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AccueilDroit européen62024TN0296
Jurisprudence CJUE62024TN0296

Affaire T-296/24: Recours introduit le 5 juin 2024 – Kesaev/Conseil

CELEX62024TN0296
TypeJurisprudence CJUE
Datemercredi 5 juin 2024

Résumé IA

Ce recours introduit par M. Kesaev conteste les mesures restrictives adoptées par le Conseil de l'UE à son encontre dans le cadre du régime de sanctions concernant les actions compromettant l'intégrité territoriale de l'Ukraine. L'affaire porte sur la légalité de son inscription sur la liste des personnes visées, examinant le respect des droits de la défense et des exigences de motivation.

Texte intégral

European flag

Journal officiel
de l'Union européenne

FR

Série C


C/2024/4861

12.8.2024

Recours introduit le 5 juin 2024 – Kesaev/Conseil

(Affaire T-296/24)

(C/2024/4861)

Langue de procédure : le néerlandais

Parties

Partie requérante : Igor Albertovich Kesaev (Usovo, Russie) (représentant : R. Moeyersons, advocaat)

Partie défenderesse : Conseil de l’Union européenne

Conclusions

La partie requérante conclut à ce qu’il plaise au Tribunal :

—

annuler la décision (PESC) 2024/847 du Conseil, du 12 mars 2024, modifiant la décision 2014/145/PESC concernant des mesures restrictives eu égard aux actions compromettant ou menaçant l’intégrité territoriale, la souveraineté et l’indépendance de l’Ukraine (1) ainsi que le règlement d’exécution (UE) 2024/849 du Conseil, du 12 mars 2024, mettant en œuvre le règlement (UE) no 269/2014 concernant des mesures restrictives eu égard aux actions compromettant ou menaçant l’intégrité territoriale, la souveraineté et l’indépendance de l’Ukraine (2), en tant que ces actes visent la partie requérante ;

—

condamner le Conseil aux dépens.

Moyens et principaux arguments

À l’appui du recours, la partie requérante invoque quatre moyens.

1.

Premier moyen : exception d’illégalité

—

Violation de la présomption d’innocence et des droits de la défense (article 48 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne), étant donné que tous les femmes et hommes d’affaires russes influents ont été déclarés coupables d’avoir apporté un soutien au gouvernement russe et d’avoir tiré profit de celui-ci.

—

Violation de l’interdiction de discrimination (article 21 de la Charte et article 19 TFUE), étant donné que l’origine sociale («femmes et hommes d’affaires influents») a été utilisée comme critère dans le cadre des sanctions infligées par l’Union européenne.

—

Violation du principe de proportionnalité (article 5, paragraphe 4, TUE).

Les actes attaqués violent le principe de proportionnalité. En premier lieu, les femmes et hommes d’affaires non influents peuvent désormais également être sanctionnés sur la base du critère des «femmes et hommes d’affaires ayant une activité dans des secteurs économiques fournissant une source substantielle de revenus», ce qui n’est pas proportionné à l’objectif des mesures restrictives. En deuxième lieu, le fait de sanctionner, sur la base du critère «femmes et hommes d’affaires ayant une activité dans», des femmes et hommes d’affaires qui ne sont pas à l’origine des sources de revenus visées n’est pas proportionné avec l’objectif poursuivi par les mesures restrictives. En troisième lieu, le critère «tous les femmes et hommes d’affaires influents exerçant des activités en Russie» ne distingue désormais plus entre les femmes et hommes d’affaires. En quatrième lieu, le caractère disproportionné découle également de l’inflation de mesures.

—

Violation du principe de sécurité juridique et du principe de confiance légitime.

Par le fait des modifications et extensions continues et quasiment arbitraires des motifs d’imposition de sanctions, les règles ne sont plus prévisibles et il est devenu impossible pour les femmes et hommes d’affaires d’ajuster leur comportement. En outre, les mesures restrictives ne sont pas fondées sur des critères clairs et objectifs, malgré le fait qu’elles aient un effet très drastique pour les personnes concernées.

2.

Deuxième moyen : violation de l’obligation de motivation, étant donné que les motifs de l’inscription de la partie requérante sur la liste des sanctions sont factuellement erronés et/ou dénués de pertinence.

—

Le secteur du tabac n’est pas un secteur fournissant une source substantielle de revenus au gouvernement de la Fédération de Russie.

—

La partie requérante n’a pas d’activités dans le secteur du tabac, puisque la société visée, Megapolis, exerce des activités dans le secteur de la distribution.

—

Le seul fait que la partie requérante possède une fortune substantielle n’est pas suffisant pour le qualifier d’homme d’affaires influent.

—

La partie requérante n’est pas le président de Mercury Group.

3.

Troisième moyen : violation du principe de proportionnalité (article 5, paragraphe 4, TUE), étant donné que la décision d’inscrire la partie requérante sur la liste des personnes sanctionnées et de la maintenir sur cette liste est disproportionnée, la partie requérante n’étant pas visée par les sanctions.

4.

Quatrième moyen : violation de l’interdiction de discrimination (article 21 de la Charte – article 18 TFUE) : la décision d’inscrire la partie requérante sur la liste des personnes sanctionnées et de la maintenir sur cette liste est motivée par sa nationalité.


(1) JO L, 2024/847, 13.3.2024.

(2) JO L, 2024/849, 13.3.2024.


ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/4861/oj

ISSN 1977-0936 (electronic edition)


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