstenue de lui verser- en invoquant une compensation contre la rémunération qu’il a perçue du Parlement européen au titre de son travail lors de la durée de l’interruption illégale de son lien de travail avec la Commission – et qui font partie intégrante de l’indemnité qui lui est due en raison de l’interruption illégale de son lien de travail, conformément à ce qui a été jugé dans l’arrêt du 10 janvier 2019, RY/Commission (T-160/17, EU:T:2019:1). Ces montants, que la Commission s’est abusivement abstenue de lui verser, ont été compensés contre une rémunération perçue pour un travail réellement fourni dans des services d’un niveau et d’une nature différents ; que ce soit par sa nature ou par son objet, ledit travail n’est pas identique ni susceptible de compensation avec l’indemnité due. L’indemnité due, qui doit être calculée et versée dans sa totalité, répare le préjudice subi par le requérant et a en outre vocation à sanctionner l’éviction illégale du requérant de son emploi, ainsi qu’il a été jugé dans l’arrêt du 10 janvier 2019, RY/Commission (T-160/17, EU:T:2019:1). |
ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/4599/oj
ISSN 1977-0936 (electronic edition)
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